29 sept. 2025, 12:35
 RP   Simple  Bien à toi, Gabryel  Dates multiples   G.F 
25 septembre 2050
Dans la soirée





La méditation, pense Redose, n'est suffisante que pour faire la paix avec soi-même. Mais le monde. Le monde lui, c'est une autre affaire. On ne se réconcilie pas avec le monde en restant seul dans son coin. En l'ignorant, en le reniant même.

L'été passé de 2049, lors de son séjour en Roumanie, le garçon avait atteint un état si misérable qu'il était allé chercher de l'aide partout où elle aurait pu être, même là où elle ne serait pas. Dans les mots réconfortants d'un ennemi, d'un ami, d'un amour. Il avait écrit de nombreuses lettres, sachant pertinemment qu'il ne les enverrait pas, il ne pouvait les envoyer. Mais il les avait écrit et ça avait été suffisant pour l'aider, même un peu.
Peut-être, pense t-il, aurait-il dû allé plus loin et envoyer ces lettres, peut-être aurait-il trouver du réconfort ou de la douceur bien qu'il n'y croit pas. Pas un seul instant.

À poudlard, il y'avait ce personnage assez particulier. Dont le regard était assez doux pour Redose quand, la plupart des regards, étaient empreints de mépris, d'aversion, de dégoût aussi et de peur. À juste titre, il l'entend. Le fait est que les personnages au regard doux pour Redose, à Poudlard, il n'y en a pas tant que ça, en particulier parmi ceux qu'il ne côtoie pas. Alice Smith et Gabryel Fleurdelys en sont sûrement les exemples les plus parlant. À Alice il enverrait une lettre, peut-être, en même temps qu'il enverrait d'autres lettres, sans doute, pour s'excuser de sa conduite.

Le garçon aurait tellement aimé s'excuser, mais son égo tomberait soudain sous le coup de la honte. Quelle honte supplémentaire nécessite t-il ? Il a déjà bien assez honte, et la honte d'ailleurs s'impregne en lui comme l'eau s'impregne dans la plante par ses racines.

Gabryel Fleurdelys a quitté Poudlard, s'il n'a pas redoublé, ce dont le garçon doute fortement. Si c'est bien le cas, peut-être pourrait-il percevoir la douceur du regard du diplômé, peut-être aussi pourrait-il la comprendre. La synthétiser à son tour lorsqu'il est confronté à une surface réfléchissante.

Pouvoir se regarder dans le miroire est un tel luxe après tout. Que ça vaut bien de planter sa plume dans son encrier et noircir une feuille de papier.
À Gabryel Fleurdelys

Bonjour, ancien camarade de Gryffondor.
Il me semble que tu as quitté Poudlard, c'est également mon cas. Certes dans de moins bonnes dispositions, mais qu'importe.

Je me permets de prendre de tes nouvelles car; je regrette assez de ne pas avoir côtoyé plus de monde et, je le crois, tu as toujours eu une attitude assez posée à mon égard. Je passe le plus clair de mon temps à travailler, je n'ai pas vraiment d'interaction sociale et ça m'ennuie assez d'être enfermé dans une bulle. Là repose l'essence de mon souhait de correspondre.

Je te souhaite une agréable journée.
Le garçon à l'issu de l'écriture de sa lettre, attendait quelques minutes que l'encre ne sèche, avant de sceller sans sceau la lettre. Il descendit les escaliers, et trouva la chouette de son frère sans le rejoindre dans le salon. Il donna la lettre à la chouette et l'envoya trouver son ancien camarade de dortoir.

Le garçon retourna à l'étage pour lire quelques pages de son manuel avant de finalement éteindre les feux et dormir sous son lit.

5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha

30 sept. 2025, 04:59
 RP   Simple  Bien à toi, Gabryel  Dates multiples   G.F 
Le hibou fendit l’air, porté par le battement régulier de ses ailes. Il s’éleva dans un élan puissant, puis se laissa planer, suspendu dans le silence du ciel. Lorsque le vent changea, il inclina légèrement une aile, comme une voile. Le froid fouettait son plumage, mais il le portait aussi, comme une main invisible.

Sous lui s’étendirent les profondes forêts d’Écosse. Chaque couche de brume qui s’élevait entre les troncs ressemblait à une fumée de chaudron, lente et mystérieuse. Le hibou descendit en effleurant la cime des pins, laissant le vent le porter à travers les branches. Une nouvelle bourrasque gonfla brutalement son plumage. Il releva brusquement son aile gauche pour se rétablir, puis vira au-dessus d’un champs.

Des bois plus clairs apparurent ensuite. L’oiseau étendit ses immenses ailes. Au sol, des racines noueuses dessinaient des labyrinthes jusqu’à la source d’un ruisseau aux reflets argentés. Un souffle s’engouffra sous lui, et l’entraîna avec légèreté. Il surfa sur des vagues d’herbes hautes, grisé par la vitesse.

Le domaine Fleurdelys apparut enfin. En son coeur, une vaste de bâtisse aux toits sombres, des murets de pierre, et des jardins verdoyants. En penchant ses ailes, le hibou glissa en cercle, suivant une ligne invisible. Reprenant de l’altitude, il quitta la demeure pour retrouver la forêt.

Sous le couvert épais des branches, l’animal replia ses ailes, et glissa agilement grace à des battements calculés pour éviter les troncs. Là, il aperçut le sorcier.

Gabryel s’était accroupi dans la clairière, les paumes tachées de terre. Devant lui, un nid de pie gisait, arraché par le vent, et tombé lourdement au sol. Les brindilles craquaient encore. Certaines s’étaient brisées net. Dans cet amas fragile, deux petites plumes blanches tremblaient sous le vent.

Le jeune homme recueillit doucement le nid entre ses mains, comme on porte un objet précieux. Ses doigts cherchaient à replacer les morceaux, à redonner forme à l’ouvrage patient d’un oiseau. Il allait lever les yeux vers les branches pour deviner où il pourrait le replacer, quand une ombre silencieuse passa au-dessus de lui.

Le hibou descendit alors, en freinant sa chute d’un large battement d’ailes tremblantes comme des voiles tendues. Dans un ultime effort, il redressa son corps, et vint se poser sur l’épaule du jeune homme. Gabryel sursauta à peine, comme s’il l’avait attendu. Il se raidit un instant, puis tourna légèrement la tête. Le regard de l’oiseau le fixait. Entre ses serres, il aperçut un rouleau de papier.

L’Écossais posa délicatement le nid à terre,
puis décrocha le parchemin. Le hibou ne bougea pas. Il défit le lien, et déroula la lettre.

Ses yeux parcoururent les lignes de Redose, lourds sens, mais porteurs d’une main tendue. Une fois sa lecture terminée, le Gryffon inspira profondément.

Ses doigts se resserrèrent un instant sur le parchemin, puis il le replia avec soin. Le hibou, immobile, attendait toujours sur son épaule. Gabryel sut qu’il devait répondre.
Salut Redose,

Ta lettre m’a touché. Il t’a certainement fallu du courage pour l’écrire et l’envoyer.

Tu sais mieux que moi : On trébuche, parfois lourdement, et certains gestes ne peuvent ni s’effacer, ni se justifier. Pourtant, ce qui compte, c’est ce que l’on fait après. Tu as choisi d’écrire, de ne pas rester enfermé dans le silence. C’est déjà beaucoup.

Si tu le souhaites, rejoins-moi à Fife, au domaine Fleurdelys, le temps que tu voudras. C’est calme, loin du tumulte. Nous pourrons parler, marcher dans la forêt, ou simplement partager nos repas en silence. Peu importe. Ce qui compte, c’est que tu ne sois pas seul.

Tu es le bienvenu, camarade.
Je t’attends.

Gabryel Fleurdelys

Gabryel Fleurdelys
Sorcier diplômé
Médiateur PFR