If I was your boy
TW: cette fanfiction contient des mentions de mort ainsi que de l’homophobie internalisée.
——Personnages principaux:
-> Narcissa Black Malfoy
-> Lucius Malfoy
-> Marlene McKinnon*
*= Marlene était une membre de l’ordre du phœnix, au même temps que les parents de Harry Potter. Elle est mentionnée une fois dans les livres: tome 5, page 210 « Ça, c’est Marlène McKinnon, elle s’est fait tuer deux semaines après que cette photo a été prise, ils ont eu la famille toute entière. »
Ma chère Marlene,
J’ai tenu mon amour toi un secret afin de pouvoir te garder, mais aujourd’hui, il est tant pour moi de te laisser partir.
Donner la vie m’a fait réalisé mon réel devoir, mon vraie rôle, pas seulement en tant que mère mais également en tant qu’épouse.
Jamais je n’oublierais la façon dont tu m’as regardé et j’aimerais pouvoir être tiennes, mais sienne.
Sache que dans mon cœur et à jamais nous serons toujours rouge et bleue. Je suis désolée de d’avoir aimé, je suis désolée que nous soyons toutes deux des femmes, je suis sure qu’un jour nous arriverons à aimer de façon naturelle.
Je garderais et chérirais le souvenir de tes lèvres.
Bien à toi,
Narcissa.
Si sa force le lui avait permis, Marlene aurait déchiré cette lettre. Elle l’aurait réduite en lambeaux, l’aurait jetée au feu jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des cendres grisâtres, aurait martelé le parchemin de ses poings jusqu’à en effacer chaque mot. Elle aurait voulu faire disparaître ces lignes comme si elles n’avaient jamais existé, comme si elles n’avaient jamais été écrites. Comme si elles n’avaient jamais eu le pouvoir de lui briser le cœur.
Ce sale gosse.
La pensée lui avait traversé l’esprit avec une violence qu’elle n’avait même pas essayé de retenir. Dès l’instant où Narcissa lui avait annoncé sa grossesse, neuf mois plus tôt, une boule s’était formée dans l’estomac de Marlene. Une masse lourde et froide qui ne l’avait plus quittée depuis. Elle avait essayé de l’ignorer, de se convaincre que tout irait bien, que les choses ne changeraient pas tant que cela… mais elle n’était pas stupide.
Marlene McKinnon ne connaissait que trop bien la façon dont fonctionnaient les Black et les Malfoy.
Dans ces familles-là, les mariages n’étaient pas des histoires d’amour. C’étaient des alliances. Des contrats silencieux scellés entre lignées anciennes, des transactions déguisées derrière des robes de soie et des sourires impeccables. Les femmes étaient élevées pour être belles, obéissantes, irréprochables… Et surtout pour enfanter. Donner naissance à des fils capables d’hériter des fortunes colossales.
Alors Marlene avait prié.
Elle avait prié tous les dieux moldus auxquels elle ne croyait même pas vraiment. Elle avait murmuré des supplications au plafond de sa chambre, au ciel nocturne, au vent froid qui s’engouffrait dans les rues de Londres. Elle avait espéré, désespérément, que l’enfant soit une fille. Parce qu’une fille aurait déçu Lucius. Parce qu’une fille aurait été une petite fissure dans cette façade parfaite que les Malfoy aimaient tant exhiber. Parce qu’une fille aurait donné à Narcissa une nouvelle raison de lever les yeux au ciel suite au comportement toujours aussi questionable de son mari, une nouvelle moquerie à glisser dans leurs conversations les plus intimes.
Mais surtout… une fille aurait peut-être retardé l’inévitable.
Car si l’enfant était un garçon, Marlene savait exactement ce qui allait se passer. Elle connaissait ces gens et leurs murmures constants sur l’honneur, la lignée, le devoir. Les Sang-Purs qui entouraient Narcissa allaient redoubler d’efforts, jour après jour, mot après mot, ils allaient renforcer les chaînes invisibles qui l’emprisonnaient déjà en lui lavant le cerveau avec leurs idéaux nauséabondes.bIls allaient transformer Narcissa en ce qu’ils attendaient d’elle.
Une épouse modèle.
Une mère exemplaire.
Une femme docile qui écoute son mari au doigt et à l’œil.
Et aujourd’hui, ce cauchemar était devenu réalité.
Le parchemin trembla légèrement entre les doigts de Marlene. Sans vraiment s’en rendre compte, elle tira dessus, et un premier centimètre du papier se déchira dans un bruit sec.
Elle s’immobilisa aussitôt.
Ses doigts se crispèrent autour de la lettre tandis que son regard se fixait sur cette minuscule déchirure. C’était ridicule… mais ce simple geste lui donna l’impression d’avoir déjà été trop loin. Alors elle s’arrêta, car ce parchemin n’était pas un simple message. Elle tenait entre ses mains ce qui serait, très probablement, la dernière lettre qu’elle recevrait de l’amour de sa vie. Le dernier fragment de Narcissa qui lui appartiendrait encore. Un souvenir fragile, quelques lignes d’encre capables de faire revivre une voix qu’elle connaissait par cœur. La déchirer reviendrait à tourner définitivement la page, à effacer tout ce qu’elles avaient été l’une pour l’autre.
Et Marlene n’en était pas capable.
Pas alors que chaque souvenir brûlait encore avec une netteté douloureuse dans son esprit. Ces moments où Narcissa se laissait enfin tomber contre elle, loin des regards, loin des attentes, loin de ce rôle qu’on lui avait assigné dès sa naissance. Dans ces instants-là, elle n’était plus une Black, ni une future Malfoy. Elle était simplement Narcissa. Sa Narcissa.
Et les sentiments de Marlene avaient été réels. Terriblement réels. Ils l’avaient été à chaque sourire volé, à chaque murmure partagé dans le noir. Ils l’avaient été, plus que jamais, chaque fois que leurs bras s’étaient refermés l’un autour de l’autre, comme si elles pouvaient arrêter le temps rien qu’en restant là.
Alors non. Elle ne pouvait pas déchirer cette lettre. Même si chaque mot qu’elle contenait risquait de lui briser le cœur une seconde fois.
Elle la conserva donc malgré elle dans une petite boîte noire, camouflée sous son lit. Cette même boite contenait également la broche que Narcissa portait leur de leur premier baiser, ainsi que l’une des deux bagues qu’elles s’étaient échangées, symbolisant une promesse qu’elles s’étaient faites: celle de ne jamais se séparer, d’être toujours là l’une pour l’autre, qu’importe si il fallait continuer à se cacher ou non. La seconde bague était en possession de Narcissa, en supposant qu’elle l’avait conservée…
Il ne lui fallut que quelques semaines avant que la colère ne prenne le dessus. Et bien que cette colère ne la poussa pas à détruire les quelques souvenirs qui lui restaient d’elle, elle l’a poussa néanmoins à ne pas ouvrir la nouvelle lettre qu’elle reçue de son ex petit amie 1 an plus tard. Une lettre qui aurait pourtant pu lui sauver la vie puisqu’il s’agissait d’un avertissement: Peter Pettigrow, son ami si fidèle, était devenu un mangemort et avait affirmé au Seigneur des Ténèbres qu’il savait où se trouvait Harry Potter. Alors, la première mission qui lui avait été attribué pour prouver sa loyauté inconditionnelle à Lord Voldemort et pour s’assurer du fait que ses dires étaient ainsi réel, fut de tuer de ses propres mains Marlene ainsi que toute sa famille. Et c’est ainsi que le 7 juillet 2081, une tragédie plus qu’évitable s’abattant sur la famille McKinnon et que la jeune femme reçue le Avada Kedavra par nul autre que son meilleur ami.
Lorsque Narcissa vit Peter revenir au manoir, triomphant, elle cru sentir son cœur cesser de battre. Il lui fallut retourner dans la chambre conjugale, titubante, la vision complètement floue. Arrivée dans la chambre à coucher, elle se laissa tomber par terre. En bas, Peter Pettigrow était et train de recevoir la marque des ténèbres, mais elle avait quelque chose de bien plus ténébreux qui venait de lui tomber dessus. Et enfin, pour la première fois depuis la naissance de son fils, elle se laissa submerger par les larmes, la main plaquée sur la bouche pour éviter qu’on entende ses gémissements de douleur. Elle avait envie de hurler, descendre ces escaliers et tuer ce sale rat de ses propres mains… Mais non. Ça c’est ce que Marlene aurait fait. Marlene était courageuse, elle savait tout faire sans la moindre crainte ou hésitation, là où Narcissa vivait constamment dans la peur. La peur de ses parents, la peur de son mari, et désormais la peur que quelque chose puisse arriver à son précieux bébé. Alors elle ne bougea pas de la pièce. Elle n’en sortie pas même à l’heure du dîner.
Après plusieurs heures, elle avait reussi à se lever et à s’assoir sur son lit. Elle ouvrit le tiroir de sa table de chevet et en sortir un livre, la couverture représentait un livre sorcier sur la maternité, mais l’intérieur était tout autre.
"L’amour d’une violette* est le plus fort qui puisse exister. À travers chaque crise politique, l’hétéronormativité se fait de plus en plus présente, n’autorisant aucune autre forme d’amour à simplement exister. Mais lorsque, malgré le contexte social d’une nation, quelle qu’en soit la nature, deux marginaux s’accordent une chance de s’aimer, leur histoire ne peut qu’être l’une des plus profondes. Car tous deux savent, au fond d’eux-mêmes, que leur histoire ne durera sans doute jamais éternellement, que la société les séparera, que leurs devoirs envers le mariage les rappelleront bientôt, les arrachant à ce doux rêve pour les ramener à la dure réalité. Pourtant, ces amantes ne s’empêchent pas de savourer les corps l’une de l’autre. Elles savent que cela ne peut pas et ne pourra pas fonctionner longtemps, mais leurs sentiments sont si profonds, si intenses, qu’ils acceptent la fatalité de leur relation et choisissent simplement de vivre chaque seconde avec joie et gratitude. Ce type d’amour est incomparable… Tout comme la douleur qui suivra l’inévitable fin de ce compte de fée."
Il s’agissait du livre favori de Marlene. Et des quelques objets et qu’elle avait décidée de garder à jamais. Quand Lucius entra dans la chambre, Narcissa referma instantanément son livre. Ce n’était pas dans sa nature de lui cacher des choses, du moins, c’était ce qu’elle avait réussi à lui faire croire, mais dans ce cas précis, elle ne pouvait pas agir autrement. Après tout, il ne s’agissait pas seulement d’un livre moldu, mais également d’un ouvrage traitant d’un sujet… Plus que controversé. Du moins au sein des familles Malfoy et Black.
Elle se leva calmement du lit, réajustant sa longue robe noire, avec l’intention évidente de quitter la pièce. Mais à peine eut-elle dépassé son mari qu’il lui saisit brusquement le bras droit. « Puis-je demander ce que tu étais en train de lire ? » Elle se dégagea légèrement de son emprise, sans lui accorder le moindre regard.
« Tu ne le peux pas. »
——
*= durant l’antiquité, les fleurs de Violettes étaient devenues un code pour que les femmes saphiques (lesbiennes, bisexuelles, pansexuelles, etc…) puissent se repérer entre elles. Au cours de l’histoire les violettes sont rester un symbole très important pour les lesbiennes et encore aujourd’hui nombreuses sont celles portant un tatouage de Violettes.
Je vais finir par un de mes poèmes favoris qui selon moi rentre très bien dans le contexte de ce OS. C’est un poème qui m’a fait énormément de bien et m’a beaucoup aidé lorsque j’en avais besoin:
"You can not love her", They whisper.
"For it is a sin."
I only smile at their words knowing that
they have not knelt at her altar
nor tasted the divinity staining her lips.
They have not heard her giggles
murmured between every kiss.
"So be it then," I say.
"I will walk into hell gladly
knowing I've held heaven in my hands."
Lyra Wren
Je viens de faire une nuit blanche pour écrire ça, je me suis pas relue parce qu’il est 6h du mat et que je dois me préparer pour aller au travail. Il doit y avoir 1000 fautes d’orthographes et de grammaires mais c’est ok
Et surtout: Bravo les lesbiennes !!
1er année rp, Gryffondor
Butch4femme’s daughter
#ee719e
Butch4femme’s daughter
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