A la découverte du Maudit

Samedi 14 janvier 2051
Aux alentours de 14h
12 quai brumeux, Godric's Hollow – Domicile d’Herminie Peers
Froid, sol glissant et quelques restes de neige éparses, ciel gris
@Herminie Peers et @Aelle Bristyle


Quelques temps auparavant et notamment lors de leur entrevue à l’abeille travailleuse, Aliénor avait évoqué à Herminie cette pièce qu’elle avait trouvé lors de la découverte de la nouvelle maison de Gryffs. Pièce enfermée dans une boite visiblement ensorcelée et gravée de ce qui pouvait s’apparenter à des symboles mayas. Elle lui avait demandé si dans son école, elle connaissait quelqu’un spécialisé dans une magie plus sombre, peut-être des malédictions. Parce que la seule fois où elle avait ouvert la boite, elle avait ressenti un frisson dans toute sa colonne vertébrale, une magie sombre qu’elle ne connaissait pas émanait de cette pièce et depuis elle n’avait jamais rouvert cette boite qui semblait parfaitement contenir cette magie. Son amie lui avait confirmé connaitre quelqu’un de son école, une personne tout à fait apte à répondre aux questions d’Aliénor et quand elle avait voulu ajouter des précisions sur cette personne, la joueuse de Quidditch l’avait arrêté en lui disant que si elle avait confiance en cette personne ça lui suffisait largement. La blonde avait l’air de vouloir en dire plus, mais la jeune Delphillia n’avait que faire de l’identité de cette personne. Elle avait totalement confiance en son jugement et c’est d’ailleurs pour ça qu’elle se retrouvait aujourd’hui devant l’appartement d’Herminie, directement chez elle. Un lieu neutre où aucune oreille indiscrète ne pourrait trainer.

Arrivée devant la porte, Aliénor observa autour d’elle avant de prendre une grande inspiration. L’air froid lui brula presque les poumons et quand elle souffla une épaisse fumée blanche se forma devant ses lèves avant de s’éclipser aussi vite qu’un baiser dans un rêve. Emmitouflée dans sa cape d’hiver, elle sonna à la porte attendant d’être accueillit par la blonde. La batteuse était à l’heure, si ce n’est quelques petites minutes de retard.

Dans le petit sac qu’elle portait à sa taille, ce trouvait la fameuse boite qu’elle avait déjà évoqué à son amie. Elle avait hâte de pouvoir lui montrer, elle en saurait certainement plus sur les protections appliquées à cette boite et son ami pourrait analyser cette pièce maya aux symboles caractéristiques mais avec cette emprunte magique si particulière. Elle espérait ne pas être tombée sur quelque chose de trop gros pour elle. Cette maison avait été pleine de surprises et elle espérait que cette pièce ne serait pas la surprise de trop.

Quand on lui ouvrit, Aliénor afficha un grand sourire.

-Herminie ! Merci de m’accueillir ! Enfin je vais voir ton appart, sans la proprio relou j’espère.

Elles en avaient parlé. Rapidement, par lettres ou parfois au café quand Aliénor passait. L’anglaise essayait de voir plus souvent ses amies cette année et elle ne s’en sortait pas trop mal visiblement. Même si ce n’était toujours pas assez à son goût.

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel

A la découverte du Maudit
Elle frotta ses mains l'une contre l'autre après avoir rajouté une autre bûche dans la cuisinière à bois qui marchait à plein régime. Un ensemble de bougies posé sur le plan de travail et un reste de couronnes de l'avent sur la fenêtre tentaient vainement de réchauffer l'atmosphère morne de la sinistre chambre de bonne qu'elle louait le long de la Towy. L'étudiante se retourna néanmoins tout sourire vers sa camarade de promotion et amie, Aelle, à qui elle avait proposé un thé et une couverture pour ses genoux. Cet endroit n'était pas au summum du confort, pas du tout même, mais c'était son appartement. Qu'importe si elle découchait régulièrement dans un cossu appartement à l'intérieur des remparts de Godric's Hollow. Celui-ci était le prix de la maîtrise de son temps, la preuve de son autonomie.

A l'opposé de la partie cuisine, Lianz dormait sur la grosse couverture posée sur le lit, nullement dérangé par les gargouillements du chauffe-eau provenant de la porte laissé ouverte de la petite salle de bain. Entre les deux espaces, un tapis épais à la couleur passé et quelques gros coussins colorés autour d'une petite table basse en bois, récent cadeau de Noël de la part de sa famille pour agrémenter son appartement.

Elle posa une grosse théière fumante sur le carrelage vintage de la table de la cuisine et apporta les tasses et les feuilles de thé en silence, portant régulièrement son regard vers la porte. Elle ne savait que penser de cette rencontre. Bien sûr, elle pensait réellement que Aelle saurait aider Alienor, mais elle avait entendu que la relation entre les deux était... compliqué.

Enfin la sonnette retentit et elle se précipita au bas de l'escalier grinçant, découvrant derrière la porte de l'immeuble le grand sourire de son amie. "Ali ! Entre !", s'exclama t-elle en s'effaçant pour la laisser entrer sur le palier qui donnait sur la porte de l'appartement de Madame Crampon et sur l'escalier qui menait au sien. "Ouais, ne t'attends pas à grand chose non plus !", lança t-elle en la précédant, ses chaussons roses montant les marches inégales, lançant par réflexe un regard en arrière pour vérifier que sa logeuse n'avait pas entendu le commentaire de son amie. "Reloue n'est pas le mot, voyons, acariâtre, sans aucun doute, mais on ne s'ennuie jamais !", commenta t-elle. La vieille était partie avant midi pour une mystérieuse destination, son chat sous le bras, et avec un peu de chance elles seraient tranquilles cet après-midi.

Avec ces quelques mots, elles étaient déjà arrivés au premier étage. En repoussant la porte, elle jeta un regard peu assuré vers l'arrière. "Aelle est déjà là". La bombe était lancée.

Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
Best Friend 9000, LA référence couleur Poufsouffle #BF9000

A la découverte du Maudit
Après une légère hésitation, j'ai accepté la tasse de thé. Le plaid ? Je l'ai dédaigné. C'est bien Herminie de me proposer un plaid alors qu'elle pourrait utiliser un sortilège pour réchauffer la pièce — ou pour enfermer des flammes dans un bocal et me le tendre. Mon regard n'a cesse de faire le tour des lieux. Ce n'est pas bien difficile, c'est petit ici. C'est la première fois que je viens et que je découvre où vit Herminie. Habituellement, nous nous voyons à l'école. Rarement en dehors. Je la suis du regard sans parler. Je n'ai pas dit grand chose depuis que je suis arrivée, si ce ne sont les salutations habituelles et les quelques commentaires qui ne méritent pas que l'on y revienne dessus. Zikomo a parlé plus longtemps que moi mais c'est parce qu'il avait apparemment beaucoup à dire à propos du chat de Herminie dont il se souvenait, et moi aussi, de nos années à cohabiter dans la même salle commune. Zikomo a pris place sur le tapis, la queue enroulée autour de ses pattes, et n'a, depuis, pas bougé, sauf lorsqu'il s'agissait de suivre de son regard mordoré les déplacements de notre hôte dans la petite pièce.

J'aurais aimé que la découverte de sa chambre se fasse dans d'autres circonstances. Je ne peux pas dire que je suis ravie à l'idée d'être ici. Si l'on en croit le poids dans ma poitrine, c'est même plutôt le contraire. Ça, c'est l'effet Delphillia. Cela fait longtemps que je ne l'avais pas ressenti mais il faut dire que ces derniers temps, nos rencontres étaient dues au hasard, il n'y avait donc rien de l'appréhension habituelle que l'on ressent quand on sait que l'on va voir une personne que l'on ne porte pas dans son cœur. Quoi qu'aujourd'hui, c'est un peu différent. Je pense souvent à ce moment dans l'Allée des embrumes. À mon golem, à la peur de Delphillia, au bien être que j'ai ressenti. Quelque chose a changé, c'est indéniable. Je ne saurais pas quoi exactement tant que je ne me serais pas retrouvée face à elle. Et même si je suis curieuse, je ne me cache pas que j'aurais préféré continuer à l'ignorer que de devoir passer un morceau de journée avec elle.

Lorsque la sonnette résonne et que Herminie quitte en trompe la pièce, je pose la tasse chaude sur la table basse et me lève. Je vais me planter devant la fenêtre et laisse mon regard voguer sur le paysage extérieur. Ma baguette est bien en place sur mon avant-bras, je vérifie deux fois sa présence alors même que je la sens. Je n'ai pas la moindre envie que cette rencontre dégénère, tout simplement parce que je ne veux pas prendre le risque de blesser Herminie ou abimer son lieu de vie, mais cela ne m'empêche pas de me préparer à toute éventualité. Elle m'a dit que Delphillia ne savait pas que c'était moi qui serait là. Lorsque cette dernière verra que c'est de moi dont il s'agit... Je ne parviens même pas à imaginer sa réaction. Je ne sais pas pourquoi Herminie ne lui a pas précisé l'identité de la personne qui allait l'aider mais ça en dit long sur ce qu'elle sait de notre relation. Si elle avait su que l'ancienne batteuse et moi ne pouvions pas nous parler sans nous insulter ou nous agresser, aurait-elle quand même proposé que ce soit moi qui m'occupe de cette affaire ?

Du bruit dans la cage d'escalier m'informe de l'avancée des deux filles. Je me râcle la gorge et me retourne vers la porte, plantée le dos droit devant la fenêtre. Je glisse mes mains dans mes poches. J'attends, le regard braqué sur le battant, que Delphillia apparaisse. Mon cœur rate un battement lorsque j'entends étouffé par la porte mon prénom prononcé par Herminie. Déferle alors dans mes veines une impatience à peine entravée par l'appréhension des conneries qui sortent toujours de la bouche de Delphillia quand elle me voit et qui ont parfois le goût de vérité.

Qu'elle vienne. Qu'elle m'insulte. C'est elle qui a besoin de moi. Parce qu'elle n'a jamais eu mon niveau en magie et qu'elle ne l'aura jamais. Je ne sais même pas pourquoi elle se retrouve en possession d'un objet qui requiert des connaissances avancés en maléfices. Une fille comme elle... Elle aurait dû s'en débarrasser rapidement, non ? Ce n'est pas comme si elle était capable de comprendre ce que les maléfices et autres enchantements sombres pouvaient avoir d'intéressants.

Cet objet est la seule raison de ma présence ici. La seule que j'accepte de regarder en face, du moins. Les autres... Bah, qu'importe ?

A la découverte du Maudit
Aliénor suivit son amie dans l’escalier jusqu’à son fameux appartement dont elle avait tant entendu parler. Dans une sacoche accrochée à sa taille imprégnée d’un sortilège d’extension, il y avait la petite boite dont elle lui avait parlé. Il n’aimait pas trop balader un objet qui avait une telle aura, mais aujourd’hui elle aurait certainement un peu plus de réponses à ses questions. Que ce soit par Herminie ou par la personne qui était spécialisée dans les malédictions.

-Il n’y a que toi pour trouver du positif dans le comportement limite de cette femme.

Elle laissa Herminie pousser la porte, Aliénor en profitait pour observer les lieux. C’était classique un peu sombre à son goût, mais ils étaient en plein hiver ça ne devait pas aider et puis ce n’était qu’une cage d’escalier ça ne présageait en rien de ce qu’il pouvait y avoir dedans. Mais quand les mots d’Herminie arrivèrent aux oreilles de la batteuse son regard fila immédiatement vers son amie qui était déjà de dos en train d’entrer dans l’appartement. Aelle ? Elle avait bien entendu ? Aelle ? Pourquoi Aelle serait-elle ? Non… Ce n’était pas possible, ça ne pouvait pas être Aelle la spécialiste en malédiction et magie sombre qu’Herminie avait pu dégoter dans son école…

-Hermi…

Aliénor se pencha en avant, chuchotant son nom, mais la blonde était déjà entrée et la joueuse de quidditch se retrouvait à attraper le vide, comme un attrapeur qui se ferait feinter par le vif d’or. Minie, dans quel pétrin tu viens de mettre Aliénor ?

Le regard de la brune se relève doucement et tombe sur le visage suffisant d’Aelle. La batteuse serre les dents, mais ne dit rien, elle se redresse et fait quelques pas pour enfin entre dans l’appartement. La tension était palpable du moins du côté d’Aliénor. Elle fixait Aelle comme un loup fixerait sa proie. Mais entre les deux qui était vraiment la proie ? C’était variable.

Après quelques secondes à observer son adversaire de toujours, la jeune femme soupira lourdement en fermant les yeux. Elle retira son bonnet, ses gants et son manteau, mais garda son écharpe.

-Bonjour.

Voilà une salutation aussi froide que le marbre qui recouvre les pierres tombales. Ravie, Aliénor était ravie qu’Aelle soit là, d’autant plus que cette grognasse devait être ravie qu’Aliénor ait une nouvelle fois besoin d’elle, même si cette fois l’étudiante à L’ISMI n’était pas venue la chercher de son propre chef.

-Je veux bien une tasse de thé Minie. Si tu en a encore. Merci.

Elle tourna la tête vers son amie et lui accorda un simple sourire, discret mais sincère. Elle n’en voulait pas à Herminie. Elle n’avait rien à voir dans la relation conflictuelle qui unissait les deux femmes. Même si elle était au courant, mais si la blonde avait jugé qu’Aelle pouvait être d’une aide quelconque, Aliénor lui faisait confiance. A elle, Herminie, elle n’avait absolument aucune confiance en Aelle par contre.

Elle s’installa sur un fauteuil, laissant ces yeux observer l’endroit. C’était vieillot, mais quelque part on y sentait la touche de son amie qui rendrait n’importe quoi lumineux et chaleureux. Au moins personne ne viendrait les déranger ici.

Perséphone: Batteuse, reine des Rumeurs
J'ai plus de virilité dans mon petit doigt que toi dans tout ton corps.
Aliénor Delphillia Batteuse remplaçante des Chauves-souris de Fishucastel