Verdoyant
L I B R E
Ce RP se veut RP libre, ouvert à toustes celleux qui souhaitent y participer ! La date oblige, cela risque cependant d'être compliqué pour des élèves de Poudlard.
Je précise qu'il n'y aura pas de résolutions, c'est un RP libre classique, pas une animation.
Il n'y a pas non plus de limite de participant.e.s ou de délais imposés, alors n'hésitez pas à venir écrire. J'essaierai de répondre régulièrement.
20 MARS 2051, FIN D'APRÈS-MIDI,
JARDIN DE DRAÍOCHT, IRLANDE,
Alyona, 21 ans,
JARDIN DE DRAÍOCHT, IRLANDE,
Alyona, 21 ans,
Il est heureux de songer qu'après chaque hiver vient le printemps, comme un soleil caché derrière les nuages. Vous dont les histoires s'affaissaient, dont les pages se ternissaient, donc les mots restaient bloqués, mangés par le froid ou effacés par le vent : apprenez que les jours changent, se transforment, et que tous les récits d'hier s'ouvrent aujourd'hui sur un univers différent, car les bourgeons se relèvent et Hélios sort drapé d'or de son long sommeil ; c'est l'heure pour ceux que les derniers mois ont courbé de se redresser. Le renouveau souffle un air frais et puissant, ne craignez pas sa force.
Le Jardin de Draíocht, qui souvent passe inaperçu dans les grands couloirs des rues du Passage irlandais, rayonne aujourd'hui d'un éclat différent. Ceux qui connaissent la boutique s'étonneront de son ouverture inhabituelle pour un lundi, et si l'occasion le leur permet, n'hésiteront peut-être pas à en passer les portes, piqués de leur curiosité et décidés même pour un bref instant à répondre à cet impérieux appel de la vitrine. Les irréguliers ou les têtes en l'air, ceux qui passaient peu aussi bien que ceux qui découvrent en ce jour le lieu, par la force du hasard, seront peut-être tentés de ralentir, un sourcil étonné levé sur le front, qu'ils aient une attirance ou non pour la botanique ou les potions. L'apparence extérieure du commerce tape dans l'œil. Qui sait si elle n'a pas déjà fait parler d'elle en cette heure de fin de journée, après avoir vu défiler bien des sorciers aux origines différentes ? Singulière elle détonne, vivante elle provoque. Il est complexe pour les regards, même les plus fiers et affirmés, de ne pas ralentir en croisant son radieux vert.
C'est Ostara, la Saint-Patrick est passée, bientôt les arbres retrouveront leurs feuilles, les animaux migrateurs reviendront, les bourgeons se formeront, et qui aurait oublié que la période est ici celle de fête ne tarderait pas à s'en rappeler — et à se laisser emporter.
La façade du Jardin marque les rétines d'un vert puissant et lumineux. Le verre des vitres est coloré de jaune, capturant la lumière qui s'y reflète. La porte est grande ouverte, comme une invitation à entrer, à passer du terne des rues au cœur même d'une forêt ancienne et épanouie. Mais surtout, des plantes ont été installées à l'extérieur, sauvages et rayonnantes, et leur parfum, leurs couleurs et le chant qui s'élève quand le vent les effleure tire les sens engourdis de leur trop longue hibernation. C'est presque comme si elles tendaient des mains pour les glisser dans les vôtres.
À l'intérieur, la fête du printemps et de la renaissance n'est que davantage présente. Les habitués découvriront une boutique légèrement transformée, apparaissant plus spacieuse — la magie et ses merveilles ! —, lumineuse, éclairée aussi bien par le soleil qui traverse le jour que par diverses lumières et lampes installées entre les plantes, qui pourront troubler les plus fins observateurs dont les yeux risquent de murmurer que ce sont là des végétaux qui brillent. Sans grand étonnement, des plantes et quelques potions sont mises en vente, dont certaines herbes et fleurs fraîches et puissantes, récoltées plus tôt dans la journée ; ce sont elles qui sont mises à l'honneur, faisant de ce lieu un véritable jardin sauvage, envahi de variétés diverses et fascinantes. Dans un coin de la pièce, pourtant, des parfums étonnent et attirent. Sur une table de bois sombre, les pots partagent leur espace avec assiettes proposant des chocogrenouilles ou des boissons vertes aux senteurs agréables, fabriquées à l'aide des plantes du pays, récoltées plus tôt. Un goûter verdoyant et attirant est proposé à ceux qui entreraient dans le commerce, les invitant à prendre le temps de célébrer Ostara, les initiant pour certains aux pratiques dont les botanistes et les potionnistes sont adeptes. On est facilement tenté de s'assoir, se poser, et discuter avec les quelques personnes qui occupent déjà le lieu.
Bernhard s'applique sur une vieille chaise en bois à décorer un œuf. Ni sa main ni ses yeux ne tremblent, pourtant il est aisé de deviner que cette activité ne lui est pas coutumière. Il est très concentré, sérieux jusque dans le ludique. Non loin de lui, Alyona l'observe du coin de l'œil en installant de nouvelles fleurs sur une étagère, vêtue d'une de ses robes fleuries qui fait écho au lieu. Le sourire qui flotte sur ses lèvres n'est pas tout à fait partagé par son cœur. Elle pense à Vana, à sa famille, ses grands-mères, ses amis, toutes ces personnes à qui elle a parlé de ce jour particulier dans le commerce irlandais, et dans le silence dont son âme s'habille, s'imagine quelques fois en tournant son visage vers la porte les y retrouver. Viendront-ils ? Comme elle aimerait leur montrer le lieu où elle travaille ! Et comme elle est fière de la manière dont le Jardin a été transformé pour cette fête merveilleuse ! Le printemps la fait rayonner.
Avec une mention particulière pour @Ivanovna Gunnray, @Otis Bentley & @Sonia Ross
Dernière modification par Alyona Farrow le 13 avr. 2026, 11:21, modifié 1 fois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Verdoyant
Merci à toi pour cette occasion de RP qui a l'air formidable
Je joue Jacob, PNJ A référencé en l'absence du PJ.

"People looking without seeing
People hearing without listening"

Jacob avait manqué avec assiduité un à un tous les rendez-vous que lui avait offerts le vert dans sa vie :
1. d'abord le Choixpeau l'avait réparti à Gryffondor. Croix rouge écarlate sur la coche de validation verte toute vue par ses parents pour l'entrée dans la grande maison des Serpents. Rendez-vous manqué : 1. Durée : 7 années, au moins.
2. il avait ensuite aimé la botanique - arpentant tout gamin avant même Poudlard le jardin botanique de Cambridge puis courant plus tard les courses d'orientation de Poudlard avec le sourire éclatant du double accomplissement entre effort physique et énigme qu'elles constituaient, mais, bizarrement, se faire planter des ronces magiques dans la peau avait... disons, rafraîchi très légèrement son intérêt pour la discipline verdoyante. En d'autres termes, il l'avait abandonnée dans la foulée de ces ronces (ou peut-être était-ce dû aussi au thé au jasmin utilisé par la vélane pour l'immobiliser physiquement et psychiquement ? possible !), ronces ou jasmin ou les deux, qui savait à ce stade, le bilan en tout cas était le suivant : la botanique et le brun s'étaient cordialement tournés le dos et... jamais vraiment retrouvés. Rendez-vous manqués : 2. Durée : indéfinie, pas encore levée aujourd'hui.
3. ... et puis il y avait ses parents, et l'éclat froid et figé aux yeux de Jacob de leur chez-eux, avec ses fleurs en cristal dernier cri et ses vases décoratifs vides qui ressemblaient à des trophées des Césars, et certes entre tout le doré/argenté/transparent de ces vaniteux accessoires ostentatoires un peu de vert émeraude pour la tapisserie... mais qui n'avait rien à voir avec le vert vivant des tiges des jeunes crocus qu'il avait appris à chercher à l'arrivée du printemps de première année avec Esther et Lily.
... Bref, c'était un triplé. Et le vert dans la vie de Jacob était devenu comme ces plantes invasives, qui sont toujours là mais qu'on ne regarde plus, ou plus des scintillements plein la vue.
Mais, pour orienté vers l'humain qu'il était en premier dans la rencontre de l'autre, vers les regards, vers les mains, et pour le nombre de fois où il considérait ainsi le "paysage" avant tout comme "environnement" au sens comme endroit où naissait et bruissait l'animation des humains, Jacob n'était pas du tout ce genre de passants pressés des grandes villes à l'attention si sélective qu'ils en oubliaient de dire bonjour et ne prenaient plus jamais dans le triple galop des trottoirs le temps de vraiment regarder. Alors comme un papillon, sa curiosité se posait volontiers sur la nouveauté. Et s'établit quelque part dans ce méli-mélo printanier.
"Bonjour !" sourit-il en entrant, accompagnant ses paroles d'un geste de main large saluant tous les visiteurs et cette jeune femme qui rayonnait, que sans doute le vieil homme concentré avec son regard orienté vers le bas manquerait ; la chaleur de la voix du brun précédée d'un regard et d'un mouvement parcourant l'achalandage sans contact direct d'une vague de la main.
Il connaissait bien plus de sorciers que de doigts dans cette main qui suivait les formes, quelques dizaines de centimètres au-dessus d'elles, dans ce geste un peu enfantin, pour lesquels un petit souffle d'inédit vivifierait la journée. Une nouvelle couleur. Une nouvelle forme. Un nouveau son. Un nouveau parfum. Une nouvelle de ces plantes, en fait. Mais pour l'idée qui venait de traverser comme un feu Fuseboum ou une fusée moldue son esprit d'envoyer de ces plantes pour l'entrée du printemps à ses proches et ceux qu'il avait croisés récemment... encore fallait-il trouver LE combo pour chacun, alors que son niveau d'érudition en botanique était hélas largement inférieur à son goût pour l'exploration. Certes, lui ne s'était pas encore empoisonné par confusion entre baies comme Christopher McCandless, mais un guidage avisé ne serait malgré tout vraiment pas superflu pour ne pas manquer, pour changer, son grand rendez-vous avec le vert.
Je joue Jacob, PNJ A référencé en l'absence du PJ.
Reducio
Intérêt pour mon PJ : en lien avec cette position du PJ, j'ai besoin d'infos sur le monde de la botanique. Eh bien ce RP tombe à pic, et vu la date et le lieu, j'envoie mon PNJ en considérant comme d'hab que PNJ et PJ communiquent <-> les infos croisées par le PNJ dans ce RP sont utilisables par le PJ.
En plus, c'est sympa pour mon PNJ, parce qu'il croise Alyona plusieurs fois comme ça, ce qui fait un début de relation suivie.
Raison de l'absence du PJ : on n'est pas en été ni à Noël donc Luke est à Poudlard.
En plus, c'est sympa pour mon PNJ, parce qu'il croise Alyona plusieurs fois comme ça, ce qui fait un début de relation suivie.
Raison de l'absence du PJ : on n'est pas en été ni à Noël donc Luke est à Poudlard.

"People looking without seeing
People hearing without listening"
"Il est complexe pour les regards,
même les plus fiers et affirmés, de ne pas
ralentir
en croisant son radieux vert."
même les plus fiers et affirmés, de ne pas
ralentir
en croisant son radieux vert."

***
Jacob avait manqué avec assiduité un à un tous les rendez-vous que lui avait offerts le vert dans sa vie :
1. d'abord le Choixpeau l'avait réparti à Gryffondor. Croix rouge écarlate sur la coche de validation verte toute vue par ses parents pour l'entrée dans la grande maison des Serpents. Rendez-vous manqué : 1. Durée : 7 années, au moins.
2. il avait ensuite aimé la botanique - arpentant tout gamin avant même Poudlard le jardin botanique de Cambridge puis courant plus tard les courses d'orientation de Poudlard avec le sourire éclatant du double accomplissement entre effort physique et énigme qu'elles constituaient, mais, bizarrement, se faire planter des ronces magiques dans la peau avait... disons, rafraîchi très légèrement son intérêt pour la discipline verdoyante. En d'autres termes, il l'avait abandonnée dans la foulée de ces ronces (ou peut-être était-ce dû aussi au thé au jasmin utilisé par la vélane pour l'immobiliser physiquement et psychiquement ? possible !), ronces ou jasmin ou les deux, qui savait à ce stade, le bilan en tout cas était le suivant : la botanique et le brun s'étaient cordialement tournés le dos et... jamais vraiment retrouvés. Rendez-vous manqués : 2. Durée : indéfinie, pas encore levée aujourd'hui.
3. ... et puis il y avait ses parents, et l'éclat froid et figé aux yeux de Jacob de leur chez-eux, avec ses fleurs en cristal dernier cri et ses vases décoratifs vides qui ressemblaient à des trophées des Césars, et certes entre tout le doré/argenté/transparent de ces vaniteux accessoires ostentatoires un peu de vert émeraude pour la tapisserie... mais qui n'avait rien à voir avec le vert vivant des tiges des jeunes crocus qu'il avait appris à chercher à l'arrivée du printemps de première année avec Esther et Lily.
... Bref, c'était un triplé. Et le vert dans la vie de Jacob était devenu comme ces plantes invasives, qui sont toujours là mais qu'on ne regarde plus, ou plus des scintillements plein la vue.
Mais, pour orienté vers l'humain qu'il était en premier dans la rencontre de l'autre, vers les regards, vers les mains, et pour le nombre de fois où il considérait ainsi le "paysage" avant tout comme "environnement" au sens comme endroit où naissait et bruissait l'animation des humains, Jacob n'était pas du tout ce genre de passants pressés des grandes villes à l'attention si sélective qu'ils en oubliaient de dire bonjour et ne prenaient plus jamais dans le triple galop des trottoirs le temps de vraiment regarder. Alors comme un papillon, sa curiosité se posait volontiers sur la nouveauté. Et s'établit quelque part dans ce méli-mélo printanier.
"Bonjour !" sourit-il en entrant, accompagnant ses paroles d'un geste de main large saluant tous les visiteurs et cette jeune femme qui rayonnait, que sans doute le vieil homme concentré avec son regard orienté vers le bas manquerait ; la chaleur de la voix du brun précédée d'un regard et d'un mouvement parcourant l'achalandage sans contact direct d'une vague de la main.
Il connaissait bien plus de sorciers que de doigts dans cette main qui suivait les formes, quelques dizaines de centimètres au-dessus d'elles, dans ce geste un peu enfantin, pour lesquels un petit souffle d'inédit vivifierait la journée. Une nouvelle couleur. Une nouvelle forme. Un nouveau son. Un nouveau parfum. Une nouvelle de ces plantes, en fait. Mais pour l'idée qui venait de traverser comme un feu Fuseboum ou une fusée moldue son esprit d'envoyer de ces plantes pour l'entrée du printemps à ses proches et ceux qu'il avait croisés récemment... encore fallait-il trouver LE combo pour chacun, alors que son niveau d'érudition en botanique était hélas largement inférieur à son goût pour l'exploration. Certes, lui ne s'était pas encore empoisonné par confusion entre baies comme Christopher McCandless, mais un guidage avisé ne serait malgré tout vraiment pas superflu pour ne pas manquer, pour changer, son grand rendez-vous avec le vert.
Reducio
Je me note juste les prénoms auxquels Jacob pense je pense à ce moment pour pouvoir les avoir à dispo ensuite : Carole, Leo, Lilly, Luke, Infini, Alienor, Miya, Alexandre, Orphéa, Lloyd, Megan, Noémie si son idée voit le jour.
Lucky Luke (crédits Nélya), Luke Skyponger (crédits Drelall) -HRP : Lucky Charm, crédits Thomas- Logical, oh, responsible Gryffindor - Oh, clinical, intellectual, cynical... - Respectable, presentable, a vegetable !
Verdoyant
20 MARS 2051, FIN D'APRÈS-MIDI,
JARDIN DE DRAÍOCHT, IRLANDE,
Ivanovna/Vana, 21 ans,
JARDIN DE DRAÍOCHT, IRLANDE,
Ivanovna/Vana, 21 ans,
Ce n’est pas si loin, un peu quand même mais il y a du bon dans ce genre d’efforts, on apprécie mieux les raisons de nos choix. Venir, sans en payer le prix mais quand même le vouloir.
Exercice d’espionne, ne pas se montrer, je veux qu’elle ignore ma présence aussi longtemps que possible et si je ne la surveille pas, j’ai quand même en tête d’en apprendre le plus possible. Extérieurement, les lieux sont étranges, un pays caché aux yeux du badaud. Je l’ai vu entrer, un premier visiteur, beau garçon, on ne refuse jamais une belle plante quels que soient les autres habitants déjà en terre.
Cela me fait penser à ma vie sans lui. Il m’apparaît vite préférable d’imaginer autre chose que mon enfer... Alyona, avec la personne qu’elle aura choisi un jour. Avec ses qualités bien supérieures aux miennes, elle trouvera une âme qui la rendra heureuse. Je ne suis pas jalouse, je crois seulement avoir fait mon deuil d’une vie simple, d’une vie épanouie. Il sera le père de mes enfants, ce ne sera pas Gordon. J’agirai par devoir, un point ce sera tout. Et puis… l’égoïsme, une fois encore, moi moi moi. Comme si j’étais le centre du monde. Je ne suis pas venue pour cela, j’ai juste… transféré sur ce jeune homme des pensées obsédantes, ma douleur. Je refuse de me restreindre à ce schéma. Que voit-il donc à l’intérieur que je ne vois pas encore ? Dans quelques minutes j’entrerai, à mon tour d’être éblouie par les talents d’architecte d’Aly. Il me faudra de la patience pour ne pas l’accaparer, c’est… son œuvre, pas la mienne. Voilà, un examen de vie particulièrement propice à ma formation sociale.
Gordon tourne à l’obsession, je pourrais lui faire part de la proposition de Madame Tokélau mais il ne pourra accepter. Mieux vaut ne pas agir quand on sait la cause désespérée. Je décide de m’approcher, après tout peut-être ce garçon est-il gentil, du moins courtois, comme tout un chacun devrait l’être. C’est peut-être cela qui m’a fait fuir au début, la brusquerie de Mr Esiason. Il était comme ces gamins dans la cour, qui vous bousculent sciemment, ils ne savent même pas pourquoi. Les plantes ont besoin comme les Humains de soins, de délicatesse. On ne peut pas s’arroger le droit d’être sélectif dans la tendresse de nos gestes. Un chirurgien se doit d’être délicat avec ses mots comme avec ses mains. C’est cela que je suis venue chercher, la douceur d’Aly, sa bonté. J’apporte le peu qui réside en moi. Et tout cet amour débordant pour ma seule amie, mon tout. J’apprends peu à peu à vivre avec cette force présente dans mon coeur mais si virtuelle désormais. La distance est une brûlure, un mal qui couve sous la surface, prêt à se consumer aux yeux de tous à la première occasion. Je me rêve allongée dans une herbe d’été, chaude et odorante, immobile, offerte aux regards envieux mais timides de gens séduits sans vouloir en abuser jamais.
Je me dois de saisir chaque occasion de nous rencontrer, sans cela l’amitié s’évanouira dans le brouillard du passé. Un jardin s’entretient, on peut le modifier, tout changer même. On n’échappe pas à la nécessité du soin. Alyona, je suis devant l’entrée, me vois-tu ? Non et c’est mieux ainsi.
Je ne connais pas bien la Saint-Patrick, j’imagine de quoi il est question évidemment mais pour le reste...Je pourrais tout aussi bien venir à la fête de la saucisse ! Je suis là pour Aly. Mais je veux découvrir, comprendre et par là même aimer.
C’est avec gourmandise, appréhension et envie que je pénètre le fruit de son premier hiver ici, les prémices. Je reviendrai, je le sais par avance aussi dois-je bien mémoriser ces instants. Car un nourrisson grandit à chaque lever du soleil. Une force tellurique me dit qu’elle y restera longtemps, peut-être toute sa vie. Je découvre une enfance adulte.
Hivernage,
je m’appuie de nouveau
contre ce pilier
Basho, Intégrale des Haïkus
Haïku 444
@Luke Darcy-Mountbatten ; @Alyona Farrow
@ qui sollicitera Ivanovna. Il suffit d’une mention à son nom pour qu’elle se promène ici et bavarde avec vous.
Verdoyant
C'est la première fois que je fête Ostara en tant que véritable botaniste. La première fois que je me sens compétente et à ma place, engagée pleinement dans la voie qui est la mienne et prête à la poursuivre, légitime dans mon rôle, assurée dans mes gestes, résolue dans mes décisions, je peux l'affirmer à voix haute sans un frisson d'étrangeté ou la vibration d'un doute : je suis botaniste, je travaille ici. Il y a dans ces mots un soulagement et un plaisir que j'aurais du mal à mesurer, c'est comme si après tant d'années j'étais enfin moi-même. La peau d'élève de Poudlard puis celle d'étudiante de l'Institut ont toutes les deux vieilli et glissé sur mes membres, j'ai mué, je suis sortie de mon cocon tel un papillon, et en ce premier jour de printemps j'apparais telle que je me suis toujours rêvé : professionnelle, adulte, indépendante et botaniste. Et bien décidée non seulement à l'affirmer, mais à le rester, et à le montrer à tous ceux qui en ont un jour douté. Jamais je ne me suis sentie aussi fière de moi.
Alors, comme les plantes qui poussent ici je resplendis, j'avale la lumière et ses rayons d'or pour les transformant à ma façon en fibres de joie et d'enthousiasme. Des clients rentrent, d'autres sortent ; certains que je reconnais et d'autres qui me sont tout à fait étrangers ; quelques-uns discutent avec Bernhard ou d'autres employés, bavards leur voix s'élève, leurs rires résonnent et leurs questions fleurissent. Cela circule dans la boutique, et à chaque fois que la porte s'ouvre ou se ferme, ma certitude est frappée, affermie, consolidée dans la forge de mes pensées : je suis heureuse ici. Et plus que tout, j'aime ces moments de partage, comme les activités organisées par le commerce lors du premier samedi de chaque mois, où nous sortons des serres et de nos espaces clos pour prendre l'air, faire des rencontres et ouvrir des portes, permettre à notre voix de se poser ailleurs que dans la main feuillue des végétaux. Cela nous reconnecte à l'Irlande, dans laquelle nous avons nos racines, mais surtout à ceux qui la peuplent et la connaissent, à ceux qui la font vivre. C'est agréable, cela me fait du bien.
Je pousse légèrement le pot que je viens de placer sur son étagère et me recule, satisfaite de la vision que ces efforts et cet écart me procurent. Il est temps de passer à autre chose. Mais cependant, lorsque je me tourne vers la pièce cachée dans mon dos, une hésitation me bouscule. C'est inhabituel et je me découvre troublée ; les serres silencieuses et solitaires sont assurément inassimilables aux mouvements et aux souffles qui sont ici souverains. Dans ce méli-mélo de possibilités et de vie, il n'est pas aisé de saisir des opportunités, et mon regard a beau traversé le lieu de long en large, il a du mal à savoir où se poser. C'est à croire que je ne sais plus comment agir avec les hommes après tant de temps passé avec la flore. Mais rien n'est perdu, il me suffit de m'écouter de nouveau.
Ainsi, un geste en vient à se démarquer. C'est un salut simple et amical de la main, qui loin de se vouloir discret, attire et fait sourire. Ce sorcier-là n'est pas des habitués silencieux qui s'effacent dans la végétation, se fondent dans le vert et disparaissent derrière les pétales d'une grande fleur ; non, lui vient sans savoir que personne n'osera le saluer comme il l'a fait, que le mieux qu'il pourra recevoir seront des « Bonjour » polis et mesurés, et que l'enthousiasme qui est le sien sera même capable d'intimider ceux qui ne connaissent que le silence tiède des jardins et des vastes espaces de prairies et de tourbières.
C'est peut-être pour cela que je m'avance vers lui sans le reconnaître, un sourire sur les lèvres.
« Bonjour ! Tu as besoin d'aide ? De conseils ? »
Sa silhouette, son visage, ses couleurs, il y a chez-lui un air qui sort de l'inconnu, un air évocateur. Mes gestes se retiennent, mes yeux se plissent. Nous nous sommes déjà vus.
Puis, un souvenir me transperce : il pleut dans les rues grises de Godric's Hollow, ma magie me fait défaut, une sorcière à l'allure assurée s'avance, et un jeune étudiant se faufile jusqu'à nous.
Mon visage s'éclaircit et s'étonne.
« Oh ! m'exclamé-je, mais nous nous sommes vus il y a quelques semaines ! Tu es le magicophotographe, n'est-ce pas ? »
Je lui adresse un sourire ravi.
« Bienvenue au Jardin ! »
Alors, comme les plantes qui poussent ici je resplendis, j'avale la lumière et ses rayons d'or pour les transformant à ma façon en fibres de joie et d'enthousiasme. Des clients rentrent, d'autres sortent ; certains que je reconnais et d'autres qui me sont tout à fait étrangers ; quelques-uns discutent avec Bernhard ou d'autres employés, bavards leur voix s'élève, leurs rires résonnent et leurs questions fleurissent. Cela circule dans la boutique, et à chaque fois que la porte s'ouvre ou se ferme, ma certitude est frappée, affermie, consolidée dans la forge de mes pensées : je suis heureuse ici. Et plus que tout, j'aime ces moments de partage, comme les activités organisées par le commerce lors du premier samedi de chaque mois, où nous sortons des serres et de nos espaces clos pour prendre l'air, faire des rencontres et ouvrir des portes, permettre à notre voix de se poser ailleurs que dans la main feuillue des végétaux. Cela nous reconnecte à l'Irlande, dans laquelle nous avons nos racines, mais surtout à ceux qui la peuplent et la connaissent, à ceux qui la font vivre. C'est agréable, cela me fait du bien.
Je pousse légèrement le pot que je viens de placer sur son étagère et me recule, satisfaite de la vision que ces efforts et cet écart me procurent. Il est temps de passer à autre chose. Mais cependant, lorsque je me tourne vers la pièce cachée dans mon dos, une hésitation me bouscule. C'est inhabituel et je me découvre troublée ; les serres silencieuses et solitaires sont assurément inassimilables aux mouvements et aux souffles qui sont ici souverains. Dans ce méli-mélo de possibilités et de vie, il n'est pas aisé de saisir des opportunités, et mon regard a beau traversé le lieu de long en large, il a du mal à savoir où se poser. C'est à croire que je ne sais plus comment agir avec les hommes après tant de temps passé avec la flore. Mais rien n'est perdu, il me suffit de m'écouter de nouveau.
Ainsi, un geste en vient à se démarquer. C'est un salut simple et amical de la main, qui loin de se vouloir discret, attire et fait sourire. Ce sorcier-là n'est pas des habitués silencieux qui s'effacent dans la végétation, se fondent dans le vert et disparaissent derrière les pétales d'une grande fleur ; non, lui vient sans savoir que personne n'osera le saluer comme il l'a fait, que le mieux qu'il pourra recevoir seront des « Bonjour » polis et mesurés, et que l'enthousiasme qui est le sien sera même capable d'intimider ceux qui ne connaissent que le silence tiède des jardins et des vastes espaces de prairies et de tourbières.
C'est peut-être pour cela que je m'avance vers lui sans le reconnaître, un sourire sur les lèvres.
« Bonjour ! Tu as besoin d'aide ? De conseils ? »
Sa silhouette, son visage, ses couleurs, il y a chez-lui un air qui sort de l'inconnu, un air évocateur. Mes gestes se retiennent, mes yeux se plissent. Nous nous sommes déjà vus.
Puis, un souvenir me transperce : il pleut dans les rues grises de Godric's Hollow, ma magie me fait défaut, une sorcière à l'allure assurée s'avance, et un jeune étudiant se faufile jusqu'à nous.
Mon visage s'éclaircit et s'étonne.
« Oh ! m'exclamé-je, mais nous nous sommes vus il y a quelques semaines ! Tu es le magicophotographe, n'est-ce pas ? »
Je lui adresse un sourire ravi.
« Bienvenue au Jardin ! »
@Luke Darcy-Mountbatten
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht