3 nov. 2025, 18:33
 salle sensorielle   TW   OS  Remettre du sable dans le sablier
JEUDI 29 SEPTEMBRE 2050
QUATRIEME ANNEE.
SALLE SENSORIELLE
DE : 09H00 A 10H00

TW : crise d'angoisse ; mort
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Respire. Les sons vrillent, les images aussi et sa tête menace d'exploser. Respire Stella, Respire. Un râle. Grave, saccadé. Douleur au coeur, spasme et averse salée. Mendier l'oxygène, sentir l'air si précieux et désiré s'échapper de ses poumons. Respire. S'arracher les poumons et exhaler chaque bouffée comme la dernière. Le visage tordu de douleur, recroquevillée à terre comme une fleur fanée. Respirer méthodiquement, sans réfléchir, uniquement parce que c'est ce dont le corps a besoin pour se sentir vivre. Respire Stella. Supplier pour échapper à cette main de fer impitoyablement serrée autour du coeur, suffoquer et s'étouffer dans ses larmes. Le corps douloureusement replié sur lui-même, tantôt figé tantôt vibrant. Respire. Le monde s'écroule. Son monde s'écroule, celui qu'elle a battit à la sueur de ses mains et à l'eau de ses yeux. Respire putain. Le coeur s'affole, dérape, s'emballe. Et la peur. Cette peur insidieuse qui s'infiltre partout, dans chaque fibre de son corps, chaque fissure de son esprit. Peur irrationnelle, peur poignante, peur glaciale. Respire. Le hurlement de détresse coincé dans la gorge, les cordes vocales douloureuses de tant forcer pour laisser le cri s'échapper. Le regard fou, les yeux qui roulent dans leurs orbites. Respire merde, respire ! Rester avachie par terre, trop faible pour bouger. Trop faible pour se battre. Clore les paupières puis les rouvrir immédiatement. Non ! De nouveau, les cauchemars qui se pressent autour d'elle, lui insufflent cette terreur sans nom, cette rage inimaginable, ce désespoir insouffrable. Aydan et ses reproches. L'Imposteur. Ayron. Ayron, Ayron, Ayron. Respire. Ce souffle guttural, primitif qui secoue le corps entier, qui fait flancher le coeur et exploser le monde. Des mains qui se pressent sur elle, le Diable l'étreint et lui crache son venin à l'oreille. Trop fragile pour résister, trop fragile pour se reprendre, trop fragile pour faire quoi que ce soit. Trop fragile, trop faible, trop inutile. Respire ! Incapable de se sauver, incapable de faire le deuil, incapable de se soigner. Elle pleure et elle tousse. L'oxygène se moque d'elle et la Vie lui crie au visage. Lentement la lumière vacille, se fait plus petite jusqu'à n'être qu'une braise. Une unique braise dans l'Obscurité, l'immense Obscurité. Pas celle de la nuit, non. Celle du désespoir, celle du deuil, celle de ses cauchemars. Sa poitrine lutte et se démène, ses poumons se remplissent et se vident successivement, ses mains s'accrochent au sol et ses doigts s'emmêlent dans les brins d'herbe. Respire et sort d'ici. Sa vue se brouille — larmes ou fatigue ? — et un poids tombe sur ses paupières. Un poids lourd, tellement tellement lourd qu'elle chute avec, se laisse entrainer par son poids. Les muscles fatiguent, le corps cède avant l'esprit. Mal. Elle a mal partout, mal aux doigts, mal au coeur, mal aux jambes. Souffle. Inspire, respire. Et l'étau se desserre — étonnamment. Lentement, le piège s'entrouvre, laisse entrevoir une brève lumière. Un énième soupir qui rappe dans sa gorge, l'agonie de l'animal épuisé de s'être tant débattu. Doucement, presque avec méfiance, l'esprit se réanime. La respiration saccadée est douloureuse, les muscles engourdis aussi et le corps pèse et pèse et pèse d'un poids qu'il n'a jamais pesé. Le poids du deuil. Le poids du silence. Le poids de l'absence. Le poids de la trahison. Voilà, respire comme ça. Haletante, Etoile déplia lentement son corps. Un membre après l'autre, le visage tordu d'une grimace qui ne disait rien et pourtant tout à la fois. Elle papillonna des yeux un instant pour éclaircir sa vision, agressée par la lumière trop vive. Allongée sur le dos en étoile, la jeune fille se sentait couler dans l'herbe verte, disparaitre entre les lames fraiches et s'évanouir sans un bruit. Sa crise d'angoisse l'avait anéantie, terrassée. Est-ce que ça faisait une heure qu'elle était là ? Ou au contraire seulement cinq minutes. Peut-être juste un quart d'heure. Elle inspira profondément, tremblante. Et expira ses cauchemars, les démons qui lui avaient rendu visite cette nuit. Le corps brisé d'Aydan. Et le rouge, tellement tellement de rouge. Etoile retint un haut-le-coeur lorsque les images flashèrent devant ses yeux. Respire ! Et ce nourrisson. Innocent et pourtant déjà un pêcheur. Pourtant déjà un profanateur, une insulte, un imposteur. Cet enfant penché sur la dépouille. Un menteur et un escroc. Un sanglot s'arracha de la gorge de la Serdaigle. Elle contracta ses poings, et une unique larme dévala sa joue. Lentement, la goutte d'eau se fraya un chemin entre les cils. Resta suspendu au bord de la paupière, puis entama sa course vers sa fin. Elle traça un trait unique, un sillon humide et froid sur cette peau si pâle. Enfin, elle atteignit le bord du précipice et après une seconde interminable en suspension, elle termina sa chute à terre. Tout simplement. Voilà. Fin de la pièce, tirez le rideaux. Vacillante, Stella se releva dans un mouvement hasardeux, le corps courbatu et l'esprit ensuqué.

La vie c'est vraiment d'la merde, marmonna-t-elle d'une voix rauque en sortant.

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."