19 juin 2025, 11:55
 OS individuel  La métamorphose en sorcière est-elle l’œuvre du temps ou de la pratique ?
Vendredi 10 septembre 2049, 10h deuxième cours de Métamorphoses

La Métamorphose était une expérience des plus fascinantes, pour la jeune Saïph. En effet, la Née-Moldue avait toujours été transportée par les changements. Le paradoxe étant que ce qui était immuable, c’étaient justement les transformations apportées par le temps. Même les étoiles finissaient par apparaître, disparaître, si bien qu’il y a des millénaires, le ciel n’était pas exactement le même. Pour la blondinette, cela était éblouissant. Et pouvoir faire partie des personnes qui modifieront le monde était un privilège qu’elle savait ne pas mériter.

Fort heureusement, aucune mutation magique ne durait. La nature faisait son œuvre un jour ou l’autre, et même les plus puissants des mages ne pouvaient la surpasser.

Cette pensée posait un problème à l’Aiglonne. En effet, son seul acte magique, qui lui avait valu sa place à Poudlard, n’avait rien eu de spectaculaire. Il aurait pu passer pour une de ces étrangetés que l’on finit par oublier, tant il avait été fragile. Un livre qui vole de quelques millimètres… Elle n’avait jamais réussi à le reproduire. À présent, elle se tenait là, parmi d’innombrables autres visages, sa baguette à la main et l’impression d’être considérablement indésirable.

La pré-adolescente feuilletait son manuel d’un air pensif, lisant et relisant les sorts qui seraient, à la fin de l’année, dans son répertoire mental. Changer l’eau en vin ? Était elle Jésus, maintenant ? Faire apparaître des oiseaux ? Mais n’avait elle pas lu qu’un être vivant ne pouvait être invoqué ? Excepté les serpents et les oiseaux… Pourquoi ?

S’il existait des exceptions en magie, était elle une exception ? Non-pas qu’elle se sentait exceptionnelle, non, mais plutôt comme une intruse dans ce grand château. Elle était entrée sans se sentir sorcière, toute étourdie par la tournure de la situation, et voilà qu’elle devait produire des actes magiques considérés comme des miracles par les non-mages ! De qui se moquait elle ?

L’Irlandaise baissa les yeux sur sa baguette et voulut un instant qu’elle lui prête son cœur de phénix. Peut-être était il brûlant, indomptable, et enflammait il les craintes ? Était ce la baguette qui faisait la sorcière ? Jeter des sorts, même sans vraiment y parvenir, suffisait il à faire d’elle l’une d’entre eux ? Ou fallait il laisser le temps faire son œuvre ? Après tout, elle ne pouvait user de la magie en dehors de l’École. Une fois de retour chez elle, elle n’était que Saïph Bulbosa, une moldue, presque. Peut-être que, à la suite de ces sept années, elle se verrait muer en sorcière ?

Devenir mage était il l’œuvre de la magie ou de la Nature ? Si elle avait tout compris, Circé perdait face à Déméter. La première avait d’ailleurs besoin de la seconde, pour ses drogues et ses poisons. Mais si devenir sorcière était naturel, on naissait sorcier, on ne le devenait pas. Alors pour quelles raisons cela lui paraissait-il si délicat ?

Saïph leva ses orbes mordorés pour les poser sur les grandes fenêtres de la salle de la classe. Dans le parc, les élèves qui n’avaient pas cours profitaient des rayons du soleil. Cela la fit sourire. Elle avait lu que Circé aurait pu être la fille du Dieu du Soleil. Entre Jésus et Circé, il y avait un truc, chez les moldus, à vouloir rendre les êtres magiques particuliers. L’enfant leva les yeux vers les voûtes, qui les couronnaient, tels des êtres triomphants, revenus d’une bataille. Elle soupira et baissa à nouveau les yeux sur son manuel. La faire devenir sorcière, c’était bien plus complexe que n ‘importe quel sort. C’était pas comme si elle était soudainement apparue, sorcière parmi les moldus. Et si c’était le cas, qui lui disait qu’elle ne disparaîtrait pas aussi soudainement ? Peut-être avait-on interverti ? Peut-être un véritable mage attendait patiemment qu’on le trouve, multipliant les miracles, et pestant contre celle qui lui avait volé sa place ? Parce qu'elle, sorcière, c’était une métamorphose trans-substantielle ! Un peu comme une nymphe devenue fleur. Un batracien devenu prince. Et dans ce cas, était-ce l’oeuvre du baiser de Circé ou de Chronos ?


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Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
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