L’odeur magique

Cher Journal,

Aujourd’hui, j’ai découvert un endroit plus silencieux que la salle commune, plus magique que la Grande Salle, et presque aussi apaisant que le parc au lever du soleil : la bibliothèque.

Je ne savais pas vraiment où aller, alors j’ai suivi un couloir en me laissant porter par mes pas — et je suis arrivée devant deux grandes portes en bois sculpté, aussi hautes qu’un troll des montagnes. Elles se sont ouvertes dans un souffle de poussière ancienne et de mystère.

La bibliothèque de Poudlard… c’est un temple. Un sanctuaire. Une forêt de savoirs.

Des rayonnages immenses, jusqu’au plafond. Des livres serrés les uns contre les autres, certains brillants, d'autres attachés avec des chaînes, comme s’ils étaient trop puissants pour rester libres. Et cette odeur…
Une odeur de parchemin jauni, d’encre sèche, de cuir usé et de secrets endormis.
C’est l’odeur du silence qui pense. L’odeur des histoires qui attendent d’être réveillées.

J’ai marché doucement entre les rayons, les doigts caressant le dos des livres, comme si je saluais d’anciens amis que je n’avais pas encore rencontrés. Il y avait des titres que je ne comprenais même pas, écrits dans des langues oubliées. D’autres semblaient frissonner de magie.

Je me suis arrêtée près d’une fenêtre. La lumière tombait en diagonale sur une table vide, faisant danser la poussière dans l’air. J’y ai posé mon carnet, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être parce que cet endroit donne envie d’écrire. De penser.

Je n’ai pas pris de livre aujourd’hui. Pas encore. Je voulais juste savourer l’endroit. L’écouter respirer.

Mais je crois que demain, j’y retournerai.
Et cette fois, j’ouvrirai un livre au hasard.
Et je me laisserai guider.

Pour toi mon amie, Cristal.