Avec lui toute la honte qui s'en était suivit
Reducio
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Theodor Morley, père d'Asher, actif
Aimée Morley, épouse de Théodore, active
Milda Morley, grand-mère d'Asher, active
Lefwald Morley, grand-père d'Asher, actif
Avery Morley, oncle d'Asher, actif
Benedict Morley, oncle d'Asher, actif
Elinor Everard (née Morley), tante d'Asher, active
Livitha Merton (née Morley), tante d'Asher, active
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- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Annoncer à la famille paternel l'existence d'Asher et que faire d'elle, de son avenir : l'intégrer à la famille ? La laisser avec sa mère moldu ?

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Solo
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01
Voilà plusieurs jours — deux semaines, pour être précis — que Théodore s’est cloîtré dans son bureau. Il n’en est presque pas sorti, esquivant toute explication, surtout à Aimée, son épouse, qu’il fuit avec une prudence maladive. Il n'est même plus retourné dans cette chambre qu'ils partagent depuis des années maintenant, laissant son côté du lit froid et les bras d'Aimée vide. Chaque nuit, il reste éveillé, le regard fixé sur la lune comme s’il espérait y lire un conseil, un signe, quelque chose qui l’aide à y voir plus clair.
Deux semaines plus tôt, il est allé chercher les enfants à la gare de King's Cross, quai neuf trois quarts. Ce n’était pas dans ses habitudes — madame Harlow, leur gouvernante, s’en occupait toujours — mais ce jour-là, la pauvre femme luttait contre une migraine atroce, et Aimée… Aimée n’était pas disponible. Il était heureux de se retrouver là, à ressentir cette émotion étrange, douce-amère, de se tenir à nouveau sur les pavés du quai, là où il avait marché, enfant, une valise trop lourde pour ses bras trop maigres. Il s’était souvenu de la fierté dans sa poitrine, de l’odeur du charbon, des hululements des chouettes, de la bousculade joyeuse. Poudlard avait été pour lui un refuge, une époque tendre, presque irréelle.
Puis le train était arrivé, ralentissant dans un panache de vapeur, et ses souvenirs s’étaient dissipés d’un coup. Elle était là. Maria. Son regard s’était accroché au sien comme un hameçon lancé au hasard. Elle n’avait pas changé — ou si peu — malgré les années. Et lui, il s’était figé. Comme si 2037 n’était qu’hier. Comme si cette nuit, unique et brûlante, n’avait jamais quitté son esprit. Il pensait pourtant avoir relégué ce visage au fond de sa mémoire, rangé sous des couches de devoirs conjugaux et de routines bien huilées. Et voilà qu’elle ressurgissait, sans prévenir. Comme un secret mal enfoui et avec toute la honte qui s'en était suivit.
Une trahison, même.
Celle d’avoir trompé Aimée.
Et pas avec n’importe qui : une moldue.
La recroiser dans un lieu réservé aux sorciers n’avait rien d’anodin. Ce fut un choc, un vertige, comme si le temps lui-même avait trébuché. Et quand son regard avait glissé de celui de Maria à l’enfant qu’elle tenait par l’épaule, tout s’était figé. Théodore avait su. Immédiatement. Il n’avait pas eu besoin de confirmation, ni de test, ni même d’un mot. La vérité s’était imposée d’elle-même, brutale, évidente ; l’enfant portait en elle l’écho de cette nuit oubliée de 2037. Elle était la conséquence devenue chair, héritant de lui son gène sorcier, mais surtout, elle avait dans les yeux un feu dévorant, cette dureté farouche qui n'appartenait qu’à Milda Morley, la mère de Théodore.
La bravade d'un Gryffondor qu’on ne pouvait enseigner, seulement transmettre.
Et à cet instant précis, devant le train encore fumant, parmi la foule des élèves qui retrouvaient les siens, Théodore avait compris : son passé ne se laissait plus enterrer et qu’il allait devoir faire face à l’inévitable. Il lui faudrait l’annoncer, poser les mots, briser le silence. Dire à sa famille que le clan comptait un membre de plus. Une enfant née hors-mariage. Illégitime. Et pire encore, issue d’une union avec une moldue. Il imaginait déjà la scène, trop vivace dans son esprit troublé. La déception muette de sa mère. L’indignation explosive de son père. Ses frères prévisibles dans leur réaction : l’un jouerait les moralisateurs en prêchant le devoir, l’autre se contenterait de le railler, moqueur, un sourire en coin. Et ses sœurs… il sentait déjà leur colère sourde, leur jugement dans chaque regard, chaque soupir, chaque mot retenu.
Et Aimée.
Aimée…
Elle savait pour la tromperie. Il le lui avait dit, le cœur lourd, le dos courbé, incapable de la regarder dans les yeux. Il se sentait misérable, minable, pathétique. Il s’attendait au pire — à des cris, des pleurs, une valise, une porte qui claque. Mais elle l’avait pardonné. Contre toute attente, elle était restée. Et pourtant… Qu’en serait-il quand elle apprendrait le reste ? Il pousse un long soupir, la gorge serrée. L’anxiété lui ronge les nerfs, glissant sous sa peau comme une fièvre rampante. Aimée doit l’apprendre la première. Avant les autres. C’est la moindre des choses. Le seul respect qu’il lui doit encore après l'avoir une seconde fois humilié.
D’un geste mesuré, Théodore quitte son étude, envahie de parchemins et de livres. Il s’approche du globe terrestre qui trône dans un coin, non loin de l’entrée. Derrière le globe se trouve une corde de velours qu’il tire sans attendre. Quelque part, dans l’aile réservée aux domestiques, une clochette doit tinter — ordre discret, mais impératif, sommation silencieuse à laquelle nul ne saurait se soustraire. Il reste immobile quelques secondes, le regard figé dans le vide, avant de se remettre à arpenter son bureau, les mains croisées dans le dos. Ses pas, réguliers, font à peine grincer le parquet ciré. Ses pensées, elles, sont tout sauf ordonnées.
Il revoit le visage de l’enfant. Le portrait craché de Maria — et pourtant… certains traits rappellent les siens, enfant. Mais c’est surtout la silhouette, la forme de son corps, sa taille : ce détail le saisit. Théodore se revoit, lui-même, si fin, si maigre, déjà si grand à un jeune âge, dépassant de plusieurs centimètres ses camarades. Il s’arrête devant la grande fenêtre qui donne sur les jardins en contrebas.
Il ferme les yeux un instant, et ses pensées dérivent vers ses autres enfants. Comment accueillent-ils la nouvelle ? Ils n’en savent rien, de cette histoire. C’est son secret et celui d’Aimée. Les jumeaux, avec leur tempérament posé, sont peut-être capables de comprendre… ou du moins de rester calmes. Mais Marigold ? Marigold, avec sa candeur encore brute, ses colères d’enfant, son besoin d’exclusivité ? Elle risque de le rejeter. De ne pas pardonner. D’être rancunière — et à raison. Elle aime sa mère, se sent si proche d’elle.
On frappe à la porte. Trois coups, fermes.
« Entrez. »
Théodore se tourne vers le majordome, qui se tient là, digne, dans la force de l’âge.
« Avez-vous besoin de quelque chose, monsieur ? » demanda le majordome d’un ton neutre, les mains croisées dans le dos.
« Dites à mon épouse que je souhaite lui parler. Je l’attendrai ici… Et faites demander aux elfes de maison du thé, avec quelques biscuits, s’il vous plaît. »
« Bien, monsieur. »
Sans un mot de plus, le majordome s’incline légèrement puis referme la porte derrière lui, avec ce calme protocolaire qu’on lui connaît.
Dès qu’il se retrouve seul, Théodore laisse échapper un soupir. Il s’assoie dans la causeuse qui fait face à la fenêtre. Son regard se perd dans le vide, rongé par les remords. Un nœud lui serre la gorge. Les minutes s’égrènent, lentes et lourdes, comme suspendues dans l’attente. Lorsqu’enfin on frappe à la porte, il sursaute presque. Son cœur cogne contre sa poitrine, secoué d’un coup sec.
Il tarde à répondre. Ses lèvres s’entrouvrent, puis se referment. Il inspire profondément, comme pour reprendre contenance. Mais quand il finit par parler, sa voix n’est qu’un souffle tremblant, presque étouffé : « Entrez. »
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Avec lui toute la honte qui s'en était suivit
Reducio
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04 juillet 2050
Solo
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02
« Elle a eu un enfant, donc. » Voilà les premiers mots qu’Aimée parvient à prononcer après de longues minutes de silence à digérer la nouvelle.
Elle est assise dans un fauteuil, tasse en main, Mona — leur chat noir — lovée sur ses genoux. L’animal ronronne doucement, ressentant sans doute l’agitation de sa maîtresse face à cette étrange révélation. De l’inquiétude ? Peut-être. Mais Aimée serait bien incapable de le dire. Elle ressent tant de choses à la fois qu’elle ne saurait exactement décrire ce qui se trame en elle — ni dans sa tête, ni dans son cœur. Une enfant. Avec cette Moldue.
La Française inspire profondément. Sa main tremblante repose la tasse sur la table d’appoint, à sa gauche. « Est-ce pour cela que vous étiez si distant, ces derniers jours ? »
« … En effet, j’avais besoin de temps, j’imagine. Pour savoir quoi faire de cette découverte. »
« Et que comptez-vous faire, alors ? » Theodor paraît surpris, et la dévisage aussitôt. « Eh bien quoi, qu’ai-je dit ? »
« N’êtes-vous pas en colère ? »
Un ange passe entre eux. Aimée souffle un rire, secoue doucement la tête, alors qu'elle caresse distraitement Mona. « Voilà bien des années que j’ai cessé de l’être. Ce qui est fait est fait, après tout. Pourquoi le serais-je à nouveau ? »
Theodor écarquille légèrement les yeux. Il se détourne enfin de la fenêtre et de la forêt qui entoure le domaine pour se tourner complètement vers elle. « Elle a eu un enfant. »
« Et ? » Aimée incline la tête, lasse. « Ce n’est ni sa faute à elle si elle est née, ni celle de sa mère si vous n’étiez pas capable de vous en tenir à un seul lit. » Elle soupire, reprend sa tasse, les lèvres pincées. Elle boit une longue gorgée, puis ajoute, presque dans un souffle : « J’ignore même ce que je ressens, exactement… »
Théodore reste figé un instant, les traits tirés, comme suspendus dans un battement de cœur trop lourd. Une émotion lui tord le ventre, il peine à la nommer. De la honte, sans doute. Du regret, sûrement. « Je vous ai fait tant de mal… et aujourd’hui, l’humiliation que je vous ai infligée porte un visage. »
Aimée ne cille pas. Elle l’observe en silence avec tant d'amour que cela déstabilise un instant Theodor. Clairement, l'homme ne s'attendait à rien de tout ça. Puis, elle répond d’un ton calme après une dernière gorgé : « Espérez-vous réellement que je m’emporte ? »
« Oui. Parce que jusqu’ici… vous ne m’avez rien montré. »
« Parce que ça n’a jamais eu d’importance. » soupire-t-elle alors, en reposant une nouvelle fois sa tasse. Elle fait ensuite glisser Mona de ses genoux avec délicatesse. La chatte s’étire, baille, puis saute sur la causeuse, y retrouvant sa place favorite avec l’indifférence tranquille des félins. Pendant ce temps, Aimée s’est levée. Droite, digne, elle lui fait face. « L’unique chose qui ait compté, c’est cette famille. Nos enfants avaient besoin de leur père. Et malgré… cet égarement, vous avez su être là. Présent. Constant. » Elle marque une pause, son regard soutenant celui de Théodore, pour ensuite reprendre plus bas : « Et puis… j’avais aussi ma part de responsabilité. »
« Ne dites pas de bêtises, » proteste-t-il aussitôt.
« Voyons, Théodore, » réplique-t-elle avec une douceur désabusée, tandis qu'elle secoue sa tête. Elle renifle discrètement, avant de reprendre : « Ne mentez pas à ma place. » Elle redresse le menton, croise les mains devant elle. Son visage, d’ordinaire si doux, se ferme dans la honte mêlé à tant de peine. « Je n’étais pas la meilleure des épouses, à ce moment-là. »
« Ce n’est pas une excuse. »
« J’ai été la pire personne avec vous et vous me défendez encore » Elle secoue la tête, détourne un instant le regard. « Je vous ai méprisé, insulté et on s'est tant disputé pour des broutilles… Je vous ai laissé croire qu’il n’y avait plus rien à aimer entre nous. Je vous ai indirectement poussé dans les bras d'une autre. Et pourtant… vous êtes resté. Vous auriez pu partir avec cette femme, refaire votre vie ailleurs. Mais non. Vous êtes resté. »
Théodore détourne le regard. Sa mâchoire se crispe. Il inspire, cherche ses mots — en vain. La gorge trop nouée. Aimée, elle, avance encore. Un pas à peine, mais suffisant pour effacer le froid entre eux. Comme une trêve silencieuse, timide. « Alors maintenant, dites-moi… » souffle-t-elle, à peine plus fort qu’un murmure. « Que comptez-vous faire ? »
« Le dire au reste de la famille. »
« Et après ? »
« Je n’y ai pas encore réfléchi. »
« Il vaudrait mieux y penser dès maintenant, car l’avenir de votre fille dépendra de ce que vous direz au reste de cette famille. »
« Pardon ? »
Sans le regarder, Aimée se détourne. Elle saisit la théière, la penche et verse le thé sans un mot, avant d'ajouter : « Comptez-vous la laisser sans père encore longtemps ? »
« Sa mère s’est probablement mariée depuis… Elle a sûrement déjà un père. »
Aimée repose la théière, puis lève les yeux vers lui. « Mais vous êtes son père, que ça vous plaise ou non. Votre sang coule dans ses veines. Vous comptez vraiment la laisser croire qu’elle est une née-moldue ? » Elle marque une pause, le jauge, puis ajoute plus fermement : « Elle aurait plus de chances dans ce monde si elle était reconnue comme sang-mêlé et vous le savez très bien. Tant que le Conseil des Sorciers tiendra les rênes, elle n’aura aucun avenir. Alors assumez-la. Reconnaissez-la comme votre fille. Ce sera au moins la moindre des choses. »
Théodore se pince les lèvres, ferme les yeux un bref instant. Ses épaules s’affaissent, comme si quelque chose cédait enfin en lui — ou peut-être qu’il rendait simplement les armes. « Ce n’est pas aussi simple… »
« Pourquoi ? »
Il rouvre les yeux, plante son regard dans le sien, la mâchoire tendue. « Parce qu’elle restera une enfant illégitime. » Il retient son souffle le temps d'une seconde. « Qu’en dira-t-on ? »
Aimée inspire lentement, puis écarte les bras dans un geste d’impuissance avant de les laisser retomber. « Vous préférez la laisser sans avenir plutôt que d’écorner votre image ? »
« L’image de cette famille. » corrige sèchement Théodore, le ton dur.
Elle éclate d’un rire bref, sans joie, aussitôt coupé. « Ce n’est pas comme si nous étions déjà appréciés. » Son accent tranche plus fort, plus net. « Votre mère est une née-moldue. La femme d’Avery, une Cracmolle déshéritée et je suis qu'une vulgaire française aux yeux de certains. » Elle le fixe, droite, le regard brûlant. « Ajouter une enfant illégitime ne changera pas grand-chose à ce que les autres pensent déjà de nous. »
Ils s'observent un instant, puis Theodore cède. Il n'a jamais gagné une seule bataille face à son épouse. Il baisse la tête, s'en retourne à sa fenêtre, les mains dans le dos. Aimée reste en retraite une instant, puis elle avance de quelques pas, lentement, jusqu’à ce que sa voix ne soit plus qu’un murmure derrière lui. « Vous pensez pouvoir fuir cette vérité, l’enterrer dans le silence, mais elle existe. » Sa voix est ferme, tranchante. « Vous ne pouvez pas ignorer cette enfant. »
Théodore serre les poings, les joint à ses côtés, comme s’il cherchait à s’ancrer. « Vous ne comprenez pas ce que ça signifie. Si ça sort, tout s’effondre. »
Elle croise les bras, inébranlable. « Peut-être qu’il est temps que ça s’effondre. Que vous arrêtiez de vivre dans la peur du regard des autres. Cette enfant mérite mieux que d’être un secret honteux. Et vous aussi. »
Le silence s’étire, lourd, pesant. Théodore finit par détourner les yeux, la mâchoire serrée. « Je ne sais pas si j’en suis capable. »
Aimée s’approche de nouveau, plus douce cette fois, et pose une main sur son bras. « Vous n’êtes plus seul. Pas tant que je suis là. »
Un frisson traverse la pièce, comme une promesse suspendue.
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