memento vivere

| xoxoxoxoxoxoxoxoxoxo | « Parfois, je me demande à quoi aurait ressemblé ma vie si j'avais eu la chance de vraiment vivre, au lieu de passer mon temps à guérir de blessures que je n'avais pas méritées, à porter des fardeaux qui n'étaient pas les miens, et à chercher des réponse à des questions que je n'avais jamais posées. » x—V.H. |
xoxoxoxoxoxoxoxoxoxo |
aout 2050, york, angleterre
Je ne vis que de regrets. C'est la phrase qui me trotte dans la tête depuis que je me suis installée ici, au bord du lac. Pourquoi cette phrase ? Comment ça m'est venu ? Ça, je l'ignore pour l'instant. Mais c'est ce à quoi je pense en cet après-midi gris, en tête à tête avec des poissons qui semblent bien plus réjouis d'être là que je le suis. Ils le sont, probablement, car même si j'ai quitté la demeure familiale, cette petite voix dans ma tête refuse de me laisser me reposer. Elle veut des explications. Elle veut que je pense. Et je m'y mets.
S'il y a une chose que j'ai toujours dite —enfin, pensée—, c'est que je n'ai jamais été voulue. C'est la triste vérité, mais je refuse de vivre dans la délusion, je refuse de vivre en me faisant des idées et en me forçant à croire que ma famille m'a déjà aimé. Je suis la fillette qui est arrivée dans leur vie sans que personne n'en fasse la demande. Leur famille était si parfaite ! C'est eux-même qui me l'ont répété tout au long de mon enfance, jusqu'à ce que je décide que ç'en était assez et que j'en avais trop entendu. À ces moments là, je fuyais dans ma chambre et y restais pendant des heures, me distrayant avec mes crayons et ma peinture. Je savais qu'ils étaient sincères. Je savais qu'ils n'avaient jamais voulu de moi. C'est juste que... J'étais jeune. Trop pour entendre tout ça.
Bref, je suis celle qui a chamboulée leurs mondes. À père, à mère, à Nolon et même à Sunhee —oui, même elle. Il est vrai qu'elle a été ma seule confidente pendant plusieurs année, mais Sun' sait lire les gens. Elle voit leurs émotions comme si c'était écrit sur leurs fronts. Ça me pousse à me demander : m'a-t-elle déjà vraiment aimé ? Peut-être qu'elle a vu que j'étais seule, ou elle a vu la façon dont nos parents me traitaient et elle a compatis, sans jamais vraiment avoir ressenti une once d'amour pour moi. Je sens un pincement dans mon cœur. Mes parents m'ont-ils brisés au point que je me mets à en douter ?
Je déteste les traditions et les valeurs de cette famille. Maintenant que je repense à mon enfance, je me dis que ma mère aurait peut-être du avorter, mais elle n'aurait pas pu car pour une raison que j'ignore, avorter, c'est mal. Mère et père n'ont jamais été violents avec moi, contre toute attente. Enfin, pas physiquement. Mais ils ont donné quelques coups à mon cœur et à ma tête, avec des mots ou inversement. Avec l'absence de mots. Quand j'étais là et que j'osais parler, j'avais le droit à des soupirs, des regards noirs, des parents quittaient la table. Je ne pouvais pas montrer d'émotion négative sans recevoir de commentaires méprisants. De mes propres parents et de mon frère, occasionnellement. Je sais que certains enfants vivent dans la violence physique chronique et que c'est bien pire, mais j'ai eu mal moi aussi. Je ne l'admettrais pas à voix haute mais c'est dur de se sentir malaimé. Ou de se faire dire que l'on ne l'est pas.
Je me suis toujours sentie de trop. On m'obligeait à venir aux évènements familiaux ou amicaux simplement pour paraitre polis, ou gentils. Pour se faire passer pour des bons parents. Ce qu'ils n'ont jamais été. Je sais que je n'ai jamais été un enfant facile non plus, j'en suis tout à fait consciente ! Mais justement, j'étais une enfant. Je méritais d'être traitée de telle, malgré la colère, malgré les larmes, malgré l'opposition. Ils ont réussi à élever deux enfants dans l'amour, même si le troisième était plus dur à aimer et à chérir, ils auraient pu y mettre plus d'efforts. Ils auraient du. Ça n'aurait peut-être pas affecté ma santé mentale d'aujourd'hui car même si je ne l'admettrai jamais, j'aurais eu besoin de plus d'amour. Non. J'aurais besoin de plus d'amour.
Des fois, je me demande si mes parents allaient réellement bien. Peut-être que leur santé mentale n'allait pas bien non plus, mais qu'ils n'avaient pas réussi à le formuler ou à se soigner. J'étais peut-être la personne sur qui ils laissaient passer leurs colères et leurs peines, sans le réaliser. Ou peut-être qu'ils le réalisaient, mais qu'ils ont vu que j'étais capable de prendre sur moi. Ça m'a blessé et laissé des cicatrices, mais je pouvais et peut encore en prendre beaucoup. Et même si ça ne justifie et ne guérit rien, ça me permettrait de comprendre si j'apprenais l'état de leur santé mentale. Mais est-ce que ça fait de moi la personne qui devait porter leurs fardeaux ?
Encore aujourd'hui, je pense à la personne que j'aurais pu être si mes parents en étaient d'autres. Si ma mère m'avait chéri quand j'étais dans son ventre et si elle avait passé son temps à jouer avec moi à l'enfance. Si elle avait pris un congé de maternité pour voir mes premiers pas et entendre mes premiers pas. Si elle m'avait plus embrassé et câlinée, si elle m'avait aimé. Au moins, ce qui est beau, c'est que je peux imaginer mère faire ce genre de choses, même si elle ne l'a jamais fait. Seulement, c'est impossible avec père. Père n'a jamais eu d'yeux que pour Nolon et je me demande encore à ce jour si c'est vraiment de l'amour ou si c'est parce qu'il est l'héritier de la famille.
Je pense que c'est pourquoi je ne vis que de regrets. Je regrette d'être née dans une famille comme celle-ci. Je regrette d'avoir été un enfant trouble. Si j'étais différente, j'aurais peut-être été aimée, pas seulement tolérée. Par mes propres parents. Puis, s'il y a une autre chose que je regrette, c'est de m'être laissée faire. Aujourd'hui, je réplique quand ils me heurtent, mais j'ai eu l'habitude de tout encaisser sans jamais rien dire. J'aurais peut-être du riposter ou demander de l'aide. Mais à qui ? On m'a coupé du monde ! On m'a coupé des moldus et des sorciers qui n'étaient pas comme mes parents.
Maintenant couchée sur l'herbe, j'observe le ciel gris alors que quelques gouttes d'eau quittent mes yeux. Au même moment, une fine pluie commence à tomber et je prends une grande inspiration. J'ai beau « ne vivre que de regrets », je suis encore jeune et pourrait envisager changer cela. Je pourrais oublier ces regrets et regarder par en avant. Arrêter d'hésiter à prendre ma place et vraiment y aller. Je pourrais me rappeler de vivre, d'aimer, d'ignorer et d'éviter de nouvelles blessures. Enfin, celles qui me viennent de ma famille et des « proches » qui ont été proche de moi que pour ensuite me briser. memento vivere.
S'il y a une chose que j'ai toujours dite —enfin, pensée—, c'est que je n'ai jamais été voulue. C'est la triste vérité, mais je refuse de vivre dans la délusion, je refuse de vivre en me faisant des idées et en me forçant à croire que ma famille m'a déjà aimé. Je suis la fillette qui est arrivée dans leur vie sans que personne n'en fasse la demande. Leur famille était si parfaite ! C'est eux-même qui me l'ont répété tout au long de mon enfance, jusqu'à ce que je décide que ç'en était assez et que j'en avais trop entendu. À ces moments là, je fuyais dans ma chambre et y restais pendant des heures, me distrayant avec mes crayons et ma peinture. Je savais qu'ils étaient sincères. Je savais qu'ils n'avaient jamais voulu de moi. C'est juste que... J'étais jeune. Trop pour entendre tout ça.
Bref, je suis celle qui a chamboulée leurs mondes. À père, à mère, à Nolon et même à Sunhee —oui, même elle. Il est vrai qu'elle a été ma seule confidente pendant plusieurs année, mais Sun' sait lire les gens. Elle voit leurs émotions comme si c'était écrit sur leurs fronts. Ça me pousse à me demander : m'a-t-elle déjà vraiment aimé ? Peut-être qu'elle a vu que j'étais seule, ou elle a vu la façon dont nos parents me traitaient et elle a compatis, sans jamais vraiment avoir ressenti une once d'amour pour moi. Je sens un pincement dans mon cœur. Mes parents m'ont-ils brisés au point que je me mets à en douter ?
Je déteste les traditions et les valeurs de cette famille. Maintenant que je repense à mon enfance, je me dis que ma mère aurait peut-être du avorter, mais elle n'aurait pas pu car pour une raison que j'ignore, avorter, c'est mal. Mère et père n'ont jamais été violents avec moi, contre toute attente. Enfin, pas physiquement. Mais ils ont donné quelques coups à mon cœur et à ma tête, avec des mots ou inversement. Avec l'absence de mots. Quand j'étais là et que j'osais parler, j'avais le droit à des soupirs, des regards noirs, des parents quittaient la table. Je ne pouvais pas montrer d'émotion négative sans recevoir de commentaires méprisants. De mes propres parents et de mon frère, occasionnellement. Je sais que certains enfants vivent dans la violence physique chronique et que c'est bien pire, mais j'ai eu mal moi aussi. Je ne l'admettrais pas à voix haute mais c'est dur de se sentir malaimé. Ou de se faire dire que l'on ne l'est pas.
Je me suis toujours sentie de trop. On m'obligeait à venir aux évènements familiaux ou amicaux simplement pour paraitre polis, ou gentils. Pour se faire passer pour des bons parents. Ce qu'ils n'ont jamais été. Je sais que je n'ai jamais été un enfant facile non plus, j'en suis tout à fait consciente ! Mais justement, j'étais une enfant. Je méritais d'être traitée de telle, malgré la colère, malgré les larmes, malgré l'opposition. Ils ont réussi à élever deux enfants dans l'amour, même si le troisième était plus dur à aimer et à chérir, ils auraient pu y mettre plus d'efforts. Ils auraient du. Ça n'aurait peut-être pas affecté ma santé mentale d'aujourd'hui car même si je ne l'admettrai jamais, j'aurais eu besoin de plus d'amour. Non. J'aurais besoin de plus d'amour.
Des fois, je me demande si mes parents allaient réellement bien. Peut-être que leur santé mentale n'allait pas bien non plus, mais qu'ils n'avaient pas réussi à le formuler ou à se soigner. J'étais peut-être la personne sur qui ils laissaient passer leurs colères et leurs peines, sans le réaliser. Ou peut-être qu'ils le réalisaient, mais qu'ils ont vu que j'étais capable de prendre sur moi. Ça m'a blessé et laissé des cicatrices, mais je pouvais et peut encore en prendre beaucoup. Et même si ça ne justifie et ne guérit rien, ça me permettrait de comprendre si j'apprenais l'état de leur santé mentale. Mais est-ce que ça fait de moi la personne qui devait porter leurs fardeaux ?
Encore aujourd'hui, je pense à la personne que j'aurais pu être si mes parents en étaient d'autres. Si ma mère m'avait chéri quand j'étais dans son ventre et si elle avait passé son temps à jouer avec moi à l'enfance. Si elle avait pris un congé de maternité pour voir mes premiers pas et entendre mes premiers pas. Si elle m'avait plus embrassé et câlinée, si elle m'avait aimé. Au moins, ce qui est beau, c'est que je peux imaginer mère faire ce genre de choses, même si elle ne l'a jamais fait. Seulement, c'est impossible avec père. Père n'a jamais eu d'yeux que pour Nolon et je me demande encore à ce jour si c'est vraiment de l'amour ou si c'est parce qu'il est l'héritier de la famille.
Je pense que c'est pourquoi je ne vis que de regrets. Je regrette d'être née dans une famille comme celle-ci. Je regrette d'avoir été un enfant trouble. Si j'étais différente, j'aurais peut-être été aimée, pas seulement tolérée. Par mes propres parents. Puis, s'il y a une autre chose que je regrette, c'est de m'être laissée faire. Aujourd'hui, je réplique quand ils me heurtent, mais j'ai eu l'habitude de tout encaisser sans jamais rien dire. J'aurais peut-être du riposter ou demander de l'aide. Mais à qui ? On m'a coupé du monde ! On m'a coupé des moldus et des sorciers qui n'étaient pas comme mes parents.
Maintenant couchée sur l'herbe, j'observe le ciel gris alors que quelques gouttes d'eau quittent mes yeux. Au même moment, une fine pluie commence à tomber et je prends une grande inspiration. J'ai beau « ne vivre que de regrets », je suis encore jeune et pourrait envisager changer cela. Je pourrais oublier ces regrets et regarder par en avant. Arrêter d'hésiter à prendre ma place et vraiment y aller. Je pourrais me rappeler de vivre, d'aimer, d'ignorer et d'éviter de nouvelles blessures. Enfin, celles qui me viennent de ma famille et des « proches » qui ont été proche de moi que pour ensuite me briser. memento vivere.
you deserved the chance to be a child.
thème à la folie, passé