31 mars 2026, 21:05
 ♦03.51♦   ♦E.C♦  Rattrapé par la réalité
SALLE D'ÉTUDE DES MOLDUS
• Mars 2051 •
Poudlard
Avec @Elijah Cooper


Une sonnerie forte et un remue-ménage hors-norme démontraient la finalité du cours qu'Aaron venait de donner. L'épuisement était total, car il avait encore dû y mettre de son énergie pour ne serait-ce qu'obtenir une participation autre que celle de l'élève le plus brillant de cette promotion. Bien sûr, Aaron ne doutait nullement de l'intelligence de ses étudiants — loin de là — mais il savait, avec une intuition pure, que la matière ne les aidait nullement à s'exprimer comme ils le voulaient réellement tant les attentes familiales les attendaient tous et toutes au tournant, comme les siennes l'eûrent fait par le passé quand il n'était encore qu'un étudiant de Gryffondor.

Il ramassa les copies que ses élèves avaient ramenées au début de ce cours et remarqua que son élève le plus brillant s'apprêtait à partir. Et pourtant, Aaron voyait que quelque chose semblait s'être installé dans la vitalité et les pensées du jeune garçon.

Cooper ? Pouvez-vous rester quelques minutes, j'aimerai beaucoup discuter avec vous de vos résultats lors des derniers devoirs que j'ai eu à corriger.

Le ton d'Aaron se voulait rassurant — comme toujours — et surtout dans un contexte de confiance ; il savait qu'Elijah s'approchait irrémédiablement des examens de fin d'étude et d'une manière de vivre très différente de celle estudiantine qu'il connaissait. Cependant, Aaron avait décelé une divergence très prononcée par rapport à la norme voulue par la société. Une différence telle qu'elle était en réalité impossible.

J'ai remarqué quelque chose d'intrigant dans vos derniers devoirs : vous êtes très précis sur la vie des Moldus, vous accentuez même des concepts que je ne vous avais pas encore présentés. Est-ce que vous vous préparez pour une défense pour intégrer les équipes d'excuses magiques après vos études ?

Vav-mi-ia.
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7 avr. 2026, 15:07
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Elijah adorait les cours d'étude des moldus. Pour lui, c'était la matière la plus facile du monde, puisqu'il lui suffisait de parler de ce dont il avait toujours connu. Pour lui, les moldus n'étaient pas des sujets d'étude, simplement des gens normaux. C'était bien les sorciers qui méritaient d'être étudiés sérieusement, avec leur volonté d'écrire à la plume et à l'encre alors même qu'il existait des stylos bille.

Entre la technologie et la magie, le choix de l'adolescent était vite fait : il préférait être normal, et pouvoir reprendre sa vie comme elle l'était avant, avec ses amis et surtout, sa famille. Faire pousser des bois de cerfs et voler sur un balai, c'était marrant, mais ça ne valait pas les batailles de nerf, les cabanes dans les arbres, la musique à fond et les après-midi sur la plage à surfer ou à jouer au volley. Parce que lui n'aimait pas se cacher. Et surtout, surtout, il n'aimait pas être un sorcier.

Et puis il en avait marre qu'on le regardât de travers pour une planche de skate ou une casquette à l'envers, alors même que ceux qui devrait être mal regardés c'était ces imbéciles qui se baladaient en robe à tout bout de champ. Bref, la magie n'était pour lui qu'une très longue parenthèse dans sa vie, et s'il s'amusait particulièrement à Poudlard, il n'en restait pas moins persuadé que tout cela serait loin derrière lui lorsqu'il serait grand.

Bref, l'étude des moldus était simplement un cours lui permettant d'avoir des bonnes notes sans se fouler. Aussi fut-il surpris que le professeur l'arrêtât pour parler de ses derniers devoirs. Il fit signe à ses amis qu'il les rejoindrait plus tard avant de lâcher nonchalamment son sac à ses pieds pour s'appuyer contre la table du premier rang à laquelle il était parvenu lorsque Bagans lui avait demandé de rester.

- Ben M'sieur c'est normal si j'sais des trucs, j'suis moldu moi hein. 'Fin né-moldu quoi. J'connais bien parce que c'est ma vie. J'veux pas travailler pour les excuses magiques c'est juste un truc pour les gros mythos ça. Moi j'suis ici parce que M'dame Priddy elle a dit que je devais apprendre à contrôler ma magie, c'est tout hein. Après j'pourrais revivre normalement ! expliqua-t-il comme s'il s'agissait là d'une évidence, et c'en était une à ses yeux. Bagans était sympa, mais il était drôlement bizarre quand il s'y mettait.

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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil

30 avr. 2026, 23:27
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Aaron accusa le coup, le regard soudain voilé par une pointe de tristesse qu'il ne parvint pas tout à fait à masquer. La franchise d'Elijah était un cri du cœur, mais elle révélait une faille béante dans la perception que l'adolescent avait de son propre futur. Le professeur Bagans savait que la magie n'était pas une parenthèse que l'on refermait d'un simple mouvement de baguette ; elle était une trace indélébile, autant pour les lois de la nature que pour celles de l'administration.

Il délaissa les copies pour croiser ses mains sur le bois du bureau, cherchant à accorder son ton à la gravité de ce qu'il s'apprêtait à dire.

Je comprends ce sentiment de décalage... Vraiment... Mais je serais un bien piètre professeur si je ne vous mettais pas en garde contre la réalité qui vous attend de l'autre côté, car cela ne risque pas de vous plaire...

Il soupira doucement — non par agacement — par pure empathie pour ce garçon qui semblait vouloir nager à contre-courant d'un fleuve dont il ignorait la force.

Pour le monde dont vous parlez, vous avez disparu à l'âge de onze ans. Vous n'avez aucun diplôme moldu, aucune existence légale dans leur système d'apprentissage ou de travail. Vouloir retourner vivre parmi eux sans utiliser la magie est une chose, mais y construire une carrière en est une autre... surtout sans risquer de compromettre le Secret Magique. Comment pensez-vous qu'un employeur vous regardera dès l'instant où il verra sur votre C.V. que vous n'avez pas été à l'école dès vos 11 ans, car pour beaucoup, il vous sera demandé une copie de votre diplôme...

Il s'approcha, son regard cherchant celui d'Elijah avec une sincérité désarmante. Aaron détestait véritablement cette position ; celle qui le plaçait en tant que méchant de l'histoire, en tant que briseur de rêve. Cela lui était insupportable, mais il se devait de dire la vérité à Elijah : rien ne revient à ce qu'il était avant pour un sorcier d'origine moldue.

Je ne dis pas cela pour vous décourager ou pour vous forcer à aimer ce château... On n'est pas obligé de l'aimer. Je le dis parce que je m'inquiète de vous voir tout rejeter de la sorte... Êtes-vous vraiment certain de vouloir faire un tel saut dans le vide ? De chercher au final des excuses pour couvrir cette absence administrative pour eux ?

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1 mai 2026, 16:25
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Lorsque les professeurs cessaient ce qu'ils étaient en train de faire pour reporter entièrement leur attention sur lui, Elijah sentait que ce qui allait suivre n'allait pas forcément lui plaire. Toujours appuyé sur la table derrière lui, il se mordit légèrement la joue inférieure en regardant Bagans d'un air teinté d'incompréhension. Et effectivement, le début de sa tirade n'indiquait rien de bon.

Comment ça, il avait disparu à l'âge de onze ans ? Il était bien là ! Il existait toujours ! Et puis, il rentrait chaque été d'abord, c'était bien qu'il vivait toujours là-bas, au moins un peu ! Il se sentait trahi. Personne ne lui avait dit tout cela avant. Pourquoi personne ne lui avait dit tout cela avant ? Il avait l'impression de tomber, d'être en pleine chute libre, et que cela ne s'arrêtait pas. Pas de diplôme. Pas même d'école. Rien de rien pour vraiment travailler chez les moldus.

Le garçon resta là, à regarder son professeur, d'un air un peu ahuri. Il lui fallut plusieurs secondes pour sortir du silence, et tenter de remettre son cerveau en marche tout en analysant tout ce qu'il venait d'apprendre.

- Mais... Je... commença-t-il avant de refermer la bouche.

Par Merlin toute l'horreur de sa situation venait de lui tomber dessus d'un coup. Un profond sentiment d'injustice le prit aux tripes, faisant monter en lui une colère désormais bien trop familière.

- Mais c'est pas juste ! J'voulais même pas v'nir moi ! J'voulais rester là-bas ! C'est M'dame Priddy qu'a dit... Elle a dit que si j'apprenais pas à contrôler la magie j'deviendrais un Obscurial et que j'allais mourir ! J'voulais même pas être un sorcier moi ! C'est marrant cinq minutes la magie mais j'm'en fiche ! J'étais mieux avant ! J'aurais qu'à dire que j'ai fait l'école à la maison, non ? Pis me faire un faux diplôme ? Ça se fait ça non ? Comme les fausses identités pour boire avant d'être majeur ! Tout l'monde sait ça !

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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil

28 mai 2026, 13:25
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Toute la frustration d'Elijah agit comme un électrochoc pour Aaron. Il découvrait d'une certaine manière tout ce que cet adolescent gardait en lui : la séparation avec sa famille, ses amis ; la colère de devoir rattraper tout ce dont les autres élèves sorciers avaient connaissance, mais aussi la simple menace de ne pas devenir autre chose que ce qu'il était. Et pourtant, Aaron se sentit immédiatement pris entre deux feux : celui de n'être encore qu'un professeur à la connaissance superficielle de ses élèves, et d'autre part être un sorcier qui avait sorti des centaines d'excuses aux Moldus afin de préserver le monde magique. Il ignorait donc totalement les méthodes qu'avaient utilisées les autres professeurs pour faire accepter leur condition de sorciers à des enfants nés chez les Moldus, mais cette méthode lui semblait particulièrement brutale, apportant avec elle un frisson de malaise et une profonde empathie pour l'adolescent.

Pour lui, Elijah souffrait d'un sentiment d'injustice ; cela paraissait totalement légitime. Mais d'un autre côté, il ne pouvait permettre à Elijah de franchir la ligne de la criminalité pour vivre un semblant de normalité. La sorcellerie faisait maintenant partie de lui, il ne pourrait s'en détacher indéfiniment, et Aaron se devait de le prévenir.

Tricher avec les diplômes moldus est une chose bien plus grave qu'une simple fausse carte d'identité pour entrer dans un pub, Cooper... Les gens n'engagent pas sans réelles compétences ; ils vous testent avant de vous embaucher : psychologiquement dans un entretien, mais aussi par vos compétences lors des périodes d'essai. Si vous n'y arrivez pas et que cela se voit que vous mentez, ils découvrent la supercherie. Et là, la justice moldue ne sera nullement clémente avec vous. Cela peut amener à des amendes élevées, mais aussi à des années de prison. Et je doute fortement que vous vouliez retourner à la vie moldue pour finir enfermé en cellule. De ce que je sais, les prisons moldues peuvent être parfois pires qu'Azkaban, et là, vous vous refermerez les portes du travail chez les Moldus tout seul...

Aaron s'interrompit, laissant le silence de la classe absorber la gravité de ses paroles. Mais au-delà de cette déjà dure réalité d'avenir, Aaron savait qu'il devait aussi reparler de l'Obscurial ; de cette menace qui avait lourdement pesé sur Elijah avant qu'il ne devienne un élève dans cette école. Il se devait de le rassurer, de trouver la raison qui le pousserait à accepter une deuxième fois ce choix de vivre parmi les sorciers. Elijah avait grandi depuis cette révélation sur sa condition, il était pleinement en âge de comprendre et de revoir ses choix.

Je ne connais le professeur Priddy que depuis le début de cette année scolaire, et j'ignore comment s'est déroulée votre rencontre... Ses paroles ont pu vous sembler d'une dureté sans nom, comme un chantage cruel pour vous forcer à venir. Mais je ne pense nullement qu'elle l'ait fait pour vous faire peur, mais pour vous donner la chance de vivre votre magie, d'en devenir le maître... Ce qu'elle vous a dit sur les risques de mort est la vérité, Elijah. Votre magie, si vous aviez continué à la brimer au fond de vous pour essayer de rester normal, elle vous aurait détruit, car cela aurait été elle qui vous maîtriserait. Vous ne seriez qu'une coquille d'une chose qui peut tout détruire sur son chemin... sans que vous ne vous en souveniez une fois redevenu humain... On ne vous a pas arraché à votre famille par pure cruauté, mais pour vous garder en vie, ainsi que vos proches qui n'auraient rien pu faire face à une telle puissance.

Il fit un pas discret vers l'adolescent, refusant de garder cette posture de censeur qui lui pesait tant, pour ne laisser place qu'à sa bienveillance naturelle.

Vous n'avez pas à oublier la plage, le volley ou votre vie d'avant... On n'efface pas ce que l'on est à onze ans. Mais pour construire la suite sans vous mettre en danger, vous devez accepter le sorcier que vous êtes aujourd'hui. Il existe des solutions légales pour lier vos deux mondes, si vous acceptez que l'on y travaille ensemble...

Vav-mi-ia.
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1 juin 2026, 14:30
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Les sourcils de l'adolescent se froncèrent plus encore lorsque l'enseignant lui affirma que les faux diplômes n'étaient pas à prendre à la légère et qu'il risquait gros. L'air boudeur sur son visage lui donnait un air plus enfantin qu'il ne l'était réellement, mais si ses joues se gonflaient ainsi, c'était simplement pour ne pas exploser complètement sous la colère qui l'envahissait, brûlant ses veines sans la moindre vergogne.

Pourquoi dès qu'il avait une solution on lui faisait remarquer qu'il fonçait droit dans un mur ? Evidemment qu'il ne voulait pas finir en prison. Mais après tout, pourquoi se ferait-il prendre ? Et puis, si le problème c'était qu'il ne suivait plus de scolarité moldue, mais qu'il savait désormais contrôler un minimum sa magie, peut-être pourrait-il partir de Poudlard pour reprendre les choses correctement dès maintenant sans risquer de devenir un Obscurial ?

Non, vraiment, Elijah n'était pas du tout en mesure d'accepter les propos que lui tenait Bagans. Encore moins d'en comprendre la teneur profonde. Il ne voyait là qu'une nouvelle limite qu'on lui apposait pour l'empêcher de vivre sa vie comme il l'entendait, tout ça à cause de cette fichue magie qui avait déjà gâché sa vie. Il avait accepté une fois, et il avait perdu son père. Il ne ferait pas deux fois la même erreur.

Ses poings se serrèrent, tandis que la suite du discours de Bagans sonnait comme étouffée à ses oreilles sous l'injustice profonde dont il était la cible. Alors que le professeur avança d'un pas, lui recula vivement, manquant de tomber sur son sac qu'il avait posé au sol. Sac dans lequel il donna un violent coup de pied pour l'envoyer valser plus loin comme s'il n'était rien d'autre qu'un vulgaire ballon de football.

- Mais j'm'en fous moi d'lier les deux mondes ! J'veux pas être un sorcier j'vous dis ! J'veux juste être normal ! hurla-t-il sur le pauvre professeur qui n'avait rien demandé.

Evidemment, Elijah ne se rendait pas compte qu'il était en train de s'en prendre au messager. Il ne voyait qu'un adulte de plus qui voulait gâcher sa vie. Il recula encore d'un pas, essoufflé sous la colère qui ne diminuait pas une seule seconde. Qu'est-ce qu'il pouvait la détester elle aussi. Il avait l'impression qu'elle ne le quittait plus jamais, qu'elle attendait le moindre petit moment pour ressurgir, le transformer en ce garçon qu'il ne reconnaissait pas, qu'il ne voulait pas être.

Il prit une profonde inspiration pour tenter de se calmer, sans réellement y parvenir. Il lança un regard noir à Bagans.

- Pis d'abord y'a que si on s'fait prendre qu'on va en prison, argumenta-t-il finalement en retrouvant son air boudeur. Pis si j'fais genre... Pianiste ou chanteur ou un truc du genre j'aurais même pas besoin de diplôme d'abord !

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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil

30 juin 2026, 02:55
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Le bruit mat du sac projeté à travers la pièce résonna telle une sentence, traînant après lui l'écho vibrant de la fureur d'un adolescent aux abois ; Aaron ne cilla pas, ne recula point. Il se contenta de recueillir cette détresse hurlée — ce refus viscéral d'une vie imposée — avec la patience d'un homme qui comprenait la légitimité d'une telle révolution.
J'veux pas être un sorcier, j'vous dis ! J'veux juste être normal ! Ces mots — terribles et cruels — firent un instant vaciller le professeur ; comment pouvait-on reprocher à un enfant l'envie de retrouver les vestiges de sa vie ordinaire quand le Monde Magique ne lui avait offert qu'une sensation de deuil, d'exil et d'une peur de devenir un monstre malgré lui ?

Lorsque Elijah se retrancha derrière des arguments se voulant moins magique — une idée presque touchante qu'un destin d'artiste le dispenserait de compte à rendre à la société —, Aaron sentit sa sévérité de censeur s’émousser complètement. Il n'était nullement agacé par le ton boudeur de l'adolescent. Au contraire ; ce dernier lui confirma ce qu'il soupçonnait : que derrière les poings serrés et les éclats de voix se cachait un garçon terrifié, qui cherchait désespérément une voie de secours dans un labyrinthe où chaque porte menant à une vie ordinaire chez les Moldus se retrouvait condamnée.

Le temps se fit un peu plus long, silencieux. Aaron contourna ensuite son bureau, non pas pour acculer l'adolescent, mais pour ramasser le sac à dos maltraité. Il le posa sur une chaise vide : un geste qui contrastait fortement avec la tempête émotionnelle que le centre de la pièce vivait.

Juste être normal... C'est tout ce que tu souhaites. Et c'est pour cela que tu dois réfléchir calmement, sans colère et avec un peu d'aide. Penses-tu vraiment qu'un pianiste ou même un chanteur n'a pas besoin de rendre de comptes ? Mais pour signer le moindre contrat avec une salle de concert, pour toucher le fruit de ton travail, il te faut comprendre la complexité de leur travail, de leurs lois, c'est un travail supplémentaire que tu te mets sur les épaules pour ne pas tomber dans une flaque de verracrasses. Veux-tu vraiment mentir et vivre dans la peur constante d'être découvert en public si le stress te ronge jusqu'à la moelle ?

Aaron fit un pas de côté, s'appuyant contre le rebord d'une table afin de rester dans une position bien plus stable, soumise à l'accessibilité, mais toujours empreinte de la responsabilité que son rôle de professeur lui incombait.

La seule option viable sur le long terme ; qui est honnête et sécurisante, c'est de te donner le temps de te t'accepter tel que tu es... Poudlard n'est pas une prison à perpétuité, c'est un lieu pour apprendre à maîtriser ce qui te dépasse encore. Si tu acceptes d'apaiser cette magie qui bouillonne en toi pour qu'elle ne soit plus jamais un danger pour toi et tes proches, tu auras la maturité nécessaire pour aborder le monde sans avoir peur de ta magie et de toi. Rien ne t'empêche — pour les années qu'il te reste — d'utiliser ce temps pour te connaître vraiment : continuer tes passions, préserver le lien entre ce que tu aimes et les personnes à qui tu tiens. Mais aussi d'appréhender tes pouvoirs. Et le moment venu, lorsque tu te sentiras maître de tout cela, peut-être que tu pourras choisir la vraie vie que tu voudras mener. C'est un chemin long et difficile... Mais c'est le seul qui te garantira la liberté que tu mérites, sans te mettre en danger...

Vav-mi-ia.
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3 juil. 2026, 16:06
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Elijah suivait l'homme du regard, comme un animal sauvage qui s'attendait à tout moment à devoir prendre la fuite. Mais il n'y eut aucune colère en face pour répondre à la sienne. Aucune leçon quant au fait qu'il n'avait pas le droit de crier ainsi sur un professeur. Juste son sac, ramassé, et posé délicatement sur une chaise comme si c'était là la seule chose qui importait vraiment, que de rendre à ce sac à dos un peu de dignité.

Bizarrement, ce geste eut pour effet de calmer un peu la colère sourde de l'adolescent. Parce qu'il paraissait déplacé, presque incongru. Suffisamment pour s'y accrocher, pour voir dans le chaos dans lequel il avançait en permanence, un peu d'ordre. Il recula encore une fois. Non pas pour s'éloigner de Bagans, mais plus comme si prendre littéralement du recul allait lui permettre d'entendre raison.

- Mais ma mère elle connait tout ça ! Elle pourra m'aider. Elle sait comment ça marche, pis j'ai une existence là-bas moi ! J'ai pas disparu à mes onze ans c'est n'importe quoi ! Pis comment ils pourraient savoir quoi que ce soit d'abord ?

Non, vraiment, Elijah refusait d'entendre les arguments de son professeur. Il ne voyait pas pourquoi il ne pourrait pas faire ce qu'il voulait, et oublier purement et simplement cette fichue magie qui ne faisait que lui gâcher la vie.

- En plus j'la maîtrise déjà ma magie ! J'sais lancer les sorts en cours et tout c'est bien que j'sais faire ! Pis j'suis pas dangereux, faut arrêter d'dire ça !

C'était typiquement le genre de mot qui le renvoyait directement vers son père et ce qu'il lui avait dit quand Elijah avait essayé de lui parler. Qu'il ne voulait pas qu'il s'approchât de sa famille parce qu'il était dangereux.

- J'ai pas b'soin d'attendre pour savoir c'que j'veux faire ! En plus suffirait que j'me fasse virer d'ici et j'aurais pas l'choix que d'aller chez les moldus !

Apparemment, attendre les ASPICs n'était plus vraiment une solution pour le garçon : il refusait de disparaître trop longtemps du monde qu'il considérait vraiment comme le sien.

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Reelijah 4ever - Prince des Flammes - Préfubbies soleil

5 juil. 2026, 22:15
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La provocation d'Elijah fut suivie d'un silence palpable, lourd d'une électricité que la colère de l'adolescent avait semée dans la salle de classe ; Aaron ne bougea pas d'un poil, mais au fond de lui, ses sentiments venaient de changer de polarité : la mention d'un sabotage volontaire afin de se faire renvoyer venait d'enclencher le franchissement de la ligne rouge de la patience d'Aaron. Ce n'était plus de la détresse — c'était de l'inconscience pure — et Aaron ne pouvait plus se permettre de caresser le déni d'Elijah dans le sens du poil.

Il se redressa — lentement d'abord — quittant le rebord de la table sur laquelle il était appuyé ; l'attitude décontractée d'Aaron s'évanouit, elle fut remplacée par une stature bien plus droite et bien plus imposante de l'homme qui, avant de devenir professeur, avait dû faire face à la réalité bien plus sombre de leur monde ; aux paroles d'un père qui n'avait que faire du monde des Moldus et à la passion d'une mère pour ces derniers afin d'ouvrir l'esprit de ses enfants à la bienveillance et à la compréhension de chacun... Les yeux noisette d'Aaron, d'ordinaire si prompts à la douceur, se fixèrent sur Elijah avec une teinte glaciale, prêts à découper cette colère comme une lame de rasoir.

Il suffirait de te faire renvoyer ? Penses-tu vraiment que le monde magique fonctionne ainsi ? Que si tu venais à enfreindre les règles, on te rendra simplement ton sac en te souhaitant simplement une bonne continuation ?

Sa voix ne résonnait pas plus fort, mais elle était bien plus assombrie, chargée d'une autorité si semblable à celle que Logan — son père — entretenait avec lui ; une de celle qui ne laissait droit à aucune réplique et qui coupait court à toute tentative enfantine. Aaron n'en pouvait plus qu'il en avait — encore une fois — fait fi du vouvoiement que son rôle lui forçait d'utiliser.
Son pas fut lourd lorsqu'il se dirigea vers Elijah ; la bienveillance était toujours là, mais elle était tapie au fond de son engagement pour lui tout en s'armant d'une lucidité brutale : Aaron refusait de le laisser s'autodétruire par pure fierté.

Si tu te fais renvoyer d'ici pour avoir sciemment exposé notre monde ou refusé d'être en apprentissage, la sentence ne sera pas un simple retour à la case départ. Le Conseil brisera tout bonnement ta baguette ; ils effaceront une partie de la mémoire de TA famille si elle est jugée incapable de garantir le Secret Magique, et tu passeras le restant de tes jours sous la surveillance de CE monde que TU repousses. Tu ne seras pas libre, Elijah ! Bordel, tu seras considéré comme UN paria ; UN danger public que l'on garde à l'œil telle une bombe à retardement.

Il mesurait chaque mot, refusant de fléchir face à cette terreur grandissante chez Elijah ; mais, la vérité pouvait être un poison nécessaire si elle pouvait permettre à Elijah d'éviter le pire, car — pour Aaron — chaque proposition d'esquive paraissait de plus en plus critique, voire irréfléchie.

Et ne me dis plus jamais que tu ne seras pas dangereux pour un Moldu, nous le sommes tous que nous le voulions ou non. Et ce n'est pas parce que tu as un mauvais fond — tu as l'un des cœurs les plus immenses que j'ai pu voir en classe —, mais parce que tu te forces à ignorer ce que la magie fait véritablement à ceux qui la rejettent. Tu crois la maîtriser parce que tu réussis tes sortilèges dans le cadre sécurisé de tes cours, mais c'est de la pure arrogance, Elijah. La magie est une force vivante. Si tu t'obstines à refuser de l'intégrer à qui tu es, si tu la bloques pour paraître normal aux yeux des autres, elle finira par exploser, que tu le veuilles ou non. Et ce jour-là... ce jour-là, ce ne sera pas ton sac à dos qui volera au bout d'une pièce, mais tout ce qui t'entoure... ta famille comprise.

Le ton d'Aaron s'adoucit sur la fin, non par faiblesse, mais pour laisser sa mise en garde s'installer dans l'esprit d'Elijah. Il ne le lâchait pas du regard, attendant de voir si la raison allait enfin percer cette carapace de colère qui s'était installée férocement autour de l'adolescent.

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6 juil. 2026, 16:45
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Malgré la rage qui le tiraillait, Elijah ne put que ressentir le changement chez son professeur. Là où il restait calme et compréhensif quelques minutes auparavant, lui aussi semblait avoir cédé à la colère. Au fond de lui, l'adolescent éprouva comme une pointe de satisfaction mesquine à l'avoir amené sur ce terrain glissant, comme si c'était là son seul but depuis le début, dans un plan de vengeance pathétique visant à ce que le monde entier expérimentât la même douleur que lui.

Mais la satisfaction fut de courte durée. La réalité la suivit, et le frappa de plein fouet. Bagans le comprenait parfaitement mais lui coupait ouvertement le déni salvateur dans lequel il tentait tant bien que mal de s'enfoncer. L'adolescent le regarda s'approcher, avec une lueur de défi dans le regard. Son attitude bravache ne servait pourtant qu'à cacher la terreur qu'il ressentait. Il recula de nouveau, comme pour maintenir une distance de sécurité, en même temps qu'un semblant de contrôle alors que tout lui échappait.

Les poings serrés, les mâchoires crispées à lui en faire mal, il avait simplement envie d'hurler à Bagans de se taire. Qu'il n'avait pas besoin d'entendre tout ça, qu'il le refusait. Lorsqu'enfin il se tut, Elijah le pointa du doigt.

- VOUS MENTEZ ! hurla-t-il avec force. Parce que c'était bien là tout ce qu'il pouvait accepter. Que l'homme mentait, et qu'il retrouverait sa vie, la vraie, celle qu'il avait avant.

Il y avait quand même quelques mots auxquels il s'était accroché comme à une bouée au milieu de l'océan dans lequel il se noyait.

- Pis moi, j'veux bien qu'on enlève sa mémoire à mon père. S'il sait pas que j'suis un sorcier, tout redeviendra comme avant.

Effacer la mémoire de son père, ce serait lui rappeler qu'il l'aimait, là où la conserver, c'était continuer de sombrer dans l'oubli pour lui. C'était peut-être la seule chose qui comptait, finalement.

- Et j'ferais jamais d'mal à ma mère vous dites trop n'importe quoi. Pis t'façon ça changera rien. Là-bas j'suis le type qu'est jamais là parce qu'il est dans un internat. Ici j'suis juste un sans statut. Ou un sang d'bourbe.

Son sang chez les sorciers était comme son métissage chez les moldus. Ni tout à fait blanc, ni tout à fait noir. Un entre deux accepté par personne. Et il en avait sa claque.

- J'suis pas arrogant. Pis j'suis pas dangereux. C'juste votre monde qui craint. Et c'est dégueulasse d'vouloir m'forcer à en faire partie.

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