OS Un monde à découvrir

Début septembre 2049
Découverte de la Bibliothèque par une Née-Moldue un peu perdue




Entrer dans la bibliothèque, c’était recevoir une nuée d’effluves de vieux parchemin. C’était passer d’immenses portes et arriver sur un long couloir. Saïph cligna des yeux, retenant le panneau pour ne pas qu’il claque et dérange les personnes présentes. Sur le seuil, elle commença par regarder autour d’elle, ne prêtant pas attention à celles et ceux qui pourraient la prendre pour une folle, à tourner ainsi sur elle-même.

A la droite de la jeune fille, un comptoir. A sa gauche, une pièce. Elle s’y rendit. En y glissant sa tête, elle s’aperçut qu’il devait s’agir d’une espace de travail. Elle acquiesça pour elle même et s’enfonça dans l’allée centrale, pour se tenir à un mètre du cordon qui la séparait de la réserve. Elle se balança un peu d’avant en arrière, attirée par l’interdit, le coeur bataillant avec un ennemi imaginaire. Car jamais elle n’aurait osé traverser cette frontière. A sa gauche et à sa droite, des rangées de livres. Pleins de rangées. En jetant un œil au panneau qui était accroché aux étagères, elle apprit qu’ils étaient organisés par matière. La fillette fut rassurée. Elle saurait se retrouver.

Elle qui s’était imaginée un dédale magique où les murs se meuvent aussi sûrement que les escaliers de cette école, elle retrouva dans cette pièce un certain réconfort. Ses pas se firent plus assurés. L’Aiglonne se mit alors à arpenter les rayons, ses yeux, caressant les tranches d’ouvrages inconnus, décryptaient des titres aux sonorités étrangères. Bientôt, se doutait-elle, elles feraient partie de son quotidien.

La bleue et bronze s’essuya les mains sur sa cape d’un geste absent et saisit à l’aveugle le premier tome qui se présentait. Elle le tourna et le retourna, craignant presque qu’il se mette à siffler, rapprocha son nez, inspira. Il était vieux. Sa reliure de cuir avait été entretenue, certainement, pour ne pas porter les marques de mains avides de faire sa connaissance. De l’indexe, elle l’ouvrit à la page de garde, lissa la feuille d’une paume cajoleuse. Leva la tête pour apercevoir celle de l’étagère, et sa nuque craqua d’être si pliée.

Face à un tel édifice, la pré-adolescente se sentait telle une fourmis devant un sac de sucre de 20 kilos. Non, pas une fourmis...bien qu’elle ait très envie d’appeler toute une colonie pour transporter tout cela jusque la salle commune, où il y avait déjà une bibliothèque bien fournie. Pas une fourmis, elle n’avait pas la force de ces petits êtres. Ni la capacité à escalader. D’ailleurs, comment atteindre les rangées situées aussi haut ? Était ce pour des géants ? Les bibliothécaires étaient-ils des géants ?

La Première Année regarda autour d’elle en serrant le livre contre la poitrine. Non, ce ne devait pas être cela. Elle fixa à nouveau le volume qu’elle tenait. Cligna. Si les chapeaux pouvaient parler et lire dans les pensées, que les tableaux étaient doués de vie, et que les escaliers pouvaient n’en faire qu’à leur tête, qu’en était-il des livres ?

L’oisillon s’ébouriffa les plumes d’une main avant de rejoindre la table minuscule, au bout de l’allée. Elle se laissa tomba sur une des deux assises et reprit ses réflexions. Ouvrant à l’index, cette fois, elle posa un doigt sur une ligne au hasard et le retira immédiatement. Pas de réaction tactile, pas de mouvement, pas de feuilles qui se tournent à toute vitesse.

- Bonjour, murmura t elle. Je m’appelle Saïph.

L’ouvrage resta insensible. Fronçant les sourcils, elle commença à le feuilleter pour s’assurer qu’il était réellement ce à quoi il ressemblait : un livre. Apparemment c’était le cas. Elle balança ses jambes, qui ne touchaient pas terre, et sourit en haussant les épaules. Elle les aimerait tout de même, ces recueils d’histoires !

Pressée de faire la rencontre d’autres récits, elle sauta de sa chaise, guillerette. Un peu trop car la chaise bascula dans un « CLAC » sonore. A peine le bruit avait il été repris en échos que la blondinette avait posé son compagnon sur la table et enroulé ses mains contre sa poitrine. Une réaction étrange, pour quelqu’un d’aussi petit : tenter de paraître encore moins impressionnant en se recroquevillant sur soi-même…

Regardant de part et d’autre, Saïph s’approcha doucement du siège et le reposa sur ses appuis en s’excusant d’un chuchotis. Le mobilier ne lui répondit pas et elle l’ajouta à sa liste mentale d’objets inanimés. D’une main devenue un peu tremblante, elle récupéra son précieux livre, vérifia qu’elle n’avait rien abîmé, que ce soit le meuble, le sol, ou le silence. Guetta. Il n’y eut pourtant pas un seul étudiant pour venir la disputer, pas un seul Elfe pour la rabrouer, pas un seul bibliothécaire pour lui lancer un sortilège.

Alors elle voulut remettre l’ouvrage à sa place, chez lui. Puisqu’elle l’avait dérangé un peu sans y penser, il fut assez compliqué de retrouver sa place. Toutefois, ils étaient classés par ordre alphabétique. Elle salua donc son auteur, et ses orbes mordorés dérivèrent sur les lettres qui s’amoncelaient. Peut-être qu’un jour, son nom en ferait partie. Elle leva les yeux au ciel. Certainement pas. Elle n’avait pas ce talent et lire, c’était aussi bien.

Enfin l’oiseau sans aile trouva. Elle tendit un bras frêle, d’où dégoulinait sa manche, pour replacer convenablement l’objet de ses précédentes attentions. Ce qui ne parut pas être à sa convenance puisqu’il s’envola, brusquement animé par une force qu’elle ne lui connaissait pas, et retourna de lui-même dans son coin. Elle papillonna, se frotta les yeux, réessaya. Et comme la première fois, le livre vola jusqu’à sa zone de rangement.

Un sourire illumina le visage de la Serdaigle qui se dit que, décidément, les livres étaient réellement un monde à découvrir.


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Saïph - 2e Année RP Promo 2049-2050 - Fiche PR
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