20 janv. 2026, 16:46
Tout bu or not tout bu
mi-décembre 2050
feat. @Cinaed Wallace


Angoissée, d’humeur morose, je ne fais pas vraiment attention à la direction que je prends, lassant mon corps décider pour moi. Je sors de l'Allée avec l'impression de flotter au-dessus du sol. Mes pieds me traînent d’eux-mêmes jusqu’au bar le plus proche. Pourtant, ce n’est pas vraiment ce dont j’ai besoin maintenant — j’ai plutôt envie de me cacher sous ma couette et de ne jamais en sortir. C’est ça, je vais rentrer chez moi et disparaître au fond de mon lit. Avec un peu de chance j’arriverais a fusionner avec le matelas ou à me dissoudre au milieu des draps.

Je ne fais pas demi tour pour autant, et c’est d’un geste machinal que je pousse la porte d’entrée du Chaudron Baveur. Je viens rarement ici, préférant largement l’ambiance du Pitiponk ou du Sisyphe, mais c’est vrai que ça rappelle de bons souvenirs. Surtout de l’époque, avec Al et Kai, quand on était bien plus jeunes, parfois accompagnés de Layana, d’Alicia, de Kenji ou qui sais-je. Mais au final, il restait toujours le noyau, le trio d’origine. Je pense avec ironie que si nous avions été à la place du Golden Trio, le monde aurait été sacrément dans la merde. Je nous imagine tous les trois, face à toutes ces choses auxquelles le grand Harry Potter a été confronté et un rire narquois m’échappe. Aucun de nous ne manque de courage, et à nous trois on forme un cerveau entier mais je ne m’imagine pas garder mon calme face à une marée de Détraqueurs ou à un Basilic. J'sais même pas si tout ce qu'on dit sur lui est vrai, je songe en m'approchant du comptoir d'une démarche bien moins assurée qu'habituellement.

Je jette mon dévolu sur une place à l'écart et m'affale sur le comptoir. Mon estomac gronde mais je l'ignore, trop préoccupée pour avaler quoi que ce soit. Est-ce que j'suis capable de faire un bon job ? Cette question tourne dans ma tête depuis que je suis sortie du Sisyphe. De mon potentiel prochain lieu de travail. Je n'arrive toujours pas à y croire. Me relevant un peu pour demander quelque chose à boire, je commande d'une voix morne un café, espérant que la caféine fera d'une pierre deux coups : remédier aux grincements de mon ventre et me donner de l'énergie. Attendant que la commande arrive, je replonge la tête entre mes bras. « 'tain depuis quand je m'inquiète de c'que je vais foutre de ma vie...ça craint », je marmonne à mi-voix.

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mentions : @Alden Wells, @Kieran Hawthorne et @Layana Greenwell

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31 mars 2026, 21:47
Tout bu or not tout bu
Cinaed était... heureux. Calme. Satisfait de la vie qu'il avait.

C'était beau, vraiment beau. Il ne s'était pas senti comme cela depuis longtemps, ou même depuis jamais quand il y réfléchissait bien. Il avait sa famille, son travail et cette présence près de son cœur. Cillian, le merveilleux Cillian qui lui donnait envie de lui envoyer des lettres tous les matins simplement pour lui expliquer ce qu'il avait mangé, ou la façon dont il avait commencé à chercher un nouvel appartement. Plus petit, plus à lui, plus personnel. Un appartement où la présence de Magnus ne se ferait plus sentir. Et, idéalement, un appartement que Cinaed ne garderait pas plus de quelques mois tout seul, et ce n'était pas grave. Il déménagerait à nouveau sans soucis dans huit mois tant que ce serait avec Cillian, même à l'autre bout du pays. Même dans un autre pays, en fait, se fit-il la réflexion. La boutique ayant maintenant une cheminée, Cinaed aurait suivi l'autre jusqu'au fin fond de l'Irlande sans soucis, et peut-être qu'il le ferait un jour. Même si, évidemment, une petite part de lui lui susurrait que tout ceci était beaucoup trop récent pour faire des plans sur la comète comme ça. L'ébéniste n'arrivait pas à empêcher son esprit de vagabonder, et de toute façon, il avait l'impression d'être avec l'autre depuis le début de leur flirt, même s'ils n'avaient officialisé les choses que depuis une petite semaine.

Ce moment de joie qui le prenait aux tripes était sûrement la raison pour laquelle il avait passé son jour de congé à marcher et à se balader au chemin de traverse plutôt qu'à rester enfermé dans son atelier. Oh, évidemment, il était toujours très heureux de passer du temps à sculpter mais aujourd'hui, ça avait été différent. Sentir le vent froid lui geler le bout du nez, se balader devant des agences immobilières moldues ou sorcières et faire du lèche vitrine... C'était le mood de la journée. Il n'aurait échangé cette petite balade pour rien au monde, surtout si elle se terminait au chaudron baveur avec la ferme intention de commander le plat le plus hivernal et chaud de la carte. C'était le genre de journée qui vous rendait nostalgique et où chaque geste vous rappelait votre enfance. Et si Cinaed avait eu quelque chose pendant son enfance en hiver, c'était les plats lourds et chauds qui vous tenaient au corps et vous permettaient d'aller jouer dans la neige pendant six heures de suite (pendant que sa mère hurlait à la fenêtre pour le faire rentrer).

Aujourd'hui, il n'irait pas courir au milieu des champs - heureusement pour les habitants du chemin - mais à la place il irait... Remonter le moral à cette âme en peine qui semblait prête à fusionner avec le comptoir dans sa détresse. Si Cinaed a apprit quelque chose de ses longues années de buverie, c'est qu'il ne faut jamais rester dans un bar si on a pas le moral. Boire, même un café, ça ne se fait que avec le sourire, sinon on ne profite pas pleinement du moment. Et puisqu'il a suffisamment de bonne humeur pour alimenter une ville de dépressifs pendant six ans, il n'aura sûrement aucun mal à remonter le moral de la jeune femme. Enfin, peut-être pas si jeune que ça, mais Cinaed s'imagine sans mal qu'elle doit avoir quelques années de moins que lui. Peut-être la trentaine ? Difficile à dire, car il n'a aperçu son visage que quelques secondes avant que celui-ci ne disparaisse dans le creux de ses bras. Mais s'il doit faire confiance à son instinct, il dirait que l'autre a une dizaine d'année de moins que lui. M'enfin, même si elle avait la soixantaine, ce ne serait tout de même pas un âge pour déprimer toute seule.

Il se laisse glisser le long du comptoir avec facilité et pose sa joue contre le bois frais, à quelques centimètres des bras de l'autre. Suffisamment loin pour ne pas trop l'embêter, mais pas assez pour être ignoré. Et puis, se souvenant de toutes les fois où il avait remonté le moral à Ewan alors qu'ils se trouvaient à une auberge quelconque durant leur jeunesse, il se met à poquer le biceps de l'autre avec son indexe. Ca avait toujours semblé fonctionner avec Ewan : c'était suffisamment agaçant pour attirer l'attention mais pas assez pour que les gens s'énervent. Enfin, habituellement les gens ne s'énervaient pas mais bon. Il avait bon espoir, et on ne pouvait pas faire d'omelette sans casser des œufs dans tous les cas. Tant pis si l'autre se hérissait comme un chat mécontent, il s'en sortirait.

Eh, eh, eh. appelle-t-il en rythme avec son doigt qui pousse légèrement le bras de l'autre. Salut. dit-il d'une voix chantante, quoique suffisamment basse pour ne pas déranger les autres clients. Comme dirait une grande sage de mon époque, la vie, ça craint dans tous les cas. Bon, c'était probablement des conneries mais Cinaed était persuadé que beaucoup de sages avaient dit ça avec les années. Probablement que personne n'échappait à ce fameux moment de "merde, je fais quoi maintenant ?" alors bon. Autant pas s'inquiéter et sauter dans le bain. Ou dans une tasse de café. Tu vas mettre du sucre dedans ? Ca remonte toujours le moral ! Ajouta-t-il en hochant la tête, laissant sa joue couiner désagréablement contre le bois.

894.
Désolée pour le retard, j'espère que ça te convient ! Trop hâte de RP avec toi c:

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Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !

2 avr. 2026, 17:03
Tout bu or not tout bu
Est-ce que j'aurais dû reprendre mon cabinet ? Je ne suis jamais retournée voir mon ancien cabinet à Godric's Hollow, je n'ai aucune idée de s'il est occupé ou s'il pourrit tout seul en attendant que quelqu'un le reprenne. Je soupire. Finalement c'était p't'être pas la chose à faire. Je sais pas. Je sais plus. Est-ce que c'est bien grave de plus savoir où on en est dans la vie, quand on est plus près de la quarantaine que de la trentaine ? Surement un peu. Je me dis avec ironie qu'au final, mes études, elles n'ont pas été si utiles que ça. Détective. Duelliste. Barmaid. Tout ça c'est vraiment ce que j'aime faire, alors je ne comprends pas pourquoi je doute autant. J'aurais dû rester au Japon. Là-bas, au moins, je ne me posais pas cette question — y'avait déjà bien trop de trucs dans ma tête, j'avais besoin d'argent alors je faisais ce que je savais faire. Mais maintenant, depuis une décennie, j'ai l'impression de me laisser entrainer par le courant. J'suis paumée. Un vrai cas désespéré, affalé sur un vieux comptoir dégueu et qui attend sur sa chaise comme une moule accrochée à son rocher. Vieille moule. Et cette pensée me fait sourire.

Eh ? Qui enfonce son doigt dans mon bras ? Je sursaute violemment et bascule presque de mon tabouret, les yeux écarquillés. « Eh que.... » Ma voix s'éteint dans ma gorge, je hausse un sourcil perplexe. Laisse tomber. Je me fais pas agresser du tout. Mais c'est qui ce type ? Qu'est-ce qu'il raconte ? On se connait ? Nan, certainement pas, je l'aurais reconnu quand même. C'est qui ?

Méfiante, je me redresse et l'observe de travers, incertaine de savoir comment réagir. Il est bourré ? Ou peut-être juste que son kiff c'est d'aborder les gens qui dépriment sur les comptoirs.

« Sauter dans le café ? » je répète, confuse. Mais il a un pet au casque lui. Visage plissé, une lueur d'incompréhension dans le regard, je cligne plusieurs fois des yeux, comme pour essayer de me réveiller. Il a l'air bien sûr de lui pour quelqu'un qui affirme que mettre du sucre dans son café en adoucit le goût. Il est bizarre ce type. « C'est un crime de mettre du sucre dans un café », je réponds en fronçant les sourcils. Comme les fous qui mettent du lait, de la crème ou autres trucs infâmes du genre, ils comprennent rien au café. Je veux dire, si t'aimes pas le goût naturel du café ou l'amertume de la graine, prends un thé ou une tisane — laquelle est pire invention de tous les temps, très objectivement. Je comprends pas comment mes amis peuvent aimer ça.

Mon attention revient sur l'individu bizarre installé à côté de moi, appuyé contre le plateau du comptoir, qui me regarde comme s'il attendait un miracle. Ma commande arrive et je remercie distraitement le serveur sans quitter l'homme des yeux. Je prends une gorgée de la boisson trop chaude qui me brule la gorge avec l'impression de me retrouver dans un de ces films lunaires qu'Alden ou Alicia m'a déjà montré par le passé. Il est venue m'annoncer que je devais partir pour une quête ou un truc du genre ? Je suis amusée par ma propre blague. La honte.

« La vie craint, c'est noté, merci pour le conseil ô grand inconnu », je lui dis en reposant la tasse devant moi. Il a l'air un peu plus âgé que moi, je ne pense pas qu'on se soit croisés à Poudlard — s'il était à Poudlard. En plus je ne vois pas comment un type assez sympa pour venir parler aux filles cachées entre leurs bras sur un comptoir aurait atterrit à Serpentard. Même si on avait été à l'Ecole de magie ensemble je doute l'avoir déjà fréquenté. Puis vu sa tête je doute aussi qu'il soit du genre à fréquenter l'Allée, ce qui signifie que je ne l'ai pas croisé là-bas non plus. Il a un peu une tête d'artiste — ou alors j'accorde trop d'importance au physique — et je ne pense pas non plus qu'il soit du genre à bosser au Conseil. Les gens qui bossent pour le Conseil ont toujours une sale tronche, period. Nan, on s'connait pas. C'est ça ses tactiques de drague ? Hm. J'aurais bien deux trois trucs à lui apprendre sur l'art d'aborder les filles.

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5 avr. 2026, 16:23
Tout bu or not tout bu
Elle a l'air d'en avoir gros sur la patate est la première réflexion que l'ébéniste se fait à partir du moment où sa camarade de comptoir relève la tête. Et c'est peut-être un euphémisme, d'ailleurs. Cinaed est presque sûr que s'il lui proposait un verre, elle prendrait la bouteille et ce n'est jamais bon signe, qu'on soit honnêtes. Mais finalement, la remarque concernant le sucre le fait rire et l'écossais oublie totalement ses précédentes divagations. J'suis bien d'accord ! approuve-t-il en hochant la tête bien qu'elle traine toujours sur le comptoir à chaque mouvement. Fin' moi je prends du café noir, mais mon frère y rajoute plus de sucre que de café de base. Il dit que ça lui permet de survivre à sa journée sans avoir envie de tuer des gens. Probablement moi, d'ailleurs. Il renifle d'amusement, le nez retroussé avant de continuer : T'as envie de tuer des gens aujourd'hui, toi ?

Profitant de l'arrivée du serveur, Cinaed s'empresse de commander quelque chose pour lui. Il se serait bien prit un verre de Whisky-pur-feu, mais juste avant que la commande ne passe la barrière de ses lèvres, il se ravise et demande un chocolat chaud. Le café est impossible, sauf s'il veut faire une insomnie pendant trois jours de suite vu la quantité qu'il en a déjà ingéré et, en ce moment, il se surprend à éviter l'alcool. Pas complètement, parce qu'il s'agit d'un de ses petits plaisirs de la vie mais... ce n'est plus aussi présent qu'avant. Il n'a jamais eu de problème d'alcool alors sa consommation n'a jamais été un problème mais la diminuer est une idée qui est venue toute seule à force de traîner avec Cillian. L'autre n'aime pas l'alcool, et Cinaed s'est fait un point d'honneur à ne plus en commander un seul verre en face de lui. Ou quand il pense à lui. Et puisqu'il pense à lui à peu près tout le monde en ce moment... Eh bien, il boit moins et se contente d'échanger des verres avec Adélaïde et Ewan.

Mais de rien, ô inconnue non moins grande ! Gazouille-t-il en attrapant la tasse que le serveur lui tend une fois revenu à leur hauteur. Finalement, il se redresse histoire de siroter sa boisson - et tirant la langue après la première gorgée à cause de la chaleur - et penche la tête vers l'autre. Plus sérieusement, t'avais l'air au bout du rouleau. Explique-t-il sans prendre de pincettes. Si on avait été au Spea- à un autre bar, je t'aurais bien proposé une partie de cartes ou de billard pour te remonter le moral ! Dit-il avec un sourire, essayant de camoufler avec difficulté le petit écart. Il ne sait pas vraiment si l'autre travaille ou non au Conseil et mieux vaut éviter de balancer qu'il se retrouve à l'arrière du Café du Rosier de temps en temps. Il n'a pas envie de devoir expliquer à Ewan pourquoi il s'est encore une fois retrouvé dans la merde.

Une moue plus tard, il termine avec un : Mais là on a rien d'amusant. On peut toujours faire un chi-fu-mi si tu veux ? En espérant qu'elle ne joue pas avec le puit car seuls les hérétiques le faisaient. Les hérétiques et les gros tricheurs qui n'acceptaient pas que sa pierre écrasent leurs ciseaux. Non, vraiment, le puits était une invention démoniaque créée uniquement dans le but de faire s'engueuler les enfants à la récréation. Et, malheureusement, Cinaed avait l'âme d'un enfant et pouvait véritablement faire la tronche si on ne le battait pas à la loyale. Bien qu'il n'ai jamais été mauvais joueurs, il n'appréciait pas perdre sans raison précise. C'était cette même chose qui l'embêtait parfois quand il faisait des paris et d'autres jeux d'argents : parfois on ne savait pas pourquoi on avait pas gagné, à part le fait de ne pas avoir eu de chance, même s'il passait des heures à se ressasser tout ses gestes. M'enfin, voilà pourquoi il jouait plus souvent aux cartes qu'aux machines à sous.

671.

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20 avr. 2026, 06:55
Tout bu or not tout bu
Je l'observe avec méfiance tandis qu'il rebondit sur mes propos, approuvant avec force l'idée comme quoi mettre du sucre dans son café est un acte criminel. Hm... L'a pas l'air méchant. Et puis, même s'il l'était, j'ai assez confiance en mes capacités de défense pour ne pas ressentir le besoin de fuir — pour un peu que je trouve l'énergie de fuir, ce qui n'est pas vraiment gagné. Eh ? Qu'est-ce qu'il raconte ? Moi qui était persuadée qu'il cherchait simplement à me draguer, le voilà qui commence à me parler de son frère, et des envies de meurtre de ce dernier. 'tain j'suis paumée. C'est même pas du bluff en plus, l'inconnu parle à une vitesse impressionnante, les informations s'écoulent dans un flux continu bien trop rapide pour qu'il soit vraiment humain. Son frère a des envies de meurtre ? Sceptique, j'arque un sourcil et reprend une gorgée de café, ne sachant que faire de l'info. Sa question me prend au dépourvu, mes yeux s'arrondissent sous l'effet la surprise. Wow, il est bizarre ce type.. Est-ce qu'il a consommé un truc ? Désormais sûre qu'il est complètement stone, dans une réalité différente de la nôtre, je soupire. Pourquoi c'est sur moi que ça tombe ? Il aurait pu aborder n'importe qui.

« En règle générale quand quelqu'un prévoit un meurtre la personne n'en parle pas au premier venu, je remarque, très sérieuse. Mais nan, j'te rassure, j'ai pas prévu de tuer des gens. » Pas encore, j'ajoute, en silence, retroussant les lèvres dans un sourire sans joie.

Sa boisson arrive, et je l'observe siroter sa première gorgée avec un plaisir non feint. C'est vrai qu'il est bizarre, mais il est aussi amusant, et un peu touchant. Enfin, à sa manière. Sa réponse me fait sourire, je me fais la réflexion que, à l'inverse, je suis plutôt une petite inconnue. Je veux dire, 1m62 c'est pas si petit, mais disons que cinq centimètres de plus n'auraient pas cassé trois pattes à un phénix. Mais me voilà condamnée à passer ma vie à hauteur de coude, entourée d'hommes hauts comme des montagnes et de femmes perchées sur des talons. Quelle injustice.

Le sorcier reprend la parole, son honnêteté m'étonne. Je remarque que sa langue fourche, qu'il se retient de parler du Speakeasy au dernier moment. Maladresse ou méfiance, je décide de ne pas relever l'erreur. Il m'est arrivé de fréquenter cette partie du Café, mais je n'en sais pas assez pour me faire une idée de la légalité de l'existence du lieu.

« Y'a même plus d'rouleau là, je marmonne, le regard fuyant, décidant de me rabattre sur le première partie de son intervention. La vie, le taf, tout ça... Bref être un adulte et devoir être responsable, ça craint », je conclus avec mauvaise foi. Ce n'est pas exactement vrai, je ne déteste pas être adulte et ce n'est pas toujours un fardeau de devoir agir en tant que tel, mais j'ai trop le moral au sol pour avoir envie de faire l'effort de relativiser. Ah, ouais, ça aussi ça craint. Devoir rester positif tout le temps c'est franchement pas ma tasse de thé. De toute façon je n'aime pas le thé. « J'suis pas trop billard, mais c'est vrai que j'aurais pas dit non à un jeux d'cartes », j'admets, résistant difficilement à l'envie de retourner m'affaler sur le comptoir et prétendre que tous mes problèmes n'existent pas. Enfin, je sais comment je pourrais faire, mais j'ai promis à Kieran que j'essaierais de moins boire alors...je me shoot à la caféine. « J'suis une vraie terreur au poker moldu », je me vante, terminant mon café d'une seule gorgée.

L'envie revient, le manque aussi. 'tain j'suis devenue une putain d'addicte, je pense, amère. Mon corps réclame sa dose quotidienne de poison autant qu'il me supplie pour des aliments un peu plus...nutritifs ? Je fais inconsciemment pianoter mes doigts sur une boite de clopes.

« Chifumi ? je répète, prise de court. Pour décider de quoi ? »

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1 mai 2026, 14:00
Tout bu or not tout bu
Miya ne pouvait pas le savoir avec certitude, mais elle n'aurait effectivement eu aucun mal à battre Cinaed s'ils s'étaient lancés dans un duel improvisé. Certes l'écossais s'entraînait toutes les semaines aux Loges d'Hécate mais ça ne voulait pas dire qu'il se préparait toujours au combat. En fait, avec un peu d'effet de surprise, il était facile de le réduire en bouillie, surtout quand Cinaed partait du principe qu'il ne fallait pas se battre - autant avec la magie qu'avec ses poings - si on avait pas de bonne raison. Et, évidemment, il trouvait rarement voire jamais de bonne raison de se battre avec une femme. Généralement, il s'emportait plutôt devant des hommes qui eux voulaient se battre avec une femme, ou avec quelques sorciers dans l'Allée qui voulaient lui piquer son portefeuille tout en étant assez maladroit pour que Cinaed s'en rende compte avant d'être totalement dépouillé. Et puis dans tous les cas, l'ébéniste avait encore le réflexe de se battre avec ses poings avant de commencer à sortir sa baguette. Il avait beau avoir été élevé dans un monde purement sorcier, il s'était tellement perdu chez les moldus qu'il en avait perdu quelques réflexes. Enfin, celui de sortir sa baguette pour mettre en joug les autres, il ne l'avait jamais eu tout court.

Un sourire s'étend sur ses lèvres alors qu'il lève une main à son visage pour coller un de ses doigts à ses lèvres. Promis, je resterais muet comme une carpe. Pas envie de faire partir des victimes collatérales. Un petit rire plus tard, il ajoute : Et puis, ce serait un bon alibi je trouve : si un futur tueur ne dit pas à voix haute ce qu'il prévoit de faire, alors autant tester en en parlant à plein de monde. C'est un peu comme au poker, sur un malentendu ça passe. Il haussa les épaules. De toute façon, il n'avait jamais tué de gens lui-même, et n'avait pas eu envie de le faire donc il n'avait pas particulièrement cherché à réfléchir à un alibi au cas où il passerait à l'acte. Enfin, peut-être qu'il l'avait fait sans s'en souvenir, cela dit, car cela lui paraissait être une discussion parfaite à avoir en fin de soirée après avoir bu quelques verres de trop. De telles soirées lui manquaient parfois, mais il avait toujours l'opportunité d'aller boire avec Morgan si elle décidait de repointer le bout de son nez un jour, ou même avec Adélaïde. Il suffisait de la croiser après qu'un de ses employés ait été idiot, ou pire : si une de ses livraisons super méga top secrètes et très fragiles n'arrivait pas à l'heure ou, pire, endommagée.

Mais ne souhaitons pas malheur à ces pauvres livreurs.

Il lance un autre regard à l'autre, un petit regard en coin alors qu'il continue de siroter sa boisson. Il manque de lui dire que, oui, ça se voit qu'elle est à l'article de la mort et se souvient à peine avant d'ouvrir la bouche qu'il ne faut pas dire à une dame qu'elle a l'air à deux doigts de faire la une des faits divers d'un journal. Ouais, de fou. dit-il simplement en hochant la tête, un air très sérieux sur le visage. Evidemment que la vie d'adulte, ça pue : il le répète à qui veut l'entendre depuis qu'il est majeur. Enfin quelqu'un qui comprend complètement son avis. Une vie d'adulte en se comportant comme un adulte, c'est caca, pas amusant, déprimant et il en passe. En fait, la vie d'adulte quand on ne garde pas son âme d'enfance, c'est comme un examen d'histoire de la magie : lui, il trouve ça chiant, difficile et incompréhensible. Mais une vie d'adulte avec une âme d'enfant ? C'est la partie pratique d'un examen de sortilèges : c'est fun, et ça donne envie de le refaire 14 fois. C'pour ça que faut rester un peu gamin, sinon c'est bien d'la bouse d'Eruptif. Fin' j'veux dire, surtout si t'as un taff à chier. Cinaed se serait déjà rendu fou s'il avait travaillé quelque part où il n'aurait pas aimé aller tous les matins.

Enfin, probablement qu'il aurait fait comme il avait fait avant de découvrir la sculpture : partir du principe que si rien ne lui plaisait, autant ne rien faire du tout et profiter d'un héritage financier qu'il ne transmettrait de toute façon pas à un de ses enfants. Parce que, c'était évident : si on avait pas d'enfant, autant se faire plaisir et vivre une vie de rois. Malheureusement, lui avait toujours été très peu intéressé par l'argent mais nul doute que les petites pièces dorées auraient quand même fait son bonheur s'il n'avait jamais trouvé de passion pour illuminer ses journées.

L'écossais tend son autre main vers l'autre, pour qu'elle lui serre, un grand sourire sur les lèvres. Alors, on aura qu'à faire une partie un jour, t'en penses quoi ? Histoire qu'il ressorte ses bonnes vieilles habitudes et qu'il se dé-rouille un peu. Parce que, bon dieu, il n'avait pas joué depuis quelques mois. En fait, depuis le départ de Morgan. Adélaïde préférait le billard et, avec Ewan, ils allaient se perdre dans des salles d'arcades moldues - oui, même à leur grand âge.

Y'a besoin d'une raison pour faire un Chifumi ? C'est marrant, ça suffit non ? Mais bon, si elle veut gagner ou décider de quelque chose... Cinaed reprend une de ses mains qu'il lui présentait pour l'enfoncer dans ses poches à la recherche d'un objet quelconque à mettre en jeu. Finalement, il ne trouve que quelques pièces qu'il a encore oublié de ranger dans son porte monnaie et les récupère rapidement avant de tendre son poing fermé à l'autre. Il tourne son bras, paume vers le haut, et ouvre sa main pour lui montrer sa trouvaille. Je te propose donc un combat en trois manches pour gagner... euh... Il compte rapidement son butin, grimaçant en voyant ce qu'il propose à l'autre. M'enfin, lui, il veut surtout jouer pour lui remonter le moral, donc il se fiche pas mal de ne rien gagner, ou de n'avoir pas grand chose à offrir. Trois mornilles, deux noises, et ce morceau de papier que je soupçonne secrètement de cacher un dessin de grenouille. De son autre main, il fouille dans sa deuxième poche et pose le reste de sa trouvaille sur le comptoir. ET, pour finir en beauté : Ce caracolant. Probablement donné par Avaleen la dernière fois qu'il l'avait vue et resté dans cette poche depuis.

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16 mai 2026, 21:31
Tout bu or not tout bu
Bizarrement, sa promesse de rester muet comme une carpe — c'est une expression moldue ça, j'en suis sûre — ne me convainc pas vraiment. Et pour cause, l'inconnu n'a pas vraiment la tête de quelqu'un qui sait se taire. En fait il a même plutôt l'air de quelqu'un qui adore parler sans s'arrêter et qui ne réalise pas qu'il est entrain de faire chier le monde entier. Mais aujourd'hui, ça me dérange pas tant que ça. Il n'a qu'à faire la conversation pour nous deux si ça lui chante, je suis pas d'humeur à rentrer dans son jeu. Pourtant j'échappe un premier rire quand il expose sa théorie, puis un deuxième quand il conclut son argumentaire en comparaison la situation à celle d'un jeu de poker. Mais ça a rien à voir. Un joueur de poker est bien plus entrainé à bluffer.... nan ? Bah merde voilà que je me pose vraiment la question maintenant.

Je dirais pas que j'ai jamais songé à tuer quelqu'un — ce serait un mensonge —, en revanche je n'ai jamais imaginé tuer quelqu'un en utilisant une stratégie de poker, et Merlin sait combien j'aime jouer au poker. Je me serais débarrassé de Père et Mère — ou des trois quarts de cette famille pourrie jusqu'à la moelle — avec soulagement, et même plaisir. Mon regard converge vers l'inconnu, et je me demande si, lui aussi, il aurait préféré voir quelques personnes sortir définitivement de sa vie. Mais ses traits sont trop doux, son regard pétille trop.

« Donc... Sur un malentendu n'importe quelle personne sachant jouer au poker pourrait tuer quelqu'un ? je répète lentement, un rire au bord des lèvres. Juste parce qu'elle ne donne pas ses intentions à voix haute ? » Ce type est soit un genre de génie incompris, soit complètement barré. Ou complètement stone, je me rappelle. Et, comme toujours, cette pensée me ramène à mes propres problèmes, à ce vive abyssale dans ma poitrine, cette envie qui palpite dans chacun de mes muscles et qui me murmure à l'oreille d'aller attraper une des bouteilles posées derrière le comptoir. Une putain d'addicte. Quand est-ce que c'est parti en couille comme ça ? Avant ou après Lloyd ? Je tressaille. Le nom me blesse toujours autant, ça saigne dans mon coeur, c'est le carnage dans ma tête. Qu'est-ce qu'il fait ? Qui devient-il ? Est-ce qu'il continue de faire de la musique ? Je pense à mes belles guitares, dans mon appart, que j'ai pas réussi à toucher depuis des mois, depuis des ans. Je pense à toutes les notes que je n'ai pas jouées depuis trop longtemps, aux cordes que je continue de changer, à tous les souvenirs qui me poignardent dans le ventre dès que j'essaye de m'y mettre. Est-ce qu'il chante toujours tout ce qu'il a écrit pour moi ou est-ce qu'il a tout foutu au feu ? Et s'il avait tout réécris pour une autre, une fille mieux ? Putain j'ai la nausée. L'envie se fait plus pressante, plus douloureuse. Alors je serre les dents, j'inspire et j'expire lentement. Je compte à l'envers dans ma tête, mes doigts tapotent le paquet de cigarette avec plus de force, plus fébrilement. Une putain d'addicte, voilà c'que t'es devenue ma vieille. Et Lloyd, il boit toujours autant ? Stop. Putain faut que j'arrête ça.

A la place, j'essaye de me concentrer sur l'inconnu assis à côté de moi, j'écoute ce qu'il me dit et j'hoche la tête, sans trop savoir de quoi il parle. Faut rester un peu gamin. Ouais c'est vrai, il a pas tort l'inconnu. Je gratte mécaniquement les cuticules de mes pouces, m'arrêtant juste avant que ça se mette à saigner. Ouais, la vie était mieux quand on était gamins — je suppose.

« J'ai pas un taff à chier, je le corrige, avant de me rappeler que, techniquement, j'ai même pas encore de taff. Pourtant j'préfère quand même être une gamine, tu sais que j'suis méga douée pour ignorer mes problèmes... Enfin, jusqu'à ce que ça me pète à la gueule », je conclus avec un rire jaune. Mon poing se resserre sur mes clopes, je sors le paquet et le tripote nerveusement. Il faut que j'aille fumer. Ou que je boive un truc. Si je fais rien là maintenant, je vais exploser dans une heure — en plus c'est pas comme si j'allais pouvoir continuer de boire des cafés jusqu'à ce que cette putain d'envie d'alcool me passe. Fait chier. Je fusille la petite tasse du regard. Ouais, c'est sa faute si je suis sur les nerfs comme ça, c'est sa faute si c'est du café et pas un bon whisky écossais comme je les aime. Fait chier ! J'inspire, expire. Recommence. Jusqu'à me détendre.

Je serre la main de l'inconnue en essayant de ne pas lui communiquer de tension, je serre sa main avec politesse, avec toute la nonchalance d'une fille en manque qui carbure au café.

« Alors va pour une partie d'poker un d'ces jours, j'accepte, dessinant sur ma bouche ce que, je l'espère, ressemble à un sourire. Mais prépare toi à te prendre la plus grosse raclée de toute l'histoire du poker mon coco, j'vais te piquer tous tes », j'affirme. La perspective de cette partie m'a égaillée, il faut croire, je n'ai presque plus envie de commander à boire. Enfin, si, mais là j'ai assez de volonté pour appeler un serveur et demander un café noir très serré. Je ne dormirais pas cette nuit, mais demain je me réveillerais pas en pleine gueule de bois. Une victoire, parce que ç'en serait une, est une victoire. Faut savoir apprécier les petites choses de la vie. Je relâche ma poigne sur les cigarettes et les pose sur le comptoir, certaine que, s'il les voit, alors l'inconnu me fera la leçon et peut-être même que ce sera suffisant pour me retenir à l'intérieur et pour m'empêcher de les fumer une par une. Peut-être, qui sait ?

Sa proposition de chifoumi me fait marrer, et ses explications encore plus. Les petites babioles qu'il sort de sa poche n'ont rien de bien glorieux ou glamour, mais ça me suffit comme mise. Et puis, il ne s'agit que bête chifoumi. D'un inconnu dans un bar, de quelques phrases absurdes échangées et de deux-trois pièces trouvées au fond d'une poche. Juste un délire de soirée.

« Défi accepté Rusty Ryan, je me moque, espérant ne pas m'être trompé de nom. Si tu gagnes je t'offres à boire, qu'est-ce que t'en penses ? » je lance, arquant un sourcil joueur. Moi j'en pense que c'est une très bonne idée pour pas me retrouver à être la seule qui boit, c'est parfait.

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1114 mots.

#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

22 mai 2026, 05:02
Tout bu or not tout bu
Cinaed était persuadé de pouvoir se taire.

Parfois.
Sur un malentendu.
S'il avait de la chance, et si les astres décidaient de s'aligner.
Et s'il avait la voix suffisamment cassée, et trop la flemme pour aller chercher une potion ou une plume.

Bref, tout ça pour dire que ça pouvait lui arriver, de fermer son clapet et de garder un secret pour lui, même si c'était assez rare. Encore que, les secrets, ça allait, quand il y réfléchissait. C'était tout le reste, tout ce qui n'était pas officiellement interdit de répéter qui partait et se distribuait comme des petits pains. Il fallait bien préciser à Cinaed ce qu'il avait le droit de dire ou non, sinon tout partait dans la même catégorie, respectueusement appelée le "Blabla incessant dont les gens n'écoutaient habituellement que la moitié".

L'ébéniste se tapote les lèvres, comme pour montrer son intense réflexion avant de hocher la tête avec un fredonnement joyeux. Hmhm ! J'pense même que tous les tueurs en série seraient de bons joueurs de poker. Enfin, pas ceux qui se sont fait chopper direct, mais les autres, tu vois ? Les grands bandits qui échappaient à la justice moldue pendant des décennies avant qu'un petit incident - toujours dû à un hasard fou - ne fasse basculer leur vie. Le genre d'histoire qu'on écoute en se demandant comment les choses ont pu aller aussi loin sans que personne ne s'en rende compte et qui démontrent la chance infinie que certaines personnes peuvent avoir et, surtout, combien certains peuvent mal l'utiliser. Certains gagnent au loto, d'autres prennent des années de prison après des années de cavale. Chacun son choix.

Cinaed, lui, signerait directement pour le billet de loto, indépendamment du fait d'être intéressé par l'argent ou pas.

Le quarantenaire ne manque pas de remarquer la manie qu'à l'autre de se triturer les doigts et un petit éclair de peine traverse son regard avant qu'il ne soit camouflé sous quelques pétillements alors qu'elle reprend la parole. Cependant, l'inquiétude n'a pas totalement disparue et Cinaed commence à réfléchir à un plan pour l'empêcher de recommencer. Il sait reconnaître une peau à l'article de la mort qui n'aspire qu'à céder pour faire saigner le bout de ces jolis doigts. Les siens ont souvent été comme ça, eux aussi, mais plus à cause de la sculpture qu'à cause de ses propres ongles.

J'préfère me dire que y'a pas d'problèmes et que des solutions. Dit-il doucement alors que son regard traverse la salle avant de s'arrêter à nouveau sur sa boisson qu'il finit en quelques gorgées. Même si parfois, la solution c'est de se bourrer la tronche et de faire un semi-coma sur son matelas tout pourri. Finit-il avec un air joyeux, même si la phrase ne s'y prête pas le moins du monde. Mais en vrai, ça fonctionne pas trop, comme état d'esprit, j'avoue. Il s'étire, éloignant d'un même mouvement son verre vide pour que le barman puisse venir le récupérer sans les interrompre. Mais pour ma défense, ça fonctionnait quand j'étais gamin, d'ignorer tout jusqu'à ce que ça se résolve tout seul. Mais aujourd'hui ma mère habite loin, donc mes chaussettes sales disparaissent plus toute seule, et mon frigo se rempli plus par magie. dit-il en laissant échapper un petit rire.

Quand l'autre serre enfin sa main, Cinaed décide finalement de la récupérer quelques secondes après l'avoir lâché, et de s'amuser à tripoter ses doigts comme un enfant joue avec la main d'un parent par ennui. Peut-être que comme ça, elle ne se bouffera pas le reste de ses cuticules. Ou peut-être qu'elle lui foutra une baffe, au choix.

Il renifle, tout en jouant toujours avec cette main toute abimée. C'est c'qu'on verra. Si j'étais toi, je serais pas si certaine : je suis un super joueur de poker. Et de billard. Et, en fait, de tous les jeux où on peut parier quelques pièces. Il lui fit un clin d'œil joueur, comme s'il partageait un grand secret avec elle. Parce que tout est plus marrant avec quelques galions en jeu.

Il relâche la main de l'inconnue quand elle pose ses clopes sur le comptoir et se penche pour lire la marque sur le paquet. Aussitôt, il fronce le bout du nez. Erh, j'aime pas celle-ci. Quand j'fumais un peu plus, je prenais des clopes un peu moins fortes. C'est marrant, non ? Moi qui prend des clopes de gonzesse et toi qui fume des clopes de vieux cancéreux. laisse-t-il échapper en riant avant de placer sa main gauche, le poing fermé, entre eux.

Finalement, il penche la tête sur le côté, les yeux bien rond. Rusty ? Comme le voleur moldu là, dans je sais plus quel film ? Punaise, il est même plus vieux que moi, le machin ! Comment tu connais ça ? T'as l'air plus jeune que moi, encore. et puis, la proposition de sa compagne de comptoir lui monte au cerveau et semble bien plus intéressante qu'un vieux nom de film moldu. Si Cinaed aime quelque chose plus que l'alcool, c'est l'alcool gratuit. Et puis, ça fait bien longtemps qu'on ne lui a pas offert un verre, qu'il l'ai gagné ou pas, surtout depuis qu'il boit moins pour ne pas mettre Cillian mal à l'aise. Car, même s'il s'était toujours dit que l'alcool l'accompagnerait plus longtemps que n'importe qui - le whisky écossais, ça ne s'abandonnait pas - il avait compris qu'il était facile de ne pas boire quand Cillian était prêt de lui.

Et ça ne lui manquait même pas, parce qu'il avait un bel homme pour lui sourire à la place, et qui plus est, qui était parfaitement à l'aise de sortir au restaurant avec lui si Cinaed ne prenait pas d'alcool. Et Cillian avec ses belles boucles rousses, son sourire à le faire tomber par terre et ses deux yeux tout doux et tout calmes, valait tous les repas sans alcool du monde, et était bien plus agréable à vivre qu'une bouteille. Même une bouteille du meilleur whisky, de vingt ans d'âge.

Mais Cillian n'était pas présent, à l'instant T, et Cinaed n'avait pas manqué de remarquer qu'un petit verre ferait sûrement du bien à sa camarade de soirée. Alors si elle lui offrait un verre au passage, pourquoi pas ?

Marché conclu ! fit-il, tout rayonnant. Et puis, il ajouta un : A trois : Pierre... Feuille... Ciseaux ! s'exclama-t-il tout en dépliant entièrement sa main, la gardant parallèle au sol dans une imitation approximative du feuille d'arbre.

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Présence normale - Tutoyez moi !
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !

1 juin 2026, 04:06
Tout bu or not tout bu
L'homme à côté est de moi est...un cas, y'a pas de doutes. Et il est bizarre, ça ne fait pas non plus de doutes. A vrai dire, la seule chose dont je commence à douter est sa non lucidité. Au premier abord j'ai cru qu'il était complètement stone — du genre super défoncé, un état qu'il m'est arrivé de devoir assumer quelques fois, pas trop nombreuses quand même — mais plus il parle et plus je me dis qu'il n'a rien consommé d'étrange. Pas du Filtre Calmant en tout cas — parce que ça, l'odeur de réglisse ne ment pas —, et pas non plus de l'eau du fleuve de Léthé sinon il serait bien incapable de me tenir des propos aussi cohérents. Ses pupilles m'ont l'air de taille normale, ce qui m'indique qu'aucune drogue — qu'elle soit dure, pure ou qu'il s'agisse d'une merde moldue — circule dans son organisme. Donc il est lucide, bonne nouvelle, mais il est con.

Quand il rebondit sur son histoire de tueur en série et de joueur de poker, j'ai du mal à retenir une grimace hilare. Je n'en sais pas assez sur le sujet pour tenir une longue conversation — du moins pas s'il continue de s'étaler sur le sujet meurtre — mais il me fait marrer.

« J'suis pas sure qu'un tueur en série puisse changer de stratégie aussi vite qu'un joueur de poker, je le contredis en secouant la tête de droite à gauche. A mon avis tous les tueurs en série auraient beaucoup à apprendre des joueurs de poker. »

De toute façon les tueurs en série n'avaient rien à faire en liberté. Attention, j'dis pas que je suis complètement blanche hein, j'ai mon lot de saletés, mais j'ai jamais fais bien pire qu'un petit vol de rien du tout ou casser la gueule d'un con — en plus c'était mérité, j'en suis sûre. Enfin, je me souviens pas de toutes les fois où je me suis bêtement lancée dans une mêlée, mais sûrement que c'était mérité. Enfin, probablement. Peut-être pas à chaque fois — je suis pas dieu, faut pas pousser — mais quasiment toujours. Surtout si j'avais un pote dans le coin.

Sa vision des choses est trop enfantine pour me paraitre logique ou raisonnable. Lèvres pincées, je retiens un haussement de sourcils agacé. Suffit pas de se dire que y'a pas de problèmes et pour ils vont disparaitre bien gentiment — j'en sais quelque chose. Les addictions elles prennent pas ça comme excuse, elles te rient au nez et tu te retrouves comme un con en crise de manque au milieu de ton appart froid, sale et en désordre. Penser à mon appartement toujours plongé dans le plus grand des bordels m'irrite. J'ai jamais été particulièrement bien ordonnée — pas comme Kenji qui a besoin que chaque chose soit à sa place sinon il dort pas bien — mais je sais quand même rester un minimum propre. Je crois. En ce moment c'est le souk chez moi, mon frère ferait une crise clastique s'il voyait ça, mais j'arrive pas à ranger. Alors j'utilise la magie. Tergeo par-ci, Recurvite par-là et je vais simplement léviter mes tas de bazar pour les déplacer quand ils sont à des endroits où ils gênent. Et franchement ? Bah ça me suffit comme ça.

« C'est ma solution et mon problème, je marmonne quand il plaisante sur la surconsommation d'alcool. Et justement c'est bien ça qui me fait chier.. »

Il poursuit avec beaucoup trop de joie pour le sujet et j'échappe un rire jaune.

« Perso j'attends pas que le problème se résolve, je le corrige. J'en crée d'autres, et encore d'autres, et encore d'autres...jusqu'à ce que quelqu'un me tire de mon trou, je conclus, railleuse. Et puis j'me dis que, éventuellement, y'aura plus personne pour le faire un jour. »

Et là je crèverais comme un veracrasse desséché.

Je fais le choix de ne pas rebondir sur ce qu'il raconte à propos de sa mère, trop amère pour faire de l'humour sur le sujet. C'est ça. Comme si vous auriez pu vous baisser pour faire quoi que ce soit, Mère. Vous qui ne vous êtes jamais accroupie pour me parler, embrasser ma joue, me prendre dans vos bras ou simplement me regarder dans les yeux. Je l'imagine ramasser mes chaussettes et soudain ce sont tous mes organes qui dansent le tango. Fait chier. Fait chier parce que cette pensée m'a terrifiée au moins autant qu'elle m'a fait rire, alors que Mère ne peut rien me faire. Elle est loin de moi et elle ne peut pas lire ce qui se passe dans mon esprit, alors qu'est-ce qui explique cette peur irrationnelle ? Je sens presque sa présence glaciale derrière moi, je m'imagine sans mal les mots tranchants qu'elle pourrait me glisser à l'oreille. Un frisson coule tout le long de ma colonne vertébrale, j'ai froid de l'intérieur.

Voilà Mère, êtes-vous enfin fière de vous ? Regardez cette pauvre fille avachie, avec ses cernes et son regard terne, sa silhouette hideuse et son visage déformé par l'addiction. Elle vous dégoûte..

« ..tu fais quoi ! » Je sursaute violemment quand il attrape ma main, avant de me relâcher au fur et à mesure que je comprends qu'il voulait juste jouer avec mes doigts. Il me voulait rien. Il est juste con. Enfin, pas con du genre débile profond, mais plutôt con du genre zéro instinct de survie parce que faut le faire pour choper la main d'une fille sans prévenir. Je me marre, le laisse poursuivre la conversation tout seul en me contentant d'acquiescer quand c'est nécessaire et de protester quand j'en ressens le besoin. Ouais, on verra s'il joue bien au poker. Et au billard.

« T'as arrêté ? je l'interromps, surprise. La clope. T'as arrêté ? »

Comment t'as fait. C'est le premier truc qui me passe par la tête, mais faudrait que j'sois entrain de crever pour me forcer à poser la question à voix haute. Pourtant... C'est possible ? D'arrêter. Arrêter la clope, l'alcool, les nuits blanches, les clubs, les lieux pas fréquentables. « Eh arrête de dire n'importe quoi, j'fume pas des trucs de vieux cancéreux, je proteste. Elles me coûtent la peau du cul ces Malboro ! » Mon regard fuit le sien, je grince des dents. L'aveu m'a échappé et je me sens minable. Quel genre de personne dépense son fric dans des trucs qui lui bousille tout ? Le coeur, les poumons, la vie, les relations. Je serre la mâchoire et le laisse poursuivre l'échange tout seul. Ouais, Rusty ça vient d'un vieux film moldu, c'est Ocean's Eleven. C'est cool comme film, c'est Lloyd qui me l'a montré. J'crois que c'est ça qui m'a donné envie de jouer au poker. Et peut-être de le suivre dans ses plans foireux de vols à la sauvettes ou autres conneries du genre. Malgré moi, le souvenir me fait sourire. C'étaient vraiment des idées de merde, mais bordel ce que c'était bien. La vie était plus simple, je suppose. J'ai l'impression que ça l'était.

Ma proposition a l'air de le brancher, ce qui m'arrange. Je le laisse faire le décompte et...

Ah. Fait chier ? Je remonte mes yeux vers lui et arque un sourcil. Je suppose que lui offre un verre quand même, après tout ça serait con de se limiter à cause d'une stupide règle.

« Va falloir refaire une manche si tu veux j'te paie ton verre, je plaisante en appelant un serveur. Mais j'te drague pas, hein, t'es super canon et tout mais j'suis.. »

...déjà prise. Vraiment ? Le lapsus me fait grimacer.

« ..fin j'suis pas entrain de te draguer quoi, je conclus. Deux whiskys », j'ajoute au serveur.

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1289 mots.
Je l'ai joué aux dés !
1-2 : pierre
3-4 : feuille
5-6 : ciseaux

#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage