31 juil. 2025, 12:49
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
Mardi 12 juillet 2050
Londres
avec @Cinaed Wallace

J'éternue une nouvelle fois. Merlin.

J’ai déjà éternué trois fois avant ça, et ça m’a mis de mauvaise humeur. Je sens encore la poudre me chatouiller le nez, ça gratte et ça pique. Ça me donne envie de frotter mes yeux jusqu’à ce qu’ils arrêtent de pleurer. Mais je me retiens, parce que je sais qu’on n’est pas loin et que je veux être un peu présentable quand on arrivera.

« C'est nul la poudre de cheminette. » Je boude depuis cinq minutes, le temps de voir Cinaed et d'exploser de joie. « Tu préfères qu'on vienne en transplanant ? » Il hausse le sourcil de quand il n'est pas content et resserre sa main autour de la mienne. Rhys sait que je n'aime pas non plus transplaner.

Il ne voulait pas qu'on vienne. On continue de marcher dans la rue et je suis presque sûre qu'il a choisi la cheminée la plus éloignée pour retarder l'arrivée. Quand il a découvert tout ça je pensais encore que Cinaed était mon papa. Et Rhys n'était pas du tout content que je l'ai contacté. Enfin, plutôt que j'ai débarqué dans sa boutique.

Je le revois encore, ce moment où je lui ai dit. Ses yeux remplis d’inquiétude et de colère, tout en même temps. Il m’avait serrée si fort que j’en avais eu mal aux côtes. Et pourtant, je n’avais pas regretté une seconde d’y être allée. Parce que j’avais besoin de comprendre. Même si ça faisait mal, même si ça rendait Rhys triste et en colère.

Je fais un bisou sur sa main en levant la tête vers lui. « T'es pas jaloux, si ? » Quand je vois qu'il n'a pas l'intention de répondre, je m'arrête en tirant sur son bras. « Rhysou, fais pas la tête... Tu sais que je t'aime plus que tout le monde entier. » Il me fixe un moment avant de me porter dans ses bras sans vouloir vraiment me lâcher. Du tout. Il marmonne un "je ne te laisserai pas partir de toute façon" et reprend notre marche vers l'appartement de Cinaed.

Il a l'air de bien s'orienter tout seul alors je pose ma tête sur son épaule et je réfléchis. Un petit peu à tout. Est-ce que Naedy habite avec quelqu'un maintenant ? Peut-être qu'il est occupé. Je me demande s'il a les cheveux plus longs maintenant. Et est-ce qu'il aimera mon cadeau ?

Et puis je pense à Rhys, à sa façon de me porter comme si j’étais faite de porcelaine. À son silence, lourd et tout doux en même temps. Je me demande s’il a peur que je découvre quelque chose chez Naedy qui me fasse changer. S’il a peur que je réalise que je pourrais aimer quelqu’un d’autre autant que lui. Mais il ne comprend pas qu’il n’y a personne comme lui. Personne qui me connaît comme lui.

Mon cœur bat de plus en plus vite. Je sens mes mains devenir moites, mes joues qui chauffent un peu sous l’émotion. Rhys ne parle toujours pas, mais je sens qu’il pense. Peut-être qu’il se demande s’il doit vraiment me laisser toquer, ou s’il doit m’emmener ailleurs, loin de tout ça.

Et pourtant, il continue d’avancer. Ses bras me serrent encore plus fort, comme pour me donner du courage et se donner du courage aussi.

On s’arrête enfin. Je sens que c’est maintenant. Mon ventre se tord, j’ai un peu envie de pleurer et un peu envie de rire. Rhys baisse les yeux vers moi, son regard est grave et doux à la fois. Ses lèvres s’entrouvrent et il souffle, d’une voix presque rauque : « Je vais te laisser, d’accord ? Je reviens dans une heure. »

Ses bras se referment une dernière fois, fort, si fort que ça me coupe presque le souffle. Je ferme les yeux une seconde pour sentir sa chaleur, pour me souvenir qu’il est là, même si dans une seconde je vais devoir le lâcher un peu.

Je prends une grande inspiration. Mon cœur cogne dans ma poitrine, comme un tambour. Toujours serrée contre lui, je tends la main et je toque doucement. Deux fois.

Je retiens ma respiration, mes doigts frôlent le bois. Tout se mélange dans ma tête mais j'ai hâte que la porte s'ouvre. Parce qu'il m'a manqué. Et j'ai plein de choses à lui dire et à lui demander.

727 mots
Holaaa :cute:

Reducio
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Rhys Sgaeyl (frère) - prétexte
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Rhys amène Adeline chez Cinaed, comme elle est encore toute petite et incapable de se déplacer seule sans se perdre.

Mousse de l'équipage Ad2OC.
deuxième année • #222666 • discord : poowtato
« dishonor on your cow. »

31 juil. 2025, 14:11
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
Quelle meilleure activité que de se tortiller sous une table basse à onze heures du matin en chantant un générique de dessin animé pour occuper son jour de repos ? Qu'on soit clair, l'activité principale prévu n'avait pas été de se rouler par terre, mais Cinaed Wallace n'était pas un homme particulièrement adroit quand il sortait de son atelier et un verre brisé était honnêtement si vite arrivé. Ce n'était même pas particulièrement de sa faute, si on regardait le truc en face : ses mains refusaient simplement de coopérer quand il ne leur demandait pas de sculpter avec précision. Parce qu'il pouvait creuser le bec minuscule d'un oiseau dans une figurine de 10 centimètres de haut mais il se trouvait bien incapable de garder un verre dans la main sans le faire s'exploser par terre au premier mouvement un peu brusque. Et il n'était pas très gracieux et doux, vous comprenez ?

Bref, le verre avait fini par terre et Cinaed s'afférait à récupérer les derniers petits morceaux de verre qui avaient glissé sous le meuble histoire de ne pas se retrouver avec un bout tranchant coincé dans la plante du pied. Dans ses pieds à lui, au pire, ce n'était pas très grave, mais hors de question d'abimer les magnifiques petons de son magnifique colocataire. Cinaed se doutait bien que Magnus n'apprécierait pas la surprise de rentrer du boulot pour marcher sur un morceau de verre qui venait d'un des verres de l'armoire commune. Ce n'était pas un verre particulièrement important, mais s'il pouvait le jeter sans que personne ne s'en rende compte, c'était toujours mieux. De toute façon, ils n'avaient jamais tous leurs verres rangés en même temps dans le placard alors Magnus ne s'en rendrait probablement pas compte avant plusieurs semaines. Probablement qu'il pensait que le verre avait été kidnappé - comme tant d'autres - par Cinaed et s'était perdu dans sa chambre. Il avait beau être assez minimaliste, il arrivait facilement à perdre des trucs dans le bordel de son espace personnel, surtout qu'il commençait à accumuler de plus en plus de choses à l'intérieur.

C'est my-YYyyYYYY-Y little PO-NY chanta-t-il à tue-tête et d'une façon tout à fait victorieuse alors qu'il arrivait à se défaire de sous la table passe sans se cogner la tête et, surtout, avec le petit morceau de verre incriminant dans la main. Il le tint bien haut pendant quelques secondes tout en faisant quelques pas d'une danse ravie. Le petit morceau brillant coincé entre son index et son pouce se faisait agiter dans le processus, tel un trophée. Finalement, il s'autorisa une petite course vers la cuisine histoire de le jeter dans la poubelle, ses pieds nus frappant le sol avec un petit bruit qui avait le don de ressembler à une mélodie à ses yeux. Probablement qu'il était le seul à aimer le bruit des pieds nus sur le carrelage, mais ça ne faisait rien. Il était seul à l'appartement ce jour là, à profiter d'un jour de congé où Magnus travaillait, lui. Il avait le droit de faire ce qu'il souhaitait, et même de lancer des sortilèges dans le salon, s'il le voulait ! Il ne le ferait simplement pas parce qu'une télé cramée serait bien plus difficile à cacher qu'un verre et que, en plus, l'épisode du dessin animé qui passait en boucle en arrière plan faisait un parfait fond sonore. Lui qui détestait vivre dans le silence, avoir une télé c'était parfait.

Alors qu'il passait une de ses mains sous l'eau, histoire de bien nettoyer une des coupures qu'il s'était malencontreusement fait dans l'opération nettoyage, un petit coup se fit entendre sur la porte. Et un autre, avant que le silence ne reprenne son droit, uniquement dérangé par les poneys en arrière plan expliquant une nouvelle leçon sur l'amitié. Sitôt les mains séchées, la télé fut éteinte et Cinaed s'approcha de la porte sans même se rendre plus présentable. Il l'était un minimum, tout de même : un jogging qui lui tombait bas sur les hanches et un tee-shirt aux motifs colorés. En somme, une tenue typique de jour de congé, accompagnée de cheveux en pétards qui tombaient sur ses épaules et de petits pieds, toujours nus, qui collaient légèrement à chaque pas, sa peau semblant fonctionner comme une ventouse.

Sans même demander qui se cachait derrière la porte ou regarder par l'œillet, il fit tourner la clef dans la serrure. Il n'attendait personne, mais Cinaed n'avait jamais été un homme paranoïaque. Quelqu'un aurait pu entrer dans son appartement avec un couteau qu'il n'en aurait pas été particulièrement alarmé. Il prenait les choses comme elles venaient, ça lui évitait beaucoup de moment d'angoisse inutile. Il n'était même pas certain de pouvoir paniquer sans raison, juste parce que son cerveau avait envie de s'angoisser. Ca ne semblait pas possible chez lui, comme si sa cervelle avait débranché quelques câbles que tout le monde avait. Dont celui qui consistait à se demander avant d'ouvrir la porte si on allait tomber nez à nez avec un tueur en série.

Une fois le battant de bois tiré, il se retrouve à regarder dans les yeux la petite Adeline. Il n'a, honnêtement, aucune idée de ce qu'elle fait ici mais ils auraient tout aussi bien pu prévoir le truc en hibou des semaines à l'avance qu'il aurait quand même oublié et été surprit tout pareil. Un grand sourire naquit sur ses lèvres. Mine de rien, sa vision de l'enfant avait bien changé depuis quelques mois qu'ils échangeaient par lettre et, surtout, depuis la fois où il avait pu avoir un aperçu de sa mère. Il n'était pas un papa mais il avait bien envie d'être quelque chose quand même. Et il le serait, assurément, quand il aurait fini de mettre en place toute cette histoire de services sociaux. Mais bon, ça, elle n'avait pas besoin de le savoir. S'il pouvait faire quelque chose de mieux que sa mère sans même essayer, c'était la garder loin des préoccupations des adultes. Ce n'était pas de son âge.

Adeline ! Bah, qu'est-ce que tu fiches là ? S'exclama-t-il joyeusement avant de se baisser légèrement. Les mains sous les aisselles, il la souleva facilement devant lui, sans même capter le garçon contre lequel elle était blottie. Elle était toujours aussi fine qu'il y a quatre mois, alors elle n'était pas la plus difficile à soutenir. Un petit poids plume. Il la garda en l'air trois secondes avant de la reposer et de lui ébouriffer les cheveux d'un geste énergique. Il fit un pas vers le côté, histoire de la laisser entrer dans l'appartement, prêt à l'y accueillir avant même de savoir la raison de sa visite. Cependant, en levant les yeux, il aperçu enfin véritablement le jeune homme qui se tenait près d'elle. Il ne faisait aucun doute qu'il devait déjà être adulte depuis quelques années, avec son visage formé et sa mâchoire carrée.

Un froncement de sourcil apparu sur le visage du plus vieux et il tira par réflexe Adeline vers lui. Une prise douce mais ferme sur le bras servit à faire levier pour la tirer dans l'appartement, la camouflant légèrement derrière sa hanche. Est-ce qu'elle était venue ici pour échapper à ce gamin ? Il avait l'air d'un gars contre lequel Cinaed pourrait facilement perdre en duel, avec ses épaules marquées et les cicatrices qui se perdaient sur ses avants bras, mais ça ne faisait pas grand chose. Cinaed avait un bon crochet du droit qu'il n'hésitait pas vraiment à utiliser, surtout si l'homme en face de lui était la raison pour laquelle la fillette se trouvait si tremblante. Il mériterait bien un nez cassé. Est-ce que Adeline était repartie à la chasse au papa et avait trouvé ce machin au hasard ? Il lui semblait vaguement familier mais pas suffisamment pour que Cinaed puisse déterminer s'il partageait des traits avec Adeline ou s'il s'agissait simplement d'un visage qu'il avait déjà vu. Peut-être au club de duel, justement. Et qui t'es toi ? Demanda-t-il d'un ton bourru avant de se tourner vers la fillette, le regard interrogateur. Il t'embête ?

1348.

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"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
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31 juil. 2025, 15:35
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
À peine quelques secondes après avoir toqué, Rhys souffle et je me prends la bourrasque en plein dans les cheveux. Il commence déjà à perdre patience alors qu'on vient à peine d'arriver. « Je pense qu'il n'est pas chez lui, on devrait rentrer Line. » Non. Même pas en rêve. Je le sens qui se crispe derrière moi, prêt à m’arracher d’ici pour de bon, mais je refuse. J’ai trop attendu, j’ai trop rêvé de ce moment.

Je me laisse tomber en arrière, la tête à l'envers et il finit par me reposer sur mes pieds. Je sais exactement ce que je fais : s'il ne me tient pas, il ne peut pas transplaner avec moi. Et si on ne transplane pas, je reste ici. Mon cœur bat si fort que j'ai presque mal. Je suis sûre qu'il est là. Il doit être là. Ou peut-être qu'il est avec quelqu’un… en train de faire… berk. Je grimace rien qu’à l’idée.

J'hésite un instant à toquer de nouveau mais Rhys est là, tout proche, prêt à exploser. Il faut gérer le cas Rhys, et vite. « Si, il est là. Et je le verrai, donc tu peux partir et revenir... plus tard. D'accord ? »

Il s'apprête à répliquer, je le vois déjà gonfler le torse et froncer les sourcils plus fort que jamais, les sourcils de quand plus rien ni personne ne va le faire changer d’avis. Mais avant même qu’il ouvre la bouche, la porte s'ouvre et je le vois enfin.

« Naedy ! »

Je tends les bras vers lui quand il me porte et tout s’allège d’un coup. Mon cœur se serre de joie, je souris tellement que j’en ai mal aux joues. Il n'a pas trop changé, et son t-shirt est trop joli, je le regarde sans vraiment réussir à m’arrêter. Mes yeux filent derrière lui, pour voir s’il y a quelqu’un d’autre, mais je ne vois personne.

La joie me fait presque sautiller sur place, j’ai envie de lui dire mille choses d’un coup, que son appartement est trop joli, que je suis contente d’être là, que j’ai un cadeau pour lui. Mais je n’ai même pas le temps, je me fais embarquer à l'intérieur sans vraiment comprendre ce qu’il se passe.

Rhys fait un pas vers moi, sortant son catalyseur, le regard affolé, complètement paniqué comme s’il allait devoir nous défendre d’un dragon géant. Merlin, qu'est-ce qu'ils ont tous à agir bizarrement aujourd'hui ? Je n'entends pas la question de Cinaed, mes pensées bourdonnent trop fort, mais je vois mon frère. Ses yeux noirs fixés sur Naedy, durs, qui n'ont rien de gentil.

Je tire doucement sur le t-shirt de mon pas-vraiment-papa pour chuchoter : « C'est Rhys. » Il comprendra. J’espère qu’il comprendra. J’ai déjà tellement parlé de lui dans mes lettres. De tout. De son caractère, de ses excès, de son self-control quasi inexistant.

Mon frère tend la main vers moi, le geste sec, sans appel. « On rentre. Maintenant. » Quoi ? Non, non, non, ce n’était pas censé se passer comme ça – pas déjà. « Je ne veux pas que ma sœur reste chez une sorte d'inconnu habillé en arc-en-ciel complètement dérangé qui écoute des musiques bizarres chez lui. »

Merlin de pomme de terre. La honte me brûle les joues, j’ai envie de disparaître sous le tapis. « Rhys ! Mais ça va pas bien dans ta tête ! » Je savais que j’aurais dû venir toute seule. Ou alors avec tata, ou tonton Jamie, ou tonton Kieran, mais pas avec lui. Pas avec Rhys qui est un danger public à lui tout seul. Je réfléchis plus et je tire de toutes mes forces pour que Cinaed recule avant de claquer la porte. Il comprendra.

Je sors déjà toute la scène qu'il vient de me faire hors de ma tête et sors de ma poche le cadeau pour Naedy. Un petit cœur en bois, pas taillé très finement, avec un C gravé dessus. Rien à voir avec le travail trop beau qu'il fait, mais comme ça il peut voir que je m'améliore un petit peu. « C'est pour toi ! Je l'ai fait avec un couteau. » Je le pose dans sa paume avant de regarder mieux autour là où il habite.

714 mots

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31 juil. 2025, 16:09
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
Le sourire qu'affiche Adeline est peut-être la seule chose qui empêche Cinaed de se précipiter pour aller refaire le portrait à l'espèce de petit con qui se tient sur le pas de sa porte. Evidemment, il se fane dès que l'autre sort sa baguette mais Cinaed est tout aussi rapide à sortir la sienne, toujours glissée quelque part. Il ne s'en sépare jamais, même quand il ne peut pas l'utiliser. Même pas quand il est dans le monde moldu : elle est simplement cachée quelque part. Cette baguette, ce n'est pas qu'un simple objet. La poser quelque part c'est comme détacher un de ses membres. Ca laisse une douleur sourde quelque part à l'arrière de sa tête, un manque violent, presque obsessionnel. Même la lâcher pour dormir peut être difficile s'il n'a pas de table de chevet sur laquelle la poser. Elle le suit partout, jusque dans la salle de bain alors il n'a aucun mal à la dégainer hors de sa cachette pour la pointer sur l'autre. Au milieu d'un appartement du Londres Moldu, mais qu'est-ce que ça peut bien faire ? Aucun de ses voisins n'est présent, et de toute façon personne n'aurait l'idée de trainer dans le couloir d'un étage qui n'est pas le sien.

Le long catalyseur, pointu au bout s'enfonce sans douceur dans la poitrine du plus jeune et Cinaed n'aurait sûrement pas hésité à attaquer le premier si Adeline ne s'était pas mise à tirer sur son tee-shirt doucement. Ce n'est clairement pas suffisant pour le déstabiliser, ni même lui faire perdre l'équilibre mais l'ébéniste était tellement focalisé sur elle qu'il lui fut impossible de manquer le petit mouvement. Il reprit sa baguette pour lui, le nez retroussé d'agacement avant de poser une main protectrice au milieu des omoplates de la fillettes qui se colla contre lui. Il ne la tira pas vers lui, mais lui indiqua subtilement qu'elle n'avait pas à bouger. Evidemment, il se souvenait du prénom de son frère mais il l'avait imaginé... Un peu moins comme ça. Par Merlin, venaient-ils vraiment de la même mère ou est-ce que Arianna avait poussé le vice jusqu'à kidnapper un bébé au hasard pour avoir un garçon ? Les deux frères et sœurs ne pourraient pas être plus différents. Adeline était tout en couleur, en sourire et en vibration de joie tandis que Rhys était... Prêt à se rendre à un enterrement. Et encore, Cinaed se trouvait plutôt sympa de ne pas utiliser une description un peu plus colorée.

Ecoute gamin, range ta baguette avant de faire des conneries. Je te rappelle que cet inconnu dérangé traite mieux ta sœur que ta propre génitrice. Et elle, il me semble que tu lui laisse Adeline sans trop te prendre la tête, hein ? Un reniflement méprisant déforme son nez pendant quelques secondes avant qu'il ne finisse par un : Alors arrête de jouer au héros si tu lèves ta baguette sur tes alli- Héééé ! La fin de sa phrase est coupée par le petit corps qui tire sur son tee-shirt comme s'il voulait lui arracher même le plus profond de son âme dans le processus. Cinaed trébuche vers l'arrière, les yeux ronds de surprise et manque de s'écraser contre le meuble à chaussures de l'entrée d'un même mouvement. Heureusement, il se rattrape sur le bois et sans rien faire basculer, merci bien. La porte qui claque devant ses yeux le ramène à la réalité alors qu'il baisse les yeux sur Adeline qui lui tend quelque chose sur lequel il n'arrive pas très bien à focus. Il l'observe quelques secondes, la bouche entrouverte, se demandant un instant comment une fillette si frêle a pu réussir l'exploit de trainer cet espèce de gros ours à l'intérieur de sa taverne, mais il s'agit sûrement d'un mystère qui restera à jamais irrésolu. Ne jamais se poser de question sur ce que les femmes étaient capables de faire, qu'elles aient 12 ans ou 40.

Bah dis donc, crevette, tu en as de la force dans ces deux bras de brindille. Fit-il par rire doucement, gardant un œil sur la porte. Est-ce que l'autre allait simplement partir, comme ça ? Ou au contraire, allait-il défoncer sa porte à coup de pieds pour venir l'étrangler ? Cinaed n'était pas certain de savoir comment expliquer à Magnus pourquoi la porte était sortie de ses gonds alors il espérait vraiment que Rhys saurait se retenir un peu. Bon, dans tous les cas, il y avait plus important qu'un visage refrogné qu'il oublierait d'ici dix minutes. L'autre pouvait dire ce qu'il voulait, Cinaed Wallace n'était pas la pire personne dans l'entourage d'Adeline, et clairement loin d'être la plus dangereuse. Non, au contraire, l'enfant était probablement plus en sécurité à se casser entre les pattes de l'ébéniste qu'elle ne pourrait l'être entourée des meilleurs Aurors. Il ne ferait pas de mal à une mouche, Cinaed, mais serait parfaitement capable d'abattre un ours s'il s'amusait à renifler trop près de l'enfant à ses côtés.

Il s'agenouilla à sa hauteur avec un sourire et prit le petit cœur d'une main douce. Il le laissa reposer au milieu de sa paume, un étrange sentiment lui encombrant la poitrine. La seule personne à lui avoir jamais offert quelque chose de sculpté à part Charlie avait été Eileen et elle lui avait offert pour le remercier des petites leçons qu'ils faisaient quand elle venait à Pré-au-Lard. Adeline lui offrait non seulement un petit cœur - avec autant de joie qu'elle n'aurait eu dans les yeux si elle lui avait offert le vrai, celui qui battait fort dans sa poitrine - mais elle lui avait offert sans raison. Elle ne lui devait rien, n'avait aucune raison de le remercier. C'était... Simplement un cadeau d'enfant, tout comme Avaleen offrait des colliers de pâtes à ses parents.

Il ne savait pas comment se sentir, mais quelque chose lui piquait les yeux. Il fit un sourire doux à l'enfant devant lui en relevant les yeux vers elle. Sa main libre vint prendre en coupe son menton pour qu'elle le regarde alors qu'il parlait. C'est très joli Adeline, tu t'en es très bien sortie. Pragmatiquement parlant, c'était faux et Cinaed le savait, mais même comme ça il n'avait pas l'impression de dire un mensonge. L'art des enfants n'avait pas besoin d'être bien fait pour être beau, finalement. Merci beaucoup, je l'aime énormément. Il la relâcha, lui donnant d'un même geste l'autorisation de fureter dans l'appartement autant qu'elle en avait envie avant de se redresser. Cependant, après avoir fait un pas vers l'avant, il attrapa à nouveau l'enfant par le col, tout doucement avant de tirer ses mains - une par une - paume vers le haut pour en surveiller l'état. Pas de blessures. Bien. Si tu veux sculpter des choses, je t'offrirais des ciseaux à bois. Utiliser un couteau c'est dangereux quand tu ne sais pas faire, et tu ne dois pas te blesser, tu comprends ? Il lui ébouriffa les cheveux et reprit, sur un ton plus joyeux : Alors, à ton avis, où est-ce que je peux le poser ce joli cœur ?

Elle n'avait pas besoin de savoir que l'objet ne resterait pas longtemps à la place qu'elle lui aurait attribué. Sûrement que, à peine Magnus rentré, Cinaed lui foutrait sous le nez en pleurant sans savoir pourquoi les larmes avaient décidé de venir comme ça. Et, après un petit sortilège pour protéger le bois, il finirait probablement au fond de son sac ou sur le coin de sa paillasse à l'atelier. C'était mignon, alors il fallait bien l'emmener avec lui. C'était purement pragmatique : un cadeau était fait pour être utilisé. Ce n'était pas du tout parce qu'il avait envie de le serrer contre sa poitrine comme un doudou. Nuh-uh.

1289.

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31 juil. 2025, 17:37
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
Le temps que je fasse le vide dans ma tête pour oser claquer la porte au nez de Rhys, Cinaed a déjà le temps de répondre à toute la méchanceté que mon frère lui a envoyée. Je l’entends à peine au début, comme si mes oreilles bourdonnaient encore de la voix de Rhys, mais je capte seulement des petits mots.

Je me dis que c’est mérité, qu’il l’a bien cherché avec tout ce qu’il a balancé, qu’il n’avait pas le droit de dire ça. Mais en même temps… je ne peux pas m’empêcher de le regarder, juste une seconde. Et je le vois comme je ne l’ai presque jamais vu. Lui, Rhys, celui qui ne montre rien, celui qui garde tout pour lui, qui ravale toujours sa colère et ses peurs… là, il ne cache rien. Son visage se fissure complètement, d’un coup. Ses yeux se vident, comme s’il avait tout lâché d’un coup, et son regard devient flou, absent, presque éteint.

C’est la dernière chose que je vois avant le grand boum. Avant qu’il disparaisse derrière la porte. Puis il y a un silence, comme pour me rappeler qu’il est encore là, lui, juste derrière. Mais je décide de ne pas m’attarder là-dessus. Il n’aurait jamais dû insulter Naedy comme ça. Pas comme ça. Même si, quelque part, au fond, j’ai l’impression que ça parle un peu de moi aussi, que ça me concerne un peu trop. Mais non. Pas maintenant. J’ai pas envie d’y penser.

Alors je me raccroche à autre chose. Je me raccroche au cadeau. Je le regarde dans les mains de Naedy, et je vois tout de suite que ça lui plaît. Pas juste pour me faire plaisir, mais vraiment. Et ça me fait un drôle de truc dans la poitrine, ça chauffe d’un coup, ça me monte aux joues. Je souris sans raison, mon cœur se met à battre plus vite comme s’il avait décidé de courir tout seul. Je relève le menton, un peu fière, trop fière même. Je suis trop contente qu’il ne voie pas tout de suite les petites imperfections, les bords un peu tordus, les endroits où le bois a failli casser sous mes doigts pas très patients.

Je continue de regarder autour de moi, mes yeux courent partout. Il y a trop de choses à voir, et j’ai peur d’en rater. C’est beau, c’est grand, ça ressemble à lui, et ça sent bon.

Et puis je sens qu’il me tire doucement en arrière, qu’il me fait bouger les bras, et je me tortille. Je veux encore tout regarder, grappiller un peu plus d’images pour les garder plus tard dans ma tête. « J'ai fait attention pour pas me couper, promis ! » Je le dis un peu vite, parce que je sais déjà ce qu’il pense, qu’il va me dire que c’est dangereux, que je devrais faire plus attention. Et puis c’est pas si dangereux. Enfin… je crois. En tous cas j’ai encore tous mes doigts, et c’est déjà pas mal.

Mon regard revient sur le petit cœur. Il est minuscule dans sa main, encore plus qu’avant, comme un secret qu’on ose à peine montrer. Et là, une idée me traverse la tête. Ça me fait sourire d’avance. Mes yeux cherchent une table, une étagère, un endroit où il pourrait le poser. Mais finalement, je relève les yeux vers lui, exprès, juste pour voir sa tête. « Tu pourrais faire un collier avec ? » Je reste sérieuse cinq secondes. Juste assez longtemps pour voir si ses sourcils vont se froncer un peu, si ses yeux me scrutent comme pour deviner si je plaisante ou pas. Et puis je craque, je pouffe de rire dans ma main, mes épaules qui secouent un peu malgré moi. Rien que d’imaginer Naedy avec un collier et ce petit cœur autour du cou… ou pire, en diadème posé sur sa tête, ça me donne encore plus envie de rire. Et je suis sûre que ça lui irait trop bien, même s’il ne l’admettra jamais.

Je reprends mon souffle et je me penche un peu pour regarder encore autour. « Sinon quelque part où tu pourras le voir de temps en temps ? » Mes yeux continuent de chercher, j’inspecte les meubles, les coins, je réfléchis sérieusement. « Un endroit où il ne tombera pas, où il sera en sécurité… » Je m’arrête et je le regarde de nouveau, un peu timide, mais avec toujours ce petit sourire. Peut-être qu'il voudra juste le mettre dans un tiroir quelque part ?

756 mots

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« dishonor on your cow. »

31 juil. 2025, 20:51
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
Cinaed n'a pas manqué les petites imperfections, peu importe ce que puisse en penser l'enfant. Il était fait pour ça, ses yeux s'y étaient entraîné depuis des années - même avant qu'elle ne naisse. Surveiller le bois pour y trouver le moindre petit à-coup, la moindre micro-imperfections était devenu presque comme une seconde naturel. Alors, forcément, il les avait toutes vues, aurait pu les cataloguer une par une dans sa tête en l'espace de quelques secondes mais il avait choisi de ne pas le faire. C'était un cadeau d'enfant, ce ne serait jamais parfait et ça n'avait pas à l'être. Adeline rendrait dans la catégorie des quelques personnes qui avaient le droit d'utiliser l'adage "c'est parfaitement imparfait" sans que l'ébéniste ne décide de crier au scandale. Il ne comptait pas lui dire, parce qu'il doutait qu'elle s'intéresse à cette petite distinction et aussi parce qu'il n'avait pas envie de la tirer dans un débat de 45 minutes sur pourquoi la perfection n'était pas une option - en règle générale - quand on aimait quelque chose. Elle aurait sûrement mal prit l'explication, surtout que les adultes aussi avaient tendance à prendre la mouche quand Cinaed expliquait avec entrain pourquoi un travail imparfait était une insulte à l'amour qu'on portait à son art.

Perfectionniste, obsessionnel parfois, Cinaed avait construit sa vision de la réussite sur un ego surdimensionné qui voulait prouver au monde à quel point ses connaissances étaient supérieures. S'il n'avait pas autant aimé apprendre - sur les sujets qui l'intéressaient, du moins - il aurait sûrement fini à Serpentard pour cette raison. Il était imbu, Cinaed mais ça venait d'une auto-discipline qui ne laissait pas de place à l'erreur. Et, si erreur il y avait, il en souffrait le premier. Jamais les clients, jamais les gens à qui il souhaitait offrir des cadeaux. C'était lui qui devait porter le fardeau d'une œuvre mal réussie, quitte à la reprendre du début même quand il savait qu'un œil non-initié n'aurait jamais remarqué l'imperfection.

C'était un débat pour un autre jour, surtout qu'il n'avait aucune idée que Adeline pense qu'elle n'était pas assez bien. Cinaed avait une nouvelle longueur d'avance sur Arianna : ce n'était pas parce qu'il se donnait des objectifs démesurés à lui-même que les autres devaient s'imposer une conduite identique. Si Adeline aimait sculpter et sculptait mal, alors ça ne faisait rien. L'important c'est qu'elle y prenait du plaisir. Cette poursuite de la réussite à tout prix ne le concernait que lui, parce qu'il avait décidé de s'imposer tout ça. Adeline, elle, elle n'avait rien décidé, rien voulu du tout. Elle méritait bien quelques instants de répits sans qu'aucun adulte n'essaie de lui dicter sa conduite ou de décider à sa place et Cinaed était ravi de pouvoir lui offrir cet espace où elle pouvait être en sécurité, loin du monde terrifiant des adultes. Même si ce n'était que pour quelques heures car, après tout, c'était toujours mieux que rien. Ou mieux que le peu qu'elle avait.

Il rigole avec la fillette alors que son rire raisonne sur les murs. Il avait tout de suite compris qu'elle plaisantait, avec son petit nez retroussé dans l'espoir de retenir ses expressions du visage. Elle était comme un livre ouvert, tout comme lui. Elle le serait probablement pendant longtemps, voire toujours et Cinaed trouvait ça bien, d'ailleurs. Elle était sincère, ça se voyait à la façon dont son visage se transformait à chaque émotion qui passait en elle, aussi fugace puisse-t-elle être. Le petit cœur pèse lourd dans sa main, comme s'il contenait toutes les attentes d'Adeline et puis toutes les siennes aussi. Un collier pèserait bien trop sur sa nuque, et de toute façon, il ne porte pas ce genre de bijoux. C'est un coup à se pencher et à coller le pendentif dans un bol de cire à bois s'il ne fait pas attention.

Le voir de temps en temps, tu dis ? Je pense que je sais où le mettre alors. Dit-il en passant devant elle, non sans en profiter pour lui ébouriffer les cheveux. Se penchant quelques pas plus loin, il dépose délicatement le cœur au milieu des quelques bibelots qui tapissent les bords du meuble télé. Le petit objet s'y fond sans soucis, comme s'il y avait toujours eu sa place. Une place centrale, au milieu du salon où il pourrait avoir une vie sur la majorité de la vie dans l'appartement. Cinaed pourrait presque l'y laisser s'il ne souhaitait pas autant garder ce petit cadeau sur lui. Et voilà, comme ça il est presque au milieu de tout. Il s'installe ensuite sur le canapé, à sa place préférée pour montrer à Adeline que le cœur reste parfaitement dans son angle de vue. Mon colocataire va être super jaloux, tu sais ? Il est tellement joli, il regrettera de ne pas avoir de fillette aussi chouette que toi dans sa vie. Il tapote doucement les coussins à sa gauche, faisant signe à Adeline de venir s'asseoir avec lui. Si elle continue à tourner en rond dans le salon, il finira par en avoir le tournis.

Tu es venue spécialement pour me le donner ou est-ce que tu voulais faire autre chose ? D'ailleurs, est-ce que Rhys va revenir pour te récupérer ? Il espère que oui. Il n'aura pas le cœur qu'expliquer à Adeline pourquoi il doit la renvoyer chez elle alors que tout en lui le démange de ne pas le faire. Et puis, il aimerait bien avoir une vraie conversation avec l'autre gamin. Si Magnus rentre entre temps, il pourra lui demander de garder un œil sur Adeline pendant qu'ils discutent et si son colocataire est toujours au travail au moment du grand retour, Cinaed trouvera un autre moyen. Peut-être simplement mettre l'enfant devant la télé, puisqu'il se doute bien qu'elle n'a pas dû en voir souvent. Peut-être jamais, vu la tronche de la maison familiale. Tu aimes la déco ? C'est Magnus qui l'a fait, sauf les meubles. Eux, c'est moi qui les ai choisi. Enfin, il a choisi les meubles après avoir eu un topo détaillé de la part de Magnus de ce qui rendrait bien. Et, aussi, c'est lui qui a sculpté la table basse. Ce n'est d'ailleurs pas difficile de reconnaître sa patte dans les arabesques qui dansent sur la base.

C'est un peu idiot comme pensée mais Cinaed espère qu'un jour, Magnus aura la chance de rencontrer Adeline. Peut-être qu'il explosera à l'idée d'avoir Cinaed et un enfant ayant la même énergie chaotique dans la même pièce, mais l'ébéniste aimerait partager tout ça avec lui. La petite Serdaigle n'est peut-être pas sa fille mais l'ébéniste sent un lien se créer avec elle qu'il n'a jamais senti avec quelqu'un d'autre qu'Avaleen. Peut-être encore plus que ça, parce que Adeline n'a presque personne tandis que sa filleule avait la chance d'avoir une belle et grande famille qui était absolument folle d'elle.

1148.

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1 août 2025, 21:18
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
Quand il reprend la parole je lève la tête vers lui et ferme un petit moment les yeux pendant qu'il m'ébouriffe les cheveux. J'aime bien quand il fait ça. J'ai l'impression que c'est ce que font les papas avec leurs enfants, même si Naedy n'est plus vraiment mon papa maintenant. Il pourrait être... mon papa de remplacement ? Un petit peu comme tonton Kieran n'est pas mon vrai tonton mais je l'aime quand même fort. Le seul truc c'est qu'on est de la même famille, alors qu'avec Cinaed non.

Je le suis dans le salon en accélérant pour voir où il veut mettre le cœur, avant de poser mes mains sur le meuble sur lequel il sera posé à partir de maintenant. C'est joli et ça me plaît bien. Je suis Cinaed des yeux quand il s'éloigne avant de le suivre de nouveau et de me laisser tomber sur le dos, en sautant, sur le canapé à côté de lui. « T'as un colocataire ? » Je fronce les sourcils en tendant les bras vers lui. « S'il veut je peux lui en faire un. En forme d'étoile ? » Donc Naedy n'est pas tout seul ici. Tant mieux, c'est nul d'être seul. J'espère juste que la personne avec lui est gentille.

Ses deux questions d’après me laissent un moment toute silencieuse, le regard un peu dans le vide, en train de chercher pourquoi je suis venue. Parce qu’au fond, je ne sais même plus vraiment. Pour le voir ? Oui. J’ai l’impression que c’est juste ça. Peut-être que c’est une mauvaise raison. Peut-être que c’est bizarre, même. Mais tout ce que je sais, c'est que Rhys reviendra et rien que d’y penser, ça me fait un peu peur. J’ai peur de l’état dans lequel je vais le retrouver s’il est encore trop en colère. « Je suis venue parce que je voulais voir avec mes yeux que tu allais bien. Et aussi pour le cadeau. Et aussi... je sais pas si on va partir pendant le mois d'août, mais Maman va peut-être me mettre au camp en août donc on pourra pas se voir. » Je fixe le plafond encore quelques secondes avant de tourner ma tête vers lui, et Merlin il est grand. « Je sais pas quand je pourrai te reparler tu sais, Rhys voudra peut-être pas qur je revienne. Et je crois que Maman sait que je suis venue te voir dans ta boutique parce qu'elle m'a dit de ne plus jamais retourner à Pré-au-Lard, sinon je pourrai plus aller à Poudlard. » Elle n'était vraiment pas contente. Elle criait en agitant les bras. Mais je sais même pas pourquoi, comme c'est pas mon vrai papa. « Mais Rhys va revenir oui. Dans une heure je crois, peut-être avant s'il veut plus que je sois ici. Il est pas méchant tu sais, je pense qu'il était très énervé avant de venir chez toi. Il... ne pensait pas vraiment ce qu'il a dit, il s'inquiète trop pour moi parce que je fais que des bêtises. » Je bats des jambes en me disant que le verbe "s'inquiéter" est sûrement trop faible pour décrire Rhys. Parfois il abuse un peu beaucoup.

Je me redresse un peu sur mes coudes, juste pour mieux voir tout le salon, parce que je veux rien rater. Puis je me mets à genoux sur le canapé, mes mains posées pour me tenir en équilibre, et je regarde derrière aussi, partout. « C'est trop joli ! Il est doué et toi aussi. » Je note le nom Magnus dans un coin de ma tête et la tourne vers Naedy en la posant sur le dossier. « Vous vous connaissez depuis longtemps tous les deux ? Ou... vous habitez juste ensemble, tu sais, il y a des annonces dans le journal pour des recherches de colocataire. » Peut-être qu’ils sont de très bons amis aussi. Ou peut-être qu’ils se sont rencontrés par hasard dans la rue et qu’ils ont décidé d’habiter ensemble.

668 mots

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« dishonor on your cow. »

2 août 2025, 03:09
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
La question d'Adeline sur son colocataire le fait sourire alors qu'il hoche la tête. Evidemment, sinon ce serait pas aussi joliment décoré. C'est l'idée de Magnus, les coussins, les plaids, les rideaux et... eh bien, presque tout, en fait. Il a beaucoup plus de vision que moi pour ces choses là, et il est très doué. C'est... douillet, tu ne trouves pas ? Le petit sourire qu'il avait sur les lèvres n'avait fait que s'étirer au fur et à mesure qu'il parlait. Sa main droite, en même temps, tortillait le coin d'un des coussins du canapé comme s'il cherchait quoi faire de ses membres maintenant qu'Adeline était là, près de lui. Il profite que la fillette se soit allongée sur le dos sur le canapé pour passer sa main dans ses cheveux, les plaquant doucement sur son front en lui caressant le crâne. Je suis sûr qu'une étoile ça lui ferait super plaisir. Mais attention, c'est un peu plus difficile qu'un cœur, alors ne te coupe pas. Promis ? Si son frère venait vraiment la chercher comme elle l'indiqua après sa longue tirade, Cinaed n'aurait absolument pas le temps de lui apprendre à sculpter une petite étoile, mais ça ne faisait rien. Ce serait sûrement rattrapé un autre chose. L'ébéniste avait la nette impression que cette visite impromptue ne serait pas la seule durant l'été ou les prochaines vacances durant l'année scolaire. En y réfléchissant quelques secondes, ça ne le dérangeait pas vraiment. Pas du tout même, l'enfant était mignonne et il sentait une petite connexion se nouer jour après jour. Et puis, avec un peu de chance, la prochaine fois qu'elle reviendrait, Magnus serait à l'appartement.

Vraiment, nul doute que Adeline l'adorerait. Peut-être même qu'il deviendrait son nouvel humain préféré, parce que Magnus semblait avoir ce super pouvoir. Il l'avait utilisé sur lui, d'ailleurs. C'était pour ça que son estomac faisait ces choses étranges quand il était à proximité. Le Cracmol était juste trop facile à apprécier, c'était pour ça qu'il rendait Cinaed toute chose. Tant de gentillesse, surtout accompagnée de ses petits sourires, ça faisait forcément déconner ses organes à un moment donner. Parfois, il avait même l'impression qu'une volée d'oiseau menaçait de lui sortir de la poitrine. Des dizaines de petits moineaux qui se tortillaient entre son cœur et ses poumons et lui coupaient le souffle en faisant battre l'organe vitale un peu plus vite. Heureusement, il savait qu'il était impossible que les oiseaux y soient effectivement et c'était sa plus grande source de soulagement. Ca lui enlevait l'envie de se précipiter à la nouvelle St Mangouste pour hurler à qui voulait l'entendre que la sensation étrange dans sa poitrine venait sûrement d'un cancer. Ou, pire, d'une crise cardiaque qu'il n'avait pas soigné suffisamment vite.

Eh bien, tu peux te rassurer petit moineau, je me sens très bien et je suis très content que tu ailles bien aussi. Fredonna-t-il tout bas, comme s'il s'agissait d'une confession particulièrement secrète avant de lui toucher le bout du nez avec un clin d'œil. Tu pourras revenir quand tu voudras si tu ne pars pas, ou avant de faire tes valises mais je suis sûr que le camp sera amusant. Tu sais si tes copines y vont ? Probablement qu'Arianna cherchait surtout à se débarrasser de la présence de sa plus jeune plutôt que de l'envoyer quelque part pour qu'elle s'amuse, mais tant que le résultat était une Adeline avec le sourire, Cinaed se fichait pas mal des arrières pensées de sa mère.

Il tend son petit doigt et le fait glisser du front d'Adeline jusqu'au bout de son nez, plusieurs fois de suite comme pour l'apaiser et la détendre sans un mot. Je parlerais à Rhys quand il viendra te chercher. Moi aussi j'ai dit des choses méchante, alors je dois m'excuser autant que lui. Il n'en avait absolument pas envie parce qu'une partie de lui en voulait au plus jeune de ne pas tirer sa jeune sœur de là, mais force était d'avouer qu'il devait déjà faire de son mieux. Et il était encore jeune, ça ne devrait pas être à lui de s'occuper de tout ça. Ainé ou pas, on ne devrait pas non plus donner la responsabilité d'un enfant à un jeune homme qui n'avait jamais apprit à être un père de substitution et qui devait pouvoir rester un frère. Uniquement un frère avec qui partager les bons moments et les quelques soirées tristes enroulées dans un plaid. Pas un frère qui devait s'occuper de sa mère en même temps que le reste. C'était sûrement parce qu'il avait trop de choses sur les épaules qu'il semblait si froid et sac. Peut-être que Cinaed lui offrirait un verre, histoire de le décoincer. Il semblait, en tout cas, en avoir bien besoin.

Et tu n'as pas à t'en faire pour ta mère, elle ne te retirera pas de Poudlard. La directrice ne la laissera pas faire sans raison. Tu es une petite sorcière exceptionnelle alors il faut que tu ailles à l'école pour apprendre toutes les choses que tu ne sais pas encore faire. Il repoussa une des mèches sur son front et dessina quelques ronds apaisant de la pulpe du doigt dessus. Cinaed décide de taire l'épisode avec Arianna. Il savait évidemment que l'autre ferait une remarque à sa fille mais il avait bien deviné en pensant que la femme aurait trop honte pour balancer toute l'histoire ou que, au contraire, elle se ficherait assez de sa fille pour ne pas lui expliquer la situation comme une vraie mère devrait le faire.

Il dégage sa main du front de la plus jeune alors qu'il la sent pousser contre pour se redresser. A peine relevée, elle se drape à moitié par dessus le dossier du canapé et laisse ses yeux vagabonder aux alentours. Il ne sait pas trop ce qu'elle trouve de si intéressant ici puisqu'il s'agit essentiellement d'une pièce à vivre normal avec peut-être un peu trop de bibelot, mais rien de mal. Et puis, il se souvient qu'elle n'a sûrement jamais vu une télé ou une machine à café. Il se note de la surveiller du coin de l'œil pour l'attraper avant qu'elle ne décide d'une action stupide comme essayer de se servir des outils électrique alors qu'elle n'y connaissait rien et que la moitié pouvaient finir par être dangereux.

Quand elle pose sa tête sur le dossier du canapé, Cinaed y étend son bras pour reprendre les petits mouvements qu'il faisait dans ses cheveux en jouant avec ses mèches. Il effleure son front plusieurs fois dans l'action avant d'enfin répondre à sa question. On s'est rencontré en Janvier, juste après la nouvelle année et on est allés au restaurant. Mais si j'habite avec lui c'est parce que je l'apprécie vraiment beaucoup, sinon je serais resté dans mon appartement. Mais Magnus est très gentil et lui aussi il avait un appartement vraiment mauvais. Presque autant que le mien alors c'était une bonne idée d'emménager dans un appartement tout doux à deux. C'est moins cher, tu comprends ? Il lui racontait ça comme ça mais, honnêtement, cela faisait bien longtemps qu'il ne vivait plus ici pour dépenser moins d'argent. La boutique commençait à fonctionner de manière exceptionnelle et même sans avoir changé quoi que ce soit dans son portefeuille, il restait ici surtout parce qu'il appréciait la présence de Magnus. De toute façon, il s'était trop réhabitué à la vie à deux que revenir à un appartement tout seul lui enverrait un sacré coup. C'était difficile de trouver le bon colocataire et Cinaed n'aurait échangé Magnus pour aucun autre, même quelqu'un de parfait qui avait le temps de garder l'appartement propre tout en travaillant tous les jours.

Ca m'avait manqué de vivre avec un ami, je suis content que l'occasion se soit présenté. Ca avait été inattendu et plein de surprise mais elles avaient toutes finies par être positives. Sa rencontre avec Adeline était un peu comme ça aussi. Le jour J, il avait prit peur et puis après tout était devenu sa norme, sa normalité et plus rien ne le dérangeait. Sûrement que tout le monde était un peu nerveux de découvrir de nouvelles choses, dans tous les cas.

1362.

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"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !

2 août 2025, 17:56
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
Je souris au mot "douillet" avant d'hocher vivement la tête. C'est le mot. Rien à voir avec le manoir ou la résidence de Maman à Godric's Hollow. Là-bas c'est froid et vide, on n'y est pas à l'aise du tout. Alors qu'ici ça semble plein de vie et confortable. Je me retiens de dire ça à Naedy parce que je veux pas qu'il soit triste que ma maison soit plus nulle et moins jolie que la sienne. En plus il a quelqu'un de gentil avec lui apparemment. Je finis par fermer les yeux en sentant la main de Cinaed sur mon front. C'est apaisant, je pourrais presque m'endormir si je ne voulais pas autant ne pas perdre le peu de temps que j'aurai avec lui avant longtemps. « Les étoiles c'est complètement ? » Je réfléchis à la forme, et peut-être que les pointes demandent plus de travail à faire. « Je ferai attention, comme ça il sera pas jaloux de ton cœur. Je mettrai un M dessus aussi si j'y arrive. » J'essaye déjà d'imaginer comment je le taillerai. Peut-être que j'essaierai Diffindo pour faire les côtés. Si j'arrive à le maîtriser sans me couper des doigts. Il faudra que je m'entraîne sur les rosiers de Mamie.

Je tends de nouveau les bras vers lui quand il me dit qu'il va bien et qu'il me touche le nez. Tant mieux. Il est tellement gentil qu'il mérite d'être heureux tout le temps. « Le truc c'est que Xander ne viendra pas si j'y vais, Maman dit qu'il a pas besoin d'y aller. Ça veut que je verrai pas mes frères pendant... tout le camp ! » Je soupire en boudant un peu avant de me rappeler que ma meilleure copine de toute la vie y va sûrement. « Peut-être que Liv y sera ! Oh, ce serait tellement bien de faire plein d'activité avec elle ! Olivia est vraiment trop gentille, si elle n'y va pas... » Alors j'aurai personne. Peut-être que Maman veut me punir en me laissant toute seule pendant des semaines entières.

La mention de Rhys me fait relever le menton légèrement pour réussir à voir Naedy dans les yeux. Il n'a pas l'air énervé que Rhys ait été aussi méchant. « Il méritait sûrement un peu ce que tu lui as dit. » Mais je veux pas que deux des personnes les plus importantes dans ma vie soient fâchées. « Dis... ça veut dire quoi génitrice ? » On dirait le nom d'une chèvre. Il avait utilisé ce mot tout à l'heure et je n'avais jamais vu Rhys aussi triste et perdu quand il l'avait dit. C'est un gros mot ? Dans tous les cas ça me rassure que Maman ne puisse pas m'empêcher d'aller à Poudlard. Ce serait trop triste de ne plus voir Liv tous les jours, et même si les cours sont parfois ennuyeux, je préfère ça que rester enfermée dans la maison.

Mais ce qui m'intéresse le plus c'est l'histoire de leur rencontre, et J'essaye de ne pas me laisser déconcentrer par le mouvement de ses doigts. Je comprends mieux maintenant. Enfin je crois. Tout ce que je sais c'est qu'ils n'étaient pas étrangers quand ils ont décider de vivre ensemble. Ça doit pas être rassurant de s'installer avec quelqu'un qu'on ne connaît pas du tout. Je veux lui demander combien cher c'est, un appartement, mais une autre question me semble plus importante. Et je ne réfléchis pas quand elle fuse de ma bouche. « C'est ton amoureux ? » Je fronce les sourcils en attendant sa réponse et sa réaction, mais je me rends vite compte que ce n'est absolument pas approprié. Naedy fait ce qu'il veut. Je sens mes joues chauffer et je me redresse en m'agitant. « Je... Non ! Je voulais pas demander ça ! C'est juste que comme tu dis que tu l'aimes bien... et Xan me dit que les gens amoureux emménagent ensemble pour faire des choses bizarres et... » Oh, Merlin. « Je veux pas dire que tu fais des choses bizarres ! Je... je veux pas savoir ! » Je tourne la tête, désespérée, et fonce sur le coussin le plus proche pour me cacher la tête et toute entière dessous. Maudit soit Alexander Eliot Sgaeyl, avec ses paroles de n'importe quoi.

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1 nov. 2025, 16:02
 PNJ  Toc toc, qui est là ?  C.W. 
Cinaed continue à papouiller Adeline, passant sa main dans ses cheveux et jusqu'à sa nuque. Il sourit à l'idée que la fillette apprécie l'appartement, surtout parce qu'il espère bien l'y faire venir plus souvent. Récemment, elle est partout dans son esprit. Pire que ça, elle lui manque quand il ne reçoit pas de lettres de sa part. Il n'est pas difficile d'imaginer qu'elle aura moins l'occasion d'écrire durant l'été avec la vieille harpie qui la surveille chez elle alors l'avoir à l'appartement lui donne envie de sautiller. Il ne l'attendait pas, mais il a l'impression de ne jamais l'avoir attendue dans tous les cas. Elle était venue quand même, alors maintenant il accepte toutes ses petites excentricités avec plaisir. Il se sent proche d'elle, et probablement qu'elle lui ressemble bien plus qu'à son propre géniteur. Sans cette histoire d'enfant et d'ancienne conquête, il est évident que les deux ne se seraient jamais rapprochés si vite ou alors pas avant quelques années mais Cinaed est persuadé que même sans ça, ils se seraient bien entendus. Adeline avait cette étincelle que Cinaed préférait chez les autres humains et il n'aurait pas laissé passer l'occasion de papoter avec un enfant qui voyait le monde à travers des lunettes roses.

Hmhm, c'est très différent dit-il simplement Et ça va te prendre plus de temps, faut sculpter plus précisément pour avoir de jolies pointes, tu vois ? Sa main retrouve à nouveau le nez de l'enfant mais cette fois-ci pour le pincer légèrement avec un rire joyeux. J'suis sûr que Magnus sera content, et ne t'en fais pas, il n'est pas du genre à être très jaloux. N'importe quel cadeau ça lui fera très plaisir, comme à moi. Il fixe quelques instants le cœur sur le meuble télé et une bouffée d'émotion lui serre la gorge. Il se sent à la maison. Il ne sait pas s'il a déjà ressenti ça depuis la fin de sa colocation avec Ewan à part en passant la porte de sa boutique. Ce petit cœur tout difforme, fais avec amour termine un tableau qu'il ne pensait pas chercher dans sa vie.

Le poids de l'enfant sur ses genoux le tiens immobile sur le canapé alors à la place, il attrape délicatement une mèche de ses cheveux et commence à la tresser. Avec Avaleen, il a prit la main. Il était bien obligé, puisque Ewan avait commencé à avoir du mal avec les cheveux de la petite rousse à partir du moment où ceux-ci avaient dépassé ses épaules. Cinaed, lui, avait toujours eu une vie capillaire bien remplie et entre les quelques coupes qu'il se faisait tous les dix ans, il avait toujours eu les cheveux suffisamment longs pour être obligé de les attacher durant ses journées de travail.

Une fois la première tresse terminée, il passa à une deuxième mèche de cheveux en laissant retomber la première sans l'attacher. Une petite partie de son cerveau était occupée à se demander s'il avait d'assez grands élastiques pour faire deux tresses à l'enfant.

Il fredonne doucement pour apaiser l'enfant qu'il sent commencer à angoisser à l'idée de ce camp, en gardant bien pour lui l'envie d'aller secouer sa mère dans tous les sens. Evidemment qu'elle ferait un coup comme ça pour dégager Adeline et avoir ses enfants préférés pour elle. Enfin, ça aurait été moins pire si elle avait prévu de s'occuper de ses deux autres rejetons au lieu de juste dégager la dernière et laisser les autres comme des plantes vertes au milieu du salon. Si tu veux, je t'enverrais des hiboux là bas et tu pourras les utiliser pour contacter tes frères si tu ne peux pas en louer sur place. Il lui fait un petit sourire en baissant les yeux vers son visage. D'ici dix minutes, il aura sûrement mal aux cuisses vu comment la fillette appuie la moitié de ses épaules dessus mais ça ne fait rien. Il avait l'habitude de faire ça avec Ewan, et c'est une manière comme une autre d'avoir de la proximité avec les gens qu'il aime sans les serrer dans ses bras jusqu'à ce qu'ils explosent. Tu n'as pas pensé à demander à .... Liv - c'est ça ? - si elle allait venir là bas ? Au pire, tu y rencontreras des gens sympa je pense.

Cinaed n'avait jamais fait de camp de vacances, ayant toujours été un adolescent qui se transformait en Ermite à chaque fois qu'il revenait de Poudlard. Soit en Ermite, soit en fêtard invétéré quand Ewan n'était pas là pour le calmer. Alors, il ne savait pas trop ce qu'on y faisait, là bas. Lui, il avait toujours aimé des vacances reposantes. En dehors des moments où ses parents s'organisaient pour le trainer dehors ou en voyage - et c'était arrivé souvent - il avait passé toutes ses vacances d'adolescent à dormir et à réviser ses sortilèges. Et, surtout, à imaginer de nouvelles conneries à faire l'année suivante pour emmerder ses parents dès qu'ils faisaient quelque chose que le brun n'appréciait pas. Comme le réveiller avant 14h.

Il aurait bien proposé à la plus jeune de venir la sauver de son camp de vacances comme un chevalier en armure blanche mais ça aurait été lui donner de faux espoir. Parce qu'il n'aurait pas fait ça même si elle lui avait demandé : la vie en prison, ce n'était pas pour lui.

L'ébéniste fait un sourire triste à l'enfant avant de répondre à sa question suivante. Peut-être qu'il aurait dû utiliser un meilleur mot pour décrire Arianna mais, à ses yeux, elle ne méritait pas le titre de maman. Il faudrait lui arracher le mot de la langue pour qu'il le prononce à quelqu'un d'autre qu'à Adeline. Et s'il l'appelait "maman" ou "mère" pour la jeune Serdaigle c'était uniquement pour ne pas lui faire de la peine. Génitrice, ça veut dire maman mais... Eh bien, pour une moi une maman c'est un titre important, alors que génitrice c'est seulement la personne qui te met au monde. Il lui pinça le bout du nez à nouveau en espérant que ça suffise pour détourner la conversation. Ou peut-être que Adeline comprendrait sans mal que Cinaed n'avait aucun respect, quelque soit sa forme, pour le fantôme qui se baladait dans la demeure Sgaeyl.

Apparemment, ce n'est pas la chose qui l'intéresse le plus à l'instant T et Cinaed ne sait pas s'il doit être soulagé ou pas. Son visage prend trois teintes de couleurs, s'éclairant d'un rouge vif avant même qu'il puisse se rappeler de la dernière fois qu'il a vraiment rougit. Non ! s'exclame-t-il avant d'y réfléchir. Il ne sait pas pourquoi la question le met dans tout ses états mais il a l'impression qu'une centrale nucléaire - un truc moldu avec beaucoup d'explosion à l'intérieur, de ce qu'il a compris - vient d'éclore dans son ventre. Il se racle la gorge, essayant de cacher un sourire gêné. Non, ce n'est pas... mon amoureux. C'est... c'est un très bon ami, presque comme Ewan, tu vois ? Mauvais exemple, parce qu'il avait couché avec ledit Ewan durant des années et que leur relation était encore très loin d'une amitié conventionnelle. Mais bon, Adeline n'était pas censé le savoir - et heureusement, d'ailleurs. Il éclate de rire quand l'enfant rampe sur le canapé pour se cacher sous un coussin, avant de la rattraper pour l'empêcher de disparaître.

Il la relève - au diable le papouillage - et l'assied à côté de lui. Promis petit moineau, je te dirais rien que tu ne doives savoir. Elle est bien trop jeune pour qu'il ai ce genre de discussion avec elle, mais il espère bien qu'elle se tournera vers un adulte quand elle aura des questions. Peut-être que ce sera lui, si elle est trop gêné de demander à l'infirmier ou à ses frères. Si ça doit arriver, Cinaed jouera son rôle en essayant de répéter le discours qu'Alasdair - ce super précepteur - lui avait fait. De toute façon, il n'avait pas d'autre exemple parce que ses parents n'avaient jamais été très ouverts sur la question.

1342.

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