31 mai 2025, 17:55
L'épreuve du premier client  E.M 
Le 12 Mai 2050,
Entre midi et deux.
Avec @Erwan Martin.


Les enfants aimaient les jouets. C'était un peu leur but principal dans la vie, de toute façon : se lever, pleurer, manger et jouer. Et puis au dodo, et rebelotte le lendemain matin. Avaleen n'en avait jamais manqué, et lui non plus d'ailleurs alors Cinaed pouvait dire avec une certaine confiance qu'il était un pro de tout cela. Il achetait les meilleurs trucs à Avaleen, les trucs les plus enquiquinant pour ses parents et en était toujours extrêmement fier. Cependant, la fillette grandissait à vue d'œil et ses goûts commençaient à changer, tout comme ses envies et les choses qui l'intéressaient. Il n'était alors plus question de la couvrir de peluches dansantes ou qui s'amusaient à chanter une mélodie affreuse pendant 30 minutes dès qu'on avait le malheur d'appuyer sur un bouton.

La période où Cinaed pouvait découvrir de nouvelles choses du monde moldu tout en détruisant le sommeil et l'estime de son ami pour lui était révolue. Maintenant, il fallait commencer à passer sur des jouets de "grande" et, surtout, des jouets plus magiques. Avaleen aurait eu bien peu d'intérêt à utiliser des trucs avec des piles alors qu'elle allait bientôt être entourée de petits sorciers toute la journée et Ewan avait indiqué qu'elle commençait à se poser beaucoup de questions sur le monde sorcier qu'elle avait, au final, assez peu vu.

L'enfant avait été trainée dans des villes sorcières, avait vu et revu son oncle enchanter tout et n'importe quoi mais Ewan avait toujours apprécié sa maison comme elle était : à moitié moldue et Avaleen pouvait donc louper quelques trucs que les enfants de son âge faisaient dans des maisons entièrement sorcières. Il ne voulait pas que sa fille finisse à la ramasse et encore moins qu'elle se sente mal alors maintenant qu'elle était assez âgée pour faire la différence entre ce qui était moldu et ce qui ne l'était pas, il fallait en profiter et commencer à lui montrer tout un tas de nouvelles choses. De cette manière, elle garderait le meilleur des deux mondes.

Cinaed savait aussi que Ewan avait hésité à introduire des jeux magiques trop tôt parce qu'Avaleen était déjà une bombe à retardement avec des trucs moldus et il avait craint - sûrement à raison - qu'elle ne se blesse avec un balais pour petits ou avec des trucs qui bougeait tout seul. Elle n'avait jamais été particulièrement dégourdie, sa filleule. Et il disait ça avec tout l'amour du monde : elle ne tenait ni de la grâce de son père, ni de la capacité qu'avait sa mère à tenir 6 verres à la fois dans une seule main. Non, en fait, c'était comme si elle avait aspirer toute la maladresse de son parrain préféré qui ne savait être gracieux et adroit de ses mains que lorsqu'on lui foutait un bout de bois dans les mains. Que ce soit pour le sculpter, ou qu'il s'agisse de sa baguette. Ca étonnait d'ailleurs toujours autant Ewan, cette différence flagrante entre sa capacité à ensorceler et à sculpter et son incapacité totale à évoluer dans un espace sans se cogner, faire tomber quelque chose ou limite tomber lui-même.

Cinaed repoussait ses interrogations du revers de la main, clamant que c'était simplement un soucis de déplacement des meubles. S'il se prenait le coin de sa paillasse, c'était simplement parce qu'à force de sculpter dessus, il la faisait bouger légèrement. Et c'était cette petite différence, de sûrement deux millimètres à peine, qui changeait tout ses repères spatiaux. Et pour les objets qu'il laissait tomber, c'était simplement parce qu'ils glissaient et non pas parce qu'ils les lâchaient parfois sans même le faire exprès.

La réalité des choses était que Cinaed ne possédait aucune attention pour ce qui ne l'intéressait pas et, comme tous les gens qui en manquaient, il oubliait parfois où il se trouvait. Ou alors, il calculait mal la distance qu'il y avait entre un meuble et lui et puis, paf, sa tasse finissait par terre. Une broutille mais qui finissait par être assez embêtante avec le temps. Heureusement, il avait prit l'habitude d'enchanter ses tasses préférées pour qu'elles se contentent de rebondir quand elles touchaient le sol parce qu'il s'était fait la réflexion que les casser toutes serait assez triste. Elles n'avaient pas particulièrement de valeur et il pourrait les retrouver facilement - ou, du moins, en trouver qui leur ressemblerait - mais c'était pour les souvenirs.

Il n'était pas attaché à beaucoup de choses alors, forcément, quand il s'attachait à quelque chose, c'était toujours trop fort. Ce n'était pas que pour les tasses, mais pour Ewan aussi. S'il avait eu des centaines d'amis, peut-être qu'il ne se serait pas tant agrippé au roux, mais personne ne le saurait jamais. Ils étaient là, inséparables, bravant vents et marées - toutes ayant toujours pour cause un certain ébéniste aux cheveux mi-longs - et c'était comme ça que la vie devait être.

Il entra d'un pas décidé dans la boutique, surprit de ne pas y avoir mis les pieds depuis autant de temps. Il se souvenait à peine de sa dernière visite ici alors que durant ses jeunes années, elle avait été l'une de ses préférées. Il se souvenait de chaque été et de chaque courses au matériel scolaire. A chaque fois que ses parents et lui venaient ici tous les trois, Cinaed les tirait vers la boutique aux couleurs criardes que ses parents n'appréciaient pas. Sa mère la trouvait idiote et son père n'aimait, de toute façon, pas beaucoup de boutiques. Logan, il était plus fait pour rester dans son coin, de préférence à son bureau où il pouvait voir ses patients sans avoir à se déplacer. Il n'était pas phobique ou quoique ce soit du genre mais il n'appréciait pas les foules.

Les sorties avec son fils et sa femme étaient donc toujours son petit calvaire personnel mais il faisait un effort. C'était un vrai papa, cet écossais, près à se sacrifier, même pour une toute petite étincelle dans les yeux de son gamin. Surtout durant l'adolescence où le jeune homme avait presque entièrement arrêté de leur parler à partir de sa cinquième année. Même en faisant la gueule pendant des mois, Cinaed n'avait pas refusé la fameuse sortie en famille et Logan avait accepté de se faire trainer dans les roules par son jeune fils, puis dans des magasins par sa femme.

Pendant de longues minutes, il se contenta d'observer autour de lui, s'imprégnant de l'ambiance générale de la boutique. C'était loin d'être calme et pourtant, il avait l'impression que sa cervelle tournait un peu moins vite. Ca lui rappelait de bons souvenirs. De très bons, même et pas seulement avec ses parents. Ah, parfois tout cela lui manquait, mais bon. On grandissait, on changeait et on évoluait, c'était la vie. Avaleen le faisait, lui aussi. C'était juste que quand le changement nous touchait personnellement, on avait du mal à le capter avant de revenir sur nos vieux pas des années plus tard et de se dire "punaise, qu'est-ce que j'étais différent à l'époque". Et pourtant, il avait simplement troqué des hobbies pour un autre. Il avait arrêté de chercher l'adrénaline dans les conneries puisqu'il l'avait trouvé dans le bonheur de finir une sculpture. Plus la peine de coller des pastilles de gerbe dans l'assiette de ce Gryffondor qu'il n'aimait pas pour se sentir vivant, il lui suffisait d'entrer dans sa boutique et de contempler tout ce qu'il avait bâtit.

Il secoua la tête, essayant de sortir de ses pensées et se mit à la recherche de quelque chose qui puisse plaire à Avaleen, mais pas à Ewan. Il aurait pu aller Au Quotidien des Sorciers, cette jolie boutique à la capitale, mais les jouets là bas lui semblaient un peu trop gamins pour Avaleen et, surtout, pas assez amusant. Il comptait lui apprendre à jouer à des trucs sympa, comme la bataille explosive ou encore au bavboules. Ewan serait probablement d'une jolie nuance de vert quand il découvrirait que son meilleur ami avait écrasé sa chère fille à une bataille de bavboules et avait, d'un même temps, dégueulassé ladite fille et tout son salon. Le pire c'était qu'il suffirait d'un seul sourire à moitié édenté d'Avaleen pour que son père se calme et ne soupire juste. Pendant très longtemps, toute la soirée pour les plus grosses conneries, mais juste un soupir. Elle en avait de la chance, la rouquine. Lui, s'il avait fait autant de conneries qu'elle, il aurait déjà un creux à la place du crane, pile à l'endroit que Ewan frappait tout le temps quand il le trouvait stupide. C'était son endroit préféré depuis leur enfance et Merlin était témoin du nombre de claque que Ewan y avait collé.

Une retenue pour avoir nagé dans la fontaine ? Attendre deux heures dans le froid devant la salle commune pour lui montrer une énigme ? Le réveiller après lui avoir peinturluré le visage de maquillage piqué à une fille de septième année ? Il avait reçu beaucoup de claque pour tout ça, mais Avaleen s'en sortait toujours avec un soupir. Etais-je vraiment mal de sa part d'en profiter pour glisser quelques bêtises sans se faire latter la tronche ? Il ne faisait que donner suite aux nombreux conseil de son ami. Ewan lui répétait toujours de choisir ses batailles et de ne pas être idiot quand les gens pouvaient lui en vouloir pour ça, alors voilà : il avait apprit.

Excusez moi jeune homme ! dit-il joyeusement à un jeune adulte qui avait tout l'air de travailler dans la boutique. Pendant un instant, il se contenta de lui sourire, à moitié bêtement en attendant que le plus jeune finisse ce qu'il faisait - et qui intéressait peu Cinaed. Une fois les deux hommes à se regarder dans le blanc des yeux, il continua, d'une voix toujours aussi chantante et haute que celle utilisée sur ses premiers mots : Je cherche quelques jeux de bavboules, de bataille explosives et toutes ces choses. Mais dites moi, y'a un âge minimal pour jouer à ces trucs ? Car, voyez, ma filleule a six ans et son père est enfin d'accord pour lui blinder sa chambre de jeux magiques mais ce serait un peu triste de se contenter de trucs tout tristes qui n'explosent pas. Elle pourrait jouer à ça ? Il faut participer à la création des grands esprits farceurs de demain, je peux pas la laisser finir le nez dans un livre ! Est-ce qu'il cherchait à trouver une excuse à sa manie d'acheter à sa filleule le pire truc possible pour un parent ? Oui. Et ça fonctionnait sur lui-même alors le reste, il s'en foutait.

Enfin, sûrement que ça lui plairait tout autant à Avaleen. Elle avait la capacité d'être un peu un caméléon social, elle aimait à peu près tout, surtout les papillons. Alors, entre un livres sur les papillons et un jeu de billes explosives, le choix serait vite fait. Mais bon, il n'avait pas envie de lui acheter un livre sur les insectes, alors le choix n'existait pas et elle ne pourrait pas être déçue du résultat. Lui non plus !

1862.

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4 juin 2025, 18:10
L'épreuve du premier client  E.M 
Exceptionnellement, la journée de travail commencerait à huit heures. Habituellement, le magasin Weasley, Farces pour sorciers facétieux ouvrait à dix heures, mais Erwan commençait sa période de formation. Il fallait quasiment tout apprendre ! Où et comment réceptionner la marchandise, où la ranger et selon quelle logique, la façon de s’y prendre pour réapprovisionner le magasin, connaître les emplacements et les prix de chaque produits, savoir utiliser la caisse, etc… Il avait passé la matinée avec ses deux nouveaux patrons qu’il découvrait bien plus sérieux et méticuleux qu’il ne le croyait. Il avait, en arrivant, ce faux sentiment de les connaître, comme il les voyait à chaque visite du magasin. George et Fred étaient toujours énergiques, très loquaces et prêts à discuter avec leurs clients quitte même à essayer de se souvenir de leurs prénoms. Cela donnait l’illusion d’une certaine proximité, d’une relation particulière avec eux… Erwan découvrait ce matin là qu’ils étaient un gallion à deux faces. Quand le magasin n’était pas encore ouvert, père et fils étaient des travailleurs acharnés qui ne laissaient presque rien au hasard. Tels des chefs d’orchestre qui dirigent tout d’un coup de baguette, ils avaient organisé de A à Z la journée à venir avant même qu’il soit neuf heures. Et si ils étaient des chefs d’orchestre, Erwan lui était devenu un instrument.

En plus d’avoir à observer les interactions entre clients et vendeurs, Fred donnait ça et là quelques petites taches à Erwan. Détailler un chaudron de philtre d’amour dans des petites fioles puis les mettre en rayons, refaire la tour de paquets de cartes de bataille explosive après qu’un paquet défectueux ait explosé puis fait tomber la tour, ou encore remettre les champ’hilare dans leur panier alors qu’ils se battaient avec les baguettes farceuses pour avoir la meilleure place dans la vitrine… Cela faisait tellement d’informations à retenir que le jeune homme ne fut pas mécontent quand Fred lui annonça qu’il pouvait sortir manger un bout avant que lui et son père ne prennent leur pause repas. Il n’avait pas prévu de quoi manger… Il se présenta ainsi au Chaudron Baveur et commanda le plat du jour qui lui fut vite servi. Une fois de retour au magasin, les rayons étaient quasiment vides. Père et fils commençaient à s’installer dans l’arrière salle pour y prendre leur repas. Erwan était donc en autonomie, mais il avait pour consigne de venir chercher l’un d’entre eux si le moindre doute ou difficulté se présentait à lui. Ne sachant trop quoi faire, il arpenta les rayons, histoire de parfaire ses connaissances des produits et de leurs prix. Quelques boites étaient en désordre ; parfois des clients en ouvrait pour voir leur contenu ou juste les déplaçaient pour aller chercher en dessous un coloris précis sans pour autant ranger ce qu’ils avaient déplacé, le jeune homme prit soin de tout remettre à sa place. Il lui restait cinq boites à empiler quand une voix un peu chantante, mais dont l’accent ne laissait planer aucun doute sur son origine, l’appela…

Erwan se dépêcha de finir ce qu’il était en train de faire pour enfin se présenter devant son tout premier client. Un homme d’une quarantaine d’année, assez grand mais pas autant que lui, qui portait des vêtements assez simples. «Bonjour monsieur. Est-ce que je peux vous aider ?.». Voilà, c’était simple et efficace. Il n’était pas sûr d’être aussi efficace ensuite, mais l’accueil était au moins soigné. La demande était pour le moins… particulière. Après sept années à Poudlard, Erwan savait de source sûre que le magasin regorgeait d’articles qui explosent ! Il y avait ceux qui explosaient en fumée, ceux qui n’avaient que le bruit, ceux auxquels s’ajoutait une odeur, ceux qui sautaient en même temps, bref… il y avait de quoi faire ! Mais pour une enfant de six ans !? Rien de tout ça ne lui semblait approprié. Était-ce le jeune papa qui parlait ou simplement le bon sens ? Erwan n’aurait su le dire, mais il se voyait mal aller dans le sens du client. «Les livres c’est bien à cet âge là quand même, mais là où vous avez raison c’est que ce serait dommage de se contenter de ça ! Il me semble pas qu’il y ait d’âge minimum sur les… sur nos produits. Je débute à vrai dire, c’est mon premier jour. Mais ça me semble un peu dangereux pour une enfant de six ans non ? Alors que…». Erwan chercha du regard quelques produits dont il savait qu’ils seraient plus adaptés. «Attendez… euh… là ! Suivez moi.». Il indiqua à l’homme un coin de la boutique où étaient disposés plusieurs articles sur un demi-étage. Il y avait là plusieurs choses qui semblaient plus enfantines que les produits que l’on pouvait trouver à Poudlard. «Alors, alors… On devrait trouver votre bonheur ici ! Il y a… il attrapa une large boîte marron dont il déplia le couvercle qui laissait voir son contenu. Un objet à la forme familière mais dont la matière, contrairement au cuivre habituel, semblait être un cuir grisâtre. la trompette d’éléphant. C’est une trompette classique, mais si vous tirez sur ce crin de queue d’éléphant, vous voyez juste ici, l’instrument jouera des barrissements de pachyderme. Il faudra juste revenir au magasin si le son est trop fort ou si l’éléphant se désaccorde.». Le jeune homme chercha du regard si sa proposition avait séduit le client. «Sinon… On aura peut-être….» Erwan se mit à chercher dans le tas de boites différentes, sans se soucier des apparences, comme si il cherchait quelque chose pour lui-même, l’article qui mettrait des étoiles dans les yeux de son premier client.

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe

21 juin 2025, 14:45
L'épreuve du premier client  E.M 
Cinaed hausse les épaules avec une moue boudeuse : Oui, les livres, c'est bien, mais c'est loin d'être suffisamment amusant. Les livres, c'est offert par les parents qui veulent éduquer leur progéniture et qui ne veulent pas que leur salon explose. Le rôle du parrain, quant à lui, c'est d'acheter toutes les merdes de l'univers en essayant de donner des cheveux blancs à ses meilleurs amis avant l'heure. Honnêtement, si Ewan ne se retrouve pas avec une tête blanche comme neige durant les cinq prochaines années, ce sera un miracle. L'ébéniste est quasiment sûr que le roux en a parfaitement conscience et qu'il a accepté son triste sort. Après toutes ces années, les gens peuvent continuer à se demander pourquoi Ewan le garde près de lui alors qu'il lui donnera des problèmes de cœur mais aucun des deux hommes ne remet cette relation en question. Les choses sont comme ça, c'est la vie et elle leur convient bien.

Dangereux, carrément ? Je suis sûr qu'elle a déjà fait pire... Fin' c'est ma filleule quand même, il faut bien qu'elle grimpe aux arbres ou des trucs du genre ! dit-il en riant alors qu'il emboite le pas au vendeur. Premier jour, dit-il ? Vous avez l'air à l'aise pour un premier jour, c'est bien ! Ce boulot vous convient, ça veut dire. Le quarantenaire tend la main et la pose sur l'épaule de l'autre, tapotant plusieurs fois. Le gamin est plus grand que lui, mais pas suffisamment pour que la position soit difficile à tenir alors il a le temps de taper 3 ou 4 fois avant de retirer sa main. Cinaed, il a toujours été plutôt tactile : on raconte beaucoup de choses juste avec ses mains, bien plus que ce qu'on dit avec ses mots. Les mots, ça peut être tourné dans tous les sens et Cinaed, souvent, il ne comprend pas. Un geste c'est simple et honnête.

Le brun se penche par dessus la boite qu'on lui tend et observe avec de gros yeux l'objet à l'intérieur. Une fois l'explication arrivée à ses oreilles, un grand sourire traverse son visage et il lève des yeux pétillants vers l'autre. Un éléphant, ça peut se désaccorder ? s'amuse-t-il entre deux petits rires. Il hoche la tête, plus pour lui même que pour l'autre : C'est amusant pour les enfants, et Ewan lui en voudra sûrement. En somme, ça devrait plaire à Avaleen. L'enfant adore faire du bruit, comme tous les gamines de six ans. Chanter, danser, taper sur ses verres et ses assiettes quand elle mange : une vraie mélomane.

Il s'empara de la boite, histoire de débarrasser le jeune vendeur avant de l'observer se perdre dans les produits. Ca changeait des vendeurs guindés qui semblaient tous avoir un nimbus 2000 là où il ne fallait pas : le gamin semblait véritablement content d'être là. On aurait dit qu'il cherchait un truc à s'offrir à lui plutôt qu'à ce vieux balourd qui attendait à ses côtés et ça, ça lui plaisait bien. P'rquoi vous avez choisi de bosser par ici, d'ailleurs ? Simple boulot pour remplir les caisses ou véritable passion ? Cinaed se disait qu'il en fallait au moins un minimum pour pouvoir présenter ses produits et bien les vendre mais avec le temps, il s'était rendu compte que les gens arrivaient à faire n'importe quoi quand ils avaient faim, même vendre des pièces d'automobiles moldues sans comprendre à quoi elles servaient. Sile était un peu pareille : elle pouvait tout faire même sans que les choses l'intéressent particulièrement. Cette vision était à l'opposé de celle de l'ébéniste qui faisait tout par passion, mais ils arrivaient à s'entendre sur quelques trucs quand ils commençaient à papoter boulot. Avec le temps, Cinaed avait fini par comprendre son point de vue même s'il ne pourrait jamais le partager.

Une âme de gamin à satisfaire ? demanda-t-il à la suite de sa question, trop impatient pour simplement attendre la réponse sans essayer de deviner. J'aurais été fou d'avoir tout ça quand j'avais 8 ans, je pense que j'aurais rendu fous mes parents. Il observa quelques secondes autour de lui avec un sourire doux. Grandir dans une maison de gens aussi guindés que le pire des vendeurs, ça impliquait de ne pas avoir de trompette d'éléphant, de trucs qui explosent ou de la peinture pour tâcher les murs. Il avait surtout apprit à jouer aux jeux de société sorciers après l'arrivée d'Ewan dans sa vie : lui, il avait toujours eu plein de trucs dans ce style là. Ils étaient fait pour se rencontrer à cette époque là : Ewan avait tout ce que Cinaed voulait tester, et le roux n'aimait pas jouer seul. Alors voilà, les deux enfants étaient devenus inséparables après s'être pris le nez pendant quelques semaines : il avait fallut une bataille explosive et hop, tous les soucis avaient été oubliés.

812.

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28 juil. 2025, 15:46
L'épreuve du premier client  E.M 
Entre la position penchée et la position avachie dans les boîtes de jeux du magasin, Erwan donnait la parfaite illustration de ce qu’il avait répondu à l’homme quelques instants avant, quand il lui avait demandé s’il avait une âme de gamin à satisfaire. C’était un mélange, entre effectivement une âme d’enfant qui n’avait pas eu la chance de grandir dans toute cette magie, mais également une âme d’adulte à soigner. Son âme d’enfance, on choisit de la cultiver, de s’en occuper pour la garder en vie comme on arroserait une plante ou bien de la laisser sombrer dans l’oubli ; son âme d’adulte, on ne choisit pas quand elle pointe le bout de son nez et on est bien obligé de faire avec sa présence, elle sera là pour toujours. Erwan, lui, avait décidé de prendre soin des deux. La paternité avait forcément changé la donne, il ne pouvait plus se permettre de se prendre pour Peter Pan. Mais il avait vite compris qu’il était en mesure de choisir la face lumineuse de cette pièce. Pour lui, cela voulait dire vivre à fond dans l’amusement et, en l’occurrence maintenant, se plonger dans un tas de boîtes de jeux pour enfants dans le magasin qui l’avait embauché. L’autre question du client lui rappelait également qu’il avait eu de la chance d’être pris ici, le premier endroit où il avait demandé un travail… Aurait-il eu le même entrain à satisfaire son premier client s’il avait été embauché comme serveur au Chaudron ou comme vendeur chez Florian Fortarôme ? Probablement que non. Il avait eu de la chance. Ou peut-être avait-il créé sa chance. Un peu des deux. C’est pourquoi il avait répondu ça à l’homme qui lui posait tant de questions. «Ouais ça doit être ça, une grande âme d’enfant. J’ai autant choisi que les Weasley m’ont choisi. Je fabrique moi-même des jeux, mais… on va dire que c’est trop tôt pour que je puisse en vivre. J’pense que j’vais pouvoir apprendre beaucoup ici !». C’était quasiment toute la vérité.

La voilà ! La boîte qu’il cherchait et qui devrait à coup sûr combler les attentes de ce farfelu premier client. Et sûrement pas le dernier, c’était un beau baptême du feu pour Erwan. Mais il savait qu’il avait trouvé là ce qu’il fallait ! C’était une perle rare ! Sûrement même que cette boîte s’était perdue là depuis un certain temps car Erwan n’avait pas le souvenir d’en avoir vu ailleurs. Il avait découvert cette création Weasley à sa sortie il y a quelques années, mais à l’époque il était un peu vieux pour une peluche qui coûtait en plus si cher ! Erwan se releva triomphant, sûr de lui. «Oh, oh, oh. J’ai trouvé exactement ce que vous étiez venu chercher en rentrant ici aujourd’hui monsieur !». Erwan posa la boîte sur d’autres plus grosses boîtes entre eux. C’était une boîte-carton de taille moyenne d’une couleur entre le jaune et le vert, dans un ton très clair. Le vendeur ouvrit la partie supérieure du carton et sortit ce qu’il contenait. Une petite peluche qui mesurait environ vingt-cinq centimètres, d’une forme… abstraite qui rappelait une sorte de nuage de fumée, de la même couleur que la boîte qui la contenait, avec un pied et deux bras, dont un qui tenait une lanterne. «Je vous présente le PitiPunk ! C’est juste une peluche vous me dites ? Certainement pas ! Regardez ! Si vous… Erwan vint placer ses deux mains autour de la lanterne que tenait la peluche. couvrez la lanterne, la peluche se met à… bah on sait pas à vrai dire ! C’est différent à chaque fois ! Attendez, on va voir…».

Erwan s’appliqua à bien couvrir l’intégralité de la petite lanterne, car cela ne marchait que lorsque l’obscurité était totale. Une fois le PitiPunk lancé, il n’y avait plus besoin de couvrir la lanterne, jusqu’à ce qu’on veuille qu’il fasse autre chose. Cette fois-ci, une ouverture apparut un peu comme une bouche et la peluche se mit à chanter :

«Il était un dragon,
Qui pète, qui pète,
Qui pète des paillettes.
Il était un dragon,
Qu’aurait dû mettre
Un pantalon
Qu’aurait dû mettre
Un pantalon.

Ça brille jusqu’au plafond,
Des rouges, des bleues
Et des p’tites marron
Ça brille jusqu’au plafond
Il y en a même dans l’fond
De son f…
».


Erwan posa rapidement sa main sur la bouche du PitiPunk. Choqué que la peluche ait tant de créativité pour un si joli brin de voix, sa confiance en lui en prit un coup. «Euh… Bon, peut-être pas pour une petite de six ans en fait. La première fois que je l’ai vu il m’a chanté “Maman a un hippogriffe dans le slip” c’était osé mais pas aussi cru… Je… Je vais continuer de chercher autre chose !». Erwan reposa le PitiPunk dans sa boîte, mais aussitôt qu’il eut fermé le carton et donc plongé la peluche dans le noir, on entendait à l’intérieur des bruits de rots et de pets dont on aurait pu penser qu’ils sortaient d’un dragon. Le sourire qu’il affichait était un subtil mélange de gêne et d’effort pour se contenir de ne pas exploser de rire devant un client à cause d’une peluche qui fait le bruit d’un pet de dragon.

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31 juil. 2025, 04:39
L'épreuve du premier client  E.M 
Regarder un jeune employé se dandiner en étant à moitié enseveli sous des boites de jouet n'était pas une activité commune et pourtant, ça ne semblait pas déranger l'ébéniste qui se contentait de patienter sur le côté tout en sifflotant une mélodie dont il ne se rappelait plus la provenance. Il savait simplement qu'elle était particulièrement entêtante et qu'elle semblait revenir à chaque fois que son cerveau n'avait rien sur quoi se concentrer. C'est que la pauvre bête était bien incapable de ne rien faire du tout, alors elle remplissait les blancs avec ce qu'elle avait sous la main et cela finissait bien souvent par être cette fichue musique. Peut-être l'avait-il entendue à la télé à un moment. Ca avait bien l'air d'une signature musicale de publicité. Merlin seul savait pourquoi les moldus aimaient autant en ajouter, tellement qu'elles coupaient parfois les programmes que regardaient Magnus 14 fois avant qu'il ne puisse arriver à la fin. Le pauvre homme... Quoique ça finissait toujours par faire rire Cinaed, surtout quand la publicité arrivait au pire moment possible.

Cinaed se balance doucement sur place, passant de la pointe des pieds au talon dans un rythme stable alors que le jeune adulte à ses côtés reprend la parole. Cela attire son attention d'un coup, comme si sa cervelle attendait le moindre signe extérieur pour s'y accrocher. C'est qu'il est dangereux de laisser un esprit comme le sien vagabonder dans une boutique à moitié vide de clients mais où les possibilités de conneries sont infinies. S'il n'avait pas un minimum de retenu, ou s'il avait été rendu à son moi de 15 ans, nul doute qu'il aurait déjà mis la boutique à feu et à sang. Il ne lui aurait pas fallut trois secondes sans être surveillé pour faire exploser l'Angleterre toute entière à cette époque, alors une petite boutique pleine de produits potentiellement dangereux... Vous fabriquez des jouets ? C'est trop cool ! Si vous voulez, on pourra s'échanger quelques conseils. Mes mains travaillent les sortilèges probablement depuis plus longtemps que vous n'êtes sur cette Terre, alors je suis sûr que vous aurez des trucs à m'apprendre. Les jeunes sont toujours super inventifs. J'trouve que la majorité des adultes perdent cette capacité à inover au bout d'un moment. Ils se contentent de poursuivre ce pourquoi ils sont bons et oublient d'expérimenter.

Evidemment, Cinaed ne se comptait pas parmi ces adultes tristes à en pleurer et il avait bien raison de ne pas le faire. Après tout, il passait probablement autant de temps à explorer les sortilèges qu'à sculpter, ce qui voulait dire y consacrer quasiment tout son temps libre. Maintenant que l'autre avait eu le malheur d'indiquer qu'il fabriquait des choses de ses blanches mains, l'ébéniste avait envie d'en savoir plus. Ou de tout savoir tout court. Il aurait aimé poser des centaines de questions mais se trouvait bien trop ignorant de tout le monde du jouet pour savoir quoi demander. Il n'avait pas envie de poser des questions banales, pensant que l'autre méritait plus que quelques phrases qu'il avait déjà dû entendre des dizaines de fois mais, pour autant, il était tellement perdu qu'il aurait été bien incapable de poser une question véritablement technique. Lui, il enchantait des objets du quotidien alors, évidemment, il n'avait aucune idée de comment enchanter une trompette pour qu'elle émette le son d'une trompe d'éléphant. Il aurait pu la faire luire dans le noir ou protéger une maison mais la faire chanter ? Merlin que c'était difficile.

Il sorti de sa contemplation du vide - une activité parfaite pour laisser son cerveau vagabonder - quand l'autre reprit la parole avec une exclamation de réussite. Soudain, toute son attention fut posée sur la boite que le plus jeune tenait dans ses mains. Il le vendait bien, ce jouet mystère. Cinaed avait l'impression qu'il s'agissait du Graal lui même. De quelque chose de révolutionnaire que même les plus grand sorciers de ce monde n'auraient jamais pu imaginer.

Une relique d'un ancien temps, cachée depuis toujours sous quelques boites de jeux aux couleurs tellement flamboyante qu'elles faisaient même mal aux eux à cet espèce de grand excentrique qu'était Cinaed Wallace. Vous me rendez drôlement curieux, montrez moi, montrez moi ! Chantonna-t-il en tapotant dans ses mains d'excitation. Le jeune s'exécuta la seconde suivante, comme s'il avait déjà prévu de déballer le contenu de la boite avant même que Cinaed n'ouvre la bouche. Si vous vouliez son avis, il s'agissait là d'un vrai professionnel. Il était passionné, ça se voyait. Et il aimait ce qu'il vendait, ce qui était la chose la plus importante parce qu'on ne pouvait pas vendre quelque chose qu'on ne souhaiterait pas pour nous même.

Un regard perplexe naquit au fond des yeux du quarantenaire alors qu'il voyait cet espèce de nuage aux longs bras sortir de la boite. Finalement, il reconnu la créature - sitôt confirmée par les mots du vendeur - et un sourire illumina à nouveau ses traits. Un sourire presque obsessionnel tant Cinaed était excité par cette nouvelle découverte. Il se pencha vers la peluche, les yeux grands ouverts alors qu'elle se mettait à chanter. Un truc horriblement immature que Cinaed apprécia dès les premières syllabes. Cette peluche était parfaite, un véritable don du ciel. Il aurait presque voulu l'acheter uniquement pour lui, mais ce n'était pas possible. Il doutait fortement que Magnus apprécie beaucoup la peluche comme nouvel ajout à l'appartement et Cinaed était aussi certain qu'une présence de magie aussi constante dans l'appartement achèverait bien rapidement les nombreux appareils électroniques qu'il contenait.

Il reprit conscience de son environnement quand le jeune homme couvrit la bouche de la peluche et ne put s'empêcher d'éclater de rire. Un rire bien fort, grave comme pouvait l'être sa voix quand il la baissait au maximum et assez essoufflé pour lui donner l'air d'un marathonien en fin de course. Son rire lui arrache le souffle des poumons, le forçant à se plier en deux, les bras serrés autour du ventre alors qu'il sifflait les dernières effluves de son hilarité. O-oh Merlin, Morgane et tous mes ancêtres ! Cette peluche est... Un autre éclat de rire suivi d'une toux rauque coupa sa phrase en deux M-merveilleuse ! J'en veux une, aucune chance que je reparte de cette boutique sans cette merveille ! Souffla-t-il, les yeux brillants alors qu'il tendait les deux bras vers le vendeur dans une demande silencieuse de lui confier son trésor. Donnez la moi, pitié, c'est la chose la plus fantastique que je n'ai jamais vu de ma vie ! Avaleen n'avait que six ans, mais qu'importe ? Elle entendait déjà bien pire quand elle passait du temps avec son oncle, même s'il essayait de se contenir au maximum. Vous pensez que je pourrais trafiquer un peu les sortilèges ou en rajouter un pour l'empêcher de dire certains mots ? Sa question était réelle et pleine de curiosité mais personne ne pouvait manquer le petit éclat dans ses yeux qui signifiait que, qu'importe que la réponse soit positive ou négative, il repartirait de cette boutique avec la peluche et l'offrirait innocemment à sa filleule.

Il essuya ses yeux rapidement avec ses doigts et pencha la tête avec un sourire amusé et confiant. Si vous avez autre chose, je veux bien continuer à faire le tour. Après tout, un anniversaire comme celui-ci, c'était spécial et Avaleen méritait plus qu'un seul jouet. Peut-être qu'il casserait un peu son porte-monnaie pour l'occasion mais autant profiter du succès de la boutique qui ne faisait que grandir jour après jour. S'il ne profitait pas de dépenser ses galions quand il en avait, alors quand le ferait-il ?

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Présence normale - Tutoyez moi !
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
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