26 avr. 2026, 16:48
Un cambriolohobbit !
1er avril 2051.
Avec @Cinaed Wallace


La maison était beaucoup trop calme. Au début, Morgan avait cru apprécier. Vraiment. Pas d’elfe dans ses pattes. Pas de voix pour lui rappeler quoi que ce soit. Pas de regard, pas de présence. Juste… elle, tournant déjà en rond. Littéralement. Du bureau au couloir. Du couloir à l’escalier. De l’escalier… au bureau. Encore. Elle s’arrêta net au milieu du palier, les mains sur les hanches, le regard perdu dans le vide.

Un silence. Puis un soupir. Bon. Puisqu’elle était condamnée à rester ici pour la journée, autant s’occuper l’esprit autrement que de… réfléchir. Très mauvaise idée, ça, réfléchir.
Ses yeux dérivèrent lentement vers la porte de la bibliothèque.
Un sourire en coin étira ses lèvres.

« Mauvaise idée. »

Elle y alla quand même. La pièce l’accueillit avec son éternelle odeur de vieux livres et d’encre. Morgan referma la porte derrière elle d’un coup de pied distrait, déjà ailleurs, déjà lancée. C’était idiot. Complètement idiot, et donc parfaitement approprié. Elle s’avança entre les étagères, les doigts glissant sur les reliures sans vraiment s’y attarder. Son regard, lui, fouillait déjà. Calculait. Essayait de retracer de très vagues souvenirs.

« Ça doit être par là… ou pas du tout. Très utile ta mémoire Morgan. »

Elle tira un livre. Puis un autre. Puis trois d’un coup.
Empilés grossièrement sur une table.
Puis un deuxième tas.
Puis un troisième, à même le sol.

La sorcière s’arrêta, observa son œuvre, pencha légèrement la tête. Ses doigts s’enfoncèrent dans l’espace libéré, cherchant à tâtons quelque chose de précis — même si, à cet instant précis, “précis” était un concept assez… flexible. Rien. Morgan plissa les yeux.

« Non. Non non non. »

Elle se redressa, posa les mains sur ses hanches, fixant l’étagère comme si elle venait personnellement de la trahir.

« Tu n’as pas bougé. Je n’ai pas oublié. Donc… »

Un silence.
Elle fronça les sourcils.

« …ne complique pas les choses. »

Aucune réponse. Évidemment. Elle parlait à une bibliothèque.

Elle inspira, puis replongea, mais cela ne donna rien. Mauvais endroit donc. Les livres furent retirés plus vite. Moins soigneusement. Certains finirent ouverts, d’autres glissèrent au sol dans un bruit sourd. Morgan n’y prêta pas la moindre attention.

« Si quelqu’un demande, je cherchais… hm… »

Un livre manqua de lui échapper, mais la galloise le rattrapa au dernier moment.

« …la définition de ‘rangement’. »



Reducio
Visite virtuelle des lieux

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Au RDC :
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Hall d'entrée
Escalier - vers 1e étage
Porte à gauche - vers salon
Arche face à la porte, au fond - vers salle à manger (gauche) cours extérieur (face), bibliothèque (droite)
Salle à manger - jamais utilisé Salon - en bazar depuis que Morgan à récupéré la maison Bibliothèque
Premier étage :
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Ancien bureau de Lars / bureau de Morgan Couloirs Palier
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Chambre invité type (à gauche du plan) Pièces type débarras (à droite du plan)
Deuxième étage :
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Chambre de maitre SDB de la suite de maitre
Troisième étage :
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Ancienne chambre Arden Ancienne chambre Morgan
Grenier
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I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

26 avr. 2026, 17:30
Un cambriolohobbit !
Un café dans la main, Cinaed arpentait les rues de Cardiff avec l'aisance d'un homme qui avait l'habitude de suivre toujours le même chemin. Il s'arrêtait dans un café, récupérait une tasse du plus noir qu'il pouvait commander et se prenait parfois un sandwich avec. Ensuite, il remontait les rues qui l'amenaient à la maison de Morgan. Enfin, "maison" était un bien grand mot : la bâtisse était aussi imposante que la demeure dans laquelle il avait grandit, et peut-être même légèrement plus grande. Impossible à louper quand on commençait à s'en approcher et malheureusement toujours plongée dans le noir quand la nuit tombait. Un immense manoir à l'air austère et sombre qui ne prenait jamais vie une fois le soleil couché et pour une simple raison : Morgan était introuvable.

Au début, Cinaed avait simplement pensé qu'elle ne voulait pas le voir, ou qu'elle avait un de ces moments où elle avait besoin de solitude mais il était venu une fois un soir, puis deux, puis trois et n'avait jamais vu la moindre lumière à l'intérieur du bâtiment. Et, même si Morgan se donnait parfois des airs de vampire, l'ébéniste savait qu'elle n'avait pas de vision nocturne. Ou pas encore, tout du moins. Juillet s'était écoulé lentement de cette manière, puis août, puis Septembre. Et Cinaed avait arrêté de penser que Morgan faisait simplement sa vieille grognon dans son coin. Il ne l'avait plus revue dans l'Allée, elle n'était pas passée à sa boutique, n'avait pas répondu à ses lettres et n'avait même pas donné signe de vie à Adélaïde.

En bref elle s'était tout bonnement volatilisée.
Probablement en Allemagne afin de régler un de ses nombreux problèmes familiaux, ou peut-être à l'autre bout du monde à la recherche d'un artéfact sympathique. Cinaed n'en savait rien et avait eu beau chercher, n'avait rien trouvé. Pas d'information, rien en relisant leurs anciennes lettres sur un quelconque indice, et aucune idée d'où chercher en Allemagne pour retrouver son amie. Leur visite dans ce beau pays n'avait pas été de tout repos mais l'ébéniste avait pensé, à l'époque, avoir été utile. Pendant quelques semaines, il avait même fait la gueule à la brune : si elle avait voulu voyager à l'autre bout de l'Europe, pourquoi ne lui avait-elle pas demandé de l'accompagner ? Ou, au moins, pourquoi ne l'avait-elle pas tenu au courant ?

Et après tout ça, l'inquiétude s'était installée. Vive, persistante. Le genre de présentiment qui vous prend aux tripes un jour, sans prévenir, et qui se tapis dans l'ombre. Qui en deviens presque obsédant une fois seul dans le noir. Où était-elle ? Pourquoi était-elle partie ? Et par dessus tout : était-elle en sécurité ? Connaissant l'ancienne antiquaire, probablement pas.
Peut-être simplement qu'elle était morte.

Ses pas le guidèrent jusqu'au sentier qui menait à la porte, et Cinaed se permit de siffloter en rythme avec ses pas. Où qu'elle soit, et qu'elle soit encore vivante ou non, il avait prit l'habitude de venir lui rendre visite. Un espoir enfantin qu'un jour elle ouvrirait la porte et lui rirait au nez de s'être inquiété pour elle, une femme qui croyait fermement que tout le monde se fichait de sa sécurité.

La porte ne s'était jamais ouverte, et Cinaed avait passé une soirée par semaine assit devant à babiller sur sa vie. Il avait fait des pauses, n'était pas venu pendant plusieurs semaines parfois, et puis quasiment tous les jours sur d'autres au rythme de ses humeurs. Il s'était blotti contre la porte en bois et avait pleuré, les doigts engourdi par le froid nocturne quand Magnus était parti. Quelque part, Cinaed était persuadé que Morgan aurait comprit la douleur d'avoir perdu quelque chose qu'on avait jamais pensé mérité, et qu'on aurait jamais osé demander. Lui raconter tout ça, même si elle ne pouvait pas l'entendre, ça avait eu quelque chose de rassurant.

Après cela, il était venu lui parler de cet homme roux qu'il avait rencontré, puis des sentiments, puis du départ de Cillian et de la promesse de revenir. Il lui avait parlé d'Avaleen qui grandissait plus vite qu'il ne pouvait l'imaginer, et d'Adeline et de ses démarches pour la sortir de chez sa mère. De ses doutes, des moments où il ne savait pas quoi faire et de ceux où il avait été persuadé d'avoir prit la mauvaise décision. Mais la porte était toujours restée résolument fermée.

Il n'était entré dans cette maison que quelques fois, uniquement pour aider Morgan à se créer un joli bureau, et une part de lui souffrait à l'idée de ne plus jamais avoir l'occasion de passer le pas de la porte. Morgan lui manquait, et dans un même temps, elle lui donnait beaucoup d'espoir pour l'avenir. Elle était la première à être partie et qu'il n'avait pas oublié tout aussi vite. La première à lui donner envie de s'accrocher aux autres, pour une fois, au lieu de les laisser faire tout le travail. Alors, évidemment, Cinaed espérait qu'elle reviendrait. Tous ces efforts ne pouvaient pas avoir été fait dans le vide, n'est-ce pas ?

Une fois devant la maison, il leva les yeux au lieu de les garder baissés sur ses pieds. Son gobelet de café aux lèvres, il se figea en observant la porte.

Ouverte.
Très légèrement ouverte, mais ouverte quand même.

Un froncement de sourcil lui déforma le visage d'inquiétude et il se baissa pour poser son café au sol sans un bruit. Il dégaina sa baguette, jeta un œil dans le hall et se glissa ensuite dans l'ouverture. La porte grinça légèrement en s'ouvrant un peu plus et l'ébéniste grinça pratiquement des dents de frustration : se faufiler en silence, ce n'était définitivement pas son fort. M'enfin, il était toujours plus discret que la personne qui avait décidé de voler quelque chose à Morgan Rosenwald, de toutes les sorcières. Mince, Cinaed était même pratiquement certain qu'elle avait foutu des pièges à l'intérieur de sa baraque. C'était tellement elle qu'il avait presque pitié du cambrioleur. Parce que c'en était forcément un : Morgan ne serait jamais revenue sans le prévenir, et aurait encore moins laissé sa porte ouverte. Comme si son manoir était une vulgaire auberge de jeunesse, qu'elle horreur. Venant d'une femme qui protégeait son prénom plus farouchement que Cinaed protégeait la clef de ses coffres, ça n'avait aucun sens.

Du bruit dans la bibliothèque, une voix qui lui disait vaguement quelque chose et encore du bruit. Une voix, du bruit, du bruit, une voix. Qui avait-il à voler dans une bibliothèque ? Ca, Cinaed n'en avait aucune idée mais il avait vite compris qu'il ne fallait pas sous estimer les rats de bibliothèque, ni son amie. Probablement que Morgan avait caché des objets très peu légaux entre deux bouquins. Dans tous les cas, même si le voleur était là pour lui chopper un livre de cuisine sur comment utiliser le foie de veaux dans des soupes, Cinaed se devait de lui mettre des bâtons dans les roues. Personne n'avait le droit de profaner le territoire de Morgan, et surtout pas alors que la sorcière était absente depuis plusieurs mois. Si elle ne revenait jamais, il n'y aurait probablement plus jamais d'autre trace de son passage que les souvenirs et cette maison.

Dernière la porte fermée, l'écossais prit une longue inspiration. Il avait besoin de toute sa concentration, et de toute la force de ses quelques ancêtres soldats - il devait bien en avoir quelque part - sinon il se ridiculiserait plus qu'autre chose. Ressassant toutes les remarques que Morgan lui avait lancé durant son unique duel avec, et toutes les choses qu'il avait apprit depuis, il agita rapidement des épaules pour se délier les muscles.

Et balança un coup de pied dans la porte de toutes ses forces.
Morgan lui en voudrait un jour, mais l'effet de surprise était - elle lui avait apprit - un avantage non négligeable. Et puis, il n'était pas ébéniste pour rien : une porte, ça se changeait.

D'ailleurs, celle-ci céda pratiquement dans la seconde alors que Cinaed se précipitait dans la pièce, baguette tendue devant lui.

Incarcerem ! siffla-t-il rapidement en direction de sa cible avant de se protéger le visage de ses deux bras. Quand il fut certain que l'autre ne lui renvoyait rien dans la tronche, il se permit de soulever un de ses coudes, les yeux plissés afin de voir à travers de la minuscule ouverture ainsi créée. Son saucisson humain s'était écrasé au sol comme une vulgaire marionnette, couvert de cordes des pieds à la tête. Il y avait été un peu trop fort, probablement, car le voleur - ou la voleuse ? - n'était plus qu'un petit bout de nez sous une montagne de cordes. Et il était très, très mais alors très immobile.

Une grimace étalée sur le visage - avait-il tué quelqu'un avec un simple maléfice de métamorphose ? - il s'approcha de l'intru, s'abaissa en pliant les genoux et, par réflexe, lui pinça le nez quelques secondes. Il retira vivement sa main, en bondissant sur ses pieds comme si le geste l'avait brulé quand l'autre se mit à se débattre légèrement.

Et puis, comme tout adulte responsable l'aurait fait à sa place, il rangea sa baguette et pointa son doigt vers le sorcier à terre AH AH ! Voilà ce qu'il en coûte de vouloir cambrioler ma copine ! Vous vous pensiez malin mais NUH UH il agita son doigt de droite à gauche vous ne le serez jamais plus que ce bon vieux Cinaed. Les mains de retour sur les hanches, il fit quelques petits pas de danse en chantonnant : J'ai combattu des sorciers expérimentés, moi ! Battu des... OGRES... euh... ALLEMANDS, même ! Adélaïde lui pardonnerait d'avoir son visage en tête à cette instant. Probablement. Peut-être. Sur un malentendu, s'il avait de la chance et qu'il ne lui disait jamais. Regrettez le jour où vous vous êtes introduit dans cette maison et subissez mon courroux !

1656.

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19 mai 2026, 22:47
Un cambriolohobbit !
Elle n’eut à peine le temps de se retourner et de poser la main sur son étui, qu’elle se retrouva piégée. Les cordes surgirent si vite qu’elle sentit à peine l’impact avant de finir violemment projetée au sol, l’épaule cognant contre le parquet dans un bruit sec. Un souffle lui échappa brutalement tandis que le reste du sort achevait de l’emmailloter comme un vulgaire rôti. Poignets bloqués contre ses côtes.

Morgan resta parfaitement immobile pendant une demi-seconde entière avant que la rage ne monte.

Une vraie. Pure. Immédiate.
Et… la peur. Les flashs. Le Dominion. Les -

« Mmf—! »

Excellent début.
Très digne.

Elle tenta de se dégager par réflexe, mais chaque mouvement ne faisait que resserrer davantage les liens. Magnifique. Absolument magnifique. Elle allait donc mourir étranglée dans sa propre bibliothèque, probablement ensevelie sous ses propres livres, attaquée par un cambrioleur avec manifestement beaucoup trop d’enthousiasme.

Et le pire ?
Le pire, c’était cette voix. Etouffée par le sang qui battait dans ses oreilles et le cordage qui lui comprimait pratiquement les côtes, mais suffisamment forte pour traverser le chaos.

Puis Morgan cessa de bouger.

Le silence se fit dans son esprit.
Pas autour d’elle — certainement pas, puisque l’imbécile continuait visiblement à parler, chanter et probablement gesticuler dans toute la pièce — mais dans sa tête, oui. Un immense vide incrédule.

Cinaed Wallace.

Évidemment.

Il était reconnaissable, même dans les pires situations. Même aveugle. La sorcière sentit quelque chose basculer dangereusement entre l’exaspération meurtrière et une forme d’affection profondément contrariée. Juste assez pour faire redescendre son alerte — mais certainement pas sa colère.

Cinaed Wallace allait bientôt être un homme mort.

Et l’avantage d’être capable de se passer de catalyseur et maîtriser les informulés était qu’elle pouvait lancer un Diffindo sur ces saletés de corde - avec l’intention claire de découper le sorcier en morceau par la suite, sans avoir besoin de récupérer sa baguette.

Les liens cédèrent d’un coup sec.

Morgan inspira brutalement avant de se débarrasser grossièrement des morceaux d’un mouvement vif.

« Par Hécate - c’est moi ! »

______________
Réussite du sort déterminé par lancer de dé.

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20 mai 2026, 00:31
Un cambriolohobbit !
Le soucis quand on enroulait un cambrioleur sous 40 mètres de cordes, c'était de savoir ce qu'on en faisait après. Le laisser là pour mourir de faim - ou étouffé dans sa propre salive - ce n'était pas idéal, mais Cinaed se voyait mal le jeter sur son épaule et transplaner avec jusqu'au département de la Justice Magique. En plus, l'ébéniste était à peu près certain que transplaner avec un corps qui gesticulait dans tous les sens, c'était dangereux. Il n'avait vraiment pas envie de désartibuler quelqu'un et qu'il se vide de son sang sur son dos, ça ferait très mais alors très mauvais genre devant le Consilium. Et puis, que faire si l'autre était un moldu ? Ce n'était pas exclu qu'un non-mage ait réussi à se glisser jusqu'ici, et si tel était le cas, ce serait quand même très difficile à expliquer.

Heureusement - ou malheureusement, mais il déciderait de ça plus tard - l'inconnu n'était pas un cambrioleur, et encore moins un inconnu. Dire que Cinaed avait été soulagé en voyant apparaître le visage de Morgan entre les cordes éventrées serait un euphémisme mais le soulagement laissa place à quelque chose d'autre. Un sentiment débordant, qui fit faire quelques saltos à son cœur jusqu'à lui en faire mal dans la poitrine. L'ébéniste ressenti une vive douleur au creux de ses côtes alors que sa respiration se coinçait dans sa gorge, ne lui permettant de répondre qu'un gargouillis indiscernable à l'exclamation de Morgan.

Morgan.

Morgan qui avait disparu pendant des mois, qu'il avait cru en voyage, puis morte, puis partie vers d'autres plaines plus vertes. Cette même Morgan qui n'avait pas donné un seul signe de vie, à qui il venait papoter presque toutes les semaines comme une veuve venait parler sur la tombe de feu son mari. Toujours la même Morgan que Cinaed avait imaginé l'avoir abandonné car, de toute façon, tout le monde finissait par partir. Pas parce qu'ils le voulaient véritablement mais parce que Cinaed Wallace les pourrissait et qu'ils n'avaient pas d'autres choix que de s'éloigner de cette source à emmerdes qu'il était.

Cette même Morgan qui s'était faufilée dans sa maison sans fermer la porte pour aller bougonner sur ses bouquins. Et, Merlin, ça lui ressemblait suffisamment pour que Cinaed se sente en colère.

Mais le soulagement s'écrasa par vague et balaya tout le reste sous son passage. Il n'y avait plus d'énervement, plus de trahison à l'idée qu'elle l'ait laissé derrière elle comme une vieille tâche. Plus d'ennui, de questionnement incessants sur où elle était et si elle allait bien. Plus de remise en question, de "Et si c'était ma faute ?" et de nuits à passer à regarder son plafond en imaginant vers quel monde meilleur elle s'était enfui. Plus rien à part un soulagement vif et débordant qui lui éclata dans la tête, brula d'un coup toutes ses pensées et fit naître en lui un brasier immense qui lui déchira le cœur en deux. Et que son corps fasse une crise cardiaque s'il en avait envie pourvu que personne ne lui arrache Morgan à nouveau. Parce qu'elle faisait partie de la famille un peu dysfonctionnelle que Cinaed s'était créé et qu'il avait vraiment, véritablement et au plus profond de lui, cru qu'elle ne reviendrait jamais. Peu importait au final qu'elle soit partie ou non, ou qu'elle ai simplement décidé de l'ignorer jusqu'à ce qu'il braque sa maison parce qu'elle était .

Vivante, en colère, et tellement Morgan que c'en était douloureux.

L'écossais laissa échapper un sanglot qui ressemblait de près ou de loin au prénom de la femme au sol avant de l'y rejoindre en se jetant pratiquement sur ses genoux. Les articulations rencontrèrent le bois avec un bruit sourd et une douleur qui lui irradia instantanément jusque dans les hanches mais Cinaed était trop occupé à se tortiller pour se rapprocher de son amie. Peu importait qu'il se soit mis à pleurer comme un bébé parce qu'il n'avait jamais vraiment été du genre à penser qu'un homme ne devait pas pleurer, mais il se retrouva tout de même à essuyer ses yeux. Embués de larmes, ils ne pouvaient plus observer Morgan avec suffisamment de netteté pour apercevoir les quelques tâches qu'elle avait sur le visage, la façon dont ses cheveux partaient dans tous les sens et ses pommettes qui savaient être cassantes avec le bon sourire.

L'ébéniste se rapprocha suffisamment pour attraper avec douceur - malgré ses mains tremblantes qui avaient lâché sa baguette il y a quelques secondes - le visage de la femme devant lui. Il l'observa quelques secondes, les yeux balayant son visage, son nez, ses lèvres à une vitesse folle pour déterminer la moindre différence avec sa Morgan. Le moindre petit détail qui montrerait qu'elle n'était pas vraiment là, que ce n'était pas elle. Et quand il n'en trouva aucun le soulagement fit place à une joie débordante, mêlée d'un sentiment de gratitude qu'il n'avait jamais ressenti auparavant et Cinaed écrasa ses lèvres sur celles de l'autre.

Un baiser qui n'avait rien de romantique et que Cinaed avait déjà donné à Ewan, et même à Sile. Un baiser qui ne voulait rien dire de sensuel, qui ne demandait rien. Un baiser qui n'était, fondamentalement, qu'un trop plein d'émotions que Cinaed ne savait pas exprimer et qu'il n'avait jamais apprit à gérer pour lui même. Le genre de baiser qui vous brule les lèvres, et qui sert à exprimer tout un tas de choses que les mots ne peuvent pas. Quelque chose qui permet à l'ébéniste de déverser tout son amour - platonique - pour l'autre sans avoir besoin de trouver des mots pour.

Aussitôt fait, aussitôt défait et Morgan se retrouva à la place serrée dans deux bras larges à la force d'ébéniste. Une force utilisée uniquement pour la garder précieusement collée contre le cœur de Cinaed qui battait à la chamade dans sa poitrine alors qu'il se recroquevillait sur lui-même comme pour camoufler la femme dans ses bras. Il lui déposa un deuxième baiser, cette fois-ci sur le front, avant de simplement y poser sa joue et de continuer à sangloter en la serrant contre lui. Se balançant tout doucement sur lui-même, il réussi à se calmer suffisamment pour prendre la parole, la voix bégayante sous l'émotion.

J'suis désolé. J'suis désolé, pardonne moi. Il la serra un peu plus contre lui, comme pour l'empêcher de disparaître à nouveau. Car si, quelques mois auparavant, le fait d'avoir lancé un sortilège à Morgan sans faire exprès l'aurait fait rire, à ce moment précisément, le tout lui donnait juste l'impression de s'être arraché le cœur et de jongler avec. Je pensais que tu reviendrais plus. Enfin si. Je voulais que tu reviennes. Mais tu revenais pas, et... et moi je venais toutes les semaines, et t'étais pas là. Et je savais pas, et Adélaïde savait pas. Et... et... et j'ai pensé que tu étais en Allemagne, et que tu m'avais pas pris avec toi parce que tu voulais pas d'un boulet mais... Il la relâcha d'une main, l'autre bras toujours fermement serré autour d'elle juste pour s'essuyer le visage et poser ensuite sa main sur ses lèvres pour en étouffer quelques sanglots ainsi que les mots qui suivirent : Et... et j'avais peur que tu sois partie pour toujours, et que je puisse jamais te revoir ou même.. jamais avoir un endroit où faire mon deuil. Ou que t'en pouvais plus de ma vieille tronche et...

Il la repoussa brusquement, la tenant par les deux épaules avant de rapprocher son visage du sien et de demander, d'un coup, très sérieusement : Où tu étais ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? et puis, l'inévitable inspection de routine commença, à tapoter ses bras, puis son dos, puis reprendre son visage entre ses mains pour le tourner sur le côté à la recherche de toutes les blessures qu'elle pouvait porter ou qu'elle avait porté et qui avaient pu laisser des traces. Tu es blessée ? Tu as mal quelque part ? Oh, faut que j'aille chercher des potions, pour éviter les bleus avec les cordes ! se mit-il à bégayer dans un rythme de mot furieux qui rendait chacune de ses phrases plus difficiles à comprendre que la précédente. Il était déjà à moitié relevé quand il se figea en plein mouvement et se tourna à nouveau vers Morgan. Tu as mangé ? Tu as l'air d'avoir perdu du poids. Tu veux à manger ?

1405.

Présence normale - Tutoyez moi !
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