25 mars 2026, 05:24
Quitter la maison, trouver sa voie
Matin du 1er septembre 2050
Voie 9 3/4
Voie 9 3/4
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La barrière entre les voies neuf et dix disparut derrière eux dans un léger frisson de magie, et Lucie se retrouva soudain entourée d’un tumulte joyeux qu’elle n’avait encore jamais vu. La Voie 9¾ était pleine de vie : des valises qui roulaient toutes seules, des hiboux qui hululaient dans leurs cages, des parents affairés qui rajustaient des écharpes.
Lucie s’arrêta un instant, la main serrée autour de la poignée de sa malle. Elle sentit son cœur battre plus vite. Son père, David, posa une main rassurante sur son épaule.
- Le plus difficile, c’est souvent de faire le premier pas. Ça veut juste dire que quelque chose d’important commence.
Sa mère, Kiana, lui adressa un sourire doux, mais Lucie voyait bien qu’elle faisait un effort pour ne pas paraître émue. À côté d’eux, Dean et Amara tournaient la tête dans tous les sens, fascinés par tout ce qu’ils voyaient.
- Regarde le hibou ! souffla Dean.
- Et la grenouille ! ajouta Amara en tirant légèrement la manche de Lucie.
Lucie sourit en regardant les jumeaux. Elle aurait voulu continuer à tout découvrir avec eux, mais elle devait partir seule.
Un peu en retrait, son oncle Jacob discutait avec sa tante Alice en observant l’impressionnante locomotive rouge déjà prête à partir. Louis essayait de voir à l’intérieur d’un wagon en se hissant sur la pointe des pieds, tandis qu’Alexis, visiblement très décidée, annonçait déjà :
- Moi aussi je vais embarquer dans le train avec Lucie !
- Pas tout de suite, répondit Alice en riant tendrement.
Lucie inspira profondément. Elle était heureuse. Vraiment heureuse. Mais quelque chose dans sa poitrine se serrait malgré tout.
- Tu vas nous écrire souvent ? demanda Amara en levant les yeux vers elle.
- Tellement que tu ne voudras même plus les lire, répondit aussitôt Lucie.
- Impossible, ajouta la petite en fronçant les sourcils.
Dean croisa les bras, très sérieux. Même si les manies de sa petite sœur et de son petit frère l'énervaient la plupart du temps, à ce moment précis, elle leur était plus que reconnaissante. Cette familiarité était exactement ce dont elle avait besoin pour rassembler son courage.
- Et raconte-nous s’il y a des dragons.
- Tu seras le premier à le savoir si j’en croise un dans les couloirs, répondit-elle tout aussi sérieusement.
Sa mère s’approcha alors pour lisser une mèche de ses cheveux. C’était pour elle aussi sa première fois sur le quai 9 ¾, mais son attention était entièrement sur son aînée.
- Tu es prête ?
Lucie regarda le train, immense, brillant sous la vapeur blanche qui s’échappait autour des roues. Elle pensa aux salles inconnues, aux professeurs, aux élèves qu’elle n’avait jamais rencontrés, mais surtout à la maison qu’elle quittait pendant de longs mois. Elle hocha la tête en essayant d’avoir l’air déterminée.
Son père l’aida à charger sa malle à bord du train et lorsqu’elle se retourna, toute sa famille était là, rassemblée sur le quai, comme si ce moment comptait autant pour eux que pour elle. Son oncle lui fit un clin d’œil.
- Profite de l’aventure.
Son cousin pleurait et Lucie eut du mal à retenir ses larmes, mais la vue d’Alexis dans les bras de sa tante, un grand sourire sur les lèvres et les yeux pétillants, la ramena à l’ordre. Alice ajouta avec chaleur :
- Fais-toi confiance et vis chaque instant passionnément.
Puis sa mère la serra dans ses bras. Elle sentait le muguet et le pain grillé. Lucie n’était encore jamais allée à Poudlard, mais elle savait que cette odeur ne s’y trouvait pas, alors elle prit une grande inspiration.
- Où que tu sois, nous serons toujours là pour toi.
Son père fit de même, plus brièvement, mais avec une émotion qu’il ne chercha pas à cacher.
- À très bientôt, Lucie. Essaie quand même de penser un peu à nous là-bas.
Elle ria contre le torse de son père et lorsqu’il la relâcha, elle monta finalement à bord du Poudlard Express. Une fois installée sur une banquette, elle refusa de regarder une dernière fois derrière elle. Elle voulait se prouver qu’elle était prête à partir seule, comme si cela rendait les choses plus faciles.
Le sifflet retentit. Elle imaginait sans peine Dean et Amara agiter les bras avec enthousiasme, Louis faire semblant de souffler de la vapeur comme la locomotive, et Alexis sauter sur place pour essayer d’apercevoir encore le train. L’engin se mit lentement en mouvement, et Lucie sentit son cœur battre plus vite encore. Elle était heureuse et pourtant, quelque chose lui serrait la gorge.
Quand le train eut quitté le quai dans un nuage de vapeur, elle resta un instant immobile, puis se tourna vers le couloir du wagon.
Poudlard l’attendait, et un nouveau chapitre commençait.
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