Écorce

19 Novembre 2050
Écorce
@Evan Maeng


Moi ? Je nie tout. En bloc, perchée en haut de mon arbre. Enfin... l'un des arbres du parc, que j'ai décidé de m'approprier. Donc le mien. Mes longs cheveux pendent lamentablement sur les branches les plus hautes, tandis que je m'affaise contre le tronc de l'arbre, posée en équilibre sur une branche.

Pourquoi ? C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour m'évader de la cage dans laquelle mes problèmes et angoisses sont enfermés. Pourquoi ne suis pas en salle commune ou dans le dortoir ? Parce que Serpentard m'a détruite, autant que moi, je l'ai blessée. Il y a quelques semaines encore, je préférait un discours de bienvenue aux nouveaux, vantant les mérites de la maison de Salazar. Et j'y croyais.

Aujourd'hui ? J'ai rendu mon badge de prefete, et je refuse de me lier à nouveau avec la maison qui me cause tant de tourments. La seule chose qui me rattache à cette maison que j'haime, c'est le Cheerleading. C'est la seule chose qui m'arrache encore un sourire quand je pense à Serpentard.

En réalité ? Je pense que c'est à moi, que j'en veux le plus. J'ai abandonné mon titre de préfète, comme O'Lake m'a abandonnée. Œil pour Œil, Dent pour Dent, non ? Et pourtant, je suis incapable de me pardonner, comme si je savais que ce que j'avais fait été irrévocable, que j'avais gâché la seule chose qui aurait pu marcher de ma vie.

Voilà à quoi je pense, perchée en haut de mon arbre.

Ex-Préfète de Serpentard (29/04/25 au 12/11/25) - Au revoir, ce n'est qu'un au revoir !

Écorce
Je ne sais pas ce que je fais ici. C’est ce que je me demande depuis quatre ans, à chaque fois que je sors dehors. J’erre. Tout ce que je sais, c’est que je me sens bien. C’est vrai, des fois c’est agréable de faire la conversation, sociabiliser… Mais pas maintenant. Maintenant, j’ai besoin de mon moment à moi et c’est le parc qui accueille l’ermite que je peux être.

Je cherche de mes yeux un coin de terre qui n’est pas occupé; les samedis, le parc est plein, quelle que soit la température. Enfin, de ce que j’ai pu voir, il y a bien moins de personne lorsqu’il pleut des cordes, c’est peut-être la seule exception. Et moi j’y suis, quelle que soit la température. C’est ma façon de m’échapper, j’arrive toujours à trouver un coin qui n’est pas occupé, où je m’assois et que je respire, je pars dans mes pensées.

Mais aujourd’hui, il y a beaucoup de gens. Trop de gens. Au moins, le parc est vaste, après quatre ans, il reste probablement encore des endroits que je n’ai pas eu la chance de découvrir, ou que les autres n’ont pas découvert, un endroit reculé où je ne me ferai pas déranger. Après plusieurs secondes de recherches, je trouve enfin un spot dans le creux d’un arbre. Mes doigts se posent sur la manche droite de mon sweatshirt, invitant Imugi qui bouge un peu trop à changer de bras autours duquel s’enrouler.

Une fois mon serpent bien installé, je marche jusqu'à l'arbre et m'assois dans son creux, sans trop regarder autours; aux premiers abords, j'étais bel et bien seule et ça n'a probablement pas changé dans l'espace de quelques secondes. Une fois assise, je regarde la vue et l'ennui me prend plutôt rapidement. Être seule avec ses pensées peut être apaisant, voir amusant, mais mes mains ont besoin d'être stimulées elles aussi. C'est donc d'un mouvement brusque que je sors ma baguette, prends une feuille - probablement tombée de l'arbre sous lequel je suis assise - et la fait léviter d'un vulgaire "Wingardium Leviosa". C'est tout ce qui manquait.

Les minutes passent et je me fais plus détendue. Je laisse Imugi jouer dans l'herbe et je m'amuse avec la petite feuille. Les sujets vont et viennent dans ma tête. Ma famille, mes devoirs, les quatre heures de sommeil que j'ai eu la nuit dernière, la prochaine sortie à Pré-au-Lard... Les petites voix dans ma tête ont des conversations que j'ai moi même du mal à suivre. Je ne sais pas si j'aime ou j'abhorre ça mais dans tous les cas, je ne peux rien y faire. Je soupire et lève les yeux.

Mon coeur commence à tambouriner dans ma poitrine quand je remarque que quelqu'un est perché là-haut, littéralement en haut de moi. Comment n'ai-je pas remarqué ça ? Je ne peux pas être aveugle à ce point, ce n'est pas possible. Je me racle la gorge de gêne. À tout moment, j'ai pensé tout haut sans m'en rendre compte... Mon regard change de direction quand je me rends compte que je fixe la personne - une fille qui m'est étrangement familière -, je remarque.

Je ne sais pas si elle m'a remarquée, de son coté. Je devrais peut-être dire quelque chose, ce serait encore plus embarrassant si c'était le cas et que je restais silencieuse. Je prends donc une inspiration, hésitante. C'est rien d'important, enfin, j'en fait probablement trop pour quelque chose de pas si grave...

- Euh... Salut, je lui dis après plusieurs secondes de doute.


Désolée pour le pavé @Crystal Eealis, j'étais inspirée !

( 𝔫𝔦𝔵 ) , la neige qui mettait fin à son été
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