And yet I smile
Vendredi 4 novembre 2050, 15h
@Hyacinthe Kyros
@Hyacinthe Kyros
Lors de son premier passage dans le bureau du psychomage, l'idée d'y revenir avait semblé plutôt saugrenue à Elijah. Il ne s'était pointé une seconde fois que pour la lecture de la réponse de sa mère à la lettre envoyée. Mais une chose en entraînant une autre, Monsieur Kyros et ses chocolats chauds avaient su gagner le coeur de l'adolescent, qui se rendait désormais à ces rendez-vous hebdomadaires avec assiduité. Les discussions qu'il pouvait avoir avec le psychomage lui faisaient du bien, tout comme son absence de jugement et, ne nous mentons pas, ses petits compliments.
C'était sans aucun doute grâce à ces derniers qu'il parvenait sans peine à amener Elijah où il le souhaitait, sans que le garçon ne s'en rendît compte. Et puis, aujourd'hui, il avait quelque chose d'étonnant à lui annoncer. Quelque chose que personne n'aurait pu prédire. Quelque chose qui ressemblait fort à un insigne brillant qu'il arborait fièrement depuis la matinée même.
Il frappa à la porte du bureau avant d'y entrer. Il y avait bien longtemps qu'il n'hésitait plus sur le seuil de la porte. Son habituel sourire aux lèvres, il salua l'homme joyeusement.
- B'jour M'sieur Kyros ! Vous allez bien ? demanda-t-il avant de venir s'asseoir, sa chère casquette jurant toujours avec l'uniforme qu'il portait. Evidemment, son chocolat l'attendait déjà, et il s'en octroya une gorgée avec plaisir avant de se relever.
- Parfait, comme d'hab' ! s'exclama-t-il en allant jeter un coup d'oeil par la fenêtre, comme s'il craignait de louper quelque chose de très important qui se passerait dehors - ce qui n'était absolument pas le cas.
L'adolescent avait simplement besoin d'avoir l'impression de contrôler l'échange, et ça passait par le fait de prendre le plus de place possible dans la pièce. Il fit mine de chercher du regard.
- Elle est où Lernie ? s'enquit-il, comme pour s'assurer qu'elle était bien dans le bureau.
Il fallait dire qu'Elijah tenait grandement à ses habitudes, et qu'il était désormais habitué à la voir durant leurs séances. Et puis, s'il bougeait suffisamment, Monsieur Kyros verrait forcément son bel insigne de préfet.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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Hyacinthe leva les yeux lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir sous les doigts assurés d’Elijah. Il n’avait même plus besoin de donner la moindre invitation ; l’adolescent entrait comme s’il avait le droit, toujours à ses heures de rendez-vous. À vrai dire, Hyacinthe ne trouvait pas cela désagréable. Cela l'aurait été dans d'autres circonstances, si ses rendez-vous avaient été moins espacés ou si le Poufsouffle entrait à des moments tout à fait imprévus. Il réajusta seulement une mèche derrière son oreille d'un geste habituel, retrouvant ce sourire aimable dont il avait parfois l’impression qu’il s’était imprimé dans sa peau. Néanmoins, il ne pouvait nier qu'il ressentait un certain plaisir à accueillir Elijah dans leur rituel hebdomadaire.
- Bonjour Elijah. En pleine forme, je vous remercie. Et vous ?
Sa voix resta douce tandis qu'il se relevait pour marcher en direction de son fauteuil. Le roux avait eu la prévoyance de préparer le chocolat du Poufsouffle quelques minutes auparavant, mettant de côté la paperasse qu'il avait commencé en début d'après-midi. Sa propre tasse de thé, encore vide, trônait de l'autre côté de la table, tandis qu'une théière fumante attendait non loin de là.
Il suivit du regard le garçon qui se déplaçait déjà dans son espace comme s’il en avait hérité. Le constat l’amusa un peu et quelque part, le rassura aussi. Si Elijah se sentait en sécurité ici, il le montrait bien plus que lors de leur première entrevue. C'était particulièrement agréable à voir. Le chocolat chaud eut tout juste eu le temps de laisser échapper un fin filet de vapeur que le Poufsouffle en but déjà une gorgée. Hyacinthe s’empara alors de sa propre tasse et la remplit avec précaution, un sourire amusé aux lèvres.
- Ravi d’entendre que vous êtes en forme, cela fait plaisir à voir.
Il laissa une chaleur subtile passer dans ses mots alors que l'adolescent se remit presque aussitôt debout pour regarder par la fenêtre. Hyacinthe pencha légèrement la tête pour l'observer, peu affecté par la façon dont le Poufsouffle s'auto-gérait par le mouvement. Son observation aboutit au doux reflet doré qui était visible sur le torse du garçon. Oh. Ce n'est pas n'importe quel badge, remarqua-t-il. Cela expliquait peut-être le large sourire qui ornait le visage d'Elijah. À sa question sur Lernie, le trentenaire répondit en levant légèrement la main, désignant du bout des doigts un petit coussin qui était resté dans un coin de la pièce.
- Juste ici. Elle n'a pas bougé depuis le début de l'après-midi.
Un murmure sec, mais emprunt d'amusement. Le serpent, lové en une spirale presque parfaite, ne daigna pas bouger. Seul le mouvement vif de sa langue fit comprendre aux deux sorciers qu'elle était pleinement consciente de ce qui l'entourait. Admirer la façon dont Elijah et Lernie s'entendaient était particulièrement agréable, lorsque la princesse daignait bouger.
Voir le jeune sorcier se tortiller ainsi fit vite comprendre à Hyacinthe qu'il attendait une réaction de sa part. Un éclat de rire éclaira son visage fatigué. Il était fier, bien sûr. Un tel titre se méritait, et le fait que le brun l'ait obtenu était digne de nombreuses éloges.
- Eh bien... il y a quelque chose de nouveau et de particulièrement éclatant aujourd’hui, on dirait. Ses yeux remontèrent vers ceux du garçon, pétillants. Souhaitez-vous que je vous appelle Monsieur le Préfet, maintenant ?
Il ponctua sa phrase d’un rire léger, tout en poursuivant sur leur séance après un court raclement de gorge.
- Alors, Elijah... de quoi souhaitez-vous parler aujourd’hui ?
- Bonjour Elijah. En pleine forme, je vous remercie. Et vous ?
Sa voix resta douce tandis qu'il se relevait pour marcher en direction de son fauteuil. Le roux avait eu la prévoyance de préparer le chocolat du Poufsouffle quelques minutes auparavant, mettant de côté la paperasse qu'il avait commencé en début d'après-midi. Sa propre tasse de thé, encore vide, trônait de l'autre côté de la table, tandis qu'une théière fumante attendait non loin de là.
Il suivit du regard le garçon qui se déplaçait déjà dans son espace comme s’il en avait hérité. Le constat l’amusa un peu et quelque part, le rassura aussi. Si Elijah se sentait en sécurité ici, il le montrait bien plus que lors de leur première entrevue. C'était particulièrement agréable à voir. Le chocolat chaud eut tout juste eu le temps de laisser échapper un fin filet de vapeur que le Poufsouffle en but déjà une gorgée. Hyacinthe s’empara alors de sa propre tasse et la remplit avec précaution, un sourire amusé aux lèvres.
- Ravi d’entendre que vous êtes en forme, cela fait plaisir à voir.
Il laissa une chaleur subtile passer dans ses mots alors que l'adolescent se remit presque aussitôt debout pour regarder par la fenêtre. Hyacinthe pencha légèrement la tête pour l'observer, peu affecté par la façon dont le Poufsouffle s'auto-gérait par le mouvement. Son observation aboutit au doux reflet doré qui était visible sur le torse du garçon. Oh. Ce n'est pas n'importe quel badge, remarqua-t-il. Cela expliquait peut-être le large sourire qui ornait le visage d'Elijah. À sa question sur Lernie, le trentenaire répondit en levant légèrement la main, désignant du bout des doigts un petit coussin qui était resté dans un coin de la pièce.
- Juste ici. Elle n'a pas bougé depuis le début de l'après-midi.
Un murmure sec, mais emprunt d'amusement. Le serpent, lové en une spirale presque parfaite, ne daigna pas bouger. Seul le mouvement vif de sa langue fit comprendre aux deux sorciers qu'elle était pleinement consciente de ce qui l'entourait. Admirer la façon dont Elijah et Lernie s'entendaient était particulièrement agréable, lorsque la princesse daignait bouger.
Voir le jeune sorcier se tortiller ainsi fit vite comprendre à Hyacinthe qu'il attendait une réaction de sa part. Un éclat de rire éclaira son visage fatigué. Il était fier, bien sûr. Un tel titre se méritait, et le fait que le brun l'ait obtenu était digne de nombreuses éloges.
- Eh bien... il y a quelque chose de nouveau et de particulièrement éclatant aujourd’hui, on dirait. Ses yeux remontèrent vers ceux du garçon, pétillants. Souhaitez-vous que je vous appelle Monsieur le Préfet, maintenant ?
Il ponctua sa phrase d’un rire léger, tout en poursuivant sur leur séance après un court raclement de gorge.
- Alors, Elijah... de quoi souhaitez-vous parler aujourd’hui ?
583- @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
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Elijah se garda bien de répondre au psychomage qu'il n'avait pas l'air tellement en pleine forme. Notamment parce qu'il ne parvenait pas à se souvenir d'un moment où l'homme lui avait paru vraiment en forme. Et pourtant, il lui souriait toujours, se montrait toujours parfaitement calme, bienveillant et compréhensif, comme si rien ne pouvait réellement l'atteindre. Cela ressemblait fort à un super pouvoir aux yeux de l'adolescent qui se sentait en permanence esclave de toutes ses émotions.
Il suivit finalement le mouvement de la main de Monsieur Kyros, pour laisser son regard tomber sur la fameuse Lernie. Il sourit sincèrement en la voyant, visiblement ravi de constater qu'elle était bien dans la pièce, bien qu'il se contenta de s'accroupir de loin en lui disant bonjour, afin de ne pas pénétrer son espace personnel, ni même l'ennuyer outre mesure.
- En même temps elle a pas d'raison de bouger si elle est bien ! fit-il en se relevant, simplement heureux du confort évident de l'animal.
Et tandis qu'il revenait vers la table basse pour s'installer, ses joues rosirent de plaisir en entendant enfin l'homme remarquer son badge de préfet. Il bomba fièrement le torse avant de s'asseoir une seconde fois, faisant mine de se dandiner un peu modestement alors même qu'il était évident qu'il n'attendait qu'une remarque à ce sujet pour se lancer.
- Vous avez vu ! C'est trop la classe, hein ? Moi, préfet, j'vous jure M'sieur, ma mère elle voudra jamais m'croire quand j'vais lui dire, j'ai trop hâte ! s'exclama-t-il tout en pouffant à la petite blague de l'homme.
- Mais nan pour vous c'est bon, Elijah c'est bien. Eli' c'est mieux même. Mais Monsieur l'préfet, j'dirai de m'appeler comme ça aux petits de première année ! blagua-t-il, tout en se disant qu'il essaierait probablement pour le fun, juste pour voir si ça marchait.
- Enfin peut-être pas en vrai, j'ai promis à M'sieur Charleston de faire moins d'bêtises. J'espère que j'vais y arriver, avoua-t-il dans un haussement d'épaules.
- On peut parler de ça, pas vrai ? Parce qu'il m'a dit que j'étais pas obligé d'en faire autant, des bêtises, mais moi j'fais pas exprès, alors du coup je sais pas si ça compte pour de vrai, expliqua-t-il, visiblement persuadé du bien fondé de cette affirmation.
Il savait pourtant pertinemment ce qu'il faisait les trois quarts du temps lorsqu'il faisait n'importe quoi. C'était certes souvent plus fort que lui, puisqu'il ne réfléchissait qu'après coup, lorsque les conséquences se pointaient, mais de là à dire qu'il ne le faisait pas exprès, c'était sans doute un peu facile.
Il suivit finalement le mouvement de la main de Monsieur Kyros, pour laisser son regard tomber sur la fameuse Lernie. Il sourit sincèrement en la voyant, visiblement ravi de constater qu'elle était bien dans la pièce, bien qu'il se contenta de s'accroupir de loin en lui disant bonjour, afin de ne pas pénétrer son espace personnel, ni même l'ennuyer outre mesure.
- En même temps elle a pas d'raison de bouger si elle est bien ! fit-il en se relevant, simplement heureux du confort évident de l'animal.
Et tandis qu'il revenait vers la table basse pour s'installer, ses joues rosirent de plaisir en entendant enfin l'homme remarquer son badge de préfet. Il bomba fièrement le torse avant de s'asseoir une seconde fois, faisant mine de se dandiner un peu modestement alors même qu'il était évident qu'il n'attendait qu'une remarque à ce sujet pour se lancer.
- Vous avez vu ! C'est trop la classe, hein ? Moi, préfet, j'vous jure M'sieur, ma mère elle voudra jamais m'croire quand j'vais lui dire, j'ai trop hâte ! s'exclama-t-il tout en pouffant à la petite blague de l'homme.
- Mais nan pour vous c'est bon, Elijah c'est bien. Eli' c'est mieux même. Mais Monsieur l'préfet, j'dirai de m'appeler comme ça aux petits de première année ! blagua-t-il, tout en se disant qu'il essaierait probablement pour le fun, juste pour voir si ça marchait.
- Enfin peut-être pas en vrai, j'ai promis à M'sieur Charleston de faire moins d'bêtises. J'espère que j'vais y arriver, avoua-t-il dans un haussement d'épaules.
- On peut parler de ça, pas vrai ? Parce qu'il m'a dit que j'étais pas obligé d'en faire autant, des bêtises, mais moi j'fais pas exprès, alors du coup je sais pas si ça compte pour de vrai, expliqua-t-il, visiblement persuadé du bien fondé de cette affirmation.
Il savait pourtant pertinemment ce qu'il faisait les trois quarts du temps lorsqu'il faisait n'importe quoi. C'était certes souvent plus fort que lui, puisqu'il ne réfléchissait qu'après coup, lorsque les conséquences se pointaient, mais de là à dire qu'il ne le faisait pas exprès, c'était sans doute un peu facile.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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Hyacinthe observa Elijah avec l'attention qu’il lui réservait presque toujours - mais aujourd’hui, il y avait un quelque chose de plus tendre dans ses yeux, peut-être à cause de la façon dont le garçon s'était accroupit prudemment devant Lernie. Il remarqua ce respect instinctif pour l’espace de l’animal... un respect qu'il n’avait pas toujours pour son propre espace émotionnel, pensa-t-il, un sourire discret accrochant le coin de ses lèvres.
Quand Elijah se releva, Hyacinthe hocha la tête, amusé.
- Vous avez raison. Si j’avais un siège si confortable, je ne bougerai pas non plus, lança-t-il d'un ton taquin.
Puis vient le moment du badge - et aussitôt, Elijah enfla de fierté. Hyacinthe sentit une petite poussée de chaleur lui remonter la poitrine : il adorait ces moments de joie pure, enfantine, qui accompagnaient parfois son métier. C'était rare, précieux, et valaient largement la négativité qu'il soulevait plus régulièrement avec ses patients. Son sourire se fit plus franc.
- La classe ? Hmm... Il inclina la tête, feignant un instant la réflexion. Je dirais même impressionnant. Je suis certain que votre mère est très fière de vous.
Un minuscule pli se forma au coin de sa bouche alors qu’une pensée fugitive lui traversait l’esprit : et votre père ? Voulait-il demander. Mais même si Hyacinthe avait pensé aborder cette question aisément détournée ces dernières semaines, il décida de patienter encore un peu. Il voulait encore laisser Elijah briller et parler de ce dont il avait envie. Celui-ci proposa une idée saugrenue avec les première années, et même s'il ne pouvait pas se permettre de l'encourager, c'était blague agréable qui ne faisait de mal à personne.
- Je resterai sur Elijah alors, Hyacinthe se redressa avec un léger rire.
Sa posture changea subtilement lorsque le préfet nouvellement nommé évoqua son comportement : épaules relâchées, dos moins droit. Il se pencha légèrement vers l’avant, coudes posés contre les accoudoirs. C'était un sujet qui était souvent revenu, ces derniers temps. Surtout depuis l'incident avec Miss Pinehead, qui avait semblé marquant pour beaucoup de monde.
Le trentenaire laissa Elijah dérouler sa logique, et ce qui se rapprochait de sa justification. Et à la fin, il inspira doucement par le nez.
- Mm. On peut en parler, bien sûr. Il fit une pause. Mais avant cela, sachez que faire des bêtises, ça ne vous empêche pas d’être un bon préfet. Les deux peuvent cohabiter dans une certaine mesure.
Il se redressa un peu, le regard se posant calmement sur Elijah. Il fallu quelques longues secondes au roux pour mettre en forme ses pensées de façon à expliciter ce qu'il venait de dire. Une fois cela fait, il reprit la parole.
- Vous savez, "ne pas faire exprès", ça arrive. Ce n'est pas grave tant que vous ne pensez pas à mal. Il tapota légèrement le tissu de son pantalon d’un doigt fin. Ce qui compte, c’est surtout pourquoi ça arrive. Et qu’est-ce que vous ressentez avant que ça dérape ?
Il marqua une seconde de silence allégeant un peu la densité de sa phrase.
- Être préfet, cela ne veut pas dire devenir quelqu’un d’autre. On peux voir comment éviter ces incidents autant que possible, si vous le souhaitez. Est-ce que vous vous souvenez de ce qu'était votre dernière "pas exprès" ?
Quand Elijah se releva, Hyacinthe hocha la tête, amusé.
- Vous avez raison. Si j’avais un siège si confortable, je ne bougerai pas non plus, lança-t-il d'un ton taquin.
Puis vient le moment du badge - et aussitôt, Elijah enfla de fierté. Hyacinthe sentit une petite poussée de chaleur lui remonter la poitrine : il adorait ces moments de joie pure, enfantine, qui accompagnaient parfois son métier. C'était rare, précieux, et valaient largement la négativité qu'il soulevait plus régulièrement avec ses patients. Son sourire se fit plus franc.
- La classe ? Hmm... Il inclina la tête, feignant un instant la réflexion. Je dirais même impressionnant. Je suis certain que votre mère est très fière de vous.
Un minuscule pli se forma au coin de sa bouche alors qu’une pensée fugitive lui traversait l’esprit : et votre père ? Voulait-il demander. Mais même si Hyacinthe avait pensé aborder cette question aisément détournée ces dernières semaines, il décida de patienter encore un peu. Il voulait encore laisser Elijah briller et parler de ce dont il avait envie. Celui-ci proposa une idée saugrenue avec les première années, et même s'il ne pouvait pas se permettre de l'encourager, c'était blague agréable qui ne faisait de mal à personne.
- Je resterai sur Elijah alors, Hyacinthe se redressa avec un léger rire.
Sa posture changea subtilement lorsque le préfet nouvellement nommé évoqua son comportement : épaules relâchées, dos moins droit. Il se pencha légèrement vers l’avant, coudes posés contre les accoudoirs. C'était un sujet qui était souvent revenu, ces derniers temps. Surtout depuis l'incident avec Miss Pinehead, qui avait semblé marquant pour beaucoup de monde.
Le trentenaire laissa Elijah dérouler sa logique, et ce qui se rapprochait de sa justification. Et à la fin, il inspira doucement par le nez.
- Mm. On peut en parler, bien sûr. Il fit une pause. Mais avant cela, sachez que faire des bêtises, ça ne vous empêche pas d’être un bon préfet. Les deux peuvent cohabiter dans une certaine mesure.
Il se redressa un peu, le regard se posant calmement sur Elijah. Il fallu quelques longues secondes au roux pour mettre en forme ses pensées de façon à expliciter ce qu'il venait de dire. Une fois cela fait, il reprit la parole.
- Vous savez, "ne pas faire exprès", ça arrive. Ce n'est pas grave tant que vous ne pensez pas à mal. Il tapota légèrement le tissu de son pantalon d’un doigt fin. Ce qui compte, c’est surtout pourquoi ça arrive. Et qu’est-ce que vous ressentez avant que ça dérape ?
Il marqua une seconde de silence allégeant un peu la densité de sa phrase.
- Être préfet, cela ne veut pas dire devenir quelqu’un d’autre. On peux voir comment éviter ces incidents autant que possible, si vous le souhaitez. Est-ce que vous vous souvenez de ce qu'était votre dernière "pas exprès" ?
546 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
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L'adolescent hocha la tête en se dandinant légèrement sous les compliments du psychomage. Impressionnant, oui, ça l'était sans doute. Surprenant, aussi, à n'en pas douter. En tous cas, jamais Elijah n'avait ne serait-ce qu'imaginer qu'un tel badge pût lui revenir. Il avait des notes plutôt moyennes, et un dossier rempli de frasques toutes plus idiotes les unes que les autres. Non, vraiment, la surprise rendait ce titre plus savoureux encore.
Lorsqu'on désirait à ce point être vu de tous, un badge de préfet, ça jouait quand même sacrément fort dans la balance. Alors oui, sa mère serait sacrément fière, et il espérait qu'elle recevrait sa lettre bien vite. Il adressa un sourire si large à Monsieur Kyros qu'il était évident que tout cela le rendait particulièrement heureux.
Il fut tout de même un peu déçu que l'homme se refusât à l'appeler Eli'. Mais il restait après tout un adulte, et le simple fait de ne pas être "Monsieur Cooper" suffisait à le mettre dans de bonnes dispositions. D'autant plus lorsqu'il lui disait clairement qu'il n'était pas obligé d'arrêter ses bêtises uniquement parce qu'il était préfet, puisque seules les intentions comptaient. Et les intentions d'Elijah étaient toujours parfaitement louables. Monsieur Kyros était tout simplement parfait !
En revanche, de là à pouvoir dire ce qu'il ressentait avant de faire une bêtise, voilà qui semblait bien difficile. Souvent, il finissait simplement par se dire qu'il ne risquait pas grand chose dans le pire des cas, et que dans le meilleur il se serait sacrément bien amusé, et c'était bien là tout ce qui comptait à ses yeux.
- Ah ben oui j'me souviens, facile, c'était pour l'atelier des costumes d'Halloween ! Avec Lukas on a fait un stand avec des momies et des fantômes, alors on a récupéré tout le PQ de l'école, pis les draps des dortoirs, pour pouvoir fabriquer les déguisements. Mais euh... apparemment fallait pas. Mais nous on pouvait pas deviner, M'sieur, juste on avait besoin du matériel alors on l'a pris ! En plus si on avait juste demandé c'est sûr on nous aurait dit non, affirma-t-il, bien sûr de lui.
- J'ai une copine moldue qui dit toujours qu'il vaut mieux demander pardon que permission. En vrai elle a grave raison. C'est pas dur de dire pardon quand on sait pas, alors que si on demande la permission pis qu'on nous dit non et qu'on le fait quand même, ben là c'est fait exprès du coup. Et c'est vachement pire ! 'Fin je crois. J'ai pas envie de demander la permission pour m'amuser M'sieur, les adultes ils sont nazes ils savent pas faire, indiqua-t-il. 'Fin pas vous M'sieur, vous vous êtes sympa, se sentit-il obligé de préciser.
Lorsqu'on désirait à ce point être vu de tous, un badge de préfet, ça jouait quand même sacrément fort dans la balance. Alors oui, sa mère serait sacrément fière, et il espérait qu'elle recevrait sa lettre bien vite. Il adressa un sourire si large à Monsieur Kyros qu'il était évident que tout cela le rendait particulièrement heureux.
Il fut tout de même un peu déçu que l'homme se refusât à l'appeler Eli'. Mais il restait après tout un adulte, et le simple fait de ne pas être "Monsieur Cooper" suffisait à le mettre dans de bonnes dispositions. D'autant plus lorsqu'il lui disait clairement qu'il n'était pas obligé d'arrêter ses bêtises uniquement parce qu'il était préfet, puisque seules les intentions comptaient. Et les intentions d'Elijah étaient toujours parfaitement louables. Monsieur Kyros était tout simplement parfait !
En revanche, de là à pouvoir dire ce qu'il ressentait avant de faire une bêtise, voilà qui semblait bien difficile. Souvent, il finissait simplement par se dire qu'il ne risquait pas grand chose dans le pire des cas, et que dans le meilleur il se serait sacrément bien amusé, et c'était bien là tout ce qui comptait à ses yeux.
- Ah ben oui j'me souviens, facile, c'était pour l'atelier des costumes d'Halloween ! Avec Lukas on a fait un stand avec des momies et des fantômes, alors on a récupéré tout le PQ de l'école, pis les draps des dortoirs, pour pouvoir fabriquer les déguisements. Mais euh... apparemment fallait pas. Mais nous on pouvait pas deviner, M'sieur, juste on avait besoin du matériel alors on l'a pris ! En plus si on avait juste demandé c'est sûr on nous aurait dit non, affirma-t-il, bien sûr de lui.
- J'ai une copine moldue qui dit toujours qu'il vaut mieux demander pardon que permission. En vrai elle a grave raison. C'est pas dur de dire pardon quand on sait pas, alors que si on demande la permission pis qu'on nous dit non et qu'on le fait quand même, ben là c'est fait exprès du coup. Et c'est vachement pire ! 'Fin je crois. J'ai pas envie de demander la permission pour m'amuser M'sieur, les adultes ils sont nazes ils savent pas faire, indiqua-t-il. 'Fin pas vous M'sieur, vous vous êtes sympa, se sentit-il obligé de préciser.
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Hyacinthe l’avait regardé s’animer avec de grands gestes lorsqu’il rapporta sa dernière "bêtise" avec le jeune Sharp - enfin, le moins jeune des deux. À mesure que l’histoire avançait, les lèvres du psychomage s’étaient pincées dans un sourire étouffé, un éclat amusé passant malgré lui dans son regard fatigué.
Il s’était laissé aller à un léger rire, bref et discret, lorsque l’adolescent affirma que "demander, c’était pour se faire dire non". Elijah avait cette manière de dire les choses avec un sérieux absolu qui rendait la logique presque cohérente. Le roux cherchait à comprendre comment le Poufsouffle réfléchissait, et comment lui ouvrir une porte qu’il pourrait réellement franchir. Il hocha alors lentement la tête.
- Je vois, a-t-il soufflé, sa voix vibrante d’une ironie douce. Donc... si je comprends bien, vous pensiez véritablement que vider les réserves de l’école était une nécessité créative. Je dois admettre que c’est... audacieux. Mais je comprends bien l'idée, oui.
Il laissa un très léger silence, puis reprit d’une voix plus souple encore.
- Seulement... quand vous prenez quelque chose qui ne vous appartient pas - un drap, un rouleau, une potion, une plume, n’importe quoi - quelqu’un d’autre ne l’a plus. Quelqu’un qui, lui, pensait pouvoir l’utiliser.
Son ton n’était pas moralisateur ; au contraire, il sonnait comme s’il lui confiait une information très simple.
- Il ne s’agit pas d’arrêter de créer, ni d’arrêter de vous amuser, au contraire, c'est ce qui vous donne vie. Vous êtes excellent pour imaginer des idées. Mais... avant d’utiliser quelque chose qui n’est pas à vous, demandez-vous juste : “Qui en aura besoin si je le prends ? Que penseront les autres de de ce que je compte faire ?”
Il accompagna sa question d’un léger geste de la main, comme s’il dessinait la logique dans l’air.
- Parfois, ce simple petit moment de réflexion... Ses doigts se resserrèrent légèrement tandis que le psychomage esquissait un sourire. Je pense que ça suffit pour éviter beaucoup de catastrophe, sans vous empêcher de faire ce que vous voulez. Et puis... vous êtes plutôt débrouillard. Je suis sûr qu’avec un peu d’imagination, vous pourriez trouver d’autres matériaux, d’autres systèmes, en évitant très habilement les problèmes.
Il ne cherchait pas à le faire culpabiliser ; plutôt à lui donner un cadre clair, concret, compréhensible pour lui. Néanmoins, Hyacinthe jugea important de poursuivre en remettant en confiance Elijah. Il avait conscience de l'importance de cette partie de sa vie, et le trentenaire était persuadé qu'avec un peu de réflexion, il pourrait toujours s'amuser ainsi sans que cela ne soit considéré comme un mauvais comportement.
- Vous n’avez pas besoin d’une permission pour vous amuser, et vous n'en aurez jamais besoin. C'est plaisant de vous voir rire et sourire, Elijah.
Il s’était laissé aller à un léger rire, bref et discret, lorsque l’adolescent affirma que "demander, c’était pour se faire dire non". Elijah avait cette manière de dire les choses avec un sérieux absolu qui rendait la logique presque cohérente. Le roux cherchait à comprendre comment le Poufsouffle réfléchissait, et comment lui ouvrir une porte qu’il pourrait réellement franchir. Il hocha alors lentement la tête.
- Je vois, a-t-il soufflé, sa voix vibrante d’une ironie douce. Donc... si je comprends bien, vous pensiez véritablement que vider les réserves de l’école était une nécessité créative. Je dois admettre que c’est... audacieux. Mais je comprends bien l'idée, oui.
Il laissa un très léger silence, puis reprit d’une voix plus souple encore.
- Seulement... quand vous prenez quelque chose qui ne vous appartient pas - un drap, un rouleau, une potion, une plume, n’importe quoi - quelqu’un d’autre ne l’a plus. Quelqu’un qui, lui, pensait pouvoir l’utiliser.
Son ton n’était pas moralisateur ; au contraire, il sonnait comme s’il lui confiait une information très simple.
- Il ne s’agit pas d’arrêter de créer, ni d’arrêter de vous amuser, au contraire, c'est ce qui vous donne vie. Vous êtes excellent pour imaginer des idées. Mais... avant d’utiliser quelque chose qui n’est pas à vous, demandez-vous juste : “Qui en aura besoin si je le prends ? Que penseront les autres de de ce que je compte faire ?”
Il accompagna sa question d’un léger geste de la main, comme s’il dessinait la logique dans l’air.
- Parfois, ce simple petit moment de réflexion... Ses doigts se resserrèrent légèrement tandis que le psychomage esquissait un sourire. Je pense que ça suffit pour éviter beaucoup de catastrophe, sans vous empêcher de faire ce que vous voulez. Et puis... vous êtes plutôt débrouillard. Je suis sûr qu’avec un peu d’imagination, vous pourriez trouver d’autres matériaux, d’autres systèmes, en évitant très habilement les problèmes.
Il ne cherchait pas à le faire culpabiliser ; plutôt à lui donner un cadre clair, concret, compréhensible pour lui. Néanmoins, Hyacinthe jugea important de poursuivre en remettant en confiance Elijah. Il avait conscience de l'importance de cette partie de sa vie, et le trentenaire était persuadé qu'avec un peu de réflexion, il pourrait toujours s'amuser ainsi sans que cela ne soit considéré comme un mauvais comportement.
- Vous n’avez pas besoin d’une permission pour vous amuser, et vous n'en aurez jamais besoin. C'est plaisant de vous voir rire et sourire, Elijah.
462 - @Elijah Cooper
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L'adolescent, tout pris qu'il était dans ses explications, n'avait rien raté des éclats amusés du psychomage. Il voyait là-dedans une incitation certaine à continuer ses frasques qui lui plaisait particulièrement. Et la reformulation de l'homme confirma cette impression, tandis qu'il hochait frénétiquement la tête de haut en bas avec un immense sourire.
- Oui ! Voilà, tout à fait M'sieur ! Une nécessité créative ! Vous l'dites vachement bien, affirma-t-il, vraiment ravi qu'il comprît l'idée aussi bien.
Décidément, Monsieur Kyros était un adulte parfaitement acceptable. Acceptabilité qui diminua drastiquement lorsqu'il insinua que leurs petits emprunts de matériel n'étaient rien de plus que du vol qui avait gêné les autres. Les sourcils d'Elijah se froncèrent légèrement, tandis qu'il croisait les bras sur sa poitrine d'un air un peu boudeur, comme s'il était profondément vexé de cette insinuation - ce qui était le cas.
Parce qu'il ne s'agissait aucunement de vol dans son esprit. D'un emprunt à l'école, tout au plus. Après tout, tout était bien vite rentré dans l'ordre, alors pourquoi devrait-il se soucier de tout cela ? Non, vraiment, il en attendait bien plus du psychomage que de le voir tomber dans les mêmes travers moraux étriqués que ses pairs.
Alors même s'il était vrai qu'il était débrouillard, et plein d'imagination, et qu'il était plaisant de le voir rire et sourire, cela ne suffisait pas à l'adolescent pour oublier les propos précédents.
- On les a pas volés hein, précisa-t-il, toujours boudeur. Et puis, y'a eu des draps tous propres le soir, et même que, pour qu'on puisse prendre autant de papier toilette, c'est qu'il y en avait suffisamment en stock ! J'suis sûr que les autres ils ont adoré nos costumes. Pis on a bien pensé à couper des bandes de tissu dans les draps pour les momies, mais on s'est dit que là on se ferait sacrément enguirlandés. Le PQ, c'était moins gênant. Voyez M'sieur, c'était bien réfléchi, et pour la bonne cause. Pourtant, M'dame Priddy elle nous a quand même punis. On a juste fait au mieux, et ça va jamais. Moi j'trouve que c'est pas juste, si y'avait moins de règles, je ferai moins de bêtises, conclut-il. C'était là l'évidence même. Il enfreindrait bien moins de règles si elles n'existaient pas.
- Oui ! Voilà, tout à fait M'sieur ! Une nécessité créative ! Vous l'dites vachement bien, affirma-t-il, vraiment ravi qu'il comprît l'idée aussi bien.
Décidément, Monsieur Kyros était un adulte parfaitement acceptable. Acceptabilité qui diminua drastiquement lorsqu'il insinua que leurs petits emprunts de matériel n'étaient rien de plus que du vol qui avait gêné les autres. Les sourcils d'Elijah se froncèrent légèrement, tandis qu'il croisait les bras sur sa poitrine d'un air un peu boudeur, comme s'il était profondément vexé de cette insinuation - ce qui était le cas.
Parce qu'il ne s'agissait aucunement de vol dans son esprit. D'un emprunt à l'école, tout au plus. Après tout, tout était bien vite rentré dans l'ordre, alors pourquoi devrait-il se soucier de tout cela ? Non, vraiment, il en attendait bien plus du psychomage que de le voir tomber dans les mêmes travers moraux étriqués que ses pairs.
Alors même s'il était vrai qu'il était débrouillard, et plein d'imagination, et qu'il était plaisant de le voir rire et sourire, cela ne suffisait pas à l'adolescent pour oublier les propos précédents.
- On les a pas volés hein, précisa-t-il, toujours boudeur. Et puis, y'a eu des draps tous propres le soir, et même que, pour qu'on puisse prendre autant de papier toilette, c'est qu'il y en avait suffisamment en stock ! J'suis sûr que les autres ils ont adoré nos costumes. Pis on a bien pensé à couper des bandes de tissu dans les draps pour les momies, mais on s'est dit que là on se ferait sacrément enguirlandés. Le PQ, c'était moins gênant. Voyez M'sieur, c'était bien réfléchi, et pour la bonne cause. Pourtant, M'dame Priddy elle nous a quand même punis. On a juste fait au mieux, et ça va jamais. Moi j'trouve que c'est pas juste, si y'avait moins de règles, je ferai moins de bêtises, conclut-il. C'était là l'évidence même. Il enfreindrait bien moins de règles si elles n'existaient pas.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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And yet I smile
Hyacinthe ne tarda pas à percevoir le moment précis où la conversation avait cessé de couler aussi harmonieusement qu’un ruisseau tranquille pour se heurter à une pierre mal placée sur le chemin. Le léger froncement de sourcils d’Elijah, la manière dont ses bras s’étaient repliés sur sa poitrine comme pour protéger une certitude intime, tout cela dessinait chez lui une vexation vive, presque enfantine, mais suffisamment forte pour crisper l’air entre eux. Ce n’était pas nouveau - et certainement pas inattendu ; Hyacinthe avait appris depuis longtemps à reconnaître chez ses élèves les endroits où la raison n’avait pas encore pris racine, où l’affect, l’orgueil et le besoin d’être compris venaient prendre toute la place.
Pour autant, il ne réagit ni par surprise ni par irritation. Un calme soigneusement entretenu enveloppa ses gestes tandis qu’il redressait légèrement la tête, comme pour offrir un point fixe à Elijah, solide et inébranlable, sur lequel la bouderie pourrait venir se reposer sans être repoussée.
- Je comprends ce qui vous est passé par la tête, dit-il enfin, ayant perçu la logique interne et sincère derrière les protestations du garçon. Je ne pense pas que vous l’auriez fait si vous pensiez que c’était du vol. Et cela se tient, surtout que tout s’est remis en place par la suite. Mais je crains que certaines personnes ne voient pas cela du même œil. Miss Priddy vous a-t-elle expliqué pourquoi elle vous a donné cette punition ?
Hyacinthe laissa filer un silence, long juste ce qu’il fallait pour apaiser un peu la tension. Ses doigts croisèrent lentement ceux de son autre main, geste inconscient qu’il faisait si souvent que cela devenait une manie, mais qui, chez lui, trahissait une intense réflexion : il était simplement en train de choisir ses mots avec une précision presque délicate.
- Elijah… dans cette pièce-ci, reprit-il avec un large geste du bras, mon rôle n’est pas de vous dire ce qui est bien ou mal. Ce serait même contre-productif. Je ne suis pas ici pour trancher, juger ou distribuer des points. Je ne suis pas là pour affirmer que vous avez eu tort, ou raison. Mon rôle n’est que de vous aider à comprendre comment vous fonctionnez, comment vos idées s’articulent, comment vos réactions se construisent par rapport à ce et ceux qui vous entourent.
Il inclina légèrement la tête, son regard accrochant celui du jeune Poufsouffle avec une attention telle qu’il aurait été difficile pour n’importe qui d’y percevoir une forme de jugement. Hyacinthe savait pourtant que ce qui allait suivre n’allait pas être facile, loin de là.
- En revanche, lorsque je sors de ce bureau, je redeviens un membre du personnel de Poudlard, un adulte chargé, comme les autres, de faire respecter les règles. Certaines ne me plaisent pas, et ne me plaisaient pas non plus lorsque j’étais étudiant, continua le roux avec un rire sec. Par Merlin, ne pas lui plaire était un euphémisme. Il s’était battu bec et ongles contre ces maudites règles. Et malheureusement, mon avis personnel n’y changera rien d’autre que la façon dont je réagirais. Mais je suis obligé de réagir, puisqu’il s’agit de mon travail. Est-ce que vous comprenez ?
Il laissa son regard glisser un instant vers la broche dorée qui luisait fièrement sur la poitrine du garçon, puis revint à son visage, bien plus calme qu’auparavant. La tranquillité avait laissé place à l’émotion, puisque c’était, Hyacinthe l’avait bien compris, ce qui était capable d’atteindre au mieux Elijah.
- Vous savez… il y a une différence notable entre renoncer à s’amuser et apprendre à éviter les ennuis inutiles. La seconde option vous permet de conserver la première intacte. Vous êtes quelqu’un d’ingénieux, d’inventif ; je vous fais totalement confiance pour trouver mille façons d’accomplir vos idées sans pour autant vous attirer les foudres du personnel. Cela serait un bon moyen de continuer à profiter de votre statut de préfet, et je vous le souhaite ! Sincèrement, je vous le souhaite pendant aussi longtemps que vous le désirerez.
Le trentenaire marqua un temps plus long, sa respiration plus fine. Son visage se faisait plus humain que d’habitude, et les yeux fatigués du roux voguaient ici et là d’une façon qui ne ressemblait pas à ce qu’il laissait d’habitude transparaître en séance. La tendresse était évidente, quant bien même il expliquait l’ambiguïté de sa position.
- J’y pense, donc me permet de dévier légèrement de ce que nous disions, mais vos parents sont au courant pour votre badge ? Demanda-t-il d’une voix toujours un peu adoucie. Vous leur avez écrit pour annoncer la nouvelle ? À votre mère, peut-être ?
Pour autant, il ne réagit ni par surprise ni par irritation. Un calme soigneusement entretenu enveloppa ses gestes tandis qu’il redressait légèrement la tête, comme pour offrir un point fixe à Elijah, solide et inébranlable, sur lequel la bouderie pourrait venir se reposer sans être repoussée.
- Je comprends ce qui vous est passé par la tête, dit-il enfin, ayant perçu la logique interne et sincère derrière les protestations du garçon. Je ne pense pas que vous l’auriez fait si vous pensiez que c’était du vol. Et cela se tient, surtout que tout s’est remis en place par la suite. Mais je crains que certaines personnes ne voient pas cela du même œil. Miss Priddy vous a-t-elle expliqué pourquoi elle vous a donné cette punition ?
Hyacinthe laissa filer un silence, long juste ce qu’il fallait pour apaiser un peu la tension. Ses doigts croisèrent lentement ceux de son autre main, geste inconscient qu’il faisait si souvent que cela devenait une manie, mais qui, chez lui, trahissait une intense réflexion : il était simplement en train de choisir ses mots avec une précision presque délicate.
- Elijah… dans cette pièce-ci, reprit-il avec un large geste du bras, mon rôle n’est pas de vous dire ce qui est bien ou mal. Ce serait même contre-productif. Je ne suis pas ici pour trancher, juger ou distribuer des points. Je ne suis pas là pour affirmer que vous avez eu tort, ou raison. Mon rôle n’est que de vous aider à comprendre comment vous fonctionnez, comment vos idées s’articulent, comment vos réactions se construisent par rapport à ce et ceux qui vous entourent.
Il inclina légèrement la tête, son regard accrochant celui du jeune Poufsouffle avec une attention telle qu’il aurait été difficile pour n’importe qui d’y percevoir une forme de jugement. Hyacinthe savait pourtant que ce qui allait suivre n’allait pas être facile, loin de là.
- En revanche, lorsque je sors de ce bureau, je redeviens un membre du personnel de Poudlard, un adulte chargé, comme les autres, de faire respecter les règles. Certaines ne me plaisent pas, et ne me plaisaient pas non plus lorsque j’étais étudiant, continua le roux avec un rire sec. Par Merlin, ne pas lui plaire était un euphémisme. Il s’était battu bec et ongles contre ces maudites règles. Et malheureusement, mon avis personnel n’y changera rien d’autre que la façon dont je réagirais. Mais je suis obligé de réagir, puisqu’il s’agit de mon travail. Est-ce que vous comprenez ?
Il laissa son regard glisser un instant vers la broche dorée qui luisait fièrement sur la poitrine du garçon, puis revint à son visage, bien plus calme qu’auparavant. La tranquillité avait laissé place à l’émotion, puisque c’était, Hyacinthe l’avait bien compris, ce qui était capable d’atteindre au mieux Elijah.
- Vous savez… il y a une différence notable entre renoncer à s’amuser et apprendre à éviter les ennuis inutiles. La seconde option vous permet de conserver la première intacte. Vous êtes quelqu’un d’ingénieux, d’inventif ; je vous fais totalement confiance pour trouver mille façons d’accomplir vos idées sans pour autant vous attirer les foudres du personnel. Cela serait un bon moyen de continuer à profiter de votre statut de préfet, et je vous le souhaite ! Sincèrement, je vous le souhaite pendant aussi longtemps que vous le désirerez.
Le trentenaire marqua un temps plus long, sa respiration plus fine. Son visage se faisait plus humain que d’habitude, et les yeux fatigués du roux voguaient ici et là d’une façon qui ne ressemblait pas à ce qu’il laissait d’habitude transparaître en séance. La tendresse était évidente, quant bien même il expliquait l’ambiguïté de sa position.
- J’y pense, donc me permet de dévier légèrement de ce que nous disions, mais vos parents sont au courant pour votre badge ? Demanda-t-il d’une voix toujours un peu adoucie. Vous leur avez écrit pour annoncer la nouvelle ? À votre mère, peut-être ?
769 - @Elijah Cooper
Que c’est difficile
Que c’est difficile
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
And yet I smile
Elijah garda son air boudeur alors que le psychomage lui assurait qu'il se doutait qu'il n'aurait jamais agi ainsi s'il pensait voler. C'était un bon début, mais cela ne suffisait clairement pas à lui faire oublier cette terrible accusation qui faisait de lui ouvertement un criminel. Criminel qu'il n'était pas, et qu'il ne fut jamais, malgré toutes les remontrances qu'il pouvait recevoir du corps enseignant. Il n'était que la victime d'un système pernicieux ayant pour seul et unique but de lui nuire, voilà tout.
Alors il se contenta de hocher la tête, très légèrement, lorsque Monsieur Kyros lui demanda si Miss Priddy leur avait expliqué les raisons de leurs punitions. Parce que Miss Priddy expliquait toujours, et avait un don pour prouver qu'elle avait raison, sans qu'il ne sût tourner les choses à son avantage comme il le faisait si facilement avec d'autres. Face à elle, il n'avait souvent d'autre choix que d'avouer ses fautes, et même si c'était difficile à avaler, il finissait par admettre sa défaite lorsqu'elle lui était si bien exposée. Evidemment, c'était bien là la dernière chose qu'il voulait aborder dans ce bureau.
Tandis que le psychomage expliquait son rôle avec une clarté exemplaire, sa jambe s'agitait nerveusement. Il avait beau comprendre les principes qu'il lui exposait, il restait persuadé qu'un adulte qui n'aimait pas les règles avait bien plus de chances à parvenir à les changer qu'un simple élève.
- J'comprends M'sieur, mais... Et si moi j'veux avoir votre avis alors ? Le vrai ? Sur les règles qui vous plaisent pas, et pis sur moi et ce que je fais ? Vous dites toujours plein de trucs gentils, et j'aime bien les compliments, hein, mais vous êtes genre... Le seul adulte à être comme ça. Alors ça veut dire quoi, qu'ici vous avez pas le droit de dire ce que vous pensez pour de vrai ?
Cela n'arrangeait pas l'adolescent outre mesure. En effet, lui qui avait l'habitude de dire ce que l'on attendait de lui - notamment après avoir fait exactement ce qu'il n'était pas censé faire - se retrouvait bien embêté dans un tel cas de figure. Le psychomage lui avait expliqué à plusieurs reprises qu'il ne le jugeait pas. Mais il commençait à se dire sérieusement que c'était impossible, notamment s'il était un adulte chargé, comme les autres, de faire respecter les règles.
Ces explications avaient cependant le mérite d'avoir fait disparaître la moue boudeuse de son visage, sans qu'il ne s'en rendisse compte. Il revenait dans la discussion comme si rien ne s'était passé, avant de se lever pour faire quelques pas, comme il en avait l'habitude désormais dans ce bureau.
- Ben oui, j'lui ai écrit dès que M'sieur Charleston m'a donné le badge ! J'espère qu'elle recevra vite ma lettre, j'ai vraiment super hâte de sa réponse, ça la changera carrément d'la lettre de Pinehead ! s'exclama-t-il joyeusement, en évitant volontairement toute mention de son père. Si ça s'trouve elle va m'offrir un cadeau pour fêter ça ! J'aimerais trop rentrer et avoir une super console ! Elle a jamais voulu que j'en ai une, mais là elle pourra pas dire non si j'lui demande pour Noël c'est sûr !
Du moins s'il parvenait à garder son badge d'ici là. Plus d'un mois à éviter les ennuis inutiles, ça risquait d'être sacrément compliqué.
Alors il se contenta de hocher la tête, très légèrement, lorsque Monsieur Kyros lui demanda si Miss Priddy leur avait expliqué les raisons de leurs punitions. Parce que Miss Priddy expliquait toujours, et avait un don pour prouver qu'elle avait raison, sans qu'il ne sût tourner les choses à son avantage comme il le faisait si facilement avec d'autres. Face à elle, il n'avait souvent d'autre choix que d'avouer ses fautes, et même si c'était difficile à avaler, il finissait par admettre sa défaite lorsqu'elle lui était si bien exposée. Evidemment, c'était bien là la dernière chose qu'il voulait aborder dans ce bureau.
Tandis que le psychomage expliquait son rôle avec une clarté exemplaire, sa jambe s'agitait nerveusement. Il avait beau comprendre les principes qu'il lui exposait, il restait persuadé qu'un adulte qui n'aimait pas les règles avait bien plus de chances à parvenir à les changer qu'un simple élève.
- J'comprends M'sieur, mais... Et si moi j'veux avoir votre avis alors ? Le vrai ? Sur les règles qui vous plaisent pas, et pis sur moi et ce que je fais ? Vous dites toujours plein de trucs gentils, et j'aime bien les compliments, hein, mais vous êtes genre... Le seul adulte à être comme ça. Alors ça veut dire quoi, qu'ici vous avez pas le droit de dire ce que vous pensez pour de vrai ?
Cela n'arrangeait pas l'adolescent outre mesure. En effet, lui qui avait l'habitude de dire ce que l'on attendait de lui - notamment après avoir fait exactement ce qu'il n'était pas censé faire - se retrouvait bien embêté dans un tel cas de figure. Le psychomage lui avait expliqué à plusieurs reprises qu'il ne le jugeait pas. Mais il commençait à se dire sérieusement que c'était impossible, notamment s'il était un adulte chargé, comme les autres, de faire respecter les règles.
Ces explications avaient cependant le mérite d'avoir fait disparaître la moue boudeuse de son visage, sans qu'il ne s'en rendisse compte. Il revenait dans la discussion comme si rien ne s'était passé, avant de se lever pour faire quelques pas, comme il en avait l'habitude désormais dans ce bureau.
- Ben oui, j'lui ai écrit dès que M'sieur Charleston m'a donné le badge ! J'espère qu'elle recevra vite ma lettre, j'ai vraiment super hâte de sa réponse, ça la changera carrément d'la lettre de Pinehead ! s'exclama-t-il joyeusement, en évitant volontairement toute mention de son père. Si ça s'trouve elle va m'offrir un cadeau pour fêter ça ! J'aimerais trop rentrer et avoir une super console ! Elle a jamais voulu que j'en ai une, mais là elle pourra pas dire non si j'lui demande pour Noël c'est sûr !
Du moins s'il parvenait à garder son badge d'ici là. Plus d'un mois à éviter les ennuis inutiles, ça risquait d'être sacrément compliqué.
4e année RP - Fiche PR - Préfet inRP depuis le 04/11/2050
Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil
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And yet I smile
Le jeune homme marchait, son agitation retrouvée, et Hyacinthe sentit quelque chose en lui se dénouer légèrement : l’orage était passé. La tension de tout à l’heure avait fondu comme un sucre dans de l’eau chaude, et ce simple retour à la spontanéité d’Elijah lui rappela, avec un mélange de tendresse et de fatigue, combien les émotions du garçon étaient aussi franches qu’imprévisibles. Il observait l’adolescent faire ces quelques pas coutumiers dans le bureau, comme un rituel instinctif destiné à libérer l’excès d’énergie que lui imposait la conversation, tandis qu'il soufflait pendant sa réflexion.
Elijah lui demandait ce qu’il pensait pour de vrai. Et il n’y avait pas de mauvaise foi là-dedans, seulement un besoin sincère d’être reconnu, vu, compris au-delà des mots sages et polis qu’un adulte est censé prononcer. Pouvait-il lui répondre ? Dire la vérité, sans se soucier de ce que le Poufsouffle attendait ? Hyacinthe avait presque oublié comment on faisait. Il était tant habitué à s'adapter à son entourage, tant au travail que dans sa vie privée, qu'il devait réfléchir à ce qu'il pensait derrière ces couches de reflets.
Le roux se redressa légèrement dans son fauteuil, de façon à ce que son malaise ne soit pas perceptible. Le garçon méritait sa vérité, s'il décidait de la lui demander. C'est alors avec un sourire et une voix calme et posée, mesurée comme il ne pouvait mesurer ce qui sortait de sa bouche dans une habitude rassurante.
- Je ne ment pas dans mes interactions avec vous, Elijah. Détourner le regard de certaines choses serait plus exact, pensa-t-il avec un léger dégoût. Je m'exprime simplement d’une manière qui vous permet de réfléchir, pas de vous sentir attaqué, ni jugé. Mais cela ne signifie pas que je n’ai pas d’opinion personnelle. Je suis un adulte comme les autres, avec mes goûts, mes limites, mes agacements et mes préférences. Je vous les donne parfois, mais seulement lorsque cela peut vous être utile.
Il se permit alors de croiser les jambes, un geste tranquille, révélant davantage l’homme que le psychomage.
- Je trouve votre idée réfléchie, dans son genre. Osée. Ingénieuse, même. Amusante. Vous avez travaillé avec ce que vous aviez, vous vous êtes adaptés. Et vous n’avez blessé personne. Votre esprit créatif est extraordinaire.
Un bref silence, pendant lequel Hyacinthe pensa qu'il avait déjà dit ces choses là. Puis ses yeux roulèrent doucement vers le plafond avant de revenir sur le garçon, plus attentif. Ses doigts tapotèrent un instant le rebord de la tasse.
- Mais une autre part de moi songe aux elfes de maison qui ont dû récupérer tout cela, nettoyer, réorganiser, remplacer. Ils travaillent déjà énormément, et cela a pu leur faire perdre beaucoup de temps. Et puis... si quelqu’un prenait mes draps, même en les remplaçant, je me sentirais envahi. Ce sont des choses qui peuvent être très personnelles.
Hyacinthe laissa ses épaules retomber légèrement. Au final, sa position correspondait bien à son métier. C'en était presque risible, de voir à quel point il n'était ni tout blanc ni tout noir, un amalgame de gris et d'humanité qu'il recouvrait d'une panoplie de masques bien étudiés. Le roux laissa la conversation respirer un peu avant de revenir à un sujet infiniment plus léger qui semblait illuminer véritablement le visage d’Elijah.
- Une console, hm ? Voilà un cadeau particulièrement enviable ! Vous jouez beaucoup, à la maison ? Vous avez déjà des jeux chez sur lesquels vous amuser ?
Son ton était naturellement chaleureux, sans surjeu - il aimait réellement le voir s’enthousiasmer, surtout après ce moment. Et puis, presque imperceptiblement, comme s’il déposait une plume sur le rebord de la conversation, il ajouta :
- Et... votre père ? Vous croyez qu’il serait content, lui aussi ? Nous n'en avons pas parlé jusque là. Je ne vous l'oblige pas, bien au contraire, mais je vous avoue que cela m'intéresse.
Juste une brèche ouverte, il ne s'imposait pas. Car Hyacinthe savait, désormais, que certaines portes ne s’ouvraient que si Elijah décidait lui-même d’en tourner la poignée.
Elijah lui demandait ce qu’il pensait pour de vrai. Et il n’y avait pas de mauvaise foi là-dedans, seulement un besoin sincère d’être reconnu, vu, compris au-delà des mots sages et polis qu’un adulte est censé prononcer. Pouvait-il lui répondre ? Dire la vérité, sans se soucier de ce que le Poufsouffle attendait ? Hyacinthe avait presque oublié comment on faisait. Il était tant habitué à s'adapter à son entourage, tant au travail que dans sa vie privée, qu'il devait réfléchir à ce qu'il pensait derrière ces couches de reflets.
Le roux se redressa légèrement dans son fauteuil, de façon à ce que son malaise ne soit pas perceptible. Le garçon méritait sa vérité, s'il décidait de la lui demander. C'est alors avec un sourire et une voix calme et posée, mesurée comme il ne pouvait mesurer ce qui sortait de sa bouche dans une habitude rassurante.
- Je ne ment pas dans mes interactions avec vous, Elijah. Détourner le regard de certaines choses serait plus exact, pensa-t-il avec un léger dégoût. Je m'exprime simplement d’une manière qui vous permet de réfléchir, pas de vous sentir attaqué, ni jugé. Mais cela ne signifie pas que je n’ai pas d’opinion personnelle. Je suis un adulte comme les autres, avec mes goûts, mes limites, mes agacements et mes préférences. Je vous les donne parfois, mais seulement lorsque cela peut vous être utile.
Il se permit alors de croiser les jambes, un geste tranquille, révélant davantage l’homme que le psychomage.
- Je trouve votre idée réfléchie, dans son genre. Osée. Ingénieuse, même. Amusante. Vous avez travaillé avec ce que vous aviez, vous vous êtes adaptés. Et vous n’avez blessé personne. Votre esprit créatif est extraordinaire.
Un bref silence, pendant lequel Hyacinthe pensa qu'il avait déjà dit ces choses là. Puis ses yeux roulèrent doucement vers le plafond avant de revenir sur le garçon, plus attentif. Ses doigts tapotèrent un instant le rebord de la tasse.
- Mais une autre part de moi songe aux elfes de maison qui ont dû récupérer tout cela, nettoyer, réorganiser, remplacer. Ils travaillent déjà énormément, et cela a pu leur faire perdre beaucoup de temps. Et puis... si quelqu’un prenait mes draps, même en les remplaçant, je me sentirais envahi. Ce sont des choses qui peuvent être très personnelles.
Hyacinthe laissa ses épaules retomber légèrement. Au final, sa position correspondait bien à son métier. C'en était presque risible, de voir à quel point il n'était ni tout blanc ni tout noir, un amalgame de gris et d'humanité qu'il recouvrait d'une panoplie de masques bien étudiés. Le roux laissa la conversation respirer un peu avant de revenir à un sujet infiniment plus léger qui semblait illuminer véritablement le visage d’Elijah.
- Une console, hm ? Voilà un cadeau particulièrement enviable ! Vous jouez beaucoup, à la maison ? Vous avez déjà des jeux chez sur lesquels vous amuser ?
Son ton était naturellement chaleureux, sans surjeu - il aimait réellement le voir s’enthousiasmer, surtout après ce moment. Et puis, presque imperceptiblement, comme s’il déposait une plume sur le rebord de la conversation, il ajouta :
- Et... votre père ? Vous croyez qu’il serait content, lui aussi ? Nous n'en avons pas parlé jusque là. Je ne vous l'oblige pas, bien au contraire, mais je vous avoue que cela m'intéresse.
Juste une brèche ouverte, il ne s'imposait pas. Car Hyacinthe savait, désormais, que certaines portes ne s’ouvraient que si Elijah décidait lui-même d’en tourner la poignée.
674 - @Elijah Cooper
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c