Norme
/!\Avis aux lecteurs/!\
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Le ton placide de la pièce jurait avec ce qu’elle avait connu en des époques antérieures. Et par époque, j’entends non pas ces grandes périodes ayant profondément modifié les us et coutumes sociales, économiques et politiques, mais d’époques mentales, de ces schémas mentaux de ses habitants, qui lorsqu’ils se percutent et se mêlent, donnent à cette pièce une atmosphère tantôt banale, tantôt sinistre.
Il ne semblait néanmoins, de souvenirs récents de son voisinage, jamais avoir été ressenti de réelle volupté en ces lieux, comme si un je-ne-sais-quoi de monotonie empêchait ce lieu d’accéder à un sentiment de bonheur au delà de ce pourquoi il avait été conçu.
Ce lieu, était comme tous les autres lieux du bâtiment, à l’exception près que les espaces communs de ce dernier, prompt à l’exercice forcé de mise en œuvres des conventions sociales, semblaient presque un refuge à nos nerfs. Comme si les auras de toutes les pièces et de tous les lieux de cet endroit étaient repoussés par les antichambres, escaliers et couloirs forçant à des questions quant à l’état de santé de chacun et à des réponses inévitablement positives; une réponse ou même une question qui sortirait du cadre conventionnel serait de toute manière considérée comme inconvenante, si seulement elle était seulement entendue par oreilles calibrée à une suite de questions et réponses précise.
Et c’est pourtant dans cette pièce que deux Êtres, fort peu portés sur ces conventions, donnèrent à cette dernière un tempérament que cette dernière ne concevait pas, et dont aucune personne du voisinage n’aurait su apprécier la beauté , tant celle-ci était éloignée des schémas visuels et olfactifs qu’une personne, dictée par les conventions, était en mesure d’accepter sans ressentir un profond rejet.
Des hommes, figures d’autorité et d’ordre, semblaient toutefois s’efforcer à tenter de percevoir cette atmosphère, mais leurs esprits limités et dépourvus d’imagination ou de toute forme de poésie ne semblaient pas en mesure de percer le voile de neutralité morne auquel est viscéralement attaché le commun des hommes de nos sociétés civilisées.
Et pour avoir su vivre une expérience qui n’était pas du goût des hommes, et pour avoir su percer quelques interdits, secrets ou non, de nos civilisations dressant comme moyen et but, l’ordre ne laissant plus place au génie, à la poésie et à la création, il était fort à parier que les deux Êtres, qui n’étaient pas des Hommes, connaîtraient un destin des plus sinistres, pour avoir rêvé de plaisirs gustatifs tels que les Hommes les refusent.
Ils ne reverraient jamais leur humain, dont la majeure partie restante était désormais enfermée dans un grand sac noir à fermeture, et ne reverraient jamais l’arbre duquel les félins pouvaient encore contempler les souvenirs de l’orgie culinaire qui put déranger la morosité du lieu au point que les plus capables des Hommes, en la matière, durent intervenir afin de ramener ce lieu à ce qu’il devait être, comme tous les lieux de ce genre.
Un lieu à l’atmosphère tantôt banale, tantôt sinistre, dont il est fort à parier qu’aucune trace d’une quelconque sortie de la monotonie ne subsistera.
Aucune trace, sinon une résiduelle histoire dans l’esprit du voisinage, histoire d’un homme qui, pour avoir tant donné au spectre négatif des sentiments de ce monde, avait donné pour rôle à ceux de l’autre race, le devoir d’amener un sentiment contraire, et en grande quantité, afin de rendre à cette atmosphère sa belle et réconfortante morne monotonie.
Nevermore
35 ans irl
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