OS ++ Contrat entoi et poursoi 18.10.2050 Solo Inktober

18 octobre 2050
Aux environs de 19h05
La Ruche noire (résidence)



Après une longue journée à étudier les potions et les runes, l'heure était venue pour Redose de dormir. Étant très attentif lors des études, théoriques comme pratiques, et disposant d'un certain temps de travail personnel, il a le luxe de ne pas avoir à réviser le soir. Temps qu'il utilise pour se réveiller tôt, faire les tâches ménagères, du sport, et éventuellement se laver si possible.

Ces derniers jours ont été assez intenses, Eden, le bébé de Redose et Élisabeth, dont seule Élisabeth s'occupe en tant que parent, est assez bruyant. Trop bruyant pour l'adolescent. Celui-ci traverse à nouveau une épreuve, certes plus tolérable qu'avoir à confronter les êtres les plus ignobles qui ont été mis à sa connaissance. Mais tout de même assez compliqué à supporter puisque, tout rappelle au garçon la présence de ce bébé. Tout rappelle au garçon l'absence de son frère.
Tout rappelle tout et rien ne va vraiment.

Hier, il s'était fait la réflexion que l'artisanat, quel que soit sa forme, qu'il s'agisse d'assembler, de créer, d'affiner ou encore d'orner, ne suffit pas. Ça canalise ses émotions, c'est une chose sûre. Rien d'ailleurs ne canalise mieux les émotions du garçon que d'utiliser ses mains et son cerveau pour produire un travail. Qu'il fut long et fastidieux, court et tranquille, indéterminable par sa durée de travail, de vie, ou par sa qualité. Un projet reste un projet, une oeuvre des sentiments du garçon.

Malgré tout, il y'a quelque chose de très vulgaire, de très brut dans ses projets. Comme s'il existait un flou intense, placé devant ses yeux comme un filtre l'empêchant de voir les choses telles qu'elles sont.

C'est un peu ce que sont les émotions après tout. Elles ne décrivent pas la réalité, elles l'interprètent d'une manière floue et peu claire, sans donner aucune explication sur leur raison d'être, sans donner aucun détail de la situation, ni de ses tenants, ni de ses aboutissants. Ce qui est utile pour décrire la réalité qui se joue sous nos yeux, ce ne sont pas nos émotions. Elles ne font que nous décrire nous, et nous représenter.
Ce sont les mots, les mots et les pensées.
Ils sont nos plus grands outils, sans doute notre seul pense le garçon à l'instant, pour décrire la réalité sous ses yeux.
Le garçon a besoin de comprendre ses émotions, il a besoin de comprendre la réalité pour comprendre pourquoi il l'interprête ainsi, avec ce genre d'émotions. Pourquoi il est toujours en colère. Pourquoi il a toujours peur. Pourquoi il ne se sent jamais plein, ni heureux...

Le garçon, sous son lit, clos ses paupières.
Il n'a beau ne rien voir, aucune réalité se déroulant sous ses yeux, il éprouve tout de même des émotions. Il se sent perdu. Il se sent en conflit. Il se sent insatisfait.
En ouvrant les yeux le constat est simple et évident, mais terriblement frustrant. Quoiqu'il regarde, ses émotions le suivront. Et ce qu'il regarde la plus belle des choses qu'il ne verra jamais. Cette chose là qui devrait lui procurer un sentiment d'admiration sans fin, lui procurera un sentiment d'admiration fini. Souillé et corrompu par tout ces sentiments souillant cette chose.
Toute l'injustice découle de cette chose qu'il regarde, car si elle était la plus affreuse des choses qu'il ne verra jamais. Cette chose là qui devrait lui procurer un sentiment de dégoût sans fin, ou un sentiment de dégoût fini, souillé et corrompu. Lui procurera un sentiment de dégoût sans fin, parfait par la présence de toutes ces autres émotions, dansant, chantant, riant même dans le cœur du garçon.

Ça ne peut plus durer, je pense.
Mes paupières sont closes à nouveau. Mes yeux vidés de toute substance, imagine Charlie. Lui paraît tellement fort et organisé, il semble avoir toutes ses émotions et pensées classées par ordre alpha-numérique, et antéchronologique. J'en suis admirable et ma jalousie ne cesse de croître.
Je pourrais lui demander, mais mon égo en prendrait un coup, et si mon égo ne vaut rien face à la maîtrise de mes pensées et émotions... Le regard que me porte mon frère me tient tellement à cœur. Je ne voudrais pas le déranger ou lui faire pitié avec de tels états d'âme.

...

Je pense à une porte.
Une porte de verre. Tout le monde peut voir à l'intérieur de la pièce, car la porte est une porte de verre. Tout est là, mais rien ne peut bouger tant que l'on n'ouvre pas la porte.

...

Je pense à une clé.
Une clé pouvant ouvrir n'importe quelle porte, mais qu'on préfère garder pour soi. La clé de notre intimité, ne permettant de modifier le contenu de la pièce sans aucune discrétion.

Je pense à entrer la clé dans la porte de verre, pour entrer, et ajouter de nouveaux meubles.
Ces meubles sont à moi, s'ils étaient touchés par quiconque d'autre je le verrais.

Il faut que je me contraigne à ouvrir la porte, pour placer mes meubles.
Je décide de m'en faire la promesse. Je poserais mes émotions et mes pensées sur le papier.
Je démêlerais les fils dans ma tête. J'ai la clé, et j'ai la porte. Je cacherais la porte, mais je porterais la clé. Car la clé ouvre n'importe quelle porte. Et je ne placerais jamais que mes meubles.

Je...

Et le garçon s'endormi sous l'effet de la fatigue.

@Élisabeth Willis

5 ème année RP - Disponible
Renvoyé définitivement de Poudlard
Si on a un rp à commencer, relancez moi parce que j'oublie haha