La traque des lascars
16 avril 2051
@Élicia Caldin
@Élicia Caldin
Mon informateur m'a donné ce lieu de rendez-vous, j'espère ne pas perdre de temps, je n'en ai plus beaucoup pour rendre mon article. Le pavé londonien est encore poisseux, verni par une pluie fine qui a cessé depuis peu mais dont l'odeur d'humidité et d'eau stagnante imprègne encore l'atmosphère.
Par réflexe, je remonte le col de mon manteau, un mouvement autant dicté par le froid de cette fin de journée que par le besoin instinctif de me fondre dans le décor et dans la foule. Je me sens comme une véritable enquêtrice, car c'est bien ça aussi, le métier de journaliste ?
Mon carnet est serré contre mon flanc, dissimulé dans ma doublure, j'espère pouvoir écrire quelque chose avant ce soir. Ces derniers temps à la Gazette, le vent a tourné. On me confie plus de responsabilités, on apprécie ma rigueur, ma ponctualité, ma plume qui s'affine. Pourtant sous les hochements de tête approbateurs de ma hiérarchie, je sens toujours que je ne suis qu'une apprentie. Cette étiquette est tenace, elle me colle à la peau, on me regarde toujours avec cette pointe de bienveillance condescendante... C'est d'ailleurs pour cela qu'on me confie uniquement les affaires de croups disparus ou les comptes-rendus des fêtes sorcières, avec ce même retour : c'est bien, Alaska, continue comme ça.
Non, je ne veux plus de ce journalisme. J'aspire à autre chose. Je veux m'enfoncer dans les zones d'ombre, dans les ruelles de Londres, trouver des faits. Je veux l'exclusivité, celle qui se paye au prix du flair et de la patience. Je veux cette enquête. Je veux que mon rédacteur-en-chef découvre un article si percutant, si documenté, qu'il ne pourra plus jamais me regarder comme la gamine qui apprend le métier. Et pour cela, il me faut le secret le mieux gardé des ruelles sorcières : l'identité et le fonctionnement des trois lascars du marché noir. Ces marchands d'ingrédients de potions interdits que tout le monde redoute autant qu'on se les arrache sous le manteau.
Mon informateur a été on ne peut plus clair sur l'heure du rendez-vous, la vente aura lieu ici et dans quelques minutes, mais la déformation professionnelle me pousse à l'anticipation. Un bon journaliste arrive en avance, il s'imprègne des lieux, et traque le moindre le détail qui aurait pu échapper aux autres. L'endroit est parfait pour une transaction clandestine. Idéal pour un guet-apens, aussi.
Je bifurque sur la gauche, juste à côté dudit lieu, je dois rejoindre quelqu'un avant de passer à l'action. C'est un cul-de-sac étroit, flanqué de murs de briques noircies par le temps, où l'étage des bâtisses semble se rejoindre pour occulter le ciel. J'aperçois la silhouette familière que je cherchais un peu plus loin, c'est Elicia.
Un soulagement discret me traverse à sa vue, sa présence à mes côtés me rassure. Je sais que je ne m'attaque pas à ce qu'il y a de plus facile, mais c'est peut-être ça qui m'excite aussi. J'ai besoin d'elle, d'elle et de ses talents. Pour l'instant nous n'avons pas de plan, mais nous allons essayer de nous faire passer pour des clientes du marché noir. Je hâte le pas pour la rejoindre, mes bottes claquant doucement sur le sol humide, le regard déjà aux aguets et un demi-sourire déterminé aux lèvres.
« Tu es en avance, toi aussi. dis-je à voix basse pour la saluer.
Ils ne devraient pas tarder... Il va falloir se faire discrète, je n'ai pas l'intention de repartir les mains vides.
Tu as un plan ? »
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
La traque des lascars
DIMANCHE 16 AVRIL 2051 - ÉTUDIANTE
RUES DE LONDRES
RUES DE LONDRES
Enfin les examens étaient terminés. L’année était passée à une vitesse effroyablement rapide, et Élicia ne l’avait vraiment pas vu filer. Dire que sept mois plus tôt elle découvrait la Grande École de l’Art comme nouveau lieu de résidence, laissant définitivement Poudlard derrière elle. Et là, elle terminait sa première année et réfléchissait encore pour savoir si elle en ferait une seconde comme Castiel ou pas. Peut-être serait-ce une bonne idée. Ou alors aller faire autre chose… Mais les duels lui manquerait. L’investigation lui manquerait. Malgré le professeur qu’elle avait dû supporter durant ces sept mois - jamais elle n’avouerait qu’elle avait apprécié voir Thomas comme professeur, quand bien même se fut vrai…
Enfin, le lien qu’elle avait avec son jeune professeur était toujours particulier et elle pouvait toujours dire qu’elle détestait ses cours et sa manière de toujours l’emmerder au pire moment, ça ne l’avait pas empêché d’aller lui demander de l’aide pour trouver son stage de fin d’année. Elle avait longtemps hésité, poussée par les moqueries d’Aïsha. Mais cette dernière avait fini par relever un très bon point : non seulement il y avait de grandes chances que Thomas l’accepte elle plus qu’un autre, mais en plus elle prendrait possiblement sur les cours de l’année suivante. Mieux encore, elle serait amené sans aucun doute à rencontrer le cercle de l’aîné Sangblanc, ce qui pouvait lui amener beaucoup de très bon contact pour de futurs stages ou travails.
Alors voilà, elle allait passer les trois prochains mois avec Thomas Sangblanc comme mentor de stage, pour le meilleur et pour le pire.
La jeune sorcière pensait à son début de stage prévu le lendemain en avançant dans les rues de Londres qu’elle commençait à connaître. Pour des investigations, pour des emplettes ou simplement parce qu’elle y avait vécu. C’était une autre époque, et d’une certaine manière, une autre vie, où elle ne connaissait pas encore le monde des sorciers et tout ce qui s’y rapportait. Une époque où elle n’avait pas encore rencontré la grande partie de sa famille, si ce n’était toute.
Dissimulée par sa cape noire qu’elle utilisait le plus souvent lors de ses devoirs d’investigations, Élicia chercha du regard Alaska. Les deux jeunes filles s’étaient côtoyées à Poudlard, jusqu’à se rencontrer sur le terrain de Quidditch lorsqu’elles étaient encore joueuse. Même si Alaska était plus âgée qu’elle d’un an, ça ne les avait pas empêché de discuter de temps à autre. Puis elles s’étaient recroisées lors des soirées et sorties étudiantes. Et voilà que ce jour là, elles allaient pister les lascars du marché noir pour un article qu’Alaska avait prévu d’écrire pour la Gazette.
La rouquine eut une pensée pour Aliosus qui y travaillait aussi. Avait-il déjà pensé à débusquer les lascars lui aussi ?
Quant à Élicia, cette mission lui permettait de s’échauffer avant le début de son stage. Ainsi que mettre en pratique tout ce qu’elle avait appris durant l’année.
- J’ai tout prévu t’inquiètes pas, je commence à avoir l’habitude, lança-t-elle à sa complice.
La rouquine sortit sa baguette et un instant plus tard, sa chevelure flamboyante si reconnaissable prit une teinte de jais.
- Quant à un plan, commençons par déambuler en gardant les yeux bien ouverts. Parfois c’est quand on se trouve dans la masse qu’on se fait le moins remarquer. Est-ce qu’il y a quelque chose par lequel tu veux commencer pour ton article ?
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
La traque des lascars
Un léger sourire étire mes lèvres lorsque je vois les reflets roux d'Elicia s'effacer sous sa magie pour laisser place à une chevelure brune. C'est exactement pour ce pragmatisme et cette réactivité que je l'ai voulue à mes côtés aujourd'hui.
« Propre. dis-je à voix basse en observant le résultat.
Elle me demande par quoi je veux commencer. Ma main glisse machinalement dans ma poche, mes doigts effleurent les galions que j'ai pris soin d'emporter, c'est une somme rondelette, mais de quoi suffisamment appâter des revendeurs d'ingrédients rares. Et de quoi surtout, nous faire passer pour ce que nous ne sommes pas : des clientes du marché de contrebande.
Peu importe, j'ai surtout besoin d'un gros scoop.
Ces trois là se croient invisibles et insaisissables, mais ils commettent forcément des erreurs. Dans mon article je veux révéler une information encore totalement méconnue sur eux. Qui sont-ils ? Qui tient les rennes de ce réseau ?
On va appliquer ta méthode, et tenter de passer inaperçu en se faisant passer pour des clientes. Tu as un peu d'argent sur toi ?
Mon informateur m'a assuré qu'une vente allait bientôt avoir lieu : des ongles de Griffon, des plumes de Jobarbilles, et des oeufs de Runespoor m'a-t-on dit.
Nous commençons notre ronde. Les minutes s'écoulent, rythmées par le bruit de nos pas. Parfois, je m'arrête devant la vitrine d'un apothicaire fermé, feignant de regarder les bocaux poussiéreux pour observer le reflet de la ruelle derrière nous. Rien.
Un quart d'heure passe. Puis une demi-heure.
Une sensation désagréable s'installe alors au creux de mon estomac. L'attente est bien trop longue, je sens que quelque chose ne tourne pas rond, que ce n'est pas normal. Les quelques passants qui traversent la ruelle sont des habitants pressés qui rentrent chez eux, des silhouettes courbées qui ne cherchent le regard de personne. C'est calme, beaucoup trop calme... Aucun signe des trois lascars. Aucun signe d'une quelconque transaction clandestine.
Ils ont du retard tu crois ? Ou alors ils sont deux fois plus prudents que prévu, dis-je dans un murmure pour Elicia, le regard braqué sur l'angle de la rue.
Je recompte les heures, je me refais le fil de la discussion avec mon contact : ce type un peu louche croisé près des chaudrons dans l'allée des embrumes. Il avait l'air si sûr de lui, si avide de mes quelques pièces. Je ne suis pas accrochée à l'espoir, je le sens au fond de moi, dans mes tripes, et je réalise très vite ce qu'il se passe. Je ne veux pas plus attendre, je ne veux pas non plus faire attendre Elicia.
Je... Je crois qu'ils ne viendront pas Elicia, dis-je une pointe d'amertume dans la voix.
Ils auraient dû être là depuis dix minutes déjà. S'ils devaient être là, la vente aurait déjà eu lieu. Ce n'est pas normal, mais je crois savoir pourquoi...
La colère monte. Elle est brusque, chaude, me pique la gorge. Je me suis faite avoir comme une débutante, une gamine avec ses questions naïves et ses galions de poche... Voilà comment cet informateur m'a perçue. Une petite étudiante d'une vingtaine d'années qu'on peut rouler dans la farine sans conséquence. Ma mâchoire se crispe au point de me faire mal, ce n'est pas seulement du temps perdu, c'est mon ego qui en prend un coup.
Je siffle entre mes dents, réprimant l'envie de frapper du pied contre le mur de briques, hors de moi.
Espèce de sale... enfoiré ! »
C'était une fausse piste, j'aurai du m'en douter.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
« Propre. dis-je à voix basse en observant le résultat.
Elle me demande par quoi je veux commencer. Ma main glisse machinalement dans ma poche, mes doigts effleurent les galions que j'ai pris soin d'emporter, c'est une somme rondelette, mais de quoi suffisamment appâter des revendeurs d'ingrédients rares. Et de quoi surtout, nous faire passer pour ce que nous ne sommes pas : des clientes du marché de contrebande.
Peu importe, j'ai surtout besoin d'un gros scoop.
Ces trois là se croient invisibles et insaisissables, mais ils commettent forcément des erreurs. Dans mon article je veux révéler une information encore totalement méconnue sur eux. Qui sont-ils ? Qui tient les rennes de ce réseau ?
On va appliquer ta méthode, et tenter de passer inaperçu en se faisant passer pour des clientes. Tu as un peu d'argent sur toi ?
Mon informateur m'a assuré qu'une vente allait bientôt avoir lieu : des ongles de Griffon, des plumes de Jobarbilles, et des oeufs de Runespoor m'a-t-on dit.
Nous commençons notre ronde. Les minutes s'écoulent, rythmées par le bruit de nos pas. Parfois, je m'arrête devant la vitrine d'un apothicaire fermé, feignant de regarder les bocaux poussiéreux pour observer le reflet de la ruelle derrière nous. Rien.
Un quart d'heure passe. Puis une demi-heure.
Une sensation désagréable s'installe alors au creux de mon estomac. L'attente est bien trop longue, je sens que quelque chose ne tourne pas rond, que ce n'est pas normal. Les quelques passants qui traversent la ruelle sont des habitants pressés qui rentrent chez eux, des silhouettes courbées qui ne cherchent le regard de personne. C'est calme, beaucoup trop calme... Aucun signe des trois lascars. Aucun signe d'une quelconque transaction clandestine.
Ils ont du retard tu crois ? Ou alors ils sont deux fois plus prudents que prévu, dis-je dans un murmure pour Elicia, le regard braqué sur l'angle de la rue.
Je recompte les heures, je me refais le fil de la discussion avec mon contact : ce type un peu louche croisé près des chaudrons dans l'allée des embrumes. Il avait l'air si sûr de lui, si avide de mes quelques pièces. Je ne suis pas accrochée à l'espoir, je le sens au fond de moi, dans mes tripes, et je réalise très vite ce qu'il se passe. Je ne veux pas plus attendre, je ne veux pas non plus faire attendre Elicia.
Je... Je crois qu'ils ne viendront pas Elicia, dis-je une pointe d'amertume dans la voix.
Ils auraient dû être là depuis dix minutes déjà. S'ils devaient être là, la vente aurait déjà eu lieu. Ce n'est pas normal, mais je crois savoir pourquoi...
La colère monte. Elle est brusque, chaude, me pique la gorge. Je me suis faite avoir comme une débutante, une gamine avec ses questions naïves et ses galions de poche... Voilà comment cet informateur m'a perçue. Une petite étudiante d'une vingtaine d'années qu'on peut rouler dans la farine sans conséquence. Ma mâchoire se crispe au point de me faire mal, ce n'est pas seulement du temps perdu, c'est mon ego qui en prend un coup.
Je siffle entre mes dents, réprimant l'envie de frapper du pied contre le mur de briques, hors de moi.
Espèce de sale... enfoiré ! »
C'était une fausse piste, j'aurai du m'en douter.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
La traque des lascars
En glissant une main satisfaite dans ses nouvelles boucles sombres.
Élicia acquieça aux paroles d'Alaska. Les lascars étaient forcément trouvable. Pas facilement, et elle ne s'attendait pas à les débusquer dès la première tentative de recherche. Mais sa complice avait raison sur un point : tout le monde finissait toujours par commettre l'erreur qui permettrait de les repérer. La question était d'être suffisamment observateur et attentif pour la remarquer, et remonter jusqu'à eux.
- Un scoop, on va voir ce qu'on trouve. Et oui, j'ai quelques pièces.
La jeune fille mit ses doigts dans la poche de sa cape noire, joua avec les quelques mornilles et les trois gallions qui s'y trouvaient. Le tintement des pièces se fit entendre autour d'elles.
- Allons-y.
Et pendant un moment, les deux investigèrent. Élicia balayait la rue du regard, cherchant le moindre signe particulier qui pouvait les mener aux lascars. Le moindre signe anormal qui pourrait lui donner un indice.
Pas seulement un mouvement, mais aussi les bruits, les odeurs. Alaska avait parlé d'ongles de griffons, de plumes de Jobarbille et d'oeufs de Runespoor. Tout pouvait être un indice utile pour débusquer les lascars.
De l'autre côté de l'allée, Alaska faisait mine de s'intéresser à une boutique d'apothicaire.
Toutes deux vigilantes, aucune ne trouva la moindre information les prevenant de l'arrivée de leurs cibles.
Quand bien même Élicia s'en doutait, attendre et réaliser qu'ils ne viendraient sans doute pas avait quelque chose de décevant. C'était l'occasion idéale d'utiliser ses nouvelles compétences acquises en cours d'investigation tout au cours de l'année.
Pourtant les lascars étaient introuvables, même par des professionnels. Qu'elle puisse penser qu'elle, jeune étudiante, soit capable de les débusquer était un peu insolent et arrogant.
Élicia ne s'en formalisait pas. Si elles ne trouvaient rien ce soir-là, peut-être auraient-elles plus de temps une autre fois. Peut-être que la soirée n'était pas perdue, peut-être qu'elles pouvaient récolter quelques informations mineures pour plus tard.
Pour Alaska en revanche, la sitation est différente. Sa complice n'est pas seulement déçue, mais aussi en colère. Et vexée.
Avec un regard se voulant rassurant, la jeune sorcière s'approcha d'Alaska.
- C'est rien. On pouvait pas vraiment s'attendre à ce que ça fonctionne du premier coup, tu crois pas ? Pour des gens sur lesquels personne n'a jamais eu le moindre renseignement, ça aurait été bien trop facile.
Elle désigna l'allée déserte d'un geste de la main, puis se reconcentra sur sa complice.
- Ça veut pas forcément dire qu'on a perdu notre temps. Quand on enquête comme ça, on trouve rarement du premier coup, alors il faut utiliser d'autres méthodes. J'imagine que c'est ton contact qui a menti ? Tu penses qu'on peut le retrouver ? Ou alors il faudra qu'on trouve un autre contact peut-être.
Élicia s'arrêta une seconde pour réfléchir.
- Leur marchandises sont rares, difficiles à trouver, et certaines sont surtout interdites je crois. N'importe qui pourrait nous donner des faux renseignements, mais encore faut-il avoir connaissance de ce trafic. Si on continue d'enquêter, faut faire les choses correctement sinon on risque de se mettre en danger. Ce genre de personnes ont forcément quelques guetteurs à leur bottes, donc il faut qu'on soit vraiment très discrètes en cherchant des infos. Peut-être qu'en nous rendant dans un lieu un peu douteux et en parlant de recettes qui nous demanderaient ce genre d'ingrédients, quelqu'un pourrait nous aborder de lui-même ? On sera moins considérées comme des fouineuses et plus comme des acheteuses potentielles.
Ses yeux bleus se braquèrent dans ceux d'Alaska tandis qu'elle attendait sa réaction. Qu'elles se mettent en route le soir-même ou une autre fois, elle était partante. Elles n'avaient encore aucune piste envisageable, mais c'était ça qui était excitant non ? Toute cette voie de possibiles qui s'offrait à elles.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
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Élicia acquieça aux paroles d'Alaska. Les lascars étaient forcément trouvable. Pas facilement, et elle ne s'attendait pas à les débusquer dès la première tentative de recherche. Mais sa complice avait raison sur un point : tout le monde finissait toujours par commettre l'erreur qui permettrait de les repérer. La question était d'être suffisamment observateur et attentif pour la remarquer, et remonter jusqu'à eux.
- Un scoop, on va voir ce qu'on trouve. Et oui, j'ai quelques pièces.
La jeune fille mit ses doigts dans la poche de sa cape noire, joua avec les quelques mornilles et les trois gallions qui s'y trouvaient. Le tintement des pièces se fit entendre autour d'elles.
- Allons-y.
Et pendant un moment, les deux investigèrent. Élicia balayait la rue du regard, cherchant le moindre signe particulier qui pouvait les mener aux lascars. Le moindre signe anormal qui pourrait lui donner un indice.
Pas seulement un mouvement, mais aussi les bruits, les odeurs. Alaska avait parlé d'ongles de griffons, de plumes de Jobarbille et d'oeufs de Runespoor. Tout pouvait être un indice utile pour débusquer les lascars.
De l'autre côté de l'allée, Alaska faisait mine de s'intéresser à une boutique d'apothicaire.
Toutes deux vigilantes, aucune ne trouva la moindre information les prevenant de l'arrivée de leurs cibles.
Quand bien même Élicia s'en doutait, attendre et réaliser qu'ils ne viendraient sans doute pas avait quelque chose de décevant. C'était l'occasion idéale d'utiliser ses nouvelles compétences acquises en cours d'investigation tout au cours de l'année.
Pourtant les lascars étaient introuvables, même par des professionnels. Qu'elle puisse penser qu'elle, jeune étudiante, soit capable de les débusquer était un peu insolent et arrogant.
Élicia ne s'en formalisait pas. Si elles ne trouvaient rien ce soir-là, peut-être auraient-elles plus de temps une autre fois. Peut-être que la soirée n'était pas perdue, peut-être qu'elles pouvaient récolter quelques informations mineures pour plus tard.
Pour Alaska en revanche, la sitation est différente. Sa complice n'est pas seulement déçue, mais aussi en colère. Et vexée.
Avec un regard se voulant rassurant, la jeune sorcière s'approcha d'Alaska.
- C'est rien. On pouvait pas vraiment s'attendre à ce que ça fonctionne du premier coup, tu crois pas ? Pour des gens sur lesquels personne n'a jamais eu le moindre renseignement, ça aurait été bien trop facile.
Elle désigna l'allée déserte d'un geste de la main, puis se reconcentra sur sa complice.
- Ça veut pas forcément dire qu'on a perdu notre temps. Quand on enquête comme ça, on trouve rarement du premier coup, alors il faut utiliser d'autres méthodes. J'imagine que c'est ton contact qui a menti ? Tu penses qu'on peut le retrouver ? Ou alors il faudra qu'on trouve un autre contact peut-être.
Élicia s'arrêta une seconde pour réfléchir.
- Leur marchandises sont rares, difficiles à trouver, et certaines sont surtout interdites je crois. N'importe qui pourrait nous donner des faux renseignements, mais encore faut-il avoir connaissance de ce trafic. Si on continue d'enquêter, faut faire les choses correctement sinon on risque de se mettre en danger. Ce genre de personnes ont forcément quelques guetteurs à leur bottes, donc il faut qu'on soit vraiment très discrètes en cherchant des infos. Peut-être qu'en nous rendant dans un lieu un peu douteux et en parlant de recettes qui nous demanderaient ce genre d'ingrédients, quelqu'un pourrait nous aborder de lui-même ? On sera moins considérées comme des fouineuses et plus comme des acheteuses potentielles.
Ses yeux bleus se braquèrent dans ceux d'Alaska tandis qu'elle attendait sa réaction. Qu'elles se mettent en route le soir-même ou une autre fois, elle était partante. Elles n'avaient encore aucune piste envisageable, mais c'était ça qui était excitant non ? Toute cette voie de possibiles qui s'offrait à elles.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
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