Quelques rayons de soleil caressaient son visage, ses boucles blondes scintillant dans la lumière, alors qu'elle se dirigeait vers le sentier qui menait au parc, ses pensées étant quelque peu erronées. Il faisait bon dehors, aujourd'hui. Les nuages n'étaient rien de plus que de petites bouffées blanches, pas assez nombreuses pour cacher le bleu du ciel. On aurait dit que tout s'animait alors, les gens qui passaient, les étudiants qui se pressaient pour aller en cours et le doux clapotis de l'eau au loin, ce bruit n'étant qu'un aperçu de ce qui pouvait se cacher derrière les collines, les arbres et les bâtiments.
Aujourd'hui, elle se sentait un peu mélancolique. Son cœur s'alourdissait, tant de temps passé seule, loin de chez elle. D'aussi loin qu'elle se souvienne, les livres avaient été son refuge, l'odeur de la poussière et les pages douces comme des caresses contre le bout de ses doigts, mais ces derniers temps, ils ne suffisaient pas à calmer les eaux troubles de son âme. De la solitude, elle pourrait l'appeler ainsi. Comme un piano lent, à la dérive.
Lorsqu'elle trouva un endroit convenable, sous un arbre, face au soleil, elle s'assit, son sac tombant en tas sur l'herbe. Ses yeux dérivèrent un peu, du stade au château, puis à ses mains ; elle s'était sentie si insignifiante en venant ici. Devant l'immenseté de cet endroit, qui était-elle ? Après avoir été la fierté de ses parents pendant toute sa vie, cela avait été un choc de se retrouver comme une ombre dans les salles de classe. Peut-être aimait-elle cela, un peu, d'être inconnue. Parfois, oui, et parfois, un peu moins. Elle s'est retrouvée à se refermer, à ne plus être la petite fille joyeuse qu'elle avait été toute sa vie et c'était étrange, comme de mettre une nouvelle robe inconfortable qu'elle n'avait jamais portée auparavant. Mais c'était une bonne chose d'essayer des choses, de se développer et d'apprendre à mieux se connaître. C'est du moins ce qu'elle pensait.
Freya soupira, ses pensées prennant un tournant décisif. Ses mains passèrent de ses genoux à son sac, où elle tira un petit livre, quelque chose de rapide et de facile pour passer le temps. Ses parents lui avaient demandé de ne pas s'exposer au soleil et aujourd'hui, elle avait envie de bronzer. Elle ouvrit les pages, lentement, et en l'espace d'un souffle, elle fut absorbée, le monde autour d'elle se fondant.