16 juin 2025, 15:35
Lever de soleil doré
Cher Journal,

Aujourd’hui, c’est le tout premier week-end depuis notre arrivée à Poudlard. La rentrée n’a même pas encore commencé, mais déjà, tout semble immense. Inépuisable. Un peu effrayant aussi.

Ce matin, je me suis réveillée tôt. Trop tôt. Le dortoir était silencieux, juste bercé par le souffle régulier des autres premières années. Alors, j’ai enfilé mon écharpe (le bleu ne me va pas si mal, en fait) et j’ai quitté la tour de Serdaigle. Il faisait frais, mais pas froid. L’air avait ce parfum particulier de l’herbe qui a bu la rosée.

Le parc était désert. Encore endormi.

J’ai marché lentement, comme si le sol pouvait se briser si je posais le pied trop fort. J’ai longé le bord de la forêt interdite — pas trop près, évidemment, mais assez pour entendre des craquements mystérieux entre les arbres. Un frisson m’a traversée, mais ce n’était pas de la peur. Plutôt de l’excitation. Comme si ce lieu, que je ne connais pas encore, m’attendait.

Il y avait un banc en pierre près du lac. Je m’y suis assise et j’ai regardé l’eau. Elle était parfaitement lisse, comme un miroir géant posé par la main d’un géant. Je me suis demandé combien de générations d’élèves s’étaient arrêtées là avant moi. Est-ce que certaines s’étaient senties aussi petites que moi ? Aussi perdues ?

Mais à ce moment-là, quelque chose a changé.

Le soleil s’est levé un peu plus, et la lumière a glissé sur la surface du lac. Tout a pris des teintes dorées. Même les pierres, même l’écorce des arbres. C’était magique — pas comme un sort ou une potion. Magique comme... un murmure ancien.

Je me suis sentie chanceuse. Et un peu apaisée.

Je suis rentrée juste avant le petit déjeuner, les joues froides et le cœur un peu plus chaud.
Et je me suis promis que, quoi qu’il arrive, je reviendrai souvent sur ce banc, au bord du lac.

Cristal