L’hérédité des têtes de mules
Mars 2051.
Après son passage de plusieurs jours à l'infirmerie de Poudlard.
PNJs actifs présents : Ludwig et Garwen Rosenwald.
Après son passage de plusieurs jours à l'infirmerie de Poudlard.
PNJs actifs présents : Ludwig et Garwen Rosenwald.
La porte se referma dans un souffle discret derrière le médicomage. Le silence qui suivit n’était pas simplement une absence de bruit — c’était une présence, froide, clinique. Tout, dans cette chambre, l’était. Les draps trop blancs, tirés sans un pli. L’odeur presque inexistante, vaguement stérile. La lumière, réglée pour ne jamais être agressive, ni vraiment chaleureuse. Morgan resta assise sur le bord du lit, les mains posées de part et d’autre d’elle, les doigts légèrement enfoncés dans le drap.
Ce lieu n’était pas à elle. Rien ici ne lui appartenait. Rien ne portait la moindre trace de ce qu’elle était avant. Et c’était peut-être ça, le plus insupportable. Après huit mois passés ailleurs — ailleurs sans repères, sans certitudes, sans continuité — elle n’avait aucune envie d’échanger un inconnu contre un autre, même plus confortable.
Elle voulait rentrer. Retrouver le poids familier du silence chez elle. Les objets à leur place. Les livres qu’elle n’avait pas terminés. Les choses laissées en suspens — volontairement ou non. Elle avait besoin de ça pour remettre les choses en ordre. Pour se remettre en ordre.
Elle n’avait pas survécu pour finir enfermée ici. Le temps passa sans qu’elle le mesure vraiment, étiré dans cette immobilité qu’elle maîtrisait trop bien désormais. Puis la porte s’ouvrit à nouveau. Elle ne tourna pas la tête. Elle savait.
Deux silhouettes entrèrent. Leurs pas, leur manière d’occuper l’espace — rien n’avait changé à l'ambiance de la chambre avant la visite médicale. Garwen s’avança jusqu’à elle alors que Ludwig resta en retrait, choisissant un fauteuil trop bas pour lui. Comme toujours, il s’effaçait sans disparaître complètement.
Morgan releva légèrement les yeux.
Son regard croisa celui de Ludwig une fraction de seconde. Un relâchement presque imperceptible dans ses épaules. Elle détourna les yeux la première.
« Acceptable. »
Le mot tomba, net de la bouche de sa grand-mère. Elle avait visiblement discuté avec le médicomage avant d’entrer. Morgan releva légèrement le menton. Acceptable. Elle laissa échapper un souffle par le nez, presque inaudible.
« J’imagine que je peux m’estimer chanceuse — je ferai encadrer le diagnostic. »
Garwen ne releva pas.
« Huit mois. » Elle commença à faire des pas dans la chambre. « Huit mois dans un environnement dont nous ne savons rien. Des effets inconnus. Des séquelles potentielles. Et l’on me parle d’un état… acceptable. »
Morgan soutint son regard.
« Je suis sortie, vivante. C’est déjà plus que ce que la plupart des scénarios envisageaient, je crois. »
Un silence, bref.
« Vous resterez ici. »
Morgan inspira profondément.
« Je vous l’ai déjà dis. Non. »
La tension se resserra immédiatement, comme un fil qu’on tire d’un coup sec. Du coin de l’œil, elle vit Ludwig relever légèrement la tête. Elle sentit son attention se fixer, sans qu’il n’intervienne. Comme s’il allait se risquer à affronter la tempête.
« Non ? »
Morgan se redressa un peu plus. Son corps protesta elle n’en montra rien. Elle n’en montrerait rien. Pas ici. Pas devant elle.
« Je ne resterai pas ici. » Ses doigts quittèrent le drap, lentement. « Pas enfermée. Pas sous surveillance constante. Je veux rentrer chez moi. »
Le regard de Garwen ne bougea pas.
« Votre appréciation de la situation est… biaisée.
-- Probablement. Morgan haussa légèrement une épaule. Mais elle est mienne. Et jusqu’à preuve du contraire, c’est la seule qui compte pour l’administration de ce fichu hôpital.
-- Vous n’êtes pas en état de décider seule ! »
Le regard de l’héritière glissa brièvement vers la porte. Puis elle revint à elle.
« Je rentre chez moi. »
Parce que chez elle, au moins, elle saurait quoi faire. Parce que chez elle, elle pourrait reprendre le fil. Réfléchir. Passer à la suite de ses objectifs — ou au moins essayer. Parce que rester ici, c’était accepter de dépendre. Et ça, elle refusait.
« Votre maison où vous viviez jusqu’à présent isolée, proclama la matriarche, avec un froncement de sourcils. Une maison vide. »
Morgan cligna lentement des yeux, et étira ses lèvres en un sourire sarcastique.
« C’est précisément ce que j’apprécie. »
Elle sentit, vit, le regard de Ludwig revenir vers elle. Plus attentif. Plus… présent. Elle céda, une seconde. Leurs regards se croisèrent à nouveau. Cette fois, elle ne détourna pas immédiatement les yeux. Il y avait là quelque chose de fragile. Une question qu’il ne poserait pas. Une inquiétude qu’il ne formulerait pas. Et derrière ça — autre chose. Du soulagement. Morgan serra les dents. Il n’avait pas le droit, pas alors qu’il la laissait seule face à Garwen.
Mais malgré tout… Elle était là. Entière. Ou suffisamment pour que ça compte. Et quelque chose se serra brièvement dans sa poitrine, chose qui était déjà arrivé à plusieurs reprises, depuis qu’elle avait traversé le portail.
Sa famille lui avait manqué, malgré elle.
Garwen reprit : « Votre disparition a déjà généré des interrogations. Votre retour doit être contrôlé, présenté correctement. Et vous n’êtes pas en état d’être exposée aux anciens, encore moins en société. »
Un rire bref échappa à Morgan. Evidemment – il n’avait pas fallu beaucoup de temps pour que ce sujet apparaisse sur le tapis.
« Donc officiellement, je vais bien.
-- Officiellement, reprit Garwen, vous êtes en parfaite santé, de retour de voyage. Officieusement, vous êtes sous surveillance. »
Morgan ferma brièvement les yeux et pinça l’arrête de son nez. « Pourquoi voudriez-vous que je reste ici alors ? Quelqu'un qui va bien n'a rien à faire à l'hôpital jusqu'à preuve du contraire. »
« Garwen » finit par intervenir Ludwig, prudent. « Elle vient à peine de revenir, peut-être qu’il serait préférable de— »
Morgan releva les yeux vers lui, sachant déjà que ses mots se perdraient. Il avait essayé. Comme toujours, trop tard, ou pas assez fort — mais il avait essayé.
« Je suis consciente du timing, Ludwig », coupa Garwen. « Soit. Vous rentrerez. Mais - pas seule. Un soignant de confiance passera régulièrement. Pas quelqu’un choisi au hasard. Quelqu’un de compétent. De fiable. Et surtout… de discret. Vous n’aurez pas à gérer cela. »
Morgan répondit sans hésiter : « Je choisirai.
-- Non. »
Le mot ne souffrait aucune négociation. Elle sentit la fatigue remonter, lente, insidieuse. Elle la repoussa.
« … Très bien. Mais dans ce cas je sortirai aujourd'hui. »
Première concession.
« Autre chose ? »
-- Un elfe de maison. »
Morgan serra légèrement la mâchoire.
« J’ai déjà Peeney.
-- Cette elfe de maison à peine en âge ? Non. Ce sera l’un de nos elfes. Plus expérimenté. Et capable de me transmettre des informations fiables. »
Bien sûr. Un espion. Morgan expira lentement.
« Il y aura déjà votre médicomage ou infirmier ou que sais-je pour ça. Mais si cela peut vous rassurer — très bien. J’accepte. À condition qu’il ne me colle pas en permanence, qu’il soit sous les ordres de mon elfe, et qu’il ne reste pas indéfiniment. »
Un silence. Garwen observa.
« Très bien. »
Affaire classée. Et quelques heures plus tard, Morgan Rosenwald fit son retour à Cardiff.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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