Puisque rien ne vaut un Serdaigle
22 mai 2050
@Aristide Griffiths
_____________________________________
« Merde. »
Le gros manuel de soin aux créatures magiques avait glissé une nouvelle fois sous son bras. Si, certes, il ne tombait pas au sol, il coulissait entre son biceps et le flanc de son torse, tirant sur sa chemise et rendant ainsi le tout extrêmement désagréable à la longue. Mais elle avait voulu le porter ainsi. Pourquoi ? Aucune idée. Ça faisait cool. C'était pratique. Pratique pour faire genre. Pour simuler qu'elle était à l'aise à l'idée de transporter un livre aussi hideux que celui que demandait Mr Dawson lors de son cours.
Cours, que Nyxis qualifierait plutôt de supplice, d'enseignement inutile, de perte de temps et de séances de mise en scène du ridicule collectif. Des créatures magiques. Oui, pourquoi pas. Mais loin d'elle. Très, très, très loin. Un niffleur était amusant à observer, à contempler dans les livres. Mais son pelage n'est splendide que sur des pages jaunies. Pas à quatre centimètres de sa peau. Beurk. Qui sait ce que transmettait ce genre de bête ? Et si, par le simple fait d'avoir pansé une patte d'animal, elle attrapait toutes sortes d'affreuses bactéries ? Des micro-organismes si nocifs qu'ils lui brûleraient la peau, rongeraient le cerveau, les os, détruiraient son système immunitaire ! Des microbes tellement puissants qu'ils lui ôteraient la vie. La Direction prenait-elle en compte ce genre de danger ? Montmort avait-elle conscience des risques auxquels on exposait ses élèves ?
Une chose était sûre, grand-père en entendrait parler.
La blonde avait rejoint le parc, et plus précisément l'incarnation de l'intelligence — selon elle — afin de réviser cette terrifiante matière avant les examens de fin d'année. Car, si cet enseignement lui semblait extrêmement inutile et potentiellement mortel, ce n'était pas une raison pour ainsi entâcher son bulletin. Pas question qu'une telle pratique honteuse expose la Calderon à une honte monumentale et éternelle sur son bulletin.
Ainsi était-elle assise en tailleur face à son ami maître du savoir, les deux mains posées sur ses pieds joints.
« Je comprends pas. Pourquoi on fait autant d'histoire alors qu'en vérité, Boursouf et Boursouflet c'est la même chose ? C'est le même truc un peu poilu non ? Elle soupira en balançant la tête en arrière, comme si elle réfléchirait mieux le cerveau sens dessus dessous. Et comment je suis censée savoir ce que ça mange moi ? Je suis pas dans leur tête. C'est comme les Croups au final, on nous demande de s'en occuper comme si c'était évident, voire intuitif ! Alors qu'en vrai, on nous expose juste à une bête super dangereuse ! Sa classification fait peur... »
Elle releva le menton pour chercher un quelconque soutien dans l'expression du brun. Néanmoins, ses traits se renfrognèrent au constat de la mine qu'affichait son interlocuteur, ne la plaignant pas assez à son goût.
« Oh, Aristide, tu m'écoutes ? » Elle demanda simplement en secouant sa paume devant les yeux de son camarade pour le sortir de son monde.
« T'as pas des moyens mnémotechniques pour retenir ce genre d'infos ? Ou un sort pour implanter tout le cours dans mon cerveau ? »
Incapable de tenir en place, elle s'allongea sur l'herbe et secoua vigoureusement les pieds en se retenant de mordre dans son livre.
« J'y arrive paaaaaaaas, comment c'est possible ! Elle tempêta d'une voix rauque, presque comme sonnerait une plainte. Je m'ennuie. »
564
@Aristide Griffiths
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« Merde. »
Le gros manuel de soin aux créatures magiques avait glissé une nouvelle fois sous son bras. Si, certes, il ne tombait pas au sol, il coulissait entre son biceps et le flanc de son torse, tirant sur sa chemise et rendant ainsi le tout extrêmement désagréable à la longue. Mais elle avait voulu le porter ainsi. Pourquoi ? Aucune idée. Ça faisait cool. C'était pratique. Pratique pour faire genre. Pour simuler qu'elle était à l'aise à l'idée de transporter un livre aussi hideux que celui que demandait Mr Dawson lors de son cours.
Cours, que Nyxis qualifierait plutôt de supplice, d'enseignement inutile, de perte de temps et de séances de mise en scène du ridicule collectif. Des créatures magiques. Oui, pourquoi pas. Mais loin d'elle. Très, très, très loin. Un niffleur était amusant à observer, à contempler dans les livres. Mais son pelage n'est splendide que sur des pages jaunies. Pas à quatre centimètres de sa peau. Beurk. Qui sait ce que transmettait ce genre de bête ? Et si, par le simple fait d'avoir pansé une patte d'animal, elle attrapait toutes sortes d'affreuses bactéries ? Des micro-organismes si nocifs qu'ils lui brûleraient la peau, rongeraient le cerveau, les os, détruiraient son système immunitaire ! Des microbes tellement puissants qu'ils lui ôteraient la vie. La Direction prenait-elle en compte ce genre de danger ? Montmort avait-elle conscience des risques auxquels on exposait ses élèves ?
Une chose était sûre, grand-père en entendrait parler.
La blonde avait rejoint le parc, et plus précisément l'incarnation de l'intelligence — selon elle — afin de réviser cette terrifiante matière avant les examens de fin d'année. Car, si cet enseignement lui semblait extrêmement inutile et potentiellement mortel, ce n'était pas une raison pour ainsi entâcher son bulletin. Pas question qu'une telle pratique honteuse expose la Calderon à une honte monumentale et éternelle sur son bulletin.
Ainsi était-elle assise en tailleur face à son ami maître du savoir, les deux mains posées sur ses pieds joints.
« Je comprends pas. Pourquoi on fait autant d'histoire alors qu'en vérité, Boursouf et Boursouflet c'est la même chose ? C'est le même truc un peu poilu non ? Elle soupira en balançant la tête en arrière, comme si elle réfléchirait mieux le cerveau sens dessus dessous. Et comment je suis censée savoir ce que ça mange moi ? Je suis pas dans leur tête. C'est comme les Croups au final, on nous demande de s'en occuper comme si c'était évident, voire intuitif ! Alors qu'en vrai, on nous expose juste à une bête super dangereuse ! Sa classification fait peur... »
Elle releva le menton pour chercher un quelconque soutien dans l'expression du brun. Néanmoins, ses traits se renfrognèrent au constat de la mine qu'affichait son interlocuteur, ne la plaignant pas assez à son goût.
« Oh, Aristide, tu m'écoutes ? » Elle demanda simplement en secouant sa paume devant les yeux de son camarade pour le sortir de son monde.
« T'as pas des moyens mnémotechniques pour retenir ce genre d'infos ? Ou un sort pour implanter tout le cours dans mon cerveau ? »
Incapable de tenir en place, elle s'allongea sur l'herbe et secoua vigoureusement les pieds en se retenant de mordre dans son livre.
« J'y arrive paaaaaaaas, comment c'est possible ! Elle tempêta d'une voix rauque, presque comme sonnerait une plainte. Je m'ennuie. »
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Puisque rien ne vaut un Serdaigle
Aristide observait l'autre par dessus ses lunettes alors qu'elle lui parlait. Evidemment, cela rendait son visage bien flou mais l'important était que les pages de son livre ouvert sur ses jambes soient bien nettes. Après tout, il connaissait suffisamment le visage de son amie pour savoir avec précision quelle serait son expression. Un mélange de "Plaignez moi, vous voyez bien que je suis au bord du précipice" et ce petit côté condescendant qu'elle affichait dès qu'elle parlait d'une créature qui ne soit pas bipède, dotée de la parole, d'une intelligence supérieure et habillée autrement que en rouge. Le mélange pouvait sembler difficile à imaginer mais Nyxis arrivait à l'afficher avec talent. Il leva les yeux au ciel, ne prenant même pas la peine de forcer une tentative de regard compatissant avant de secouer la tête avec un petit rire.
Ce serait comme dire qu'un tigre et un chat, c'est la même chose. Ils sont de la même famille, c'est tout. Un Boursoufflet, c'est une variante d'un Boursouf, mais c'est pas la même chose. Et en plus, c'est plus petit, et c'est plus mignon. Il aurait pu s'étaler dix minutes sur l'importance de différencier les Boursoufflets et les Boursoufs, surtout quand il était question de faire des potions, mais son amie reprit bien vite la parole pour se plaindre de leurs habitudes alimentaires. Il l'écouta d'une oreille semi attentive alors qu'il se penchait pour entourer une phrase de son manuel. La plume gratta la page avec un bruit que Aristide appréciait tout particulièrement et il en oublia momentanément de répondre, trop concentré à lever suffisamment la main pour ne pas tâcher les mots. Il avait toujours tendance à tâcher ses parchemins quand il ne faisait pas attention : là était la difficulté de tous les gauchers avec une plume.
Il sursauta en voyant la main apparaître dans son champ de vision et releva les yeux, le regard curieux. Poussant ses lunettes correctement sur son nez, il se tortilla quelques secondes pour se rasseoir correctement en tailleur. Son talon appuyait désagréablement sous sa cuisse et il pensait même être en train de se créer un hématome. Oui, oui, je t'écoute acquiesça-t-il en essayant de paraître sincère. Nyxis lui avait demandé de l'aide pour réviser l'examen de Soin aux Créatures Magiques qui arrivait à grands pas et Aristide se demandait toujours pourquoi elle avait choisit une filière qui en contenait, puisqu'elle ne faisait que se plaindre dès qu'elle en avait l'occasion. Il lui arrivait souvent d'être à moitié d'accord avec elle, parce que cela semblait être logique pour une Sang-pur : Se salir les mains avec des animaux, ce n'était pas correct, ni gracieux. Alors, quand on lui demandait s'il aimait la matière, il répondait toujours la même chose : sans plus. En réalité, il aurait voulu passer des heures dans les enclos de monsieur Dawson. Nyxis le savait, évidemment, la discrétion n'avait jamais été son fort.
Tu n'as qu'à voir les Croups comme ton grand père. C'est très gentil avec les sorciers, mais ça attaque les moldus. Et, tout comme les chiens, c'est omnivore. Il se pencha à nouveau sur son manuel. Ca.. euh.. ça veut dire que ça mange de la viande et des végétaux... Comme ton grand-père, encore une fois. Marmonna-t-il alors qu'il soulignait une autre phrase. Il corna la page, indiquant à son moi du futur qu'il lui faudrait revenir dessus une fois de retour à la Tour. Il connaissait presque toutes les pages par cœur, mais une relecture ne faisait jamais de mal. Surtout quand on stressait tellement pour les examens qu'on s'en rendait malade les jours précédent. Son ventre se serra vivement à l'idée de ne pas pouvoir répondre une fois devant l'examen et il décida d'ignorer le sentiment.
Ses yeux se mirent à suivre les petons battants de son amie jusqu'à ce qu'ils lui fassent mal au crâne et que le brun se contente d'observer la jeune fille avec perplexité. Tu vas avoir de l'herbe dans les cheveux. Indiqua-t-il d'une voix égale avant de poser son manuel sur le côté, veillant à le poser sur son sac à dos et non pas par terre. Quelques secondes de réflexion plus tard, il se déplaça de quelques centimètres pour rejoindre le flanc de son amie et replia ses jambes contre sa poitrine, les bras entourant ses genoux avant d'y poser son menton. On pourrait faire une pause, si tu n'arrives pas à travailler. Il s'agissait là autant d'une proposition pour elle que pour lui : Quand Nyxis avait décidé qu'elle n'avait pas envie de travailler, il était impossible de l'y forcer et il n'avait pas envie de passer deux heures à exposer l'importance des examens. Elle en avait conscience, et puis ses notes n'étaient pas si catastrophiques. Tu préfères faire quoi à la place ? Prendre une décision ? S'il pouvait l'éviter, c'était toujours mieux.
Ce serait comme dire qu'un tigre et un chat, c'est la même chose. Ils sont de la même famille, c'est tout. Un Boursoufflet, c'est une variante d'un Boursouf, mais c'est pas la même chose. Et en plus, c'est plus petit, et c'est plus mignon. Il aurait pu s'étaler dix minutes sur l'importance de différencier les Boursoufflets et les Boursoufs, surtout quand il était question de faire des potions, mais son amie reprit bien vite la parole pour se plaindre de leurs habitudes alimentaires. Il l'écouta d'une oreille semi attentive alors qu'il se penchait pour entourer une phrase de son manuel. La plume gratta la page avec un bruit que Aristide appréciait tout particulièrement et il en oublia momentanément de répondre, trop concentré à lever suffisamment la main pour ne pas tâcher les mots. Il avait toujours tendance à tâcher ses parchemins quand il ne faisait pas attention : là était la difficulté de tous les gauchers avec une plume.
Il sursauta en voyant la main apparaître dans son champ de vision et releva les yeux, le regard curieux. Poussant ses lunettes correctement sur son nez, il se tortilla quelques secondes pour se rasseoir correctement en tailleur. Son talon appuyait désagréablement sous sa cuisse et il pensait même être en train de se créer un hématome. Oui, oui, je t'écoute acquiesça-t-il en essayant de paraître sincère. Nyxis lui avait demandé de l'aide pour réviser l'examen de Soin aux Créatures Magiques qui arrivait à grands pas et Aristide se demandait toujours pourquoi elle avait choisit une filière qui en contenait, puisqu'elle ne faisait que se plaindre dès qu'elle en avait l'occasion. Il lui arrivait souvent d'être à moitié d'accord avec elle, parce que cela semblait être logique pour une Sang-pur : Se salir les mains avec des animaux, ce n'était pas correct, ni gracieux. Alors, quand on lui demandait s'il aimait la matière, il répondait toujours la même chose : sans plus. En réalité, il aurait voulu passer des heures dans les enclos de monsieur Dawson. Nyxis le savait, évidemment, la discrétion n'avait jamais été son fort.
Tu n'as qu'à voir les Croups comme ton grand père. C'est très gentil avec les sorciers, mais ça attaque les moldus. Et, tout comme les chiens, c'est omnivore. Il se pencha à nouveau sur son manuel. Ca.. euh.. ça veut dire que ça mange de la viande et des végétaux... Comme ton grand-père, encore une fois. Marmonna-t-il alors qu'il soulignait une autre phrase. Il corna la page, indiquant à son moi du futur qu'il lui faudrait revenir dessus une fois de retour à la Tour. Il connaissait presque toutes les pages par cœur, mais une relecture ne faisait jamais de mal. Surtout quand on stressait tellement pour les examens qu'on s'en rendait malade les jours précédent. Son ventre se serra vivement à l'idée de ne pas pouvoir répondre une fois devant l'examen et il décida d'ignorer le sentiment.
Ses yeux se mirent à suivre les petons battants de son amie jusqu'à ce qu'ils lui fassent mal au crâne et que le brun se contente d'observer la jeune fille avec perplexité. Tu vas avoir de l'herbe dans les cheveux. Indiqua-t-il d'une voix égale avant de poser son manuel sur le côté, veillant à le poser sur son sac à dos et non pas par terre. Quelques secondes de réflexion plus tard, il se déplaça de quelques centimètres pour rejoindre le flanc de son amie et replia ses jambes contre sa poitrine, les bras entourant ses genoux avant d'y poser son menton. On pourrait faire une pause, si tu n'arrives pas à travailler. Il s'agissait là autant d'une proposition pour elle que pour lui : Quand Nyxis avait décidé qu'elle n'avait pas envie de travailler, il était impossible de l'y forcer et il n'avait pas envie de passer deux heures à exposer l'importance des examens. Elle en avait conscience, et puis ses notes n'étaient pas si catastrophiques. Tu préfères faire quoi à la place ? Prendre une décision ? S'il pouvait l'éviter, c'était toujours mieux.
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Dernière modification par Aristide Griffiths le 24 août 2025, 19:14, modifié 1 fois.
034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.
Puisque rien ne vaut un Serdaigle
Nyxis écoutait les explications du Serdaigle. Elle les écoutait, oh, c'était un bien grand mot. Disons que le contenu de sa parole entrait par une oreille et ressortait de l'autre, en prenant soin d'embrouiller encore plus son cerveau au passage, parce que pourquoi pas. Le fond avait beau être logique, le rapport qu'elle avait aux animaux lui refusait simplement toute compréhension du sujet. Elle aurait voulu dire qu'un Gryffondor et un Poufsouffle n'avaient rien au commun, pourtant, il s'agissait bien de deux humains. Lorsqu'on parlait d'un élève de Poudlard, on disait bien un sorcier, et pas Un Serpentard, ça n'avait pas de sens autrement ! En fin de compte, pourquoi ne pas trouver un mot qui engloberait ces deux formes d'espèces dans une seule et même catégorie ?
Elle se contenta d'un simple Mmh, ayant déjà à moitié décroché de l'ambiance studieuse qui aurait dû régner dans le parc à cette heure-ci. De toute façon, Aristide avait lui aussi l'air de totalement dissocier de cette séance de révision. Nyxis le voyait bien, les yeux dans le vide, les muscles détendus et la réponse la moins convaincante du monde. Il l'écoutait autant qu'un aigle sourd au creux de son nid, dont la principale préoccupation se tenait bien loin des mots que lui adressait la troisième année.
Elle avait toujours connu le garçon rêveur, parfois un peu éloigné de la réalité, sur son petit nuage. Elle ne l'avouerait sûrement jamais, mais c'était un comportement qui lui plaisait bien. Elle qui avait tant besoin d'avoir les pieds sur Terre, elle qui se forçait à s'ancrer dans le réel, les instants passés avec le brun lui rappelait qu'il était autorisé de s'octroyer quelques secondes de répit, et ainsi laisser libre cours à son imagination, fleurissant dans son esprit alors qu'elle rêvasse d'un monde lointain, où la seule puissance Calderon frémit dans sa paume divine. Mais inutile de se voiler la face, cela ne se produirait pas, ou du moins, pas de si tôt.
Cette transition en douceur l'amena justement aux paroles de l'Anglais. Pendant un instant, tout lui sembla logique. Puis, elle ouvrit de grands yeux et s'immobilisa, comme si elle avait vu la Mort en personne.
« Aristide, je rêve ou tu compares grand-père à un chien ? S'il t'entendait... Ou pire, si ça se sait... »
Pourtant, derrière ses traits outragés, elle retint un ricanement puéril. Michael Calderon, amené au rang de Croup... C'était amplement mérité. Et il fallait l'avouer, il avait vu clair dans le jeu du Secrétaire d'État. Ce qui n'était en réalité pas bien compliqué puisque l'homme lui-même ne prenait aucun mal à vociférer sa haine du moldu depuis le haut de son balcon.
Se laissant engloutir par l'herbe fraîche, l'écho de la voix du Griffiths ondula jusqu'à ses oreilles. De l'herbe dans les cheveux ? Diantre, elle n'y avait pas songé une seule seconde !
« Par Morgane, je vais ressembler à un Gryffondor revenant d'une expédition périlleuse, la honte. » Elle bougonna.
Alors mécaniquement, elle se redressa, laissant en contact avec le gazon irrégulier ses simples mains posées de part et d'autre de ses hanches, afin de maintenir un équilibre stable et confortable sans pour autant s'éclater la figure par terre.
Une pause, disait-il ?
Une pause.
Le mot sonna à ses oreilles comme la délivrance après un emprisonnement, le dessert après l'infecte plat, le trophée après l'épreuve. À la simple exception qu'ici ce n'était une récompense, puisque qu'elle n'avait jamais réellement travaillé avant. Évidemment, son ami lui laissa la lourde tâche de la décision à prendre. Cela lui convenait bien, d'une part pour éviter un malaise à la personne d'Aristide qui avait toujours détesté faire des choix, de l'autre, car cela lui permettait d'avoir le plein contrôle de la situation.
« On pourrait faire un jeu ? J'ai une superbe idée, tu risques d'aimer... » Fit-elle en se relevant, un rictus se dessinant sur ses lèvres. Sourire que son camarade eut tout juste le temps d'apercevoir avant que la jeune Calderon ne lui subtilise ses lunettes et se barre en courant avec.
Quelques mètres plus loin, elle s'arrêta. D'une voix amplifiée, elle lança depuis l'autre bout :
« On va faire un action ou vérité. Chaque fois que tu acceptes de répondre à la question ou de faire le gage correctement — ça, ce sera à moins d'en juger — j'avance d'un pas. Au contraire, si tu ne fais pas ce que j'attends, je recule d'un pas. Le contraire pour moi, si je refuse de faire ce que tu me demandes, tu gagnes, et j'avance d'un pas. Expliqua-t-elle en pouffa, se délectant de la face du garçon qui de toute évidence ne devait pas comprendre grand chose à son numéro spontané. En gros, plus t'es dur avec moi plus t'as une chance que je revienne sans que tu ne te pètes la figure. Évidemment, plus je suis loin, et moins tu auras une chance de récupérer tes binocles. À moins que tu viennes les chercher ici. » Le taquina t'elle en agitant la paire de lunettes devant son visage, paire, qu'il ne verrait sûrement pas, ou floue, ou décuplée — Nyxis n'avait jamais vraiment compris quel était le problème avec ses yeux.
« Alors Aristide, Action, ou Vérité ? » Elle secoua une nouvelle fois le précieux bien de l'élève.
884
Oups ?
Elle se contenta d'un simple Mmh, ayant déjà à moitié décroché de l'ambiance studieuse qui aurait dû régner dans le parc à cette heure-ci. De toute façon, Aristide avait lui aussi l'air de totalement dissocier de cette séance de révision. Nyxis le voyait bien, les yeux dans le vide, les muscles détendus et la réponse la moins convaincante du monde. Il l'écoutait autant qu'un aigle sourd au creux de son nid, dont la principale préoccupation se tenait bien loin des mots que lui adressait la troisième année.
Elle avait toujours connu le garçon rêveur, parfois un peu éloigné de la réalité, sur son petit nuage. Elle ne l'avouerait sûrement jamais, mais c'était un comportement qui lui plaisait bien. Elle qui avait tant besoin d'avoir les pieds sur Terre, elle qui se forçait à s'ancrer dans le réel, les instants passés avec le brun lui rappelait qu'il était autorisé de s'octroyer quelques secondes de répit, et ainsi laisser libre cours à son imagination, fleurissant dans son esprit alors qu'elle rêvasse d'un monde lointain, où la seule puissance Calderon frémit dans sa paume divine. Mais inutile de se voiler la face, cela ne se produirait pas, ou du moins, pas de si tôt.
Cette transition en douceur l'amena justement aux paroles de l'Anglais. Pendant un instant, tout lui sembla logique. Puis, elle ouvrit de grands yeux et s'immobilisa, comme si elle avait vu la Mort en personne.
« Aristide, je rêve ou tu compares grand-père à un chien ? S'il t'entendait... Ou pire, si ça se sait... »
Pourtant, derrière ses traits outragés, elle retint un ricanement puéril. Michael Calderon, amené au rang de Croup... C'était amplement mérité. Et il fallait l'avouer, il avait vu clair dans le jeu du Secrétaire d'État. Ce qui n'était en réalité pas bien compliqué puisque l'homme lui-même ne prenait aucun mal à vociférer sa haine du moldu depuis le haut de son balcon.
Se laissant engloutir par l'herbe fraîche, l'écho de la voix du Griffiths ondula jusqu'à ses oreilles. De l'herbe dans les cheveux ? Diantre, elle n'y avait pas songé une seule seconde !
« Par Morgane, je vais ressembler à un Gryffondor revenant d'une expédition périlleuse, la honte. » Elle bougonna.
Alors mécaniquement, elle se redressa, laissant en contact avec le gazon irrégulier ses simples mains posées de part et d'autre de ses hanches, afin de maintenir un équilibre stable et confortable sans pour autant s'éclater la figure par terre.
Une pause, disait-il ?
Une pause.
Le mot sonna à ses oreilles comme la délivrance après un emprisonnement, le dessert après l'infecte plat, le trophée après l'épreuve. À la simple exception qu'ici ce n'était une récompense, puisque qu'elle n'avait jamais réellement travaillé avant. Évidemment, son ami lui laissa la lourde tâche de la décision à prendre. Cela lui convenait bien, d'une part pour éviter un malaise à la personne d'Aristide qui avait toujours détesté faire des choix, de l'autre, car cela lui permettait d'avoir le plein contrôle de la situation.
« On pourrait faire un jeu ? J'ai une superbe idée, tu risques d'aimer... » Fit-elle en se relevant, un rictus se dessinant sur ses lèvres. Sourire que son camarade eut tout juste le temps d'apercevoir avant que la jeune Calderon ne lui subtilise ses lunettes et se barre en courant avec.
Quelques mètres plus loin, elle s'arrêta. D'une voix amplifiée, elle lança depuis l'autre bout :
« On va faire un action ou vérité. Chaque fois que tu acceptes de répondre à la question ou de faire le gage correctement — ça, ce sera à moins d'en juger — j'avance d'un pas. Au contraire, si tu ne fais pas ce que j'attends, je recule d'un pas. Le contraire pour moi, si je refuse de faire ce que tu me demandes, tu gagnes, et j'avance d'un pas. Expliqua-t-elle en pouffa, se délectant de la face du garçon qui de toute évidence ne devait pas comprendre grand chose à son numéro spontané. En gros, plus t'es dur avec moi plus t'as une chance que je revienne sans que tu ne te pètes la figure. Évidemment, plus je suis loin, et moins tu auras une chance de récupérer tes binocles. À moins que tu viennes les chercher ici. » Le taquina t'elle en agitant la paire de lunettes devant son visage, paire, qu'il ne verrait sûrement pas, ou floue, ou décuplée — Nyxis n'avait jamais vraiment compris quel était le problème avec ses yeux.
« Alors Aristide, Action, ou Vérité ? » Elle secoua une nouvelle fois le précieux bien de l'élève.
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Oups ?
Puisque rien ne vaut un Serdaigle
La communication était sans aucun doute la chose la plus importante dans une amitié. Aristide le savait, évidemment : il avait lu des dizaines de pages sur la façon de communiquer avec les autres. Une bonne communication impliquait un respect de l'autre et de soi-même, tout comme cela permettait d'offrir une bonne image de soi. Mais - et il y avait toujours un "mais" - une communication parfaite à tout moment était impossible. Communiquer avec Nyxis finissait donc souvent avec les deux adolescents qui s'écoutaient à moitié, loupaient des informations et se bataillaient sur qui avait tort ou raison dans un débat dont ils ne se souvenaient même plus du commencement. Aujourd'hui, la communication rendait simplement l'âme entre deux étudiants qui se concentraient sur leur propre objectif. Nyxis, de se plaindre et Aristide d'entourer avec plus ou moins de précision l'information d'une importance capitale notée dans son livre et qui concernait l'utilisation très spécifique des poils de niffleur dans des potions que personne ne lui demandait d'identifier.
Il leva à nouveau les yeux, cette fois-ci le visage rouge comme une tomate quand Nyxis lui rappela l'énorme bourde qu'il venait de faire. C'est.. ce n'est pas ce que je voulais... Avait-il vraiment comparé le grand-père de son amie à un chien à la queue fourchue ? Cela lui semblait bien loin de son caractère mais il fallait se l'avouer : Aristide ne portait pas le vieil homme dans son cœur. Pas du tout, même, parce qu'il s'agissait d'un homme méchant qui avait plutôt tendance à agacer son amie plutôt qu'à la tirer vers le haut. Son avis sur l'autre était d'autant plus rude que Aristide avait un excellent grand-père à qui comparer le vieux Calderon. Un petit couinement de soulagement lui échappa quand la Serpentard se mit à ricaner. Il ne s'agissait pas d'un vrai rire, donc le danger n'était pas écarté pour autant, mais elle n'avait pas prit suffisamment la mouche pour lui balancer une touffe d'herbe à la figure alors ça pouvait être pire.
Ou pas, finalement. Parce que, en dépit de son aversion à faire des choix, Aristide aurait dû apprendre avec le temps que laisser Nyxis Calderon décider d'une activité était dangereux. Suffisamment dangereux pour que, en l'espace de quelques instants, il passe d'un après midi calme et net à un après midi flou, digne des plus grands tableaux d'art contemporain. Vus de loin, à travers des lunettes de farce et attrapes quand on avait une astigmatie doublée d'une hypermétropie et qu'on ne voyait, de toute façon, rien du tout. Il aurait tout aussi bien pu confondre son amie avec le bleu du ciel ou avec n'importe quel humain, animal ou créature qui passait par là.
Il se redressa en posant ses mains dans l'herbe - avant de les frotter avec raideur sur un petit mouchoir qu'il portait sur lui en permanence - et pointa son doigt, le bras tendu, dans une direction qu'il espérait être la bonne. C'est.. c'est pas très amusant ! Nyxis aimait lui piquer ses lunettes. Parfois, Aristide se demandait même s'il ne s'agissait pas là de l'activité qu'elle préférait faire avec ce petit Serdaigle qu'elle appelait son ami. Cependant, cette idée de jeu était nouvelle et ne lui disait rien qui vaille. Généralement, la plus jeune se contentait de l'observer marcher avec la grâce d'un faon nouveau né pendant quelques minutes et lui rendait ses lunettes après avoir bien ri quand le Serdaigle finissait par se prendre un mur. Le chantage, c'était nouveau mais pas tellement étonnant. Nyxis était une Serpentard, après tout, et même si elle l'utilisait à ses dépend, Aristide ne pouvait qu'apprécier une aussi bonne utilisation des talents qui l'avaient amenée chez les verts et argents.
Je suis bien content de ne pas être Legilimens parce que ce qu'il se passe dans ton cerveau est tout bonnement terrifiant, Nyxis. Annonca-t-il très sérieusement, une moue boudeuse sur les lèvres. Est-ce que, au moins on est loin du lac ? demanda-t-il la voix plaintive. Il ne manquerait plus que l'autre se jette dans l'eau avec ses lunettes dans la main et Aristide pourrait dire adieu à une vision nette pendant quelques heures au moins. Il croisa les bras sur son torse, appuya avec son indexe sur l'arête de son nez - réflexe idiot de remonter ses lunettes à longueur de journée - avant d'ajouter : Grand-père dit toujours qu'il ne faut pas négocier avec les terroristes, mais bon... Vérité ? Ca ne pouvait pas être pire qu'une action. Il était sérieux quand il disait ne pas vouloir être Legilimens : qui sait ce que ce petit cerveau était capable d'inventer. Non, répondre à une question idiote semblait bien plus sage que de se jeter dans la gueule du loup. Les deux pieds en avant, en plus, pour qu'ils ressortent en avant et lui au fond d'un cercueil.
Il leva à nouveau les yeux, cette fois-ci le visage rouge comme une tomate quand Nyxis lui rappela l'énorme bourde qu'il venait de faire. C'est.. ce n'est pas ce que je voulais... Avait-il vraiment comparé le grand-père de son amie à un chien à la queue fourchue ? Cela lui semblait bien loin de son caractère mais il fallait se l'avouer : Aristide ne portait pas le vieil homme dans son cœur. Pas du tout, même, parce qu'il s'agissait d'un homme méchant qui avait plutôt tendance à agacer son amie plutôt qu'à la tirer vers le haut. Son avis sur l'autre était d'autant plus rude que Aristide avait un excellent grand-père à qui comparer le vieux Calderon. Un petit couinement de soulagement lui échappa quand la Serpentard se mit à ricaner. Il ne s'agissait pas d'un vrai rire, donc le danger n'était pas écarté pour autant, mais elle n'avait pas prit suffisamment la mouche pour lui balancer une touffe d'herbe à la figure alors ça pouvait être pire.
Ou pas, finalement. Parce que, en dépit de son aversion à faire des choix, Aristide aurait dû apprendre avec le temps que laisser Nyxis Calderon décider d'une activité était dangereux. Suffisamment dangereux pour que, en l'espace de quelques instants, il passe d'un après midi calme et net à un après midi flou, digne des plus grands tableaux d'art contemporain. Vus de loin, à travers des lunettes de farce et attrapes quand on avait une astigmatie doublée d'une hypermétropie et qu'on ne voyait, de toute façon, rien du tout. Il aurait tout aussi bien pu confondre son amie avec le bleu du ciel ou avec n'importe quel humain, animal ou créature qui passait par là.
Il se redressa en posant ses mains dans l'herbe - avant de les frotter avec raideur sur un petit mouchoir qu'il portait sur lui en permanence - et pointa son doigt, le bras tendu, dans une direction qu'il espérait être la bonne. C'est.. c'est pas très amusant ! Nyxis aimait lui piquer ses lunettes. Parfois, Aristide se demandait même s'il ne s'agissait pas là de l'activité qu'elle préférait faire avec ce petit Serdaigle qu'elle appelait son ami. Cependant, cette idée de jeu était nouvelle et ne lui disait rien qui vaille. Généralement, la plus jeune se contentait de l'observer marcher avec la grâce d'un faon nouveau né pendant quelques minutes et lui rendait ses lunettes après avoir bien ri quand le Serdaigle finissait par se prendre un mur. Le chantage, c'était nouveau mais pas tellement étonnant. Nyxis était une Serpentard, après tout, et même si elle l'utilisait à ses dépend, Aristide ne pouvait qu'apprécier une aussi bonne utilisation des talents qui l'avaient amenée chez les verts et argents.
Je suis bien content de ne pas être Legilimens parce que ce qu'il se passe dans ton cerveau est tout bonnement terrifiant, Nyxis. Annonca-t-il très sérieusement, une moue boudeuse sur les lèvres. Est-ce que, au moins on est loin du lac ? demanda-t-il la voix plaintive. Il ne manquerait plus que l'autre se jette dans l'eau avec ses lunettes dans la main et Aristide pourrait dire adieu à une vision nette pendant quelques heures au moins. Il croisa les bras sur son torse, appuya avec son indexe sur l'arête de son nez - réflexe idiot de remonter ses lunettes à longueur de journée - avant d'ajouter : Grand-père dit toujours qu'il ne faut pas négocier avec les terroristes, mais bon... Vérité ? Ca ne pouvait pas être pire qu'une action. Il était sérieux quand il disait ne pas vouloir être Legilimens : qui sait ce que ce petit cerveau était capable d'inventer. Non, répondre à une question idiote semblait bien plus sage que de se jeter dans la gueule du loup. Les deux pieds en avant, en plus, pour qu'ils ressortent en avant et lui au fond d'un cercueil.
806.
034f42 -> Ma couleur, que je mets ici pour la retrouver en sachant que j'oublierais que je l'ai mise ici.