19 juil. 2025, 12:54
Pétillant comme un bon champagne E.M
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Précédemment : Vivre d’Armor et d’eau fraîche
Juillet 2050


Finalement, le Chemin de Travers n’avait pas tant changé que cela. Alice s’était attendu à voir des commerces fermés, des enseignes remplacées. Mais non. La rue etait la même que dans ses souvenirs. A quelques exceptions près : Alice pouvait désormais s’arrêter dans chaque boutique sans que Thomas ne pousse quelque râle agacé. Le prestigieux héritier n’aimait pas faire les boutiques.
Des centaines de possibilité s’offraient à elle.

Mais son choix se porta tout naturellement sur la terrasse de Florian Fortârome.

Installée à la terrasse du glacier, lunettes de soleil sur les yeux, Alice dégustait avec plaisir une glace italienne pralinée. Damiano maudirait Florian Fortârome dans sa langue natale concernant l’utilisation de l’appellation de son pays pour désigner des glaces qu’il jugerait comme de mauvaise qualité. Ce fut peut-être pour cette raison que son choix se porta sur celle ci ? L’image d’un Damiano mécontent accompagnait à merveille le goût de la praline.

La journée etait belle, quoi que trop chaude pour Alice. Malgré sa robe de dentelle et de tulle brodé spécialement conçue pour affronter les chaleurs estivales, la française se sentait mal à l’aise : ses bras blancs comme l'ivoire étaient nus comme ceux d'une danseuse de débauche, et l'ombrelle de sa baguette ne la protégeait pas du regard des autres.
Elle ferma les yeux pour profiter du moment. Qu’importe la chaleur : Alice était de retour, et rien n’aurait pu la mettre plus en joie.

Des secondes plus tard, ses yeux s’ouvrirent sur la devanture d’une boutique dans laquelle Alice n’avait jamais mis un pied : Weasley, farces pour sorciers facétieux.
Elle resta de longue seconde ainsi, les yeux accrochés à l’automate à l’effigie des deux fondateurs de la boutique. Dans une cuillerée, Alice songeait.
Lorsque sa glace aura été mangée, devrait-elle entrer dans la boutique, au risque de provoquer quelque chose qu’elle ne voulait pas avoir a affronter ?
La soirée qu’elle avait passé avec Erwan, il y a quelques jours de cela, avait laissé laisser des souvenirs. Certains agréables, d’autres beaucoup moins. Le plus percutant de tous avait-été l’incapacité d’Alice à faire confiance au garçon malgré l’expression de toute sa bonne volonté. Alice avait été prudente, quand bien même Erwan et ses actions étaient honnêtes en tout point et en cela, la française se félicitait. D’autres jeunes femmes auraient baisser leur garde, mais pas elle. Comment pouvait-on décemment offrir sa confiance à un homme proposant de dormir avec lui ?

Et pourtant… Alice avait envie de revoir Erwan. Par pour une quelconque histoire de romantisme dont elle ne voulait pas. Non. Elle voulait seulement savoir si il se portait bien. Si son retour en Grande-Bretagne c’était bien déroulé. Pourquoi avait-elle vu des larmes dans ses yeux au moment du départ ?
Cette question précise avait bouleversé Alice plus que nécessaire. Peut-être avait-elle été trop dure avec lui. Peut-être était-elle d’une compagnie bien trop précieuse pour qu’on accepte de s’en séparer sans larmes.
Quelque soit la raison, Alice désirait savoir. Juste par acquis de conscience.

Alors, sa glace terminée, Alice quitta la glacerie pour rejoindre l’empire des sorciers peu fréquentables.
Son ombrelle effacée, Alice avançait dans les allées comme la plus simple des clientes. Pas un regard pour qui que ce soit, pour le moment. Ni pour la somptueuse cape d’invisibilité qui semblait faire la fierté de la boutique. Alice la gardait pour plus tard. Comme elle l’avait apprit, il était nécessaire de toujours garder un sujet de conversation préparé, un intérêt jeté au bon moment ou un regard prêt à servir.

@Erwan Martin :bye:

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

19 juil. 2025, 13:52
Pétillant comme un bon champagne E.M
Le jeune homme était rentré de Bretagne quatre jours auparavant. Il était retourné travailler déjà depuis deux jours et, si il affichait le visage jovial qui lui allait si bien et qui était de mise pour son emploi qui était de vendre autant d’objets que de rêves aux gens, il accusait le coup intérieurement. Deux mauvaises nouvelles noircissaient le tableau qu’il aimait tant quand il était exclusivement constitué de lumière… Anjali était revenue de chez sa tante de Nottingham avec un plan pour un appartement. Elle était rentrée avec Vihan alors qu’Erwan était encore en Bretagne. L’appartement lui convenait et il était disponible immédiatement. Alors tout s’était enchaîné très vite, sans même qu’Erwan s’en doute. Lorsqu’il était rentré, Anja avait déjà commencé à transvaser des affaires à elle… Son nouveau logement était à plus d’une demi-heure de marche, vingt minutes en prenant un bus. Erwan était rentré en fin de journée, en début de semaine, moins ressourcé que ce qu’il avait espéré. À peine avait-il déposé son sac que sa colocataire temporaire lui était tombée dessus. Elle avait visiblement grandement réfléchi à la chose pendant que lui angoissait de savoir comment ils allaient réussir à bien faire les choses pour leur fils. Elle avait fait valider son master de sciences politiques dans son université indienne et prévoyait de faire une thèse ici à Londres. Elle avait trouvé un petit boulot à mi-temps qui commencerait à la rentrée. Bref tout semblait bien s’assembler dans sa vie quand Erwan ne s’en mêlait pas… Elle avait terminé son déménagement le matin même, quittant l’appartement avec un dernier carton qu’elle avait posé sur la poussette de Vihan, alors qu’Erwan partait aussi pour aller travailler. Quand il rentrerait ce soir, il serait seul. Pas de biberons à préparer, de chansons à fredonner, de couches à changer. Il serait seul. Son chat Malo serait bien content de retrouver son maître pour lui tout seul et d’être enfin débarrassé des cris et des pleurs qui venaient troubler sa quiétude, mais Erwan, lui, savait qu’une partie de lui-même venait d’être arrachée. Mais pourtant il devait sourire. Ces clients qui demandaient où se trouvaient les boîtes à flemmes ou les dés sauteurs n’avaient rien demandé… Qu’en savaient-ils de son monde qui s’effondrait ? Et s’il n’y avait que ça ! Une autre ombre au tableau cherchait à attirer son moral six pieds sous terre. Une semaine plus tard, il n’y avait pas un coucher de soleil, pas une étoile, qui ne lui rappelât pas Alice…

Maudite Alice… Il s’était même demandé si la magnifique magie dont elle avait usé pour faire danser une flamme devant ses yeux n’était pas la raison de la persistance avec laquelle la jeune femme trouvait le chemin de son esprit. Lui avait-elle jeté un sort à ce moment-là ? C’était à ses yeux une explication préférable à celle des sentiments. Une personne normale ne développe pas de sentiments envers quelqu’un en si peu de temps, alors Erwan… ? Non, c’était elle la responsable de son état, elle avait dû faire quelque chose. Qu’avait-il fait pour mériter cela, il ne le savait pas. Il s’était montré attentionné, honnête, il lui avait offert le meilleur de lui-même et il se retrouvait aujourd’hui à regretter. Cette soirée d’été sur les bords de la Manche nourrissait de nombreux regrets pour Erwan. Ceux auxquels il préférait ne pas penser et les regrets de s’être ainsi fait avoir. Sa gentillesse lui avait encore créé des problèmes, il ne se referait pas… Mais que c’était pénible ! Ça aurait dû passer depuis le nombre de jours où Alice et Erwan s’étaient rencontrés. Il aurait dû réussir à effacer cet échec de sa mémoire, mais rien n’y faisait, quand la nuit tombait, il voyait sa chevelure tomber sur chacune de ses épaules, quand la température du soir rafraîchissait l’air, il la voyait se mouvoir, si proche, et déposer sa veste sur ses épaules… À vrai dire, quoi qu’il fasse ces derniers jours, il voyait le visage d’Alice. Le magnifique et agaçant visage de celle qui avait préféré partir… En surface, il la détestait pour ça, au plus profond de lui-même une force inédite la plaçait sur un piédestal, louant son indépendance et sa force de caractère. Mais il ne voulait que la détester… rien d’autre. Surtout rien d’autre. Elle l’avait eu sur toute la ligne. En se refaisant le film de la soirée, Erwan avait un peu plus compris pourquoi cela avait été si difficile de la voir partir sans qu’ils se prennent dans les bras ou sans qu’ils échangent un baiser… Elle était arrivée dans sa magnifique robe qui dessinait son corps aussi bien que la nature l’avait fait, pour cela il ne pouvait lui en tenir rigueur, elle s’habillait bien comme elle le voulait et elle n’avait pas prévu de tomber sur Erwan… Cependant tout ce qui avait suivi avait été consenti et librement donné à voir à Erwan. Ils s’étaient regardés droit dans les yeux pendant de longs instants, pas comme d’anciens camarades d’école le font, loin de là. Ils s’étaient rapprochés physiquement en prenant les mains de l’autre, elle avait joué de son corps quand elle savait qu’il l’observait. Et ce baiser… dont il sentait encore la chaleur le brûler jusqu’à ses fondations… Est-ce que tout cela voulait dire qu’Erwan était dans son bon droit d’espérer plus d’elle ? Bien sûr que non ! Il respectait la liberté des femmes, mais cela expliquait pourquoi lui y avait cru, pourquoi il avait baissé sa garde et ça prouvait qu’il n’avait été qu’un jouet avec lequel Alice s’était amusée cinq minutes avant de se lasser. C’est une enfant capricieuse c’est tout ! Dans la journée, de petites phrases comme celle-ci lui traversaient l’esprit et il se délectait d’interpréter leur présence comme un signe qu’il guérissait d’elle. Mais quand la lune gagnait le ciel, des images aussi douces que ses lèvres dansaient dans son esprit. Pourtant il devait sourire, renseigner les clients, faire son travail. Et surtout ne pas penser à son appartement vide qui attendait qu’il rentre pour l’envelopper d’encore plus de solitude.

Ces deux soucis qui planaient au-dessus de lui affectaient son moral, mais il était un travailleur acharné. Cela n’aurait pas été professionnel que ça ait un impact sur son travail. Cela faisait partie du boulot… Sourire, laisser ses problèmes à l’entrée, sourire, vendre du rêve, encore sourire… Alice lui avait volé l’espace disponible dans son esprit, mais elle n’aurait pas sa conscience professionnelle ! Quand bien même il la voyait un peu partout, dans les étoiles, dans la température du soir, derrière les traits de cette cliente qui venait de rentrer… Il resterait un bon employé ! Cette cliente qui venait de rentrer… Non… L’avait-elle prévenu qu’elle rentrerait au pays ? Pas de mémoire et c’était le genre de détail dont il se serait souvenu… Allait-elle lui faire croire qu’elle était rentrée ici par hasard ou simplement pour acheter une baguette farceuse ? Non, elle était venue pour lui, à Londres, sur son lieu de travail, le seul endroit où elle était sûre de le trouver… Raaaahhh comme ça l’agaçait ! Sept jours d’une auto-thérapie pour effacer Alice de sa mémoire balayés en une seconde ! Il ne savait pas ce qu’elle pouvait vouloir, mais là tout de suite il ne voulait pas le savoir. Elle ne l’avait pas encore aperçu, mais quand elle le ferait, elle avait intérêt à venir le voir avec une bonne raison… ou au moins une explication. N’importe quoi en fait du moment qu’Erwan pouvait la regarder dans les yeux encore une fois…

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe

19 juil. 2025, 19:25
Pétillant comme un bon champagne E.M
Par Circée, mais qui Diable pourrait trouver de l’utilité dans une friandise provoquant des nausées ? Alice considérait les clients s’approchant de cette horreur avec un mépris silencieux.
Cette boutique regorgeait de bêtises en tout genre. Rien, absolument rien ici ne méritait qu’elle ne s’arrête plus de deux secondes. Et c’était déjà bien de temps à accorder.
Elle n’allait tout de même pas déambuler ainsi toute la journée ! Et si Alice finissait par croiser une connaissance ou un ancien camarade de Poudlard, que dirait-elle pour sa défense ? Oh, j’avais seulement quelques emplettes à faire ? Hors de question. Absolument rien, je déambule seulement dans ce temple de l’humour bas-de-plafond en attendant que Erwan Martin remarque que je suis ici ? Certainement pas.

Peut-être devrait-elle finalement partir. Erwan ne travaillait peut-être pas aujourd’hui. Ou bien s’était-il caché dans l’arrière boutique pour ne pas la voir ? Cette pensé lui fit serrer les dents. Bien. Puisque môsieur Martin avait décidé qu’Alice ne méritait pas son temps, elle pouvait partir. De toutes manières, Alice avait bien assez de choses à faire pour attendre qu’on daigne faire attention à elle.
Alice se saisit de la première chose qui lui tomba sous la main - une crème pâtissière curieusement nommée Crème canari - et s’avança pour se faire encaisser.
Elle ralentit cependant, et obliqua, prétextant mentalement devoir aller voir une seconde fois cette allée qu’elle n’avait peut-être pas suffisamment observée.

Elle se fustigea mentalement. Trop fière pour fuir, Alice préférait s’infliger de passer plus de temps que nécessaire dans la boutique d’un jeune homme qui ne venait point à sa rencontre. Ah ! Les jolies paroles qu’il avait eu à son égard prenait du plomb dans les ailes. Finalement, peut-être avait-elle eu raison depuis le début : Erwan n’avait eu que pour projet de s’adonner avec Alice à de affreuses choses qu’elle ne se permettrait pas de formuler même en songes.

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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

19 juil. 2025, 21:38
Pétillant comme un bon champagne E.M
Et si elle partait ? Si il se faisait des films et qu’elle était simplement venue acheter quelque chose pour un cousin ou n’importe qui ? Se rappelait-elle qu’il travaillait ici ? Allait-il laisser passer sa chance de la revoir ? Peut-être voulait-elle simplement le revoir ? Peut-être même qu’elle regrettait d’être partie ce soir-là et qu’elle voulait lui dire à quel point la forme était stupide et qu’elle voulait apprendre à le connaître vraiment… ? N’importe quoi. Si Alice avait voulu tout ça, elle ne serait pas rentrée comme ça, à faire semblant de regarder l’étendue du catalogue Weasley. Elle aurait levé la tête, cherché Erwan de ses beaux yeux qui l’auraient fait fondre… Il fallait qu’il se fasse une raison, mais sa présence ici, maintenant, avait de quoi le faire douter. Erwan restait là, planté à la même place depuis qu’il l’avait aperçue, à se faire les questions et les réponses dans sa tête. Son cœur battait plus vite, son estomac s’était noué, tout son corps lui criait de s’approcher de celle qui hantait depuis une semaine ses pensées, mais sa fierté, ou son ego, un de ces trucs qui rendent l’humain moins humain, le maintenait sur place. C’est la voix de son patron qui le sortit de sa rêverie. Fred avait apparemment observé la scène et, après lui avoir demandé si il comptait l’observer longtemps, il le poussa à y aller. C’était autant un soulagement qu’un crève-cœur. Au fond de lui il savait qu’il devait y aller, il voulait y aller, il ne voulait pas risquer qu’elle s’en aille sans avoir pu lui parler. Il souffla un coup et se rapprocha.

Une fois qu’il fut à sa hauteur, juste derrière elle, toutes ses pensées de colère, de regrets, d’amertume disparurent. Se savoir si proche de celle qui avait attrapé son cœur endommagé à mains nues eut pour effet d’apaiser toutes ses craintes et ses doutes. Les sublimes couleurs du ciel de Bretagne réapparurent devant ses yeux, son nez sentait l’air salé de la mer, sa joue brûlait encore de ne plus sentir ses lèvres et son estomac, plus que jamais, semblait vouloir se contracter sur lui-même. Est-ce que des ailes lui avaient poussé dans le dos ? Il se sentait en tout cas plus léger, prêt à surmonter l’impossible défi de s’approcher du soleil. « Alice ? » sa voix était assez forte pour qu’elle puisse le reconnaître sans même avoir besoin de se retourner, mais assez douce pour ne pas la surprendre. « Que me vaut le plaisir de te revoir si vite ? » Il ne savait pas ce qu’il voulait entendre… Il ne savait même pas pourquoi, d’un coup, il avait oublié tout le ressentiment qu’il avait accumulé depuis qu’Alice l’avait laissé seul avec ses sentiments… Est-ce que c’était vraiment des sentiments qu’Erwan avait attrapés ce soir-là ? C’était… inconvenant. Ça ne lui ressemblait pas, ou plus… Puis jamais la belle Alice ne voudrait de lui. Il n’était que… lui-même. Il voulait lui offrir un des sourires qu’elle lui avait si bien rendus la semaine passée, mais ce qu’il réalisait à l’instant laissait son visage préoccupé.

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe

19 juil. 2025, 22:58
Pétillant comme un bon champagne E.M
Alice n’allait pas décemment faire cela toute la journée. Dans une autre boutique, sans doute. Mais celle ci ? Rien ne trouvait grâce à ses yeux. De plus, cela se voyait : Alice n’avait pas tout à fait le profil du client lambda. Avec sa jolie robe droite rouge opéra, ses cheveux somptueux et son port de tête altier, Alice serait bien plus à sa place dans un salon de thé. Cela serait même bien plus agréable.
Mais l’espoir lui commandait de ne pas partir tout de suite. C’était bien lui, n’est-ce pas ? Ce pernicieux sentiment qui murmurait à son oreille que Erwan allait venir pour elle, et non pas pour un corps qu’on convoite. Qu’il allait lui offrir ses sourires, son énergie tranquille, ces beaux souvenirs de voyage. Qu’il l’emmènerait boire un verre quelque part. Qu’il…

Sa voix s’éleva soudain dans son dos. Douce, suffisamment pour qu’elle ne provoque aucun sursaut. Là encore, Erwan faisait preuve de douceur. Elle se retourna, lentement, un joli sourire aux lèvres. « Bonjour, Erwan ». La voix d’Alice trahissait son plaisir de voir le garçon, et ce malgré cette pointe de prudence qu’elle avait toujours.
Lui ? Il ne souriait pas.
Il avait décidé qu’il ne lui offrirait pas.

Alice conserva le sien, quand bien même elle sentait l’inconfort la saisir à la gorge. Sa main glissa dans ses boucles blanches.

« Ne t’avais-je pas dit que nous nous reverrions très vite ? »

Souris moi. Par pitié, souris moi.
Alice n’aimait pas ce moment. Alice n’aimait pas avoir l’horrible sentiment de ne pas être à sa place. Elle ne l’était pas, bien sûr. Elle n’avait rien à faire ici.
Ce serait-elle sentie plus à sa place devant Erwan si il avait travaillé dans une autre boutique ? La réponse était évidente.

Elle déglutis, puis détourna le regard. Elle ramena ses cheveux sur son autre épaule.

« Alors… comment vas-tu ? »

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20 juil. 2025, 00:48
Pétillant comme un bon champagne E.M
Et dire qu’Erwan avait passé les sept derniers jours à maudire son départ, son nom, sa beauté, ses manières, tout ce qui lui passait par la tête et qui lui rappelait Alice Sangblanc… Alors que la seule chose qu’il maudissait dans le fond, c’était son absence. Maintenant que l’un et l’autre étaient face à face, le jeune homme commençait à assembler les pièces du puzzle. Si il avait réalisé tout ça à un autre moment, seul chez lui ou ailleurs, probablement qu’il aurait eu du mal à l’accepter. Il serait passé à nouveau par un labyrinthe de déni, il aurait cherché d’autres explications, il aurait souffert de comprendre la réalité de ses sentiments. Mais il comprenait maintenant, devant elle. Et ça rendait bizarrement les choses plus faciles. Il ne pouvait pas se défiler. Bien sûr, il aurait pu l’envoyer sur les roses, pour ne pas avoir à affronter ce qu’il redoutait depuis sa rupture avec Eileen, mais il n’en avait pas envie. Aujourd’hui, il n’en avait plus envie. À quoi cela rimait-il ? Il n’en savait fichtrement rien. Allait-il finir blessé ? Probablement. Mais il s’en fichait, il balaya même cette probabilité d’un revers de la main. Seuls les gens amoureux sont assez sots pour nier avec une telle force qu’ils s’apprêtent à souffrir…

Elle lui souriait et il oubliait tout. Lorsqu’Alice lui annonça qu’elle lui avait dit qu’ils se reverraient, un peu comme si elle était en train de tenir une promesse, Erwan ne put se retenir plus longtemps de sourire. C’était ça qu’il voulait entendre. Un pas vers lui. Il ne souriait pas qu’avec sa bouche ; ses yeux, ses joues, tout son corps souriait. La dernière fois qu’il avait voulu l’enlacer, son envie était teintée d’amertume, c’était parce qu’il savait qu’elle allait partir et qu’il ne savait pas s’il allait la revoir. Cette fois, son envie transpirait la joie, de la retrouver, de comprendre ses sentiments, d’être réunis. Pourtant, ces deux moments si différents où il voulait la prendre dans ses bras se conclurent par la même retenue. Au bord de la Manche, il ne voulait pas lui donner une fausse image de lui, aujourd’hui il ne pouvait plus. Ce n’était pas ce qu’elle voulait, du moins c’est ce que pensait Erwan. Alice était venue en pleine après-midi, il travaillait jusqu’à vingt heures… Elle était toujours en contrôle de tout, il ne pourrait pas cette fois-ci lui proposer de rester, tenter discrètement de s’approcher au plus près d’elle. Il avait les mains liées…

Peu importait à Erwan. Sa présence était déjà une victoire et il était désormais prêt à jouer selon ses règles. Fini le confort du bord de mer où c’est lui qui avait invité Alice à rester sur ses terres. C’était elle désormais qui menait la barque et le jeune homme se préparait à ramer fort pour savoir ce qu’elle attendait de lui. Sa première question était simple. La réponse beaucoup moins. Il hésita une seconde avant de dire honnêtement « Ça va mieux depuis que tu es entrée ici… Je m’apprêtais sincèrement à passer une terrible journée, mais te voilà. Malheureusement, je travaille jusqu’à vingt heures… Tu es ici longtemps ? Est-ce que… Est-ce que tu voulais me voir ? ». Il passait effectivement une terrible journée et Alice venait de chasser une partie des nuages. Sa soirée ne s’annonçait pas tellement bonne non plus, mais peut-être qu’Alice n’avait rien de prévu…

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe

20 juil. 2025, 14:43
Pétillant comme un bon champagne E.M
Enfin, Erwan se mit à sourire. Rien de plus ne suffit à Alice pour que sa gêne ne s’envole au profit de la joie. Une joie légère, mais une joie tout de même.
Ce sourire était beau, comme un cadeau qui n’était qu’à elle. Il exprimait son plaisir de la revoir, d’entendre qu’elle était entrée ici pour lui et pas pour de méprisables oreilles à rallonge.
Erwan ne lui en voulait pas. Erwan n’avait gardé que de beaux souvenirs de leur soirée en Bretagne. Mais alors… pourquoi avait-elle cru voir des larmes dans ses yeux ? Etait-elle de si bonne compagnie qu’on pleurait son départ ? Si l’idée était séduisante, Alice ne croyait pas à cette explication. La raison etait tout autre, elle le savait. Alice espérait seulement qu’elle soit à son goût.

La réponse d’Erwan fit vaciller son sourire. Le sorcier s’était préparé à passer une mauvaise journée. Alice songeait à une matinée difficile qui ne faisait que s’étendre au fil des heures. Voila sans doute la raison de son absence de sourire lorsqu’il était venu à sa rencontre. Alice le concédait aisément, il était ardu de sourire lorsque la journée commençait mal. Elle même en etait presque incapable alors que pourtant, elle avait été éduquée pour manipuler chaque expression de son visage à son avantage, quelque soit ses troubles. Alice était sincèrement désolée pour Erwan.
Elle le fut plus encore lorsqu’il annonça travailler jusqu’a ce soir. Autant pour lui que pour elle, car Alice n’avait pas prévu de rester ici plus que nécessaire. Son emploi du temps était chargé et ne laissait aucune place à l’improvisation.

Alice ne su quoi répondre à la dernière question d’Erwan. N’était-ce pas suffisamment évident ? Croyait-il qu’elle etait du genre à pénétrer dans ce genre de lieu pour y faire des emplettes ? Ah, Alice en serait presque vexée !
Au moins avait-il dit avant que sa journée s’était égayée en la voyant.

« Oui, bien sûr. Sinon, que ferais-je ici ? »

Alice s’était difficilement retenue de répondre avec une pointe de sarcasme. Finalement, ce fut avec un sourire.

« Comme c’est dommage que tu termines si tard… il m’aurait plu de t’inviter à boire un thé avec moi. Je pensais que tu aurais pu nous trouver une belle destination. Mais soit. Peut-être une autre fois. »

Alice ressentit une pointe de déception après avoir dit tout cela. Elle n’en montra rien.
Il n’était pas dans ses habitudes de proposer ce genre de chose à qui que ce soit. Elle l’avait fait une fois, une seule, à quelques boutiques seulement d’ici. Mais le contexte était bien différent.

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21 juil. 2025, 11:14
Pétillant comme un bon champagne E.M
Maintenant qu’Alice était capitaine du navire où Erwan s’était enrôlé sans réfléchir aux conséquences, il fallait reconnaître qu’elle naviguait d’une main de fer, quitte à perdre un homme à la mer… Bien sûr qu’elle n’en avait rien à faire qu’Erwan termine à telle ou telle heure. Il fallait qu’il soit disponible au moment où madame lui ferait signe qu’elle avait cinq minutes à lui accorder. Quelle genre de relation cela annonçait-il ? En deux entrevues espacées d’une semaine, Alice avait conclu la première quand elle le souhaitait et voilà qu’elle voulait imposer la deuxième à Erwan. Mais il ne pouvait pas rappliquer parce que Madame Sangblanc l’avait convoqué… Ce n’était pas l’envie qui manquait, mais ce n’était pas sain, ni pour elle, ni pour lui et son travail. Et pourtant, malgré le bon sens qui lui sommait d’agir pour leur bien à tous les deux, il jeta un regard vers la porte d’entrée… Peut-être que lorsqu’il était adolescent, quand il était à Poudlard, il aurait pris la fuite pour profiter de ce moment qui s’annonçait délicieux, mais il n’était plus cet ado inconséquent. Son fils comptait sur lui. Enfin… façon de parler, mais il ne pouvait plus fuir ses responsabilités. Cela voulait-il dire qu’il allait devoir fausser compagnie à Alice alors que son souhait le plus cher là, tout de suite, était d’être près d’elle ? Ça lui fendait le cœur…

Ce n’était pas leur rendre service que d’envisager une seule seconde de partir plus tôt du travail pour profiter l’un de l’autre. Alice perdrait en savoir-vivre en voyant son caprice si vite exaucé et Erwan perdrait, lui, le peu de confiance en lui qu’Alice lui avait laissé sur la côte d’Émeraude. Il se devait de refuser, pour lui, pour elle, pour eux. «Je suis désolé Alice… Je peux pas faire comme je veux. J’ai qu’une envie, c’est de partir là, tout de suite, avec toi, mais il me reste…». Erwan fut interrompu au milieu de sa phrase par une main qui se posa sur son épaule. C’était à nouveau le plus jeune de ses deux patrons. Avait-il été curieux ? Allait-il prendre des pincettes pour lui dire de retourner travailler ou serait-il plus direct ? « Il te reste plus rien à faire aujourd’hui, Erwan. Va, profite de ton amie. On se retrouve demain à l’ouverture à 14 h. ». Erwan resta surpris une seconde, regarda Alice avec un sourire, puis de nouveau son patron. «Sûr ? Il me restait deux heures. Ou alors…». Mais Fred lui rétorqua qu’il devait y aller avant qu’il ne change d’avis et Erwan ne laissa pas passer sa chance ! «J’vais me changer Alice. Attends-moi ici ou devant, j’en ai pour deux minutes.». Il se précipita vers son vestiaire, laissant la jeune Française et son patron sur place. Durant les deux minutes qui s’écoulèrent, Erwan laissa vagabonder son esprit entre les belles images qu’il gardait de leur première rencontre et celles qu’il imaginait de leur seconde. Il se changea machinalement, distrait par la perspective d’être physiquement avec celle qui était déjà avec lui dans son esprit depuis une semaine. Lorsqu’il revint, Alice l’attendait près de la cape d’invisibilité qui trônait au centre du magasin. Il s’approcha, attendant qu’elle se tourne vers lui. Qu’elle le fasse ou non, il dit d’une voix douce et calme «Allons-y avant que tu me fasses faux bond pour ton emploi du temps de ministre…». Son sourire ne laissait aucun doute sur l’ironie de sa phrase, bien qu’il pensât ce qu’il disait. … Je veux profiter de chaque seconde…».

Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation “actif” ou “prétexte”) : Fred Weasley, patron de mon PJ, PNJ prétexte.
- Lien vers la fiche du PNJ : PNJ des MJ et administrateurs
- Intérêt d’utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Intervention d’un bon patron en faveur de son employé prometteur pour qu’il puisse partir deux heures plus tôt que prévu.

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe

21 juil. 2025, 21:10
Pétillant comme un bon champagne E.M
À nouveau, le sourire d’Alice s’était figé. Erwan venait-il vraiment de refuser son invitation à boire un verre ensemble ? Se rendait-il seulement compte de la chance inespérée sur laquelle il crachait tout cela pour son travail de vendeur ?
Le sourire ne vacillait pas, mais la honte, elle, montait lentement à ses joues.
Cela n’avait durer que quelques secondes. Le supérieur d’Erwan s’était avancé et, sa main sur son épaule, l’avait autorisé à partir plus tôt. Bien. Enfin un homme intelligent. Lui, au moins, avait compris qu’une telle occasion ne se répétera peut-être plus jamais.

Alice se recula d’un pas pour remercier le patron d’Erwan d’une légère révérence. Son sourire ne vacillait plus. Elle n’aurait point à quitter la boutique comme une malpropre. Non. Elle repartirait avec Erwan.

Avant qu’Alice ne puisse lui répondre qu’elle l’attendrait, le jeune homme reparti à toutes jambes. Alice papillonna des yeux quelques secondes, avant de regarder à nouveau le patron. « C’est vraiment très aimable à vous de libérer Erwan. Je vous en suis grée. »
Elle lui accorda un dernier sourire avant de s’en éloigner.
Bien sûr, Alice comprenait que le monde du travail avait ses propres règles, que Erwan ne pouvait nullement abandonner son poste pour partir avec elle. Mais tout de même. Alice aurait aimé qu’il ne lui jette pas un "désolé" avant même d’avoir demandé l’autorisation de son patron. Cela en disait long sur sa conscience professionnelle mais aussi sur l’intérêt qu’il avait pour Alice.

La française s’était éloignée pour rejoindre la cape d’invisibilité qu’elle avait remarqué plus tôt mais qu’elle avait volontairement laissé sans attention. Toujours avoir un point de chute. Toujours. Ici, Alice pouvait faire mine d’avoir de l’intérêt pour quelque chose dans cette boutique. Ce qui était tout à fait vrai actuellement.
Le dos droit, les mains dans le dos, Alice contemplait la cape. Un jour, elle en possèderait une. Une plus jolie. Avec de la dentelle et de la soie. Noire bien sûr, mais avec une touche de pourpre. Deux couleurs qui se mariaient très bien ensemble.

Erwan revint enfin. Alice décroisa ses mains en se tournant vers lui dans un sourire.
« J’ai annulé moult rencontres avec des secrétaires d'état pour toi », lui glissa t-elle. Ce qui n’était pas si éloignée de la vérité que cela. Alice aurait aimé aller rendre visite à miss Joyce pour parler affaire. « Alors, Monsieur Martin… où m’emmenez-vous ? Je vous laisse libre choix sur notre destination. Tant qu’il ne s’agit pas de ce boui-boui de Chaudron Baveur.… et ne pensez pas me conduire dans un pub Sans-Pouvoir, voulez-vous ? Ma tenue ne se prête guère au paysage. »

Alice accompagna ses derniers mots d’une légère oscillation de sa robe entre ses doigts pincée. Le visage baissé sur les pans de dentelle, elle regardait néanmoins Erwan dans les yeux avec un sourire mutin.

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

22 juil. 2025, 11:09
Pétillant comme un bon champagne E.M
Le jeune homme affichait un sourire bien plus franc qu’il ne lui avait été permis d’en donner depuis un moment. Il n’y avait pour le moment plus aucune ombre au tableau. Il ne pensait plus à son appartement vide, au prochain jour où il verrait Vihan, à la maudite et capricieuse Française du bord de mer, non. Désormais, il pensait à la charmante et capricieuse Française qui était venue le chercher pour l’extirper de son travail. Erwan riait intérieurement de cette propension qu’avait Alice à exiger et à attendre que tout lui tombe déjà prêt dans les mains. Elle lui avait déjà laissé entrevoir les séquelles de son éducation, mais c’était un élément de plus qui alourdissait le bilan. Erwan n’arrivait pas à lui en vouloir, il était plutôt en proie à une saine compassion. Elle avait tellement à apprendre de la vie… Lui aussi avait sûrement beaucoup à apprendre d’elle, même s’il doutait que ce qu’elle aurait à lui apprendre puisse lui servir dans le monde qu’il côtoyait. Dans son monde à lui, Erwan ne connaissait pas de salons de thé huppés qui se prêtaient à accueillir des vêtements si raffinés. N’avait-elle pas vu qu’il ne portait qu’un jean et une chemise ? N’avait-elle réellement pas compris qui il était ?

Erwan n’était pas un menteur. Cela lui arrivait évidemment d’arranger la vérité de temps en temps et certaines situations étaient plus propices que d’autres à ne pas dire toute la vérité, mais il s’était installé un climat d’honnêteté entre Alice et lui qu’il tenait à conserver. Il espérait d’ailleurs qu’Alice l’ait réalisé, bien qu’elle lui ait prêté les plus malsaines intentions il y a encore si peu de temps. Si elle était revenue le voir si rapidement, peut-être avait-elle justement réalisé qu’il avait dit vrai. Il n’attendait rien d’elle qu’elle ne soit pas prête à lui offrir. Mais cela marchait-il dans les deux sens ? S’attendait-elle à ce qu’Erwan devienne le prince courtisan de la princesse qu’elle pensait être ? S’il était prêt à la traiter comme telle, lui n’allait pas changer du tout au tout. Et en l’occurrence, ici, une liste des salons de thé susceptibles de convenir à sa grande classe n’allait pas lui apparaître par magie… Cela faisait à peine trois mois qu’il habitait Londres et il était peu sorti. Il commençait à bien connaître le Pitiponk, mais, bien que sa cour centrale soit très charmante, il n’y voyait pas là un établissement assez classe pour convenir aux attentes d’Alice… Oh, bien sûr, il avait déjà croisé de très beaux salons de thé dans lesquels il l’imaginait très bien, mais elle avait expressément demandé à ce qu’ils n’aillent pas du côté moldu… Que pouvait-elle bien avoir contre les Moldus ? Ne savait-elle pas, encore une fois, d’où venait Erwan ? Peut-être pas… Erwan ne l’imaginait pas aussi fermée d’esprit que ces familles de sang-purs dont la simple existence d’Erwan devait déranger. Un fils d’une Moldue et d’un Cracmol… Alice ne pouvait pas faire partie de ce lot-là, mais qu’en savait-il… ? Il ne manquerait pas de vite lui faire savoir d’où il venait si elle ne le savait pas déjà… Il ne pouvait pas perdre son temps avec quelqu’un qui pense que le sang dit quelque chose des gens. Quelles options restait-il ? Le salon de thé de Madame Pieddodu à Pré-au-Lard ? Le Café du Rosier à Godric’s Hollow ? Deux options possibles, mais qui les éloignaient de Londres… Il fallait qu’il se rende à l’évidence, il n’arriverait pas à proposer un lieu qui conviendrait à coup sûr à Alice…

Malgré cette humble réalisation, Erwan sentait toujours battre les ailes qui lui avaient poussé dans le dos un peu plus tôt. Il n’était que lui-même, mais c’était déjà ça. Il ne connaissait pas l’endroit parfait, mais ne manquait pas de créativité pour autant ! «Pour être franc avec toi, je n’en ai pas la moindre idée ! Mais est-ce que cela doit nous empêcher d’y aller ? Certainement pas !». Il indiqua la sortie d’un bras tendu tandis que l’autre se rangeait dans son dos. Le soleil tapait encore fort à cette heure et, si sa peau de Breton n’aimait pas ça, celle d’Alice devait encore moins le supporter. «Effectivement, cette robe demande un lieu à sa hauteur, mais je ne suis pas sûr d’en connaître du côté magique de Londres. Il y a des lieux très sympas chez les Moldus tu sais, mais à part le Pitiponk, où l’on pourrait boire quelque chose de frais à l’ombre de l’arbre dans sa cour, je ne vois pas. Si toi tu as une idée où tu n’aurais pas honte d’entrer en compagnie d’un homme si peu habillé…» il désigna d’un geste allant de haut en bas de son corps ses vêtements. «… je suis preneur ! Où qu’on aille, je serai heureux de t’y suivre.». Il emboîta le pas pour les lancer dans une marche qui avait l’air de savoir où elle allait, même si ce n’était pas encore le cas. Erwan se serait satisfait de partager une marche en si bonne compagnie, mais la perspective d’un moment à deux, à l’ombre, autour d’un verre, était d’autant plus délicieuse.

Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe