Une saison decrescendo.
Reducio
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Nom et prénom du PNJ (+ lien avec le PJ) : Michael Saul, son père
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Intérêt de ce RP pour votre PJ : Développer ses relations et comprendre pourquoi il est réticent à l’idée d’être deux enfants dans une famille
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Légendes :
*Pensées*
Gestes / Narration
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Paroles
Paroles de Michael
Paroles de Michael
Samedi 20 Août
Dans l'après-midi, vers 16:10
Dans l'après-midi, vers 16:10
TW : Petite crise, violence très légère
Les vacances sont, pour la plupart des gens, définies comme des jours calment, reposant l’esprit, et assez nombreux pour pouvoir profiter de ses proches, ou des gens que l’on aime. C’est le cas de cette journée aussi : calme, sans vagues, l’odeur de la mer se glissant par les fenêtres ouvertes. Les fleurs sont fleuris, certaines commençant légèrement à flétrir, donnant des couleurs éclatantes parsemées de pâleur. Des notes de violons s’élèvent dans l’air, certaines plus appuyées que d’autres, offrant une mélodie aussi nostalgique que rassurante. L’archet en main, je fais glisser chaque corde sous mes doigts, ma partition déposée sur un pupitre face à moi. Mon écriture est inscrite sur celle-ci, chacune de mes notes légèrement plus sombre que la normale, prouvant l’authenticité du morceau créé de mes mains. Concentré, mes yeux d’argents brillent doucement sous les rayons de lumière, mes long cils couleur or empêchant le soleil de me gêner. A chacun de mes mouvements, mes mèches blondes se secoue au même rythme, comme les coraux se balancent à la houle.
Mon esprit est vide, je ne penses à rien, me permettant d’être concentré sur mon instrument, et rien d’autre. Jusqu’à ce que le grincement de la porte se glisse dans mon oreille. La salle étant insonorisée, le moindre son peut tout changer. Mon archet s’arrête, la corde grince, je tique et lâche un soupir ennuyé, jetant un regard agacé à mon père qui se tient à l’embrasure de la porte. Il fait un petit rire gêné, et s’avance dans la pièce avant de s’asseoir sur un tabouret, face à moi. Par politesse, je décale mon pupitre et repose délicatement le violon sur son support, accompagné de l’archet.
"Il est joli ton morceau. Tu l’a fait hier ?"
"Oui. Je l’ai composé hier, terminé aujourd’hui. Je viens tout juste de finir les détails."
"C’est cool alors !"
Un silence s’installe, et devient rapidement lourd. J’ai l’habitude maintenant, que mes pères interviennent dans certaines de mes activités, et parfois y participent. Mais à ce moment précis, je sens que quelque chose ne va pas. Je tourne lentement mon visage vers Michael, ma partition à moitié serrée dans mes mains, un froncement léger se créant sur mon front.
*Il évite mon regard.*
"Tu me caches quelque chose. C’est quoi ?"
Il ne dit rien, baisse la tête et regarde ses pieds. Une inquiétude immense se glisse dans mon bas ventre, mes pupilles se rétractant en deux minuscules petits points noirs. Je serre les dents, avant de dire plus sèchement encore ma demande.
"Parle. Papa, parle moi-"
"Tu va avoir une petite sœur."
Je m’arrête, mon cœur saute un battement, et mes oreilles sifflent. Les secondes passent, il continue.
"Je sais que c’est un peu soudain, mais on en avait déjà discutés tous ensemble. Tu te souviens ? Elle s’appelle Callisto. C’est une sorcière et-"
Tétanisé, je n’entends même plus ce que Michael me raconte. Ma partition se froisse entre mes doigts au fur et à mesure que ma poigne se resserre. Mon cœur résonne dans mes oreilles, ma vision devient flou, et la peur engloutit mes entrailles.
*Ils vont- me laisser ? M’échanger ? Qu’est-ce que j’ai fais de mal ? Je suis trop froid ? Je n’es pas écouté assez ?*
Mes pensées fusent, ma poitrine se serre. La peur, elle que je comprends aux autres sentiments, elle que je ressens en supériorité au reste : à ce moment précis, tout ce que j’aurais voulu, fût de ne rien ressentir du tout, comme ça a toujours été le cas. Je regarde mon père avec un visage terrifié, le sourire de celui-ci disparaissant au fur et à mesure qu’il réalise ce qui se passe dans ma tête.
"Artamiel, tout va bien, tout va bien regarde moi. Elle est gentille je te le jure, tu t’entendras bien avec elle. Uriel et moi, on a tout préparés.."
"Je- Je serais plus sage encor- non faites pas ça."
"Hein ?"
Je recule d’un pas, tremblant, levant la main en direction de mon oreille par réflexe. Je tire sur ma boucle d’oreille, la douleur envoyant de petites piques dans mon cerveau, comme pour continuer à le faire fonctionner. Je ne pense plus, je ne respire plus, j’ai l’impression que tout se bloque. Je mords ma lèvre et recule encore, Michael se levant de son tabouret, les bras tendus vers moi avec affection. Pourtant moi je ne vois que trahison, et la peur qui en découle ne fait que s’étendre encore plus, jusque dans ma tête. Ma voix se casse, chaque mot de fin se perdant dans mon souffle saccadé.
"Je vous suffis plus ? A quoi ça servait de m’avoir adopté alors !?"
"Ne dis pas n’importe quoi ! On t’aime Miel, plus que tout ! Ce n’est pas parce que vous serez deux que ça changera quelque chose."
"SI ! Si ça change tout ! Je comprends pas, je comprends pas… je suis très bien tout seul non ? Non ?! Si le but était de m’abandonner après, j’aurais préféré ne jamais être né-"
"ARTAMIEL SAUL ! Ne dis pas ce genres d’horreurs !!"
Je sursaute à la grosse voix qui résonne dans la pièce, qui me fais sortir de cette torpeur infernale, et je regarde mon père droit dans les yeux. Ses iris brunes brillent de larmes non versées, sa lèvre et son menton tremblants tout deux. Je me sens coupable, au point où, inconsciemment, j’en relâche ma partition qui tombe froissée et abîmée au sol, comme une feuille d’automne. Le changement de saison y est-il pour quelque chose, pour que mes propres parents fassent ce choix incompréhensible à mes yeux ? Michael s’approche de la porte, la tendresse brillant toujours dans son regard malgré la situation et la lourdeur de l’air entre nous.
"Avoir un deuxième enfant, ce n’est pas négatif pour le premier, en tout cas, pas chez nous je te le promets. Je sais que l’orphelinat ne t’a pas aidé avec- le nombre, le partage, et ce genre de chose. Mais on est, et restera toujours une famille. On l’agrandit juste un peu, d’accord ? Je t’aime mon fils. Plus que tout. Respire doucement, calme toi tu en as besoin, et j’aimerais que tu viennes nous voir au salon quand tu iras mieux, pour en discuter tous ensemble, okay ?"
Incapable de réagir d’une manière ou d’une autre, je reste ahuris face à la porte qui se ferme derrière mon père, laissant sa proposition tomber dans le vide et le silence m’engloutis à nouveau. Je griffe ma côte d’une main à travers mon haut, l’autre tirant mécaniquement sur ma boucle d’oreille. Ma respiration tremble, je trébuche sur le banc du piano et me laisse tomber, la terreur écrite sur tout mon visage, jusqu’à l’argenté de mes iris.
*C’est ça. Je suis terrifié.*
Parce que je suis terrorisé face aux changements. Parce que j’ai grandis avec l’idée que l’affection, c’est quelques chose qui se donne pour obtenir autre chose. Qu’il faut mériter. Qu’on peut perdre. Et je viens d'échouer à un échec et mat rien que par le savoir qu’un autre enfant va vivre dans ma maison. Avec ma famille. J’attrape mon visage, je serre les dents et ferme les yeux, espérant changer le futur qui m’attends en me cachant. Je me frappe deux fois, tire mes cheveux, un goût de sang se glissant sur ma langue avant que je ne laisse tomber ma tête sur le côté, droit sur les touches du piano.
*Je suis lâche. Je suis un lâche. J’ai peur.*
Le faux accord me fait un acouphène, enfermant de nouveau mes pensées dans mon esprit.
Ça pique.
Je lâche un long soupir, mes mains se desserre, ma coquille se referme. Les notes s’effacent au fur et à mesure.
C’est froid.
Je me redresse, mon visage diriger vers ma partition froissée. Mes yeux gris sont ternes, mes cheveux blonds n’ont plus d’éclats malgré les rayons du soleil à travers les fenêtres.
C’est fade.
Je ne suis plus détendu, je n’apprécie plus les instruments autour de moi. Mes traits sont tranchés, et figés dans la glace.
C’est de nouveau le prince fantôme. Sans cœur.
1355 mots
"I don’t belong in the world.
That’s what it is."
That’s what it is."