Confusion sentimentale
Samedi 18 Septembre 2049, fin de journée
OS solo
Après avoir passé un moment qui m'a semblé à la fois long et court, les deux en même temps, avec Faith, je ne sais pas trop si elle y est restée mais je l'ai laissée dans la salle sur demande, car la conversation était finie. Il me reste encore un peu de temps sur ma journée, et je me sens d'humeur un peu maussade, à l'instar du ciel, sans vraiment savoir pourquoi. Un peu d'air me fera forcément du bien.
L'air en question est plutôt humide, teinté d'une odeur de pluie qui me réconforte généralement, mais dont l'effet ne se fait aujourd'hui exceptionnellement pas ressentir. A l'inverse, je me sens très consciente du vent un peu trop froid qui traverse mes habits. Son contact m'initie un frisson désagréable remontant le long de ma colonne vertébrale. Peu importe, j'ai envie de solitude et ce n'est probablement pas la salle commune ou le foyer qui me l'apporteront.
Je continue ma marche silencieuse à travers les arbres du parc, m'éloignant de plus en plus du château. J'ai l'impression d'avoir le cerveau vide, ou à l'inverse tellement rempli que je n'arrive pas à penser clairement, comme plein d'eau ou de coton étouffant. Dans un grand soupir fatigué, je me laisse tomber assise sous un arbre, m'y adossant en relâchant tous mes muscles, comme échouée contre ce tronc massif.
Maintenant, c'est comme un bruit sourd mais multiple qui m'envahit la tête, brouhaha flou et chaotique. Et dans ce désordre, une phrase se détache de la confusion sonore.
"Faith a une copine".
Pourquoi est-ce que cette information résonne tant en moi ? Ce n'est pourtant pas un drame si mon amie ne m'en avait pas parlé plus tôt. Peut-être un peu étrange que je n'en aie pas entendu parler une seule fois dans les quelques hiboux que nous nous sommes échangés pendant les vacances d'été, mais il semblerait que ça ne se passe pas (plus ?) si bien entre elles, si j'en crois l'état dans lequel mon amie était ce soir et le fait que ce ne soit pas auprès de sa petite amie qu'elle ait cherché le réconfort.
Frustrée par l'impression de perdre le contrôle de mes émotions sans même en comprendre la cause, je sors mon carnet et un crayon. Sans réfléchir, je commence comme souvent un visage en trois-quarts tourné vers la gauche. J'ai envie de dessiner un personnage élégant mais simple, qui dégage une certaine beauté et ait une part de mystère, sans pour autant paraitre pompeux et hautain. Je lui dessine un carré féminin avec frange en guise de coupe capillaire. J'ajoute quelques taches de rousseur pour donner un peu de texture au dessin, ce qui va dans le sens de ma volonté de faire un personnage naturel et imparfait. Je m'arrête pour regarder mon croquis et décider de s'il est achevé ou non. A vrai dire, un accessoire ou l'autre ne serait pas de trop. Simple mais élégant et mystérieux..? Des lunettes. Rondes. J'en dessine une paire sur le nez de mon personnage en essayant de gérer la perspective au mieux. Voilà, une jolie demoiselle...
Je me sens un peu plus apaisée maintenant que j'ai dessiné, alors je ferme les yeux quelques instants pour profiter de mon environnement. Les feuilles des arbres se froissent entre elles au passage du vent, au loin les vagues se relaient sur le lac, et pas une voix humaine ne s'élève. Les yeux rouverts, je regarde une dernière fois mon dessin, me préparant à le ranger pour retourner au château. Je cligne des yeux rapidement, traitant l'information qui en un éclair m'a traversé l'esprit.
-On dirait Faith...
Perplexe, j'analyse le personnage, mais aucun doute, j'ai inconsciemment dessiné le sosie de la Serpentarde. Quel hasard, puisque ce n'était pas particulièrement mon intention ! Et c'est d'ailleurs plutôt surprenant que je ne me sois pas rendue compte plus tôt dans le processus de la ressemblance.
Avec cette comparaison, mon humeur maussade refait un peu surface. Encore une fois, je me sens frustré par les émotions qui m'envahissent. Mais pourquoi diable est-ce que je me sens aussi affectée par une information si banale ?? Ce n'est pas comme si elle me l'avait cachée volontairement, il n'y a pas à se sentir trompée comme ça ! Je ne comprends pas, je n'ai pourtant jamais réagit comme ça en apprenant quelque chose sur une de mes amies, qu'est-ce qui cloche ?
Ce n'est pas non plus parce qu'elle sort avec une autre fille, j'avais déjà entendu parler de ce genre de couples et je ne veux pas être fermée d'esprit au point d'être dérangée par ça. Mais c'est vrai qu'en y pensant, je n'avais jamais tellement réfléchi à cette éventualité, ni pour Faith ni pour qui que ce soit de mon entourage en fait. De mon côté, je n'ai toujours été attirée que par des garçons (mais je n'ai jamais eu de copain). Je me demande si c'est différent, d'aimer les filles ? Les garçons c'est souvent énervant, alors que les filles c'est adorable et les filles sont souvent plus jolies que les garçons. Ca doit être sympa, d'aimer les filles.
Avant que je ne m'en rende compte, mon esprit a commencé à divaguer sur ce que ça ferait de sortir avec une fille. Un sourire se dessine sur mon visage. Et comme soufflée par un être invisible, une phrase apparait dans ma tête: "Ce serait bien d'avoir cette proximité avec Faith...". Mon visage se fige, comme après avoir pris une claque. Sortir avec Faith ? Quelle idée ? C'est mon amie. Mais sans que je ne l'accepte, les liens ont déjà commencé à se former en moi. Mon envie de la connaître quand je ne la connaissais que de vue, mon excitation la première fois qu'on s'est parlé, les efforts que je fournis pour garder contact avec elle alors que je ne fais ça pour personne d'autre... Et enfin, ma réaction en apprenant qu'elle a une copine. Tous ces symptômes étaient bien présents.
Je refuse de les accepter, mais mon inconscient, lui, les a finalement bien compris.
Reducio

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#1f1c73 | INFJ inRP et irl | aime dessiner et chanter ! | 3ème année rp (promo 48-49)