Il faut parler juste
DÉBUT JANVIER 2051
PRÉCÉDEMMENT
PRÉCÉDEMMENT
Maxine avait eut besoin de plusieurs semaine mais aussi de parler avec ses meilleures amies de toujours - Ella et Lucy - pour d'une part faire le point sur ce qu'elle avait ressenti ce fameux jour de novembre où Niall avait mis fin à leur relation. Et d'autre part se résoudre au fait qu'elle avait définitivement besoin d'en reparler avec lui. Elle avait pris le temps de rentrer chez elle, de reprendre ses marques en Angleterre et de revoir celles et ceux qui comptaient pour elle mais maintenant que sa vie avait repris son cours normal - ou presque - il était temps d'aller au devant du brun et de chercher la discussion.
La canadienne avait pas mal tergiversé sur quand et surtout où elle allait chercher à l'aborder. Parce qu'elle se doutait que s'il elle lui faisait une invitation formelle alors les chances qu'il se défile étaient plus importante. Son travail avait été une option qu'elle avait longtemps considéré. Mais c'était prendre le risque de le mettre en porte-à-faux avec son employeur ou sa collègue ou de générer des questions. Mais elle ne lui souhaitait pas ça, quand bien même elle avait été blessée par ce qu'il avait pu dire. Cette option éloignée il ne lui en restait pas énormément qui soit suffisamment sûre pour être certaine de le trouver. Alors quitte à attendre longtemps s'il avait décidé de passer dans un lieu ou un autre, la québécoise avait opté pour l'attendre à proximité de sa maison. Il allait bien finir par rentrer et elle pourrait aller au devant de lui. Quitte à attendre quelques heures. Et si ça n'était pas ce soir, elle reviendrait, ou reverrait sa stratégie. Une chose était sûre, elle avait besoin qu'ils s'expliquent.
@Niall O'Barden
Le titre est un extrait de citation d'Hamlet - Shakespeare
Modératrice - Professeur de vol depuis le 17/04/2049 - DDM de Gryffondor (du 17/04/2049 au 26/04/2050) - color=#b07d15.
Il faut parler juste
En fermant la boutique ce soir, Niall avait plaisanté avec le gérant – passé régler quelques formalités – et avait haussé les épaules lorsque la question sur ce qu'il comptait faire ce soir lui avait été posée. Il avait pris le temps d'y réfléchir quelques secondes, avait envisagé l'idée de découvrir les dernières sorties littéraires avant qu'il n'ait à les mettre en vitrine, pour finalement se laisser l'option de choisir sur le moment. Du moins, c'était ce qu'il avait répondu à Oscar Bolen, car rien ne l'avait préparé à répondre : une discussion avec Maxine m'attend.
Tout le mois de décembre, il s'y était préparé. Chaque soir et presque chaque matin, Niall observait les devants de Fleury & Bott ou de chez lui, se demandant – espérant ? – si Maxine l'y attendrait. A chaque coup de baguette qu'il lançait, il se rassurait – se désolait ? – en pensant que ce n'était pas pour aujourd'hui. Et puis après le bal de Godric's Hollow, voyant qu'aucun des deux n'avait osé faire le premier pas, il s'était résolu à l'idée qu'aucun des deux ne le ferait. Il lui était difficile de savoir si la situation lui convenait, puisqu'en réalité, il ne se le demandait pas. Il était bien plus facile de jeter d'un revers de main toute tristesse et remord plutôt que de les affronter, ainsi c'était précisément ce qu'il avait fait. Le déni le berçait, le réconfortait, l'embrassait, l'aimait et lui assurait que tout irait bien.
Evidemment, c'était sans compter sur le fait que le fonctionnement de Max était différent. Il y a un mois, apercevoir la femme de loin n'aurait pas provoqué la même douleur que ce que Niall venait de ressentir au moment où la petite montée du village avait été franchie. Il y a un mois, Niall s'y attendait. Aujourd'hui, ses pieds s'étaient arrêtés deux secondes, permettant ainsi à l'Irlandais d'analyser la situation (de se demander si fuir était encore possible) et avaient repris leur marche bien plus lente et bien moins dynamique que le rythme imposé plus tôt. Aujourd'hui, et durant ces trois cent mètres qu'il restait, Niall ordonnait à son cerveau de réfléchir le plus vite possible, de retrouver le texte qu'il avait écrit et répété durant tout le mois de décembre, de trouver la force de ne pas fuir, de ne pas transplaner. Pourquoi Merlin fallait-il qu'il prenne chaque fois ce chemin plutôt que transplaner directement chez lui ?
Les pas avaient inévitablement rejoint la cible, laissant peut-être leur hôte à trois cent mètres de là, et il était désormais impossible de penser que Niall ne rentrerait pas chez lui ce soir. Désormais, il y avait deux scénarios possibles : feindre la surprise (bien qu'en partie vraie), demander si elle avait peut-être oublié quelque chose chez lui (et espérer naïvement gagner quelques minutes) ou ...
– Bonjour.., commença-t-il doucement. Tu attends dans le froid depuis longtemps ? Tu veux entrer ? Il pointa la porte de son index ganté. Ou tu préfères marcher peut-être ?
Les deux options lui iraient de toute manière, même s'il en préférait une plus que l'autre. Les tonalités angoissées de Niall, bien qu'il s'efforçaient de les cacher, ne manqueraient pas d'être perceptibles si Maxine l'avait bien observé durant les quelques mois de leur relation. Et dans ces mots, il y avait un Niall qui n'avait pas besoin de demander la raison de sa visite, les deux savaient très bien pourquoi. Il estimait simplement être en droit de gagner quelques secondes pour se préparer à ce qui l'attendait dans cet échange. Dans ces quelques secondes qu'il tentait alors d'obtenir, il s'autorisait enfin à plonger son regard dans celui de Maxine. Ses pupilles brunes avaient une couleur différente, ce soir. Dans son regard, il pouvait presque faire défiler les images de novembre une à une ; il pouvait revoir sa réaction, son départ et réentendre les quelques mots qui n'avaient eu aucune suite et qu'il avait tenté de reconstruire des jours durant. Il pouvait presque tout revoir, mais il se retint d'en faire tout commentaire. Au lieu de cela, il se contenta d'un léger sourire signifiant qu'il était heureux de la revoir.
Tout le mois de décembre, il s'y était préparé. Chaque soir et presque chaque matin, Niall observait les devants de Fleury & Bott ou de chez lui, se demandant – espérant ? – si Maxine l'y attendrait. A chaque coup de baguette qu'il lançait, il se rassurait – se désolait ? – en pensant que ce n'était pas pour aujourd'hui. Et puis après le bal de Godric's Hollow, voyant qu'aucun des deux n'avait osé faire le premier pas, il s'était résolu à l'idée qu'aucun des deux ne le ferait. Il lui était difficile de savoir si la situation lui convenait, puisqu'en réalité, il ne se le demandait pas. Il était bien plus facile de jeter d'un revers de main toute tristesse et remord plutôt que de les affronter, ainsi c'était précisément ce qu'il avait fait. Le déni le berçait, le réconfortait, l'embrassait, l'aimait et lui assurait que tout irait bien.
Evidemment, c'était sans compter sur le fait que le fonctionnement de Max était différent. Il y a un mois, apercevoir la femme de loin n'aurait pas provoqué la même douleur que ce que Niall venait de ressentir au moment où la petite montée du village avait été franchie. Il y a un mois, Niall s'y attendait. Aujourd'hui, ses pieds s'étaient arrêtés deux secondes, permettant ainsi à l'Irlandais d'analyser la situation (de se demander si fuir était encore possible) et avaient repris leur marche bien plus lente et bien moins dynamique que le rythme imposé plus tôt. Aujourd'hui, et durant ces trois cent mètres qu'il restait, Niall ordonnait à son cerveau de réfléchir le plus vite possible, de retrouver le texte qu'il avait écrit et répété durant tout le mois de décembre, de trouver la force de ne pas fuir, de ne pas transplaner. Pourquoi Merlin fallait-il qu'il prenne chaque fois ce chemin plutôt que transplaner directement chez lui ?
Les pas avaient inévitablement rejoint la cible, laissant peut-être leur hôte à trois cent mètres de là, et il était désormais impossible de penser que Niall ne rentrerait pas chez lui ce soir. Désormais, il y avait deux scénarios possibles : feindre la surprise (bien qu'en partie vraie), demander si elle avait peut-être oublié quelque chose chez lui (et espérer naïvement gagner quelques minutes) ou ...
– Bonjour.., commença-t-il doucement. Tu attends dans le froid depuis longtemps ? Tu veux entrer ? Il pointa la porte de son index ganté. Ou tu préfères marcher peut-être ?
Les deux options lui iraient de toute manière, même s'il en préférait une plus que l'autre. Les tonalités angoissées de Niall, bien qu'il s'efforçaient de les cacher, ne manqueraient pas d'être perceptibles si Maxine l'avait bien observé durant les quelques mois de leur relation. Et dans ces mots, il y avait un Niall qui n'avait pas besoin de demander la raison de sa visite, les deux savaient très bien pourquoi. Il estimait simplement être en droit de gagner quelques secondes pour se préparer à ce qui l'attendait dans cet échange. Dans ces quelques secondes qu'il tentait alors d'obtenir, il s'autorisait enfin à plonger son regard dans celui de Maxine. Ses pupilles brunes avaient une couleur différente, ce soir. Dans son regard, il pouvait presque faire défiler les images de novembre une à une ; il pouvait revoir sa réaction, son départ et réentendre les quelques mots qui n'avaient eu aucune suite et qu'il avait tenté de reconstruire des jours durant. Il pouvait presque tout revoir, mais il se retint d'en faire tout commentaire. Au lieu de cela, il se contenta d'un léger sourire signifiant qu'il était heureux de la revoir.
Il faut parler juste
Elle n'eut finalement pas à attendre si longtemps que ça avant de voir Niall apparaître dans la rue. En revanche, elle fut bien incapable d'aller au devant de lui. Même si elle était fermement résolue à ce qu'ils parlent - vraiment - sa détermination en prenait un coup en voyant sa silhouette. Le deuil de cette relation interrompue sans qu'elle ne le voit venir était loin d'être fait. Et ça lui serait le cœur, le bide... le corps entier même. Et l'esprit. Sa gorge s'assécha d'un coup et déglutir devint un effort. Sa respiration commença à devenir irrégulière. En reprendre le contrôle lui demanda toutes ses facultés alors que ses yeux ne pouvaient se détacher du brun qui avait stoppé sa progression avant de la reprendre si lentement qu'un musard aurait certainement put le dépasser. Maxine patienta, se concentrant plutôt pour garder un maximum - ou un minimum - de contenance.
- "Salut," le premier mot fut certainement le plus dur à sortir, d'une voix légèrement rauque et instable, les suivants gagnèrent doucement - très doucement - en fluidité. A la première question elle fit un signe négatif de la tête. Parce que ça ne faisait pas si longtemps qu'elle était là et que, malgré ce qu'elle pouvait dire, le froid humide de cette région du monde restait bien peu de choses contre sa cape canadienne. "Je..." Elle hésita un instant, avisant la porte de la maison du libraire qui se dessinait dans le coin de son œil. Entrer ou marcher. "Marcher." Dit-elle finalement en manquant encore d'assurance quoique certaine que de pouvoir bouger l'aiderait à avoir les idées plus claires et donc une discussion plus sereine, ou posée. Plus efficace. Oui, ça serait mieux, pour elle au moins. "Je préfère." Ajouta-t-elle doucement en vérifiant sur le visage de son ancien amant s'il validait l'option.
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- "Salut," le premier mot fut certainement le plus dur à sortir, d'une voix légèrement rauque et instable, les suivants gagnèrent doucement - très doucement - en fluidité. A la première question elle fit un signe négatif de la tête. Parce que ça ne faisait pas si longtemps qu'elle était là et que, malgré ce qu'elle pouvait dire, le froid humide de cette région du monde restait bien peu de choses contre sa cape canadienne. "Je..." Elle hésita un instant, avisant la porte de la maison du libraire qui se dessinait dans le coin de son œil. Entrer ou marcher. "Marcher." Dit-elle finalement en manquant encore d'assurance quoique certaine que de pouvoir bouger l'aiderait à avoir les idées plus claires et donc une discussion plus sereine, ou posée. Plus efficace. Oui, ça serait mieux, pour elle au moins. "Je préfère." Ajouta-t-elle doucement en vérifiant sur le visage de son ancien amant s'il validait l'option.
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Il faut parler juste
Niall observait tout : les gestes, les regards, les inspirations et expirations. Niall entendait tout : les mots seuls, les hésitations, le débit et l'intonation. Niall observait et écoutait tellement tout qu'il n'avait plus rien en lui pour se concentrer sur sa protection à lui. Tous ses stratagèmes, tout ce qu'il savait si bien faire et qui servait si bien en société, il n'y a presque plus rien ; plus rien d'autre que les émotions de Maxine, et c'était bien une première.
Marcher, avait-elle fini par trancher. Et il préférait autant qu'elle, car rester à l'intérieur lui aurait assuré – aussi étonnant que cela puisse paraître – une fuite parfaite. Le froid, la marche et un environnement plus inconnu lui permettaient au moins d'offrir à Maxine une explication décente. Du moins, c'est ce qu'il espérait, mais à chaque fois qu'il tentait d'ouvrir la bouche pour commencer à parler, ses mots se perdaient dans la vapeur que le froid créait. La trace de ses tentatives restaient bien visibles quand aucun mot n'était audible. Tout ce que les deux pouvaient bien entendre était le seul bruit de leur pas contre les pavés bruns et enneigés de Loutry.
Niall ne savait pas tellement si son silence était le témoin de sa peur d'amorcer le dialogue ou un signe de respect. Lui devait-il le silence après ce qu'il lui avait dit pour la quitter ? Ou au contraire, était-ce justement à lui de faire le premier pas ? Celui qui s'entend autrement que par la neige contre sa botte. Peut-être – sûrement – était-ce alors par lâcheté qu'il n'avait rien dit, que ses lèvres s'étaient refermées à chacune de ses tentatives. Tant pis, il attendrait que Maxine parle puisque de toute évidence il n'y arrivait pas. En témoignaient d'ailleurs la petite moue gênée, les regards presque constants vers leurs pieds et ses mains fourrées dans ses poches. S'il y avait bien une chose certaine à cet instant, c'était que le corps entier de l'Irlandais se refusait à parler.
Marcher, avait-elle fini par trancher. Et il préférait autant qu'elle, car rester à l'intérieur lui aurait assuré – aussi étonnant que cela puisse paraître – une fuite parfaite. Le froid, la marche et un environnement plus inconnu lui permettaient au moins d'offrir à Maxine une explication décente. Du moins, c'est ce qu'il espérait, mais à chaque fois qu'il tentait d'ouvrir la bouche pour commencer à parler, ses mots se perdaient dans la vapeur que le froid créait. La trace de ses tentatives restaient bien visibles quand aucun mot n'était audible. Tout ce que les deux pouvaient bien entendre était le seul bruit de leur pas contre les pavés bruns et enneigés de Loutry.
Niall ne savait pas tellement si son silence était le témoin de sa peur d'amorcer le dialogue ou un signe de respect. Lui devait-il le silence après ce qu'il lui avait dit pour la quitter ? Ou au contraire, était-ce justement à lui de faire le premier pas ? Celui qui s'entend autrement que par la neige contre sa botte. Peut-être – sûrement – était-ce alors par lâcheté qu'il n'avait rien dit, que ses lèvres s'étaient refermées à chacune de ses tentatives. Tant pis, il attendrait que Maxine parle puisque de toute évidence il n'y arrivait pas. En témoignaient d'ailleurs la petite moue gênée, les regards presque constants vers leurs pieds et ses mains fourrées dans ses poches. S'il y avait bien une chose certaine à cet instant, c'était que le corps entier de l'Irlandais se refusait à parler.