La plume fugueuse
2 Septembre
avec @Abigail O’Connell
508 mots
Voilà, Abigail O’Connell, j'espère que cela te convient. J'attends la réponse de ta protégée.
avec @Abigail O’Connell
Saïph était pourtant partie tôt, ce matin. Elle avait fait son sac la veille, et s'était levée de bonne heure pour le petit-déjeuner. C'est devant son chocolat chaud qu'elle avait remarqué qu'elle était bien plus légère qu'à l'accoutumé. En laissant son regard se déporter sur les bancs, elle s'était aperçue de son manque de fournitures.
Elle avait tout laissé en plan pour courir à la Tour Ouest pour y récupérer son sac, gentiment posé au pied de son lit, sous son emploi du temps. Et s'était aperçue, en voyant un livre dépassé, qu'elle s'était trompée de jour. Elle avait alors retourné le tout, répandu ses affaires au sol, et recommencé à entasser dans la besace.
Elle était désormais en retard. Ou du moins elle allait finir par l'être, si elle ne courait.
La jeune blondinette était donc en train de courir, les mèches folles, les joues rouges, des perles de sueur déjà sur son front. Le poids de son sac, qui volant telle une aile de plomb, paressait la tirer en arrière et ses trop petites jambes s'emmêlaient dans ses vêtements trop grands. Ignorant sa gorge qui s'enflammait, ses poumons qui criaient grâce, ses muscles qui se tétanisaient, elle gardait son allure, ses pas raisonnant avec force dans les couloirs du château. Elle allongeait la jambe, ses yeux se brouillant à mesure de son épuisement.
Alors qu'elle passait un coin, son épaule heurta le mur. Elle fit plusieurs tours sur elle-même, désorientée, le regard un peu fou, et vit le bleu de sa plume voler devant ses yeux. Son matériel d'écriture avait dû glisser sous la force de l'impact. Chancelante, la pré-adolescente se mit à chercher la fuyarde, aplatissant ses mèches mouillée de sueur d'une main hagarde.
Elle vit le point bleu à quelques mètres d'elle et sourit, rassurée de ne pas avoir perdu son unique plume. Cette dernière avait perdu de sa splendeur et était aussi ébouriffée que sa propriétaire. Saïph espérait que sa mine soit encore bonne à l'usage. Elle amorça un pas avant de s'arrêter, papillonnante.
Son coeur tambourinait dans ses tempes, ses muscles, arrêtés en pleine course, vrombissaient comme de vieilles feuilles. Elle déglutit, pas très sûre de l'image qui se présentait à elle. Il semblait que son matériel ait trouvé une amie. Ou voulait changer de propriétaire. Comment le comprendre autrement, lorsqu'on voyait la façon dont elle tronnait aux pieds d'une jeune fille.
SaÏph remonta lentement le long des jambes de la nouvelle venue, s'arrêta sur sa robe aux couleurs de Serpentard, sur ses longs cheveux blonds et parfaitement disciplinés. Cette couleur pâle lui fit un instant penser à un éclat de lune et elle sourit immédiatement. Elle aimait la lune. Elle rencontra un visage symétrique, d'une beauté peu commune pour ceux qui entraient dans l'adolescence. Son sourire se transforma en ravissement. Elle comprenait parfaitement que sa plume se soit prosternée là. Elle se redressa et avança, tentant de retenir sa respiration saccadée, vers l'inconnue.
- Bonjour, je suis Saïph. Ma plume ne t'a pas fait mal ?
Elle avait tout laissé en plan pour courir à la Tour Ouest pour y récupérer son sac, gentiment posé au pied de son lit, sous son emploi du temps. Et s'était aperçue, en voyant un livre dépassé, qu'elle s'était trompée de jour. Elle avait alors retourné le tout, répandu ses affaires au sol, et recommencé à entasser dans la besace.
Elle était désormais en retard. Ou du moins elle allait finir par l'être, si elle ne courait.
La jeune blondinette était donc en train de courir, les mèches folles, les joues rouges, des perles de sueur déjà sur son front. Le poids de son sac, qui volant telle une aile de plomb, paressait la tirer en arrière et ses trop petites jambes s'emmêlaient dans ses vêtements trop grands. Ignorant sa gorge qui s'enflammait, ses poumons qui criaient grâce, ses muscles qui se tétanisaient, elle gardait son allure, ses pas raisonnant avec force dans les couloirs du château. Elle allongeait la jambe, ses yeux se brouillant à mesure de son épuisement.
Alors qu'elle passait un coin, son épaule heurta le mur. Elle fit plusieurs tours sur elle-même, désorientée, le regard un peu fou, et vit le bleu de sa plume voler devant ses yeux. Son matériel d'écriture avait dû glisser sous la force de l'impact. Chancelante, la pré-adolescente se mit à chercher la fuyarde, aplatissant ses mèches mouillée de sueur d'une main hagarde.
Elle vit le point bleu à quelques mètres d'elle et sourit, rassurée de ne pas avoir perdu son unique plume. Cette dernière avait perdu de sa splendeur et était aussi ébouriffée que sa propriétaire. Saïph espérait que sa mine soit encore bonne à l'usage. Elle amorça un pas avant de s'arrêter, papillonnante.
Son coeur tambourinait dans ses tempes, ses muscles, arrêtés en pleine course, vrombissaient comme de vieilles feuilles. Elle déglutit, pas très sûre de l'image qui se présentait à elle. Il semblait que son matériel ait trouvé une amie. Ou voulait changer de propriétaire. Comment le comprendre autrement, lorsqu'on voyait la façon dont elle tronnait aux pieds d'une jeune fille.
SaÏph remonta lentement le long des jambes de la nouvelle venue, s'arrêta sur sa robe aux couleurs de Serpentard, sur ses longs cheveux blonds et parfaitement disciplinés. Cette couleur pâle lui fit un instant penser à un éclat de lune et elle sourit immédiatement. Elle aimait la lune. Elle rencontra un visage symétrique, d'une beauté peu commune pour ceux qui entraient dans l'adolescence. Son sourire se transforma en ravissement. Elle comprenait parfaitement que sa plume se soit prosternée là. Elle se redressa et avança, tentant de retenir sa respiration saccadée, vers l'inconnue.
- Bonjour, je suis Saïph. Ma plume ne t'a pas fait mal ?
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Voilà, Abigail O’Connell, j'espère que cela te convient. J'attends la réponse de ta protégée.
La plume fugueuse
Abigail était appuyée contre le rebord d’une grande fenêtre du couloir, un vieux livre de magizoologie posé sur ses genoux. Le calme régnait dans cet endroit retiré, à peine troublé par le murmure lointain des élèves qui allaient et venaient. La lumière douce du matin traversait les vitraux, illuminant ses longs cheveux blonds soigneusement coiffés et le tissu vert sombre de sa robe de Serpentard.
Elle feuilletait lentement les pages, absorbée par les illustrations et les descriptions des créatures magiques. Ce moment de calme lui permettait de s’évader un peu, d’oublier le brouhaha de la vie scolaire et de rêver aux découvertes qu’elle ferait un jour. Ses doigts effleuraient parfois le pendentif en forme de clé suspendu à son cou, geste apaisant qui l’aidait à garder son calme et sa concentration.
Soudain, un léger grattement sur le sol attira son attention. Elle baissa les yeux et vit une plume bleue, désordonnée et abandonnée, glisser doucement jusqu’à ses pieds. Sans froncer les sourcils, elle referma son livre et posa délicatement les doigts sur la couverture, comme pour figer l’instant.
Un tumulte dans le couloir la fit lever la tête. Des pas précipités résonnaient, rapides et maladroits, portés par une urgence plus que par la grâce. Une jeune fille déboula au tournant, le souffle court, les joues rosies par l’effort, les cheveux collés par la sueur, l’air perdu entre panique et obstination.
Abigail resta droite et immobile, observant la scène avec calme, presque comme si elle regardait un tableau animé prendre vie devant elle.
Lorsque la jeune fille s’arrêta près d’elle, haletante, et lui adressa la parole, Abigail ne répondit pas tout de suite. Elle baissa les yeux vers la plume, qu’elle ramassa d’un geste doux, effleurant délicatement ses fibres abîmées du bout des doigts.
- Ne t’inquiète pas, elle ne m’a pas blessée, répondit-elle d’une voix calme et posée, tendant l’objet avec retenue.
Elle la détailla du regard, juste assez pour saisir les détails : des vêtements un peu trop grands, un sac mal fermé, des yeux plutôt curieux.
- Elle a l’air de beaucoup te tenir à cœur, dit la jeune fille. Tu devais être pressée.
Abigail dégagea une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille. Son maintien était impeccable, mais ses yeux trahissaient une curiosité sincère.
- Je m’appelle Abigail. Première année, moi aussi.
Elle n’ajouta rien d’autre. Les présentations étaient faites. Son regard resta cependant attentif, prêt à écouter ou à poser d’autres questions, selon la tournure que la conversation prendrait.
412 mots
Mon premier poste RP !
@Saïph Bulbosa dis moi si je dois changer quelque chose !
Elle feuilletait lentement les pages, absorbée par les illustrations et les descriptions des créatures magiques. Ce moment de calme lui permettait de s’évader un peu, d’oublier le brouhaha de la vie scolaire et de rêver aux découvertes qu’elle ferait un jour. Ses doigts effleuraient parfois le pendentif en forme de clé suspendu à son cou, geste apaisant qui l’aidait à garder son calme et sa concentration.
Soudain, un léger grattement sur le sol attira son attention. Elle baissa les yeux et vit une plume bleue, désordonnée et abandonnée, glisser doucement jusqu’à ses pieds. Sans froncer les sourcils, elle referma son livre et posa délicatement les doigts sur la couverture, comme pour figer l’instant.
Un tumulte dans le couloir la fit lever la tête. Des pas précipités résonnaient, rapides et maladroits, portés par une urgence plus que par la grâce. Une jeune fille déboula au tournant, le souffle court, les joues rosies par l’effort, les cheveux collés par la sueur, l’air perdu entre panique et obstination.
Abigail resta droite et immobile, observant la scène avec calme, presque comme si elle regardait un tableau animé prendre vie devant elle.
Lorsque la jeune fille s’arrêta près d’elle, haletante, et lui adressa la parole, Abigail ne répondit pas tout de suite. Elle baissa les yeux vers la plume, qu’elle ramassa d’un geste doux, effleurant délicatement ses fibres abîmées du bout des doigts.
- Ne t’inquiète pas, elle ne m’a pas blessée, répondit-elle d’une voix calme et posée, tendant l’objet avec retenue.
Elle la détailla du regard, juste assez pour saisir les détails : des vêtements un peu trop grands, un sac mal fermé, des yeux plutôt curieux.
- Elle a l’air de beaucoup te tenir à cœur, dit la jeune fille. Tu devais être pressée.
Abigail dégagea une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille. Son maintien était impeccable, mais ses yeux trahissaient une curiosité sincère.
- Je m’appelle Abigail. Première année, moi aussi.
Elle n’ajouta rien d’autre. Les présentations étaient faites. Son regard resta cependant attentif, prêt à écouter ou à poser d’autres questions, selon la tournure que la conversation prendrait.
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#408080 merci clarke kane pour l’avatar!
La plume fugueuse
Saïph détailla son vis-à-vis. Elle avait l'impression de se voir en négatif. Quand elle était débraillée, l'autre était toute en retenue. Elle lui donnait l'impression d'une danseuse tant ses gestes paraissaient mesurés, calculés. La blondinette observa sa coiffure. Ses longs cheveux, qui au départ lui étaient apparus lunaires, ressemblaient désormais à des éclats solaires. Elle se demandait si, placés dans les bras chaud d'Eole, ils dessineraient une auréole. Elle s'intéressa ensuite à sa posture droite, élégante, gracieuse. A sa main posée sur un livre, qu'elle était certainement occupée à lire. L'autre tenait sa plume, qu'elle avait caressée avec soin et précision, respect.
L'Aiglonne acquiesça. Oui, cette plume, elle y tenait. Elle aimait le grattement de sa pointe sur le parchemin. Ce n'était pas seulement qu'il s'agissait de son unique moyen d'écrire, mais aussi parce qu'elle était une amie. Guidant, imprimant, encrant le flux de ses pensées, de ses questions, des réponses qu'elle compulsait. Elle était heureuse qu'elle soit traitée avec un tel respect. Qu'une autre personne puisse voir à quel point un objet, aussi futile soit-il, pouvait avoir de l'importance, dans la vie de quelqu'un. Même s'il ne s'agissait que d'un moment passager, un coup de coeur qui finirait par être remplacé.
La jeune fille avança encore de deux pas, curieuse de savoir ce que pouvait lire la Serpentard. Elle espérait ne pas être intrusive et restait légèrement impressionnée par cette Première Année qui semblait autant à sa place. Elle se souvint que, la première fois qu'elle avait entendu parler de cette maison, elle avait pensé à Andromaque et s'était demandée s'ils sifflaient au-dessus des têtes. Ce serpent là ne semblait ni froid, ni vénéneux. Elle se fustigea un instant de son ancienne pensée. Après tout, elle ne connaissait rien aux maisons. Elle ne savait rien de ses membres. Elle était entrée dans un nid douillet et duveteux et était certaine qu'Abigail aussi, avait trouvé un joli nid. Du moins l'espérait-elle.
La Née-Moldue regarda le couloir vide. Papillonna de ses yeux mordorés. Frotta sa tête, ajoutant de nouveaux noeuds à son carré de blé. Les lieux étaient vides et elle avait trouvé la jeune fille seule, installée pour lire. Sans doute voulait-elle être tranquille et au calme. C'est vrai que si sa salle commune ressemblait à celle des Serdaigle, il devait y avoir de l'animation ! La Bibliothèque était un espace où l'on pouvait étudier sereinement. Pour autant était-elle en train d'étudier ?
En plongeant dans les yeux de l'étrangère, l'Irlandaise s'aperçut qu'elle attendait. Aussi calme que le lac sur lequel reposait l'île de Poudlard. Des orbes attentives, comme une invitation. Elle se lança alors, ayant l'impression de se jeter d'une montagne à pic.
- Première Année ? Tu... Tu parais à ton aise, ici. Que lis-tu ?
Elle recula en levant les deux mains, montra ses paumes en signe de paix.
- Je ne veux pas te déranger ! Je... Tu as été bien accueillie, dans ta maison ? Serpentard te plaît ? J'avoue que, personnellement, j'ai été surprise lorsqu'on m'a annoncée la mienne, à la répartition ! Tu t'en doutais, toi ? C'est la première fois que je parle avec quelqu'un de Serpentard ! Comment est-ce ? Il paraît que vous êtes au sous-sol. Est-ce que tu vois dans le lac ?
Sans vraiment s'en apercevoir, Saïph s'était accroupie, un grand sourire sur ses lèvres pleines. Elle avait remonté ses manches trop longues et délaissé son sac, qui menaçait de vider son contenu sur le sol. La jeune fille sentait son coeur tambouriner, cependant ce n'était plus à cause de sa course, mais de la crainte de paraître impolie. Pour autant, sa soif d'apprendre était plus puissante que n'importe quelle voix de la raison. D'un geste de la main, qui fit voler sa manche dans les airs, elle chassa donc sa conscience qui la sermonnait, et accrocha son regard à cette fille couronnée d'astres.
L'Aiglonne acquiesça. Oui, cette plume, elle y tenait. Elle aimait le grattement de sa pointe sur le parchemin. Ce n'était pas seulement qu'il s'agissait de son unique moyen d'écrire, mais aussi parce qu'elle était une amie. Guidant, imprimant, encrant le flux de ses pensées, de ses questions, des réponses qu'elle compulsait. Elle était heureuse qu'elle soit traitée avec un tel respect. Qu'une autre personne puisse voir à quel point un objet, aussi futile soit-il, pouvait avoir de l'importance, dans la vie de quelqu'un. Même s'il ne s'agissait que d'un moment passager, un coup de coeur qui finirait par être remplacé.
La jeune fille avança encore de deux pas, curieuse de savoir ce que pouvait lire la Serpentard. Elle espérait ne pas être intrusive et restait légèrement impressionnée par cette Première Année qui semblait autant à sa place. Elle se souvint que, la première fois qu'elle avait entendu parler de cette maison, elle avait pensé à Andromaque et s'était demandée s'ils sifflaient au-dessus des têtes. Ce serpent là ne semblait ni froid, ni vénéneux. Elle se fustigea un instant de son ancienne pensée. Après tout, elle ne connaissait rien aux maisons. Elle ne savait rien de ses membres. Elle était entrée dans un nid douillet et duveteux et était certaine qu'Abigail aussi, avait trouvé un joli nid. Du moins l'espérait-elle.
La Née-Moldue regarda le couloir vide. Papillonna de ses yeux mordorés. Frotta sa tête, ajoutant de nouveaux noeuds à son carré de blé. Les lieux étaient vides et elle avait trouvé la jeune fille seule, installée pour lire. Sans doute voulait-elle être tranquille et au calme. C'est vrai que si sa salle commune ressemblait à celle des Serdaigle, il devait y avoir de l'animation ! La Bibliothèque était un espace où l'on pouvait étudier sereinement. Pour autant était-elle en train d'étudier ?
En plongeant dans les yeux de l'étrangère, l'Irlandaise s'aperçut qu'elle attendait. Aussi calme que le lac sur lequel reposait l'île de Poudlard. Des orbes attentives, comme une invitation. Elle se lança alors, ayant l'impression de se jeter d'une montagne à pic.
- Première Année ? Tu... Tu parais à ton aise, ici. Que lis-tu ?
Elle recula en levant les deux mains, montra ses paumes en signe de paix.
- Je ne veux pas te déranger ! Je... Tu as été bien accueillie, dans ta maison ? Serpentard te plaît ? J'avoue que, personnellement, j'ai été surprise lorsqu'on m'a annoncée la mienne, à la répartition ! Tu t'en doutais, toi ? C'est la première fois que je parle avec quelqu'un de Serpentard ! Comment est-ce ? Il paraît que vous êtes au sous-sol. Est-ce que tu vois dans le lac ?
Sans vraiment s'en apercevoir, Saïph s'était accroupie, un grand sourire sur ses lèvres pleines. Elle avait remonté ses manches trop longues et délaissé son sac, qui menaçait de vider son contenu sur le sol. La jeune fille sentait son coeur tambouriner, cependant ce n'était plus à cause de sa course, mais de la crainte de paraître impolie. Pour autant, sa soif d'apprendre était plus puissante que n'importe quelle voix de la raison. D'un geste de la main, qui fit voler sa manche dans les airs, elle chassa donc sa conscience qui la sermonnait, et accrocha son regard à cette fille couronnée d'astres.
@Abigail O'Connell
639 mots
Dernière modification par Saïph Bulbosa le 28 juin 2025, 01:27, modifié 1 fois.
La plume fugueuse
Abigail inclina légèrement la tête, un sourire discret effleurant ses lèvres. La présence de la jeune Serdaigle, si différente, presque solaire malgré son souffle encore court, l’étonnait un peu. Pourtant, elle sentait qu’elle pouvait lui parler.
- Je lis un livre sur les créatures magiques, répondit la blonde, sa voix douce et calme. Des hippogriffes, des nifflers, des dragons… Je rêve de les voir un jour.
Elle posa le livre à côté d’elle, sur le rebord de la fenêtre, laisser sa camarade le lire si elle le souhait et regarda par-delà les vitraux où la lumière dessinait des formes mouvantes sur le sol en pierre.
- Serpentard… c’est vrai qu’on est un peu en bas, près du lac. Parfois, on voit la surface scintiller, comme un miroir. Mais je n’ai pas encore vu de créature magique dans l’eau. Peut-être qu’elles restent cachées.
Elle écouta les questions que sa camarade lui posa, et elle n’eut pas besoin de réfléchir longtemps.
- Je ne savais pas trop où j’allais, au début. J’avais peur de ne pas être à ma place. Mais maintenant, je crois que ça va, dit-elle. À serpentard ils sont tous très gentils et accueillants, mame si je sais que ça peut surprendre… Les gens se font une image de cette maison sans vraiment la connaître, c’est dommage…
Elle serra son pendentif en forme de clé, un cadeau que son grand-père lui avait laissé avant de partir pour un long voyage.
« Il disait que cette clé ouvre des portes invisibles, » avait raconté sa mère. Abigail aimait y croire, même si elle ne savait pas où était la serrure.
- Et toi, Serdaigle… Est-ce que tu aimes la bibliothèque ? Moi, j’aime bien les endroits calmes, ça doit être sympa là-bas. Tu t’es fais des amis ?
Elle ajouta :
- Mon grand-père, il est magizoologiste. C’est lui qui m’a donné cette clé, expliqua-t-elle en touchant doucement le pendentif autour de son cou. Je crois qu’un jour, je voudrais être comme lui. Pas célèbre, fin pas forcément, juste quelqu’un qui comprend vraiment les animaux magiques.
Abigail détourna un instant les yeux, son regard se perdant dans les couleurs mouvantes des vitraux.
Elle sourit un peu, en revenant au visage de la fille.
- Tu es contente ici, à Poudlard, toi?
La question était simple, mais elle voulait vraiment savoir
389 mots
@Saïph Bulbosa
- Je lis un livre sur les créatures magiques, répondit la blonde, sa voix douce et calme. Des hippogriffes, des nifflers, des dragons… Je rêve de les voir un jour.
Elle posa le livre à côté d’elle, sur le rebord de la fenêtre, laisser sa camarade le lire si elle le souhait et regarda par-delà les vitraux où la lumière dessinait des formes mouvantes sur le sol en pierre.
- Serpentard… c’est vrai qu’on est un peu en bas, près du lac. Parfois, on voit la surface scintiller, comme un miroir. Mais je n’ai pas encore vu de créature magique dans l’eau. Peut-être qu’elles restent cachées.
Elle écouta les questions que sa camarade lui posa, et elle n’eut pas besoin de réfléchir longtemps.
- Je ne savais pas trop où j’allais, au début. J’avais peur de ne pas être à ma place. Mais maintenant, je crois que ça va, dit-elle. À serpentard ils sont tous très gentils et accueillants, mame si je sais que ça peut surprendre… Les gens se font une image de cette maison sans vraiment la connaître, c’est dommage…
Elle serra son pendentif en forme de clé, un cadeau que son grand-père lui avait laissé avant de partir pour un long voyage.
« Il disait que cette clé ouvre des portes invisibles, » avait raconté sa mère. Abigail aimait y croire, même si elle ne savait pas où était la serrure.
- Et toi, Serdaigle… Est-ce que tu aimes la bibliothèque ? Moi, j’aime bien les endroits calmes, ça doit être sympa là-bas. Tu t’es fais des amis ?
Elle ajouta :
- Mon grand-père, il est magizoologiste. C’est lui qui m’a donné cette clé, expliqua-t-elle en touchant doucement le pendentif autour de son cou. Je crois qu’un jour, je voudrais être comme lui. Pas célèbre, fin pas forcément, juste quelqu’un qui comprend vraiment les animaux magiques.
Abigail détourna un instant les yeux, son regard se perdant dans les couleurs mouvantes des vitraux.
Elle sourit un peu, en revenant au visage de la fille.
- Tu es contente ici, à Poudlard, toi?
La question était simple, mais elle voulait vraiment savoir
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@Saïph Bulbosa
#408080 merci clarke kane pour l’avatar!
La plume fugueuse
Saïph écouta la jeune fille. La sentant se dévoiler avec surprise, elle qui pensait la voir se refermer devant son avidité. Elle était contente que sa main tendue ait été prise. Contente de constater que, dans ce dédale qu’était la vie, elle pouvait encore rattraper le fil d’Ariane et se plonger sans trop d’effroi dans des conversations anodines.
Des dragons ? Des hippogriffes ? Elle en avait entendu parler, rapidement, et ne se représentait pas bien ce à quoi la Serpentard faisait allusion. D’une main tranquille, la blonde posa son ouvrage sur le rebord de la fenêtre et l’Aiglonne put en lire la première de couverture, en apprécier l’épaisseur. Ses doigts la démangeaient de pouvoir le feuilleter mais elle ne voulait pas paraître impolie en se jetant sur le volume. D’autant plus qu’elle savait qu’elle pourrait sans doute demander à l’emprunter par la suite, peut-être le retrouver dans la bibliothèque, le commander… Si l’Irlandaise n’avait pas le sens des priorités, elle reconnaissait l’importance de l’éphémère. Et une discussion dans un couloir en faisait partie. C’était donc à prioriser.
En écoutant la description de la salle commune des vert et argent, la jeune fille sentit ses paupières s’écarquiller. Un miroir...elle ne pouvait pas vraiment apprécier le lac, d’où elle se trouvait. Il fallait sortir pour en contempler les scintillements. Être capable de le faire installé dans un sofa devait être agréable, pensa-t-elle. Les sofas étaient-ils verts ?
Oh ! Elle aussi craignait de ne pas être à sa place ? La blondinette ne put retenir un sourire : c’était un peu la crainte de tous les Première année, apparemment. Ce qui n’était pas étonnant, étant donné leur départ à tous du cocon familial, pour se retrouver dans un château mêlé à des personnes qui étaient là depuis si longtemps, qu’elles faisaient littéralement partie des murs. Les tableaux lui apparurent. Tous ces individus restés là, regardant passer les plus jeunes, les regardant grandir, changer. Elle se demandait si, un jour, une autobiographie d’un tableau serait possible. Et auquel cas, raconterait-il ce qu’il a vu, entendu, ou vécu ?
Un mouvement capta son attention. Son vis-à-vis avait posé ses doigts fins sur une clef. Saïph fronça les sourcils et pencha la tête pour mieux l’admirer. C’était un bel ouvrage, loin des bijoux fastueux. Un symbole, sans doute. Certainement important. Ce geste traduisait une habitude, un rituel, une valeur singulière à cet artefact à demi dissimulé contre le coeur sa camarade.
Lorsque Abigail évoqua son grand-père, ses yeux se perdirent un instant dans le jeu des ombres et des lumières. Un sourire étira ses lèvres rosées. Saïph papillonna. Etait-ce un sourire mélancolique ? Nostalgique ? Etant-elle gênée qu’elle puisse penser à un rêve de grandeur ? Le simple fait d’user du terme « comprendre vraiment » était en soit la preuve qu’elle n’était pas en face de quelqu’un voulant briller. Mais d’une passion mature, réfléchie, à coeur ouvert.
Elle se laissa tomber au sol, son sac rendant quelques unes de ses affaires sur les pierres.
- J’aime Poudlard, répondit Saïph. J’aime le château et tous ses mystères. Tu as remarqué que, où que tu regardes, il y a une nouvelle chose pour t’éblouir ?
Elle laissa ses orbes planer sur les anfractuosités des murs, glissa contre l’ébréchure d’une pierre. Revint à la Serpentard.
- Et toi ? Tu aimes Poudlard ? Tu sais, je pense que nous sommes nombreux à avoir craint de nous retrouver seuls, ici.
Elle haussa les épaules.
- Mais Serdaigle m’a bien accueillie ! Nous sommes tout en haut de la Tour Ouest, tout près des étoiles. J’adore les étoiles. C’est relaxant. J’imagine que le lac doit aussi l’être.
Elle pouffa.
- Ce serait spectaculaire que tu puisses voir un tentacule passer, un jour ! J’imagine comme ça doit être magique ! Comment était ta première nuit là-bas ?
Elle se pencha en avant, comme pour confier un secret. Sa voix, ordinairement si fragile, n’avait aucun mal à percer le silence du couloir.
- Moi, je me suis faufilée à la tour d’Astronomie, le premier soir. Ma mère m’a dit que si l’on regardait les étoiles, on voyait celles et ceux qui les regardaient également, au même moment. Ainsi, les rêveurs, les solitaires, les insomniaques ne sont jamais vraiment seuls. Alors je suis allée voir les étoiles en espérant que ma mère les regarde aussi.
Elle bascula en arrière, s’appuya sur ses mains pour fixer le plafond d’un air pensif.
- Enfin je sais qu’ici, c’est comme une nouvelle famille que l’on se crée. Il faut juste être patients ! C’est ce que l’on raconte, en tous cas… Je ne suis pas très douée, pour me faire des amis. Déjà, à l’Ecole, j’étais vue comme quelqu’un de bizarre. Bien que personne ne me fasse sentir ainsi ici, j’ai l’habitude d’être seule. Mais j’aime bien rencontrer des gens. Disons que les deux sont bien, je suis contente avec tout. Toi, tu as rencontré des gens ? Retrouvé des amis ou de la famille, peut-être ?
Elle se redressa totalement et frotta sa tête, songeuse.
- Tu sais, je pense que ton rêve est un beau rêve…
Craignant de passer pour présomptueuse, elle releva abruptement la tête, ses cheveux suivant le mouvement et fouettant l’air. Elle tendit ses mains recouvertes de manches et les battit de gauche à droite, agitant le vide avec le froissement de ses tissus.
- Enfin je ne connais pas grand-chose, hein ! Je ne sais pas vraiment en quoi consiste ce métier, mais… Tu es en train de lire un livre sur les Animaux Fantastiques. Et ton visage...se transforme lorsque tu parles de cela. C’est que cette idée te rend heureuse. Et quoi de mieux que de suivre les battements de son coeur ? Chez moi, on dit qu’il faut toujours viser la lune, et contempler les étoiles sur son passage… J’espère que le tien sera plein de constellations…
La fillette déglutit.
- Ou alors est-ce ton grand-père qui te fait sourire ? Tu en es proche ? Une clef, c’est vraiment un cadeau très symbolique. Tu lui as annoncé à lui ou à tes parents dans quelle maison tu étais ? La mienne ne peut pas vraiment comprendre...ils sont moldus, alors…
Elle eut une moue fugace.
- Et puis je n’ai que mes parents. Le reste nous prend déjà pour des gens bizarres alors s’ils apprenaient que je suis une sorcière… Enfin…
Se rendant compte qu’elle se laissait aller à ses propres songes, la blondinette secoua la tête si vite, qu’elle ne vit plus droit durant quelques secondes. Elle tangua légèrement, sa robe glissant sur son épaule, avant de se ressaisir en souriant.
- Tu sais, poursuivre ses rêves, c’est un très beau projet. Tout le monde poursuit ses rêves. En t’écoutant, je me dis que l’ambition est certainement un trait commun aux maisons. Tous ceux qui babillent ne savent pas grand-chose… Après tout, les Serdaigle veulent tout savoir et sont très créatifs ! Ils veulent aussi absolument gagner la Coupe des Quatre Maisons.
Saïph soupira.
- Moi, je ne cherche pas à gagner grand-chose alors… (elle haussa les épaules) j’espère juste ne pas les en empêcher… Déjà que j’ai du mal avec les énigmes… Pour entrer dans la salle commune, il faut répondre à une énigme. Je suis déjà restée coincée devant la porte de la salle commune. Je vais essayer de progresser...mais ce sont des questions difficiles...(nouvel haussement d’épaules) si ce n’est pas le cas, ce sera tous les jours une grande aventure ! Vous, vous faîtes comment pour entrer ?
Brusquement, elle s’imagina qu’il fallait affronter un dragon ou bien ruser pour se glisser silencieusement dans les cachots. Elle se demanda si elle, elle y serait parvenue. Sans doute pas. Avec un rire nasale, elle se représenta tous les élèves en train de la houspiller parce qu’elle mettrait trop de temps à ouvrir les grandes portes pour aller déjeuner. Elle imagina un Elfe de Maison en train de l’interroger sur une recette sorcière dont elle n’aurait jamais entendu parler. Et pour la Bibliothèque… Des titres de livres ? Réciter un poème ?
- J’aime bien la bibliothèque, souffla-t-elle, encore dans la lune. Il y a pleins de livres et souvent mes doigts me démangent pour en prendre.
Son regard se perdit un instant dans la direction de ces trésors envoûtants. Elle sourit.
- Il doit y avoir beaucoup de livres sur les Animaux Fantastiques, là-bas… Pour le moment, nous n’avons pas de cours de Soins alors il faudra peut-être que tu t’en contentes, mais...peut-être en as-tu, chez toi… Tu as un animal ?
Sa bouche était sèche d’avoir tant parlé. Ses yeux étaient avides curieux, écarquillés. Ses joues rouges d’avoir gesticulé dans tous les sens, prise par ses pensées et le flux continue de ses mots. Alors, quand elle s’arrêta, elle eut peur d’avoir trop discourut. Elle avait tenté d’accrocher tous les fils ensemble, de rester claire, de ne pas assommer l’éclat céleste apparue dans ce couloir. Elle était à présent inquiète d’être allée trop loin.
Une fois, elle s’était enflammée devant un renard et le pauvre avoir fuit. La Serpentard le lui rappelait un peu… Un animal doux et beau, rare et sauvage, précieux. Elle se mordit la lèvre et osa plonger le mordoré dans les prunelles aussi calmes et intenses que le lac du château.
Des dragons ? Des hippogriffes ? Elle en avait entendu parler, rapidement, et ne se représentait pas bien ce à quoi la Serpentard faisait allusion. D’une main tranquille, la blonde posa son ouvrage sur le rebord de la fenêtre et l’Aiglonne put en lire la première de couverture, en apprécier l’épaisseur. Ses doigts la démangeaient de pouvoir le feuilleter mais elle ne voulait pas paraître impolie en se jetant sur le volume. D’autant plus qu’elle savait qu’elle pourrait sans doute demander à l’emprunter par la suite, peut-être le retrouver dans la bibliothèque, le commander… Si l’Irlandaise n’avait pas le sens des priorités, elle reconnaissait l’importance de l’éphémère. Et une discussion dans un couloir en faisait partie. C’était donc à prioriser.
En écoutant la description de la salle commune des vert et argent, la jeune fille sentit ses paupières s’écarquiller. Un miroir...elle ne pouvait pas vraiment apprécier le lac, d’où elle se trouvait. Il fallait sortir pour en contempler les scintillements. Être capable de le faire installé dans un sofa devait être agréable, pensa-t-elle. Les sofas étaient-ils verts ?
Oh ! Elle aussi craignait de ne pas être à sa place ? La blondinette ne put retenir un sourire : c’était un peu la crainte de tous les Première année, apparemment. Ce qui n’était pas étonnant, étant donné leur départ à tous du cocon familial, pour se retrouver dans un château mêlé à des personnes qui étaient là depuis si longtemps, qu’elles faisaient littéralement partie des murs. Les tableaux lui apparurent. Tous ces individus restés là, regardant passer les plus jeunes, les regardant grandir, changer. Elle se demandait si, un jour, une autobiographie d’un tableau serait possible. Et auquel cas, raconterait-il ce qu’il a vu, entendu, ou vécu ?
Un mouvement capta son attention. Son vis-à-vis avait posé ses doigts fins sur une clef. Saïph fronça les sourcils et pencha la tête pour mieux l’admirer. C’était un bel ouvrage, loin des bijoux fastueux. Un symbole, sans doute. Certainement important. Ce geste traduisait une habitude, un rituel, une valeur singulière à cet artefact à demi dissimulé contre le coeur sa camarade.
Lorsque Abigail évoqua son grand-père, ses yeux se perdirent un instant dans le jeu des ombres et des lumières. Un sourire étira ses lèvres rosées. Saïph papillonna. Etait-ce un sourire mélancolique ? Nostalgique ? Etant-elle gênée qu’elle puisse penser à un rêve de grandeur ? Le simple fait d’user du terme « comprendre vraiment » était en soit la preuve qu’elle n’était pas en face de quelqu’un voulant briller. Mais d’une passion mature, réfléchie, à coeur ouvert.
Elle se laissa tomber au sol, son sac rendant quelques unes de ses affaires sur les pierres.
- J’aime Poudlard, répondit Saïph. J’aime le château et tous ses mystères. Tu as remarqué que, où que tu regardes, il y a une nouvelle chose pour t’éblouir ?
Elle laissa ses orbes planer sur les anfractuosités des murs, glissa contre l’ébréchure d’une pierre. Revint à la Serpentard.
- Et toi ? Tu aimes Poudlard ? Tu sais, je pense que nous sommes nombreux à avoir craint de nous retrouver seuls, ici.
Elle haussa les épaules.
- Mais Serdaigle m’a bien accueillie ! Nous sommes tout en haut de la Tour Ouest, tout près des étoiles. J’adore les étoiles. C’est relaxant. J’imagine que le lac doit aussi l’être.
Elle pouffa.
- Ce serait spectaculaire que tu puisses voir un tentacule passer, un jour ! J’imagine comme ça doit être magique ! Comment était ta première nuit là-bas ?
Elle se pencha en avant, comme pour confier un secret. Sa voix, ordinairement si fragile, n’avait aucun mal à percer le silence du couloir.
- Moi, je me suis faufilée à la tour d’Astronomie, le premier soir. Ma mère m’a dit que si l’on regardait les étoiles, on voyait celles et ceux qui les regardaient également, au même moment. Ainsi, les rêveurs, les solitaires, les insomniaques ne sont jamais vraiment seuls. Alors je suis allée voir les étoiles en espérant que ma mère les regarde aussi.
Elle bascula en arrière, s’appuya sur ses mains pour fixer le plafond d’un air pensif.
- Enfin je sais qu’ici, c’est comme une nouvelle famille que l’on se crée. Il faut juste être patients ! C’est ce que l’on raconte, en tous cas… Je ne suis pas très douée, pour me faire des amis. Déjà, à l’Ecole, j’étais vue comme quelqu’un de bizarre. Bien que personne ne me fasse sentir ainsi ici, j’ai l’habitude d’être seule. Mais j’aime bien rencontrer des gens. Disons que les deux sont bien, je suis contente avec tout. Toi, tu as rencontré des gens ? Retrouvé des amis ou de la famille, peut-être ?
Elle se redressa totalement et frotta sa tête, songeuse.
- Tu sais, je pense que ton rêve est un beau rêve…
Craignant de passer pour présomptueuse, elle releva abruptement la tête, ses cheveux suivant le mouvement et fouettant l’air. Elle tendit ses mains recouvertes de manches et les battit de gauche à droite, agitant le vide avec le froissement de ses tissus.
- Enfin je ne connais pas grand-chose, hein ! Je ne sais pas vraiment en quoi consiste ce métier, mais… Tu es en train de lire un livre sur les Animaux Fantastiques. Et ton visage...se transforme lorsque tu parles de cela. C’est que cette idée te rend heureuse. Et quoi de mieux que de suivre les battements de son coeur ? Chez moi, on dit qu’il faut toujours viser la lune, et contempler les étoiles sur son passage… J’espère que le tien sera plein de constellations…
La fillette déglutit.
- Ou alors est-ce ton grand-père qui te fait sourire ? Tu en es proche ? Une clef, c’est vraiment un cadeau très symbolique. Tu lui as annoncé à lui ou à tes parents dans quelle maison tu étais ? La mienne ne peut pas vraiment comprendre...ils sont moldus, alors…
Elle eut une moue fugace.
- Et puis je n’ai que mes parents. Le reste nous prend déjà pour des gens bizarres alors s’ils apprenaient que je suis une sorcière… Enfin…
Se rendant compte qu’elle se laissait aller à ses propres songes, la blondinette secoua la tête si vite, qu’elle ne vit plus droit durant quelques secondes. Elle tangua légèrement, sa robe glissant sur son épaule, avant de se ressaisir en souriant.
- Tu sais, poursuivre ses rêves, c’est un très beau projet. Tout le monde poursuit ses rêves. En t’écoutant, je me dis que l’ambition est certainement un trait commun aux maisons. Tous ceux qui babillent ne savent pas grand-chose… Après tout, les Serdaigle veulent tout savoir et sont très créatifs ! Ils veulent aussi absolument gagner la Coupe des Quatre Maisons.
Saïph soupira.
- Moi, je ne cherche pas à gagner grand-chose alors… (elle haussa les épaules) j’espère juste ne pas les en empêcher… Déjà que j’ai du mal avec les énigmes… Pour entrer dans la salle commune, il faut répondre à une énigme. Je suis déjà restée coincée devant la porte de la salle commune. Je vais essayer de progresser...mais ce sont des questions difficiles...(nouvel haussement d’épaules) si ce n’est pas le cas, ce sera tous les jours une grande aventure ! Vous, vous faîtes comment pour entrer ?
Brusquement, elle s’imagina qu’il fallait affronter un dragon ou bien ruser pour se glisser silencieusement dans les cachots. Elle se demanda si elle, elle y serait parvenue. Sans doute pas. Avec un rire nasale, elle se représenta tous les élèves en train de la houspiller parce qu’elle mettrait trop de temps à ouvrir les grandes portes pour aller déjeuner. Elle imagina un Elfe de Maison en train de l’interroger sur une recette sorcière dont elle n’aurait jamais entendu parler. Et pour la Bibliothèque… Des titres de livres ? Réciter un poème ?
- J’aime bien la bibliothèque, souffla-t-elle, encore dans la lune. Il y a pleins de livres et souvent mes doigts me démangent pour en prendre.
Son regard se perdit un instant dans la direction de ces trésors envoûtants. Elle sourit.
- Il doit y avoir beaucoup de livres sur les Animaux Fantastiques, là-bas… Pour le moment, nous n’avons pas de cours de Soins alors il faudra peut-être que tu t’en contentes, mais...peut-être en as-tu, chez toi… Tu as un animal ?
Sa bouche était sèche d’avoir tant parlé. Ses yeux étaient avides curieux, écarquillés. Ses joues rouges d’avoir gesticulé dans tous les sens, prise par ses pensées et le flux continue de ses mots. Alors, quand elle s’arrêta, elle eut peur d’avoir trop discourut. Elle avait tenté d’accrocher tous les fils ensemble, de rester claire, de ne pas assommer l’éclat céleste apparue dans ce couloir. Elle était à présent inquiète d’être allée trop loin.
Une fois, elle s’était enflammée devant un renard et le pauvre avoir fuit. La Serpentard le lui rappelait un peu… Un animal doux et beau, rare et sauvage, précieux. Elle se mordit la lèvre et osa plonger le mordoré dans les prunelles aussi calmes et intenses que le lac du château.
@Abigail O'Connell
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