Redinghote to go
Typhus Appledice
dit “l'Oncle Typhus”
dit “l'Oncle Typhus”
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Juillet 2050 𝄞 ♪♭𝅗𝅥♫Dans l'adorable boutique des Dames Guipure qui sentait bon le bois de rose, Tripplehorn et son vieil Oncle Typhus observaient les tissus, papotant dans leurs mains à chaque fois qu'ils en découvraient un nouveau. « Ces motifs sont bien trop clinquants pour moi, ils iraient davantage à de jeunes personnes... expliquait avec amusement le sorcier qui se reposait appuyé sur sa canne. — Ah ? C'est pourtant toi qui m'apprends à sortir de ma zone de confort. — Et que dirais-tu de celui-ci ? » dévia l'Oncle Typhus en pointant un rouleau du bout de sa canne. On aurait dit l'exacte couleur de sa vieille redingote de soirée. Son neveu poussa un long soupir mais se résolut à comparer le tissu gris souris à celui qu'il tenait depuis un moment maintenant dans les bras. Il y avait tellement de travail à réaliser pour moderniser un peu la redingote que Tripplehorn n'avait pas hésité à demander aux sorcières couturières de prendre en charge cette commande un peu spéciale. L'Oncle Typhus tenait particulièrement à ses vieux vêtements - d'autant plus qu'il s'agissait là d'un habit porté pour son mariage ainsi qu'à toutes les réceptions auxquelles il avait pu attendre en compagnie de la Tante Charmille. Etant donné qu'ils se rendraient très bientôt ensemble aux Salles des ventes de la capitale sorcière, Piccolo avait sorti tous ses arguments pour convaincre son oncle de s'habiller d'une façon chic à son image et donc de le laisser prendre en charge cette entreprise jusqu'au bout. |
Le sorcier venait de confier le nouveau tissu choisi et la vieille redingote à l'une des deux Guipure pour qu'elle soit raccommodée par les meilleures mains du Londres sorcier, il repartait déjà au fond de la boutique pour trouver un beau chapeau pouvant s'y assortir. « Tu devrais garder tes gallions, tu en auras très bientôt besoin pour le grand événement... — Oh je ne sais pas, rigola Piccolo. Si je mets plus d'un an à convaincre ma sorcière de devenir mon épouse, j'aurais bien le temps de récupérer la somme que j'aurais dépensé ici... — Ahem, en réalité je parlais des enchères qui se profilent... Mais c'est une bonne chose que tu ais d'abord pensé à... ton grand événement. » Les yeux écarquillés, le Maestro Piccolo semblait ne pas revenir de ce quiproquo. Bien entendu que son Oncle parlait des ventes aux enchères. Pourquoi n'avait-il de cesse de tout ramener à la mission que ses parents lui avaient confié ? L'Oncle Typhus dissimulait un petit rire dans sa main. Dans des gestes frénétiques, Tripplehorn s'était mis à accaparer des nœuds, des boutons de fleurs, et de quoi accessoiriser cette vieille redingote. Il trouva une belle chemise blanche aux manches amples, deux paires de chaussures cirées qui s'adapteraient à la pointure de son oncle et s'engagea dans son choix de chapeau. Le sommet du crâne dégarni de l'Oncle Typhus se vit ainsi décoré d'une succession de couvre-chefs au mieux trop petits, au pire très originaux dans leurs formes. « Peut-être quelque chose de... moins emplumé ? » tenta-t-il de négocier en désignant un modèle sans bords, petit, classique. La mine de son neveu s'assombrit. « Bon eh bien, allons-y pour les plumes. » Sans transition, le sorcier déjà surchargé d'articles passa son regard intéressé sur les vestons en présentation. « Il est gris aussi, lui... mais d'une texture différente, marmonnait-il pour lui-même, comme s'il continuait de vouloir s'éloigner d'une discussion avec son oncle.. Allons ne chipotons pas trop, hop, il fera l'affaire. » Les bras de Piccolo étaient si encombrés que seule la tête du sorcier dépassait - l'Oncle Typhus en profita pour déposer un baiser sur sa joue toujours blême. « Tu sais que tout cela n'est pas nécessaire... Ce qui compte réellement aux Salles des ventes, ce sont les gallions que tu transportes dans ta bourse, pas ceux qui sont déjà dépensés. » Il fallait dire que ces quelques élans de générosité de la part de son neveu se trouvaient récents : il n'avait eu de cesse de vouloir lui montrer son affection depuis son séjour forcé chez lui, il y a plus d'un an, dans une première tentative de ses parents de le pousser hors de la maison familiale. L'un et l'autre s'étaient trouvés moins seuls, à leur façon. « Enchérir, c'est bluffer : s'habiller le plus richement possible peut décourager des potentiels acquéreurs, c'est un conseil de Papa. — Ton vieux père joue à de bien drôles de jeux... Il sembla se raviser : Tant que les tiens restent encadrés par les lois... » Les sorciers patientaient pour régler tous les achats et l'un deux semblait toujours aussi distant et silencieux, dissimulé dans son tas de fanfreluches. « Tu repenses encore à... Tu-sais-quoi ? Ou peut-être que tu t'es finalement décidé à compter tes gallions ? — N'évitons pas de nommer l'innommable, ça ne rend les choses que plus... innommables. La réunion chaudron de Maman approche ; il faudra te préparer à me recevoir dès que cette drôle de représentation s'achèvera... Je serai sûrement dans un état pathétique. — Entendu », sourit avec compassion le vieux sorcier, déjà bien habitué aux humeurs des Tripplehorn. Les réunions chaudrons de Purdie Tripplehorn n'étaient qu'un prétexte pour cancaner, visiblement elle s'en servait aujourd'hui comme d'un moyen pour présenter son fils. Ses énormes binocles lorgnèrent sur ses nouvelles affaires qu'on lui refusait d'aider à porter : « Amusons-nous lorsque nous monterons à la capitale, comme aujourd'hui, ça te fera un très grand bien. » Le regard de Tripplehorn s'adoucit. Il acquiesçât, touché par la remarque. Son tracas devait se lire son visage comme une chemise à carreaux parmi des soies d'Asie. C'était peut-être pour cela qu'il se rendait aux Ventes aux enchères, occuper son cerveau le temps de réaliser que sa vie changeait profondément. La bonne compagnie de l'Oncle Typhus n'était pas un élément à sous-estimer dans ce tableau : il l'avait déjà grandement aidé à surmonter certaines choses qui reposaient à présent six pieds sous terre. Il n'était pas anodin qu'il recommence à s'agripper de nouveau à ce soutien infaillible alors qu'on lui demandait de réaliser l'impossible. Lui offrir toutes ces nouvelles choses n'étaient pas chères payées pour récompenser son ange gardien de supporter ainsi tous ses états d'âme. |
Maestro Piccolo inRP (Fut chef de chœur à Poudlard de janvier 2048 à juin 2050)
Avatar : Kamome Shirahama 𓇢𓆸 L'IA m'a tuer

