Le soleil qui brûle toutes nos peines
• Avant-propos •
• Sommaire •Ce recueil me permettra d'écrire quelques moments de la vie d'Ashley en compagnie de son frère Natanaël (à Poudlard, évidemment). Le lieu et la date sont indiqués en début de chaque post ; le sommaire les recense dans l'ordre chronologique.
30/05/2048 • La grenouille reine d'Égypte
Titre du recueil inspiré des paroles de la chanson Soleil soleil de Pomme
PNJ actif : Natanaël Houston
PNJ actif : Natanaël Houston
Dernière modification par Ashley Houston le 15 mai 2026, 01:13, modifié 1 fois.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
Le soleil qui brûle toutes nos peines
• La grenouille reine d'Égypte •
30 mai 2048
Lac – Poudlard
1ère année
Le soleil brille très haut dans le ciel et le paysage qui m'entoure, parfait reflet des rayons de l'astre, m'aveugle. La main en visière devant mes yeux pour soulager mes sourcils froncés, je m'accroupis sur la rive du lac, le plus près possible des premières vagues pour les laisser lécher le bout de mes bottes sans pour autant finir les pieds totalement trempés. Juste à côté de moi et dans une position similaire à la mienne, Natanaël tient dans ses mains son nouvel animal de compagnie. Enfin, si on peut appeler ça ainsi. Je ne sais quoi penser de l'amphibien qui coasse doucement, le regard penché sur l'eau, comme s'il hésitait à y plonger. C'est à ce moment, me dis-je, que mon frère a le plus l'air d'un sorcier. Malgré la chaleur, sa cape recouvre son corps en une masse sombre et mystérieuse, le manche de sa baguette s'échappe de sa poche gauche, et la grenouille toute verte aux drôles de yeux jaunes laisserait presque croire qu'il s'agit d'un humain métamorphosé.
« Tu vas l'appeler comment ? » finis-je par demander pour briser le silence, voyant que le petit animal ne semble pas vouloir se jeter à l'eau.
Natanaël tourne sa tête vers moi pour réfléchir, comme si la réponse se trouvait écrite sur mon front. Cela fait déjà plus d'un mois qu'il est en possession de la petite créature, mais je ne l'ai jamais entendu prononcer son nom – je ne sais même pas si elle en a un. D'ailleurs, le regard que me jette le Serdaigle semble insinuer qu'elle a évidemment déjà un nom. Mais comment suis-je censée le savoir, alors qu'il ne l'a jamais dit ? Et qu'il ne me l'a jamais dit, à moi ? Je ne me doute pas une seule seconde qu'il me reproche légèrement de ne pas lui avoir posé la question plus tôt, et je suis loin de m'imaginer que cela le contrarie car il a l'impression, depuis le début de l'année, que je l'ai un peu oublié.
« Farouk, finit-il par lâcher dans un souffle. Je cligne des yeux de consternation.
– Mais c'est un prénom de garçon ? »
Natanaël fait claquer sa langue contre son palais dans un mouvement d'agacement. Je hausse les sourcils, surprise, ne comprenant pas ce soudain changement d'humeur. Sa grenouille, elle devrait avoir un prénom de fille, voilà tout. Ce n'est pas un crapaud...
« C'est un crapaud, Ashley. »
Oh. Je me sens soudainement très stupide d'avoir cru, depuis le début, que c'était une grenouille. Je me sens encore plus stupide, et sûrement très honteuse, de n'avoir même pas pensé à lui poser la question. Je réalise alors que la contrariété de Natanaël est justifiée ; un mois ou presque sans le voir, et un silence qui en disait plus long que mon absence. Je me mords la lèvre et baisse ma main pour que le soleil me brûle les yeux et m'empêche de croiser le regard déçu du Bleu. Merlin... le beau temps de cet après-midi me paraît soudain inapproprié. J'aimerais que les nuages recouvrent le ciel et que la pluie me force à retourner dans ma salle commune pour que je me plonge dans le travail sans penser à toutes les différentes manières que je trouve involontairement pour blesser mon frère.
« Pourquoi Farouk, du coup ? » demandé-je pour tenter du mieux que je peux de changer de sujet.
– C'est un prénom égyptien. Dans l'Égypte antique, les crapauds et les grenouilles (il me jette un coup d'œil entendu qui me fait baisser la tête) sont le symbole du retour à la vie après l'hiver et de la résurrection. Il y a aussi des allumettes de protection en forme de crapaud.
– Je vois. »
Je me rends compte, à la façon dont il semble tant s'y connaître, de toute la poussée de sa réflexion pour trouver un nom qui correspond à son crapaud, à l'image qu'il a de lui, à son caractère, sûrement.
« Ses yeux... rappellent le désert, tenté-je de dire pour montrer que je ne suis pas qu'une ingrate désintéressée et égoïste.
– Ou le soleil d'Égypte. »
Il hoche la tête d'un air satisfait et m'adresse un léger sourire. Je me redresse ; l'histoire semble un peu oubliée et je sens qu'il m'en veut moins qu'avant. Mes muscles se détendent immédiatement et je me redresse pour le surplomber, remettant ma main en visière devant mes yeux.
« Bon, tu le jettes à l'eau ou on doit encore attendre une heure ? »
Il rit et je sens mon cœur se réchauffer. Même si au fond de moi, son crapaud sera toujours une grenouille, car je préfère largement l'appeler la « Charmante reine » plutôt que le « Pustuleux souverain » d'Égypte (tout simplement parce qu'une reine, c'est beaucoup plus stylé qu'un roi), je suis contente de voir que ce léger désaccord entre nous est terminé. Et que maintenant, il ne nous reste qu'à voir s'il peut nager. J'aurais dû prendre un livre avec moi, car mon frère n'a pas du tout l'air d'avoir envie de bouger ni de forcer son crapaud à agir. Il y a beaucoup de choses que je regrette dans la vie ; passer du temps avec mon frère, même si c'est pour ne rien faire ou presque pendant une heure, n'en fait pas partie, et que Morgane en soit louée.
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