10 juil. 2025, 11:38
 +  Douces comme des fleurs
29 mai 2050
Parc – Poudlard
3ème année


Les nuages noirs qui s'accumulent dans le ciel ne me découragent pas de sortir dans le parc, armée de mon presse-fleurs offert par mes parents quelques jours plus tôt, pour mon anniversaire. L'air matinal est encore frais, et la rosée mouille gentiment la semelle de mes bottines, chatouillant mes mollets découverts lors des passages dans les herbes hautes. Je ne sais à vrai dire pas vraiment par où commencer mon herbier. Aller dans les serres de botanique n'est pas une mauvaise idée, mais je ne pense pas qu'il soit autorisé de prendre des échantillons de plantes sans l'autorisation du professeur. Et, à vrai dire, je n'ai pas vraiment envie de lui parler. Cela prendrait une éternité, et les nuages chargés de tempête au-dessus de moi montrent bien que je n'ai pas une éternité devant moi.

Je décide donc de faire au plus pratique et de tout simplement vagabonder dans le parc, allant là où mes pas me mèneront. Mon objectif est simple : récolter un maximum de fleurs, feuilles et plantes en tous genres pour alimenter peu à peu mon nouveau carnet dédié spécialement à cette activité, pour ensuite retourner au dortoir et terminer la matinée à assécher les plantes que j'aurai récoltées. Cela prendra du temps, mais je sais qu'à la fin, le résultat paiera. Et peut-être qu'un jour aurai-je recensé toutes les espèces existantes dans le château et aux alentours. C'est idyllique, mais pas impossible ; si cela doit me prendre jusqu'à la fin de ma septième année, cela me prendra jusqu'à la fin de ma septième année. Je veux juste que mon carnet soit le plus complet possible.

Je longe l'école un instant, avant de bifurquer et de pénétrer plus en profondeur dans le parc, contournant l'arbre géant pour me rapprocher peu à peu du parterre de l'amitié. Je m'arrête à mi-chemin et me penche, fouillant le sol des yeux à la recherche de ma toute première fleur. Je repère rapidement un petit parterre de pissenlits et m'en approche, rangeant au passage mon presse-fleur qui risque plus de m'encombrer qu'autre chose. Il rejoint mon carnet et mon crayon au fond de ma sacoche, que je réajuste sur mon dos pour ne pas qu'elle tombe, avant de me pencher en avant et de cueillir délicatement un pissenlit, veillant à ne pas arracher ses racines. En me redressant, je remarque une silhouette à quelques mètres de moi. Je plisse les yeux pour distinguer ses contours, mais elle est trop loin et à cette distance, elle pourrait passer pour n'importe quel élève. Mais quelque chose dans sa posture, dans sa façon de se tenir et de dégager des émotions me rappellent fortement quelqu'un, quelqu'un qui m'est familier mais que je me force à ignorer, à éviter et à oublier, parce que je ne veux pas que cette personne devienne plus familière qu'elle ne l'est déjà. Elle l'est, mais dans un mauvais sens, dans un sens qui vous donne des frissons dans le dos, qui obsède vos pensées malgré tout vos efforts pour l'oublier et qui réveille en vous des sentiments contradictoires, de la colère mêlée à du dégoût, avec un soupçon d'attirance qui vous révulse plus qu'autre chose.

« Ah, » lâché-je assez fort (trop fort à mon goût) lorsque je reconnais cette silhouette, après m'être approchée de quelques pas.

Il n'y en a qu'une seule qui peut se tenir ainsi, une seule qui a cette coupe de cheveux et cette couleur des yeux. Un vert profond, si profond que je m'y perds, si profond qu'il semble m'absorber et m'emmener au cœur des plus belles forêts, mais aussi des plus dangereuses. Comme pétrifiée, je n'arrive pas à me détacher de la Serpentard, assombrissant mon regard au fur et à mesure que nos yeux se croisent et que les siens semblent m'attraper. Je ne veux pas qu'elle soit là, je ne peux pas empêcher la colère de monter en moi, mais en même temps, je ne peux pas m'empêcher de la regarder, et suis incapable de l'ignorer, de faire comme si elle n'était pas là. Je n'arrive plus à l'éviter comme je le faisais si bien depuis janvier.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant

12 juil. 2025, 00:01
 +  Douces comme des fleurs
Pour un matin de mai, le ciel était très couvert ce matin-là, mais ce n'est pas ça qui empêcha Merinda d'aller s'entraîner dans le parc. Si la pluie devait tomber, elle tomberait, et ça rafraichirait enfin la fin de ce chaud printemps.

La métisse était réveillée depuis 6h30, comme à son habitude, avait petit-déjeuner dans la Grande Salle, et était dehors depuis 7h20. Elle avait eut le temps de pratiquer son karaté, de travailler sa souplesse et de s'entraîner aux équilibres sur les mains, comme elle tenait à le faire tous les matins. Elle était ensuite partie se doucher, transpirante après ses efforts physiques, et, la température extérieure étant plus fraîche que les jours précédents, et donc plus agréable, elle décida de retourner dans le parc pour en profiter. C'était également une manière d'éviter les révisions qui l'attendaient pour les examens. Elle récupéra au passage Cleo, sa vipère, dans son dortoir, pour lui faire prendre l'air.

Elle monta dans un arbre, Cleo accrochée sur ses épaules, et, confortablement installée dans les branches, regarda avec affection sa vipère explorer le bois et l'écorce, lui parla des sorts sur lesquels elle espérait tomber aux examens, et critiqua encore une fois la Botanique et les Potions, les matières qu'elle détestait. Cleo s'enroulant ensuite autour de son bras gauche, Merinda continua son ascension et trouva un spot assez haut pour qu'elle soit satisfaite par l'adrénaline qui montait en elle. Les pieds ballant dans le vide, la Serpentard admira la vue qu'elle avait du parc et du château. Elle redescendit ensuite dans les branches plus basses et s'amusa à faire quelques cochons pendus, laissant Cleo se balader sur la branche adjacente.

Merinda finit par redescendre à terre, regardant le ciel : rien n'étais encore tombé, par elle ne savait quel miracle. Sa vipère entourée autour de son bras droit, sa petite tête posée sur son épaule, prête à un nouveau somme. Merinda sourit en lui caressant le sommet du crâne avec affection : Cleo était vraiment paresseuse.

Alors qu'elle s'apprêtait à rentrer au château pour peut-être se mettre à réviser, un "ah" lâché non loin attira son attention. Se tournant d'un quart de tour vers la source du bruit, ses yeux rencontrèrent des iris plus noirs que le jais. Sa bonne humeur s'envola d'un coup, comme un détraqueur aurait refroidit son coeur par sa seule apparition. La vue d'Houston lui fit serrer les dents. Pourquoi devait-elle la croiser là ? Pourquoi étaient-elles destinées à se supporter encore quatre ans ?

Merinda détourna son regard en se rappelant le cauchemar qu'elle avait fait lors de la nouvelle année, ce rêve où ses lèvres avaient sans raison approché celles d'Houston. Aussitôt son regard se détourna-t-il qu'elle le replongea dans celui de la Poufsouffle. Elle ne perdrait pas une nouvelle fois, elle ne devait pas montrer une once de faiblesse à cette autre qu'elle détestait tant.

Elles avaient si bien réussit à s'éviter depuis janvier, pourquoi Houston ne passait-elle pas son chemin comme si de rien n'était, pourquoi restait-elle plantée là ? Et pourquoi Merinda non plus n'arrivait-elle pas à s'arracher au regard si noir, si plein de colère, de la jeune fille ? La haine montait en Merinda, et la colère aussi, sœur prisonnière de la première. Pourquoi ne pouvait-elle s'empêcher de penser que Houston avait les clavicules dénudées et que cette courbe était gracieuse sur le corps de cette fille tant détestée ? Pourquoi ne s'éloignait-elle pas d'un pas prompt, comme si elle n'avait ni vu ni entendu l'autre ?

"Ah, reprit-elle, Houston."

Elle mit tout le mépris qu'elle avait pour l'autre et pour elle-même dans la prononciation de ce nom.

"Que se passe-t-il ? Quelqu'un t'a jeté un Petrificus Totalus ?"

La métisse avait préféré attaqué avant que l'autre ne s'y mette, persuadée qu'Houston l'agresserait dès le premier mot qu'elle prononcerait.

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

14 juil. 2025, 06:09
 +  Douces comme des fleurs
Elle m'a entendue, et plus que tout, elle m'a regardée. De son regard magnifique quand il est plein de haine. De là où je suis, je ne distingue pas les détails de son visage. Mais nul doute qu'elle plisse ses traits dans une moue de dégoût et de mépris, qui la déforme atrocement tout en renforçant la lueur de ses yeux, ses yeux qui brûlent autant qu'ils attirent – qu'ils m'attirent moi. Si je ne vois pas précisément les traits de son visage, Swart est cependant suffisamment proche pour que je distingue les muscles de ses épaules et devine son dos dénudé. Je fronce les sourcils face aux sentiments pleins de contradiction que cela éveille en moi, comme si deux parts de moi-même se menaient un éternel combat tout en sachant qu'aucune des deux ne prendrait le dessus sur l'autre. La Verte aussi semble troublée, mais c'est sans aucun doute dû à ma présence ici et à la colère que cela réveille en elle, à en entendre la façon dont elle prononce mon nom. Comment est-ce possible d'infuser autant de haine dans seulement deux syllabes ? Faisant un pas vers elle (qui réduit la distance entre nous d'un petit mètre, en laissant désormais moins de dix), je bredouille :

« Je... »

Je n'arrive plus à réfléchir correctement. Mes pensées s'emmêlent, s'embrouillent et tourbillonnent en moi, mélangeant mes sentiments et mes émotions, la réalité et l'imaginaire, ce que je pense et ce que je vois. Ce que je désire et ce dont je rêve. Puis soudainement, les paroles de la Serpentard me percutent et prennent tout leur sens. La violence de ses mots, la sécheresse de sa phrase, le sarcasme mal caché et la pique bien trouvée m'assaillent d'un coup, balayant tout ce que j'ai cru ressentir et percevoir précédemment. Aussitôt, mon regard s'assombrit, mes poings se serrent autour du pissenlit que je tiens toujours dans la main droite, mes lèvres se pincent et j'incline légèrement la tête vers le bas, sans la quitter des yeux.

Si elle n'avait rien dit, j'aurais sûrement réussi à passer mon chemin ; à l'ignorer comme je le fais depuis janvier, depuis cette soirée où je l'ai prise pour une autre, où mes sens m'ont trompée et où ce que j'ai pensé ne pouvait pas se ramener à Swart, car c'est impossible que je pense d'une fille aussi détestable qu'elle qu'elle soit jolie. Mais non, évidemment, elle doit toujours ouvrir sa bouche et en laisser couler des mots acérés et blessants. Elle trouve toujours la chose à ne pas dire, et semble prendre un malin plaisir à la prononcer à voix haute, malgré les dégâts que cela crée derrière. Comme si elle faisait exprès d'être exécrable et que rien n'importait d'autre que le contentement de sa propre personne. Se sent-elle fière d'elle, après ce coup bas ? Pense-t-elle que je ne vais pas répliquer, que je vais l'ignorer ? Prendra-t-elle cela pour une victoire ? Oh, Morgane, il n'en est pas question. Je ne la laisserai jamais gagner. Et malgré ce que j'ai appris en lisant avec grande indiscrétion la lettre de ses parents, malgré la pitié que j'ai ressentie à ce moment-là – pitié que je n'aurais jamais dû ressentir, car elle ne mérite pas la moindre compassion –, je ne la laisserai pas me marcher dessus et ferai tout pour que ce soit moi qui l'écrase, de toute la force de mes mots et de mes gestes. Elle m'a cherchée, et elle m'a bien trouvée.

« Non. J'ai cru avoir affaire à un spectre en te remarquant, tellement tu es effrayante à voir. »

Mensonge, mensonge, me crie ma conscience. Jamais je n'ai pensé d'elle qu'elle ressemblait à un spectre, qu'elle était effrayante à voir, qu'elle était laide ou qu'elle chantait mal. Mais la facilité avec laquelle j'arrive à lui mentir, à la détourner de la vérité, m'étonne et me surprend. Moi qui, d'habitude, en suis incapable, me retrouve à faire des prouesses en sa présence. Je pourrais presque m'en vanter, même si je déteste ça. Je déteste ne pas penser une seule seconde que ce que je dis est vrai. Je déteste la voir autrement qu'après l'incident des hiboux, je déteste me retrouver plongée dans le noir à penser à elle d'une manière que je n'aime pas, je déteste la voir différemment de ce qu'elle est vraiment et parfois désirer qu'elle se rapproche de moi et que ses lèvres se posent sur les miennes. Je déteste ces pensées. Je la déteste.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant

16 juil. 2025, 17:46
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Houston semblait déconcertée, laissant s'échapper un "je" sans suite en s'approchant d'un pas. Mais cette attitude plus ouverte que Merinda n'avait encore jamais vue chez la Jaune fut vite remplacée par ce que la métisse connaissait mieux : les poings serrés, la mâchoire contractée, et le regard plus dur que la pierre.

Mais le court moment de vulnérabilité de la Poufsouffle avait été perçu par Merinda, et elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il se serait passé si elle n'avait pas attaqué l'autre comme ça. Une légère pitié s'installa dans son cœur, et la rancœur qu'elle avait contre elle-même n'en fut que plus grande : d'un côté elle s'en voulait d'avoir peut-être gâcher une occasion de radoucir leur relation, mais d'un autre côté, comment pouvait-elle tout simplement vouloir adoucir leur relation ? Comment pouvait-elle avoir un tant soit peu de pitié pour l'autre ?

Leur haine et leur colère étaient réciproques et leur relation était née dans les feux de l'Enfer, c'était comme ça. Et ça ne changerait pas. Houston en avait trop vu sans qu'elle le lui autorise. Elle l'avait trop blessée.

La mâchoire de Merinda se contracta plus encore lorsque les mots sortirent de la bouche de l'ennemie. Elle s'attendait à une réplique blessante, et ça ne manqua pas, bien que ce que l'autre dit l'atteignit moins que ce qu'elle avait déjà pu dire. La Serpentard n'était pas du genre de celles qui font de leur beauté une priorité, elle se fichait du regard des autres, mais pourquoi le regard d'Houston semblait soudain si important ? Pourquoi sa pique lui pinça le cœur alors même qu'elle n'aurait pas du l'atteindre ?

En parlant de beauté, celle d'Houston n'était pas négligeable, la blancheur de sa peau ressortant dans le gris du parc en ce jour de nuages sombres... Merinda serra plus encore ses poings. Comment pouvait-elle trouver jolie celle qui venait justement de dénigrer son physique ?

"C'est flatteur de savoir que j'ai le pouvoir de te terroriser si facilement."

Merinda esquissa un sourire dédaigneux en faisant un pas vers l'autre, menaçante, tandis que ses pensées s'affrontaient avec fureur dans sa tête. S'approcher de l'autre était aussi insupportable qu'attrayant, la colère et la haine affrontaient le désir qui essayait de s'imposer à son esprit, focalisant avec indécence son regard sur les lèvres tant détestées. Merinda pinça les siennes avec rage, replaçant ses yeux dans ceux de la Poufsouffle avec difficultés.

Pourquoi Houston avait-elle cette capacité à faire ressortir autant de sentiments contradictoires chez la Serpentard ? Comment faisait-elle pour que Merinda se déteste toujours plus en sa présence ?

Et merde, pourquoi était-elle aussi détestable qu'attirante ?

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

29 août 2025, 02:17
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Je vois les muscles de sa mâchoire se contracter et je sais que j'ai visé juste. J'ai touché une corde sensible chez Swart : celle de l'apparence. Pourtant, cela ne procure aucun sentiment de fierté en moi, aucune joie de la voir blessée par mes mots, alors que quelques mois plus tôt, je ne demandais que ça, je m'en serais délecté. J'en ressens même une certaine honte, et en prendre conscience fait passer une ombre sur mes yeux. Je la déteste, mais par-dessus tout, c'est moi que je déteste. Je me déteste de réagir ainsi en sa présence, je me déteste de lui dire ces mensonges que je ne supporte plus, lorsque la seule chose que ma raison me crie de faire est de partir en courant, de ne plus jamais croiser le regard venimeux de la Serpentard. Je me déteste de faire le contraire de ce que je pense, et d'être si irrésistiblement attirée vers elle. Je me déteste car mon cœur me hurle ce que je tente d'ignorer si fortement, et il tambourine au fond de ma poitrine, me rappelant sans relâche que je n'ai qu'une envie, et que même ça, dans ma lâcheté, je n'ose plus me l'avouer.

Ce n'est pourtant pas compliqué. Je n'ai que quelques pas à faire pour me rapprocher de la Verte, et un geste de plus pour mettre fin au supplice de mon corps et de mon esprit. Un je ne sais quoi, la peur peut-être, me retient clouée au sol et compresse ma cage thoracique. Chez les autres, ça a l'air si simple. Chez moi, rien ne va, tout est de travers et à refaire. Comment est-il possible de ressentir ça pour quelqu'un qui vous déteste du plus profond de son être, jusqu'à ne pas pouvoir respirer le même air que vous ?

Ses mots résonnent dans ma tête. Oh, elle n'a vraiment aucune idée d'à quel point elle me terrorise vraiment. Pas dans le sens où elle l'entend, mais dans celui où je ne peux plus passer une nuit sans tenter de refouler mes pensées à son égard, où quand j'entends sa voix, je me crispe et ne demande qu'à la faire taire, car Merlin ses mots sont si douloureux à entendre, où quand elle me regarde j'ai l'impression de tomber dans un trou sans fond. Et cette terreur ne fait qu'alimenter ma haine contre elle, autant que cette haine nourrit mon attirance pour elle. C'est un cercle vicieux dans lequel je suis empêtrée depuis longtemps – trop longtemps pour pouvoir m'en défaire, pour pouvoir en sortir avant d'accomplir ce qu'il y a à accomplir. Il n'y a pas d'autre moyen que de succomber à mes désirs et de franchir ce pas qui me fera regretter, j'en suis sûre, chaque pensée à son égard. Je crois qu'en fait, ce qui me terrorise le plus dans tout ça, c'est sa réaction.

Le nouveau pas qu'elle fait dans ma direction brise quelque chose en moi et mon souffle se coupe. Je retiens ma respiration le temps d'une seconde, sentant mon corps se tendre sous la distance qui se réduit entre nous. Je n'aime pas qu'elle soit aussi proche de moi. Je reste silencieuse, baissant les yeux vers ses pieds, les remontant lentement le long de ses bras, remarquant son serpent entortillé autour du droit, avant de les planter sur son visage. D'abord les lèvres, puis les yeux. Je la dévisage comme cette fois-là dans la volière, lorsque je pensais que ce ne serait rien de plus que de la colère. Sauf qu'aujourd'hui, je sais qu'il n'y a pas que de la colère, et je sens que cela se ressent dans ma façon de la regarder. Je me force à ne plus avoir peur, à ne plus la voir différemment, et me remémore toutes les raisons qui font que je la déteste. Ses mots durs comme la pierre ; ses coups ; ce sort lancé dans la volière ; ses yeux qui m'hypnotisent ; sa manière de me regarder, qui mêle haine et je ne sais quoi ; son être tout entier, au final, car je n'ose rien m'avouer.

Enivrée de cette croyance nouvelle, je fais trois longs et lents pas dans sa direction, me forçant à relever la tête, à mettre tout le défi possible dans mon regard, à la toiser de toute ma colère. Ne pas oublier les raisons qui font que je la déteste. Ne pas oublier ce qu'elle m'a fait, ce que je lui ai fait, et toutes les causes de notre mésentente. C'est en partie ma faute, tout ça, je n'ai pas le droit de penser autrement à elle. Mes yeux glissent sur le serpent enroulé confortablement, et un sourire sans joie se dessine sur mes lèvres. Ô, sourire cruel, quand tu nous tiens.

« Détrompe-toi, Swart. C'est ta vipère qui m'a surprise. Tu n'as pas peur qu'elle te blesse ? Tu sais, ces bêtes-là, ça attaque les gens agressifs. Comment ça se fait que tu sois pas encore amochée ? »

Un nouveau pas en avant, et je plante mes pupilles dans les siennes, y feignant l'indifférence et la nonchalance. Je ne veux pas qu'elle voit l'état émotionnel dans lequel elle est capable de me mettre. Je sens le bout de mes doigts me piquer et je ressers mon emprise sur mon pissenlit pour ne pas oublier les raisons pour lesquelles je fais tout ça. Ne jamais oublier.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant

11 oct. 2025, 18:38
 +  Douces comme des fleurs
La tension ne faisait que s'amplifier dans le silence que déversait Houston sur elles deux ; Merinda entendait presque les nuages commencer à pleurer.

Elle vit le regard de l'autre descendre à terre, et elle sut qu'elle allait, comme cette fois-là dans la volière, devoir affronter son jugement. Merinda serra les poings, sachant à quel point l'expérience était insupportable, et elle hésita à agir pour empêcher l'autre de la détailler si cruellement. Un coup de poing, un cri, n'importe quoi pour éviter le supplice de la haine la scrutant avec mépris et dégoût. N'importe quoi pour éviter de se sentir encore une fois si laide, si chosifiée, si inutile. Elle ne supporterait pas.

Mais lorsque les yeux de la Poufsouffle commencèrent à remonter le long de son corps, Merinda ne bougea pas. Quelque chose... Quelque chose était différent. Elle ignorait quoi. Mais le regard de Houston n'avait plus sa cruauté. Il y avait toujours la haine, mais pas de cruauté. Elle avait été remplacée par autre chose, cette autre chose qui procura des frissons le long du corps de Merinda, suivant le parcours des yeux de la brune. La métisse aurait bien aimé mettre ces frissons sur le compte de la peur, pour une fois, mais elle savait qu'il ne s'agissait pas de cette émotion. Et elle ne voulait pas savoir, non, elle voulait ignorer ce qui avait changé en elle pour qu'elle accepte le regard d'Houston sur son corps.

Car c'était forcément elle qui avait changé n'est-ce pas ? Ce n'était pas... Houston ? Le regard de cette dernière se planta dans ses yeux, après s'être attardé... non. Elle hallucinait. Elle prenait ses rêves - non, son cauchemar, c'était un cauchemar, pas un rêve, elle devait s'en persuader - pour une réalité. Houston n'avait pas laissé traîner ses yeux sur ses lèvres. Pourquoi s'y serait-elle attardée ?

Pour les même raisons qu'elle-même s'était attardée sur celles de la Poufsouffle. Non. Encore une illusion ! D'ailleurs, elle-même n'avait eu aucune raison d'attarder son regard sur les lèvres de l'autre, n'est-ce pas ? Aucune raison, absolument aucune...

Merinda bataillait avec elle-même, son cœur commençait à accélérer, succombant à l'angoisse, à l'incompréhension de son propre être.

Et tout à coup :

Pourquoi elle s'approche ?

Pourquoi elle s'approche ?


La question résonna dans la tête de Merinda, prenant le dessus sur tout le reste, dès qu'elle vit la Poufsouffle commencer ses pas, si lents et si longs, dans sa direction. La Serpentard retint sa respiration inconsciemment, le corps figé, l'esprit vide, d'un coup. Ne restait que l'état de son cœur torturé, et cette chose, cette force qui, indéniablement, attirait son corps à celui de l'autre. C'était une envie viscérale, un besoin cruel, incompréhensible, à l'image même de la contradiction humaine. Il était là, et elle n'arrivait pas à le faire disparaître, cela depuis des mois, depuis ce Nouvel An.

Houston détourna son regard sur Cleo, relâchant d'un même coup toutes les pensées bouleversées de Merinda qui affluèrent de nouveau dans son esprit, comme si la brune les avait retenues par son regard un instant, pour les lui rendre encore plus torturées.

Alors Merinda luttait, sans cesse, depuis le Nouvel An. Elle luttait, et la lutte reprenait à toute vitesse, après ce cours instant où quelque chose l'avait distraite.

La voix d'Houston résonna, brisant le silence. Ses paroles parurent à Merinda si éloignées de la complexité de ce que ses pensées fulminaient, si décalées par rapport à la tension bien plus réelle qu'elle sentait entre leurs corps, qu'elle ne su réagir de suite, laissant voir à l'autre ce sentiment.

"Je..."

Elle se reconnut tout à coup dans la réaction que Houston avait eu précédemment, ce même "je" lâché sans suite, et cette révélation fit comme l'effet d'une bombe dans son esprit. Alors qu'elle voulait s'enfermer de nouveau dans le déni de ce qu'elle croyait avoir compris, elle ne put empêcher sa bouche de laisser échapper :

"On parle trop pour rien dire je crois."

Ce qui déclencha une nouvelle bombe dans son esprit. Que racontait-elle ? Que croyait-elle ? Que l'autre allait comprendre son charabia ?

Une fois de plus elle se détesta et détesta Ashley.

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

17 mai 2026, 21:58
 +  Douces comme des fleurs
Si elle était amochée, peut-être que ce serait plus simple pour moi de la détester. Je n'aurais pas à craindre de croiser son regard, je n'aurais pas à me forcer de penser à autre chose dès que mon esprit s'égare un peu trop et s'engage sur des sentiers dangereux. Si elle était amochée, je ne penserais pas à elle, tout simplement. Elle serait l'une de ces personnes que je n'aime pas, mais qui n'a pas d'importance, que j'ignore aussi facilement que j'oublie, dont le nom se perd dans les feuilles des arbres et s'envole au vent. Au fond de moi, je sais que c'est faux ; la plus plus petite égratignure ne la rendrait pas moins jolie, et je ne m'aventure pas plus loin dans cette pensée car je ne veux pas savoir ce que cela me ferait si cela, au contraire, la rendait encore plus belle. Il y a des terrains sur lesquels il vaut mieux ne pas s'avancer et je sens, au moment-même où elle bafouille comme moi j'ai bafouillé plus tôt, que je ne suis pas loin de franchir mes propres limites.

Je baisse la tête pour me détacher de son regard et ne pas y voir la même lueur que celle qui est apparue dans mes yeux lorsque j'ai eu une réaction similaire. Je crains autant que j'ai envie de lire ce qui y est écrit mais je ne suis pas encore prête à m'y risquer. Il me faudrait un courage que je n'ai pas – que je n'ai jamais eu. C'est cette petite dose qui m'a toujours manquée et qui fait de moi une des pires lâches possible, car je suis de ceux qui commencent une action et se désistent au dernier moment sans jamais aller au bout de leur intention. Oh, combien de fois je me suis bloquée pour une chose futile, à quelques secondes près d'affronter mes actes, tout ça parce que je réfléchis trop ! Je n'ai jamais appris à lâcher prise. Il est temps de m'y mettre et aujourd'hui est peut-être le bon moment pour arrêter de me voiler la face. Si je déteste Swart, et si elle me met, dès que je la vois, dans une position délicate, tiraillée entre ce que je veux ressentir et ce que je ressens réellement, je me déteste encore plus de ne pas être capable de soulever le voile qui me cache les yeux et me rend aveugle à l'évidence de son existence ayant croisé la mienne.

Mais avant que je ne puisse faire le moindre choix, elle reprend la parole et avec ces quelques mots prononcés, fait s'envoler en éclats toute ma volonté de ne plus reculer. Ou plutôt, il me semble oublier tout mon monologue intérieur et plus rien ne compte hormis la Serpentard et ses yeux verts, d'un vert à en rendre jaloux le plus grand chêne de la forêt. Je pourrais écrire des milliers de mots sur ces yeux, faire couler des litres d'encre. Et elle voudrait que je me taise ? Que nous nous taisions quand il y a tant à dire sur elle, sur moi, sur nous, sur ce que je déteste tout autant que j'aime chez elle, et que mes phrases acérées ne suffisent pas à cacher ? Mais dans le fond, elle a raison. Depuis que je l'ai vue dans le parc, nos quelques paroles échangées sonnent creux à mes oreilles et relèvent d'un vide aussi profond que mon cœur. Un vide qu'étrangement, elle arrive à combler en proposant de nous taire – ou de changer de conversation. Mais le problème, c'est que j'aurai beau la voir différemment, je ne saurai jamais – pas tant que j'aurai franchi ce pas-là pour en avoir le cœur net – si c'est également le cas pour elle.

« Et tu voudrais que je dise quoi ? murmuré-je alors dans un soupir. Tu me détestes et c'est réciproque. Se lancer des remarques, comme ça, c'est pas ce que sont censés faire des ennemis dignes de ce nom ? »

Ma question n'attend pas réellement de réponse et sonne plutôt comme un appel de désespoir. La vérité, elle est là : c'est qu'en plus de ne plus réussir à détester Swart, je ne sais plus comment me comporter avec elle. Je n'ai même plus envie de l'appeler mon ennemie. Je suis perdue comme elle a pu l'être cette journée dans la volière, et ma vulnérabilité face à sa voix, ses yeux, ses mains, son odeur, tout ! me fait oublier ce que je me suis toujours répété. Ne jamais oublier, pensais-je il y a quelques secondes.

J'oublie et pleine d'espoir je croise son regard.

« On fait quoi du coup ? »

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant

28 mai 2026, 20:45
 +  Douces comme des fleurs
Alors que la honte et la haine reprenaient avec vigueur leurs tourbillons dans le coeur de la jeune adolescente, perdue et terrifiée à l'idée d'avoir ouvert une faille chez elle, de s'être dénudée devant Houston par ces simples mots, ce simple "je" laissé en suspens - alors que tout cela faisait ressurgir la colère, l'autre ouvrit la bouche et murmura. Un murmure bien trop différent des mots acérés qui s'échappaient d'habitude à voix haute de ces lèvres désirées - non, de ces lèvres ennemies.

Utiliser les bons mots, penser les bons mots, se dit Merinda, martelant son esprit de ce nouveau mantra : les mots étaient trop puissants, trop violents pour être laissés, pensés au hasard. Elle devait chasser tous ceux qui pouvaient la corrompre, la faire changer d'avis, la faire oublier. Tous ceux qui pouvaient la rendre moins forte.

Donc, les lèvres désirées NON, ENNEMIES ! oui ces lèvres ennemies - utiliser les bons mots ! - s'entrouvrirent et laissèrent échapper leurs propres mots, dans ce soupir insoutenable, qui traduisait bien trop leur proximité, leur intimité même : leurs visages proches, leurs yeux vissés les uns dans les autres.

"Et tu voudrais que je dise quoi ? Tu me détestes et c'est réciproque. Se lancer des remarques, comme ça, c'est pas ce que sont censés faire des ennemis dignes de ce nom ?"

Merinda entrouvrit légèrement la bouche, surprise. Pourquoi chaque parole de Houston devait-elle tout remettre en cause, elle, l'autre, leur relation, le monde entier ? Pourquoi - quelle relation ? Pourquoi parler de relation ? Les bons mots, utiliser les bons mots ! Oui mais comment les trouver, ces mots, comment être capable de fouiller le langage à la recherche de ceux qui seront à la hauteur, lorsque Ashley - Houston (Houston ou Ashley ?) - la regardait comme ça, lui murmurait comme ça ?

Comment penser quand était là ?

...

Que voudrait-elle qu'elle dise, lui avait demandé l'autre... Les mots semblaient si vides pour ce qu'elle voudrait. Et elle ne savait même pas ce qu'elle voudrait ! Ne plus se sentir seule, incomprise, bizarre, violente, abandonnée ? Ne plus être un problème !?

Si vides les mots si vides. Détester, ennemies, oui elle les avait dit les mots, elle avait osé les prononcer, ceux qui avaient toujours été là, posés entre elles, dans le silence de leurs répliques acérées. Dans la chair de leur haine, dans le pus de leurs blessures. Et ils étaient sortis du silence désormais, ils avaient été poussés dans le monde. Si vides.

Ces mots auxquels elle s'était toujours retenue, accrochée, comme à une bouée de sauvetage, car elle la détestait oui, elle la haïssait, ces mots n'étaient qu'une excuse pour se protéger, mais elle ne voulait pas arrêter, non, elle voulait continuer de se protéger, car tous ces mots étaient mensongers, le mensonge était partout ! Détester était contraire d'aimer mais pourtant son coeur réunissait les deux, protéger était contraire de blesser, mais pourtant les paroles acérées d'Ashley la protégeaient de la vérité tout en faisant saigner son coeur.

"On fait quoi du coup ?"

Merinda n'avait même pas eu le temps de répondre à la question précédente, et voilà que celle-là venait encore une fois la perturber. Avec effort, elle se ressaisit. Si l'autre semblait aussi perdue qu'elle, elle pouvait toujours faire exprès pour se moquer plus fort ensuite.

Ne jamais baisser sa garde.

Mais que répondre ?

Ses prunelles emportées par le noir profond de celles de Houston, elle cligna des yeux et se contenta de hausser les épaules.

Je ne sais pas quoi faire. Ni de moi ni de nous.

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade