C'est quoi aimer ?
12 Février
2051
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En regardant Marine voulait bien entendre que les duels ne ressemblaient pas à un sport aiguisant le physique des participants. Même elle y avait vu plutôt un sport d'esprit mais ses entraînements avec Ernest lui avait prouvé que la discipline demandait des capacités physiques bien plus importantes qu'elle ne l'avait imaginé. La preuve, elle sortait tout le temps de ses entraînements moite de transpiration. Ce qui demandait le plus de capacités physiques c'était l'esquive, car il fallait savoir être réactif, rapide et puissant pour repérer la direction du faisceau lumineux puis pour sortir de sa trajectoire puis il fallait vite rejoindre une place plus stratégique pour contre-attaquer. Combiner ainsi la rapidité du corps et de l'esprit rendait ce sport très complet aux yeux de la lionne.
- Pfiou... C'était chouette. Lâcha la lionne se saisissant de sa gourde pour boire un coup en se passant une main sur le visage.
C'est fou ce qu'elle avait chaud alors qu'il faisait si froid dehors.
À contre cœur l'adolescente remit sa plus chaude cape et tout son attirail contre le froid, gants, bonnet, écharpe puisqu'elle se doutait qu'ils allaient comme d'habitude commencer leur débrief ici.
- On s'est bien débrouillé tu penses pas. Je trouve qu'on devient plus réactifs ! S'enthousiasma la brunette.
Les debriefs c'était un moment aussi important que la pratique dans leur entraînement. Les 2 adolescents savaient que l'autre voyait des défauts que soi-même, dans le feu de l'action on n'imaginait même pas, échanger ses observations et ses conseils était pour la sixième année la clé de leurs progrès car ils savaient ainsi personnellement sur quel point faire particulièrement attention à l'entraînement suivant.
Bien sûr la conversation finissait toujours par bifurquer vers d'autres sujets, ils n'étaient pas des professionnels mais des adolescents, ils avaient tout plein d'autres choses aussi essentielles à discuter.
- C'est la Saint-Valentin Mardi, tu crois qu'on va avoir droit à quoi cette année ?
L'anglaise n'était pas fan de cette fête, elle n'avait jamais réussi à trouver une raison valable et des reproches qui tenaient la route, mais cette année elle avait l'impression d'avoir mis le doigt sur ce qui la dérangeait tant. Cette fête la questionnait d'une façon qu'elle n'appréciait pas tant.
@Ernest Stevens j'espère que ce début te convient
C'est quoi aimer ?
Si le quotidien d’Ernest avait beaucoup évolué au fil des années, il y a des rituels qui étaient bien ancrés dans sa vie poudlarienne. Les entraînements du dimanche matin avec Marine faisaient partie des événements structurants qui rythmaient sa routine. Là où les doutes l’assaillaient, où l’échec l’obsédait, ces moments qu’il passait avec la Gryffonne lui apportaient une certaine sérénité. Parce qu’il n’avait pas besoin de jouer un rôle. Parce qu’il était là pour faire des erreurs. Et dans l’intimité d’une pudeur partagée, les deux adolescents avaient forgé un espace de confiance. Un cadre rassurant où ils avaient pu laisser leur magie s’épanouir au fil des entraînements et des saisons.
L’entraînement n’avait pas été de tout repos. Marine et Ernest ne se contentaient plus d’exercer uniquement leur exécution des sortilèges, ils déployaient tous leurs efforts en stratégie, parades et esquives. Un programme de perfectionnement qui commençait à se voir physiquement sur la silhouette du garçon. Non seulement, le brun avait bien grandit durant l’été, mais il commençait aussi à s’étoffer.
Ses changements physiques s’accompagnaient d’autres petites turbulences adolescentes. Notamment la transpiration. Heureusement, Marine ne lui faisait pas remarquer ce genre de déconvenues. Et quand bien même elle le ferait, il savait que ce ne serait jamais par méchanceté. Leur amitié avait d’ailleurs passé ce stade où il était possible de parler de choses plus intimes. Enfin certaines.
Le garçon s’affala sur le gradin, les bras écartés et la tête levé vers le ciel. C’était assez cocasse qu’il passe tellement de temps sur ce terrain alors qu’il n’aimait pas le vol et qu’il ne s’intéressait que moyennement au quidditch. Il se redressa à la remarque de Marine et acquiesça avant de prendre lui aussi une gorgée d’eau. Ses joues étaient aussi rouge que l’uniforme de sa partenaire et il sentait la chaleur irradier de son cou jusqu’au bout de ses oreilles.
“Ouai, j’suis d’accord… ‘fin j’manque quand même un peu de souplesse… toi, j’trouve que t’es de plus en plus euh… flexible ?”
Un pic de croissance, ça demandait quelques ajustements. Et si Ernest ne s’était pas vu grandir, il ressentait quand même les changements liés à sa taille et à ses capacités. C’était un peu comme de réapprendre à habiter dans son corps.
Le brun était en train de ranger ses affaires lorsque son amie reprit la parole de manière anodine. Son regard balaya les tribunes, légèrement déconcerté. L’adolescent racontait beaucoup de choses à sa meilleure amie. Mais pas tout…
“Hein… Euh… je… j’sais pas… probablement… ‘fin… je… j’imagine…”
Il se frotta l’arrière du crâne alors que quelques pensées gênantes commençaient à germer dans son esprit. Soudainement, il sentit des vagues de chaleur l’envahir et ce n’était pas l’exercice physique.
“Pourquoi ?...’fin… euh… t’avais… tu prévois quelque chose ?”
L’an dernier, il avait fini par recevoir un colis de chocolat entamé venant de la Rouge et Or. Par pure amitié, évidemment. Marine, c’était un peu comme la grande sœur qu’il n’avait jamais eu. Et si les questions de romance lui brûlaient parfois les lèvres, il n’avait encore jamais osé les lui poser. Son aînée n’avait pas de petit ami, jusqu’à preuve du contraire. Et elle n’en avait d’ailleurs jamais parlé.
L’entraînement n’avait pas été de tout repos. Marine et Ernest ne se contentaient plus d’exercer uniquement leur exécution des sortilèges, ils déployaient tous leurs efforts en stratégie, parades et esquives. Un programme de perfectionnement qui commençait à se voir physiquement sur la silhouette du garçon. Non seulement, le brun avait bien grandit durant l’été, mais il commençait aussi à s’étoffer.
Ses changements physiques s’accompagnaient d’autres petites turbulences adolescentes. Notamment la transpiration. Heureusement, Marine ne lui faisait pas remarquer ce genre de déconvenues. Et quand bien même elle le ferait, il savait que ce ne serait jamais par méchanceté. Leur amitié avait d’ailleurs passé ce stade où il était possible de parler de choses plus intimes. Enfin certaines.
Le garçon s’affala sur le gradin, les bras écartés et la tête levé vers le ciel. C’était assez cocasse qu’il passe tellement de temps sur ce terrain alors qu’il n’aimait pas le vol et qu’il ne s’intéressait que moyennement au quidditch. Il se redressa à la remarque de Marine et acquiesça avant de prendre lui aussi une gorgée d’eau. Ses joues étaient aussi rouge que l’uniforme de sa partenaire et il sentait la chaleur irradier de son cou jusqu’au bout de ses oreilles.
“Ouai, j’suis d’accord… ‘fin j’manque quand même un peu de souplesse… toi, j’trouve que t’es de plus en plus euh… flexible ?”
Un pic de croissance, ça demandait quelques ajustements. Et si Ernest ne s’était pas vu grandir, il ressentait quand même les changements liés à sa taille et à ses capacités. C’était un peu comme de réapprendre à habiter dans son corps.
Le brun était en train de ranger ses affaires lorsque son amie reprit la parole de manière anodine. Son regard balaya les tribunes, légèrement déconcerté. L’adolescent racontait beaucoup de choses à sa meilleure amie. Mais pas tout…
“Hein… Euh… je… j’sais pas… probablement… ‘fin… je… j’imagine…”
Il se frotta l’arrière du crâne alors que quelques pensées gênantes commençaient à germer dans son esprit. Soudainement, il sentit des vagues de chaleur l’envahir et ce n’était pas l’exercice physique.
“Pourquoi ?...’fin… euh… t’avais… tu prévois quelque chose ?”
L’an dernier, il avait fini par recevoir un colis de chocolat entamé venant de la Rouge et Or. Par pure amitié, évidemment. Marine, c’était un peu comme la grande sœur qu’il n’avait jamais eu. Et si les questions de romance lui brûlaient parfois les lèvres, il n’avait encore jamais osé les lui poser. Son aînée n’avait pas de petit ami, jusqu’à preuve du contraire. Et elle n’en avait d’ailleurs jamais parlé.
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Dernière modification par Ernest Stevens le 23 févr. 2026, 12:09, modifié 1 fois.
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
C'est quoi aimer ?
Le sourire jusqu'aux oreilles la Gryffonne était contente de commencer le débrief par un point positif approuvé de part et d'autres. Les debriefs avaient la fâcheuse tendance de se concentrer d'abord sur le négatif ou du moins plus sur le négatif que le positif sans que ce soit pour se blesser l'un l'autre, d'ailleurs elle était persuadée que l'un comme l'autre ne voyaient pas cette méthode d'un mauvais œil. Mais elle était tout de même contente de commencer de temps en temps cet échange par quelque chose de positif, leurs entraînements restaient tout de même amateurs et pour le loisir, Marine voulait qu'ils restent un bon moment et qu'ils en ressortent fiers de leurs progrès. Bon, Ernest ne tarda pas à partir dans l'analyse des détails à corriger mais ça coulait de source alors l'anglaise bascula avec lui décidée à trouver comment le conseiller pour qu'il puisse progresser sur le point qu'il soulevait :
- On dit qu'les filles sont plus souples que les garçons, j'sais pas si c'est vrai mais c'est peut-être pour ça ? Il fallait dire que la sorcière ne se considérait pas comme particulièrement souple, elle n'avait jamais fait d'activité qui aurait pu développer cette compétence chez elle. Mais dans tous les cas ça se travaille qu'importe le sexe ! Affirma-t-elle. On trouvera peut-être des livres avec des exercices pour s'assouplir à la bibliothèque ? Proposa-t-elle.
Même pour elle ce genre d'exercices pouvait être intéressants, la souplesse en duel pouvait être d'une grande aide en esquive notamment.
Si la lionne s'y était attendu à ça, Ernest semblait tout à coup très mal à l'aise. Un sourire taquin s'installa sur son visage alors que ses yeux verts se plissaient en un regard taquin.
- Bha alors ?! Pourquoi t'as l'air tout gêné comme ça ? Elle le sonda des yeux. Tu me cacherais quelque chose ? Elle laissa un instant pour lui donner l'opportunité de répondre avant de rompre le silence réponse obtenue ou non comme frappée par la foudre. Nooooon mais non ! Me dis pas que vous vous êtes de nouveau rapprochés Eileen et toi ?! Aaaaaah vous êtes trop chou tous les deux ! Fit-elle le visage rayonnant prenant le bégaiement du garçon pour la confirmation de ses pensées.
La brunette prenait sur elle pour ne pas sautiller de joie partout et pour écouter les justifications du vert et argent puisque même si elle était plus que sûre de ce qu'elle avançait, elle voulait plus de détails.
- Moi ? Non ! Qu'est-ce que tu voudrais que je prévois. J'suis pas amoureuse ! Fit-elle avec un rire dans lequel elle essayait de ne pas faire paraître d'amertume alors qu'elle continuait. J'sais même pas ce que c'est aimer alors bon… En amour bien sûr.
La Gryffonne n'était pas à plaindre au niveau de l'amour qu'il y avait autour d'elle, elle avait un groupe d'ami et un frère complètement incroyables. Mais c'est vrai que de voir tous ces élèves s'envoyer des petits mots, se tenir la main et paraître si heureux, ça rendait parfois la lionne envieuse, d'autant plus à la Saint Valentin. Ne pas avoir trouvé la personne de sa vie elle n'en avait que faire mais elle était de plus en plus démangée par l'envie de savoir ce qu'était qu'aimer romantiquement quelqu'un, ce que ça faisait. Les livres et l'observation des autres lui donnait l'impression que c'était un sentiment incroyable et elle vivait de plus en plus mal le fait de ne jamais avoir connu ça alors qu'ils semblaient tant à le connaître ou à l'avoir connu. Elle se demandait même parfois si elle n'était pas cassée et qu'elle ne le connaîtrait jamais, ce qui avait le don de l'inquiéter.
- On dit qu'les filles sont plus souples que les garçons, j'sais pas si c'est vrai mais c'est peut-être pour ça ? Il fallait dire que la sorcière ne se considérait pas comme particulièrement souple, elle n'avait jamais fait d'activité qui aurait pu développer cette compétence chez elle. Mais dans tous les cas ça se travaille qu'importe le sexe ! Affirma-t-elle. On trouvera peut-être des livres avec des exercices pour s'assouplir à la bibliothèque ? Proposa-t-elle.
Même pour elle ce genre d'exercices pouvait être intéressants, la souplesse en duel pouvait être d'une grande aide en esquive notamment.
Si la lionne s'y était attendu à ça, Ernest semblait tout à coup très mal à l'aise. Un sourire taquin s'installa sur son visage alors que ses yeux verts se plissaient en un regard taquin.
- Bha alors ?! Pourquoi t'as l'air tout gêné comme ça ? Elle le sonda des yeux. Tu me cacherais quelque chose ? Elle laissa un instant pour lui donner l'opportunité de répondre avant de rompre le silence réponse obtenue ou non comme frappée par la foudre. Nooooon mais non ! Me dis pas que vous vous êtes de nouveau rapprochés Eileen et toi ?! Aaaaaah vous êtes trop chou tous les deux ! Fit-elle le visage rayonnant prenant le bégaiement du garçon pour la confirmation de ses pensées.
La brunette prenait sur elle pour ne pas sautiller de joie partout et pour écouter les justifications du vert et argent puisque même si elle était plus que sûre de ce qu'elle avançait, elle voulait plus de détails.
- Moi ? Non ! Qu'est-ce que tu voudrais que je prévois. J'suis pas amoureuse ! Fit-elle avec un rire dans lequel elle essayait de ne pas faire paraître d'amertume alors qu'elle continuait. J'sais même pas ce que c'est aimer alors bon… En amour bien sûr.
La Gryffonne n'était pas à plaindre au niveau de l'amour qu'il y avait autour d'elle, elle avait un groupe d'ami et un frère complètement incroyables. Mais c'est vrai que de voir tous ces élèves s'envoyer des petits mots, se tenir la main et paraître si heureux, ça rendait parfois la lionne envieuse, d'autant plus à la Saint Valentin. Ne pas avoir trouvé la personne de sa vie elle n'en avait que faire mais elle était de plus en plus démangée par l'envie de savoir ce qu'était qu'aimer romantiquement quelqu'un, ce que ça faisait. Les livres et l'observation des autres lui donnait l'impression que c'était un sentiment incroyable et elle vivait de plus en plus mal le fait de ne jamais avoir connu ça alors qu'ils semblaient tant à le connaître ou à l'avoir connu. Elle se demandait même parfois si elle n'était pas cassée et qu'elle ne le connaîtrait jamais, ce qui avait le don de l'inquiéter.
C'est quoi aimer ?
Si Ernest n’avait jamais été trop du genre athlétique, c’était plutôt la performance sportive qui lui faisait défaut. Ce qui ne voulait pas dire qu’il ne se dépensait pas. Vivre dans les sous-sols de Poudlard demandait une certaine condition physique. Même quand on en avait aucune envie. Et malgré ce qu’on pouvait penser, la pratique des sortilèges demandait également beaucoup d’endurance, surtout quand elle était excessive.
Ce problème de souplesse était plutôt nouveau. C’est que ses épaules étaient bien plus éloignées de ses pieds qu’avant. Petit, le sol était plus proche et il était capable de se contorsionner comme un chewing-gum. L’adolescent observa sa camarade un instant et fut frappé par la différence de taille. Enfin plutôt l’absence de différence de taille. Marine avait beau avoir deux ans de plus que lui, ils avaient à présent quasiment la même taille. Ernest ne s’en était pas rendu compte avant. Probablement car la Gryffondor ne lui avait jamais donné l’impression de le regarder de haut.
“Faut aussi dire que j’ai plus dix ans quoi… on perd aussi de la souplesse en vieillissant…”
Dixit l’adolescent de quinze ans. Le gaillard s’étira une nouvelle fois et passa sa main dans ses cheveux pour les pousser en arrière.
“Ma mère encadrait des ateliers de pilates avec un groupe de dames… elle fait aussi beaucoup de yoga… j’pourrais lui écrire pour lui demander quel genre d’exercice on pourrait faire pour améliorer nos compétences en duel…”
Pour Ernest, les points négatifs étaient surtout des variables ajustables, des métriques qu’il était possible de modifier. Une marge d’amélioration en somme. Ses critiques étaient toujours constructive et avait pour unique but de les faire progresser tous les deux ou l’aider à comprendre quelque chose.
“De… de quoi ?... Nan ! Je… ! J’suis pas gêné…”
Le degré de rouge qui colorait ses joues venait de grimper d’un cran sur le nuancier de son visage.
“C’est… tout ça… qui est gênant… la Saint-Valentin, j’veux dire…”
C’était effectivement un peu gênant. Toutes les effusions de sentiments, les attentes, les faux espoirs. C’était probablement la meilleure date d’observatoire du comportement adolescent en période de rut mais est-ce que la science valait vraiment d’être le témoin de l’éveil des pulsions des autres ? C’était déjà assez compliqué de comprendre et d’appréhender les siennes.
Le problème, c’est qu’il n’avait que ça. L’observation. Il avait bien tenté d’en parler au professeur Charleston mais cette conversation avait été plus gênante qu’autre chose et ça l’avait quelque peu embrouillé. En parler dans le dortoir… délicat et peut-être même suicidaire. Ses mères ? Jamais de la vie. Ernest releva les yeux vers son amie. Après tout, c’était une fille. Enfin… une grande quoi. Même si elle n’avait pas de petit copain, ou bien de petite copine, elle devait forcément savoir quelques trucs quand même.
C’est en plein milieu de cette réflexion que Marine lâcha une bombe à laquelle il ne s'attendait pas. Ernest passa presque instantanément d’un rouge pivoine à blanc pivoine. Couleur Bai Mu Dan. S’il s’était assis à côté du Baron Sanglant, on aurait pu penser qu’il faisait partie du même club de déterré. Moins le sang sur les vêtements pour Ernest.
“Uhm… euh… nan… je… Eileen et moi, on… on s’est pas… rapproché…”
La rouge et or avait mis le doigt sur deux points sensibles et de manière simultanée. Ernest cachait bien quelque chose. Depuis des mois. Et ce secret faisait peut-être partie des raisons pour lesquelles Ernest avait peu à peu pris ses distances avec le groupe. Si ça n’en était pas la principale cause, ça avait forcément joué un rôle dans son repli.
C’était particulièrement difficile de l’admettre face à une Marine qui avait l’air particulièrement enthousiaste face à cette idée. Mais il ne pouvait pas lui mentir en la regardant en face. Il avait néanmoins une certaine marge de manœuvre, légèrement plus mobile, vis-à-vis de l’omission.
Retourner la question, ça avait été d’une efficacité redoutable pour que Marine oublie l’hypothèse qu’elle venait de formuler. À présent, la gêne était partagée. Il savait reconnaître un rire honnête d’un rire forcé. Enfin ceux de Marine, en tout cas. La question de l’amour, c’était complexe. Elle avait plusieurs niveaux, une tonne d’embranchement. Et Ernest découvrait qu’elle s’accompagnait d’une tonne de vocabulaire plus ou moins explicite.
“Ah… euh… ouai… ‘fin… être amoureux c’est quand même un bien grand mot, quoi… ‘fin… j’sais pas… j’ai pas l’impression que les ados sont amoureux comme les adultes… ‘fin j’veux dire… à notre âge… euh… c’est pas vraiment pour la vie… ‘fin… j’sais pas…”
C’était une constatation qu’il avait faite ces dernières années. À Poudlard, les couples se faisaient et se défaisaient de manière plus ou moins fréquente. Ses mères ne s’étaient d’ailleurs rencontrées qu’après leurs études supérieures.
“Mais euh… HUM… tu… ça… t’es déjà arrivé d’être… hum… plus… sensible… à d’autres personnes… je… j’veux dire… physiquement sensible…. ?”
Malgré la complicité qu’il entretenait avec Marine, cette phrase avait été un effort pénible. Un peu comme si le chat qu’il avait alors dans la gorge s’accrochait à son larynx comme s’il s’accrochait à des rideaux de toutes ses griffes.
Ce problème de souplesse était plutôt nouveau. C’est que ses épaules étaient bien plus éloignées de ses pieds qu’avant. Petit, le sol était plus proche et il était capable de se contorsionner comme un chewing-gum. L’adolescent observa sa camarade un instant et fut frappé par la différence de taille. Enfin plutôt l’absence de différence de taille. Marine avait beau avoir deux ans de plus que lui, ils avaient à présent quasiment la même taille. Ernest ne s’en était pas rendu compte avant. Probablement car la Gryffondor ne lui avait jamais donné l’impression de le regarder de haut.
“Faut aussi dire que j’ai plus dix ans quoi… on perd aussi de la souplesse en vieillissant…”
Dixit l’adolescent de quinze ans. Le gaillard s’étira une nouvelle fois et passa sa main dans ses cheveux pour les pousser en arrière.
“Ma mère encadrait des ateliers de pilates avec un groupe de dames… elle fait aussi beaucoup de yoga… j’pourrais lui écrire pour lui demander quel genre d’exercice on pourrait faire pour améliorer nos compétences en duel…”
Pour Ernest, les points négatifs étaient surtout des variables ajustables, des métriques qu’il était possible de modifier. Une marge d’amélioration en somme. Ses critiques étaient toujours constructive et avait pour unique but de les faire progresser tous les deux ou l’aider à comprendre quelque chose.
“De… de quoi ?... Nan ! Je… ! J’suis pas gêné…”
Le degré de rouge qui colorait ses joues venait de grimper d’un cran sur le nuancier de son visage.
“C’est… tout ça… qui est gênant… la Saint-Valentin, j’veux dire…”
C’était effectivement un peu gênant. Toutes les effusions de sentiments, les attentes, les faux espoirs. C’était probablement la meilleure date d’observatoire du comportement adolescent en période de rut mais est-ce que la science valait vraiment d’être le témoin de l’éveil des pulsions des autres ? C’était déjà assez compliqué de comprendre et d’appréhender les siennes.
Le problème, c’est qu’il n’avait que ça. L’observation. Il avait bien tenté d’en parler au professeur Charleston mais cette conversation avait été plus gênante qu’autre chose et ça l’avait quelque peu embrouillé. En parler dans le dortoir… délicat et peut-être même suicidaire. Ses mères ? Jamais de la vie. Ernest releva les yeux vers son amie. Après tout, c’était une fille. Enfin… une grande quoi. Même si elle n’avait pas de petit copain, ou bien de petite copine, elle devait forcément savoir quelques trucs quand même.
C’est en plein milieu de cette réflexion que Marine lâcha une bombe à laquelle il ne s'attendait pas. Ernest passa presque instantanément d’un rouge pivoine à blanc pivoine. Couleur Bai Mu Dan. S’il s’était assis à côté du Baron Sanglant, on aurait pu penser qu’il faisait partie du même club de déterré. Moins le sang sur les vêtements pour Ernest.
“Uhm… euh… nan… je… Eileen et moi, on… on s’est pas… rapproché…”
La rouge et or avait mis le doigt sur deux points sensibles et de manière simultanée. Ernest cachait bien quelque chose. Depuis des mois. Et ce secret faisait peut-être partie des raisons pour lesquelles Ernest avait peu à peu pris ses distances avec le groupe. Si ça n’en était pas la principale cause, ça avait forcément joué un rôle dans son repli.
C’était particulièrement difficile de l’admettre face à une Marine qui avait l’air particulièrement enthousiaste face à cette idée. Mais il ne pouvait pas lui mentir en la regardant en face. Il avait néanmoins une certaine marge de manœuvre, légèrement plus mobile, vis-à-vis de l’omission.
Retourner la question, ça avait été d’une efficacité redoutable pour que Marine oublie l’hypothèse qu’elle venait de formuler. À présent, la gêne était partagée. Il savait reconnaître un rire honnête d’un rire forcé. Enfin ceux de Marine, en tout cas. La question de l’amour, c’était complexe. Elle avait plusieurs niveaux, une tonne d’embranchement. Et Ernest découvrait qu’elle s’accompagnait d’une tonne de vocabulaire plus ou moins explicite.
“Ah… euh… ouai… ‘fin… être amoureux c’est quand même un bien grand mot, quoi… ‘fin… j’sais pas… j’ai pas l’impression que les ados sont amoureux comme les adultes… ‘fin j’veux dire… à notre âge… euh… c’est pas vraiment pour la vie… ‘fin… j’sais pas…”
C’était une constatation qu’il avait faite ces dernières années. À Poudlard, les couples se faisaient et se défaisaient de manière plus ou moins fréquente. Ses mères ne s’étaient d’ailleurs rencontrées qu’après leurs études supérieures.
“Mais euh… HUM… tu… ça… t’es déjà arrivé d’être… hum… plus… sensible… à d’autres personnes… je… j’veux dire… physiquement sensible…. ?”
Malgré la complicité qu’il entretenait avec Marine, cette phrase avait été un effort pénible. Un peu comme si le chat qu’il avait alors dans la gorge s’accrochait à son larynx comme s’il s’accrochait à des rideaux de toutes ses griffes.
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4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
C'est quoi aimer ?
- Ooooh mon p'tit papi Ernest ! S'amusa la lionne en lui tapotant le sommet du crâne bien que ce soit un geste moins pratique depuis que le garçon la gagnait à la course de la croissance. J'crois qu'on est un peu trop jeunes pour se plaindre d'un manque de souplesse. Rit-elle.
S'ils avaient déjà des problèmes de souplesse à leur âge alors que leurs articulations et muscles atteignaient le top de leur niveau alors qu'est-ce que ça serait en vieillissant ? Si problème de souplesse il y avait c'était un problème d'entraînement voilà tout !
- Oui bonne idée ! Ce sera plus facile que de trouver un bon livre sur le sujet, je ne sais pas s'il y en a la bibliothèque, c'est pas le genre de cette dame aigrie ! Ne pu s'empêcher de lâcher l'anglaise qui vivait toujours très mal le fait que ses romans préférés soient traités de la sorte par la bibliothécaire.
- Mouai... Si t'as pas le nez qui s'allonge quand tu mens sache que tu rougis. L'informa-t-elle avec un sourire taquin. Tu trouves ? Y'en a qui sont dans l'excès mais sinon les gens font plutôt leurs affaires dans leur coin. Justement je trouve mignon de voir que ce jour a donné suffisamment de courage à certains pour oser et que ça marche.
C'est simplement qu'avec le temps la sorcière sentait une pointe de jalousie naître et se renforcer peu à peu. Les livres et ses observations lui donnait l'impression qu'aimer était une aventure incroyable et lui donnait de plus en plus envie de la vivre par elle-même plutôt que de simplement passer par son imagination. Si Ernest n'était pas du même avis c'était parce qu'il avait déjà goûter à ce sentiment imaginait la lionne. L'inconnu est toujours plus magnétique que le connu. Marine fit la moue.
- Pffff dommage ! Vous étiez trop mimi ensemble. Appuya-t-elle avec un sourire angélique comme si ça pouvait y changer quelque chose...
Décidément le garçon avait une bien triste vision de l'amour.
- Boh... Pourquoi ce serait pas pareil ? On se prend peut-être juste un peu moins la tête à notre âge comme y'a pas la question du mode de vie, de la famille, de l'argent...
C'était limite le plus bel amour, l'amour facile ou seule la personnalité de la personne compte. Marine refusait de croire qu'elle enjolivait les choses, l'amour ne pouvait qu'être beau, du moins si on excluait les fois où il finit mal. Le vert et argent ne pouvait que voir les choses sous son mauvais angle. En plus d'avoir des avis divergeant Marine était en train de perdre sa compréhension globale de son ami.
- Heiiiiiiiin ?!
Que voulait-il dire par physiquement sensible ? Il ne faisait pas référence à... Non... Pas possible ! Mais qu'est-ce que ça pouvait bien dire ? Non son corps ne s'était jamais lancé dans une danse séduction en voyant quelqu'un déjà car la brunette ne dansait pas !
- Si tu pouvais parler anglais je pense que je comprendrais mieux qu'en je ne sais quelle langue avec laquelle tu viens de me parler.
Peut-être était-elle trop exigeante du moins en matière de clarté, encore une fois elle était persuadée que l'expérience permettait au garçon de tout savoir sur le sujet. En bref il ne pouvait qu'avoir les bons mots pour que quelqu'un sans expérience comprenne quels signes chercher.
S'ils avaient déjà des problèmes de souplesse à leur âge alors que leurs articulations et muscles atteignaient le top de leur niveau alors qu'est-ce que ça serait en vieillissant ? Si problème de souplesse il y avait c'était un problème d'entraînement voilà tout !
- Oui bonne idée ! Ce sera plus facile que de trouver un bon livre sur le sujet, je ne sais pas s'il y en a la bibliothèque, c'est pas le genre de cette dame aigrie ! Ne pu s'empêcher de lâcher l'anglaise qui vivait toujours très mal le fait que ses romans préférés soient traités de la sorte par la bibliothécaire.
- Mouai... Si t'as pas le nez qui s'allonge quand tu mens sache que tu rougis. L'informa-t-elle avec un sourire taquin. Tu trouves ? Y'en a qui sont dans l'excès mais sinon les gens font plutôt leurs affaires dans leur coin. Justement je trouve mignon de voir que ce jour a donné suffisamment de courage à certains pour oser et que ça marche.
C'est simplement qu'avec le temps la sorcière sentait une pointe de jalousie naître et se renforcer peu à peu. Les livres et ses observations lui donnait l'impression qu'aimer était une aventure incroyable et lui donnait de plus en plus envie de la vivre par elle-même plutôt que de simplement passer par son imagination. Si Ernest n'était pas du même avis c'était parce qu'il avait déjà goûter à ce sentiment imaginait la lionne. L'inconnu est toujours plus magnétique que le connu. Marine fit la moue.
- Pffff dommage ! Vous étiez trop mimi ensemble. Appuya-t-elle avec un sourire angélique comme si ça pouvait y changer quelque chose...
Décidément le garçon avait une bien triste vision de l'amour.
- Boh... Pourquoi ce serait pas pareil ? On se prend peut-être juste un peu moins la tête à notre âge comme y'a pas la question du mode de vie, de la famille, de l'argent...
C'était limite le plus bel amour, l'amour facile ou seule la personnalité de la personne compte. Marine refusait de croire qu'elle enjolivait les choses, l'amour ne pouvait qu'être beau, du moins si on excluait les fois où il finit mal. Le vert et argent ne pouvait que voir les choses sous son mauvais angle. En plus d'avoir des avis divergeant Marine était en train de perdre sa compréhension globale de son ami.
- Heiiiiiiiin ?!
Que voulait-il dire par physiquement sensible ? Il ne faisait pas référence à... Non... Pas possible ! Mais qu'est-ce que ça pouvait bien dire ? Non son corps ne s'était jamais lancé dans une danse séduction en voyant quelqu'un déjà car la brunette ne dansait pas !
- Si tu pouvais parler anglais je pense que je comprendrais mieux qu'en je ne sais quelle langue avec laquelle tu viens de me parler.
Peut-être était-elle trop exigeante du moins en matière de clarté, encore une fois elle était persuadée que l'expérience permettait au garçon de tout savoir sur le sujet. En bref il ne pouvait qu'avoir les bons mots pour que quelqu'un sans expérience comprenne quels signes chercher.
C'est quoi aimer ?
Ernest feignit de faire la moue quand Marine lui tapota doucement la tête. En réalité, il appréciait particulièrement ce genre de geste de complicité. De la part de Marine, en tout cas, car il n’était pas certain d'apprécier qu’une autre fille agisse de la sorte. Mais Marine, ce n’était pas vraiment une fille. Enfin si, bien sûr que s’en était une. Mais grandissant, il réalisait que toutes les filles n’entraient pas dans la même case. Marine… c’était un peu comme la grande sœur qu’il n’avait jamais eu.
“Nan mais rigole pas… parfois, j’ai l’impression que mes muscles poussent pas aussi vite que mes os…”
C’est ce que lui avait expliqué un tableau à l’entrée de l’infirmerie. Même si Ernest était un habitué du lieu, il s’efforçait d’éviter de s’y rendre trop fréquemment au risque que Mr O’Belt envoi à nouveau un rapport à ses mères. En discutant avec un gros bonhomme à moustache (enfin il était quasiment sûr que c’était un homme), il avait appris qu’il n’était pas rare qu’un pic de croissance déclenche un “déséquilibre temporaire” s’accompagnant de sensations de tiraillements dans les membres, de petites douleurs articulaires ou de raideurs.
“J’ai de la compassion pour les profs… ça doit pas être marrant d’avoir des douleurs articulaires comme ça en permanence…”
C’était peut-être pour cette raison que la bibliothécaire était si désagréable avec les élèves. Enfin pas avec lui, il était bien trop discret. Pour une fois, sa capacité à se fondre dans le décor était bien utile.
“Ah ouai… je… j’ai vu le nouveau règlement…”
Le pamphlet avait circulé dans le dortoir. Et contre toute attente, il n’avait pas été hué mais soigneusement rangé. Un nouveau règlement, d’où qu’il vienne, c’était une nouvelle porte qui s’ouvrait au dortoir. Ou plutôt un nouveau pan de mur. Chaque nouveau décret, une nouvelle opportunité d’interprétation. Évidemment, il s’abstiendrait d’en faire la mention à son ami. Il y a des choses qu’on ne pouvait pas partager, même avec une presque sœur. Ce qui arrivait dans le dortoir, restait dans le dortoir.
Le garçon leva les yeux au ciel quand la Gryffondor lui fit remarquer que son visage était une carte de ses sentiments. Mais est-ce qu’on pouvait vraiment différencier le rougissement d’un mensonge de celui d’une rencontre gênante ?
“Mouai… dans la salle de bains, j’ai entendu des grands faire pleins de commentaires douteux… y en a plusieurs qui racontaient qu’ils allaient rompre avec leur copine avant la Saint-Valentin… y en a même qui proposait de se faire payer pour rompre avec les copines des autres à leur place…”
Ernest n’aimait pas la Saint-Valentin pour diverses raisons, mais il avait découvert qu’il en existait beaucoup d’autres qui faisaient de cette journée une bombe à retardement. Certains ne voulaient pas dépenser le peu d’argent de poche qu’ils possédaient, d’autres avaient peur de la comparaison ou de se faire “emprisonner” dans l’exclusivité. Des questions qu’il ne s’était même jamais posées et qui venaient à présent le tourmenter alors même qu’il n’entretenait aucune relation romantique.
Marine avait peut-être raison. Après tout, elle était plus âgée, elle avait plus d’expérience. Bien sûr, elle était très timide, mais comme le garçon l’était aussi, ça rétablissait l’équilibre. Et puis elle vivait avec tout un dortoir de filles, elle devait forcément avoir des infos utiles. Sans entrer dans des choses personnelles ou intimes. Enfin un peu intime quand même, mais sans nommer personne, bien évidemment. Sa mère avait toujours dit que les filles étaient plus matures que les garçons. Il était prêt à tester cette théorie pour le bien de la science. Enfin de sa science personnelle et de sa survie.
“L’argent, c’est quand même moins compliqué que les gens… ‘fin… c’est des maths, quoi…”
Ernest ne voyait pas en quoi sociabiliser avec les autres était quelque chose de simple. Depuis le temps, il l’aurait su. L’adolescent grimaça face à la réaction de la rouge et jaune. Son regard plongea entre ses jambes pour fixer le bois des gradins et il se frotta la nuque machinalement. C’est qu’il avait vraiment mis les pieds dans le plat. Est-ce qu’une situation pouvait être plus embarrassante que celle-ci ? À vrai dire, oui.
“Hein ?! Euh…”
Est-ce qu’il devait vraiment répéter ce qu’il venait de dire ? Ça avait déjà été suffisamment gênant la première fois.
“HUM… bin…”
Le garçon tenta de s’éclaircir la voix plusieurs fois. Mais il n’avait pas tout à fait terminé sa mue et son larynx lui jouait encore des tours de temps à autre. Ernest prit une respiration profonde et releva la tête, fixant un point au loin, à l’autre bout du terrain d’entraînement. Il tentait de se rappeler les premières fois que ça lui était arrivé… sur le pont près du Kromelech avec Eileen… ce jour d’évaluation où Miss Crane s’était penchée beaucoup trop près de son visage… ou alors la fois où Yesenia Cooper s’était quasiment couché sur lui pour prendre son pouls alors qu’il était victime d’un épuisement magique…
“Bin, euh… tu vois, ce serait un peu comme, euh… ce que tu resentirais si tu pourchassais un vif d’or à grande vitesse alors que t’es même pas sur ton balai…”
Un sentiment probablement grisant. Enfin pour quelqu’un qui aimait le vol et le jeu. Pour Ernest, ça aurait plutôt quelque chose d’un peu terrifiant, qui lui donnerait le souffle court et un léger tourni.
“Hum… ‘fin… tu sais… parfois, il y a des gens qui euh… te donne des papillons dans le ventre…”
Une expression qu’il avait entendu dans la bouche de quelqu’un d’autre mais qui selon lui ne rendait pas compte très fidèlement de la sensation… Il l’aurait plutôt comparé à un début d’indigestion. Surtout les bouffées de chaleur.
“Nan mais rigole pas… parfois, j’ai l’impression que mes muscles poussent pas aussi vite que mes os…”
C’est ce que lui avait expliqué un tableau à l’entrée de l’infirmerie. Même si Ernest était un habitué du lieu, il s’efforçait d’éviter de s’y rendre trop fréquemment au risque que Mr O’Belt envoi à nouveau un rapport à ses mères. En discutant avec un gros bonhomme à moustache (enfin il était quasiment sûr que c’était un homme), il avait appris qu’il n’était pas rare qu’un pic de croissance déclenche un “déséquilibre temporaire” s’accompagnant de sensations de tiraillements dans les membres, de petites douleurs articulaires ou de raideurs.
“J’ai de la compassion pour les profs… ça doit pas être marrant d’avoir des douleurs articulaires comme ça en permanence…”
C’était peut-être pour cette raison que la bibliothécaire était si désagréable avec les élèves. Enfin pas avec lui, il était bien trop discret. Pour une fois, sa capacité à se fondre dans le décor était bien utile.
“Ah ouai… je… j’ai vu le nouveau règlement…”
Le pamphlet avait circulé dans le dortoir. Et contre toute attente, il n’avait pas été hué mais soigneusement rangé. Un nouveau règlement, d’où qu’il vienne, c’était une nouvelle porte qui s’ouvrait au dortoir. Ou plutôt un nouveau pan de mur. Chaque nouveau décret, une nouvelle opportunité d’interprétation. Évidemment, il s’abstiendrait d’en faire la mention à son ami. Il y a des choses qu’on ne pouvait pas partager, même avec une presque sœur. Ce qui arrivait dans le dortoir, restait dans le dortoir.
Le garçon leva les yeux au ciel quand la Gryffondor lui fit remarquer que son visage était une carte de ses sentiments. Mais est-ce qu’on pouvait vraiment différencier le rougissement d’un mensonge de celui d’une rencontre gênante ?
“Mouai… dans la salle de bains, j’ai entendu des grands faire pleins de commentaires douteux… y en a plusieurs qui racontaient qu’ils allaient rompre avec leur copine avant la Saint-Valentin… y en a même qui proposait de se faire payer pour rompre avec les copines des autres à leur place…”
Ernest n’aimait pas la Saint-Valentin pour diverses raisons, mais il avait découvert qu’il en existait beaucoup d’autres qui faisaient de cette journée une bombe à retardement. Certains ne voulaient pas dépenser le peu d’argent de poche qu’ils possédaient, d’autres avaient peur de la comparaison ou de se faire “emprisonner” dans l’exclusivité. Des questions qu’il ne s’était même jamais posées et qui venaient à présent le tourmenter alors même qu’il n’entretenait aucune relation romantique.
Marine avait peut-être raison. Après tout, elle était plus âgée, elle avait plus d’expérience. Bien sûr, elle était très timide, mais comme le garçon l’était aussi, ça rétablissait l’équilibre. Et puis elle vivait avec tout un dortoir de filles, elle devait forcément avoir des infos utiles. Sans entrer dans des choses personnelles ou intimes. Enfin un peu intime quand même, mais sans nommer personne, bien évidemment. Sa mère avait toujours dit que les filles étaient plus matures que les garçons. Il était prêt à tester cette théorie pour le bien de la science. Enfin de sa science personnelle et de sa survie.
“L’argent, c’est quand même moins compliqué que les gens… ‘fin… c’est des maths, quoi…”
Ernest ne voyait pas en quoi sociabiliser avec les autres était quelque chose de simple. Depuis le temps, il l’aurait su. L’adolescent grimaça face à la réaction de la rouge et jaune. Son regard plongea entre ses jambes pour fixer le bois des gradins et il se frotta la nuque machinalement. C’est qu’il avait vraiment mis les pieds dans le plat. Est-ce qu’une situation pouvait être plus embarrassante que celle-ci ? À vrai dire, oui.
“Hein ?! Euh…”
Est-ce qu’il devait vraiment répéter ce qu’il venait de dire ? Ça avait déjà été suffisamment gênant la première fois.
“HUM… bin…”
Le garçon tenta de s’éclaircir la voix plusieurs fois. Mais il n’avait pas tout à fait terminé sa mue et son larynx lui jouait encore des tours de temps à autre. Ernest prit une respiration profonde et releva la tête, fixant un point au loin, à l’autre bout du terrain d’entraînement. Il tentait de se rappeler les premières fois que ça lui était arrivé… sur le pont près du Kromelech avec Eileen… ce jour d’évaluation où Miss Crane s’était penchée beaucoup trop près de son visage… ou alors la fois où Yesenia Cooper s’était quasiment couché sur lui pour prendre son pouls alors qu’il était victime d’un épuisement magique…
“Bin, euh… tu vois, ce serait un peu comme, euh… ce que tu resentirais si tu pourchassais un vif d’or à grande vitesse alors que t’es même pas sur ton balai…”
Un sentiment probablement grisant. Enfin pour quelqu’un qui aimait le vol et le jeu. Pour Ernest, ça aurait plutôt quelque chose d’un peu terrifiant, qui lui donnerait le souffle court et un léger tourni.
“Hum… ‘fin… tu sais… parfois, il y a des gens qui euh… te donne des papillons dans le ventre…”
Une expression qu’il avait entendu dans la bouche de quelqu’un d’autre mais qui selon lui ne rendait pas compte très fidèlement de la sensation… Il l’aurait plutôt comparé à un début d’indigestion. Surtout les bouffées de chaleur.
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4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
C'est quoi aimer ?
- Alalah on a les muscles feignants ou les os trop pressés. Faut leur organiser une petite entrevue qu'ils se mettent d'accord, tu sais pendant qu'ils travaillent ça doit être durs d'échanger entre eux. Plaisanta la sorcière.
Plus sérieusement elle ne voyait pas comment aider Ernest avec son problème de proportion entre ses organes. Mais bon les hommes adultes autour d'elle semblait soit s'être très bien accommodé de la situation soit avait eu les os qui se sont calmés ou les muscles qui se sont enfin engagés à pleine vitesse dans leur croissance.
- J'sais pas mais p't'être que mon frère à une astuce pour ce problème de proportion ? Tu sais depuis qu'Eileen nous a offert les anges on arrive enfin à communiquer normalement. Propos a-t-elle du plus sérieux au cas où.
Au fond la sorcière n'était pas sûre de la raison qui avait poussé Ernest à lui confier cela. Était-ce simplement pour être écoutés ou voulait-il des conseils ?
- Ooh ahah ! J'crois pas qu'ils soient tous assez vieux pour connaître ça. Rit l'anglaise. Enfin M.Featheestone tu te souviens ? Oui lui ok ! Mais Miss Priddy non ! T'imagines si passé la trentaine c'est déjà douloureux de se déplacer alors à 60 ans passé !
Bien sûr au centre de l'arrivée des douleurs il y avait la façon dont on a traité son corps jusque là mais Marine refusait de croire que les douleurs articulaires, les douleurs de "vieux" puisse arriver si tôt même si du haut de ses presque 17 ans elle trouvait que les 30 ans était encore lointains et qu'ils s'enfonçaient déjà dans l'âge. Vivre plus de la moitié de sa vie dans la douleur non, la rouge et or refusait cette idée parce qu'elle comptait bien vivre plus longtemps de 60 ans.
- Puis p't'être que comme on est sorcier y'a des trucs qui marchent bien contre les douleurs qu'il y a pas trop chez les moldus. J'veux dire plus qu'un simple antidouleur tu vois ?
Après tout avec les potions la lionne avait l'impression qu'on pouvait guérir tous les maux, même les plus graves alors les sorciers avaient bien dû se pencher sur le sujet.
- Non mais elle je peux pas ! Au sujet de la bibliothécaire Elle partait au quart de tour. Elle me haaaarg ! Bref... T'as compris ! Non mais tu sais pas ce qu'elle a fait ? S'emballa la timide avec de grands gestes. Non mais j'ai cru halluciner quand j'ai vue ça. Elle a interdit d'emprunter les romans ! Non mais tu images ! Parce qu'on est dans une niah niah niah donc on est là pour étudier niah niah niah et donc les romans c'est pas étudier donc ça a pas se place niah niah niah. Fit-elle avec des signes de guillemet autour de sa tête pour montrer qu'elle citait l'adulte. Non mais tu te rends compte ! On est en prison où quoi ? J'suis désolée mais pour réussir à travailler faut aussi se détendre en fait ! Le soir je vais pas apprendre un manuel par coeur je vais lire et en vacances hein ? Non mais je la DÉ-TES-TE ! L'anglaise se retint tout juste de repartir de plus belle mais ce n'était pas là le coeur de sujet, elle ne voulait pas embêter Ernest plus que ça, de toute façon il ne pouvait rien y faire.
Justement ils revenaient sur le vif du sujet : la saint Valentin. À chaque mot que prononçait Ernest le visage de la lionne se décomposa de plus en plus. D'abord les yeux qui s'ouvrent, le regard qui se vide et la mâchoire qui en tombe.
- Ça devrait pas être normal d'avoir aussi peu de cœur !
L'anglaise avait parfois une vision très Bisounours de la vie. Elle en avait plus ou moins conscience mais elle ne voulait pas voir le mal partout, elle voulait rêver surtout sur l'amour. Ses livres lui en montrait une version qu'elle savait erronée mais elle tenait à croire que l'amour était aussi beau dans la réalité même s'il n'est pas tout à fait pareil.
- Oui ! Mais les gens c'est plus intéressant !
Elle savait où le Serpentard voulait en venir et même si elle aussi avait du mal avec les gens elle les appréciait mais en petite quantité. Si elle devait choisir elle préférait vivre entourée d'êtres dont elle se sent proche plutôt que de liasses de billet.
- Tu t'ennuieras moins avec quelqu'un qu'avec des billets et tu seras plus heureux.
Dans l'idéal il fallait les deux, la brunette le voyait avec la situation financière de sa mère mais elle préférait cette situation à être seule, complètement seule. Ernest s'en rendait-il compte ?
Dubitative l'adolescente ne voyait pas où son ami voulait en venir et voilà même qu'il lui sortait la fameuse phrase de toutes les histoires d'amour celle que tout le monde te répète pour savoir si tu es amoureux. Sauf que l'anglaise ne voyait pas comment on pouvait dire que le sentiment amoureux était agréable s'il donnait l'impression d'être habité par des papillons.
- Bha ça donne pas très envie tout ça... Si j'ai pas de balais pour attraper un vif d'or ça va faire mal la chute... Pourtant on dit que c'est chouette d'être amoureux non ? Finalement peut-être que les livres ne disaient que des mensonges, c'était pour ça qu'Ernest était si mal à l'aise ? Il avait du mal à casser le mythe ?
Ce qui était sûr en tout cas c'est qu'elle n'avait jamais ressenti quelque chose d'aussi désagréable pour quelqu'un.
Plus sérieusement elle ne voyait pas comment aider Ernest avec son problème de proportion entre ses organes. Mais bon les hommes adultes autour d'elle semblait soit s'être très bien accommodé de la situation soit avait eu les os qui se sont calmés ou les muscles qui se sont enfin engagés à pleine vitesse dans leur croissance.
- J'sais pas mais p't'être que mon frère à une astuce pour ce problème de proportion ? Tu sais depuis qu'Eileen nous a offert les anges on arrive enfin à communiquer normalement. Propos a-t-elle du plus sérieux au cas où.
Au fond la sorcière n'était pas sûre de la raison qui avait poussé Ernest à lui confier cela. Était-ce simplement pour être écoutés ou voulait-il des conseils ?
- Ooh ahah ! J'crois pas qu'ils soient tous assez vieux pour connaître ça. Rit l'anglaise. Enfin M.Featheestone tu te souviens ? Oui lui ok ! Mais Miss Priddy non ! T'imagines si passé la trentaine c'est déjà douloureux de se déplacer alors à 60 ans passé !
Bien sûr au centre de l'arrivée des douleurs il y avait la façon dont on a traité son corps jusque là mais Marine refusait de croire que les douleurs articulaires, les douleurs de "vieux" puisse arriver si tôt même si du haut de ses presque 17 ans elle trouvait que les 30 ans était encore lointains et qu'ils s'enfonçaient déjà dans l'âge. Vivre plus de la moitié de sa vie dans la douleur non, la rouge et or refusait cette idée parce qu'elle comptait bien vivre plus longtemps de 60 ans.
- Puis p't'être que comme on est sorcier y'a des trucs qui marchent bien contre les douleurs qu'il y a pas trop chez les moldus. J'veux dire plus qu'un simple antidouleur tu vois ?
Après tout avec les potions la lionne avait l'impression qu'on pouvait guérir tous les maux, même les plus graves alors les sorciers avaient bien dû se pencher sur le sujet.
- Non mais elle je peux pas ! Au sujet de la bibliothécaire Elle partait au quart de tour. Elle me haaaarg ! Bref... T'as compris ! Non mais tu sais pas ce qu'elle a fait ? S'emballa la timide avec de grands gestes. Non mais j'ai cru halluciner quand j'ai vue ça. Elle a interdit d'emprunter les romans ! Non mais tu images ! Parce qu'on est dans une niah niah niah donc on est là pour étudier niah niah niah et donc les romans c'est pas étudier donc ça a pas se place niah niah niah. Fit-elle avec des signes de guillemet autour de sa tête pour montrer qu'elle citait l'adulte. Non mais tu te rends compte ! On est en prison où quoi ? J'suis désolée mais pour réussir à travailler faut aussi se détendre en fait ! Le soir je vais pas apprendre un manuel par coeur je vais lire et en vacances hein ? Non mais je la DÉ-TES-TE ! L'anglaise se retint tout juste de repartir de plus belle mais ce n'était pas là le coeur de sujet, elle ne voulait pas embêter Ernest plus que ça, de toute façon il ne pouvait rien y faire.
Justement ils revenaient sur le vif du sujet : la saint Valentin. À chaque mot que prononçait Ernest le visage de la lionne se décomposa de plus en plus. D'abord les yeux qui s'ouvrent, le regard qui se vide et la mâchoire qui en tombe.
- Ça devrait pas être normal d'avoir aussi peu de cœur !
L'anglaise avait parfois une vision très Bisounours de la vie. Elle en avait plus ou moins conscience mais elle ne voulait pas voir le mal partout, elle voulait rêver surtout sur l'amour. Ses livres lui en montrait une version qu'elle savait erronée mais elle tenait à croire que l'amour était aussi beau dans la réalité même s'il n'est pas tout à fait pareil.
- Oui ! Mais les gens c'est plus intéressant !
Elle savait où le Serpentard voulait en venir et même si elle aussi avait du mal avec les gens elle les appréciait mais en petite quantité. Si elle devait choisir elle préférait vivre entourée d'êtres dont elle se sent proche plutôt que de liasses de billet.
- Tu t'ennuieras moins avec quelqu'un qu'avec des billets et tu seras plus heureux.
Dans l'idéal il fallait les deux, la brunette le voyait avec la situation financière de sa mère mais elle préférait cette situation à être seule, complètement seule. Ernest s'en rendait-il compte ?
Dubitative l'adolescente ne voyait pas où son ami voulait en venir et voilà même qu'il lui sortait la fameuse phrase de toutes les histoires d'amour celle que tout le monde te répète pour savoir si tu es amoureux. Sauf que l'anglaise ne voyait pas comment on pouvait dire que le sentiment amoureux était agréable s'il donnait l'impression d'être habité par des papillons.
- Bha ça donne pas très envie tout ça... Si j'ai pas de balais pour attraper un vif d'or ça va faire mal la chute... Pourtant on dit que c'est chouette d'être amoureux non ? Finalement peut-être que les livres ne disaient que des mensonges, c'était pour ça qu'Ernest était si mal à l'aise ? Il avait du mal à casser le mythe ?
Ce qui était sûr en tout cas c'est qu'elle n'avait jamais ressenti quelque chose d'aussi désagréable pour quelqu'un.
C'est quoi aimer ?
Ernest haussa les épaules en adressant un sourire complice à son amie. De sa part, il ne prenait pas mal la taquinerie. Au départ, il ne s’était pas vraiment rendu compte qu’il grandissait alors même qu’il avait attendu ça depuis toute sa vie. Enfin au moins depuis qu’il était entré au collège. Et puis c’était arrivé d’un coup, sans crier gare. Alors oui, ça avait quelques désagréments. La mue étant probablement ce qui lui avait posé le plus de souci et de gêne. Mais il était plutôt content de ces quelques centimètres gagnés. Il lui donnait l’impression de voir le monde autrement. En tout cas, certains le regardaient autrement. Ceux qui étaient à présent plus petits que lui.
Il posa sa main sur l’épaule de la Gryffondor en signe de compréhension et d’empathie. Il était ravi qu’elle ait finalement réussi à résoudre ses problèmes de communication avec son frère. Elle semblait un peu plus apaisée.
“J’veux bien que tu lui demande, ouai… ‘fin ! Si c’est pas trop indiscret, évidemment… mais euh… sinon… j’crois que je m’en sortirais hein…”
Ernest leva un sourcil et ses lèvre se déformèrent dans une grimace réflexive soutenue.
“Euh… attends… Tu penses qu’il y a qui qui a trente ans dans le lot, là ? Euh… Miss Priddy… elle est plutôt dans la quarantaine à mon avis… j’dis pas qu’elle fait vieille hein… Mais enfin... ça fait quand même un moment qu’elle est là…”
Ernest classait les adultes en trois catégories. Ceux qui pourraient avoir l’âge d’être sa mère, ceux qui étaient trop jeunes pour avoir des enfants, ceux qui pourraient plutôt faire partie de la catégorie grands-parents. Et la catégorie “parent” s’accompagnait déjà de premier signe de vieillesse. Ils étaient plus sur la pente descendante que sur la pente montante. Éventuellement, s’ils avaient une bonne hygiène de vie, ça pouvait stagner à un plateau entre 35 et 45… Enfin c’est comme ça qu’il se l’imaginait.
“C’est pas si gênant, hein… et au pire, j’irais voir Mr O’Belt si vraiment…”
Ernest observa Marine s’outrer vis-à-vis de la nouvelle bibliothécaire sans vraiment comprendre l’intensité de sa réaction. Premièrement, parce que respecter les règles de la bibliothèque ne l’avait jamais empêché de faire ce qu’il voulait (même les nouvelles) et deuxièmement parce qu’il trouvait ça tout à fait normal de lire un manuel avant d’aller se coucher. Quoi qu’il en soit, il n’avait jamais vu Marine dans un tel état, elle qui était plutôt timide et calme.
“Mais euh… Marine… t’es en sixième année… ‘fin… j’veux dire… tu sais bien qu’il y a d’autres moyens… sans aller à l’encontre du règlement… ‘fin pas directement, quoi…”
En le disant à voix haute, Ernest eut un gros doute. Le gamin avait un côté très rationnel dans sa manière d’interpréter les règles. Il y avait un cadre et on faisait avec. Mais les règles étaient dans le cadre et rien n’indiquait qu’on ne pouvait pas agir en dehors de ce dernier. Lorsqu’il avait découvert la salle sur demande quelques années plus tôt, le prisme par lequel il voyait les règles avait légèrement changé. Probablement influencé aussi par la mentalité Serpentard.
Quand le règlement de la bibliothèque limitait le nombre d'emprunts de livres, Ernest se contentait d’aller les chercher dans la salle sur demande. De cette manière, il n’empruntait pas à la bibliothèque mais à une autre pièce et le respect des règles était sauf. Il avait bien essayé cette technique pour avoir accès aux ouvrages de la Réserve, mais sans savoir exactement ce qu’il cherchait, ses tentatives avaient été vaines. Ce qui ne l’empêchait pas d’essayer de trouver un autre moyen de formuler ses besoins. Savait-on jamais, sur un malentendu. Il ne pouvait quand même pas être le seul à se glisser de la sorte entre les lignes.
“J’veux dire… tu… t’as jamais emprunté des trucs via… d’autres moyens ?”
Parce qu’en réalité, ça pouvait marcher avec n’importe quoi. Pas seulement la bibliothèque. Il fallait juste que le truc en question existe. Une nouvelle fois, il haussa les épaules à sa remarque.
“Tu sais… j’crois que c’est plus une histoire d’éducation que de cœur… parce que pour le coup, la bibliothécaire, elle est vachement vieille… elle est encore plus ridé que ma Granny… et c’est une moldue, alors t’imagines pour quelqu’un qui vieillit moins vite ? Si ça s’trouve, ils avaient trouvé personne d'autre et ils l’ont sorti de la retraite…”
Ça semblait assez cohérent comme explication. D’ailleurs ce n’était pas la première fois qu’Ernest l’envisageait. À chaque fois qu’il s’était retrouvé face à un adulte borderline, il s’était dit qu’il n’y avait probablement pas eu d’autre choix. C’était forcément ça. L’alternative aurait été de remettre en question les choix de la direction et son jugement et son cerveau n’était pas prêt à faire ce plongeon-là.
Ils abandonnèrent la bibliothécaire pour aborder un sujet hautement plus sérieux. La conversation tendait vers des choses plutôt abstraites alors que l’adolescent était en quête de repères concrets. Marine parlait d’idée, de concept, alors qu’Ernest avait besoin de faits. D’un mode d’emploi.
Il grimaça à la remarque de la Gryffonne. Toutes ces sensations nouvelles qui venaient l’assaillir, ça le mettait mal à l’aise, certes. Ce n’était pas toujours agréable, surtout quand ça vous prenait par surprise à des moments inopportuns. Mais en même temps… Ce n’était pas non plus désagréable.
“Bah… je… justement… j’en sais rien, quoi… je… je ressens des trucs… mais… ‘fin… je sais pas vraiment ce que c’est… c’est pour ça… je… j’pensais que p’t’être toi… ça t’étais déjà arrivé…”
Le garçon était dans ses petits souliers. Il se frottait la nuque sans vraiment savoir si dans un moment comme celui-là, il valait mieux regarder la personne à laquelle on parlait ou pas. C’était nettement plus simple de baisser les yeux cela dit.
“Mais euhm… c’est vrai qu’c’est gênant… mais… euh… au final… c’est… c’est gênant bien…”
Là, il avait carrément viré au cramoisi et si son corps avait été un catalyseur, il aurait lancé un perfodictum pour s’enterrer lui-même dans le sol.
Il posa sa main sur l’épaule de la Gryffondor en signe de compréhension et d’empathie. Il était ravi qu’elle ait finalement réussi à résoudre ses problèmes de communication avec son frère. Elle semblait un peu plus apaisée.
“J’veux bien que tu lui demande, ouai… ‘fin ! Si c’est pas trop indiscret, évidemment… mais euh… sinon… j’crois que je m’en sortirais hein…”
Ernest leva un sourcil et ses lèvre se déformèrent dans une grimace réflexive soutenue.
“Euh… attends… Tu penses qu’il y a qui qui a trente ans dans le lot, là ? Euh… Miss Priddy… elle est plutôt dans la quarantaine à mon avis… j’dis pas qu’elle fait vieille hein… Mais enfin... ça fait quand même un moment qu’elle est là…”
Ernest classait les adultes en trois catégories. Ceux qui pourraient avoir l’âge d’être sa mère, ceux qui étaient trop jeunes pour avoir des enfants, ceux qui pourraient plutôt faire partie de la catégorie grands-parents. Et la catégorie “parent” s’accompagnait déjà de premier signe de vieillesse. Ils étaient plus sur la pente descendante que sur la pente montante. Éventuellement, s’ils avaient une bonne hygiène de vie, ça pouvait stagner à un plateau entre 35 et 45… Enfin c’est comme ça qu’il se l’imaginait.
“C’est pas si gênant, hein… et au pire, j’irais voir Mr O’Belt si vraiment…”
Ernest observa Marine s’outrer vis-à-vis de la nouvelle bibliothécaire sans vraiment comprendre l’intensité de sa réaction. Premièrement, parce que respecter les règles de la bibliothèque ne l’avait jamais empêché de faire ce qu’il voulait (même les nouvelles) et deuxièmement parce qu’il trouvait ça tout à fait normal de lire un manuel avant d’aller se coucher. Quoi qu’il en soit, il n’avait jamais vu Marine dans un tel état, elle qui était plutôt timide et calme.
“Mais euh… Marine… t’es en sixième année… ‘fin… j’veux dire… tu sais bien qu’il y a d’autres moyens… sans aller à l’encontre du règlement… ‘fin pas directement, quoi…”
En le disant à voix haute, Ernest eut un gros doute. Le gamin avait un côté très rationnel dans sa manière d’interpréter les règles. Il y avait un cadre et on faisait avec. Mais les règles étaient dans le cadre et rien n’indiquait qu’on ne pouvait pas agir en dehors de ce dernier. Lorsqu’il avait découvert la salle sur demande quelques années plus tôt, le prisme par lequel il voyait les règles avait légèrement changé. Probablement influencé aussi par la mentalité Serpentard.
Quand le règlement de la bibliothèque limitait le nombre d'emprunts de livres, Ernest se contentait d’aller les chercher dans la salle sur demande. De cette manière, il n’empruntait pas à la bibliothèque mais à une autre pièce et le respect des règles était sauf. Il avait bien essayé cette technique pour avoir accès aux ouvrages de la Réserve, mais sans savoir exactement ce qu’il cherchait, ses tentatives avaient été vaines. Ce qui ne l’empêchait pas d’essayer de trouver un autre moyen de formuler ses besoins. Savait-on jamais, sur un malentendu. Il ne pouvait quand même pas être le seul à se glisser de la sorte entre les lignes.
“J’veux dire… tu… t’as jamais emprunté des trucs via… d’autres moyens ?”
Parce qu’en réalité, ça pouvait marcher avec n’importe quoi. Pas seulement la bibliothèque. Il fallait juste que le truc en question existe. Une nouvelle fois, il haussa les épaules à sa remarque.
“Tu sais… j’crois que c’est plus une histoire d’éducation que de cœur… parce que pour le coup, la bibliothécaire, elle est vachement vieille… elle est encore plus ridé que ma Granny… et c’est une moldue, alors t’imagines pour quelqu’un qui vieillit moins vite ? Si ça s’trouve, ils avaient trouvé personne d'autre et ils l’ont sorti de la retraite…”
Ça semblait assez cohérent comme explication. D’ailleurs ce n’était pas la première fois qu’Ernest l’envisageait. À chaque fois qu’il s’était retrouvé face à un adulte borderline, il s’était dit qu’il n’y avait probablement pas eu d’autre choix. C’était forcément ça. L’alternative aurait été de remettre en question les choix de la direction et son jugement et son cerveau n’était pas prêt à faire ce plongeon-là.
Ils abandonnèrent la bibliothécaire pour aborder un sujet hautement plus sérieux. La conversation tendait vers des choses plutôt abstraites alors que l’adolescent était en quête de repères concrets. Marine parlait d’idée, de concept, alors qu’Ernest avait besoin de faits. D’un mode d’emploi.
Il grimaça à la remarque de la Gryffonne. Toutes ces sensations nouvelles qui venaient l’assaillir, ça le mettait mal à l’aise, certes. Ce n’était pas toujours agréable, surtout quand ça vous prenait par surprise à des moments inopportuns. Mais en même temps… Ce n’était pas non plus désagréable.
“Bah… je… justement… j’en sais rien, quoi… je… je ressens des trucs… mais… ‘fin… je sais pas vraiment ce que c’est… c’est pour ça… je… j’pensais que p’t’être toi… ça t’étais déjà arrivé…”
Le garçon était dans ses petits souliers. Il se frottait la nuque sans vraiment savoir si dans un moment comme celui-là, il valait mieux regarder la personne à laquelle on parlait ou pas. C’était nettement plus simple de baisser les yeux cela dit.
“Mais euhm… c’est vrai qu’c’est gênant… mais… euh… au final… c’est… c’est gênant bien…”
Là, il avait carrément viré au cramoisi et si son corps avait été un catalyseur, il aurait lancé un perfodictum pour s’enterrer lui-même dans le sol.
1002
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
C'est quoi aimer ?
Marine ne parlait pas beaucoup de famille mais ses amis les plus proches étaient au courant de plus ou moins de détails concernant sa tragédie familiale et son éloignement forcé avec son frère. Au final elle ne savait plus qui était au courant de quoi précisément et visiblement Ernest était au courant des détails concernant son frère. En réponse à la main bienveillante posée sur son épaule elle sourit puis reprit convaincue que son frère ne serait pas gêné pour un sous de répondre à une telle question.
- Oh tu sais mon frère c'est tout le contraire de moi il est à l'aise avec tout le monde et sur tout les sujets. Je le soupçonne d'avoir volé toute la sociabilité disponible et qu'il ne restait plus rien pour moi. Finit-elle en riant.
- Noooon la quarantaine ?! T'abuses ! 'Fin ils sont jeunes quand même nos profs je trouve ! Enfin M'sieur Charleston non mais le reste ça va. Honnêtement ils ont l'air plutôt tous regroupés dans la même tranche d'âge. Moi je dirais entre 30 et début quarante. Pour des profs c'est jeune !
Marine avait eu l'habitude petite d'écoles où les profs s'étalaient sur une large tranche d'âge. C'était sans doute dû au fait que chez les moldus les profs aient plutôt l'habitude de faire de ce métier leur carrière entière alors que chez les sorcier ça ne semblait qu'être un bout de parcours. Enfin ça c'était sûrement dû au fait qu'il n'y ait qu'une seule école pour toutes les britannique là où chez les moldus il y en avait des école donc il en fallait des profs pour faire fonctionner tout ça.
- C'est peut-être pas super gênant mais ça reste des douleurs et gênant. Imagine tu gères mal le truc et tu gardes ça à vie. Non dis pas que je suis dramatique on sait jamais d'abord il ne faut oublier aucune possibilité ! Au fond la brunette savait que c'était peu probable voire même impossible mais le vert et argent était son ami donc elle faisait de son devoir de prendre soin de lui, s'il a mal alors elle devait trouver une solution. Voilà si mon frère a pas d'astuce miracle on ira voir M.O'Belt il nous donnera des exercices d'assouplissement c'est sûr.
Elle n'était pas médecin mais au vu de ce que lui disait le garçon le vrai problème venait d'une disproportion os muscle donc pour régler tout ça rien de mieux que des étirements qui rendrait le muscle plus souple et peut-être même plus grand de sorte à ce que les douleurs s'évanouissent.
Comment ça sa sixième année pourrait l'aider à contourner cette interdiction d'emprunter des romans ? Perdue les sourcils de l'adolescente s'étaient froncés dans une moue générale de concentration et réflexion.
- Alors là j'te suis pas. Si on peut pas emprunter de roman c'est foutu. Y'en quelques uns en salle co' mais peu que je n'ai pas déjà lu et qui m'intéressent. 'fin j'sais pas mais même en vacances je peux pas me faire des soirées roman ! Qu'est-ce qu'elle en avait à faire cette aigrie de ce qu'elle faisait sur son temps libre tant que les livres revenaient en bon état. Ce n'était pas leur mère non plus !
- D'autres moyens ? Y'a un marché noir du livres à Poudlard ? L'anglaise était très renseignée concernant les livres mais là elle séchait complètement. Elle n'avait pas la moindre idée d'où trouver des livres ailleurs qu'à la bibliothèque.
Enfin il y avait la salle sur demande mais il ne pouvait pas parler de ça alors qu'elle produisait des livres aux informations complètement farfelues et fausses.
En attendant qu'Ernest ne lui révèle le secret de la délivrance concernant son emprunt de roman la sorcière se plongea dans une autres remarque du garçon :
- Mouai... Avant on apprenait que les romans sont à brûler ?
Si elle voulait bien entendre que l'éducation était plus stricte avant elle n'était pas prête d'admettre qu'on dénigre au point de trouver ça normal d'interdire toute une catégorie de livre. Et puis ce qui l'énervait encore plus c'est de voir que l'adulte se croit surpuissante dans sa bibliothèque certes et est l'adulte référente d'autorité mais la direction avait son mot à dire non ? D'ailleurs la timide commençait à en vouloir au moins tout autant à la direction de rester passif face à ces règles absurdes.
Gênant bien... La rouge et or avait encore du mal à se représenter les choses mais pour l'instant elle ''avait identifié aucun moment où elle aurait pu ressentir une chose pareil pour quelqu'un.
- Tu sais si j'te pose ces questions c'est que je suis jamais tombée amoureuse ou alors je m'en rend pas compte mais fin bon. En tout ça j'crois pas avoir ressenti un truc pareil pour quelqu'un.
Si elle aurait bien creusé un peu plus la sorcière était forcée admettre qu'elle avait poussé son ami un peu loin dans ses retranchements. À chaque nouvelle question il devenait plus rouge encore elle craignait d'atteindre ses limites, elle ne voulait pas le voir s'effondrer en une flaque de honte, tant pis elle verrait quand l'amour lui tomberait dessus en espérant qu'elle le voit arriver.
- Oh tu sais mon frère c'est tout le contraire de moi il est à l'aise avec tout le monde et sur tout les sujets. Je le soupçonne d'avoir volé toute la sociabilité disponible et qu'il ne restait plus rien pour moi. Finit-elle en riant.
- Noooon la quarantaine ?! T'abuses ! 'Fin ils sont jeunes quand même nos profs je trouve ! Enfin M'sieur Charleston non mais le reste ça va. Honnêtement ils ont l'air plutôt tous regroupés dans la même tranche d'âge. Moi je dirais entre 30 et début quarante. Pour des profs c'est jeune !
Marine avait eu l'habitude petite d'écoles où les profs s'étalaient sur une large tranche d'âge. C'était sans doute dû au fait que chez les moldus les profs aient plutôt l'habitude de faire de ce métier leur carrière entière alors que chez les sorcier ça ne semblait qu'être un bout de parcours. Enfin ça c'était sûrement dû au fait qu'il n'y ait qu'une seule école pour toutes les britannique là où chez les moldus il y en avait des école donc il en fallait des profs pour faire fonctionner tout ça.
- C'est peut-être pas super gênant mais ça reste des douleurs et gênant. Imagine tu gères mal le truc et tu gardes ça à vie. Non dis pas que je suis dramatique on sait jamais d'abord il ne faut oublier aucune possibilité ! Au fond la brunette savait que c'était peu probable voire même impossible mais le vert et argent était son ami donc elle faisait de son devoir de prendre soin de lui, s'il a mal alors elle devait trouver une solution. Voilà si mon frère a pas d'astuce miracle on ira voir M.O'Belt il nous donnera des exercices d'assouplissement c'est sûr.
Elle n'était pas médecin mais au vu de ce que lui disait le garçon le vrai problème venait d'une disproportion os muscle donc pour régler tout ça rien de mieux que des étirements qui rendrait le muscle plus souple et peut-être même plus grand de sorte à ce que les douleurs s'évanouissent.
Comment ça sa sixième année pourrait l'aider à contourner cette interdiction d'emprunter des romans ? Perdue les sourcils de l'adolescente s'étaient froncés dans une moue générale de concentration et réflexion.
- Alors là j'te suis pas. Si on peut pas emprunter de roman c'est foutu. Y'en quelques uns en salle co' mais peu que je n'ai pas déjà lu et qui m'intéressent. 'fin j'sais pas mais même en vacances je peux pas me faire des soirées roman ! Qu'est-ce qu'elle en avait à faire cette aigrie de ce qu'elle faisait sur son temps libre tant que les livres revenaient en bon état. Ce n'était pas leur mère non plus !
- D'autres moyens ? Y'a un marché noir du livres à Poudlard ? L'anglaise était très renseignée concernant les livres mais là elle séchait complètement. Elle n'avait pas la moindre idée d'où trouver des livres ailleurs qu'à la bibliothèque.
Enfin il y avait la salle sur demande mais il ne pouvait pas parler de ça alors qu'elle produisait des livres aux informations complètement farfelues et fausses.
En attendant qu'Ernest ne lui révèle le secret de la délivrance concernant son emprunt de roman la sorcière se plongea dans une autres remarque du garçon :
- Mouai... Avant on apprenait que les romans sont à brûler ?
Si elle voulait bien entendre que l'éducation était plus stricte avant elle n'était pas prête d'admettre qu'on dénigre au point de trouver ça normal d'interdire toute une catégorie de livre. Et puis ce qui l'énervait encore plus c'est de voir que l'adulte se croit surpuissante dans sa bibliothèque certes et est l'adulte référente d'autorité mais la direction avait son mot à dire non ? D'ailleurs la timide commençait à en vouloir au moins tout autant à la direction de rester passif face à ces règles absurdes.
Gênant bien... La rouge et or avait encore du mal à se représenter les choses mais pour l'instant elle ''avait identifié aucun moment où elle aurait pu ressentir une chose pareil pour quelqu'un.
- Tu sais si j'te pose ces questions c'est que je suis jamais tombée amoureuse ou alors je m'en rend pas compte mais fin bon. En tout ça j'crois pas avoir ressenti un truc pareil pour quelqu'un.
Si elle aurait bien creusé un peu plus la sorcière était forcée admettre qu'elle avait poussé son ami un peu loin dans ses retranchements. À chaque nouvelle question il devenait plus rouge encore elle craignait d'atteindre ses limites, elle ne voulait pas le voir s'effondrer en une flaque de honte, tant pis elle verrait quand l'amour lui tomberait dessus en espérant qu'elle le voit arriver.
C'est quoi aimer ?
Marine restait relativement discrète concernant sa famille. Ça avait longtemps été une source de tension pour l’adolescente. Elle s’était néanmoins épanchée sur l’épaule d’Ernest après l’un de leur entraînement dominical. Comment oublier ce 21 février et la morosité qui avait plané quelques instants au-dessus de la table du déjeuner. Ernest avait écouté sans juger. Il avait compatit à la douleur de Marine. Au manque et à la peur d’être séparé à tout jamais de son frère. Heureusement, les choses s’étaient peu à peu éclaircies et si la situation n’était pas exemplaire, il y avait quand même du mieux.
Un large sourire éclaira le visage de l’adolescent. Il appréciait de voir son amie aussi enjouée. Il leur avait fallu du temps à tous les deux pour oser s’autoriser ce genre de lâcher prise. Ils avaient dû s’apprivoiser d’abord et pour ces deux augurey circonspects, ça n’avait pas été une mince affaire. En plus d’être particulièrement bienveillante, Marine avait aussi un fin humour. De ce côté-là, Ernest avait encore quelques progrès à faire. Peut-être que le frère de la gryffondor serait une bonne source d’informations. Il n’avait pas beaucoup d’autres pistes cela dit.
“Mouai.. j’sais pas… t’as peut-être raison… enfin j’croyais quand même que les gens qui étaient engagés comme professeur à Poudlard c’était l’élite, quoi… des gens de grande sagesse et de grandes expériences… des sorciers qui ont roulé leur bosse…”
Depuis tout petit, Ernest avait idéalisé Poudlard. C’était la meilleure école de magie du monde dans laquelle les plus grands sorciers de l’Histoire allaient lui servir de mentor. Des sorciers tellement incroyables qu’ils auraient un jour une carte chocogrenouille à leur effigie. Mais année après année, les désillusions avaient peu à peu redessiné les contours de cette nouvelle réalité.
Ernest haussa les épaules et secoua doucement la tête en souriant à son aînée. Marine s’inquiétait parfois pour lui autant qu’il s’inquiétait pour elle. Et ça avait un côté rassurant de savoir que quelqu’un avait ses arrières dans le château. Ce dont Ernest avait réellement besoin, c’était juste de parler de son quotidien sans peur du jugement. Il changeait, son corps changeait. Et il avait besoin que quelqu’un le remarque. Ou juste de le dire à voix haute : la puberté, c’était flippant.
“Si tu veux, je peux regarder dans la Salle commune de Serpentard… mais il est possible que l’origine de ces romans soit un peu douteuse…”
Il y avait beaucoup de très vieux livres à Serpentard. Certains étaient particulièrement discutables d’un point de vue de l’éthique, mais ils étaient anciens et on appelait ce genre d’ouvrage du “patrimoine historique”.
“J’ai gardé un flyer aussi, qui était avec la Gazette des sorciers… c’est un nouveau service ça s’appelle AccioBooks Prime… apparemment c’est un service de livre à la demande… tu t’inscris et tu choisis dans une liste tous les bouquins que t’aimerais bien lire… selon ton abonnement tu peux en recevoir de 1 à 3 à la fois…”
Pour Ernest, dont les économies étaient maigres, c’était une innovation majeure. Emprunter des bouquins, ça avait l’air de coûter bien moins cher que de les acheter tous. Mais pour l’instant, il n’avait pas encore réussi à convaincre sa mère de l’abonner, même si c’est lui qui payait le forfait. D’après elle, ce genre de start-up sorcière n’était pas fiable et il s’agissait d’une arnaque pour sorciers crédules.
Il ne développa pas plus autour de la salle sur demande car un léger sentiment de culpabilité s’était mis à envahir son esprit. C’était une stratégie un peu filoute quand même, mine de rien.
“Jamais entendu parler de marché noir… cela dit, ça pourrait être une vachement bonne idée… ‘fin, sans que ce soit illégal ou quoi… mais un peu comme un troc de livres, tu vois ? T’as parfois des bouquins qui traînent dans ta malle et que tu liras plus jamais… autant les échanger avec d’autres…”
Bien qu’en pratique, il était peu probable qu’Ernest arrive à se séparer de l’un de ses ouvrages. Ils étaient bien trop précieux à ses yeux. C'étaient ses compagnons du quotidien. Il en trimballait d’ailleurs plusieurs kilo par jour dans ses divers sacs sans fond. Il offirt un nouveau haussement d’épaules à Marine, accompagné d’une mine contrite.
“Tu sais, les autodafés c’est pas tellement vieux… ‘fin… les bouquins ont toujours été sacrifiés au pouvoir… c’est assez triste quand on y pense…”
De ce côté-là, les sorciers n’avaient pas été plus brillants que les moldus. Et il semblait bien que l’Histoire se répète à intervalles réguliers. À croire qu’on apprenait jamais vraiment de ses erreurs.
“J’ai aussi quelques biographies de chercheurs botaniques… c’est pas de vrais romans mais ça a un p’tit côté exploration assez dépaysant… si jamais…”
Ernest était actuellement plongé dans un ouvrage qui retraçait le parcours de Robert Fortune, un botaniste et voyageur britannique, véritable espion du thé, qui avait volé aux chinois tous les secrets de la fabrication du fameux breuvage si cher aux anglais.
L’adolescent n’était pas sûr de savoir comment, mais la conversation avait complètement dévié. Mais pas dévié dans le sens, on change l’aiguillage de la voie. Dévié dans le sens “déraillé”. Le gamin avait complètement perdu le contrôle de ses questions. Il ne savait pas vraiment comment les poser ni qu’elles étaient les réponses qu’il attendait de la part de Marine.
“Ah… euh… hum… je vois… ‘fin… après… tu sais, je suis pas sûr, hein… ‘fin je… j’essaie de comprendre au fur et à mesure… quand tu vois les adultes, bah… ça a pas l’air si compliqué que ça…”
Ça lui faisait pourtant des nœuds dans le cerveau. Dans le bas du ventre aussi parfois. Il aurait bien aimé que son amie, de deux ans son aînée, puisse le rassurer. Mais à priori, Ernest avait semé le doute dans son esprit à elle aussi. Elle eut quand même le courage de répondre avec honnêteté et pour ça, le petit brun lui en était reconnaissant.
Un large sourire éclaira le visage de l’adolescent. Il appréciait de voir son amie aussi enjouée. Il leur avait fallu du temps à tous les deux pour oser s’autoriser ce genre de lâcher prise. Ils avaient dû s’apprivoiser d’abord et pour ces deux augurey circonspects, ça n’avait pas été une mince affaire. En plus d’être particulièrement bienveillante, Marine avait aussi un fin humour. De ce côté-là, Ernest avait encore quelques progrès à faire. Peut-être que le frère de la gryffondor serait une bonne source d’informations. Il n’avait pas beaucoup d’autres pistes cela dit.
“Mouai.. j’sais pas… t’as peut-être raison… enfin j’croyais quand même que les gens qui étaient engagés comme professeur à Poudlard c’était l’élite, quoi… des gens de grande sagesse et de grandes expériences… des sorciers qui ont roulé leur bosse…”
Depuis tout petit, Ernest avait idéalisé Poudlard. C’était la meilleure école de magie du monde dans laquelle les plus grands sorciers de l’Histoire allaient lui servir de mentor. Des sorciers tellement incroyables qu’ils auraient un jour une carte chocogrenouille à leur effigie. Mais année après année, les désillusions avaient peu à peu redessiné les contours de cette nouvelle réalité.
Ernest haussa les épaules et secoua doucement la tête en souriant à son aînée. Marine s’inquiétait parfois pour lui autant qu’il s’inquiétait pour elle. Et ça avait un côté rassurant de savoir que quelqu’un avait ses arrières dans le château. Ce dont Ernest avait réellement besoin, c’était juste de parler de son quotidien sans peur du jugement. Il changeait, son corps changeait. Et il avait besoin que quelqu’un le remarque. Ou juste de le dire à voix haute : la puberté, c’était flippant.
“Si tu veux, je peux regarder dans la Salle commune de Serpentard… mais il est possible que l’origine de ces romans soit un peu douteuse…”
Il y avait beaucoup de très vieux livres à Serpentard. Certains étaient particulièrement discutables d’un point de vue de l’éthique, mais ils étaient anciens et on appelait ce genre d’ouvrage du “patrimoine historique”.
“J’ai gardé un flyer aussi, qui était avec la Gazette des sorciers… c’est un nouveau service ça s’appelle AccioBooks Prime… apparemment c’est un service de livre à la demande… tu t’inscris et tu choisis dans une liste tous les bouquins que t’aimerais bien lire… selon ton abonnement tu peux en recevoir de 1 à 3 à la fois…”
Pour Ernest, dont les économies étaient maigres, c’était une innovation majeure. Emprunter des bouquins, ça avait l’air de coûter bien moins cher que de les acheter tous. Mais pour l’instant, il n’avait pas encore réussi à convaincre sa mère de l’abonner, même si c’est lui qui payait le forfait. D’après elle, ce genre de start-up sorcière n’était pas fiable et il s’agissait d’une arnaque pour sorciers crédules.
Il ne développa pas plus autour de la salle sur demande car un léger sentiment de culpabilité s’était mis à envahir son esprit. C’était une stratégie un peu filoute quand même, mine de rien.
“Jamais entendu parler de marché noir… cela dit, ça pourrait être une vachement bonne idée… ‘fin, sans que ce soit illégal ou quoi… mais un peu comme un troc de livres, tu vois ? T’as parfois des bouquins qui traînent dans ta malle et que tu liras plus jamais… autant les échanger avec d’autres…”
Bien qu’en pratique, il était peu probable qu’Ernest arrive à se séparer de l’un de ses ouvrages. Ils étaient bien trop précieux à ses yeux. C'étaient ses compagnons du quotidien. Il en trimballait d’ailleurs plusieurs kilo par jour dans ses divers sacs sans fond. Il offirt un nouveau haussement d’épaules à Marine, accompagné d’une mine contrite.
“Tu sais, les autodafés c’est pas tellement vieux… ‘fin… les bouquins ont toujours été sacrifiés au pouvoir… c’est assez triste quand on y pense…”
De ce côté-là, les sorciers n’avaient pas été plus brillants que les moldus. Et il semblait bien que l’Histoire se répète à intervalles réguliers. À croire qu’on apprenait jamais vraiment de ses erreurs.
“J’ai aussi quelques biographies de chercheurs botaniques… c’est pas de vrais romans mais ça a un p’tit côté exploration assez dépaysant… si jamais…”
Ernest était actuellement plongé dans un ouvrage qui retraçait le parcours de Robert Fortune, un botaniste et voyageur britannique, véritable espion du thé, qui avait volé aux chinois tous les secrets de la fabrication du fameux breuvage si cher aux anglais.
L’adolescent n’était pas sûr de savoir comment, mais la conversation avait complètement dévié. Mais pas dévié dans le sens, on change l’aiguillage de la voie. Dévié dans le sens “déraillé”. Le gamin avait complètement perdu le contrôle de ses questions. Il ne savait pas vraiment comment les poser ni qu’elles étaient les réponses qu’il attendait de la part de Marine.
“Ah… euh… hum… je vois… ‘fin… après… tu sais, je suis pas sûr, hein… ‘fin je… j’essaie de comprendre au fur et à mesure… quand tu vois les adultes, bah… ça a pas l’air si compliqué que ça…”
Ça lui faisait pourtant des nœuds dans le cerveau. Dans le bas du ventre aussi parfois. Il aurait bien aimé que son amie, de deux ans son aînée, puisse le rassurer. Mais à priori, Ernest avait semé le doute dans son esprit à elle aussi. Elle eut quand même le courage de répondre avec honnêteté et pour ça, le petit brun lui en était reconnaissant.
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4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
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