23 oct. 2025, 01:23
Lough Achork La Magizoobotanie
Image
Lough Achork .
Dimanche 25.09.50.

1ère année de @Leta Blackbirds à la FSCM. []
@Alyona Farrow, botaniste au Jardin de Draíocht. []
Petite sortie en nature en belle compagnie




EH

L'endroit était, Leta l'avouera sans détour, bucolique. Une rosée matinale recouvrait encore les feuilles ici et là. Habillée d'une longue cape grise en laine de cheviot, la jeune femme se tenait fièrement entre sur un petit chemin qui séparait le lac Achork et un forêt de grands arbres. Elle avait dans ses bras une petite valise dont le fond avait évidemment été trafiqué magiquement par Louka, pratique d'être directrice du département secret de la magie noire au Conseil n'est-ce pas ? Bref, Leta ouvrit ladite valise et en sorti un petit carnet vert, épais, sur lequel on pouvait y lire UE44 - Techniques d'observations. Leta ouvrit la page et commença à y écrire des choses.

Sujets potentiellement observables :


Date : 25/09/2050
Lieu : Lough Achork / 54.44862003397467, -7.933891574465314
Météorologie : L'air est vif et lourd, l'humidité palpable sous un ciel partagé qui menace d'averse sans encore se décider.

Farfadet
Moke
Strangulot
Triton à double queue
Botruc

Notes : Structurer la recherche en 2 parties, la première sera axée sur le lac et donc les créature aquatique tandis que la seconde partie permettra l'observation approfondie de l'environnement forestier. Cinq créatures peuvent potentiellement être étudiée aux alentours du Lough Archork selon les données géographiques et de la période de l'année. L'objectif aujourd'hui est de repérer entre 1 et 2 créatures afin de réaliser un rapport détaillé sur l'habitat et les comportements de ces animaux.

IH

Ainsi commencent donc les notes de ma journée. Car en effet, je suis ici pour travailler, enfin, étudier pour être plus précise. J'ai fait la connaissance il y a quelques jours d'une jeune botaniste un peu plus vieille que moi (souvenons-nous de cet après-midi jardinage d'il y a deux semaines chez moi). Cette botaniste a d'ailleurs pour nom Farrow, Alyona Farrow, je ne la connaissais absolument pas, et pourtant l'on s'était probablement déjà croisées entre les murs de Poudlard car elle n'était que 2 ou 3 années au dessus de moi. Je lui avais donc demandé entre deux plantes si elle connaissait des endroits peu connus des moldus où je pourrais mettre en application mes apprentissages tranquillement. Je l'avais aussi un peu supplié de m'accompagner pour faire mieux connaissance et histoire de rencontrer enfin quelqu'un avec qui j'allais pouvoir échanger de façon plus approfondie sur la nature (j'aimais bien ma voisine mais parler de beau temps, inexistant en Irlande, avait rapidement ses limites). J'ai donc hâte de discuter de tout et de rien, sauf du beau temps donc. Qui plus est, cette Alyona avait tout à fait l'air sympathique et j'étais sûre de pouvoir m'entendre avec elle (surtout si elle pouvait m'aider à trouver l'une des créatures listée sur mon carnet).
Une belle journée allait donc commencer.

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

28 oct. 2025, 12:35
Lough Achork La Magizoobotanie
25 SEPTEMBRE 2050, MATIN
LOUGH ACHORK, IRLANDE,

Alyona, 20 ans,


S'offrir une respiration, comme un cadeau de soi à soi, le droit de s'accorder du temps, de se faire plaisir, de tirer son corps au-dessus des nuages pour s'asseoir sur ces navires éphémères, leur permettre de nous porter, s'allonger sur leur pont, offrir son visage au soleil et ne plus plonger le regard dans la vallée, ne pas laisser tomber ses pensées sur les plaines comme des ancres sinistres, rester dans les hauteurs, le cœur battant doucement, apaisé ; inspirer, expirer.
L'Irlande a des bras doux comme ceux d'une sœur. Je n'ai pas peur de partager ni leur fraîcheur ni leur chaleur. Ils me consolident.

Je me faufile entre les herbes et les fourrées, courant d'air parmi les courants d'air ; ma cape ondoie, rayonne, comme si le soleil lui permettait d'enfin étinceler. Marcher sous le ciel sans plafond pour me séparer de ce bleu me fait un bien fou. Je me sens moi-même lumineuse, enjouée, légère ; la brise sur mes joues, le soleil dans mes cheveux, les couleurs dans le creux des rétines, et la prairie qui chatouille mes bottines, les feuilles et les pétales qui portent mes pas. Merlin ! Cela fait des semaines que je n'étais pas sortie me promener, que je restais enfermée au Passage de Draíocht, allant de mon appartement au Jardin, et du Jardin à mon appartement, errant quelques fois dans les rues grises à la recherche d'un peu de vie, me perdant dans des boutiques, finissant par m'éteindre chez moi dans un étau de solitude. Là je respire, je renais, je rayonne. Même mon sourire a retrouvé de l'aplomb. Ailes étendues sous le soleil.

Et puis, j'ai rendez-vous. Ce ne sera pas une sortie en solitaire, comme les nombreuses autres que j'ai déjà effectuées au cours de l'année passée ; les longues marches avec ma baguette et ma sacoche, à me diriger en suivant mon instinct, sans me poser de questions et sans véritablement me soucier d'une direction ne sont pas à l'ordre du jour. Je serai accompagnée. Cela ajoute à cette promesse de vert et d'air une saveur étonnante, un zeste de folie et d'inattendu auquel je ne suis pas habituée. D'autant plus que je connais très mal mon accompagnatrice du jour. Cependant, cela ne m'inquiète pas, ni ne me repousse ; au contraire, je me sens d'autant plus attirée et curieuse. Qui sait ce que cette journée me réservera ?

Soutenant ma sacoche d'un bras, je trottine vers Leta après l'avoir aperçue, cet air éternellement enthousiaste sur mes lèvres, ravie, si ce n'est excitée à l'idée de ces heures en pleine nature qui commencent à se dévoiler doucement entre les nuages.

Je ralentis en approchant, les joues légèrement rougies.

« Salut ! m'exclamé-je avec entrain. Comment vas-tu ? »

Mon regard explore déjà, prêt à s'élancer, aiguisé et vif. Il parcourt le visage de l'étudiante avant de tomber comme une branche sur son carnet. L'objet, présenté de cette manière, me rappelle que cette sortie n'est pas que récréative. Elle a des objectifs, des raisons. Il ne s'agit pas que d'observer l'environnement avec des yeux d'enfant ébahi et ravi, avide et timide, je suis également là pour prendre note, étudier, comprendre, reconnaître, faire appel à ce que j'ai appris pour en tirer des conclusions. Désormais, je ne suis plus qu'une jeune sorcière passionnée, je suis botaniste. Cela n'implique-t-il pas quelques prises de conscience, responsabilités et comportements particuliers ? Je découvre encore ces changements, mais j'ai envie d'être à la hauteur de ce que mon nouveau rôle signifie.

Je souris à l'étudiante de magizoologie en réajustant la position de ma sacoche sur mon épaule. Connaît-elle Dawn ? Pensée fugace, tu passes sans être retenue.

« Par où veux-tu commencer ? Tu cherches à apercevoir des créatures en particulier ? » demandé-je tranquillement.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

4 nov. 2025, 12:26
Lough Achork La Magizoobotanie
IH

Je n'avais pas eu le temps de ranger mon joli carnet qu'une voix s'élève soudain, tirant mon regard des mots que je viens à peine de poser sur le papier. Je reconnais ce timbre, c'est elle.

Hello ! Je suis étonnamment en forme pour un matin d'une telle fraicheur, dis-je en rigolant. Et toi ? Ta semaine était pas trop difficile ?

Son regard tombe naturellement sur mon carnet et sa nouvelle question est tout à fait logique. Ma réponse l'est aussi, j'ai essayé d'être la plus méthodique possible.

Alors, je ne sais pas vraiment par où commencer, mais j'ai, pour sûr, deux habitats à observer : le lac et la forêt. Pour ce qui est des créatures, je pense que les plus simples à trouver seront les botrucs et les tritons à double queue. Mais si on a de la chance on pourra même tomber sur un farfadet, un strangulot ou, plus rare, un moke. J'ai pas vraiment d'impératif, je fais ça m'habituer aux études sur le terrain, et pour mon plaisir personnel ; j'avoue que ça m'avait manqué de sortir en nature, depuis la rentrée, j'arrête pas.

J'avais débité mais qu'est-ce que ça faisait du bien de parler à quelqu'un ! Ma rentrée avait été assez calme et concentrée comme j'étais, mon focus n'avait pas du tout été de me sociabiliser. Grave erreur dont je ne prenais conscience que ces derniers jours.

Bon, j'avoue que j'aurai aussi besoin d'aide parce que les cours viennent à peine de commencer et, même si c'est intensif, j'ai vraiment pas toutes les notions pour faire de bonnes observations. Tu penses qu'il faudrait commencer par quelle zone ?

Soudain, je réalise que je ne parle presque que de moi, quelle personne irrespectueuse que je suis...

Et toi, tu aimerais étudier des plantes aujourd'hui ? Il y a quelque chose que tu aimerais particulièrement faire ?

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

9 nov. 2025, 21:58
Lough Achork La Magizoobotanie
L'air est frais, c'est vrai ; frais et doux, agréable. J'aime ces temps de début d'automne où le soleil ne nous a pas encore tout à fait abandonnées, mais où le vent est déjà présent, rougissant les joues et nous obligeant à serrer davantage notre cape qui s'envole autour de notre corps. Ils me donnent envie de sortir offrir mon visage aux rayons lumineux. C'est une chance que cela puisse se faire aujourd'hui. N'en suis-je pas d'ailleurs presque trépignante d'impatience, comme si je redevenais enfant ? C'est peut-être stupide, exagéré, surtout face à Leta que je ne connais pas bien et qui doit m'observer d'un œil suspect, mais peu importe. Les semaines, depuis mon départ de l'Institut, ont été éprouvantes. Il m'a fallu déménager, m'installer, dire au revoir à mes amis, puis commencer ce nouvel acte de ma vie, retrouver le Jardin, m'y faire une place, suivre le rythme et les exigences, être à la hauteur, faire de mon mieux. Je n'ai pas beaucoup pris de temps pour moi. Alors sortir observer les plantes ! Respirer l'air frais et retrouver le vent ! Merlin, que cela me plaît ! Le bonheur pétille dans mes veines.

J'ai un carnet, moi aussi. Un carnet et quelques attentes. Être de nouveau sur le terrain est excitant, pouvoir observer, noter, découvrir ; j'ai l'impression de retrouver ma période de mémoire de première année à l'Institut. Y a-t-il ce genre de travail à la Faculté de Soins aux Créatures Magiques ? Ou est-ce pour s'avancer et se faire plaisir que Leta a souhaité s'engager dans cette sortie ? Je me demande quel genre d'élève elle est. Je suppose que je pourrai en apprendre plus aujourd'hui.

« Moi aussi ! m'exclamé-je. J'ai hâte de marcher, de voir ce qu'on peut découvrir. Cela se passe bien au Jardin, ce sont mes premières semaines donc ils ne sont pas trop exigeants avec moi, mais je crois que je me mets un peu la pression quelques fois, et j'avais besoin de prendre l'air », confié-je avec un sourire léger.

J'écoute ma compagne du jour avec une curiosité sincère. J'ai délaissé les Soins aux Créatures Magiques à partir de mes études supérieures, mais c'est une matière qui m'a toujours assez plu et intéressé ; la possibilité de l'effleurer de nouveau en cette journée est enthousiasmante. Apercevoir des botrucs, des farfadets, des strangulots ; cela a quelque chose de magnifique et de merveilleux. Et puis, c'est étroitement lié à la botanique, il ne faut jamais oublier que l'environnement comprend aussi bien la flore que la faune, il est nécessaire de connaître un peu l'un quand on étudie l'autre.

Je hoche la tête, partageant les ressentis de Leta. Sortir en nature, prendre du temps pour soi... Finalement, les raisons de notre présence respective sont assez similaires. C'est agréable, et cela me réconforte dans l'idée que j'ai bien fait de proposer à l'étudiante de l'accompagner, même si cela paraissait surprenant et inhabituel au départ.

« Je connais quelques bases d'observation, grâce à mon échange AMICO à Castelobruxo et à mes études à l'Institut. Nous avons vu cela dans quelques cours. Bon, cela s'applique plus pour les plantes que pour les animaux, mais je suppose que les principes restent les mêmes, et puis peut-être que cela te sera utile. »

Je lui souris doucement avant de lever les yeux pour regarder autour de moi. Nous sommes plus proches de la partie boisée, le lac se cache plutôt derrière celle-ci. Les arbres me ramènent à l'Institut ; l'école en était entourée. Ici, ils sont bien plus rares.

« Peut-être commencer par la forêt ? proposé-je. Je l'avoue : elle m'intrigue. Et puis, cela fait longtemps que je n'ai pas marché entre les troncs ! Il n'y en a pas beaucoup en Irlande. »

Je me suis un peu baladée depuis mon arrivée dans cette nation, surtout lors de mes rares moments de temps libre, et sans m'imposer de rythme particulier, ni d'études ; il s'agissait juste de marche, de découvertes, de rencontres avec cette terre que j'essaye doucement d'apprivoiser.

« J'aimerais bien étudier les plantes, oui ! Ou au moins prendre quelques notes, effectuer des observations. Peut-être à propos des arbres et de leurs flux magiques ? Ou juste des particularités et des caractéristiques de plantes que je connais moins bien. J'ai rédigé un mémoire sur les flux magiques dans les tourbières écossaises lors de ma première année d'études, mais depuis je n'ai plus vraiment fait d'autres recherches. J'aimerais m'y remettre un peu, sans pression, à mon rythme. »

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

19 nov. 2025, 12:04
Lough Achork La Magizoobotanie
NB : Un système d'observation et d'interaction avec des créatures magiques attend d'être validé auprès des MJs. Les observations de Leta attendront l'approbation de ce système.
Je suis rassurée de savoir qu'elle a un peu de bases, voire plus grâce à cet échange que je n'ai jamais pu faire. Elle a en effet raison, dans les faits, la faune et la flore ont besoin d'une méthodologie d'étude non pas similaire, mais minutieuse.

J'ai déjà envie de marcher, j'ai l'impression de piétiner sur place et le froid engourdirait presque mes pieds. C'est le signe qu'il faut s'activer.

Tout ce qu'elle me dit est fort intéressant, son ton et ses formulations me permettent de peu à peu créer un portrait de plus en plus précis d'elle. Elle est investie, joyeuse aussi. Je crois avoir trouvé, totalement par hasard, quelqu'un qui me ressemble un peu dans sa façon de vivre : l'émerveillement au jour le jour.

Et bien va pour la forêt ! On peut commencer par regarder les plantes si tu veux, je suis curieuse de voir comment tu procèdes. On a sûrement des techniques d'observation similaires ?

Je ne vais pas mener la marche, mais entame quelques pas pour l'inviter à se placer à mes côtés. Le soleil m'offrait des caresses de chaleur bienvenue sur le visage et j'avais rangé mon carnet pour réchauffer mes mains dans les poches de mon manteau.

Eh bien, tu sais quoi, je n'avais jamais pensé qu'on puisse étudier les flux magiques dans des tourbières ! Quelles sont les conclusions de ton mémoire ? J'veux dire, est-ce qu'il y a des applications à ce que tu as trouvé ?

Et oui tu as cent pour cent raison : aller à son rythme, c'est la clé. J'ai failli trop donner à Poudlard en 6e année et je me suis dit "là, tu t'arrêtes et tu souffles un grand coup d'air frais". Ça m'a fait beaucoup de bien de prendre du recul.


Oui, vraiment, cette journée s'annonce passionnante.
Ça faisait un bail que j'avais pas mis de musique d'inspiration en bas de post. Charlotte Cardin cette fois-ci.

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

27 nov. 2025, 23:20
Lough Achork La Magizoobotanie
Je serai enfant des bois aux yeux Gargantua, mangeurs de mondes, qui décortiquent puis dévorent plus qu'ils n'observent, aux mains calleuses, éraflées, sillonnées d'empreintes de végétaux d'antan fossilisés dans ma paume, à la bouche toujours ouverte, avalant les tempêtes et les vents les plus féroces, aux dents battues et redessinées par les brises et les bourrasques, et à la peau recouverte de feuillages, renforcée par le soleil, reverdie par la pluie. Ma robe tissera au sol des racines semblables à des fils de soie, cousue par une araignée-mère, elle aura la douceur d'un champ de coton ; ma cape appartiendra à l'air et à la boue, sera comme une autre peau de chaleur et de terre, silhouette modelée dans l'argile ; et mon corps tout entier disparaîtra entre les arbres, s'y fondra comme un insecte, respirant près de l'écorce chaude et des branches qui embrassent. Je serai sorcière de la terre.

Je commence à devenir grande, adulte, je reconnais mieux les instants précieux lorsque je les vis, je devine plus aisément leur richesse, la trace lumineuse qu'ils laisseront en moi après s'être éteints ; je sais qu'il faut tout en savourer, être sensible à la moindre seconde qui m'effleure pour en retenir la douceur des pétales. Cette matinée esquissée me semble déjà appartenir à ces heures que je regarderai avec tendresse quand la fatigue colonisera mon corps.

Je souris à Leta, enthousiaste et enjouée. Les plantes ! C'est mon domaine, ma préférence ; toute la paroi de mes pensées est végétalisée.

« Je crois aussi ! réponds-je avant de confier : Même si je pense que cela reste plus simple d'observer des plantes que des créatures. »

Je me place aux côtés de la brune pour avancer avec elle jusqu'aux bois, profitant du trajet pour discuter et lui partager quelques pensées.

« En débutant mon mémoire, j'avais cette théorie que les tourbières, étant des lieux où les plantes s'accumulent, en décomposition ou non, porteraient des traces importantes de magie, et surtout de magie en mouvement, entre les plantes vivantes et celles mourantes. Cependant, c'était assez complexe à étudier, cela nécessite de mesurer et d'analyser les flux magiques, ce qui n'a rien d'évident, surtout pour une jeune étudiante comme moi, avoué-je avec amusement, et d'autant plus que les plantes peuvent avoir des flux très différents et plus ou moins forts. Mais j'en ai conclu que ces flux assemblés peuvent être vraiment puissants, et je crois qu'ils peuvent aussi avoir un impact sur nos propres flux et notre magie. »

Cela me tient à cœur, et je crois que cela se ressent, et pourtant je n'ose pas en dire plus ; j'en ai tant parlé au cours de ma scolarité que j'en garde l'étrange impression d'en avoir déjà trop dit. Alors, je rougis un peu et souris, hoche une nouvelle fois la tête pour revenir aux propos de Leta, à son expérience de sa sixième année dans laquelle je me reconnais aussi.

Nous traversons ainsi la distance qui nous sépare des bois, jusqu'à nous glisser à notre tour parmi ces silhouettes. Alors, les arbres, comme des vieillards aux os qui craquent et au visage ridé, nous accueillent en courbant la tête dans notre direction, souriants, mains cachées derrière le dos. Ils doivent se demander ce que la jeunesse peut bien faire parmi eux, à les regarder comme s'ils étaient encore rois.

Les feuilles, le soleil, les verts, les plantes, les troncs, et même les oiseaux, les insectes, la terre, les arbustes et les fleurs, Merlin ! Je me sens tellement bien parmi eux, réfugiée dans leurs ombres. Je pourrais y rester des heures, les yeux fermés, les sens illuminés, effleurés. Cela m'apaise inévitablement et simplement, sans que rien ne soit fait. J'entre, j'inspire, et le monde ne tourne plus à l'envers. Cela a quelque chose de merveilleux et d'inégalable.

Je m'arrête pour m'adresser à Leta, désignant un végétal du doigt.

« Regarde cette plante. Tu vois, quand je commence une observation, je prends d'abord note de toutes ses caractéristiques : sa taille, ses fleurs, ses graines, sa tige, ses feuilles, sa silhouette générale, et parfois même son implantation, si elle a des racines ou non. Il m'arrive aussi d'utiliser une loupe, cela peut être pratique. Cela me permet d'en déduire la classification de la plante, et parfois de la reconnaître plus en détails. J'aime bien aussi la replacer dans son environnement, où elle se trouve, dans quel genre de terre, sous quelle lumière, et cætera. C'est différent quand je cherche une plante en particulier, bien sûr, mais les observations générales restent souvent les mêmes. »

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

30 nov. 2025, 12:11
Lough Achork La Magizoobotanie
Je ne m'étais en réalité jamais posé la question de savoir quels étaient les flux magiques entre des êtres vivants et ceux qui mouraient, avant l'explication assez claire d'Alyona. Je ne suis évidemment pas étonnée du fait que ce soit quelque chose de fastidieux à étudier : déjà pour discerner les flux magiques dans un objet ou autre ça n'était pas chose facile, mais alors les transferts entre deux entités différentes… Je lui tirerais mon chapeau volontiers juste pour l'effort. Je n'en suis cependant pas plus avancée quant aux différentes applications quotidiennes ou non de ses résultats. Peut-être l'occasion pour elle d'avoir un gros projet à se mettre sous la dent ?

Ce n'est que sous les bois que le froid me transperce à nouveau, même dans mes poches, les bouts de mes doigts sentent cette morsure brûlante. Ai-je pensé à prendre mes gants ? Je sais plus si je les ai dans mon sac. Peu importe, je vérifierai plus tard : je refuse de risquer mes mains hors du semblant de chaleur qui subsiste dans mes poches.

Alyona me pointe une plante que je ne connais pas, j'écoute donc avec encore plus d'attention ce qu'elle en dit. Tout cela est évidemment académique : penser à cocher chacune des cases est terriblement important pour assurer une compréhension globale des plantes ; voire même faire des découvertes. Quant à l'étude de l'environnement, j'aurais peut-être inversé : une catégorie "caractéristiques de l'environnement", puis en dessous les plantes trouvées. Mais c'est vrai que ça ne s'applique que si on veut ratisser vraiment une zone. Les deux méthodes doivent sûrement être valables dans des conditions différentes. De ce que je sais, nous avons en effet des approches similaires.

Tout ceci ne m'empêche pas de rester alerte : qui sait, peut-être pourrions-nous tomber sur un arbre protégé par un Botruc ? Je crois d'ailleurs que nous n'avons croisé aucun animal hormis quelques insectes depuis que nous sommes arrivées. Je commence à me demander si l'endroit est vraiment vide de toute forme de faune, magique ou non.

Je laisse échapper un murmure pensif en prenant le temps de bien intégrer sa façon de faire : c'est un peu comme si j'avais un cours particulier. Est-ce qu'il t'arrive de capturer la forme de la plante par dessin ou photo ?

Je lui laisse le temps de me répondre. En fait, je lui ai posé la question grâce au cadeau que m'a fait Ruby en début d'année. Depuis j'utilise cet appareil photo presque quotidiennement pour garder en souvenir les joies de la vie et répertorier mes observations de créatures magiques.
Je sens ma compagne pleinement dans son élément et cela me donne du baume au cœur, quel plaisir d'être avec une personne qui aime vraiment ce qu'elle fait.

Tu as su quand que tu voulais être botaniste ? D'ailleurs, est-ce que tu veux évoluer vers d'autres métiers plus tard ?

Le soleil commence enfin à se frayer un chemin parmi les branches éparses des arbres alentour, quel plaisir de le revoir.

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

15 déc. 2025, 17:46
Lough Achork La Magizoobotanie
Retenir l'observation ailleurs que dans ses iris, la conserver dans sa poche ou dans son sac, arrêter le temps sur une seconde, sur un moment, pour toujours garder l'image d'une rencontre avec une plante. Comment ne pas s'en empêcher, de temps en temps, quand la découverte est merveilleuse et la journée agréable ? Sans oublier d'ajouter au bas de la page, en note, quelques mots pour lier aux couleurs un contexte, une émotion, et une date. Oui, je suis parfois tentée. Peut-être le serai-je aujourd'hui ? La promenade s'annonce belle, il est possible que je souhaite la conserver plus longtemps avec moi.

« Cela m'arrive quand c'est une plante que je vois peu, réponds-je, mais plutôt par dessin, je prends rarement un appareil photo avec moi. »

Je me plais à partir marcher sans m'encombrer, avec un simple sac contenant le strict nécessaire. Peut-être parce que j'aime parfois m'en aller à l'improviste, sans rien prévoir, attraper tout bonnement mes affaires et de fermer la porte de ma chambre pour mêler mon souffle à celui du vent. Comme un coup de tête qui libère la poitrine.

« Mais je ne le fais peut-être pas souvent, avoué-je avec un sourire. Je n'ai pas vraiment la fibre artistique, donc généralement je me contente de prendre des notes. »

Je griffonne des impressions et des caractéristiques pour éviter d'être déçue par une représentation imparfaite et imprécise, qui en deviendrait presque inutile. Ma mère aime peindre, mais je crois tenir davantage de mon père concernant mon approche du monde de l'art. J'ai beau avoir toujours essayé de dessiner des plantes lors de ma scolarité, cela ne m'a jamais vraiment permis de développer mes capacités.

« Et toi ? » demandé-je avec curiosité.

Les créatures doivent être bien plus complexes à capturer que les plantes, que ce soit par la photographie ou le dessin. Comment retenir le mouvant ? Comment remarquer les particularités et les détails quand le sujet peut être lointain, aller et venir sans que l'on ne puisse ni s'approcher, ni lui tourner autour, ni l'observer avec une loupe ? Les problèmes sont autres, et je suis admirative de ceux qui s'élancent pour essayer de fixer l'instable. C'est une voie dans laquelle je ne me suis pas engagée. Pourtant, les soins aux créatures magiques m'ont toujours plus, mais il est vrai que ce n'était pas une passion.

J'enfile des mitaines conservées dans mon sac et reprends mon carnet de notes ainsi qu'une plume, qui m'aidera à garder une trace de mes premières observations.

« J'ai toujours été intéressée par les sciences magiques. C'est ma grand-mère qui m'a initiée à tout cela, elle était médicomage. D'ailleurs, longtemps, je pensais plutôt m'engager dans cette branche. C'est grâce aux échanges AMICO et à ma correspondance avec une élève de Castelobruxo que mon choix s'est vraiment précisé, et alors il est devenu un peu une évidence, et j'ai su que je me dirigerai assurément vers la botanique. »

Les forêts m'ont libérée, dans leurs bras je me suis senti renaître. Je me suis extraite de ces cauchemars autour de l'urne noire, de la nécessité d'offrir mes capacités aux autres, de tout faire pour soigner, de placer leurs vies avant la mienne, et les genoux au sol, les mains dans la terre, j'ai levé les yeux et je me suis découverte émerveillée. Je me suis blottie dans les tiges et dans les branches, comme un insecte dans son cocon, et j'y ai redécouvert ma passion d'enfant, ces longues heures passées avec ma grand-mère à entretenir les végétaux de mon grand-père, et la paix, la sérénité que cela me procurait. Je me suis retrouvée, entre les racines et les tas de feuilles, dans les nuances de vert et de lumières.

« Mais en effet, j'aimerais bien pouvoir évoluer plus tard, pour me tourner vers l'enseignement. Je crois que cela me plairait aussi énormément de pouvoir transmettre à mon tour ce que j'ai appris. »

Je hoche la tête pour affirmer ma résolution. D'abord, j'aimerais pouvoir perfectionner mes capacités, en apprendre davantage, me sentir plus à l'aise, plus confiante, et peut-être voyager un peu dans le pays, voir d'autres horizons, ou me spécialiser dans un domaine. Après, seulement, je reviendrai franchir les portes d'une école pour donner ce que j'ai reçu.

« Et toi ? Comment est-ce que tu imagines ton avenir pour l'instant ? » la questionné-je de nouveau avec un sourire.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

6 févr. 2026, 15:16
Lough Achork La Magizoobotanie
Et bien enfin, la maladie, la fatigue et le travail me laissent du temps.

« Je n'ai pas vraiment la fibre artistique, donc généralement je me contente de prendre des notes. Et toi ? » Sa question me prend presque de court. Pourtant j'aurai du m'y attendre.

Et bien... J'ai commencé à parler trop tôt, mes idées ne sont pas encore organisées dans mon esprit. Et bien, avant oui, je dessinais beaucoup. Aujourd'hui, moins, je suis douée pour représenter rapidement avec des crayons à papier mais j'ai du mal avec les couleurs, donc même si je veux reproduire des animaux, ce sera en noir et blanc ! Je souris avec tendresse. Sinon, Ruby m'a offert un appareil photo pour mon anniversaire. Je l'aime beaucoup et en réalité il est très utile pour capturer des rencontres plus fugaces. Je l'ai pris avec moi pour prouver les rencontres que j'ai fais aujourd'hui et pour m'en souvenir ! Je regarde ma valise et bouge mon bras pour signifier qu'il est bel et bien là.

Lorsqu'Alyona évoque son expérience avec les échanges AMICO, j'ai un pincement au cœur. J'ai moi aussi participé la première année, ma correspondante à Ilvermorny était d'ailleurs très gentille. Mais, à mon grand désarrois, je n'avais pas été sélectionnée, Joan n'était pas venue à Poudlard et je n'étais pas partie aux USA. C'était une occasion manqué et je m'en étais toujours voulue d'avoir eu quelques jours de retard pour poster mes lettres. Mais que dire, ça faisait quand même quelques années déjà et j'avais bien compris cette leçon de vie.

Quoiqu'il en soit, son expérience est enrichissante, à l'origine elle savait ce quelle voulait faire puis a changé de vision des choses au fur et à mesure. Moi j'étais indécise tout au long de mon parcours. Je l'imagine à la place de Mr. Charleston pendant un instant et un sourire éclaire mon visage.

« [...] ton avenir [...] ? » Mon esprit a, un court moment, voulu jouer un tour et s'arrêter tout bêtement. Sauf que j'ai grandis, et je pense que mon futur n'est plus cette boule angoissante et floue que j'imaginais. Le chemin me semble clair, même s'il n'a pas été tracé par beaucoup d'autres avant moi.

J'ai envie d'être magizoologiste. Je veux explorer le monde, trouver de nouvelles espèces, les faire connaître au grand public et les protéger. Programme chargé hein ?

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

28 févr. 2026, 10:56
Lough Achork La Magizoobotanie
Entre les arbres, le temps semble plus lent, plus calme, les branches le filent de leurs derniers bourgeons et l'étirent pour en faire une étoffe solide et réconfortante ; on ne croirait pas que les minutes passent si vite lorsque l'on est drapé dans ce tissu, et je crois que c'est un des points qui me plaît dans la botanique : le rythme des saisons est bien plus paisible que celui des cœurs, les troncs demeurent forts et résistants quand les pensées tanguent et menacent de casser. J'aime à me sentir proche de l'écorce, c'est un peu comme si à son contact je me sentais devenir plus sereine. N'ai-je pas choisi cette voie pour le bien qu'elle me fait, avant même d'en découvrir la passion à travers un voyage à l'autre bout du monde ? Après des années à Poudlard parfois difficiles, ce chemin où les minutes sont lentes et la terre toujours solide était peut-être une évidence pour l'adolescente incertaine que j'étais.

Je jette un œil à la sorcière qui m'accompagne, curieuse d'en apprendre plus à son sujet, elle que je découvre aujourd'hui davantage que toutes les plantes que je pourrai croiser. Son sourire trouve naturellement son reflet sur mon visage, car la tendresse qui se lève en elle, je la découvre et l'accueille avec plaisir.

Les couleurs, pour les végétaux, sont assez importantes, elles peuvent renseigner sur l'état du sol et sur la variété précise d'une plante. Jouer sur les nuances d'un noir et blanc peut conserver des informations, certes, mais pas toutes celles qui pourraient être intéressantes. Est-ce différent avec les créatures magiques ? Sûrement, oui, les couleurs ne sont alors que des variations à l'intérieur même d'une espèce, et trouver l'espèce suffit souvent. Mais une photographie... C'est un procédé original et bien plus précis. Retenir une image exactement telle que nous l'avons vue... Souvent, l'envie me tente et je regrette de ne pas avoir pris avec moi un appareil photo, mais c'est un encombrement dont il est plus aisé de se passer, et qui dans mon cas n'est pas toujours nécessaire, confortable, peut-être, mais c'est tout. Alors que pour des créatures ! Capturer un regard avant qu'il ne disparaisse, saisir une posture, attraper une forme... C'est intéressant, et bien plus rapide d'un dessin, même à l'état de croquis.

« Oh ! » Mon regard suit le mouvement de bras, curiosité piquée, comme s'il pouvait voir à travers la valise. « C'est vrai que cela peut être utile, c'est une bonne idée. Et un bon cadeau », ajouté-je avec un sourire.

Ruby, qui qu'elle puisse être, ne s'est pas trompée en offrant un tel objet à son amie. Si des photos sont prises aujourd'hui, j'aimerais bien pouvoir en garder une ou deux avec moi, même si elles sont moins belles, même si elles sont floues ; je conserve si peu de souvenirs des sorties que je peux mener.

Mes réflexions demeurent tournées vers ce qui m'entoure lorsque Leta parle, mais force est de constater qu'elles s'en éloignent à la fin de sa réponse. Je me découvre impressionnée et enthousiaste. Cette sorcière sait dessiner, a pensé à prendre un appareil photo, et a une ambition tellement louable ! Cela me pousse vers l'avant, moi aussi, cela me donne en quelque sorte le droit de regarder haut, de rêver grand. Si elle veut voyager, découvrir des espèces et utiliser ses compétences pour servir ses désirs, pourquoi ne le pourrai-je pas ? Je marche à côté d'elle, nous sommes côte à côte, et sans avancer sur la même voie, qui dit que nous ne pourrions cependant pas progresser toutes les deux ? Je réussirais peut-être à découvrir des choses, moi aussi, je créerais des associations de plantes complexes, je mènerais des recherches qui éclaireront des zones encore inconnues, je serais une professeure appliquée et appréciée, ou peut-être même une directrice ! En ai-je les épaules ? Je pourrais être celle qui dévoile des chemins pour l'avenir. Ne serait-ce pas merveilleux ? Je rougirai presque, embarrassée par ces pensées. Il m'est difficile d'assumer une telle ambition, je craindrai trop de me décevoir. Dois-je pour autant l'enterrer, l'oublier, lui tourner le dos ? Je baisse les yeux sur la terre, me raccrochant au concret.

« C'est chargé mais pas impossible », parviens-je à articuler.

Un sourire gagne mes lèvres. Suis-je en présence d'une des futures plus grandes magizoologistes de notre époque ? Je lui souhaite tellement !

« Alors tu aimerais voyager une fois diplômée ? Tu penses qu'il faut un temps d'adaptation pour observer des espèces dans un milieu qu'on connaît moins voire pas ? »


J'ai enfin trouvé à mon tour un peu de temps, mais je dois avouer beaucoup douter de la qualité de mon texte, après une période sans écrire régulièrement, je crois que la reprise n'est pas si simple ahah.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht