Deux tempêtes sous le même toit
Mercredi 10 mai 2051
AU PITIPONK
AU PITIPONK
Milieu d'après-midiRenversé sur une chaise au milieu de la salle du Pitiponk, les pieds posés sur une table, Christopher marmonne dans sa barbe, les mains croisées derrière la tête.
« Z'ont vraiment des idées de merde, parfois... »
La seule chose qui l'empêche de poursuivre, c'est la grosse bulle qui sort de sa bouche. Elle éclate sur ses lèvres. Un grognement frustré s'échappe de sa gorge. Il est forcé de récupérer la gomme qui lui colle aux lèvres avec les doigts, la mine dégoûtée. La musique résonne fort dans la salle vide, Jase Whitaker des Unikorn s'égosille sur le refrain et Christopher ne peut pas chanter en cœur avec lui parce qu'il a de la gomme partout sur les lèvres et sur les mains. Il doit attraper sa baguette magique pour arranger ses bêtises ; ça lui apprendra à mâcher des chewing-gum sorciers : ils sont beaucoup plus collants que les moldus et font de plus grosses bulles, aussi. Au moins sa maladresse l'empêche-t-elle de râler plus que nécessaire sur ses patrons qui ont parfois de vraies idées de merde.
Cette fois-ci, il est question d'accueillir des gosses au Pitiponk. Des gosses ! Au Pitiponk ! Une visite organisée par l'école dans les commerces du coin ; en l'occurrence, là, le Pitiponk en partenariat avec le bar Chez Sisyphe de l'Allée des embrumes. « C'est important de parler de ton métier à la prochaine génération, Christopher. Certains ont peut-être l'objectif de monter un commerce, ils seront intéressés par ton travail. » La voix de Pierce résonne désagréablement à ses oreilles. Au départ, c'est sa sœur et lui qui auraient dû s'occuper de l'envoyée de Chez Sisyphe et aussi de la visite des élèves de Poudlard. Mais paraîtrait-il que la date prévue, en juin donc, se situe exactement sur les deux semaines de vacances en Norvège des jumeaux. Ils partent se la couler douce en Norvège pendant que lui va devoir gérer une bande de gosses inintéressés et inintéressants. « Puisqu'on ne sera pas présents pour la visite, autant que ce soit toi qui gère le rendez-vous avec l'employée de Sisyphe, a dit Peyton, préparez-nous un beau projet. Évidemment, on aura notre mot à dire. C'est la réputation du pub de maman qui est en jeu. »
« Niah niah niah la réputation du pub... C'est moi qui le porte au quotidien, ce pub, je sais très bien gérer sa réputation, » marmonne Christopher, de plus en plus avachi sur sa chaise.
Il n'est pas réellement en colère. La journée est douce et agréable. L'été approchant, la cour intérieure est prise d'assaut par les clients et les après-midi au Pitiponk deviennent de plus en plus intéressants. Et puis l'idée de discuter pendant une heure ou deux avec une collègue du même monde que lui — une barmaid, paraîtrait-il ! — ne lui déplaît pas, il sait qu'il va passer un bon moment. Ce qui lui déplaît, c'est de recevoir des ordres. Cela lui rappelle qu'il n'est pas gérant mais bel et bien employé. Que c'est Peyton et Pierce, les patrons, et qu'ils ont le droit d'avoir leur mot à dire sur son travail.
Désormais débarrassé de la gomme qu'il avait autour des lèvres, Christopher croise de nouveau les bras derrière la tête en s'étirant de tout son long. Cela déséquilibre la chaise qui tenait en équilibre sur ses pieds arrière et Christopher sent son cœur lui tomber au creux du ventre quand il manque d'être renversé sur le côté. Il se rattrape in extremis à la table, le cœur battant à tout rompre, une injure aux lèvres. Cela a le mérite de lui remettre les idées en place : l'heure approche. La barmaid est censée arriver avant l'ouverture du Pitiponk dont s'occupera Sasha. Ce n'est plus qu'une question de minutes, maintenant, voire de secondes.
Au lieu de se lever pour l'accueillir, Christopher appuie un coude sur la table et essaie de faire une bulle plus grosse que la précédente, louchant pour la regarder gonfler sur le bord de ses lèvres.
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@Miya Ryuū, interdit de le frapper, cette fois.
(La porte principale est ouverte, Miya peut rentrer).
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Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
Deux tempêtes sous le même toit
mercredi 10 mai 2051
Pourquoi c'est moi qui me tape ça ? Je marmonne à voix basse, cigarette en bouche, frustrée de servir de coursière. Si Daisy veut faire des affaires elle a qu'à y aller toute seule, moi j'suis barmaid, je suis pas payée pour courir le pays à la recherche de tarés assez bêtes pour se faire rouler volontairement. Parce que je la connais la vieille, on dirait pas comme ça mais elle peut faire les pires crasses tout en continuant de regarder le pigeon dans les yeux. Je crache un nuage de fumée blanche et secoue la tête, désabusée. Qu'elle soit capable de faire des coups bas, ça me choque pas, par contre qu'elle tente des trucs avec le Pitiponk ? J'arrive toujours pas à savoir si elle est tombée bien bas ou si c'est un coup de pur génie. Mi impressionnée mi agacée, je renifle. Elle pouvait pas envoyer Ross plutôt ? Il est costaud, il a une grosse voix, puis il sait y faire pour maitriser les tocards. Moi j'ai ni la carrure ni la patience pour marchander. En plus j'ai pas envie de me taper les plaintes et ridicules demandes du patron — si il daigne se montrer.
Soupirant, je tire sur ma clope et profite de l'impression de vide et de paix qui anesthésie toutes pensées. De nouveau, la vapeur toxique m'enfume et je me perds dedans, essayant de me rappeler des infos que Daisy m'a données. Elle a dit que c'était quoi leur nom déjà ? Je crois que c'est des trucs en P. Ils sont deux propriétaires, un homme et une femme. Pey... quelque chose. Merde j'ai déjà oublié. Voilà pourquoi elle aurait dû demander à Ross de s'en charger, je vais jamais retenir leur blazes. Les visages, ouais, mais les noms ? Surtout qu'en plus je les ai jamais vus, mais alors là c'est mort. « Faudra pas venir se plaindre », je grommelle.
Le seul côté positif de cette mission pourrie, c'est que je serais rentrée plus tôt à la maison, et que, au moins, je pourrais vérifier que Kaida est encore en vie. Mon reptile inutile s'est mis en tête des idées que personne aurait pu lui souffler à part moi — et Merlin, Morgane ainsi que toute leur famille sait que j'aurais jamais fait ça. Se foudre dans ma botte et manquer de crever écrasé sous mon talon ? Sérieux il devrait pas s'appeler Kaida mais Connerie à Pattes, ou un truc dans le genre. En fait je crois qu'il est juste bête. J'aurais dû prendre une corneille, comme Kai. Kami est intelligente, elle, par rapport à ce tas d'écailles bête comme ses pieds. « En plus j'suis coincée avec lui pour plusieurs décennies, merveilleux », je marmonne avec affection, portant une ultime fois le bâton de nicotine à ma bouche. Faut pas croire, je l'adore ce petit bonhomme, mais je serais pas étonnée d'avoir des cheveux blancs cette année à cause de lui. Va falloir arrêter de jouer sa vie, sinon mon pauvre coeur va pas tenir le coup.
J'inspire profondément, le poison annihile ce qui reste de moi. Quelques secondes, je retiens ma respiration. Dans mon corps ça doit être la guerre. La nicotine bouffe tout, je me demande quand est-ce que y'aura plus rien à sauver. Puis je relâche, j'entrouvre la bouche et laisse sortir un filet de fumée. La cigarette coincée entre deux doigts, je balance le corps d'avant en arrière, une mélodie de rock dans la tête. D'un coup de baguette, je fais disparaitre le mégot.
La porte d'un vert familier du Pitiponk entre dans mon champ de vision. Je m'étire, range mon catalyseur dans ma veste puis m'approche rapidement. Reste plus qu'à espérer que l'autre reste sagement dans son coin pendant que je ferais la papote à ses patrons, et y'a pas de raisons pour que ça parte en couilles. Peyton, ouais c'est ça ! Bien joué Miya, et l'autre c'est quoi ? Sauf que j'ai beau me creuser la tête, y'a rien qui vient. Tant pis. Je hausse les épaules, passe une main dans mes cheveux et espère avoir l'air présentable. Le genre de présentable qui dit "je suis là pour faire des affaires" et pas celui qui fait "je vais vous rouler et vous piquer tout votre fric".
La porte est pas fermée. Sans hésiter, j'enfonce mes mains dans les poches et entre dans le bar.
« Salut, c'est l'Sisyphe », je lance.
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@Christopher Hangoover, je vais être optimiste et miser sur zéro casse.
@Kieran Hawthorne pour la mention de Kami.
740 mots.
#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Deux tempêtes sous le même toit
Cette fois-ci, il arrive si bien à faire gonfler sa bulle qu'il n'a pas besoin de loucher pour la regarder. Elle est énorme, elle touche même son nez. Un gloussement secoue son torse, Christopher se penche en arrière pour essayer de laisser son nez hors d'atteinte. Évidemment, c'est le contraire qui arrive. La substance collante et visqueuse adhère à sa peau, la bulle continue de se former car il souffle dedans sans penser au fait qu'il devrait peut-être arrêter les dégâts maintenant. Et puis son oreille est attirée par un bruit dans l'entrée, une fois qui s'élève, il entend vaguement « Sisyphe ». Déconcentré, il perd le rythme de son souffle et la bulle fait ce que font toujours les bulles de chewing-gum lorsqu'elles reçoivent trop d'air trop rapidement : elle explose.
« 'chier ! »
Christopher se lève tout à coup en se frottant le visage. Ça a collé sur ses joues, son nez, ses lèvres. En même temps, il se tourne vers l'entrée parce qu'il a bien compris que l'employée allait arriver. Ça le saoule de passer pour un con à cause de ce chewing-gum de merde, surtout qu'autant ce sera une femme qui pourrait lui plaire et...
Son cœur lui tombe tout au fond du ventre quand il aperçoit la silhouette dans l'entrée. Il la reconnait à sa façon de se tenir, à la forme de son corps, à sa coupe de cheveux. Comme si elle était inscrite au fer rouge dans son esprit, dans la case « attention, danger permanent ! ». Et comment un esprit réagit face à un danger permanent ? Sans la moindre réflexion.
« Mais c'est une putain de blague ! » s'écrit Christopher en regardant Miya, la mine figée entre une expression de surprise et une grimace horrifiée.
Il a dit plus ou moins la même chose la dernière fois qu'il l'a vue, c'est à dire il y a bien trop peu de temps, à Pré-au-Lard. Quand elle débarque, tout se casse la gueule, c'est toujours comme ça avec elle, elle gâche toujours tout. C'est elle, l'employée de Chez Sisyphe ? Si Christopher l'avait su, il aurait tout fait pour ne pas être sur ce projet. Il aurait refilé le bébé à Kemby en suppliant ses patrons. Parfois, ça marche. S'il prend le bon ton et trouve les bons arguments pour expliquer pourquoi il ne peut pas faire telle ou telle chose. Peut-être même qu'il aurait mis Alice sur la table si ça avait pu l'aider. « 'comprenez, ma mère me tanne pour me voir à propos du... De la chose ». C'est un mot qu'il ne peut plus prononcer ou penser sans avoir une boule dans la gorge ou envie de vomir. Mais il aurait pu évoquer ça pour s'en sortir mais au lieu d'aller chez sa mère, il se serait évidemment terré au sous-sol de la Fausse Danse le jour des visites.
Christopher cligne des yeux. C'est bel et bien Miya. Depuis quand elle s'y connait en cocktail, elle ? Il pousse un grognement sourd et se redresse en passant une main dans ses cheveux pour expulser la tension soudaine qui s'est accumulée dans ses épaules — comme toujours avec elle. Là, il se rend compte d'une sensation bizarre sur ses doigts et se rappelle que sa bulle de gomme a explosé, qu'il en a partout sur les lèvres et que ses doigts sont tout collant. Il jure entre ses dents et entreprend d'enlever la chose en fusillant Miya par dessus des cils. Ce n'est pas tant elle, le problème, c'est... En fait si, c'est carrément elle. Elle fait ce truc à Lloyd, même dix ans après. Elle a un effet bizarre sur lui. Christopher n'a plus jamais, jamais envie de ressentir ce qu'il a ressenti à l'époque quand Lloyd allait si mal, après son départ. Cette douleur qui pilonne le cœur car il a peur de perdre quelqu'un qu'il aime à cause d'une connerie de celui-ci. Cette peur qui ne vous lâche pas jour après jour parce que Lloyd a mis des putains de mois à se remettre de tout ça.
« Donc on va devoir travailler ensemble, » articule amèrement Christopher en secouant la tête. Un petit rire sans joie traverse ses lèvres. « Génial. Heureusement que j'suis payé. »
Ça lui prend la tête. Le moment qui aurait pu être agréable et permettre une nouvelle rencontre se transforme en corvée désagréable, et pire encore : en parcours du combattant.
« 'chier ! »
Christopher se lève tout à coup en se frottant le visage. Ça a collé sur ses joues, son nez, ses lèvres. En même temps, il se tourne vers l'entrée parce qu'il a bien compris que l'employée allait arriver. Ça le saoule de passer pour un con à cause de ce chewing-gum de merde, surtout qu'autant ce sera une femme qui pourrait lui plaire et...
Son cœur lui tombe tout au fond du ventre quand il aperçoit la silhouette dans l'entrée. Il la reconnait à sa façon de se tenir, à la forme de son corps, à sa coupe de cheveux. Comme si elle était inscrite au fer rouge dans son esprit, dans la case « attention, danger permanent ! ». Et comment un esprit réagit face à un danger permanent ? Sans la moindre réflexion.
« Mais c'est une putain de blague ! » s'écrit Christopher en regardant Miya, la mine figée entre une expression de surprise et une grimace horrifiée.
Il a dit plus ou moins la même chose la dernière fois qu'il l'a vue, c'est à dire il y a bien trop peu de temps, à Pré-au-Lard. Quand elle débarque, tout se casse la gueule, c'est toujours comme ça avec elle, elle gâche toujours tout. C'est elle, l'employée de Chez Sisyphe ? Si Christopher l'avait su, il aurait tout fait pour ne pas être sur ce projet. Il aurait refilé le bébé à Kemby en suppliant ses patrons. Parfois, ça marche. S'il prend le bon ton et trouve les bons arguments pour expliquer pourquoi il ne peut pas faire telle ou telle chose. Peut-être même qu'il aurait mis Alice sur la table si ça avait pu l'aider. « 'comprenez, ma mère me tanne pour me voir à propos du... De la chose ». C'est un mot qu'il ne peut plus prononcer ou penser sans avoir une boule dans la gorge ou envie de vomir. Mais il aurait pu évoquer ça pour s'en sortir mais au lieu d'aller chez sa mère, il se serait évidemment terré au sous-sol de la Fausse Danse le jour des visites.
Christopher cligne des yeux. C'est bel et bien Miya. Depuis quand elle s'y connait en cocktail, elle ? Il pousse un grognement sourd et se redresse en passant une main dans ses cheveux pour expulser la tension soudaine qui s'est accumulée dans ses épaules — comme toujours avec elle. Là, il se rend compte d'une sensation bizarre sur ses doigts et se rappelle que sa bulle de gomme a explosé, qu'il en a partout sur les lèvres et que ses doigts sont tout collant. Il jure entre ses dents et entreprend d'enlever la chose en fusillant Miya par dessus des cils. Ce n'est pas tant elle, le problème, c'est... En fait si, c'est carrément elle. Elle fait ce truc à Lloyd, même dix ans après. Elle a un effet bizarre sur lui. Christopher n'a plus jamais, jamais envie de ressentir ce qu'il a ressenti à l'époque quand Lloyd allait si mal, après son départ. Cette douleur qui pilonne le cœur car il a peur de perdre quelqu'un qu'il aime à cause d'une connerie de celui-ci. Cette peur qui ne vous lâche pas jour après jour parce que Lloyd a mis des putains de mois à se remettre de tout ça.
« Donc on va devoir travailler ensemble, » articule amèrement Christopher en secouant la tête. Un petit rire sans joie traverse ses lèvres. « Génial. Heureusement que j'suis payé. »
Ça lui prend la tête. Le moment qui aurait pu être agréable et permettre une nouvelle rencontre se transforme en corvée désagréable, et pire encore : en parcours du combattant.
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Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
Deux tempêtes sous le même toit
Je gère, je gère. C'est pas trop dur comme job, essayer de faire la pub pour Sisyphe, nous inclure dans le projet mijoté par Daisy, Peyton et l'autre P — fait chier je me rappelle toujours pas son blaze —, faire un joli sourire aux patrons puis me barrer vite fait bien fait. Ou peut-être que je resterais prendre un verre. Après tout, le bar est plutôt sympa et j'aime bien trainer ici. Le seul problème c'est le parasite qui y bosse et qui peut pas s'empêcher de venir me faire chier dès que je pose un orteil ici. M'enfin, là ça va être du gâteau...
Un bruit semblable à celui d'une bulle qui explose suivi d'un juron. Et je reconnais cette voix, je la reconnais si facilement que ça me fait soupirer. Forcément, c'est son taff, évidemment qu'il est là. Je lève les yeux et observe, moqueuse, Hangoover se lever d'un bond vers moi. C'est quoi c'te tronche ? Il a une substance pour le moins suspecte étalée partout sur le visage, et ce truc accompagné de son expression agacée et paumée... Je n'essaye même pas de retenir le rire qui enfle dans ma gorge. Alors c'est à ça qu'il occupe ses journées, le responsable de bar, s'éclater des bulles de gomme — j'ai enfin compris ce que c'était — sur la face ? Hilare, je mets un certain temps à m'arrêter de ricaner, bien trop heureuse de cette occasion facile de rire aux dépends de Hangoover. Quand mon rire s'éteint, je me redresse et hausse un sourcil sceptique.
« Alors c'est comme ça qu'tu t'amuses ? » je lance avec un rictus. Au même moment, il se met à jurer comme un charretier, l'air profondément énervé. Mon sourire amusé tombe aussitôt de mes lèvres, je claque la langue contre mon palais, agacée. Voilà. Du pur Hangoover, classique. Je ne suis pas particulièrement ravie de le voir non plus, mais au moins je sais me retenir. Et il doit bien savoir que je venais pour parler affaires avec ses patrons, ce n'est pas non plus comme s'il était surpris de me voir débarquer. Les relents de ma cigarette tournent au vinaigre sur ma langue, la légèreté que je ressentais en poussant la porte s'envole. Comment il fait pour me donner envie de me barrer en quelques mots ? Enfin, même quand il garde sa bouche fermée il me gave. On était amis à un époque ? La bonne blague, ce type est insupportable. Je serre les dents et fais craquer mes phalanges, le regard noir. 'tain merci pour le cadeau empoisonné Daisy. J'avais bien dit qu'elle aurait dû envoyer Ross. Lui il a pas besoin de briser des os pour faire valoir ce qu'il dit, et il ne se serait pas pris cette flopée d'injures. Ma mâchoire claque, me faisant grimacer. Tendue, j'essaye de desserrer les dents. Ça sert à rien de me faire mal.
J'avance de quelques pas prudents, sans lâcher Hangoover du regard. Notre dernière altercation s'est mieux passée que celle à la soirée organisée ici — enfin, mieux, tout est relatif — mais ça ne veut pas dire qu'on a enterré la hache de guerre. Loin de là en fait.
« T'as un truc sur la tronche, t'as une tête de con, je lâche, méprisante. Pas qu'ça change grand chose à d'habitude cela dit. »
J'aime pas comment il me regarde. Dans ses yeux, y'a rien d'autre que de la colère et de la haine. La prochaine fois, Daisy ira faire affaires elle-même. Rien à foutre qu'elle veuille pas quitter sa précieuse Allée, si elle veut vider la caisse du Pitiponk elle n'a qu'à se déplacer et le faire comme une grande, moi je veux sortir d'ici. Regarder Hangoover galérer à retirer le sucre étalé sur sa figure en attendant que ses patrons se pointent ça va bien deux secondes. L'endroit me parait bizarre quand il est vide, je le préfère bondé et animé. Le soir. Avec des potes. Quand Chris reste loin de moi. J'ai plus envie d'être là, le peu de détermination que j'avais a disparu. Il me soule, Daisy me soule, cette stupide mission de projet me soule, tout me soule.
Il reprend la parole, et là y'a un truc qui passe pas. Genre, pas du tout. J'ai un rire froid.
« Travailler ensemble ? Moi j'vais travailler avec toi ? je répète. T'es tombé sur le crâne ou quoi, même payée je voudrais pas », je crache. C'est quoi ce délire ? Une connerie de Daisy ? Hors de question de m'assoir à la même table que ce type pour discuter tranquillement et faire comme si de rien n'était. Je préfère largement revenir au "approche toi et j'te brise la mâchoire", merci.
« J'suis là pour voir Peyton et l'autre, tes patrons. Pas toi », je dis froidement.
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806 mots.
Un bruit semblable à celui d'une bulle qui explose suivi d'un juron. Et je reconnais cette voix, je la reconnais si facilement que ça me fait soupirer. Forcément, c'est son taff, évidemment qu'il est là. Je lève les yeux et observe, moqueuse, Hangoover se lever d'un bond vers moi. C'est quoi c'te tronche ? Il a une substance pour le moins suspecte étalée partout sur le visage, et ce truc accompagné de son expression agacée et paumée... Je n'essaye même pas de retenir le rire qui enfle dans ma gorge. Alors c'est à ça qu'il occupe ses journées, le responsable de bar, s'éclater des bulles de gomme — j'ai enfin compris ce que c'était — sur la face ? Hilare, je mets un certain temps à m'arrêter de ricaner, bien trop heureuse de cette occasion facile de rire aux dépends de Hangoover. Quand mon rire s'éteint, je me redresse et hausse un sourcil sceptique.
« Alors c'est comme ça qu'tu t'amuses ? » je lance avec un rictus. Au même moment, il se met à jurer comme un charretier, l'air profondément énervé. Mon sourire amusé tombe aussitôt de mes lèvres, je claque la langue contre mon palais, agacée. Voilà. Du pur Hangoover, classique. Je ne suis pas particulièrement ravie de le voir non plus, mais au moins je sais me retenir. Et il doit bien savoir que je venais pour parler affaires avec ses patrons, ce n'est pas non plus comme s'il était surpris de me voir débarquer. Les relents de ma cigarette tournent au vinaigre sur ma langue, la légèreté que je ressentais en poussant la porte s'envole. Comment il fait pour me donner envie de me barrer en quelques mots ? Enfin, même quand il garde sa bouche fermée il me gave. On était amis à un époque ? La bonne blague, ce type est insupportable. Je serre les dents et fais craquer mes phalanges, le regard noir. 'tain merci pour le cadeau empoisonné Daisy. J'avais bien dit qu'elle aurait dû envoyer Ross. Lui il a pas besoin de briser des os pour faire valoir ce qu'il dit, et il ne se serait pas pris cette flopée d'injures. Ma mâchoire claque, me faisant grimacer. Tendue, j'essaye de desserrer les dents. Ça sert à rien de me faire mal.
J'avance de quelques pas prudents, sans lâcher Hangoover du regard. Notre dernière altercation s'est mieux passée que celle à la soirée organisée ici — enfin, mieux, tout est relatif — mais ça ne veut pas dire qu'on a enterré la hache de guerre. Loin de là en fait.
« T'as un truc sur la tronche, t'as une tête de con, je lâche, méprisante. Pas qu'ça change grand chose à d'habitude cela dit. »
J'aime pas comment il me regarde. Dans ses yeux, y'a rien d'autre que de la colère et de la haine. La prochaine fois, Daisy ira faire affaires elle-même. Rien à foutre qu'elle veuille pas quitter sa précieuse Allée, si elle veut vider la caisse du Pitiponk elle n'a qu'à se déplacer et le faire comme une grande, moi je veux sortir d'ici. Regarder Hangoover galérer à retirer le sucre étalé sur sa figure en attendant que ses patrons se pointent ça va bien deux secondes. L'endroit me parait bizarre quand il est vide, je le préfère bondé et animé. Le soir. Avec des potes. Quand Chris reste loin de moi. J'ai plus envie d'être là, le peu de détermination que j'avais a disparu. Il me soule, Daisy me soule, cette stupide mission de projet me soule, tout me soule.
Il reprend la parole, et là y'a un truc qui passe pas. Genre, pas du tout. J'ai un rire froid.
« Travailler ensemble ? Moi j'vais travailler avec toi ? je répète. T'es tombé sur le crâne ou quoi, même payée je voudrais pas », je crache. C'est quoi ce délire ? Une connerie de Daisy ? Hors de question de m'assoir à la même table que ce type pour discuter tranquillement et faire comme si de rien n'était. Je préfère largement revenir au "approche toi et j'te brise la mâchoire", merci.
« J'suis là pour voir Peyton et l'autre, tes patrons. Pas toi », je dis froidement.
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806 mots.
#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Deux tempêtes sous le même toit
Cette gomme ne s'en va pas de ses doigts ! Il espère qu'il n'en a pas dans les cheveux. Il ne quitte que brièvement Miya du regard pour regarder les dégâts. Le rire moqueur de la femme résonne encore dans sa tête. La seule chose qu'elle dit quand elle ouvre la bouche c'est qu'il a une tête de con. Un rire sans joie échappe à Christopher. Il sait bien qu'il a une tête de con mais quand c'est elle qui le dit, ça lui donne envie de faire le gamin et de répliquer quelque chose qui n'arrangera absolument pas la situation. Cette fille, elle n'a que du venin dans la bouche. Il ne sait même pas comment il a pu être pote avec elle. Était-elle comme ça, à l'époque ? À grogner sur tout ce qui bouge et à se craquer les doigts à la moindre occasion ? Il jette un regard désolé à ses phalanges. Il devrait peut-être lui dire qu'elle va finir par s'abîmer les doigts à force de faire ça, elle ne doit pas être au courant.
Elle a vraiment une tête pas contente du tout, ses yeux lancent des choses que Christopher n'a pas envie de voir. Des choses haineuses et détestables. Il soupire. D'accord, il ne l'a peut-être pas très bien accueillie mais il a le droit d'avoir été surpris, non ? Toujours à la même place à côté de la chaise de laquelle il a bien failli tomber, Christopher regarde Miya approcher dans la salle. Malgré la musique en fond, la pièce est trop silencieuse. S'il doit travailler avec elle, il va devoir monter le son pour couvrir un minimum le bruit de ses conneries sinon il ne va pas la supporter.
Son éclat soudain fait cligner Christopher des yeux. Il suspend son geste pour attraper sa baguette magique dans son pantalon — la gomme ne partira décidément pas avec ses doigts — et la regarde fixement.
« Pierce, » dit-il lentement parce qu'il n'aime pas qu'elle l'appelle l'autre.
Merde alors, songe-t-il en dirigeant sa baguette vers ses doigts, une moue dégoûtée. Tout en réfléchissant furieusement, il se débarrasse de la gomme puis relève tout aussi vite les yeux vers elle. Elle a pas capté qu'on allait bosser ensemble ?
« Bah repars d'où tu viens alors, parce que t'as pas le choix, réplique-t-il en plantant ses yeux dans les siens. Peyton et Pierce ne sont même pas là ! »
Il l'annonce en levant les bras autour de lui, comme s'il évoquait une très grande nouvelle. Un rictus moqueur danse sur ses lèvres. En réalité, il a bien envie de hurler de frustration. Mais il préfère que ce soit elle qui le fasse.
« Ils peuvent pas gérer la visite, ils m'ont refilé le bébé, explique-t-il brièvement d'une voix traînante. T'as qu'à le refiler à quelqu'un d'autre, toi aussi, tiens, ça m'évitera la torture de passer du temps avec toi. »
Puis comme si de rien n'était, alors que ce n'est pas du tout le cas, il dirige sa baguette vers son visage en louchant et marmonne un sortilège pour se débarrasser de la gomme qu'il avait sur les lèvres. Il se palpe la peau en lançant un regard goguenard à Miya, juste parce qu'il n'arrive pas à la regarder autrement. Puisqu'il n'a pas de glace devant lui, il ne voit évidemment pas qu'il reste sur le dessus de sa lèvre une trace de couleur beige-marronnasse-verdâtre, bref, de couleur indéterminée.
Elle a vraiment une tête pas contente du tout, ses yeux lancent des choses que Christopher n'a pas envie de voir. Des choses haineuses et détestables. Il soupire. D'accord, il ne l'a peut-être pas très bien accueillie mais il a le droit d'avoir été surpris, non ? Toujours à la même place à côté de la chaise de laquelle il a bien failli tomber, Christopher regarde Miya approcher dans la salle. Malgré la musique en fond, la pièce est trop silencieuse. S'il doit travailler avec elle, il va devoir monter le son pour couvrir un minimum le bruit de ses conneries sinon il ne va pas la supporter.
Son éclat soudain fait cligner Christopher des yeux. Il suspend son geste pour attraper sa baguette magique dans son pantalon — la gomme ne partira décidément pas avec ses doigts — et la regarde fixement.
« Pierce, » dit-il lentement parce qu'il n'aime pas qu'elle l'appelle l'autre.
Merde alors, songe-t-il en dirigeant sa baguette vers ses doigts, une moue dégoûtée. Tout en réfléchissant furieusement, il se débarrasse de la gomme puis relève tout aussi vite les yeux vers elle. Elle a pas capté qu'on allait bosser ensemble ?
« Bah repars d'où tu viens alors, parce que t'as pas le choix, réplique-t-il en plantant ses yeux dans les siens. Peyton et Pierce ne sont même pas là ! »
Il l'annonce en levant les bras autour de lui, comme s'il évoquait une très grande nouvelle. Un rictus moqueur danse sur ses lèvres. En réalité, il a bien envie de hurler de frustration. Mais il préfère que ce soit elle qui le fasse.
« Ils peuvent pas gérer la visite, ils m'ont refilé le bébé, explique-t-il brièvement d'une voix traînante. T'as qu'à le refiler à quelqu'un d'autre, toi aussi, tiens, ça m'évitera la torture de passer du temps avec toi. »
Puis comme si de rien n'était, alors que ce n'est pas du tout le cas, il dirige sa baguette vers son visage en louchant et marmonne un sortilège pour se débarrasser de la gomme qu'il avait sur les lèvres. Il se palpe la peau en lançant un regard goguenard à Miya, juste parce qu'il n'arrive pas à la regarder autrement. Puisqu'il n'a pas de glace devant lui, il ne voit évidemment pas qu'il reste sur le dessus de sa lèvre une trace de couleur beige-marronnasse-verdâtre, bref, de couleur indéterminée.
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Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
Deux tempêtes sous le même toit
Comme toujours, il soupire, il roule des yeux. Je le connais maintenant son manège, il est pas du tout ravi de me voir là donc il me le fait sentir. Comme si j'en avais quelque chose à foutre. Blasée, je regarde Chris continuer un peu sa lutte contre la gomme avant de laisser tomber pour attraper sa baguette. Je sais plus trop comment je me suis retrouvée dans cette merde, mais ça me plait pas du tout. Me déplacer de Sisyphe au Pitiponk c'était facile — j'me suis même fait le plaisir de me fumer une clope —, pareil pour c'qui était d'entrer et de dire bonjour. Puis à partir de là, quelque chose a plus fonctionné. Déjà c'est clair que je m'attendais pas à tomber direct sur Hangoover — c'est suspect d'ailleurs, est-ce qu'il m'attendait ? —, mais en plus le voir tout surpris comme ça avec son sucre coloré étalé sur la tronche ? Le summum de l'absurde. Ses conneries me passent au-dessus de la tête — pff, genre moi j'vais accepter de bosser avec lui —, en revanche son petit numéro de jouer à celui qui capte rien de ce qu'on lui raconte commence vraiment à me gonfler. Il l'enlève ce putain d'chewing gum ? Et pourquoi il me fixe comme ça ?
"Pierce" qu'il s'appelle l'homme, l'autre patron. Ouais c'est vrai, c'est ça qu'elle a dit, je pense, quand Hangoover me reprend. Son ton n'a rien de très chaleureux, mais pour le coup je peux pas lui en vouloir — moi aussi ça me ferait grincer des dents si quelqu'un zappait le prénom de Daisy comme ça. Cela dit je doute qu'on puisse l'oublier, j'ai pas trop à m'en faire de ce côté.
La gomme disparait enfin de sa face — enfin, majoritairement. Là au moins j'ai pas l'impression de parler à un mec idiot couvert de sucre. Juste à un mec idiot. Ma conclusion me fait marrer, je m'amuse toute seule et je ricane un peu dans mon coin en attendant qu'il se décide à l'ouvrir — ou la fermer définitivement, ça m'irait aussi. Mes yeux glissent sur le pub que je connais bien et, de nouveau, je me fais la réflexion que l'endroit est bizarre sans la foule. Je veux dire, il est cool et tout, on sent que y'a de l'ambiance en général. Mais ça fait plus pub familial que bar. Eh elle est pas mal celle là, je constate. Satisfaite de ma nouvelle insulte, je vais pour lui jeter à la figure mais il me coupe l'herbe sous le pied en prenant la parole le premier.
« Quoi ? » L'exclamation m'échappe mais je m'en tape. Ouais j'aurais préféré qu'il dise rien. J'ai pas le choix ? Daisy elle va m'entendre, ah ça. Elle non plus elle aura pas le choix.
Plus il parle et plus j'ai envie de me barrer. Parce que c'est quoi ce délire là ? C'est quel genre de patrons qui sont pas là pour leur projet ? J'ai un rire mi nerveux mi plaintif. Hangoover vient de faire d'une pierre deux coups — me mettre en rogne et me rappeler que, le projet dont il est question, c'est quand même une visite d'un petit groupe de gosses de Poudlard. Ouais bon, là ça craint. Au moins Chris a l'air aussi ravi que moi — même si là il a surtout l'air méga con avec le bonbon restant sur ses lèvres, ses yeux qui louchent tandis qu'il essaye de se nettoyer et son sourire narquois à deux balles. Mais sérieux, c'est pas vrai. Fait chier. J'veux rentrer.
Silencieuse, je le regarde faire tout en débattant rapidement avec moi. Au fond ça me prendrait à peine cinq minutes de transplaner, expliquer le truc à Ross puis le ramener ici pour qu'il fasse le job à ma place — et je suis à ça de le faire. Mais d'abord ça reviendrait à admettre qu'il me soule plus que je le soule, et j'ai aucune envie de donner raison à Hangoover, ce peu importe le sujet, et puis Daisy m'a confiée la mission à moi. Pour un peu que je tombe sur elle en arrivant à la boutique elle va me scalper avec les dents et je serais bonne pour me taper toutes les pires corvées pendant deux mois — très peu pour moi. Puis de toute façon j'ai beaucoup trop d'égo pour simplement faire demi-tour. Je mènerais à bien le projet quoi qu'il m'en coûte — même si ça veut dire devoir supporter Hangoover toute la journée, sans compter celle de la visite. J'vais devoir me montrer polie avec lui quand les gamins seront là. Ouais c'est ça l'pire en fait. Après avec un peu de chance Eli sera là. S'il est là je suis sûre que ça sera fun, au moins je pourrais compter sur lui pour me faire marrer et lancer des balles perdu à Hangoover. Tout d'un coup, la perspective de cette journée entourée de marmots avec l'autre parasite comme seule compagnie me parait moins terrible. Pas totalement, mais juste un peu.
Là j'me rends compte que j'ai rien dit depuis tout à l'heure et qu'entre temps il a fini de nettoyer sa moustache — enfin, plus ou moins. Je me gausse en remarquant les petits restes moches au-dessus de sa bouche mais je lui dis rien — il a qu'à rester comme ça, avec sa tête de con.
« Pff... Bon, primo t'appelles pas ça un "bébé", j'ordonne d'un ton sec, et mes boyaux se tordent quand je prononce le mots. Deuxio tu diras de ma part à Pierce et Peyton que s'ils veulent faire du business avec Sisyphe faut checker son emploi du temps avant, ça va avec le job de patron, je dis, sourcils froncés, railleuse. Et tercio, j'vais nulle part. T'sais pourquoi ? Parce qu'au Sisyphe on sait prendre nos responsabilités, nous », je conclus, moqueuse. Bande d'amateurs.
Sur ces mots, j'enfonce les mains dans mes poches et arque un sourcil en le fixant. Vas-y, dis-moi d'me barrer, je pense, suffisante. Je bougerais pas d'ici mais je suis curieuse de ce qu'il dira.
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1020 mots.
@Elijah Cooper pour la mention.
"Pierce" qu'il s'appelle l'homme, l'autre patron. Ouais c'est vrai, c'est ça qu'elle a dit, je pense, quand Hangoover me reprend. Son ton n'a rien de très chaleureux, mais pour le coup je peux pas lui en vouloir — moi aussi ça me ferait grincer des dents si quelqu'un zappait le prénom de Daisy comme ça. Cela dit je doute qu'on puisse l'oublier, j'ai pas trop à m'en faire de ce côté.
La gomme disparait enfin de sa face — enfin, majoritairement. Là au moins j'ai pas l'impression de parler à un mec idiot couvert de sucre. Juste à un mec idiot. Ma conclusion me fait marrer, je m'amuse toute seule et je ricane un peu dans mon coin en attendant qu'il se décide à l'ouvrir — ou la fermer définitivement, ça m'irait aussi. Mes yeux glissent sur le pub que je connais bien et, de nouveau, je me fais la réflexion que l'endroit est bizarre sans la foule. Je veux dire, il est cool et tout, on sent que y'a de l'ambiance en général. Mais ça fait plus pub familial que bar. Eh elle est pas mal celle là, je constate. Satisfaite de ma nouvelle insulte, je vais pour lui jeter à la figure mais il me coupe l'herbe sous le pied en prenant la parole le premier.
« Quoi ? » L'exclamation m'échappe mais je m'en tape. Ouais j'aurais préféré qu'il dise rien. J'ai pas le choix ? Daisy elle va m'entendre, ah ça. Elle non plus elle aura pas le choix.
Plus il parle et plus j'ai envie de me barrer. Parce que c'est quoi ce délire là ? C'est quel genre de patrons qui sont pas là pour leur projet ? J'ai un rire mi nerveux mi plaintif. Hangoover vient de faire d'une pierre deux coups — me mettre en rogne et me rappeler que, le projet dont il est question, c'est quand même une visite d'un petit groupe de gosses de Poudlard. Ouais bon, là ça craint. Au moins Chris a l'air aussi ravi que moi — même si là il a surtout l'air méga con avec le bonbon restant sur ses lèvres, ses yeux qui louchent tandis qu'il essaye de se nettoyer et son sourire narquois à deux balles. Mais sérieux, c'est pas vrai. Fait chier. J'veux rentrer.
Silencieuse, je le regarde faire tout en débattant rapidement avec moi. Au fond ça me prendrait à peine cinq minutes de transplaner, expliquer le truc à Ross puis le ramener ici pour qu'il fasse le job à ma place — et je suis à ça de le faire. Mais d'abord ça reviendrait à admettre qu'il me soule plus que je le soule, et j'ai aucune envie de donner raison à Hangoover, ce peu importe le sujet, et puis Daisy m'a confiée la mission à moi. Pour un peu que je tombe sur elle en arrivant à la boutique elle va me scalper avec les dents et je serais bonne pour me taper toutes les pires corvées pendant deux mois — très peu pour moi. Puis de toute façon j'ai beaucoup trop d'égo pour simplement faire demi-tour. Je mènerais à bien le projet quoi qu'il m'en coûte — même si ça veut dire devoir supporter Hangoover toute la journée, sans compter celle de la visite. J'vais devoir me montrer polie avec lui quand les gamins seront là. Ouais c'est ça l'pire en fait. Après avec un peu de chance Eli sera là. S'il est là je suis sûre que ça sera fun, au moins je pourrais compter sur lui pour me faire marrer et lancer des balles perdu à Hangoover. Tout d'un coup, la perspective de cette journée entourée de marmots avec l'autre parasite comme seule compagnie me parait moins terrible. Pas totalement, mais juste un peu.
Là j'me rends compte que j'ai rien dit depuis tout à l'heure et qu'entre temps il a fini de nettoyer sa moustache — enfin, plus ou moins. Je me gausse en remarquant les petits restes moches au-dessus de sa bouche mais je lui dis rien — il a qu'à rester comme ça, avec sa tête de con.
« Pff... Bon, primo t'appelles pas ça un "bébé", j'ordonne d'un ton sec, et mes boyaux se tordent quand je prononce le mots. Deuxio tu diras de ma part à Pierce et Peyton que s'ils veulent faire du business avec Sisyphe faut checker son emploi du temps avant, ça va avec le job de patron, je dis, sourcils froncés, railleuse. Et tercio, j'vais nulle part. T'sais pourquoi ? Parce qu'au Sisyphe on sait prendre nos responsabilités, nous », je conclus, moqueuse. Bande d'amateurs.
Sur ces mots, j'enfonce les mains dans mes poches et arque un sourcil en le fixant. Vas-y, dis-moi d'me barrer, je pense, suffisante. Je bougerais pas d'ici mais je suis curieuse de ce qu'il dira.
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1020 mots.
@Elijah Cooper pour la mention.
#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Deux tempêtes sous le même toit
C'est un ahurissant et insolent hasard si les doigts de Christopher palpent tout le bas de son visage, excepté l'endroit où se trouve encore de la gomme. Heureux d'avoir, croit-il, retrouvé une figure acceptable — c'est à dire de beau gosse —, il baisse sa baguette juste à temps pour se recevoir le venin de Miya. Son exclamation surprise lui arrache un rictus moqueur. Ça y est, elle a compris qu'ils étaient censé travailler ensemble, là ? Elle va arrêter de lui prendre la tête ? Si elle pouvait repartir d'où elle vient et lui envoyer quelqu'un d'autre, ça l'arrangerait, d'ailleurs. Il n'a aucune envie de se coltiner une meuf incapable de rester calme deux secondes. Et aucune envie non plus de rester lui-même calme plus de deux secondes : avec elle, il n'y arrive pas. Quand il voit sa tronche, il revoit celle de Lloyd et Jude quand plus rien n'allait. Il était persuadé que Miya ne reviendrait jamais en Grande-Bretagne. Il l'espérait.
Il lui laisse le temps de macérer l'information. Elle met vachement de temps à réfléchir et il se demande si elle est en train de penser à la suite, si comme lui elle se demande si elle peut se débarrasser de la corvée au détriment de l'avis que se fera d'elle sa patronne.
Ses pensées s'évaporent lorsqu'elle reprend la parole. Un sourcil s'arque sur le front de Christopher. C'est quoi son souci avec les bébés ? C'est drôle d'appeler un projet un "bébé", tout le monde le sait, alors pourquoi faut-il qu'elle, elle n'aime pas ? C'est vraiment bizarre de bloquer sur ça sans raison. Vu qu'elle est si prompte à tromper ses mecs dès qu'elle en a l'occasion, ça l'étonnerait pas qu'elle se soit retrouvée avec un polichinelle dans le tiroir et qu'elle l'ait abandonné quelque part. C'est pour ça qu'elle réagit comme ça ? Agacé comme il est face à Miya, c'est facile pour Christopher d'oublier que cette histoire de tromperie n'est même pas avérée. Mais c'est facile, aussi, de prendre ses suspicions pour la réalité et d'en nourrir encore plus de rancœur pour Miya.
La suite n'inspire qu'un claquement de langue agacé à Christopher. Il n'apprécie pas du tout qu'elle parle comme ça de Peyton et de Pierce alors qu'elle ne les connait même pas. Bon, c'est vrai qu'ils ont eu un petit souci d'emploi du temps et que c'est quelque chose qui arrive régulièrement mais c'est parce qu'ils savent qu'ils peuvent se reposer sur lui, c'est tout, alors ils se fichent un peu que leurs projets pour le Pitiponk coïncident ou non avec leur vacances. Mais ça, il ne le dira pas à Miya, car elle prendra ça pour du manque de professionnalisme et que si elle le fait il va avoir envie de se venger, et ça terminera très mal.
Christopher s'avance d'un pas vers elle, un sourire tordu au coin des lèvres. Il lèvre le pouce devant lui.
« Primo, répète-t-il lentement pour bien qu'elle comprenne qu'il va parler comme elle l'a fait, et ce, dans le seul but de l'emmerder. J'appelle ça comme je veux. L'enfant chéri né du Pitiponk et de Sisyphe, ricane-t-il en réussissant l'exploit d'afficher au même moment une grimace dégoûtée. Deuxio... » Son index rejoint son pouce. « Pierce et Peyton ont un super responsable de bar pour gérer quand ils sont absents, donc tu la boucles ou on va devoir parler de la réputation du Pitiponk par rapport à celle de Sisyphe et ce serait gênant pour toi. »
Sans compter que les pubs sont absolument incomparables au vu de leur position dans le monde sorcier et de leur clientèle, il le sait bien. N'empêche que le Pitiponk marche du feu de Merlin et que ça, personne ne peut le remettre en question.
Enfin, Christopher lève son majeur, un petit sourire arrogant au coin des lèvres.
« Tertio..., poursuit-il d'une voix traînante, moi non plus je vais nulle part. Donc puisque qu'on est deux à prendre nos responsabilités... »
Un soupire dépité lui échappe. Ça lui tape vraiment sur les nerfs de devoir se la coltiner.
« On va bel et bien travailler ensemble. »
Il lui laisse le temps de macérer l'information. Elle met vachement de temps à réfléchir et il se demande si elle est en train de penser à la suite, si comme lui elle se demande si elle peut se débarrasser de la corvée au détriment de l'avis que se fera d'elle sa patronne.
Ses pensées s'évaporent lorsqu'elle reprend la parole. Un sourcil s'arque sur le front de Christopher. C'est quoi son souci avec les bébés ? C'est drôle d'appeler un projet un "bébé", tout le monde le sait, alors pourquoi faut-il qu'elle, elle n'aime pas ? C'est vraiment bizarre de bloquer sur ça sans raison. Vu qu'elle est si prompte à tromper ses mecs dès qu'elle en a l'occasion, ça l'étonnerait pas qu'elle se soit retrouvée avec un polichinelle dans le tiroir et qu'elle l'ait abandonné quelque part. C'est pour ça qu'elle réagit comme ça ? Agacé comme il est face à Miya, c'est facile pour Christopher d'oublier que cette histoire de tromperie n'est même pas avérée. Mais c'est facile, aussi, de prendre ses suspicions pour la réalité et d'en nourrir encore plus de rancœur pour Miya.
La suite n'inspire qu'un claquement de langue agacé à Christopher. Il n'apprécie pas du tout qu'elle parle comme ça de Peyton et de Pierce alors qu'elle ne les connait même pas. Bon, c'est vrai qu'ils ont eu un petit souci d'emploi du temps et que c'est quelque chose qui arrive régulièrement mais c'est parce qu'ils savent qu'ils peuvent se reposer sur lui, c'est tout, alors ils se fichent un peu que leurs projets pour le Pitiponk coïncident ou non avec leur vacances. Mais ça, il ne le dira pas à Miya, car elle prendra ça pour du manque de professionnalisme et que si elle le fait il va avoir envie de se venger, et ça terminera très mal.
Christopher s'avance d'un pas vers elle, un sourire tordu au coin des lèvres. Il lèvre le pouce devant lui.
« Primo, répète-t-il lentement pour bien qu'elle comprenne qu'il va parler comme elle l'a fait, et ce, dans le seul but de l'emmerder. J'appelle ça comme je veux. L'enfant chéri né du Pitiponk et de Sisyphe, ricane-t-il en réussissant l'exploit d'afficher au même moment une grimace dégoûtée. Deuxio... » Son index rejoint son pouce. « Pierce et Peyton ont un super responsable de bar pour gérer quand ils sont absents, donc tu la boucles ou on va devoir parler de la réputation du Pitiponk par rapport à celle de Sisyphe et ce serait gênant pour toi. »
Sans compter que les pubs sont absolument incomparables au vu de leur position dans le monde sorcier et de leur clientèle, il le sait bien. N'empêche que le Pitiponk marche du feu de Merlin et que ça, personne ne peut le remettre en question.
Enfin, Christopher lève son majeur, un petit sourire arrogant au coin des lèvres.
« Tertio..., poursuit-il d'une voix traînante, moi non plus je vais nulle part. Donc puisque qu'on est deux à prendre nos responsabilités... »
Un soupire dépité lui échappe. Ça lui tape vraiment sur les nerfs de devoir se la coltiner.
« On va bel et bien travailler ensemble. »
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Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
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