14 avr. 2026, 19:41
Un éclat familiale
Poudlard – Volière,
24 octobre 2050
Lundi – soir
24 octobre 2050
Lundi – soir
La Lune
Sans rancune aucune
Car le Soleil la chérit.
Elle a fait sa fortune.
À l’ombre de celui-ci.
Même à n’être qu’une
Plusieurs est la Lune
Chaque nuit elle varie.
Selon humeur et envie.
— Stéphen Moysan
Sans rancune aucune
Car le Soleil la chérit.
Elle a fait sa fortune.
À l’ombre de celui-ci.
Même à n’être qu’une
Plusieurs est la Lune
Chaque nuit elle varie.
Selon humeur et envie.
— Stéphen Moysan
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C'est avec une excitation palpable que la jeune première année, le cœur battant d'anticipation, monte les marches de pierre froide presque en courant, ses pas résonnant dans le silence de la nuit, jusqu'à la volière. Son pendentif en forme de croissant de lune, délicatement suspendu autour de son cou, renvoie par petits éclats scintillants la lumière douce et argentée de l'astre lunaire, créant une aura presque magique autour d'elle.
Elle l'a reçu ce matin dans un petit colis soigneusement emballé, envoyé pour célébrer son anniversaire, apporté avec soin par un grand-duc majestueux. Le petit paquet, bien que modeste, avait réchauffé son cœur, lui apportant un réconfort inestimable en cette journée où elle ne pouvait pas le fêter avec sa famille bien-aimée. Les choco-grenouilles, une photo de sa famille souriante, et les petits mots tendres de chacun d'eux, avaient fait naître un sourire radieux sur ses lèvres fines, illuminant son visage d'une joie sincère. La nouvelle partition, un cadeau de son père, l'avait presque fait tomber de sa chaise tant elle était excitée à l'idée de l'essayer !
Cependant, le petit écrin en velours, délicatement confectionné et venant de sa mère, l'avait laissée pantoise, les yeux écarquillés d'émerveillement. Dans la petite boîte de velours, une chaîne fine en argent, d'une élégance rare, ornée d'un pendentif en croissant de lune, avait fait manquer un battement à son palpitant, une émotion intense l'envahissant. Combien de fois l'avait-elle vu, ce même pendentif, scintillant autour du cou de sa mère et de feu sa grand-mère, symbolisant un lien familial profond et précieux ? Ce bijou, chargé de souvenirs et d'amour, lui rappelait à quel point elle était entourée de tendresse, même à distance.
Aussi l'avait-elle passé à sa nuque le plus rapidement qu'elle le pouvait avec les mains tremblantes. Puis son regard aigue-marine s'était posé sur l'écriture fine et serrée de sa mère.
Ma petite flamme, depuis des générations notre famille se transmet d'une femme, d'une sœur, d'une sorcière à l'autre, ce croissant d'argent. Aujourd'hui ce fil qui nous lie les unes aux autres se tisse, mêlant notre magie à la tienne. Un jour à ton tour tu le transmettras, mais tu as encore du temps pour cela, alors en attendant, puisse notre mère Lune toujours veiller sur toi.
Je t'aime,
Maman.
Toute cette journée, bien que joyeuse, lui avait paru démesurément longue, comme étirée par l'impatience. Axelle avait éprouvé les pires difficultés à fixer son attention durant les cours, son esprit vagabondant sans cesse. Une fois les derniers devoirs terminés, elle avait occupé le temps en rangeant méticuleusement chaque recoin de sa chambre. La jeune brune avait ensuite, avec une tendre solennité, déposé sa nouvelle photographie et ses précieux petits mots dans son espace du dortoir, avant de s'installer pour écrire sa réponse.
Elle y avait mis tout son cœur, recommençant plusieurs fois, insufflant à l'encre un flot d'anecdotes sur le château, ses tours majestueuses, les camarades aux caractères si variés, les cours fascinants, et surtout, son impatience vibrante de tous les revoir pour les prochaines vacances.
Satisfaite enfin, elle avait glissé la lettre pliée dans sa poche, déterminée à la confier à un hibou dès la fin du festin.
C'était précisément la raison de sa présence ici, maintenant, dans la nuit pleine et entière, sous la lumière pâle et scintillante des étoiles. Perdue dans la vaste volière, elle grelottait, regrettant amèrement, dans sa précipitation, d'avoir oublié son manteau. L'odeur âcre et poussiéreuse des plumes, propre aux chouettes de l'école, lui picotait les narines malgré les grandes arches ouvertes dans les hauts murs de pierre. Mais rien ne pouvait entamer sa joyeuse excitation. Concentrée, la jeune fille de la maison Verte et Argent entreprit d'examiner les différents rapaces juchés dans leurs alcôves, cherchant celui qui, d'un regard sage ou d'un hululement complice, accepterait de porter son message.
De grands yeux or arrêtèrent les siens et, sortant de sa poche un morceau de miam-hiboux et sa lettre, elle entreprit de confier le pli à la chouette aux plumes blanche et grise, plus grise que blanche d'ailleurs.
— Bonsoir mon ami, j'aimerais bien envoyer une lettre, tu te sentirais de faire un petit vol nocturne ?
L'animal la regarda un instant avant d'huhuer dans sa direction, et de se poser gentiment sur son bras, chippant la friandise au passage et attendant patiemment que l'élève attache son courrier.
— Merci à toi, tu n'es pas obligé d'attendre une réponse pour rentrer.
D'un nouveau cri perçant, le rapace secoua avec fougue son plumage ébouriffé, comme pour affirmer : "J'ai compris, laisse-moi enfin prendre les airs, ma petite." Puis, d'un élan puissant, il s'élança dans le ciel. Il décrivit alors de larges cercles aériens, d'une grâce infinie, et la jeune femme aux cheveux bruns, comme à chaque fois qu'elle observait ses oiseaux, ne put réprimer un sentiment d'admiration devant tant de beauté sauvage.
Après avoir semblé évaluer avec sagacité la direction des courants les plus favorables, l'oiseau majestueux choisit sa route et s'éloigna, ses ailes battant l'espace avec une lenteur pleine de dignité.
Le regard obstinément rivé sur la créature jusqu'à ce qu'elle se fonde dans les lointains de l'horizon, la jeune sorcière porta instinctivement une main à son pendentif. Une étrange sérénité envahit son cœur tandis qu'elle levait brièvement les yeux vers la lune. Celle-ci, ronde et lumineuse, semblait bel et bien veiller sur elle avec une bienveillance silencieuse, comme une gardienne céleste et rassurante dans la vaste étendue nocturne.
1ʳᵉ année RP – Promo 2050-2051 – Fiche PR 𝄞
"Lorsque l'on se cogne la tête contre un pot et que cela sonne creux, ce n'est pas forcément le pot qui est vide." Confucius
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