Les jeunes de nos jours
24 juillet 2050
Les yeux plissés pour échapper aux éblouissements d’un soleil qui s’avère radieux entre deux nuages, Leo lève la tête vers la devanture colorée de la boutique Weasley. La magie magnétisante de l’automate posté à l’entrée n’opère plus comme elle le faisait il y a encore une poignée d’années. L’anglaise expliquerait ce changement d’intérêt par un « bah j’ai grandi » détaché. Bien qu’elle reste sur les bords ce qu’on pourrait effectivement appeler une sorcière factieuse, d’autres choses l’intéressent, aujourd’hui. Et bien que les chances sont bonnes de titiller son esprit de compétition en lui proposant une partie de bataille explosive, Leo ne passerait probablement plus à la caisse ici. Pourtant, elle passe la porte. En souvenir de l’enthousiasme de ces anciennes années peut-être… elle même ne saurait pas exactement l’expliquer.
Les mains dans les poches, la batteuse parcourt les rayons, la démarche souple et le regard traînant à gauche et à droite sans se presser. Sans leur opposer de résistance, Leo laisse les souvenirs la prendre d’assaut. Lors de ses premières années à Poudlard, ces étalages-là l’ont si irrésistiblement attirée que ça fait à présent sourire. Elle se souvient comment les vitrines, les tables et étagères aux curiosités colorées happaient son attention tandis que les yeux brillants, fascinée, émerveillée, elle crevait d’envie de remplir son sac à ras bord de ces fabuleuses petites inventions ensorcelées. Elle se souvient comment une fois, il lui était resté un peu d’argent après ses courses de rentrée ; comment au lieu de laisser cette pile de mornilles tinter dans son porte-monnaie pour plus tard, la jeune Gryffondor qu’elle était avait craqué pour un frisbee à dents de serpents. Cette fierté qui l’avait habitée en sortant du magasin, portant dans sa main son acquisition soigneusement emballée et sur le visage, le sourire de celle qui avait gagné le gros lot à la loterie ! Et bien que le frisbee lui avait été confisqué au château que peu de temps plus tard, elle garde de cet achat-là un souvenir particulièrement satisfaisant.
Leo passe devant des pots de crème canari, devant une cape d’invisibilité, un boomerang enchanté, d’autres nouveautés qu’elle ne saurait immédiatement nommer. Les sourcils haussés, elle s’arrête finalement devant un produit aux teintes violettes et rosées. Ces flacons-là, elle les reconnaît facilement.
Sa mâchoire se serre, déformant la mine légèrement rêveuse sur un visage détendu qu’elle arborait encore juste avant. Elle lève le menton et fronce les sourcils. Sans hésiter, Leo tend la main en direction du présentoir, prend l’un des flacons et se dirige vers l’un des employés qu’elle a repéré un peu plus tôt. En s’approchant, elle reconnaît sans difficulté son ancien adversaire de Quidditch. L’humeur de Leo change aussi rapidement que la météo anglaise et elle le salue avec son sourire naturellement chaleureux.
« Eh Martin salut ! J’savais pas que tu taffes ici toi, maintenant ! »
Elle n’a aucune idée de ce que l’ancien Poufsouffle pense d’elle, mais la batteuse aurait facilement pu glisser sur la pente des bavardages légers avec quelqu’un qu’on recroise pour la première fois après plus d’une année. Son regard tombe sur le flacon toujours dans sa main elle se discipline en même temps qu’elle discipline une boucle rousse qui lui tombe devant les yeux et qu'elle glisse derrière son oreille. Ne pas perdre le cap, surtout quand c’est important – et en l’occurrence, ça l’est :
« En vrai j’voulais demander… genre vous vendez ça juste comme ça ?
Elle tend ce qui porte la caractéristique étiquette de « philtre d’amour » en direction du vendeur.
@Erwan Martin let’s gooo
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Les jeunes de nos jours
Habituellement, le soleil estival ne réjouissait pas Erwan. Fils d’un Breton et d’une Anglaise, autant dire que sa peau n’était pas armée pour combattre le soleil de fin juillet, même à Londres. Pourtant, en ce moment, un rien le réjouissait ! Tout n’était pas parfait dans sa vie, mais il savait au fond de lui que cela finirait bien par s’arranger. Même la météo lui donnait envie de sourire… Les journées au magasin Weasley se passaient sans encombre, il apprenait vite, semblait donner pleine satisfaction à ses patrons, on pourrait même dire qu’il était doué. L’affluence estivale le réjouissait au plus haut point ! Il y avait toujours quelque chose à faire, il y avait toujours du monde et il lui arrivait assez souvent de croiser un visage familier. Ce qui lui permettait d’avoir des nouvelles de plein de monde, du château, des différentes maisons, des équipes de quidditch, bref… les potins continuaient d’aller vite même une fois sorti de Poudlard ! Depuis qu’il était rentré de son tour du monde, les événements s’étaient rapidement enchaînés de façon à ce qu’il ne prenne quasiment pas le temps de prendre des nouvelles de ses anciens camarades si ce n’était des plus proches. Il avait pu retourner au château le temps d’une journée pour le salon de l’orientation, mais elle était passée si vite que croiser des élèves ou d’anciens élèves à la boutique ne faisait pas de mal.
Certaines têtes lui procuraient une grande joie, d’autres le laissaient indifférent. Il n’y avait personne à Poudlard qu’Erwan ait jamais détesté. Ce n’était pas son genre… Au pire il n’appréciait pas plus que ça quelqu’un, mais ça n’allait rarement plus loin. Bien sûr, le quidditch, comme n’importe quel sport compétitif, avait créé quelques tensions, mais rien qui ne résiste au temps qui passe et Erwan était même plutôt content de croiser d’anciens adversaires. Celles et ceux qui avaient déjà marqué contre lui… bon… Il ne détestait toujours personne évidemment, mais l’ego d’un sportif, qui plus est d’un gardien, pouvait garder quelques marques… Justement, en ce dimanche après-midi, une cliente qui cochait cette case entra dans le magasin. Elle ne salua ni Erwan ni les patrons et déambula dans le magasin. Le jeune homme aimait bien quand les gens disaient un simple bonjour en entrant. Il n’en tenait pas rigueur aux gens, encore moins pendant ces mois d’été où le magasin pouvait vite paraître chargé, mais ça ne lui serait pas venu à l’idée d’entrer quelque part sans saluer les personnes qui y travaillaient. Leo… Oh ça, il se souvenait d’elle ! Il l’avait affrontée lors de son tout premier match chez les Frelons. Un terrible match… L’équipe de Poufsouffle avait mené durant tout le match puis Jonathan avait attrapé le vif d’or sous le nez de Calum, arrachant l’égalité. Erwan avait pris ses premiers buts ce jour-là, deux marqués par Leo dont un où elle s’était fait catapulter par sa gardienne jusque dans ses anneaux… Cela pouvait difficilement s’oublier ! Les fois suivantes, Leo ne jouait plus aux postes qui pouvaient faire rentrer le souafle dans ses anneaux et ce n’était pas pour lui déplaire.
Lorsqu’elle s’avança vers lui et le salua enfin, Erwan lui répondit avec son sourire habituel. «Oh salut Leo ! Ça fait quelques mois oui. Est-ce que tu as besoin d’aide pour quelque chose ?». Il demandait toujours par professionnalisme, mais il s’avérait que cette fois, son ancienne adversaire voulait demander quelque chose. Elle lui tendit une des bouteilles qui contenait un philtre d’amour et lui demanda s’ils vendaient ça juste comme ça… La question était étrange, mais le regard concerné de l’ancienne Gryffondor laissait à penser qu’il y avait plus que cette simple question pour laquelle la réponse était évidente… «Juste comme ça ? C’est-à-dire ? La gamme de philtre d’amour est assez complète.» Le ton de sa question laissait penser à Erwan qu’elle ne souhaitait pas en acheter, mais pour ne pas qu’elle se sente jugée si jamais il se trompait, il ne posa pas la question. «Pourquoi me poses-tu cette question ?». Voilà, il valait mieux mettre directement les deux pieds dans le chaudron plutôt que de passer par des questions détournées qui leur feraient perdre du temps à tous les deux. Il doutait qu’elle soit intéressée par l’un d’eux, mais si c’était le cas, il ne ferait pas rater une vente au magasin à cause de ses a priori…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Certaines têtes lui procuraient une grande joie, d’autres le laissaient indifférent. Il n’y avait personne à Poudlard qu’Erwan ait jamais détesté. Ce n’était pas son genre… Au pire il n’appréciait pas plus que ça quelqu’un, mais ça n’allait rarement plus loin. Bien sûr, le quidditch, comme n’importe quel sport compétitif, avait créé quelques tensions, mais rien qui ne résiste au temps qui passe et Erwan était même plutôt content de croiser d’anciens adversaires. Celles et ceux qui avaient déjà marqué contre lui… bon… Il ne détestait toujours personne évidemment, mais l’ego d’un sportif, qui plus est d’un gardien, pouvait garder quelques marques… Justement, en ce dimanche après-midi, une cliente qui cochait cette case entra dans le magasin. Elle ne salua ni Erwan ni les patrons et déambula dans le magasin. Le jeune homme aimait bien quand les gens disaient un simple bonjour en entrant. Il n’en tenait pas rigueur aux gens, encore moins pendant ces mois d’été où le magasin pouvait vite paraître chargé, mais ça ne lui serait pas venu à l’idée d’entrer quelque part sans saluer les personnes qui y travaillaient. Leo… Oh ça, il se souvenait d’elle ! Il l’avait affrontée lors de son tout premier match chez les Frelons. Un terrible match… L’équipe de Poufsouffle avait mené durant tout le match puis Jonathan avait attrapé le vif d’or sous le nez de Calum, arrachant l’égalité. Erwan avait pris ses premiers buts ce jour-là, deux marqués par Leo dont un où elle s’était fait catapulter par sa gardienne jusque dans ses anneaux… Cela pouvait difficilement s’oublier ! Les fois suivantes, Leo ne jouait plus aux postes qui pouvaient faire rentrer le souafle dans ses anneaux et ce n’était pas pour lui déplaire.
Lorsqu’elle s’avança vers lui et le salua enfin, Erwan lui répondit avec son sourire habituel. «Oh salut Leo ! Ça fait quelques mois oui. Est-ce que tu as besoin d’aide pour quelque chose ?». Il demandait toujours par professionnalisme, mais il s’avérait que cette fois, son ancienne adversaire voulait demander quelque chose. Elle lui tendit une des bouteilles qui contenait un philtre d’amour et lui demanda s’ils vendaient ça juste comme ça… La question était étrange, mais le regard concerné de l’ancienne Gryffondor laissait à penser qu’il y avait plus que cette simple question pour laquelle la réponse était évidente… «Juste comme ça ? C’est-à-dire ? La gamme de philtre d’amour est assez complète.» Le ton de sa question laissait penser à Erwan qu’elle ne souhaitait pas en acheter, mais pour ne pas qu’elle se sente jugée si jamais il se trompait, il ne posa pas la question. «Pourquoi me poses-tu cette question ?». Voilà, il valait mieux mettre directement les deux pieds dans le chaudron plutôt que de passer par des questions détournées qui leur feraient perdre du temps à tous les deux. Il doutait qu’elle soit intéressée par l’un d’eux, mais si c’était le cas, il ne ferait pas rater une vente au magasin à cause de ses a priori…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Les jeunes de nos jours
Leo se dit que ça commence plutôt bien. Erwan se souvient d'elle, il est souriant et lui propose aussitôt son aide. Conclusion : il doit un minimum l'apprécier. À moins que – et à deuxième réflexion, c'est peut-être plutôt cette option-là finalement – il n'est peut-être qu'un employé qui accueille les clients comme il se doit : de façon serviable, chaleureuse et polie. Ou bien – question d'égo – quand même un peu des deux ? Oh et puis au fond on s’en fout (mais Leo s’arrête sur cette dernière hypothèse quand même).
Pendant un instant, les pensées de l'anglaise sont emportées par une vague de curiosité : si son ancien adversaire de Quidditch travaille ici depuis quelques mois seulement, qu'a-t-il fait pendant le reste de cette année qui a suivi la fin de sa scolarité ? Mais la gamme de philtres d'amour assez complète qu'Erwan évoque lui permet de rassembler les faisceaux de cet esprit qui divague et se disperse si rapidement afin de faire converger son attention sur ce qui l'intéresse réellement.
"Chais pas... ça te dérange pas de vendre une assez complète gamme de consentement artificiel en flacon ?"
Le fameux flacon coincé entre le pouce et l'index, l'anglaise lève légèrement le bras afin que tous deux puissent observer la potion. La lumière qui s'infiltre à travers la paroi de verre prête au liquide qu'elle contient une jolie couleur, chaude, lumineuse, attirante et pourtant ... Leo s'arrache brusquement à la contemplation et repose le regard sur Erwan.
"Les p'tits cœurs et l'étiquette rose c'est pour rendre ça un peu mignon ? À moins qu'un philtre d'amour soit juste une blague, finalement ?"
Après tout, à quelques rayons de là, la boutique lui propose d'acquérir un sachet de bonbons explosifs, de l'or de farfadet ou encore des boules de neige enchantées. Dispersés sur les trois étages constituant la boutique Weasley, on entend des rires parcourir les allées. On croise des visages émerveillés et des jeunes et moins jeunes sorciers que les articles colorés font rêver. Et Leo se demande s'il n'y a vraiment personne qui remet en question la présence de philtres d'amour sur ces mêmes étagères. Personne ne semble l'avoir fait au cours des sept années qu'elle fréquente le Chemin de Traverse – ou alors sans grande efficacité. D'ailleurs, Leo elle-même n'est pas certaine de ce qu'elle cherche à obtenir, en réalité. Mais elle se dit qu'Erwan est un sorcier sensé, alors peut-être qu'avec un peu de chance …
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Pendant un instant, les pensées de l'anglaise sont emportées par une vague de curiosité : si son ancien adversaire de Quidditch travaille ici depuis quelques mois seulement, qu'a-t-il fait pendant le reste de cette année qui a suivi la fin de sa scolarité ? Mais la gamme de philtres d'amour assez complète qu'Erwan évoque lui permet de rassembler les faisceaux de cet esprit qui divague et se disperse si rapidement afin de faire converger son attention sur ce qui l'intéresse réellement.
"Chais pas... ça te dérange pas de vendre une assez complète gamme de consentement artificiel en flacon ?"
Le fameux flacon coincé entre le pouce et l'index, l'anglaise lève légèrement le bras afin que tous deux puissent observer la potion. La lumière qui s'infiltre à travers la paroi de verre prête au liquide qu'elle contient une jolie couleur, chaude, lumineuse, attirante et pourtant ... Leo s'arrache brusquement à la contemplation et repose le regard sur Erwan.
"Les p'tits cœurs et l'étiquette rose c'est pour rendre ça un peu mignon ? À moins qu'un philtre d'amour soit juste une blague, finalement ?"
Après tout, à quelques rayons de là, la boutique lui propose d'acquérir un sachet de bonbons explosifs, de l'or de farfadet ou encore des boules de neige enchantées. Dispersés sur les trois étages constituant la boutique Weasley, on entend des rires parcourir les allées. On croise des visages émerveillés et des jeunes et moins jeunes sorciers que les articles colorés font rêver. Et Leo se demande s'il n'y a vraiment personne qui remet en question la présence de philtres d'amour sur ces mêmes étagères. Personne ne semble l'avoir fait au cours des sept années qu'elle fréquente le Chemin de Traverse – ou alors sans grande efficacité. D'ailleurs, Leo elle-même n'est pas certaine de ce qu'elle cherche à obtenir, en réalité. Mais elle se dit qu'Erwan est un sorcier sensé, alors peut-être qu'avec un peu de chance …
ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin
Les jeunes de nos jours
Le ton employé pour sa première question et la façon dont Leo leva le petit flacon pour en observer le contenu mirent assez rapidement Erwan sur la piste de ce qu’il craignait. Ses deuxième et troisième questions finirent carrément d’achever le moindre doute qui pouvait persister. Elle n’était pas là pour acheter, ni pour se renseigner, l’ancienne Gryffondor était là pour un débat moral, éthique, pour lequel l’ancien Poufsouffle n’était pas sûr d’être prêt. Alors bien sûr il savait, Erwan savait que ce jour viendrait, lui-même avait déjà questionné la pertinence de tels produits. Lui qui était passé de grand romantique à éternel séducteur pour finalement en revenir, une grande partie de sa vie était dédiée à l’amour, au sentiment d’attraction et de séduction. User d’un philtre d’amour ne lui serait jamais venu à l’idée… Il fallait avoir bien peu d’estime de soi et un sens moral des plus douteux pour croire que c’était une solution viable à sa solitude. Il n’était pourtant pas sûr d’apporter entière satisfaction à Leo. Il avait mûrement réfléchi la chose et il savait qu’il ne pourrait pas lui dire tout ce qu’elle voulait entendre…
Tout d’abord, il était maintenant employé de la boutique, il ne pouvait pas remettre en question l’institution qu’elle était après seulement quelques mois à travailler ici. Cela n’aurait été ni professionnel, ni sensé. Mais il y avait autre chose. Erwan était persuadé que les fruits de la réflexion qu’il avait eus sur le sujet étaient bons, pas parfaits non, mais dans le vrai. Or, ces conclusions n’étaient pas ce qu’avait envie d’entendre quelqu’un qui venait frontalement remettre en question la simple présence de ces produits dans les rayons du magasin. Il faudrait pourtant en passer par là… Avec une ancienne camarade de Poudlard qu’il connaissait et qu’il avait estimée pour son niveau au Quidditch. Comme il aurait préféré avoir affaire à une mère de famille agacée qu’il n’avait jamais vue… De sa bouche sortit un « Ah… » bien plus expressif qu’il ne l’aurait souhaité, trahissant à la fois son appréhension de cette discussion et le fait qu’il s’attendait à l’avoir un jour. « Je comprends ce que tu veux dire Leo. Et je suis rassuré de savoir ce que tu en penses. Mais… ». Bien sûr qu’il fallait dire “mais”… Cela allait sûrement irriter la jeune femme, mais Erwan devait aller au bout de son raisonnement. Il se demandait quand même comment s’y prenaient George et Fred quand eux tombaient sur des clients au sens moral plus développé que les autres.
Ses arguments ne manquaient après tout pas de bon sens et il espérait que Leo en entendrait au moins certains. « …on ne vend pas de puissants philtres d’amour. Tout ce que tu trouveras ici n’est que faiblement dosé. Alors… » il baissa d’un ton et jeta un furtif coup d’œil pour voir s’il n’y avait pas d’autres clients trop proches ou même ses patrons. « …oui, c’est un peu hypocrite. Mais quand t’y penses, est-ce qu’il ne vaut pas mieux vendre un peu de poudre aux yeux à des gamins plutôt que de l’interdire et qu’ils se lancent dans une potion dangereuse qui aurait de néfastes conséquences dans quatre-vingt-quinze pour cent des cas ? ». Ce n’était pas son seul argument, mais il faisait partie des principaux. Ça ne suffirait pas à rassurer Leo, rien ne le pourrait, mais il en gardait quand même sous le pied pour continuer son argumentaire. Il savait qu’il perdrait ce face-à-face dans tous les cas. Il avait beau être dans le vrai, il valait toujours mieux leurs produits qu’une difficile potion mal exécutée, même leurs produits peu dosés pouvaient quand même causer du tort quand ils se retrouvaient entre de mauvaises mains. Or, l’objectif commercial de ses patrons ne semblait pas s’accorder avec le fait de savoir qui avait de bonnes mains et qui en avait de mauvaises…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe
Tout d’abord, il était maintenant employé de la boutique, il ne pouvait pas remettre en question l’institution qu’elle était après seulement quelques mois à travailler ici. Cela n’aurait été ni professionnel, ni sensé. Mais il y avait autre chose. Erwan était persuadé que les fruits de la réflexion qu’il avait eus sur le sujet étaient bons, pas parfaits non, mais dans le vrai. Or, ces conclusions n’étaient pas ce qu’avait envie d’entendre quelqu’un qui venait frontalement remettre en question la simple présence de ces produits dans les rayons du magasin. Il faudrait pourtant en passer par là… Avec une ancienne camarade de Poudlard qu’il connaissait et qu’il avait estimée pour son niveau au Quidditch. Comme il aurait préféré avoir affaire à une mère de famille agacée qu’il n’avait jamais vue… De sa bouche sortit un « Ah… » bien plus expressif qu’il ne l’aurait souhaité, trahissant à la fois son appréhension de cette discussion et le fait qu’il s’attendait à l’avoir un jour. « Je comprends ce que tu veux dire Leo. Et je suis rassuré de savoir ce que tu en penses. Mais… ». Bien sûr qu’il fallait dire “mais”… Cela allait sûrement irriter la jeune femme, mais Erwan devait aller au bout de son raisonnement. Il se demandait quand même comment s’y prenaient George et Fred quand eux tombaient sur des clients au sens moral plus développé que les autres.
Ses arguments ne manquaient après tout pas de bon sens et il espérait que Leo en entendrait au moins certains. « …on ne vend pas de puissants philtres d’amour. Tout ce que tu trouveras ici n’est que faiblement dosé. Alors… » il baissa d’un ton et jeta un furtif coup d’œil pour voir s’il n’y avait pas d’autres clients trop proches ou même ses patrons. « …oui, c’est un peu hypocrite. Mais quand t’y penses, est-ce qu’il ne vaut pas mieux vendre un peu de poudre aux yeux à des gamins plutôt que de l’interdire et qu’ils se lancent dans une potion dangereuse qui aurait de néfastes conséquences dans quatre-vingt-quinze pour cent des cas ? ». Ce n’était pas son seul argument, mais il faisait partie des principaux. Ça ne suffirait pas à rassurer Leo, rien ne le pourrait, mais il en gardait quand même sous le pied pour continuer son argumentaire. Il savait qu’il perdrait ce face-à-face dans tous les cas. Il avait beau être dans le vrai, il valait toujours mieux leurs produits qu’une difficile potion mal exécutée, même leurs produits peu dosés pouvaient quand même causer du tort quand ils se retrouvaient entre de mauvaises mains. Or, l’objectif commercial de ses patrons ne semblait pas s’accorder avec le fait de savoir qui avait de bonnes mains et qui en avait de mauvaises…
Voyageur amateur ~ Digne héritier de l’esprit Weasley ~ commerçant en herbe