Un livre vous manque et tout est dépeuplé
Mardi 5 avril 2050
Après les cours
Livre
Après les cours
Livre
Elena n'était pas de ces deux qui lisaient. Elle n'était pas de ce peuple qui pouvait se passionner des heures pour l'encre et le papier, pour la texture de la page et l'essence du bois qui le composait. Elle n'appartenait pas à cette tribu qui dévorait des pages et des pages comme le héros de ces lignes conquerait des territoires. Elle n'était pas de ces individus pour qui un livre suffisait à tout instant de la vie. Non, assurément Elena n'était pas de ces gens là. Elle était plus de ceux pour qui la lecture était un moyen de vivre. Ceux qui découvraient d'autres mondes au travers du bouquin. Le livre n'était qu'une porte au final. Une porte vers un monde plus bleu, plus palpitant. Qu'importait le style ! Qu'importaient les mots ! Ce qui comptait réellement, c'était le voyage qui se cachait derrière. Oui, assurément, Elena était une exploratrice à travers les livres. Elle voyageait à travers un navire de papier jusqu'aux confins du monde. C'était là que se passait sa vie.
Du moins, c'était là que se passait sa vie avant Poudlard. Maintenant, Elena comptait sur sa baguette et sa propre capacité à l'utiliser autant qu'elle avait compté sur ses livres de piraterie. Ils étaient moins magique maintenant que tout son monde n'était que magie. Elle les relisait, bien sur. Encore et encore jusqu'à ce que les pages tombent en miette (c'était réellement arrivé à yn de ses livres si ça vous intéresse), mais pas comme avant.
Une brusque réminiscence du passé lui en avait fait prendre conscience. Pas aussi clairement, bien sur. Mais un sentiment de perte, d'abandon, ce sentiment qui vous submerge quand un souvenir vieux, si vieux, se rappelle brusquement à vous. Un souvenir d'une texture d'abord, celle du pull en laine de sa mère qui lui lit un roman qu'elle est encore trop jeune pour déchiffrer seule. Le bruit des doigts de Jane sur les pages. La couleur bleue de l'aquarelle de la couverture. Et trois mots, trois pauvres mots qui la firent se figer alors qu'elle engloutissait son déjeuner "Encore l'histoire maman !" Puis elle rire de sa mère et le bruit des pages qu'on tournait pour revenir au début. Un souvenir si net et si flou en même temps. Pas de titre, aucun souvenir de l'histoire en elle meme sinon des pirates qui la composaient. Encore l'histoire maman ! C'était pour l'enfant qu'elle était qu'Elena se tenait dans la bibliothèque. Elle n'aimait pas ce lieu. Trop imposant, trop intimidant. Il clamait de toute ses bibliothèques en bois sombre et ses ouvrages millénaires: Je Sais. Et toi ? Il la narguait depuis son plafond haut. Elle l'ignora, et se mit en quête.
Mais ou chercher un souvenir d'enfance ! Sans titre, sans mots clés ! Comment trouver dans un lieu qui ne comptait que livres ? Elena ignorait cette voix de son mieux. Elle avait une mission. Une mission pour combler ce vide qui s'était créé en elle quand cette petite voix était ressortie des méandres de sa mémoire, avait fouiné jusqu'à la surface. Encore l'histoire maman ! Elena n'aurait su dire pourquoi, mais elle avait le sentiment que si elle ne trouvait pas ce livre, ici, et maintenant, elle perdrait quelque chose. Quelque chose de précieux, d'inestimable qu'elle ne retrouverait jamais ailleurs.
Elle se mit en quête.
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#519400 ■ Fiche PR ■ 4A RP filière Auror
Un livre vous manque et tout est dépeuplé
Sentiments
Froide et dure. C'était l'image qu'Elena avait toujours voulu renvoyer d'elle. Un roc inébranlable qui se construisait sur ses victoires au rugby et autres réussites. Un Roc emprunt de confiance en soi, que rien ni personne ne destabilisait. Cela avait marché pendant un temps. Pendant longtemps à vrai dire. Jusqu'à la mort de mamie Kat. À l'annonce de la nouvelle, Elena avait subitement découvert que le Roc qu'elle pensait etre n'était au final qu'une façade, rien qu'une montagne de pierre dure qui ne s'etendrait que sur quelques centimètres. Non, elle n'était pas un Roc. Elle était une enfant d'une petite dizaine d'année qui venait de découvrir que tout ce qui composait son existence, tout ce qu'elle pensait qui composait son existence, était en réalité factice. C'était peut être autant ça que la mort de sa grand mère qu'elle pleurait en novembre.
Mais Elena s'était relevée. Elle avait de nouveau reussit. De nouveau méprisé l'echec ouvertement. Toujours froide et solide. Une froideur qui se manifestait cependant plus par le refoulement de ses sentiments que par une ignorance légère de ce qui ne lui plaisait pas en eux comme cela avait été le cas avant. C'était une armure. Une carapace. Tant que je ne sens pas, je ne souffre pas. Logique. À l'exception de quelques jours où semaines dans l'année, rien ne traversait la dureté que la serpentarde avait fini par réussit à rassembler autour d'elle.
À part les souvenirs.
On ne s'attendait pas à devoir se battre contre les souvenirs. A quoi bon ? Un moment amer et douloureux peut toujours être effacé d'un simple "ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort" ou bien "ce n'est plus moi, je ne ferai plus jamais ça", mais que peut on contre les souvenirs heureux ? Ce sont ceux ci les plus dangereux. Ils s'instillent de l'autre cote de votre armure, vous font vous souvenir de choses qui vous remplissent d'un sentiment de chaleur, de nostalgie. Ils vous invitent à considérer la différence d'aujourd'hui avec les temps passés. Et de ces temps passé, vous ne voyez plus ni les mensonges, ni les petites frustrations quotidiennes que vous pouviez subir. Oh non, vous ne voyez plus que le beau. Que ce moments merveilleux qu'on voudrait vivre et revivre toujours et plus longtemps encore. Une partie de carte après le repas de Noël. Un fou rire dans une salle de cinéma. Une main de grand mère dans vos cheveux pour vous féliciter d'une bonne note. Ou encore la couverture bleue pastel d'un livre pour enfants. Ô chose bien étrange que les souvenirs. Les sentiments qui en émergent vous tienne si fort que vous donnez vous même le bâton pour vous faire battre, que vous désignez la Faille, la minuscule mais néanmoins existence faille dans votre armure. Cette prise qui fera de vous une cible. Une cible de vous même.
Mais, laissons croire à Elena que cette recherche est innocente et uniquement motivée par un sentiment d'urgence absolu. Laissons la croire qu'elle sortira indemne de cette quête, quel qu'en soit le résultat. Laissons là se figurer que son armure est sans défaut, qu'elle est de nouveau ce Roc qu'elle a tant trimer à construire. Laissons là, pour le moment, fouiller les étagères, escalader l'échelle permettant d'accéder aux rayonnages les plus haut. Laissons la chercher. Elle saura bien assez tôt.
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#519400 ■ Fiche PR ■ 4A RP filière Auror