Sortir des rails
Janvier 2050
Avec @Damon Nikonov
Des taches colorées étaient apparues dans le paysage de Loutry Ste Chapoule ce mois-ci, sur un petit lopin de terre en friche excentré. Il n'était pas prévu que les manèges sortent de leur boîte, la troupe était juste là pour se réapprovisionner. Souffler un peu aussi, le froid avait rendu le voyage difficile. Cet endroit était si beau, si paisible, qu'aucun forain n'aurait jamais redouté ce qu’il allait leur tomber dessus deux jours après leur arrivée.
Les rumeurs coulaient à flot. Des oreilles à rallonge traînantes entendirent que les enchantements autour du campement n'avaient pas bougé. Des messagers à moustache se glissaient sous les toiles des tentes, portant des mots annonçant que la situation concernait une caisse de rails des montagnes russes. Derrières les portes entrouvertes des roulottes, des yeux soucieux guettaient le passage des gérants de la foire. On avait rarement vu les MacLeod aussi contrariés. Il circulait de bouche à oreille que le coupable devait forcément venir de Loutry.
Qui voudrait voler un campement de foire en plein jour ? Il y avait pourtant du monde sur place à ce moment-là. Si, par malheur, cette caisse tombe entre de mauvaises mains, il en sera fini de nous.
Le maître de foire n'avait eu que des mots de réconfort pour sa troupe concernant l'affaire. Il sommait à chacun de ne pas laisser l'inquiétude gâcher l'ambiance, et assurait sans cesse qu'ils se relèveraient tous de cette épreuve. Il n'avait cependant rien dit des mesures qui seraient prises pour remédier au problème. Chems n'avait de cesse d'imaginer qu'une de ces mesures serait la rupture de son contrat d'apprentissage sans préavis.
La surveillance du matériel était une tâche tacite pour tout le monde. Si ce malheur était survenu, c'était en quelque sorte parce que ceux présents au campement au moment des faits n'avaient pas su porter cette part de responsabilité. Et Chems faisait partie de ce groupe. Il rafraîchissait les cibles du stand de tir à la baguette d'une couche de peinture neuve lors du méfait. Il était donc dehors, et assez proche de la réserve où avait eu lieu l'infraction. Mais malgré sa proximité, il n'avait rien vu, et rien entendu non plus. Si par dépit, Reis décidait de sanctionner les personnes qu'il estimait ayant failli à leur devoir, Chems était persuadé que sa tête tomberait parmi les premières. Il n'était peut-être pas le seul à blâmer dans cette histoire, mais il était aussi très loin d'être indispensable au groupe. Il était nouveau, inexpérimenté et pas encore bien intégré. Son départ ne serait pas une grande perte.
Ces pensées malheureuses avaient fini par le pousser sur le sentier sinueux menant au centre de la bourgade ce jour-là. C'était un repli stratégique. Si Reis ne le trouvait pas, il ne pourrait pas lui dire de partir le soir même. Cela lui laisserait peut-être assez de temps pour trouver une solution d'ici au lendemain. Une solution qu'il pensait justement pouvoir dénicher derrière la porte d'une bonne vieille taverne au coeur de Loutry.
In my defense, I was left unsupervised
Avec @Damon Nikonov
Des taches colorées étaient apparues dans le paysage de Loutry Ste Chapoule ce mois-ci, sur un petit lopin de terre en friche excentré. Il n'était pas prévu que les manèges sortent de leur boîte, la troupe était juste là pour se réapprovisionner. Souffler un peu aussi, le froid avait rendu le voyage difficile. Cet endroit était si beau, si paisible, qu'aucun forain n'aurait jamais redouté ce qu’il allait leur tomber dessus deux jours après leur arrivée.
Les rumeurs coulaient à flot. Des oreilles à rallonge traînantes entendirent que les enchantements autour du campement n'avaient pas bougé. Des messagers à moustache se glissaient sous les toiles des tentes, portant des mots annonçant que la situation concernait une caisse de rails des montagnes russes. Derrières les portes entrouvertes des roulottes, des yeux soucieux guettaient le passage des gérants de la foire. On avait rarement vu les MacLeod aussi contrariés. Il circulait de bouche à oreille que le coupable devait forcément venir de Loutry.
Qui voudrait voler un campement de foire en plein jour ? Il y avait pourtant du monde sur place à ce moment-là. Si, par malheur, cette caisse tombe entre de mauvaises mains, il en sera fini de nous.
Le maître de foire n'avait eu que des mots de réconfort pour sa troupe concernant l'affaire. Il sommait à chacun de ne pas laisser l'inquiétude gâcher l'ambiance, et assurait sans cesse qu'ils se relèveraient tous de cette épreuve. Il n'avait cependant rien dit des mesures qui seraient prises pour remédier au problème. Chems n'avait de cesse d'imaginer qu'une de ces mesures serait la rupture de son contrat d'apprentissage sans préavis.
La surveillance du matériel était une tâche tacite pour tout le monde. Si ce malheur était survenu, c'était en quelque sorte parce que ceux présents au campement au moment des faits n'avaient pas su porter cette part de responsabilité. Et Chems faisait partie de ce groupe. Il rafraîchissait les cibles du stand de tir à la baguette d'une couche de peinture neuve lors du méfait. Il était donc dehors, et assez proche de la réserve où avait eu lieu l'infraction. Mais malgré sa proximité, il n'avait rien vu, et rien entendu non plus. Si par dépit, Reis décidait de sanctionner les personnes qu'il estimait ayant failli à leur devoir, Chems était persuadé que sa tête tomberait parmi les premières. Il n'était peut-être pas le seul à blâmer dans cette histoire, mais il était aussi très loin d'être indispensable au groupe. Il était nouveau, inexpérimenté et pas encore bien intégré. Son départ ne serait pas une grande perte.
Ces pensées malheureuses avaient fini par le pousser sur le sentier sinueux menant au centre de la bourgade ce jour-là. C'était un repli stratégique. Si Reis ne le trouvait pas, il ne pourrait pas lui dire de partir le soir même. Cela lui laisserait peut-être assez de temps pour trouver une solution d'ici au lendemain. Une solution qu'il pensait justement pouvoir dénicher derrière la porte d'une bonne vieille taverne au coeur de Loutry.
In my defense, I was left unsupervised
Sortir des rails
Le bruit constant commence sérieusement à m’agacer. Et si ces campagnards n’arrêtent pas d’ici quelques secondes de me parler de leurs réserves de vins absolument grandioses, il n’y aura prochainement plus personne pour les boire avant qu’ils ne tournent au vinaigre. Il avait fallu que le frère de ma mère décide de construire sa maison dans ce... village. Évidemment. Excentrique comme il est, ça m’étonne qu’il n’ait pas choisi un endroit plus fréquenté. Quoique non, finalement. Il fallait toujours qu’il sorte des cases pour se distinguer et ne pas faire comme toute personne sensée qui ne décide pas d’embêter tout le monde en organisant une fête dans un comté perdu au milieu de nulle part alors que tout le monde habite loin et a d’autres choses à faire que de le regarder tomber d’une table parce qu’il a bu trop de vin.
Décidément, ça doit être l’activité phare de la région.
Il faudra bien que j’y retourne avant la fin de sa petite parade si je ne veux pas qu’on remarque mon absence. D’ici une ou deux heures ça semble raisonnable, le temps d’oublier tous les moments embarrassants auxquels on a tous été obligés d’assister avant de les remplacer par d’autres.
Je serre le plus fort possible les dents pour éviter de leur écraser le nez par mégarde contre la table et me force à chercher autre chose sur laquelle me concentrer. Comme... rien du tout ici. Je pose mon menton sur mon poing et tourne légèrement la tête en repérant du mouvement vers l’entrée. Un jeune homme. Qui ne me fournira probablement pas la source de divertissement que je cherche. Qui sait, je pourrais être surpris, mais en attendant, regarder le gérant préparer semble plus intéressant.
287 mots
Décidément, ça doit être l’activité phare de la région.
Il faudra bien que j’y retourne avant la fin de sa petite parade si je ne veux pas qu’on remarque mon absence. D’ici une ou deux heures ça semble raisonnable, le temps d’oublier tous les moments embarrassants auxquels on a tous été obligés d’assister avant de les remplacer par d’autres.
Je serre le plus fort possible les dents pour éviter de leur écraser le nez par mégarde contre la table et me force à chercher autre chose sur laquelle me concentrer. Comme... rien du tout ici. Je pose mon menton sur mon poing et tourne légèrement la tête en repérant du mouvement vers l’entrée. Un jeune homme. Qui ne me fournira probablement pas la source de divertissement que je cherche. Qui sait, je pourrais être surpris, mais en attendant, regarder le gérant préparer semble plus intéressant.
287 mots
oh, no, i don't "suffer" from insanity. i enjoy every. single. minute. of. it.
« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.
« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.
Sortir des rails
Sur son chemin jusqu'ici, Chems avait pu se rendre compte des larges distances qui séparaient les habitations chaspoulaines les unes des autres. Ça lui avait rappelé Inis Mór et sa population diluée par les vastes plaines solitaires de l'île. Dans ce genre de patelins, les établissements promettant de quoi consommer, et la garantie de pouvoir y faire des rencontres, servaient de bon point de ralliement aux habitants isolés. Chems avait espéré que cette logique s'applique à Loutry. L'atmosphère de la taverne lui répondait maintenant que ses attentes n'avaient pas été dérisoires. Une vague de chaleur s'était écrasée sur son visage lorsqu'il avait mis un pied à l'intérieur, portant avec elle des effluves maltées et graisseuses. L'endroit n'était pas très spacieux, assez rudimentaire, et il aurait bénéficié d'un peu plus de lumière à son goût. Mais il était bel et bien bondé.
« Rien pour moi, merci, dit-il à celle qui s'était approchée pour prendre sa commande au bar. En fait je cherche quelqu'un. »
Sous la prétention de s'adresser à la serveuse, Chems se préparait déjà à faire porter sa voix pour attirer l'attention du plus de monde possible. Ça, c'était une chose qu'il savait bien faire, à force de distraire les passants en période de foire. Cette fois cependant, il se doutait que la "distraction" ne serait pas aussi bien reçue. Il y avait, en effet, toujours des tensions entre les forains et les locaux des agglomérations qu'ils approchaient. Leur campement bariolé jurait avec n'importe quel paysage, et sa vue était souvent source de grief. Quelques chaspoulains ici devaient forcément s'agacer de leur présence. Peut-être même un plus que les autres. Chems jeta des coups d'oeil délibérément flagrants à ses voisins de comptoir, l'esprit tiraillé. Quelles étaient les chances pour que la voix d'un voleur soit mêlée à celles qui faisaient siffler ses oreilles maintenant ? Est-ce qu'entre toutes les personnes avec un verre à la main, l'une d'elles s'enivrait pour fêter le succès d'un méfait proprement exécuté ? Est-ce que parmi les rires heureux, l'un d'eux se moquait du foutoir qu'il avait sciemment provoqué au sein d'un groupe de forain pas loin d'ici ?
Concrètement, il n'avait rien pour prouver que le coupable venait de Loutry. Rien pour affirmer qu'il était ici, dans cette taverne, en ce moment même. Rien, si ce n'est son intuition... ou un grain d'impatience éperdue le poussant à croire à la solution la plus simple.
Déclarant enfin, haut et fort, son appartenance à la troupe de la foire des rois, Chems observa, avec beaucoup de satisfaction, combien de têtes cela faisait pivoter dans sa direction.
« Je sais bien que nos tentes n'ont rien pour se mesurer aux maisons des environs, » se lamenta-t-il auprès de sa serveuse, s'appuyant sur le bar, écrasé par le poids de son prétendu désarroi. « Mais enfin, ça ne justifie pas que quelqu'un ait cru pouvoir en piller une sans se faire inquiéter, vous n'êtes pas d'accord ? »
Oh, bien sûr, il ne s’attendait pas à susciter beaucoup de compassion en dénonçant son préjudice au beau milieu d'un antre où chacun venait pour oublier ses soucis. Chose intéressante cependant, l'exaspération générale surpassait l'inquiétude que la présence d'un voleur sévissant dans les environs aurait dû causer.
« Ça ne vous alarme pas ? Fit-il remarquer sans ambages. À moins que le risque de se faire dépouiller par ici n'existe que pour les visiteurs qui vous gênent. »
L'allusion accusatrice ébroua son audience réticente d'une indignation farouche. Personne ne ferait une chose pareille ici ! C'est ce que s'étaient joints à affirmer la serveuse et quelques consommateurs, probablement des plus ennuyés d'entendre la réputation de la bourgade se faire salir. Chems les dévisagea, ces participants à la levée de bouclier qui, pour l'instant, étaient tous suspects à ses yeux. Ne trouvant plus d'intérêt à s'embarrasser de sa posture et de son air malheureux après avoir bafoué ouvertement l'intégrité des gens présents, il redressa son dos bien droit pour faire face aux plus impliqués dans le dialogue.
« Ah mais vous savez, moi je trouvais Loutry Ste Chaspoule très sympathique en arrivant. Très sympathique. »
Aux grimaces furieuses et aux poings serrés, Chems confronta son sourire mesquin.
« Enfin ça, c'était avant de réaliser que c'était un véritable nid de rats. »
Encore quelques tournures de phrase tendancieuses, un ou deux commentaires sur un potentiel prolongement de séjour pour les forains, et Chems était certain que le responsable du délit se trahirait, écoeuré d'avoir provoqué ce qu'il avait tant oeuvré à éviter.
Il était si obnubilé par l'idée de titiller le véritable rat de cette histoire, que Chems en oubliait l'innocence des autres chaspoulains. Ceux qui se faisaient écorcher alors qu'ils n'étaient pour rien.
In my defense, I was left unsupervised
« Rien pour moi, merci, dit-il à celle qui s'était approchée pour prendre sa commande au bar. En fait je cherche quelqu'un. »
Sous la prétention de s'adresser à la serveuse, Chems se préparait déjà à faire porter sa voix pour attirer l'attention du plus de monde possible. Ça, c'était une chose qu'il savait bien faire, à force de distraire les passants en période de foire. Cette fois cependant, il se doutait que la "distraction" ne serait pas aussi bien reçue. Il y avait, en effet, toujours des tensions entre les forains et les locaux des agglomérations qu'ils approchaient. Leur campement bariolé jurait avec n'importe quel paysage, et sa vue était souvent source de grief. Quelques chaspoulains ici devaient forcément s'agacer de leur présence. Peut-être même un plus que les autres. Chems jeta des coups d'oeil délibérément flagrants à ses voisins de comptoir, l'esprit tiraillé. Quelles étaient les chances pour que la voix d'un voleur soit mêlée à celles qui faisaient siffler ses oreilles maintenant ? Est-ce qu'entre toutes les personnes avec un verre à la main, l'une d'elles s'enivrait pour fêter le succès d'un méfait proprement exécuté ? Est-ce que parmi les rires heureux, l'un d'eux se moquait du foutoir qu'il avait sciemment provoqué au sein d'un groupe de forain pas loin d'ici ?
Concrètement, il n'avait rien pour prouver que le coupable venait de Loutry. Rien pour affirmer qu'il était ici, dans cette taverne, en ce moment même. Rien, si ce n'est son intuition... ou un grain d'impatience éperdue le poussant à croire à la solution la plus simple.
Déclarant enfin, haut et fort, son appartenance à la troupe de la foire des rois, Chems observa, avec beaucoup de satisfaction, combien de têtes cela faisait pivoter dans sa direction.
« Je sais bien que nos tentes n'ont rien pour se mesurer aux maisons des environs, » se lamenta-t-il auprès de sa serveuse, s'appuyant sur le bar, écrasé par le poids de son prétendu désarroi. « Mais enfin, ça ne justifie pas que quelqu'un ait cru pouvoir en piller une sans se faire inquiéter, vous n'êtes pas d'accord ? »
Oh, bien sûr, il ne s’attendait pas à susciter beaucoup de compassion en dénonçant son préjudice au beau milieu d'un antre où chacun venait pour oublier ses soucis. Chose intéressante cependant, l'exaspération générale surpassait l'inquiétude que la présence d'un voleur sévissant dans les environs aurait dû causer.
« Ça ne vous alarme pas ? Fit-il remarquer sans ambages. À moins que le risque de se faire dépouiller par ici n'existe que pour les visiteurs qui vous gênent. »
L'allusion accusatrice ébroua son audience réticente d'une indignation farouche. Personne ne ferait une chose pareille ici ! C'est ce que s'étaient joints à affirmer la serveuse et quelques consommateurs, probablement des plus ennuyés d'entendre la réputation de la bourgade se faire salir. Chems les dévisagea, ces participants à la levée de bouclier qui, pour l'instant, étaient tous suspects à ses yeux. Ne trouvant plus d'intérêt à s'embarrasser de sa posture et de son air malheureux après avoir bafoué ouvertement l'intégrité des gens présents, il redressa son dos bien droit pour faire face aux plus impliqués dans le dialogue.
« Ah mais vous savez, moi je trouvais Loutry Ste Chaspoule très sympathique en arrivant. Très sympathique. »
Aux grimaces furieuses et aux poings serrés, Chems confronta son sourire mesquin.
« Enfin ça, c'était avant de réaliser que c'était un véritable nid de rats. »
Encore quelques tournures de phrase tendancieuses, un ou deux commentaires sur un potentiel prolongement de séjour pour les forains, et Chems était certain que le responsable du délit se trahirait, écoeuré d'avoir provoqué ce qu'il avait tant oeuvré à éviter.
Il était si obnubilé par l'idée de titiller le véritable rat de cette histoire, que Chems en oubliait l'innocence des autres chaspoulains. Ceux qui se faisaient écorcher alors qu'ils n'étaient pour rien.
In my defense, I was left unsupervised
Sortir des rails
Je ne pensais pas que c'était possible de mourir d'ennui mais j'aurais dû me douter que dans une toute petite ville telle que celle-ci, c'est bel et bien possible. S'endormir sur le comptoir au milieu de tous ces gens semble tout à coup une merveilleuse activité et ça n'a évidemment rien à voir avec ma nuit blanche d'hier, non. C'est juste qu'il y a ce genre de situation, totalement et affreusement soporif-...
Mon intérêt est enfin piqué en voyant toutes les têtes se tourner vers quelque chose ou... quelqu'un. Le petit qui vient de faire son entrée n'a pas perdu son temps pour se faire remarquer et je n'ai pas l'impression que ce soit une bonne chose. Je me redresse sur mon tabouret en écoutant ce qu'il a à dire. Une histoire de vol ? Il n'y a qu'un mot sur deux qui arrive à faire le chemin jusqu'à mon cerveau sans arriver à faire le lien avec ce qu'il se passe. Je comprendrais que le manque flagrant de... quoi que ce soit provoque autant d'agitation à la moindre affaire, mais tout ça pour un vol ? Un nain de jardin qui aurait disparu, peut-être ?
« À moins que le risque de se faire dépouiller par ici n'existe que pour les visiteurs qui vous gênent. »
Oh ?
Visiblement tout le monde ne semble pas penser comme moi que ça n'a pas vraiment d'importance et je sauve de justesse mon verre qui manque de se faire renverser par un monsieur qui a l'air de vouloir à tout prix sauver l'honneur de son village minuscule.
Bon. J'ai toutes les raisons de penser qu'il n'y a pas qu'un nain de jardin qui est en jeu. Mon regard se tourne de nouveau vers le fauteur de trouble qui doit sûrement avoir envie de se faire taper dessus, en provoquant un bar tout entier. Je ne cache pas mon sourire et je rirais probablement si le petit ne risquait de finir accroché à un arbre d'ici quelque minutes. Ou secondes.
Je me fraye un chemin jusqu'à lui, en poussant à peine un habitant trop ivre pour encore tenir debout, avant de passer mon bras autour de ses épaules pour le faire reculer. « Ah, sacré Evan ! Toujours à faire des blagues qui ne sont pas drôles du tout. » La dernière partie de la phrase lui est destiné pendant que je l'entraîne vers une table plus loin, sans prendre la peine de regarder si les chauvins-de-Chaspoulains ont choisi de se calmer. Après avoir fait asseoir le définitivement-pas-Chaspoulain sur une chaise, je vais m'installer sur celle d'en face en m'appuyant contre le dossier.
C'est difficile de lui en vouloir, il est sûrement jeune et plein de motivation pour provoquer tout le monde en duel, mais j'aurais espéré un petit peu plus d'instinct de survie de sa part. À commencer par amener un ou deux amis avec lui, si jamais ça tournait mal. « C'est pas dans mes habitudes de faire la leçon, ni d'empêcher les gens de causer des gros drames, mais tu veux bien m'expliquer ce qu'il t'est passé par la tête ? » Le pire c'est que je suis sérieux et que j'en ai même oublié ma boisson au comptoir. Passons. « Critiquer une aussi petite ville, dans le seul bar du coin, tout seul et entouré de gens qui ont tellement bu qu'ils ne savent plus ce qu'ils font... ce n'est pas le meilleur moyen pour chercher des sensations fortes. Vraiment. » Et j'espère bien qu'il a une meilleure raison que ça, sinon il y a des centaines de club de duel dans tout le pays qui seront bien plus amusants.
D'un coup de baguette je fais venir à lui une carte avec tous les produits proposés ici en me permettant un coup d'œil vers les habitants du village. Pas de torche ni de menace d'attaque en vue, c'est plutôt bon signe. Le vrai défi c'est de garder Evan en place pour qu'il ne retourne pas faire n'importe quoi. Il s'appelle bien Evan, non ?
Toutes mes excuses pour le retard !
Mon intérêt est enfin piqué en voyant toutes les têtes se tourner vers quelque chose ou... quelqu'un. Le petit qui vient de faire son entrée n'a pas perdu son temps pour se faire remarquer et je n'ai pas l'impression que ce soit une bonne chose. Je me redresse sur mon tabouret en écoutant ce qu'il a à dire. Une histoire de vol ? Il n'y a qu'un mot sur deux qui arrive à faire le chemin jusqu'à mon cerveau sans arriver à faire le lien avec ce qu'il se passe. Je comprendrais que le manque flagrant de... quoi que ce soit provoque autant d'agitation à la moindre affaire, mais tout ça pour un vol ? Un nain de jardin qui aurait disparu, peut-être ?
« À moins que le risque de se faire dépouiller par ici n'existe que pour les visiteurs qui vous gênent. »
Oh ?
Visiblement tout le monde ne semble pas penser comme moi que ça n'a pas vraiment d'importance et je sauve de justesse mon verre qui manque de se faire renverser par un monsieur qui a l'air de vouloir à tout prix sauver l'honneur de son village minuscule.
Bon. J'ai toutes les raisons de penser qu'il n'y a pas qu'un nain de jardin qui est en jeu. Mon regard se tourne de nouveau vers le fauteur de trouble qui doit sûrement avoir envie de se faire taper dessus, en provoquant un bar tout entier. Je ne cache pas mon sourire et je rirais probablement si le petit ne risquait de finir accroché à un arbre d'ici quelque minutes. Ou secondes.
Je me fraye un chemin jusqu'à lui, en poussant à peine un habitant trop ivre pour encore tenir debout, avant de passer mon bras autour de ses épaules pour le faire reculer. « Ah, sacré Evan ! Toujours à faire des blagues qui ne sont pas drôles du tout. » La dernière partie de la phrase lui est destiné pendant que je l'entraîne vers une table plus loin, sans prendre la peine de regarder si les chauvins-de-Chaspoulains ont choisi de se calmer. Après avoir fait asseoir le définitivement-pas-Chaspoulain sur une chaise, je vais m'installer sur celle d'en face en m'appuyant contre le dossier.
C'est difficile de lui en vouloir, il est sûrement jeune et plein de motivation pour provoquer tout le monde en duel, mais j'aurais espéré un petit peu plus d'instinct de survie de sa part. À commencer par amener un ou deux amis avec lui, si jamais ça tournait mal. « C'est pas dans mes habitudes de faire la leçon, ni d'empêcher les gens de causer des gros drames, mais tu veux bien m'expliquer ce qu'il t'est passé par la tête ? » Le pire c'est que je suis sérieux et que j'en ai même oublié ma boisson au comptoir. Passons. « Critiquer une aussi petite ville, dans le seul bar du coin, tout seul et entouré de gens qui ont tellement bu qu'ils ne savent plus ce qu'ils font... ce n'est pas le meilleur moyen pour chercher des sensations fortes. Vraiment. » Et j'espère bien qu'il a une meilleure raison que ça, sinon il y a des centaines de club de duel dans tout le pays qui seront bien plus amusants.
D'un coup de baguette je fais venir à lui une carte avec tous les produits proposés ici en me permettant un coup d'œil vers les habitants du village. Pas de torche ni de menace d'attaque en vue, c'est plutôt bon signe. Le vrai défi c'est de garder Evan en place pour qu'il ne retourne pas faire n'importe quoi. Il s'appelle bien Evan, non ?
Toutes mes excuses pour le retard !
oh, no, i don't "suffer" from insanity. i enjoy every. single. minute. of. it.
« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.
« C'est pas parce que t'as l'air d'un dépressif accro à la caféine probablement emo raté dans ta jeunesse [...] » – C.W.