L’enragé
SAMEDI 18 JUIN
TROISIÈME ANNÉE
TROISIÈME ANNÉE
Lorsque Kate fait retentir le coup de sifflet final, je sais que l’une des deux équipes a gagné. Je le sais mais je ne vois pas tout de suite qui a attrapé le vif d’or. Et soudain, lorsque je vois Elijah brandir la p’tite bête jaune ailée, je souris et fonce vers le sol pour rejoindre mon équipe. L’équipe gagnante.
J’abandonne derrière moi le petit Brynn qui doit encore croire que son chat a disparu, mais bon, je me dis que quelques minutes de plus d’inquiétude ne lui fera pas de mal. Et puis c’est Poudlard après tout, on peut rien perdre ici. Une fois sur la terre ferme, je félicite mon équipe. Même Ashley. Même Constance. Même Élicia. Même l’autre Poufsouffle dont je ne me souviens pas du nom. Je place ma main sur l’épaule d’Elijah et lui souris :
— Bravo à toi, mec, t’as trop géré ! Et tu nous as super bien guidés.
Et puis attiré par le bruit que fait l’autre équipe, le commentaire de Charleston me revient en tête. Je ne l’avais pas vraiment oublié, mais il me rappelle que je n’ai pas eu le temps de revenir dessus comme il se doit. L’agacement remonte soudain — bien qu’il ne m’ait pas vraiment quitté — et je pivote vers Ashley.
— Je te prends ça, lâché-je en lui prenant la batte des mains.
Ma batte. Celle qui m’a permis de dégommé l’autre Poufsouffle. Celle qui aurait dû me permettre d’en dégommer un autre. Mais il a fallu que je sorte du terrain. Il a fallu qu’on me nomme gardien. J’aurais pris un malin plaisir à lui envoyer un cognard dessus si j’étais revenu à nouveau en tant que batteur. Alors je quitte mon groupe et me dirige vers l’autre, les yeux noirs bien plantés dans ceux du professeur de botanique, ma main bien agrippée à ma batte. Je traverse le groupe, pousse ceux qui se trouvent sur mon chemin et une fois face à Charleston, je ne m’arrête pas. Je ne lui envoie aucun sourire, aucune parole et poursuis ma route, car celle qui m’intéresse se trouve dans les gradins.
Je sais qu’elle a assisté au match. Je sais car elle m’avait dit qu’elle viendrait. Je sais car je la repère. Je monte les marches, ne prononce pas un mot et plante le même regard dans ses yeux que celui envoyé plus tôt à son collègue — quoique ce regard est bien plus emprunt de tristesse et de déception. Une fois face à elle, je pose lourdement la batte sur le banc qui nous sépare.
— Je vous rends votre batte. Pardon, l’enragé vous rend votre batte.
Je commence à pivoter avant de finalement revenir pour ajouter autre chose.
— Ah et la prochaine fois, vous ferez gaffe à ce que vous dites de moi à Charleston, il répète tout !
Et puis cette fois, plus aucun retour en arrière. Plus aucune envie d’écouter ce qu’elle aurait à dire pour sa défense, si tant est qu’elle en ait une, et je redescends pour retourner aux vestiaires me changer.
___________
@Sigmund Charleston @Maxine Tremblay
@Elijah Coyle Pour le compliment
Fiche PR - 4e année RP