12 août 2025, 19:17
Origines du bien
Samedi 9 Octobre 2049
Ivanovna, 19 ans
Ivanovna, 19 ans
- Alekhina, Alekhina….
Depuis plusieurs minutes, la vendeuse fouille dans l’arrière boutique afin de trouver la commande passée depuis plusieurs mois. Ivanonva apprécie moyennement l’ambiance de ces échoppes. N’ayant jamais traîné dans ce genre d’endroits avec sa mère, aucun des codes du plaisir de regarder, rêver, toucher, essayer puis renoncer… ne lui a été transmis. Ensuite...elle a longtemps porté une quasi-nudité contrainte.
Et depuis, les arguments du confort, de la solidité l’ont emporté sur le reste. Non pour des raisons financières d’ailleurs, l’excellence a toujours un prix. Et quand elle achète, la qualité constitue le critère premier. Cette femme a l’esprit pratique, en totale contradiction avec son enveloppe corporelle qui pourrait faire tourner les têtes si elle le voulait. Son entrée à l’institut magique et des sciences médicales l’a transfigurée. La démarche est moins farouche. Racée, un lynx, de Sibérie mais un lynx, discret, sobrement élégant.
-… Alekhina vous êtes sûre ?
« Non, non... mon nom est Grindelwald….Jane Grindelwald »…pense-t-elle presque amusée. Ivanovna en sourirait si la chose ne la ramenait pas en arrière.
- Oh mais dites donc, j’ai une autre commande à votre nom...Alekhina !!!! Alekhina Cir….. Circéia…
Il ne manquait plus que cela.
- Hé bé… 2046, Janvier…
- Je suis sa sœur. De quoi s’agit-il au juste ?
- Attendez, je regarde…
« Ben oui, regarde, avec de la chance tu trouveras peut-être ma commande... ». Ses yeux chinent à droite à gauche en attendant. Les robes décorant les lieux sont belles, aucune n’est vraiment à son goût mais elle doit bien admettre que leur qualité est irréprochable. On touche des yeux dans sa famille. Faire davantage serait déchoir. « Allez, dis-moi de quoi il s’agit !! »
- Un chapeau ! Oh, changeant en plus, il a été commandé en vert anglais mais sa couleur est modulable. Votre sœur a du goût…
- Je vais le prendre pour elle.
- De la belle ouvrage Mademoiselle Alekhina, de la belle ouvrage, plumes et fleurs. C’est ravissant.
« Le supplice prendra-t-il fin ? Merlin, faites qu’elle trouve ! ». Ivanovna ne montre aucune contrariété. Pour un chapeau, l’héritage familial n’est pas menacé. Et puis, est-ce la faute des gens d'ici si la commande n’a pas été honorée ? Faire un esclandre serait déplacé. Dans sa robe rouge cardinal, elle patiente. Il lui faut cette nouvelle robe, identique à la précédente qu’elle a dû leur laisser le temps de la reproduire. Y compris les petits gants et cet autre chapeau…
- Alors, reprenons….. ALEKHINA !!!! J’ai trouvé. Ivanovna Alekhina ! Ah, je sais pourquoi ! Mademoiselle, nous avons passé beaucoup de temps sur les surpiqûres. Vous avez raison, elles perlent le tissu. L'effet est splendide…
La vendeuse paraît vraiment s’en vouloir. Ivanovna en est gênée.
-… On ne les range pas au même endroit. Pardonnez-moi, j’avais oublié ce critère.
Cette fois, les mots sont juste susurrés, créant l’intimité.
Elle lui présente le travail. En tous points la même. Il va falloir l’essayer, ça va prendre un temps fou. Retirer la rouge, revêtir la bleue… un ASPIC « shopping ». Elle ne doit pas se plaindre, l’essai est impératif.
- Attendez, je vous laisse l’admirer.
La vendeuse prend soin de ne pas poser ce petit bijou de sobriété. L’idéal pour qui ne veut pas se mettre en avant. Sur elle, l’effet sera maximum. Qu’il est dur d’avoir cette chance et ne pas s’en rendre compte. Ivanovna est jeune, exposée, dérangée par tous ces regards.
- Je vous fais confiance, vous savez, on ne vient pas chez vous par hasard.
En entrant, elle avait l’idée de commander une tenue de travail mais il n’est pas sûr qu’ils aient ce qu’elle désire. Son esprit vacille entre l’intérêt de tout faire en une fois et l’envie de fuir ces lieux corsetés.
- Je vais vous aider pour l’essayage. C’est par ici !
Ivanovna saisit le tout, esquive l’aide proposée et se dirige vers la cabine. En passant, elle se voit dans un miroir. Rouge cardinal, comme ces oiseaux d’un autre continent, si beaux, tellement expressifs. Elle aimerait voler en cet instant, s’enfuir loin avec eux. Et pense à ce chapeau, celui de Circéia. Avec un enchantement, c’est sûr, il va coûter un bras.
On hérite de tout, des rentes comme des dettes.
30 août 2025, 22:38
Origines du bien
Nora avait été prévenue par un Avery rieur : maintenant que sa place dans l'équipe d'interventions de la CIS était officialisée - suite à la fin de sa période d'entraînements - elle était susceptible de participer à tout un tas d'événements, qui pouvaient survenir sans crier gare. Selon lui, il préférait la prévenir pour qu'elle ne se retrouve pas au pied du mur : posséder une tenue de soirée était indispensable. S'il y avait bien une chose à laquelle elle ne s'était pas attendue, c'était la possibilité de participer à de tels événements mondains en tant qu'invitée.
Voilà ce qui expliquait la présence de Nora chez Madame Guipure. Elle n'avait pas les moyens de s'offrir une tenue sur mesure, bien évidemment, aussi avait-elle parcouru les différentes allées du magasin, à la recherche de quelques pépites à essayer. Elle ressortait de la cabine de temps en temps afin de s'admirer dans les différents miroirs, incapable de faire un choix. Elle n'était pas non plus bien certaine de la somme qu'elle devait engager dans une telle acquisition, à l'emploi si hypothétique.
Alekhina, avait entendu Nora, soudainement. Au-delà du volume sonore de la voix de la vendeuse qui la fit sursauter, la blonde fut bien intriguée. Elle passa une tête entre deux rayons, sans apercevoir personne. Peut-être de l'autre côté... Ce nom ne lui était pas inconnu, elle le savait. Mais dans quelles circonstances avait-elle pu l'entendre ?
Soudain, quand elle vit le visage de la personne semblant porter ce nom, elle se souvient. Les traits lui étaient familiers, sans l'être réellement. De mémoire, la personne était brune, mais les cheveux pouvaient se colorer et décolorer sans problèmes. Le visage livide, Nora s'adressa à l'autre cliente : "Circéia..?"
Impossible. Même les sorciers ne revenaient pas d'entre les morts avec un air si vivant.
Voilà ce qui expliquait la présence de Nora chez Madame Guipure. Elle n'avait pas les moyens de s'offrir une tenue sur mesure, bien évidemment, aussi avait-elle parcouru les différentes allées du magasin, à la recherche de quelques pépites à essayer. Elle ressortait de la cabine de temps en temps afin de s'admirer dans les différents miroirs, incapable de faire un choix. Elle n'était pas non plus bien certaine de la somme qu'elle devait engager dans une telle acquisition, à l'emploi si hypothétique.
Alekhina, avait entendu Nora, soudainement. Au-delà du volume sonore de la voix de la vendeuse qui la fit sursauter, la blonde fut bien intriguée. Elle passa une tête entre deux rayons, sans apercevoir personne. Peut-être de l'autre côté... Ce nom ne lui était pas inconnu, elle le savait. Mais dans quelles circonstances avait-elle pu l'entendre ?
Soudain, quand elle vit le visage de la personne semblant porter ce nom, elle se souvient. Les traits lui étaient familiers, sans l'être réellement. De mémoire, la personne était brune, mais les cheveux pouvaient se colorer et décolorer sans problèmes. Le visage livide, Nora s'adressa à l'autre cliente : "Circéia..?"
Impossible. Même les sorciers ne revenaient pas d'entre les morts avec un air si vivant.
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6 sept. 2025, 15:07
Origines du bien
Il arrive que le temps s’arrête. Alors dans le sablier, plus rien ne coule, l’anormal prend le dessus. La nausée. Il faut l’avoir vécu une fois dans sa vie pour en connaître les symptômes. Quant aux effets… il n’est pas question de magie, qui dans cette boutique aurait la puissance permettant le déclenchement d’un tel sort ? Ivanovna réfléchit à la vitesse de l‘éclair. Peut-être est-ce l’esprit qui lui-même génère cette illusion ? Parfois nous croyons que la vie dure une éternité, générant ennui et déliquescence. A d’autres moments, nous voudrions que le temps s’arrête, que le train reste à quai des années pour des au revoir éternels.
Rien de tout cela n’est possible, ce sont nos perceptions. Le plus souvent, nous voudrions que les choses se déroulent inversement à la manière dont elles se passent. Nous désirons toujours tout avoir sous contrôle. Reliquat de l’enfance, une foi en notre toute puissance combinée à cette perception erronée du temps.
Lorsque nous mourons, certaines légendes prétendent que nous revoyons toute notre vie en un instant. Est-ce donc la mort qui attend ainsi Ivanovna ? Pourquoi faut-il une fois de plus, une fois encore, que les cadavres sortent de terre en un moment insignifiant ? Ça n’en finira donc jamais ? La personne qui vient de dire le prénom de sa sœur, Ivanovna s’y arrête au premier instant. Sans savoir d’où, elle a l’impression de l’avoir déjà croisée. Dans cette situation neutre, cela ne l’inquiète pas, la stase a une autre origine. Pourquoi donc semble-t-elle choquée à l’évocation de Circéia ? Etaient-elles amies ? Dans le même mouvement, son coeur sait qu’elle va devoir comprendre qui est cette autre. Et lui faire de la peine, d’une manière ou d’une autre.
S’il s’était agi d’un homme, Ivanovna n’aurait jamais eu l’audace de faire ce qu’elle s’apprête à faire. On ne se comporte pas ainsi, c’est mal. Mais entre femmes, certaines promiscuités sans doute issues d’une même orientation de la chair permettent une chose dont trop de gens abusent improprement, souillant par là-même sa beauté. La sororité. Les hommes ne peuvent pas comprendre. Il leur manque sans doute cette dimension. Peut-être ont-ils un équivalent ? Qui peut savoir ? Le temps s’est bel et bien arrêté dans ce magasin du chemin de traverse. Il va en outre se révéler assassin.
- Vous connaissiez ma sœur ?…
Tout cela s’est passé dans une fenêtre très précise, Ivanovna s’est approchée. Il est plus facile d’évoquer certaines choses à voix basse. A posé une main très douce sur l’avant bras de la femme, de manière à ce que celle-ci, si elle n‘en veut pas, puisse le plus naturellement du monde refuser le geste sans le repousser. Si contact il y a eu, c’est à cet instant qu’elle poursuit.
-… Elle est morte…
Les mots sont susurrés, la vendeuse ne peut pas avoir entendu. Cette fois, il faut assumer la douleur à venir, regarder l’autre droit dans ses yeux.
A chaque fois c’est la même histoire. Ivanovna ne ressent pas de peine réelle. Comme désincarnée, elle énonce un fait, avec le plus de délicatesse possible. Le plus douloureux est la récurrence. Et même si elle ne croise pas souvent cette situation, à chaque fois c’est pénible. Faire face à la tristesse dont on ne sait jamais si elle est feinte, réelle, polie ou profonde… Elle s’apprête à rétracter son bras, comme on enlèverait le pansement d’une plaie que l’on vient de soigner. Infinie douceur, contrite par les lieux, oblitérée par la nécessité d’une élégance innée. Comment a-t-elle pu survivre à Kara avec un tel bagage familial ? Là est un mystère, sauf à dire que les moins aptes à diriger le monde se révèlent les plus valeureux ; et que la vie est faite de ces moments où l’inverse du plus probable se déroule. Elle est Serdaigle, habillée telle une Gryffondor, reprenant les manières Serpentard et agissant selon la discrétion Poufsouffle.
- ...Il y a trois ans…
Le dire la secoue toujours autant même si elle ne montre absolument rien.
Rien de tout cela n’est possible, ce sont nos perceptions. Le plus souvent, nous voudrions que les choses se déroulent inversement à la manière dont elles se passent. Nous désirons toujours tout avoir sous contrôle. Reliquat de l’enfance, une foi en notre toute puissance combinée à cette perception erronée du temps.
Lorsque nous mourons, certaines légendes prétendent que nous revoyons toute notre vie en un instant. Est-ce donc la mort qui attend ainsi Ivanovna ? Pourquoi faut-il une fois de plus, une fois encore, que les cadavres sortent de terre en un moment insignifiant ? Ça n’en finira donc jamais ? La personne qui vient de dire le prénom de sa sœur, Ivanovna s’y arrête au premier instant. Sans savoir d’où, elle a l’impression de l’avoir déjà croisée. Dans cette situation neutre, cela ne l’inquiète pas, la stase a une autre origine. Pourquoi donc semble-t-elle choquée à l’évocation de Circéia ? Etaient-elles amies ? Dans le même mouvement, son coeur sait qu’elle va devoir comprendre qui est cette autre. Et lui faire de la peine, d’une manière ou d’une autre.
S’il s’était agi d’un homme, Ivanovna n’aurait jamais eu l’audace de faire ce qu’elle s’apprête à faire. On ne se comporte pas ainsi, c’est mal. Mais entre femmes, certaines promiscuités sans doute issues d’une même orientation de la chair permettent une chose dont trop de gens abusent improprement, souillant par là-même sa beauté. La sororité. Les hommes ne peuvent pas comprendre. Il leur manque sans doute cette dimension. Peut-être ont-ils un équivalent ? Qui peut savoir ? Le temps s’est bel et bien arrêté dans ce magasin du chemin de traverse. Il va en outre se révéler assassin.
- Vous connaissiez ma sœur ?…
Tout cela s’est passé dans une fenêtre très précise, Ivanovna s’est approchée. Il est plus facile d’évoquer certaines choses à voix basse. A posé une main très douce sur l’avant bras de la femme, de manière à ce que celle-ci, si elle n‘en veut pas, puisse le plus naturellement du monde refuser le geste sans le repousser. Si contact il y a eu, c’est à cet instant qu’elle poursuit.
-… Elle est morte…
Les mots sont susurrés, la vendeuse ne peut pas avoir entendu. Cette fois, il faut assumer la douleur à venir, regarder l’autre droit dans ses yeux.
A chaque fois c’est la même histoire. Ivanovna ne ressent pas de peine réelle. Comme désincarnée, elle énonce un fait, avec le plus de délicatesse possible. Le plus douloureux est la récurrence. Et même si elle ne croise pas souvent cette situation, à chaque fois c’est pénible. Faire face à la tristesse dont on ne sait jamais si elle est feinte, réelle, polie ou profonde… Elle s’apprête à rétracter son bras, comme on enlèverait le pansement d’une plaie que l’on vient de soigner. Infinie douceur, contrite par les lieux, oblitérée par la nécessité d’une élégance innée. Comment a-t-elle pu survivre à Kara avec un tel bagage familial ? Là est un mystère, sauf à dire que les moins aptes à diriger le monde se révèlent les plus valeureux ; et que la vie est faite de ces moments où l’inverse du plus probable se déroule. Elle est Serdaigle, habillée telle une Gryffondor, reprenant les manières Serpentard et agissant selon la discrétion Poufsouffle.
- ...Il y a trois ans…
Le dire la secoue toujours autant même si elle ne montre absolument rien.
23 sept. 2025, 21:41
Origines du bien
La jeune femme qui marchait dans la boutique s'est arrêtée. Nora a piqué sa curiosité. Elle l'a repérée, et s'est approchée. L'autre blonde regardait la Starks avec gravité, lui demandant si elle connaissait sa sœur. Un soulagement souleva, imperceptiblement, sa poitrine en entendant cela. Quelle pouvait être sotte, bien sûr qu'Avery et les autres n'avaient pas menti, et bien sûr qu'on ne revenait pas d'entre les morts comme ça. Connaître était un mot bien fort. la preuve en était, Nora ne savait pas que Circéia avait eu une sœur.
Sa nouvelle interlocutrice amorça un geste, touchant légèrement son avant-bras. La Starks ne bougea pas pendant une ou deux secondes, qui parurent être une éternité, puis se décala pour rompre le contact, mal à l'aise. La confirmation était aussi glacée que la bise du Nord. Il y a trois ans. Nora regarda vers le bas, ses yeux oscillants comme si elle était choquée de l'apprendre. Ce n'était pas la nouvelle qui la touchait, mais la situation dans laquelle elle se retrouvait.
"Non, pas vraiment..." commença-t-elle. Elle marqua une petite pause, incertaine de ce qu'il convenait de dire dans un tel contexte. "Désolée.." dit-elle, sans savoir si elle exprimait sa désolation pour la perte d'un proche, ou si elle cherchait à mettre un terme à la conversation. Certainement que la réaction de la presque inconnue conditionnerait cette interaction.
Sa nouvelle interlocutrice amorça un geste, touchant légèrement son avant-bras. La Starks ne bougea pas pendant une ou deux secondes, qui parurent être une éternité, puis se décala pour rompre le contact, mal à l'aise. La confirmation était aussi glacée que la bise du Nord. Il y a trois ans. Nora regarda vers le bas, ses yeux oscillants comme si elle était choquée de l'apprendre. Ce n'était pas la nouvelle qui la touchait, mais la situation dans laquelle elle se retrouvait.
"Non, pas vraiment..." commença-t-elle. Elle marqua une petite pause, incertaine de ce qu'il convenait de dire dans un tel contexte. "Désolée.." dit-elle, sans savoir si elle exprimait sa désolation pour la perte d'un proche, ou si elle cherchait à mettre un terme à la conversation. Certainement que la réaction de la presque inconnue conditionnerait cette interaction.
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26 sept. 2025, 19:03
Origines du bien
- Ce n’est rien…
Dans les mots d’Ivanovna, un degré certain de politesse mondaine. On ne va pas pleurer à chaque fois que l’on évoque nos morts. Elle sent bien la gêne en face, point n’est besoin de mettre cette inconnue en difficulté. C’est juste la vie qui nous confronte parfois à ses échardes. Il est difficile de devoir s’en tenir à des mots lisses. Elle aimerait pouvoir exprimer ce qu’elle a en elle. Pourquoi sa sœur ? Comment les choses ont-elles pu tourner dramatiquement ? A d’autres moments, lâcher les eaux du barrage et expulser cette peine une bonne fois pour toutes lui serait bénéfique. Mais elle ne peut imposer cela à la seule personne capable d’entendre, la seule à qui elle pourrait témoigner sans crainte. Aly ne mérite pas de porter plus encore son amie. Elle en fait déjà tant, habituée sans doute mais elles sont amies, intensément… Non, elle doit garder cela pour elle comme le dernier fardeau. Dans toutes les familles on est obligé de supporter des relations compliquées, le passé, les paroles mortelles, les cadeaux empoisonnés… Dans son cas, ce sont les échos de toute cette période qu’il lui faut accepter. L’occurrence de ces événements est aussi imprévisible qu’une poussée de paludisme. Mais une chose est avérée, cette femme connaissait Circéia, au moins de nom. Sinon pourquoi avoir réagi ainsi ? La jolie robe ne suffirait pas à expliquer tout ça.
- … En tout cas me voilà avec une relique de plus. Au moins ce n’est pas une vieillerie …
La distance entre les êtres est une chose à laquelle la jeune sorcière est très sensible. Ayant parfaitement interprété les gestes de cette femme aux cheveux étonnants, elle fait en sorte de ne pas s’imposer. Ne voulant pas non plus ébruiter leur conversation, elle maintient une distance raisonnable.
-… même si nous n’avions pas les mêmes goûts.
Ivanovna est un peu gênée. Son habitude des conversations sapologiques est plus qu’embryonnaire. D’ailleurs, elle est habillée en rouge par hasard, cette couleur va très bien à ses cheveux et son grain de peau. Et alors ?
- Ma sœur était brillante… Quelle tristesse… Dire que je ne sais même pas ce qui lui est arrivé…
Ce n’est pas à proprement parler une conversation typique de ce genre de lieux. Mais au moins dit-elle ce que son coeur lui dicte. Cela ne s’improvise pas, vous avez confiance en l’autre ; ou pas. Ivanovna ne perçoit aucune menace. Et puis d’ailleurs, que dit-elle de compromettant à part ce que son âme emmure ? On pourrait tout aussi bien croire en des propos convenus. L’art de se cacher, ou de tout exposer sans ostentation. Bonté des êtres bruts.
- C’est comme ça, c’est la vie, on n’y peut rien.
Faire semblant n’est pas très compliqué. Tripoter les tissus, si on le fait discrètement, à la manière des caresses prodiguées au pelage d’un animal de race. Ou bien jeter des oeillades de ci de là afin de laisser croire qu’on est en quête d’une jolie tenue pour le bal à venir. Non, ce n’est pas le genre d’Ivanovna. Ni son coeur. En cela, elle détone, la vendeuse doit s’en rendre compte aisément, des clientes, elle en voit tous les jours par dizaines.
-… Oui.. c’est comme ça…
Il faudrait entrer dans la cabine d’essayage mais quelque chose l’en empêche. La vacuité. Les vraies choses sont ailleurs, pas dans la pacotille ou le vin fin. Elle sourit, malgré tout elle sourit, que peuvent-elles bien y faire ?
Dans les mots d’Ivanovna, un degré certain de politesse mondaine. On ne va pas pleurer à chaque fois que l’on évoque nos morts. Elle sent bien la gêne en face, point n’est besoin de mettre cette inconnue en difficulté. C’est juste la vie qui nous confronte parfois à ses échardes. Il est difficile de devoir s’en tenir à des mots lisses. Elle aimerait pouvoir exprimer ce qu’elle a en elle. Pourquoi sa sœur ? Comment les choses ont-elles pu tourner dramatiquement ? A d’autres moments, lâcher les eaux du barrage et expulser cette peine une bonne fois pour toutes lui serait bénéfique. Mais elle ne peut imposer cela à la seule personne capable d’entendre, la seule à qui elle pourrait témoigner sans crainte. Aly ne mérite pas de porter plus encore son amie. Elle en fait déjà tant, habituée sans doute mais elles sont amies, intensément… Non, elle doit garder cela pour elle comme le dernier fardeau. Dans toutes les familles on est obligé de supporter des relations compliquées, le passé, les paroles mortelles, les cadeaux empoisonnés… Dans son cas, ce sont les échos de toute cette période qu’il lui faut accepter. L’occurrence de ces événements est aussi imprévisible qu’une poussée de paludisme. Mais une chose est avérée, cette femme connaissait Circéia, au moins de nom. Sinon pourquoi avoir réagi ainsi ? La jolie robe ne suffirait pas à expliquer tout ça.
- … En tout cas me voilà avec une relique de plus. Au moins ce n’est pas une vieillerie …
La distance entre les êtres est une chose à laquelle la jeune sorcière est très sensible. Ayant parfaitement interprété les gestes de cette femme aux cheveux étonnants, elle fait en sorte de ne pas s’imposer. Ne voulant pas non plus ébruiter leur conversation, elle maintient une distance raisonnable.
-… même si nous n’avions pas les mêmes goûts.
Ivanovna est un peu gênée. Son habitude des conversations sapologiques est plus qu’embryonnaire. D’ailleurs, elle est habillée en rouge par hasard, cette couleur va très bien à ses cheveux et son grain de peau. Et alors ?
- Ma sœur était brillante… Quelle tristesse… Dire que je ne sais même pas ce qui lui est arrivé…
Ce n’est pas à proprement parler une conversation typique de ce genre de lieux. Mais au moins dit-elle ce que son coeur lui dicte. Cela ne s’improvise pas, vous avez confiance en l’autre ; ou pas. Ivanovna ne perçoit aucune menace. Et puis d’ailleurs, que dit-elle de compromettant à part ce que son âme emmure ? On pourrait tout aussi bien croire en des propos convenus. L’art de se cacher, ou de tout exposer sans ostentation. Bonté des êtres bruts.
- C’est comme ça, c’est la vie, on n’y peut rien.
Faire semblant n’est pas très compliqué. Tripoter les tissus, si on le fait discrètement, à la manière des caresses prodiguées au pelage d’un animal de race. Ou bien jeter des oeillades de ci de là afin de laisser croire qu’on est en quête d’une jolie tenue pour le bal à venir. Non, ce n’est pas le genre d’Ivanovna. Ni son coeur. En cela, elle détone, la vendeuse doit s’en rendre compte aisément, des clientes, elle en voit tous les jours par dizaines.
-… Oui.. c’est comme ça…
Il faudrait entrer dans la cabine d’essayage mais quelque chose l’en empêche. La vacuité. Les vraies choses sont ailleurs, pas dans la pacotille ou le vin fin. Elle sourit, malgré tout elle sourit, que peuvent-elles bien y faire ?
18 oct. 2025, 11:11
Origines du bien
Nora écouta l'inconnue, la sœur Alekhina, sans rien dire. Elle ne pouvait imaginer ce que c'était de perdre une sœur. Elle ne savait même pas ce que c'était d'en avoir une. Les faits remontaient à plusieurs années maintenant mais elle comprenait que la situation reste difficile à gérer, à digérer. À cet âge, c'était un événement auquel on ne devrait pas être confronté. Puis, des mots lui firent relever son regard, qui trahissait sa surprise. Ne savait-elle pas ce qui était arrivé à sa sœur ? La famille n'avait pas été mise au courant de découvertes de la CIS à ce sujet ? Avaient-ils seulement été mis au courant qu'il y avait bien eu une enquête ?
La résignation de la jeune femme interloqua Nora, qui ne put s'empêcher de se mêler de ce qui ne la regardait pas. On pouvait deviner que ce besoin de justice l'avait guidé là où elle en était à présent.
"Vous... ne savez pas ? La CIS n'a pas rendu de compte à votre famille à la clôture de l'enquête ?" demanda-t-elle prudemment, ne sachant pas trop ce que sa question allait déchaîner. De la tristesse, de la haine, du désespoir... ou simplement de l'intérêt ? Allait-elle commettre un acte interdit, si tant est qu'il y ai eu une bonne raison expliquant l'absence de nouvelles parvenue à la sœur de la défunte ? Allait-elle simplement soulager une pauvre âme en peine, ou bien remuer des choses qui s'étaient tassées et causer davantage de souffrance ?
La résignation de la jeune femme interloqua Nora, qui ne put s'empêcher de se mêler de ce qui ne la regardait pas. On pouvait deviner que ce besoin de justice l'avait guidé là où elle en était à présent.
"Vous... ne savez pas ? La CIS n'a pas rendu de compte à votre famille à la clôture de l'enquête ?" demanda-t-elle prudemment, ne sachant pas trop ce que sa question allait déchaîner. De la tristesse, de la haine, du désespoir... ou simplement de l'intérêt ? Allait-elle commettre un acte interdit, si tant est qu'il y ai eu une bonne raison expliquant l'absence de nouvelles parvenue à la sœur de la défunte ? Allait-elle simplement soulager une pauvre âme en peine, ou bien remuer des choses qui s'étaient tassées et causer davantage de souffrance ?
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18 oct. 2025, 21:20
Origines du bien
Les pires heures sans Konstantin. Quand il fallait se cacher d’être en vie. Ivanovna parvient à se contenir, le visage ne montre rien du maelstrom naissant. Même sa main tient, un peu trop fermement, cette robe bleue qu’elle aime tant, qu’elle est venue chercher comme on retrouve une amie. Et puis voilà, la vie passe et vous emporte avec elle dans un nouveau tourbillon. Vous n’avez rien demandé ? Mais c’est égal, et personne n’est à blâmer.
Mentir, dans ces cas-là, Konstantin lui a dit deux choses. Mentir, pour se protéger, en tout cas ne jamais laisser le silence s’installer. Car cela est suspect. La CIS...Une sorte de méfiance transforme Ivanovna en glaçon dès qu’elle entend parler d’une autorité à contenu politique, ou autre pouvoir. Elle a peur de l’abus, du jugement, d’un regard inquisiteur sur ce qu’a été sa vie, celle de sa famille. Un conflit existe bel et bien en elle. Et comme personne jusqu’ici ne l’a aidée à s’y retrouver dans tous ces morts, elle se sent obligée de se cacher.
- Non…
Voilà le vrai mensonge. C’est un non qui signifie qu’elle ne sait pas. Ce qui est vrai, l’exacte vérité demeure obscurcie par les nébulosités des derniers mois de la vie de sa sœur. Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle en veut à ces autorités qui d’après elle n’ont rien fait pour protéger les sœurs Alekhin, enfin… Alekhina. Elle est injuste, nombriliste et surtout naïve de croire qu’elle est la seule dans ce cas, la seule à avoir subi des injustices. Depuis plusieurs années, il faut louvoyer mais cela, elle ne s’en rend pas compte, perdue dans sa propre matrice asséchée.
Dans le même mouvement, elle ne peut s’empêcher de voir en la voix sortie de son passé, qui semble lui proposer d’ouvrir une fenêtre sur sa vie, une possibilité. En outre, la proximité en âge, une sorte de… manière d’être lui laisse à penser que cette femme n’est pas un danger. « Toujours opter pour l’option la plus prudente... » Elle s’apprête à agir contre un précepte de son pygmalion. Elle veut prendre le risque. D’avoir mal, d’entendre une vérité dérangeante. Mais salutaire à ses yeux.
- Que devrais-je savoir ?
Un moindre mal. Elle pose une question, évitant ainsi de dévoiler l’étendue de son innocence sur la question. Tant pis si un mythe familial doit en faire les frais. Il faut accepter de savoir.
Le tout en ayant pris soin de retenir sa robe de tomber. Le bras la porte, pliée autour. Pratique de pouvoir ainsi masquer ce léger tremblement. Mais ses yeux trahissent désormais une certaine angoisse, le noir vrille au sombre. Avec une pointe d’impatience, de curiosité, loin d’être malsaine mais qui la pousse à espérer une réponse claire. Qu'on en finisse pour enfin reposer en paix.
Mentir, dans ces cas-là, Konstantin lui a dit deux choses. Mentir, pour se protéger, en tout cas ne jamais laisser le silence s’installer. Car cela est suspect. La CIS...Une sorte de méfiance transforme Ivanovna en glaçon dès qu’elle entend parler d’une autorité à contenu politique, ou autre pouvoir. Elle a peur de l’abus, du jugement, d’un regard inquisiteur sur ce qu’a été sa vie, celle de sa famille. Un conflit existe bel et bien en elle. Et comme personne jusqu’ici ne l’a aidée à s’y retrouver dans tous ces morts, elle se sent obligée de se cacher.
- Non…
Voilà le vrai mensonge. C’est un non qui signifie qu’elle ne sait pas. Ce qui est vrai, l’exacte vérité demeure obscurcie par les nébulosités des derniers mois de la vie de sa sœur. Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle en veut à ces autorités qui d’après elle n’ont rien fait pour protéger les sœurs Alekhin, enfin… Alekhina. Elle est injuste, nombriliste et surtout naïve de croire qu’elle est la seule dans ce cas, la seule à avoir subi des injustices. Depuis plusieurs années, il faut louvoyer mais cela, elle ne s’en rend pas compte, perdue dans sa propre matrice asséchée.
Dans le même mouvement, elle ne peut s’empêcher de voir en la voix sortie de son passé, qui semble lui proposer d’ouvrir une fenêtre sur sa vie, une possibilité. En outre, la proximité en âge, une sorte de… manière d’être lui laisse à penser que cette femme n’est pas un danger. « Toujours opter pour l’option la plus prudente... » Elle s’apprête à agir contre un précepte de son pygmalion. Elle veut prendre le risque. D’avoir mal, d’entendre une vérité dérangeante. Mais salutaire à ses yeux.
- Que devrais-je savoir ?
Un moindre mal. Elle pose une question, évitant ainsi de dévoiler l’étendue de son innocence sur la question. Tant pis si un mythe familial doit en faire les frais. Il faut accepter de savoir.
Le tout en ayant pris soin de retenir sa robe de tomber. Le bras la porte, pliée autour. Pratique de pouvoir ainsi masquer ce léger tremblement. Mais ses yeux trahissent désormais une certaine angoisse, le noir vrille au sombre. Avec une pointe d’impatience, de curiosité, loin d’être malsaine mais qui la pousse à espérer une réponse claire. Qu'on en finisse pour enfin reposer en paix.
19 oct. 2025, 15:13
Origines du bien
Nora se sentait mal. Mal de découvrir que la propre sœur de la victime n'avait pas été tenue au courant de la conclusion de l'enquête. Mal d'avoir été celle qui avait remué le couteau dans la plaie. Mal de devoir être celle qui lui apporterait la nouvelle. Car maintenant, elle en avait trop dit, et elle ne pouvait pas partir sans en dire davantage. Et très certainement qu'elle n'était pas en droit de le lui dire, car ça n'était pas son rôle. Peut-être que la CIS avait eu ses raisons de ne pas tout dévoiler. Peut-être que les personnes compétentes l'avaient fait, aux parents, et eux-mêmes avaient choisi de ne rien dire à leur seconde fille. Et Nora venait mettre son grain de sel là-dedans, alors que cela ne la regardait en rien. Elle espérait que cette situation ne lui retomberait pas dessus.
"Je.... je ne suis pas sûre." dit-elle finalement. Elle hésitait, de peur de créer des problèmes. "Si on ne vous a rien dit, il y a peut-être une raison."
Elle commençait à changer d'avis. Elle ne pouvait pas dévoiler ce genre d'informations comme ça, ça ne serait pas bien de sa part. La jeune femme était prise de tourments, partagée entre ce qui lui semblait juste et ce qui semblait être son devoir.
"Si je vous dis ce que je sais, vous ne pouvez le dire à personne. Personne ne peut savoir qu'on s'est rencontrées." souffla-t-elle finalement, comme une confidence.
"Je.... je ne suis pas sûre." dit-elle finalement. Elle hésitait, de peur de créer des problèmes. "Si on ne vous a rien dit, il y a peut-être une raison."
Elle commençait à changer d'avis. Elle ne pouvait pas dévoiler ce genre d'informations comme ça, ça ne serait pas bien de sa part. La jeune femme était prise de tourments, partagée entre ce qui lui semblait juste et ce qui semblait être son devoir.
"Si je vous dis ce que je sais, vous ne pouvez le dire à personne. Personne ne peut savoir qu'on s'est rencontrées." souffla-t-elle finalement, comme une confidence.
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20 oct. 2025, 18:42
Origines du bien
Ivanovna a l’impression de parler à Konstantin tout d’un coup. Revenue des années en arrière, cernée par le danger. Ce n’est pas tant la peur qui l’assaille que la vérité. Si cette femme redoute les représailles, c’est que d’une manière ou d’une autre, une chose terrible est dissimulée sous le sceau du secret.
Dans le même temps, on lui fait crédit, instinctivement. Non que cela soit rare, les gens qui la connaissent savent combien elle est droite par nature. Mais se voir ainsi confier l’honorabilité que l’on porte, c’est un gage de confiance qu’elle ne saurait trahir. Elle doit au plus vite rendre la pareille. Ivanovna ne sait pas comment. Elle l’aurait bien attirée dans la cabine pour plus de discrétion mais il faut rester de marbre dans un tel lieu. Encore une fois seule une attitude en apparence dégagée peut convenir.
Elle tend la main comme s’il s’agissait d’entamer un serment inviolable, le bras tout juste recouvert pas cette robe devenue le cadet de ses soucis. Dans ces conditions, il est dur de rester impassible. De toutes manières, elle ne connaît même pas son nom. Et comment expliquer qu’elle se souvienne de sa sœur ? Le prénom n’est pas si courant il est vrai. Il faut au plus vite dire quelque chose, sur un ton toujours plus sourd.
- J’ai votre confiance, vous avez la mienne.
Ivanovna redoute désormais une vérité dont elle a longtemps tu le désir de la révélation. Tout cela est tellement étrange, ici, maintenant. C’est une épreuve, un nouveau saut dans l’inconnu. Certaines choses ne s’achètent pas, nous en sommes porteurs ou nous en sommes dénués.
- Je n’ai pas peur de ce que les enquêteurs ont pu trouver. La vérité peut blesser, jamais ceux qui la révèlent.
Un élan de sympathie la traverse, cette femme a quelque chose qui fascine Ivanovna Sergeïeva Alekhina. Le lieu est hélas mal choisi… Elle comprend qu’il ne faut pas trop en dire.
La jeune sorcière vient de s’engager, qui sait si ce n’est pas son premier acte politique.
- Mionnachadh.*
Un mot qu'elle entendait très rarement petite. Il n'aurait pas fallu plaisanter avec le Grand-Père Gunnray.
Dans le même temps, on lui fait crédit, instinctivement. Non que cela soit rare, les gens qui la connaissent savent combien elle est droite par nature. Mais se voir ainsi confier l’honorabilité que l’on porte, c’est un gage de confiance qu’elle ne saurait trahir. Elle doit au plus vite rendre la pareille. Ivanovna ne sait pas comment. Elle l’aurait bien attirée dans la cabine pour plus de discrétion mais il faut rester de marbre dans un tel lieu. Encore une fois seule une attitude en apparence dégagée peut convenir.
Elle tend la main comme s’il s’agissait d’entamer un serment inviolable, le bras tout juste recouvert pas cette robe devenue le cadet de ses soucis. Dans ces conditions, il est dur de rester impassible. De toutes manières, elle ne connaît même pas son nom. Et comment expliquer qu’elle se souvienne de sa sœur ? Le prénom n’est pas si courant il est vrai. Il faut au plus vite dire quelque chose, sur un ton toujours plus sourd.
- J’ai votre confiance, vous avez la mienne.
Ivanovna redoute désormais une vérité dont elle a longtemps tu le désir de la révélation. Tout cela est tellement étrange, ici, maintenant. C’est une épreuve, un nouveau saut dans l’inconnu. Certaines choses ne s’achètent pas, nous en sommes porteurs ou nous en sommes dénués.
- Je n’ai pas peur de ce que les enquêteurs ont pu trouver. La vérité peut blesser, jamais ceux qui la révèlent.
Un élan de sympathie la traverse, cette femme a quelque chose qui fascine Ivanovna Sergeïeva Alekhina. Le lieu est hélas mal choisi… Elle comprend qu’il ne faut pas trop en dire.
La jeune sorcière vient de s’engager, qui sait si ce n’est pas son premier acte politique.
- Mionnachadh.*
Un mot qu'elle entendait très rarement petite. Il n'aurait pas fallu plaisanter avec le Grand-Père Gunnray.
* : Il faut ici savoir qu'Ivanovna ne connaît pas très exactement le sens de ce mot. Il est possible qu'elle le prononce par la phonétique sans plus. C'est dans les traditions familiales Gunnray un mot d'honneur, il lui est venu d'instinct.
23 oct. 2025, 15:58
Origines du bien
Nora regarda autour d'elle pour vérifier que les deux jeunes femmes étaient bien seules. Son cœur battait, signe qu'elle s'apprêtait certainement à braver un interdit. Tant pis, elle y était jusqu'au cou et ne pouvait plus faire marche arrière.
"La CIS a enquêté sur l'affaire à l'époque. En 2046 je crois ?" commença-t-elle. "Ils ont noté que Circéia avait été attaquée. Ils n'étaient pas sûrs s'il s'agissait de malfrats du coin ou de créatures, mais la lutte avait été très rude, de ce qu'on dit."
Nora fit une pause. Elle n'était pas certaine de savoir où s'arrêter. Mais si elle se positionnait dans cette quête de l'honnêteté, elle ne devait pas dire les choses à moitié. Rapporter des événements si horribles à un membre de la famille du défunt était chose bien délicate, cependant.
"Ils l'ont retrouvé avec beaucoup de blessures, dont certains assez inhabituelles. D'où l'indécision concernant la personne ou la chose qui l'aurait attaquée. Ses jambes étaient couvertes de morsures, et les veines d'une couleur peu naturelle. Ils ont pensé à un empoisonnement, peut-être."
Voilà, Nora avait lâché le morceau. Elle ne se sentait pas plus légère, et sans doute que son interlocutrice non plus. Elle espérait ne pas avoir été trop brute, et que la jeune femme en face d'elle ne s'effondrerait pas en plein milieu de la boutique. La Starks se préparait déjà à prendre ses jambes à son cou si cela arrivait, de peur d'être accusée d'on ne savait quoi.
"La CIS a enquêté sur l'affaire à l'époque. En 2046 je crois ?" commença-t-elle. "Ils ont noté que Circéia avait été attaquée. Ils n'étaient pas sûrs s'il s'agissait de malfrats du coin ou de créatures, mais la lutte avait été très rude, de ce qu'on dit."
Nora fit une pause. Elle n'était pas certaine de savoir où s'arrêter. Mais si elle se positionnait dans cette quête de l'honnêteté, elle ne devait pas dire les choses à moitié. Rapporter des événements si horribles à un membre de la famille du défunt était chose bien délicate, cependant.
"Ils l'ont retrouvé avec beaucoup de blessures, dont certains assez inhabituelles. D'où l'indécision concernant la personne ou la chose qui l'aurait attaquée. Ses jambes étaient couvertes de morsures, et les veines d'une couleur peu naturelle. Ils ont pensé à un empoisonnement, peut-être."
Voilà, Nora avait lâché le morceau. Elle ne se sentait pas plus légère, et sans doute que son interlocutrice non plus. Elle espérait ne pas avoir été trop brute, et que la jeune femme en face d'elle ne s'effondrerait pas en plein milieu de la boutique. La Starks se préparait déjà à prendre ses jambes à son cou si cela arrivait, de peur d'être accusée d'on ne savait quoi.
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