Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Samedi 20 Mai 2051
Elle n'avait absolument aucune envie d'être ici. A vrai dire, elle ne pensait qu'à une seule chose, fuir loin d'ici. Mais la beuglante de ses parents était claire... soit elle y allait soit elle ne serait pas la bienvenue chez elle pendant les vacances d'été. Elle était quasiment certaine qu'ils avaient embauché Alaric pour la surveiller.
De sa démarche hautaine, vêtue d'un tee-shirt doré en soie d'acromentule et d'un pantalon en cuir de tebo étincelant, elle entra dans le bureau du psychomage, lui accordant à peine un regard tout en le saluant brièvement quand il l'invita à entrer.
Assise dans son fauteuil, elle croisa les bras, fermée à cette discussion. Les bijoux en or accrochés en masse à son poignet tintèrent, entrechoqués, lors de ce geste.
- Ne vous attendez pas à ce que je vous dise quoi que ce soit. Je n'ai rien à me reprocher et rien ne me posant de gros problèmes, malgré tout ce que vous avez pu entendre sur moi de la part de vos insupportables collègues. Mes parents m'ont juste dit que si je ne venais pas, ils m'envoyaient vivre seule avec ma nourrice et l'un de nos cuisiniers secondaires dans notre horrible ferme à Tinworth le temps des vacances d'été.
Il fallait bien se le dire : aux yeux de la petite, la plupart des membres de l'équipe éducative étaient très désagréables. Elle avait peu apprécié d'être autant reprise et punie. Dans son ancien internat, personne n'osait la contrarier ou la contredire, elle n'avait pas l'habitude.
Ce dont elle n'avait également pas l'habitude, c'était ces crises d'angoisse à répétition. Mais bien évidemment, hors de question de le mentionner devant Monsieur Kyros. Elle ne voulait pas qu'il connaisse ses émotions, ça ne le regardait pas.
@Hyacinthe Kyros, merci beaucoup d'avoir accepté et d'avoir été aussi efficace ! Bonne chance à ton protégé, ça va être compliqué tout ça...
#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en dise Orion) et Elue de Jedusor
Absence des vacances
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Le samedi matin s’étirait doucement sur Poudlard avec tranquillité. Les couloirs perdaient de leur agitation habituelle, les élèves profitaient du beau temps pour profiter de l'air extérieur, et même les portraits paraissaient plus aimables que d'habitude. Les plantes grimpantes installées près d'une bibliothèque du bureau de psychomagie avaient encore gagné du terrain cette semaine, et Hyacinthe se promis de les tailler avant l'été, tout en sachant parfaitement qu'il ne le ferait probablement pas. Elles donnaient une belle allure à la pièce et bien qu'il entretienne ces petites choses avec plus de sérieux qu'il ne l'avait initialement prévu, mettre la main à la patte était différent que de simplement les arroser.
Le bureau était calme, et Hyacinthe avait ouvert les fenêtres malgré la fraîcheur persistante du matin. Il avait besoin d’air. Non sans raisons, à vrai dire, puisque son regard restait posé sur le dossier qui portait le nom de Rosalind Whitmore. C'était un nom que le roux avait entendu bien trop souvent pour une élève de première année qu'il n'avait jamais rencontré. Des bruits en salle des professeurs, des remarques, des épisodes de harcèlement qui ont été clairement remontés par deux préfets. Et derrière tout cela, toujours cette même idéologie qui donnait parfois au trentenaire l’impression d’étouffer dans ce pays. Comme une moisissure élégante incrustée dans les murs depuis des générations et que certains continuaient d’appeler tradition avec beaucoup trop de fierté.
Hyacinthe ferma brièvement les yeux. Il aurait aimé prétendre que cela ne le touchait plus. Après tout, il avait trente-trois ans. Il avait étudié, voyagé, travaillé. Il avait rencontré des gens brillants, des gens tendres, des gens profondément bons, et leur complet opposé. Il avait appris à encaisser et à rester impassible face à ce genre de propos, à sourire avec politesse malgré la crispation profonde qui se formait sous ses côtes. Pourtant, entendre que ces idées venaient de la bouche d’enfants continuait de lui provoquer quelque chose de profondément triste, bien loin de la colère qu'il ressentait initialement.
Parce qu’aucun enfant ne construisait seul une haine aussi ciblée.
Enfin, malgré tout, le dossier restait plutôt fin, puisque les jeunes de son âge n'avaient que rarement besoin de plus. Quelques lignes suffisaient souvent à dessiner les contours d'un problème, et le reste du dossier était souvent emprunt d'éléments thérapeutiques et détails divers, qu'ils soient dans les silences, les contradictions ou le langage corporel. Les longs doigts de Hyacinthe tournaient lentement autour de sa tasse encore chaude tandis que son regard glissa enfin sur le petit panneau qui était accroché au mur. Rosalind semblait être déjà arrivée.
Le roux s'apprêta à se lever avant d'être interrompu par un léger frottement familier. Lernie descendait lentement l’escalier en colimaçon menant à ses appartements, son corps nacré glissant avec souplesse avant qu’elle ne s’arrête finalement sur la première marche. Hyacinthe tourna légèrement la tête vers elle et laissa un sourire profondément aimant étirer ses lèvres.
- Ne me regarde pas comme ça, Chérie, murmura-t-il doucement. Je vais être sage. C'est mon travail.
Le serpent demeura parfaitement immobile et le fixa d'un œil. Est-ce que... ! Elle le jugeait ? Traîtresse. Il lui tira grossièrement la langue dans la sécurité de son espace de travail vide, puis décida de reposer sa tasse sur la table pour aller ouvrir la porte.
Rosalind entra dans le bureau avec toute la rigidité élégante des enfants élevés pour être regardés. Les apparences constituent une forme de pouvoir, et le roux le savait aussi. C'est pour cela qu'il remarqua immédiatement les matières précieuses de ses vêtements, les bijoux en or qui tintaient contre son poignet à chacun de ses mouvements et la façon dont elle occupait l’espace. La jeune Serpentard avait évidemment appris à se tenir, à rester éloignée et intouchable. Elle était couverte d'une couche de mépris qui ne fit cependant ni chaud ni froid à Hyacinthe. Non, ce genre de démonstration n'était pas très impressionnant, surtout venant d'une si petite sorcière. Cependant, ce fut le jeune âge de cette dernière qu'il considéra comme plus déstabilisant, et il comprit alors ce que lui avaient expliqué ses collègues, ce qu'avait mentionné Alaric quelques semaines auparavant.
Onze ans. Peut-être douze tout au plus. Encore ce visage d’enfant sous les airs hautains, encore ces manières légèrement maladroites, et cette façon évidente de croiser les bras dans un signe défensif avant même une quelconque attaque. Rosalind avait des aprioris, c'était certain. Et sa venue semblait loin d'être volontaire. Hyacinthe décida alors de mettre de côté ses propres idées concernant la jeune fille. Ce serait plus simple pour eux deux s'ils arrivaient à communiquer, et Hyacinthe savait qu'elle était un individu bien au delà de ses opinions. Alaric le lui avait bien dit, après tout : elle était capable d'être une excellente amie. Cela était suffisamment important aux yeux du roux pour qu'il décide de lui donner une chance - à titre personnel, bien sûr. Professionnellement parlant, il allait travailler de son mieux avec les éléments qu'il avait à disposition.
Hyacinthe referma doucement la porte derrière elle tandis qu’elle parlait déjà, froide, fermée, visiblement décidée à transformer cette séance en bataille d’usure. Il songea au fait qu'il était un très mauvais choix d'adversaire avec un certain amusement, puis mis de côté la pensée inadaptée. Son attention se reporta sur les mots de la jeune fille et sur la tension qui habitait son corps.
“Je n’ai rien à me reprocher.”
Elle était terrifiée à l’idée de se montrer vulnérable.
Le psychomage vint finalement s’installer dans l’un des fauteuils du salon en attrapant au passage sa tasse de thé. La lumière des fenêtres éclairait son profil androgyne, mais soulignait aussi les cernes de ses yeux qui n'avaient pas assez de repos. Il laissa couler quelques secondes de silence après les paroles de Rosalind, sans lourdeur particulière. Son agressivité préventive traduisait bel et bien un moyen de prendre le contrôle, et Hyacinthe décida de le lui laisser.
- Je ne vous forcerai pas à parler si vous n'en avez pas envie. Vos limites sont les votre, et c'est à moi de les respecter, répondit-il alors en hochant légèrement la tête. Vous... êtes donc ici uniquement parce que vous étiez sous la menace de vos parents, c'est bien cela ?
Sa voix demeurait calme, légère même, avec cette politesse presque désarmante qu’il utilisait souvent lorsqu’il sentait quelqu’un prêt à mordre. Hyacinthe savait jouer avec la haute, et... enfant ou non, la jeune sorcière qu'il avait face à lui devait probablement être sensible à une telle attitude. Un sourire discret traversa brièvement son visage.
- Est-ce le fait d'être en compagnie de votre nourrice ou d'être dans votre ferme à Tinyworth qui vous contrarie ? Peut-être préférez-vous simplement rester avec vos parents cet été.
Tâter le terrain avec une question. Une question portant sur les informations obtenues, sur un sujet émotionnellement fort. Il laissa ses mots flotter quelques secondes avant de reprendre plus tranquillement :
- Je tiens cependant à vous rassurer, je ne passe pas mon temps à collectionner les avis de mes collègues sur les élèves. Ce que j'ai pu entendre n'aura aucun impact sur ce qui se passe ici, non seulement parce que je préfère forger mon opinion en rencontrant les gens, mais aussi parce que les adultes ont... ils aiment simplifier ce qui se passe lorsqu'ils ne comprennent pas le comportement d'un jeune.
Pourtant, il était évident que ses collègues avaient raison : le comportement de la blonde était problématique pour sa scolarité et ses relations avec autrui. Quant à la raison de celui-ci, cependant, Hyacinthe était peut-être l'une des personnes avec le bagage le plus intéressant pour la creuser. Ses doigts vinrent récupérer sa tasse de thé tandis que son regard revenait doucement vers la Serpentard. S'attendait-elle à être jugée en venant ici ? Peut-être. Surtout si la plupart de ses collègues étaient passé par là avant.
- "Capricieuse", "provocatrice", "en manque d'attention". Ce sont des mots pratiques pour ranger les gens dans des petites boîtes. Et pourtant... pourtant, nous ne sommes pas aussi simples, n'est-ce pas ?
Son regard glissa brièvement vers les bracelets qui tintaient encore doucement contre son poignet. Derrière Rosalind, les feuilles près des fenêtres bougèrent légèrement sous la brise extérieure. Lernie demeurait immobile sur sa marche, observatrice silencieuse de l’entretien. Hyacinthe sentait bien malgré lui une certaine reconnaissance, malgré son irritation initiale. Transformer chaque interaction en rapport de force avant-même qu'elle ne commence était un comportement qu'il avait eu, dans sa grande époque. Pour une raison toute autre, évidemment, mais... un enfant restait un enfant, même s'il devait construire son armure.
Le bureau était calme, et Hyacinthe avait ouvert les fenêtres malgré la fraîcheur persistante du matin. Il avait besoin d’air. Non sans raisons, à vrai dire, puisque son regard restait posé sur le dossier qui portait le nom de Rosalind Whitmore. C'était un nom que le roux avait entendu bien trop souvent pour une élève de première année qu'il n'avait jamais rencontré. Des bruits en salle des professeurs, des remarques, des épisodes de harcèlement qui ont été clairement remontés par deux préfets. Et derrière tout cela, toujours cette même idéologie qui donnait parfois au trentenaire l’impression d’étouffer dans ce pays. Comme une moisissure élégante incrustée dans les murs depuis des générations et que certains continuaient d’appeler tradition avec beaucoup trop de fierté.
Hyacinthe ferma brièvement les yeux. Il aurait aimé prétendre que cela ne le touchait plus. Après tout, il avait trente-trois ans. Il avait étudié, voyagé, travaillé. Il avait rencontré des gens brillants, des gens tendres, des gens profondément bons, et leur complet opposé. Il avait appris à encaisser et à rester impassible face à ce genre de propos, à sourire avec politesse malgré la crispation profonde qui se formait sous ses côtes. Pourtant, entendre que ces idées venaient de la bouche d’enfants continuait de lui provoquer quelque chose de profondément triste, bien loin de la colère qu'il ressentait initialement.
Parce qu’aucun enfant ne construisait seul une haine aussi ciblée.
Enfin, malgré tout, le dossier restait plutôt fin, puisque les jeunes de son âge n'avaient que rarement besoin de plus. Quelques lignes suffisaient souvent à dessiner les contours d'un problème, et le reste du dossier était souvent emprunt d'éléments thérapeutiques et détails divers, qu'ils soient dans les silences, les contradictions ou le langage corporel. Les longs doigts de Hyacinthe tournaient lentement autour de sa tasse encore chaude tandis que son regard glissa enfin sur le petit panneau qui était accroché au mur. Rosalind semblait être déjà arrivée.
Le roux s'apprêta à se lever avant d'être interrompu par un léger frottement familier. Lernie descendait lentement l’escalier en colimaçon menant à ses appartements, son corps nacré glissant avec souplesse avant qu’elle ne s’arrête finalement sur la première marche. Hyacinthe tourna légèrement la tête vers elle et laissa un sourire profondément aimant étirer ses lèvres.
- Ne me regarde pas comme ça, Chérie, murmura-t-il doucement. Je vais être sage. C'est mon travail.
Le serpent demeura parfaitement immobile et le fixa d'un œil. Est-ce que... ! Elle le jugeait ? Traîtresse. Il lui tira grossièrement la langue dans la sécurité de son espace de travail vide, puis décida de reposer sa tasse sur la table pour aller ouvrir la porte.
Rosalind entra dans le bureau avec toute la rigidité élégante des enfants élevés pour être regardés. Les apparences constituent une forme de pouvoir, et le roux le savait aussi. C'est pour cela qu'il remarqua immédiatement les matières précieuses de ses vêtements, les bijoux en or qui tintaient contre son poignet à chacun de ses mouvements et la façon dont elle occupait l’espace. La jeune Serpentard avait évidemment appris à se tenir, à rester éloignée et intouchable. Elle était couverte d'une couche de mépris qui ne fit cependant ni chaud ni froid à Hyacinthe. Non, ce genre de démonstration n'était pas très impressionnant, surtout venant d'une si petite sorcière. Cependant, ce fut le jeune âge de cette dernière qu'il considéra comme plus déstabilisant, et il comprit alors ce que lui avaient expliqué ses collègues, ce qu'avait mentionné Alaric quelques semaines auparavant.
Onze ans. Peut-être douze tout au plus. Encore ce visage d’enfant sous les airs hautains, encore ces manières légèrement maladroites, et cette façon évidente de croiser les bras dans un signe défensif avant même une quelconque attaque. Rosalind avait des aprioris, c'était certain. Et sa venue semblait loin d'être volontaire. Hyacinthe décida alors de mettre de côté ses propres idées concernant la jeune fille. Ce serait plus simple pour eux deux s'ils arrivaient à communiquer, et Hyacinthe savait qu'elle était un individu bien au delà de ses opinions. Alaric le lui avait bien dit, après tout : elle était capable d'être une excellente amie. Cela était suffisamment important aux yeux du roux pour qu'il décide de lui donner une chance - à titre personnel, bien sûr. Professionnellement parlant, il allait travailler de son mieux avec les éléments qu'il avait à disposition.
Hyacinthe referma doucement la porte derrière elle tandis qu’elle parlait déjà, froide, fermée, visiblement décidée à transformer cette séance en bataille d’usure. Il songea au fait qu'il était un très mauvais choix d'adversaire avec un certain amusement, puis mis de côté la pensée inadaptée. Son attention se reporta sur les mots de la jeune fille et sur la tension qui habitait son corps.
“Je n’ai rien à me reprocher.”
Elle était terrifiée à l’idée de se montrer vulnérable.
Le psychomage vint finalement s’installer dans l’un des fauteuils du salon en attrapant au passage sa tasse de thé. La lumière des fenêtres éclairait son profil androgyne, mais soulignait aussi les cernes de ses yeux qui n'avaient pas assez de repos. Il laissa couler quelques secondes de silence après les paroles de Rosalind, sans lourdeur particulière. Son agressivité préventive traduisait bel et bien un moyen de prendre le contrôle, et Hyacinthe décida de le lui laisser.
- Je ne vous forcerai pas à parler si vous n'en avez pas envie. Vos limites sont les votre, et c'est à moi de les respecter, répondit-il alors en hochant légèrement la tête. Vous... êtes donc ici uniquement parce que vous étiez sous la menace de vos parents, c'est bien cela ?
Sa voix demeurait calme, légère même, avec cette politesse presque désarmante qu’il utilisait souvent lorsqu’il sentait quelqu’un prêt à mordre. Hyacinthe savait jouer avec la haute, et... enfant ou non, la jeune sorcière qu'il avait face à lui devait probablement être sensible à une telle attitude. Un sourire discret traversa brièvement son visage.
- Est-ce le fait d'être en compagnie de votre nourrice ou d'être dans votre ferme à Tinyworth qui vous contrarie ? Peut-être préférez-vous simplement rester avec vos parents cet été.
Tâter le terrain avec une question. Une question portant sur les informations obtenues, sur un sujet émotionnellement fort. Il laissa ses mots flotter quelques secondes avant de reprendre plus tranquillement :
- Je tiens cependant à vous rassurer, je ne passe pas mon temps à collectionner les avis de mes collègues sur les élèves. Ce que j'ai pu entendre n'aura aucun impact sur ce qui se passe ici, non seulement parce que je préfère forger mon opinion en rencontrant les gens, mais aussi parce que les adultes ont... ils aiment simplifier ce qui se passe lorsqu'ils ne comprennent pas le comportement d'un jeune.
Pourtant, il était évident que ses collègues avaient raison : le comportement de la blonde était problématique pour sa scolarité et ses relations avec autrui. Quant à la raison de celui-ci, cependant, Hyacinthe était peut-être l'une des personnes avec le bagage le plus intéressant pour la creuser. Ses doigts vinrent récupérer sa tasse de thé tandis que son regard revenait doucement vers la Serpentard. S'attendait-elle à être jugée en venant ici ? Peut-être. Surtout si la plupart de ses collègues étaient passé par là avant.
- "Capricieuse", "provocatrice", "en manque d'attention". Ce sont des mots pratiques pour ranger les gens dans des petites boîtes. Et pourtant... pourtant, nous ne sommes pas aussi simples, n'est-ce pas ?
Son regard glissa brièvement vers les bracelets qui tintaient encore doucement contre son poignet. Derrière Rosalind, les feuilles près des fenêtres bougèrent légèrement sous la brise extérieure. Lernie demeurait immobile sur sa marche, observatrice silencieuse de l’entretien. Hyacinthe sentait bien malgré lui une certaine reconnaissance, malgré son irritation initiale. Transformer chaque interaction en rapport de force avant-même qu'elle ne commence était un comportement qu'il avait eu, dans sa grande époque. Pour une raison toute autre, évidemment, mais... un enfant restait un enfant, même s'il devait construire son armure.
1431 - @Rosalind Whitmore
En espérant que ça te convient
En espérant que ça te convient
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Elle ne répondit pas à sa question sur ses parents. Il l'avait entendue. Il n'avait pas besoin de confirmation. Elle se contenta de faire la moue en guise d'approbation. C'était un psychomage après tout, il était censé être formé à savoir lire les signes corporels, il comprendrait de lui-même.
Elle n'avait pas non plus envie de répondre à sa seconde question sur sa nourrice et leur ferme à Tinworth. Cela ne le regardait pas, ce n'était pas ses affaires. Elle ne comprenait même pas ce que ça lui apportait de poser cette question.
La séance venait à peine de commencer et elle avait déjà envie de s'enfuir en courant loin d'ici et de ne plus jamais revenir. Elle se sentait coincée et offusquée dans cet endroit. Elle ne voulait pas que l'on fouille en elle et que l'on cherche à la comprendre, la décortiquer.
L'ironie était pourtant qu'elle passait son temps à faire cela avec les gens autour d'elle. Essayer de savoir comment les manipuler, c'était son quotidien. Elle connaissait très bien ses intentions en faisant ceci. C'était ainsi qu'elle avait été éduquée. Elle y avait été entraînée toute sa vie. A ses yeux, c'était impossible que l'on puisse vouloir faire la même chose mais avec de bonnes intentions.
Elle ne saisissait même pas pourquoi il disait vouloir l'aider ni quel était son rôle concrètement. Ses grands-parents disaient souvent en repas de famille que les psychomages étaient des diables venus pour détourner nos yeux du Seigneur des Ténèbres et de Dieu.
Ils avaient raconté que certaines personnes dans la famille s'y étaient rendues et que cela s'était très mal terminé pour elles... Ils lui avaient notamment parlé d'Edith Colville, son arrière-grand-mère, mère de Penelope. Après être allé en voir un, quelques jours plus tard, elle avait fait une fausse couche.
Enfin bref ses pensées s'égaraient. Elle se força à se reconcentrer sur ce que Monsieur Kyros débitait. Heureusement oui qu'il ne se fiait pas à ce que ses collègues disaient. La plupart d'entre eux la détestaient, certains sans même l'avoir rencontrée.
Cette fois-ci, toutefois, cela la fit réagir. Elle ne parvint pas à se contenir et elle lâcha, avec tout le venin d'un serpent dans la voix :
- Vos collègues sont des imbéciles qui croient tout ce que les préfets leur disent. Alors que la plupart d'entre eux ne méritent pas leur titre. Surtout Elijah.
Elle n'ouvrit pas non plus la bouche au sujet des étiquettes. Elle savait très bien comment les gens la décrivaient. Elle savait aussi qu'ils n'avaient pas totalement tort. Elle ne ferait donc pas de commentaire.
#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en dise Orion) et Elue de Jedusor
Absence des vacances
Elle n'avait pas non plus envie de répondre à sa seconde question sur sa nourrice et leur ferme à Tinworth. Cela ne le regardait pas, ce n'était pas ses affaires. Elle ne comprenait même pas ce que ça lui apportait de poser cette question.
La séance venait à peine de commencer et elle avait déjà envie de s'enfuir en courant loin d'ici et de ne plus jamais revenir. Elle se sentait coincée et offusquée dans cet endroit. Elle ne voulait pas que l'on fouille en elle et que l'on cherche à la comprendre, la décortiquer.
L'ironie était pourtant qu'elle passait son temps à faire cela avec les gens autour d'elle. Essayer de savoir comment les manipuler, c'était son quotidien. Elle connaissait très bien ses intentions en faisant ceci. C'était ainsi qu'elle avait été éduquée. Elle y avait été entraînée toute sa vie. A ses yeux, c'était impossible que l'on puisse vouloir faire la même chose mais avec de bonnes intentions.
Elle ne saisissait même pas pourquoi il disait vouloir l'aider ni quel était son rôle concrètement. Ses grands-parents disaient souvent en repas de famille que les psychomages étaient des diables venus pour détourner nos yeux du Seigneur des Ténèbres et de Dieu.
Ils avaient raconté que certaines personnes dans la famille s'y étaient rendues et que cela s'était très mal terminé pour elles... Ils lui avaient notamment parlé d'Edith Colville, son arrière-grand-mère, mère de Penelope. Après être allé en voir un, quelques jours plus tard, elle avait fait une fausse couche.
Enfin bref ses pensées s'égaraient. Elle se força à se reconcentrer sur ce que Monsieur Kyros débitait. Heureusement oui qu'il ne se fiait pas à ce que ses collègues disaient. La plupart d'entre eux la détestaient, certains sans même l'avoir rencontrée.
Cette fois-ci, toutefois, cela la fit réagir. Elle ne parvint pas à se contenir et elle lâcha, avec tout le venin d'un serpent dans la voix :
- Vos collègues sont des imbéciles qui croient tout ce que les préfets leur disent. Alors que la plupart d'entre eux ne méritent pas leur titre. Surtout Elijah.
Elle n'ouvrit pas non plus la bouche au sujet des étiquettes. Elle savait très bien comment les gens la décrivaient. Elle savait aussi qu'ils n'avaient pas totalement tort. Elle ne ferait donc pas de commentaire.
Reducio
Mention de @Elijah Cooper
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Absence des vacances
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Le silence de Rosalind, presque total, fut quelque peu dérangeant, mais loin d'être désarmant. Hyacinthe savait faire autrement, et il n'était pas sans savoir que les individus parlaient tout autant avec leur corps qu'avec leurs mots. Surtout les enfants, à vrai dire - la plupart des adultes qu'il avait rencontré avaient tendance à absolument vouloir remplir les silences comme s'ils étaient signe d'échec ou de malaise, alors qu'ils étaient parfois tout aussi ressourçant qu'un discours. Peut-être était-ce parce qu'ils avaient pris l'habitude de s'adapter à un rythme de conversation dit classique et communément partagé, contrairement aux plus jeunes.
Quant à la Serpentard, elle ressemblait à quelqu’un qui retenait chaque morceau d’elle-même avec une vigilance épuisante. Alors Hyacinthe ne releva ni sa moue lorsqu’il évoqua ses parents, ni son absence de réponse sur Tinworth. Il n’avait pas besoin de confirmation verbale pour comprendre qu’il pouvait être dans une zone sensible ou non loin de la vérité. Et honnêtement, le roux n’avait aucune envie de s'acharner sur une porte verrouillée seulement parce qu'il l'avait repérée. Si la Serpentard ne voulait pas parler, soit. Il n'allait certainement pas la forcer et se débrouillerait autrement.
Hyacinthe laissa donc le silence respirer tranquillement entre eux, semblant tout à fait à l'aise dans son siège. La pièce demeurait lumineuse, presque douce malgré la tension installée dans le fauteuil d’en face, et il tenta de ne pas la regarder trop souvent. Le roux connaissait la sensation d'être analysé malgré soi, la sensation désagréable qu'un adulte essayait de regarder sous votre peau pendant que vous faisiez de votre mieux pour rester fonctionnel. Il l'avait vécu et l'avait profondément détesté, pour ensuite le faire malgré lui vivre aux autres. C'était la raison pour laquelle il y était vigilent, à présent. Il ne s'aventurait pas là où on ne lui avait pas donné accès, parce que le sentiment d'intrusion que pouvait ressentir ses patients malgré toute sa bonne volonté était pire que tout.
Mais malgré tout, malgré ce silence qui dura encore et encore, Rosalind finit par reprendre la parole. Avait-elle cédé ? Peut-être pas vraiment. Hyacinthe ressentit un bref sentiment de victoire... brusquement interrompu par le venin qui était dans sa voix. Cela n'était pas une réponse préparée pour écourter un rendez-vous imposé, mais une irritation plus vive, plus instinctive.
Le nom d'Elijah s'accrocha à l'attention de Hyacinthe avec une netteté incomparable. Quel merveilleux hasard. Une crispation presque physique l'envahit, mais pourtant si bien camouflée par le psychomage qu'elle n'eut aucun effet perceptible. Ce simple prénom lui avait fait cloisonner son esprit avec une rapidité sans faille, et il le fallait bien, puisque ses pensées devenaient bien moins élégantes que son attitude. Pourtant, s'il y avait une chose pour laquelle Hyacinthe était doué, c'était ignorer les pensées parasites qui envahissaient encore et encore son esprit.
Oui, il était capable de mettre cette irritation de côté pour la remplacer par quelque chose de plus utile. Rosalind n'était pas responsable de l'attachement qu'il pouvait avoir pour Elijah. Elle réagissait simplement à ce qu’il représentait pour elle : une autorité morale, probablement, ou quelqu’un qui avait osé lui tenir tête. Le fait qu'elle mentionne spécifiquement le Poufsouffle était-il important ? Il se souvenait aisément avoir vu la jeune fille de Gryffondor à ses côtés, lorsqu'ils étaient venu à la salle des professeurs. Ou... peut-être était-ce autre chose ? Il songea un instant à ce qu'Alaric lui avait dit concernant la jeune fille. Peut-être que le statut familial d'Elijah était lié. C'était une piste à explorer un peu plus tard.
Le regard de Hyacinthe resta posé calmement sur la jeune Serpentard tandis qu’il reposait doucement sa tasse sur la table basse. Le léger tintement de la porcelaine sembla presque absorber la tension avant qu’il ne reprenne enfin la parole d’une voix parfaitement stable.
- Les préfets restent des élèves comme les autres, pas des autorités omniscientes.
Le ton demeurait tranquille, sans froideur particulière. Il ne cherchait pas à défendre Elijah aveuglément, cela aurait immédiatement fermé la conversation. Hyacinthe connaissait suffisamment les adolescents pour savoir que prendre frontalement le parti d’un autre revenait souvent à transformer l’échange en compétition d’ego.
- Et mes collègues non plus, d’ailleurs. Personne ici ne voit l’intégralité d’une situation. Les gens fonctionnent surtout avec ce qu’ils ont sous les yeux ou avec ce qu’on vient leur raconter.
Il croisa lentement les jambes dans son fauteuil, le tissu sombre de sa chemise glissant légèrement contre ses poignets trop fins.
- En général, lorsqu’un adulte entend plusieurs élèves rapporter la même situation avec suffisamment d’inquiétude, il a tendance à les croire jusqu’à preuve du contraire. Ce n’est pas forcément une volonté de vous accuser personnellement. C’est surtout une manière d’essayer d’éviter que certaines situations dégénèrent davantage.
Hyacinthe s’interrompit quelques secondes, observant simplement Rosalind sans chercher ni à la coincer ni à la corriger. Plus il la regardait, plus il avait l’impression de voir une jeune sorcière qui passait tellement de temps à anticiper que chaque élément pouvait devenir à ses yeux une attaque. Comme si chaque interaction était pensée en termes de domination, de perte ou de contrôle. Cela devait être épuisant, comme manière de vivre. Et quelque part, Hyacinthe trouva aussi cela profondément triste. Pouvait-elle profiter d'une compagnie sans envisager de rapport de domination, d'avantages et de pertes ?
- Mais j’imagine que ce qui vous agace surtout, reprit-il doucement. La lumière soulignait les rougeurs sous ses yeux fatigués malgré l'intérêt qu'il mettait dans le contrôle de ses expressions faciales. ... c’est probablement l’impression que personne n’a cherché votre version avant de décider ce qu’ils pensaient déjà de vous.
Il ne posa pas la phrase comme une question, puisqu'il n'aurait probablement aucune réponse. Donner simplement l'information comme élément mis à disposition pourrait permettre une plus grande marge d'action. Le regard de Hyacinthe glissa brièvement vers les bracelets dorés qui tintaient légèrement à chacun des mouvements de Rosalind avant de revenir à son visage. Les enfants élevés dans des environnements aussi hiérarchisés développaient souvent une obsession presque maladive de l’injustice dirigée contre eux-mêmes, même lorsqu’ils participaient sans difficulté à celle infligée aux autres. Ce n’était pas toujours de l’hypocrisie consciente. Souvent, ils n’avaient simplement jamais appris à considérer les autres comme aussi important qu’eux.
Hyacinthe laissa ses doigts distraitement lisser les bordures de sa manche, et il pensa à Lernie, qui demeurait probablement encore immobile sur l'escalier qui était derrière lui, décorative sous la lumière pâle qui glissait dans la pièce. Puis le roux reprit tranquillement :
- Les choses à Poudlard sont toujours allées vite, dont les réputation. Beaucoup trop vite. Une rumeur, une information - qu'elle soit vraie ou fausse - , peut vite prendre de l'ampleur. Cela peut créer tout autant de désagréments pour les personnes concernées par cela que pour celles qui en sont à l'origine.
Une légère pause.
- Qu'est-ce qui a été dit à votre sujet qui vous paraît faux, ou incomplet ?
Une tentative de discussion ? Peut-être la jeune fille réaliserait-elle qu'elle ne se trouvait pas face à un ennemi. Même si Hyacinthe pensa discrètement au fait que toute tentative de communication neutre se terminerait mal si Rosalind en découvrait plus sur lui. C'était un pari, et tant que la situation était à son avantage, il en profiterait pour l'accompagner autant qu'il en était capable. Soudain, il écarquilla les yeux et sourit poliment.
- Je me permet de changer de sujet, souhaitez-vous boire quelque chose ? Eau, thé, jus, chocolat ?
Il faisait terriblement chaud pour un chocolat, pensa Hyacinthe. Néanmoins, cela faisait toujours bien parti de sa carte.
Quant à la Serpentard, elle ressemblait à quelqu’un qui retenait chaque morceau d’elle-même avec une vigilance épuisante. Alors Hyacinthe ne releva ni sa moue lorsqu’il évoqua ses parents, ni son absence de réponse sur Tinworth. Il n’avait pas besoin de confirmation verbale pour comprendre qu’il pouvait être dans une zone sensible ou non loin de la vérité. Et honnêtement, le roux n’avait aucune envie de s'acharner sur une porte verrouillée seulement parce qu'il l'avait repérée. Si la Serpentard ne voulait pas parler, soit. Il n'allait certainement pas la forcer et se débrouillerait autrement.
Hyacinthe laissa donc le silence respirer tranquillement entre eux, semblant tout à fait à l'aise dans son siège. La pièce demeurait lumineuse, presque douce malgré la tension installée dans le fauteuil d’en face, et il tenta de ne pas la regarder trop souvent. Le roux connaissait la sensation d'être analysé malgré soi, la sensation désagréable qu'un adulte essayait de regarder sous votre peau pendant que vous faisiez de votre mieux pour rester fonctionnel. Il l'avait vécu et l'avait profondément détesté, pour ensuite le faire malgré lui vivre aux autres. C'était la raison pour laquelle il y était vigilent, à présent. Il ne s'aventurait pas là où on ne lui avait pas donné accès, parce que le sentiment d'intrusion que pouvait ressentir ses patients malgré toute sa bonne volonté était pire que tout.
Mais malgré tout, malgré ce silence qui dura encore et encore, Rosalind finit par reprendre la parole. Avait-elle cédé ? Peut-être pas vraiment. Hyacinthe ressentit un bref sentiment de victoire... brusquement interrompu par le venin qui était dans sa voix. Cela n'était pas une réponse préparée pour écourter un rendez-vous imposé, mais une irritation plus vive, plus instinctive.
Le nom d'Elijah s'accrocha à l'attention de Hyacinthe avec une netteté incomparable. Quel merveilleux hasard. Une crispation presque physique l'envahit, mais pourtant si bien camouflée par le psychomage qu'elle n'eut aucun effet perceptible. Ce simple prénom lui avait fait cloisonner son esprit avec une rapidité sans faille, et il le fallait bien, puisque ses pensées devenaient bien moins élégantes que son attitude. Pourtant, s'il y avait une chose pour laquelle Hyacinthe était doué, c'était ignorer les pensées parasites qui envahissaient encore et encore son esprit.
Oui, il était capable de mettre cette irritation de côté pour la remplacer par quelque chose de plus utile. Rosalind n'était pas responsable de l'attachement qu'il pouvait avoir pour Elijah. Elle réagissait simplement à ce qu’il représentait pour elle : une autorité morale, probablement, ou quelqu’un qui avait osé lui tenir tête. Le fait qu'elle mentionne spécifiquement le Poufsouffle était-il important ? Il se souvenait aisément avoir vu la jeune fille de Gryffondor à ses côtés, lorsqu'ils étaient venu à la salle des professeurs. Ou... peut-être était-ce autre chose ? Il songea un instant à ce qu'Alaric lui avait dit concernant la jeune fille. Peut-être que le statut familial d'Elijah était lié. C'était une piste à explorer un peu plus tard.
Le regard de Hyacinthe resta posé calmement sur la jeune Serpentard tandis qu’il reposait doucement sa tasse sur la table basse. Le léger tintement de la porcelaine sembla presque absorber la tension avant qu’il ne reprenne enfin la parole d’une voix parfaitement stable.
- Les préfets restent des élèves comme les autres, pas des autorités omniscientes.
Le ton demeurait tranquille, sans froideur particulière. Il ne cherchait pas à défendre Elijah aveuglément, cela aurait immédiatement fermé la conversation. Hyacinthe connaissait suffisamment les adolescents pour savoir que prendre frontalement le parti d’un autre revenait souvent à transformer l’échange en compétition d’ego.
- Et mes collègues non plus, d’ailleurs. Personne ici ne voit l’intégralité d’une situation. Les gens fonctionnent surtout avec ce qu’ils ont sous les yeux ou avec ce qu’on vient leur raconter.
Il croisa lentement les jambes dans son fauteuil, le tissu sombre de sa chemise glissant légèrement contre ses poignets trop fins.
- En général, lorsqu’un adulte entend plusieurs élèves rapporter la même situation avec suffisamment d’inquiétude, il a tendance à les croire jusqu’à preuve du contraire. Ce n’est pas forcément une volonté de vous accuser personnellement. C’est surtout une manière d’essayer d’éviter que certaines situations dégénèrent davantage.
Hyacinthe s’interrompit quelques secondes, observant simplement Rosalind sans chercher ni à la coincer ni à la corriger. Plus il la regardait, plus il avait l’impression de voir une jeune sorcière qui passait tellement de temps à anticiper que chaque élément pouvait devenir à ses yeux une attaque. Comme si chaque interaction était pensée en termes de domination, de perte ou de contrôle. Cela devait être épuisant, comme manière de vivre. Et quelque part, Hyacinthe trouva aussi cela profondément triste. Pouvait-elle profiter d'une compagnie sans envisager de rapport de domination, d'avantages et de pertes ?
- Mais j’imagine que ce qui vous agace surtout, reprit-il doucement. La lumière soulignait les rougeurs sous ses yeux fatigués malgré l'intérêt qu'il mettait dans le contrôle de ses expressions faciales. ... c’est probablement l’impression que personne n’a cherché votre version avant de décider ce qu’ils pensaient déjà de vous.
Il ne posa pas la phrase comme une question, puisqu'il n'aurait probablement aucune réponse. Donner simplement l'information comme élément mis à disposition pourrait permettre une plus grande marge d'action. Le regard de Hyacinthe glissa brièvement vers les bracelets dorés qui tintaient légèrement à chacun des mouvements de Rosalind avant de revenir à son visage. Les enfants élevés dans des environnements aussi hiérarchisés développaient souvent une obsession presque maladive de l’injustice dirigée contre eux-mêmes, même lorsqu’ils participaient sans difficulté à celle infligée aux autres. Ce n’était pas toujours de l’hypocrisie consciente. Souvent, ils n’avaient simplement jamais appris à considérer les autres comme aussi important qu’eux.
Hyacinthe laissa ses doigts distraitement lisser les bordures de sa manche, et il pensa à Lernie, qui demeurait probablement encore immobile sur l'escalier qui était derrière lui, décorative sous la lumière pâle qui glissait dans la pièce. Puis le roux reprit tranquillement :
- Les choses à Poudlard sont toujours allées vite, dont les réputation. Beaucoup trop vite. Une rumeur, une information - qu'elle soit vraie ou fausse - , peut vite prendre de l'ampleur. Cela peut créer tout autant de désagréments pour les personnes concernées par cela que pour celles qui en sont à l'origine.
Une légère pause.
- Qu'est-ce qui a été dit à votre sujet qui vous paraît faux, ou incomplet ?
Une tentative de discussion ? Peut-être la jeune fille réaliserait-elle qu'elle ne se trouvait pas face à un ennemi. Même si Hyacinthe pensa discrètement au fait que toute tentative de communication neutre se terminerait mal si Rosalind en découvrait plus sur lui. C'était un pari, et tant que la situation était à son avantage, il en profiterait pour l'accompagner autant qu'il en était capable. Soudain, il écarquilla les yeux et sourit poliment.
- Je me permet de changer de sujet, souhaitez-vous boire quelque chose ? Eau, thé, jus, chocolat ?
Il faisait terriblement chaud pour un chocolat, pensa Hyacinthe. Néanmoins, cela faisait toujours bien parti de sa carte.
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Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Il les défendait. Elle ne pouvait même pas s'en prétendre surprise. Ce psychomage était exactement comme tous les autres. Une apparence bienveillante et douce mais en réalité, il avait ses petits chouchous. Elle ne serait même pas étonnée d'apprendre qu'il s'occupait de préfets, qui devaient lui raconter leur vie horrible de pauvres petits préfets surpuissants.
Elle ne voyait toujours pas de raison de répondre à la question qui lui était posée. Il n'allait pas la croire dans tous les cas. Il devait probablement avoir déjà sa propre opinion bien ancrée. Il tenterait peut-être même de la faire changer d'avis. Elle le savait.
Le fait qu'il change ainsi de sujet démontrait à la perfection sa théorie. Surtout pour un sujet aussi futile. Elle était quasiment certaine que ce qu'il lui proposait n'était même pas de la qualité.
- Je ne bois pas des... liquides qui n'ont aucun prestige. J'ai du goût.
Sa réponse était sèche et volontairement provocante. Un léger sourire se dessinait au coin de ses lèvres. Son cerveau avait changé de mode. Elle le fixait, attendant de voir s'il allait se vexer ou pas et comment il allait réagir.
Elle connaissait ses parents. Ils allaient lui ordonner d'y retourner. Elle leur donnerait satisfaction car sans ça, elle risquait d'insupportable punition si elle ne le faisait pas. Alors, quitte à devoir revenir ici souvent, autant trouver les points faibles de Monsieur Kyros pour pouvoir s'amuser un peu. Elle sentait qu'elle en avait déjà touché un en évoquant ses collègues. Elle décida de tirer le bouchon un peu plus loin :
- Pour répondre à votre précédente question, les étiquettes sont quand même bien pratiques pour savoir à qui on a à faire. Par exemple, je sais que je peux décrire certaines personnes de Poudlard comme "incompétents", "immatures" ou encore "idiots".
Elle ne nomma personne volontairement. Mais son ton et son visage parlaient pour elle. Elle voulait voir s'il garderait son calme, si ça l'atteindrait ou pas. Depuis qu'elle était entrée dans cette école, elle avait beaucoup développé cette sombre compétence qu'elle avait de trouver et de tirer jusqu'à l'usure sur les cordes sensibles des gens.
Elle allait toutefois devoir rester prudente. Elle ignorait s'il avait ce droit ou pas, mais il se pouvait qu'elle se heurte à une interdiction de consulter. Que ce soit officiel ou pas. Il n'était pas très compliqué de refuser des rendez-vous.
Et si ses parents l'avaient plus ou moins pardonnée pour toutes ses bêtises, c'était à la seule condition qu'elle se rende dans ce bureau pour parler. Elle se doutait bien qu'ils apprécieraient peu de découvrir qu'elle avait réussi à se faire détester même ici.
#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en dise Orion) et Elue de Jedusor
Absence des vacances
Elle ne voyait toujours pas de raison de répondre à la question qui lui était posée. Il n'allait pas la croire dans tous les cas. Il devait probablement avoir déjà sa propre opinion bien ancrée. Il tenterait peut-être même de la faire changer d'avis. Elle le savait.
Le fait qu'il change ainsi de sujet démontrait à la perfection sa théorie. Surtout pour un sujet aussi futile. Elle était quasiment certaine que ce qu'il lui proposait n'était même pas de la qualité.
- Je ne bois pas des... liquides qui n'ont aucun prestige. J'ai du goût.
Sa réponse était sèche et volontairement provocante. Un léger sourire se dessinait au coin de ses lèvres. Son cerveau avait changé de mode. Elle le fixait, attendant de voir s'il allait se vexer ou pas et comment il allait réagir.
Elle connaissait ses parents. Ils allaient lui ordonner d'y retourner. Elle leur donnerait satisfaction car sans ça, elle risquait d'insupportable punition si elle ne le faisait pas. Alors, quitte à devoir revenir ici souvent, autant trouver les points faibles de Monsieur Kyros pour pouvoir s'amuser un peu. Elle sentait qu'elle en avait déjà touché un en évoquant ses collègues. Elle décida de tirer le bouchon un peu plus loin :
- Pour répondre à votre précédente question, les étiquettes sont quand même bien pratiques pour savoir à qui on a à faire. Par exemple, je sais que je peux décrire certaines personnes de Poudlard comme "incompétents", "immatures" ou encore "idiots".
Elle ne nomma personne volontairement. Mais son ton et son visage parlaient pour elle. Elle voulait voir s'il garderait son calme, si ça l'atteindrait ou pas. Depuis qu'elle était entrée dans cette école, elle avait beaucoup développé cette sombre compétence qu'elle avait de trouver et de tirer jusqu'à l'usure sur les cordes sensibles des gens.
Elle allait toutefois devoir rester prudente. Elle ignorait s'il avait ce droit ou pas, mais il se pouvait qu'elle se heurte à une interdiction de consulter. Que ce soit officiel ou pas. Il n'était pas très compliqué de refuser des rendez-vous.
Et si ses parents l'avaient plus ou moins pardonnée pour toutes ses bêtises, c'était à la seule condition qu'elle se rende dans ce bureau pour parler. Elle se doutait bien qu'ils apprécieraient peu de découvrir qu'elle avait réussi à se faire détester même ici.
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Absence des vacances
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Hyacinthe la regarda quelques secondes et remarqua avec une curiosité certaine le léger changement de comportement de Rosalind. Subtil, cependant, il était clair que son corps n'était plus aussi fermé qu'en début d'entretien. Le roux supposa pourtant qu'il s'était ouvert avec des fins bien différentes de ce qui était traditionnellement attendu dans une séance. La jeune Serpentard avait quelque chose de plus attentif, de plus calculateur. Écourter la séance était différent des tentatives de provocation qu'elle mettait en place. Cherchait-elle à voir comment le faire tiquer ? Comment le faire plier ? Quels étaient ses attachements, ses failles ? Comment briser la façade si jolie de psychomage que Hyacinthe maîtrisait à merveille ? Oh, pauvre petite.
Si Hyacinthe devait plier face à des tentatives si maladroites et si frontales, il serait un piètre professionnel. Pire, il ne saurait pas comment il serait arrivé si loin dans la vie. Face à des collègues trop ambitieux, face à des moldus fermés d'esprit, face à son père. Par Merlin, Hyacinthe ne pliait pas ! Il détournait et subissait, encore et encore, jusqu'à pouvoir évacuer avec ses proches ou imploser dans la sécurité de sa maison. Un mécanisme qui n'avait rien de sain, il en était bien conscient. Mais il lui permettait d'être en sécurité face au monde. Et cela, aucune enfant, aussi réfléchie et vicieuse soit-elle, pourrait le lui retirer.
À vrai dire, cette attitude semblait au roux bien plus intéressant que les réponses toutes faites que Rosalind tentait de lui servir depuis son arrivée. Vouloir s'en aller était un signe de fermeture, mais tenter de le provoquer laissait échapper des indices. Et le léger sourire qui était apparu au coin des lèvres de la Serpentard, son regard braqué sur lui avec une attente presque féline... c'était amplement suffisant pour comprendre qu'elle le testait. Ce n'était pas habituel, venant d'une enfant aussi jeune. Mais la rigidité de l'environnement dans lequel elle avait vécu devait y être pour beaucoup. Cela n'était pas une cause unique, car le roux avait côtoyé bon nombre de sorcières et sorciers élevés dans des familles de haut rang qui avaient très tôt fuit ce schéma. Peut-être que Rosalind était juste une morveuse au caractère bien trempé.
- Oh.
Le son échappa au psychomage avec une surprise presque polie, avant qu'un sourire discret ne revienne finalement étirer ses lèvres. Sans un soupire ni une crispation, il se contenta de reprendre sa tasse entre ses doigts tandis que la lumière glissait lentement sur la porcelaine claire.
- Vous devez être terriblement déshydratée depuis la rentrée, dans ce cas.
Sa voix restait douce, fluide, sans la moindre trace de vexation. Il jeta un regard distrait vers les placards contenant les réserves de boissons et de nourriture avant de reprendre avec légèreté :
- Poudlard sert une diversité non négligeable de choses sans prestige - le jus de citrouille en fait certainement partie. C'est le triste destin d'un réfectoire accueillant un si grand nombre d'élèves, je le crains ! Le budget de l'école semble orienté vers la qualité des enseignements plutôt qu'à la finesse de l'eau qui est servie pendant les repas.
Le ton était si naturel qu’il devenait presque difficile de savoir si Hyacinthe plaisantait réellement ou non. Puis, le roux haussa légèrement les épaules dans un mouvement souple.
- Cela dit, si vous voulez vérifier par vous-même avant de condamner mes pauvres boissons, vous pouvez aller voir ce qu’il y a dans ce placard, ici-même. Je possède plusieurs types de thé qui devraient être à votre convenance.
Il accompagna la remarque d’un léger mouvement de tête vers le meuble concerné avant de reprendre une gorgée de thé, comme si le sujet avait réellement autant d’importance que ça. Même si au fond, Hyacinthe s'en moquait complètement. Bien sûr, il avait en stock des boissons pouvant convenir à n'importe quel élève qui lui rendrait visite. Passant de l'eau au chocolat chaud, au jus de fruit et au café, jusqu'à se diriger vers une petite réserve de thé dont les saveurs n'étaient certainement pas ce que l'on pouvait retrouver dans les cuisines de Poudlard. Que Rosalind boive ou non n'avait aucun autre intérêt que de la mettre à l'aise, et si sa réserve personnelle pouvait l'y aider... ainsi soit-il.
Ce qui intéressait Hyacinthe, en revanche, c’était cette façon qu’elle avait de lancer ses provocations comme des hameçons soigneusement choisis. Cette petite allait être une terreur manipulatrice en grandissant. C'était triste, qu'il soit amené à réaliser cela, en sachant qu'un tel comportement était mis en application si tôt.
La suite des paroles de la jeune Serpentard confirma d’ailleurs immédiatement son impression. Les étiquettes. Les "incompétents", les "immatures", les "idiots". Les autres étaient inférieur s'ils ne la traitaient pas comme elle le voulait. Le ton de Rosalind était clair, et les sous-entendus qu'elle laissait flotter l'étaient tout autant. Hyacinthe s’enfonça légèrement dans son fauteuil, croisant plus confortablement les jambes.
- Hm... oui, il y a probablement de telles personnes à Poudlard. Sa réponse arriva avec un calme désarmant. Comme partout, en réalité.
Il tourna légèrement ses doigts autour de sa tasse avant de poursuivre tranquillement :
- Les écoles ont simplement l’avantage de regrouper énormément de personnalités différentes dans un espace relativement réduit. Cela rend les spécificités des gens beaucoup plus visibles, et particulièrement agaçantes quand on doit vivre avec eux tous les jours.
Un très léger sourire passa sur son visage fatigué. Le rouquin ne se sentait pas attaqué, trop occupé à percevoir une enfant tatter le terrain, tester, pousser, provoquer. Si je trouve le point sensible avant l’autre, alors je garde le contrôle. Le mécanisme était presque visible tant il structurait sa manière de parler. Et Hyacinthe, malgré toute l’irritation que ses mots continuaient de lui inspirer, ne pouvait pas ignorer la compassion étrange qu’il ressentait face à cela. Parce qu’il connaissait ce besoin maladif de toujours garder une longueur d’avance émotionnelle sur les autres, cette peur absurde qu’être sincère une seule seconde donnait immédiatement à quelqu’un le pouvoir de vous écraser avec.
La différence, songea-t-il avec une pointe d’ironie, c’était que son manque cruel de confiance n'avait pas impacté sa vision des autres. Hyacinthe avait toujours eu une forme d'espoir niais sur la nature humaine, et cela avait motivé ses études de psychomagie. C'était un parcours bien plus appréciable que de devenir un insupportable pompeux côtoyant la haute, comme il s'était tant amusé à le faire pendant sa vingtaine. Partager ces instants avec Chris avait été d'un amusement délicieux, et pourtant, il se souvenait très bien d'à quel point cela avait été ennuyant.
Ses doigts vinrent finalement replacer distraitement une mèche blanche derrière son oreille avant qu’il ne reprenne doucement :
- Cela dit... vous avez raison. Les étiquettes restent confortables pour un premier aperçu. Mais elles ne doivent pas rester l'unique source de notre jugement. La confrontation, l'interaction, l'observation, sont souvent plus précises que ce que l'on nous raconte. Pour corroborer des vérités induises par les étiquettes, pour contredire ces dernières si elles ont été basées sur le mensonge. Au final, nous revenons sur les qualités et spécificités de chacun et ce qu'ils apprécient chez autrui.
Si Hyacinthe devait plier face à des tentatives si maladroites et si frontales, il serait un piètre professionnel. Pire, il ne saurait pas comment il serait arrivé si loin dans la vie. Face à des collègues trop ambitieux, face à des moldus fermés d'esprit, face à son père. Par Merlin, Hyacinthe ne pliait pas ! Il détournait et subissait, encore et encore, jusqu'à pouvoir évacuer avec ses proches ou imploser dans la sécurité de sa maison. Un mécanisme qui n'avait rien de sain, il en était bien conscient. Mais il lui permettait d'être en sécurité face au monde. Et cela, aucune enfant, aussi réfléchie et vicieuse soit-elle, pourrait le lui retirer.
À vrai dire, cette attitude semblait au roux bien plus intéressant que les réponses toutes faites que Rosalind tentait de lui servir depuis son arrivée. Vouloir s'en aller était un signe de fermeture, mais tenter de le provoquer laissait échapper des indices. Et le léger sourire qui était apparu au coin des lèvres de la Serpentard, son regard braqué sur lui avec une attente presque féline... c'était amplement suffisant pour comprendre qu'elle le testait. Ce n'était pas habituel, venant d'une enfant aussi jeune. Mais la rigidité de l'environnement dans lequel elle avait vécu devait y être pour beaucoup. Cela n'était pas une cause unique, car le roux avait côtoyé bon nombre de sorcières et sorciers élevés dans des familles de haut rang qui avaient très tôt fuit ce schéma. Peut-être que Rosalind était juste une morveuse au caractère bien trempé.
- Oh.
Le son échappa au psychomage avec une surprise presque polie, avant qu'un sourire discret ne revienne finalement étirer ses lèvres. Sans un soupire ni une crispation, il se contenta de reprendre sa tasse entre ses doigts tandis que la lumière glissait lentement sur la porcelaine claire.
- Vous devez être terriblement déshydratée depuis la rentrée, dans ce cas.
Sa voix restait douce, fluide, sans la moindre trace de vexation. Il jeta un regard distrait vers les placards contenant les réserves de boissons et de nourriture avant de reprendre avec légèreté :
- Poudlard sert une diversité non négligeable de choses sans prestige - le jus de citrouille en fait certainement partie. C'est le triste destin d'un réfectoire accueillant un si grand nombre d'élèves, je le crains ! Le budget de l'école semble orienté vers la qualité des enseignements plutôt qu'à la finesse de l'eau qui est servie pendant les repas.
Le ton était si naturel qu’il devenait presque difficile de savoir si Hyacinthe plaisantait réellement ou non. Puis, le roux haussa légèrement les épaules dans un mouvement souple.
- Cela dit, si vous voulez vérifier par vous-même avant de condamner mes pauvres boissons, vous pouvez aller voir ce qu’il y a dans ce placard, ici-même. Je possède plusieurs types de thé qui devraient être à votre convenance.
Il accompagna la remarque d’un léger mouvement de tête vers le meuble concerné avant de reprendre une gorgée de thé, comme si le sujet avait réellement autant d’importance que ça. Même si au fond, Hyacinthe s'en moquait complètement. Bien sûr, il avait en stock des boissons pouvant convenir à n'importe quel élève qui lui rendrait visite. Passant de l'eau au chocolat chaud, au jus de fruit et au café, jusqu'à se diriger vers une petite réserve de thé dont les saveurs n'étaient certainement pas ce que l'on pouvait retrouver dans les cuisines de Poudlard. Que Rosalind boive ou non n'avait aucun autre intérêt que de la mettre à l'aise, et si sa réserve personnelle pouvait l'y aider... ainsi soit-il.
Ce qui intéressait Hyacinthe, en revanche, c’était cette façon qu’elle avait de lancer ses provocations comme des hameçons soigneusement choisis. Cette petite allait être une terreur manipulatrice en grandissant. C'était triste, qu'il soit amené à réaliser cela, en sachant qu'un tel comportement était mis en application si tôt.
La suite des paroles de la jeune Serpentard confirma d’ailleurs immédiatement son impression. Les étiquettes. Les "incompétents", les "immatures", les "idiots". Les autres étaient inférieur s'ils ne la traitaient pas comme elle le voulait. Le ton de Rosalind était clair, et les sous-entendus qu'elle laissait flotter l'étaient tout autant. Hyacinthe s’enfonça légèrement dans son fauteuil, croisant plus confortablement les jambes.
- Hm... oui, il y a probablement de telles personnes à Poudlard. Sa réponse arriva avec un calme désarmant. Comme partout, en réalité.
Il tourna légèrement ses doigts autour de sa tasse avant de poursuivre tranquillement :
- Les écoles ont simplement l’avantage de regrouper énormément de personnalités différentes dans un espace relativement réduit. Cela rend les spécificités des gens beaucoup plus visibles, et particulièrement agaçantes quand on doit vivre avec eux tous les jours.
Un très léger sourire passa sur son visage fatigué. Le rouquin ne se sentait pas attaqué, trop occupé à percevoir une enfant tatter le terrain, tester, pousser, provoquer. Si je trouve le point sensible avant l’autre, alors je garde le contrôle. Le mécanisme était presque visible tant il structurait sa manière de parler. Et Hyacinthe, malgré toute l’irritation que ses mots continuaient de lui inspirer, ne pouvait pas ignorer la compassion étrange qu’il ressentait face à cela. Parce qu’il connaissait ce besoin maladif de toujours garder une longueur d’avance émotionnelle sur les autres, cette peur absurde qu’être sincère une seule seconde donnait immédiatement à quelqu’un le pouvoir de vous écraser avec.
La différence, songea-t-il avec une pointe d’ironie, c’était que son manque cruel de confiance n'avait pas impacté sa vision des autres. Hyacinthe avait toujours eu une forme d'espoir niais sur la nature humaine, et cela avait motivé ses études de psychomagie. C'était un parcours bien plus appréciable que de devenir un insupportable pompeux côtoyant la haute, comme il s'était tant amusé à le faire pendant sa vingtaine. Partager ces instants avec Chris avait été d'un amusement délicieux, et pourtant, il se souvenait très bien d'à quel point cela avait été ennuyant.
Ses doigts vinrent finalement replacer distraitement une mèche blanche derrière son oreille avant qu’il ne reprenne doucement :
- Cela dit... vous avez raison. Les étiquettes restent confortables pour un premier aperçu. Mais elles ne doivent pas rester l'unique source de notre jugement. La confrontation, l'interaction, l'observation, sont souvent plus précises que ce que l'on nous raconte. Pour corroborer des vérités induises par les étiquettes, pour contredire ces dernières si elles ont été basées sur le mensonge. Au final, nous revenons sur les qualités et spécificités de chacun et ce qu'ils apprécient chez autrui.
1184 - @Rosalind Whitmore
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Quel piètre psychomage... son job n'était, aux dernières nouvelles, pas de faire la discussion sur les boissons. En revanche, cela voulait sûrement dire, s'il répondait, que sa réponse n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Peut-être pouvait-elle s'arranger pour rediriger la conversation vers un autre sujet.
- Je ne bois pas d'autres boissons que de l'eau. C'est mauvais pour la santé, et je fais partie des rares personnes dans ce monde qui ne tiennent pas à la détruire. Cela m'aide à rester mince, répondit-elle avec légèreté.
Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle avait toujours fait attention à son poids. C'était un sujet qui revenait souvent à la maison car Evelyn et Andrew ne supportaient pas que leur fille puisse prendre trop de kilos. Andrew avait été plutôt obèse dans sa jeunesse et ils ne voulaient pas qu'il lui arrive la même chose. Il en gardait de très mauvais souvenirs... et les on-dit sur son poids avaient été dévastateurs pour la réputation familiale. On accusait Penelope et son mari de laisser leur fils manger sans distinction ni honneur.
La danse aussi était assez sévère. Une danseuse classique se devait d'être fine. Jasper le leur répétait régulièrement. Il n'avait pas le droit de leur faire la pesée à cause des règles de l'école mais il leur demandait presque à chaque cours de se peser avant de venir.
- Donc non, je n'irai pas regarder ce que vous appelez vos "pauvres boissons". Je ne comprends pas pourquoi "pauvres" d'ailleurs. Ce sont des objets. C'est comme les animaux ou les tables. Ils ne peuvent être blessés vu qu'ils ressentent pas d'émotions.
Elle ajouta cela d'un ton très naturel, comme on ferait une remarque évidente, que tout le monde sait déjà. Elle n'avait jamais eu d'animal de compagnie. Ses parents lui avaient promis qu'ils lui en prendraient un si elle avait de bons résultats à ses examens de première année...
Dans son esprit, ce n'était que de jolies petites choses avec lesquelles on pouvait s'amuser comme on le voulait. Des peluches. Elle n'avait jamais envisagé le fait qu'ils puissent ressentir la douleur comme un être humain. Et elle n'avait pas été éduquée dans cette idée.
Elle collectionnait les vestes et les accessoires en fourrure, tout comme elle se nourrissait de beaucoup de viandes. Le respect des animaux n'avait jamais été une priorité dans la famille Whitmore...
D'ailleurs, elle était surprise de ne pas voir d'animal dans cette pièce. Son esprit avait toujours imaginé le psychomage avec un. A vrai dire, elle était quasiment persuadée en avoir entendu parler dans les couloirs. Mais impossible de se souvenir de l'espèce...
Cela l'étonnait parce qu'elle se trompait rarement et que sa mémoire avait une capacité pour retenir les ragots impressionnante. Dans tous les cas, elle ne pouvait poser la question. Elle n'avait aucun autre intérêt que sa curiosité. Et elle ne voulait pas lui donner l'occasion d'engager une discussion (qui serait loin d'être passionnante) là-dessus. Elle se renseignerait autrement.
Elle ne pouvait tout de même s'empêcher de fouiller légèrement la salle de l'oeil pour confirmer sa théorie. Elle n'aimait pas l'idée qu'elle pouvait se tromper sur son domaine de prédilection, sa passion dans la vie : les bruits de couloir.
Je suis partie du principe que Rosie a entendu parler de Lernie, mais je peux me tromper ! Si ça ne marche pas, signale-le-moi en volière, je modifierai
#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en dise Orion) et Elue de Jedusor
Absence des vacances
- Je ne bois pas d'autres boissons que de l'eau. C'est mauvais pour la santé, et je fais partie des rares personnes dans ce monde qui ne tiennent pas à la détruire. Cela m'aide à rester mince, répondit-elle avec légèreté.
Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle avait toujours fait attention à son poids. C'était un sujet qui revenait souvent à la maison car Evelyn et Andrew ne supportaient pas que leur fille puisse prendre trop de kilos. Andrew avait été plutôt obèse dans sa jeunesse et ils ne voulaient pas qu'il lui arrive la même chose. Il en gardait de très mauvais souvenirs... et les on-dit sur son poids avaient été dévastateurs pour la réputation familiale. On accusait Penelope et son mari de laisser leur fils manger sans distinction ni honneur.
La danse aussi était assez sévère. Une danseuse classique se devait d'être fine. Jasper le leur répétait régulièrement. Il n'avait pas le droit de leur faire la pesée à cause des règles de l'école mais il leur demandait presque à chaque cours de se peser avant de venir.
- Donc non, je n'irai pas regarder ce que vous appelez vos "pauvres boissons". Je ne comprends pas pourquoi "pauvres" d'ailleurs. Ce sont des objets. C'est comme les animaux ou les tables. Ils ne peuvent être blessés vu qu'ils ressentent pas d'émotions.
Elle ajouta cela d'un ton très naturel, comme on ferait une remarque évidente, que tout le monde sait déjà. Elle n'avait jamais eu d'animal de compagnie. Ses parents lui avaient promis qu'ils lui en prendraient un si elle avait de bons résultats à ses examens de première année...
Dans son esprit, ce n'était que de jolies petites choses avec lesquelles on pouvait s'amuser comme on le voulait. Des peluches. Elle n'avait jamais envisagé le fait qu'ils puissent ressentir la douleur comme un être humain. Et elle n'avait pas été éduquée dans cette idée.
Elle collectionnait les vestes et les accessoires en fourrure, tout comme elle se nourrissait de beaucoup de viandes. Le respect des animaux n'avait jamais été une priorité dans la famille Whitmore...
D'ailleurs, elle était surprise de ne pas voir d'animal dans cette pièce. Son esprit avait toujours imaginé le psychomage avec un. A vrai dire, elle était quasiment persuadée en avoir entendu parler dans les couloirs. Mais impossible de se souvenir de l'espèce...
Cela l'étonnait parce qu'elle se trompait rarement et que sa mémoire avait une capacité pour retenir les ragots impressionnante. Dans tous les cas, elle ne pouvait poser la question. Elle n'avait aucun autre intérêt que sa curiosité. Et elle ne voulait pas lui donner l'occasion d'engager une discussion (qui serait loin d'être passionnante) là-dessus. Elle se renseignerait autrement.
Elle ne pouvait tout de même s'empêcher de fouiller légèrement la salle de l'oeil pour confirmer sa théorie. Elle n'aimait pas l'idée qu'elle pouvait se tromper sur son domaine de prédilection, sa passion dans la vie : les bruits de couloir.
Je suis partie du principe que Rosie a entendu parler de Lernie, mais je peux me tromper ! Si ça ne marche pas, signale-le-moi en volière, je modifierai
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Absence des vacances
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Hyacinthe accueillit la réponse de Rosalind avec un léger mouvement de sourcil qui trahissait davantage une curiosité sincère qu'une quelconque surprise. De toutes les directions que pouvait prendre cette conversation, il devait admettre qu'il ne s'était pas attendu à une défense aussi sérieuse de l'eau. Il avait commencé à construire une certaine image de la jeune Serpentard depuis le début de l'entretien ; une enfant élevée dans un environnement particulièrement privilégié, très attachée aux apparences, aux symboles sociaux, à la valeur des choses selon leur prestige apparent. L'eau n'entrait pas exactement dans cette catégorie. Cela ne changeait pas grand-chose, naturellement, mais il le nota malgré tout quelque part dans un coin de son esprit.
Son regard resta posé quelques secondes sur la jeune fille tandis qu'il réfléchissait à ce qu'elle venait de lui dire. Il y avait quelque chose d'intéressant dans la façon dont elle présentait la chose. Elle parlait de sa santé comme un principe établi depuis longtemps et qui ne nécessitait plus d'être questionné. À son âge, la plupart des enfants parlaient de nourriture avec gourmandise, de desserts avec enthousiasme, de leurs préférences avec spontanéité. Rosalind, elle, parlait de rester mince alors qu'elle semblait déjà en excellente forme physique. Hyacinthe sentit passer une pensée fugace qu'il laissa immédiatement repartir sans s'y attarder davantage. Il n'avait aucune envie de s'engager sur ce terrain-là aujourd'hui. Pas maintenant, alors que Rosalind utilisait déjà une énergie considérable à éviter toute conversation qu'elle n'avait pas elle-même choisie. Le roux se contenta donc de porter sa tasse à ses lèvres avant de répondre avec un calme presque amusé.
- J'ai aussi de l'eau, pour information. Si jamais vous changez d'avis... n'hésitez pas à me le faire savoir.
L'esquisse de sourire qui accompagna ses paroles disparut presque aussitôt derrière sa tasse. Hyacinthe ne se leva pas pour autant, puisque Rosalind avait déjà clairement indiqué qu'elle ne souhaitait rien boire. Il n'allait certainement pas perdre son temps et transformer sa proposition en négociation interminable.
Puis vint l'histoire des boissons blessées, et, pendant quelques secondes, le psychomage dut faire un effort très sincère pour ne pas rire. Il y avait quelque chose de profondément absurde dans le fait de se retrouver à expliquer les subtilités de la langue à une enfant qui passait visiblement son temps à disséquer les comportements humains avec la précision d'un chirurgien. Oh non, il devait arrêter ça. Ce n'était vraiment pas gentil. Une part profonde du roux songea cependant que la gentillesse et le respect devaient être bilatéraux.
Hyacinthe situa immédiatement le malentendu et laissa son regard divaguer distraitement vers l'une des bibliothèques qui recouvraient le mur voisin. Il y avait là plusieurs rangées de romans, de recueils de poésie et d'articles scientifiques que personne n'ouvrait jamais, à l'exception de lui et de ses prédécesseurs. En même temps, les gens ne venaient pas ici pour lire. Rosalind disséquait les mots avec une rigueur toute particulière, mais uniquement dans leur sens le plus littéral. Peut-être à cause de son jeune âge, ou parce qu'elle n'avait pas rencontré suffisamment de littérature pour découvrir à quel point les mots étaient larges de sens.
- Hm. Je crois que nous avons un désaccord avec le dictionnaire. "Pauvre" ne désigne pas uniquement quelque chose qui souffre. On peut parler d'une pauvre excuse, d'un pauvre argument ou d'un pauvre repas sans supposer que ces choses possèdent une conscience ou des émotions. Cela signifie surtout un manque de qualité, de quantité. La langue a tendance à utiliser les mêmes mots pour plusieurs idées différentes. C'est quelque chose qui se prend en main avec le temps.
Il parlait avec légèreté, mais son esprit s'était déjà accroché à autre chose. À vrai dire, ce n'était même pas la question du vocabulaire qui l'occupait réellement. Enseigner à des jeunes de onze ou douze ans de telles subtilités était tout à fait normal et même nécessaire, surtout que Hyacinthe appréciait sincèrement les questions de langage. Cependant, la certitude tranquille avec laquelle Rosalind venait d'affirmer qu'un animal n'était guère différent d'une table le déstabilisait beaucoup. Cette fois, il sentit une crispation beaucoup plus nette traverser ses pensées, descendre jusque dans ses côtes et crisper son estomac avant de remonter vers sa tête. Rien, absolument rien, ne trahissait à l'extérieur la réaction immédiate qu'il avait eue. Merlin, d'accord. D'accord. C'était... c'était profondément inconfortable.
Hyacinthe avait rarement entendu ce genre de discours auparavant, mais savait bien de quel genre de milieu cela pouvait venir. Ressources, possessions, symboles de statut. Des animaux, voir même des créatures magiques considérées par certaines familles comme des inférieurs, à peine comme des êtres malgré leur statut bien clair et défini. Ce n'était pas exactement une nouveauté dans le monde sorcier. Triste.
Pourtant, ne pas reconnaître leur sensibilité aux émotions, à la douleur... c'était une toute autre question, c'était affolant. Il avait la sincère impression que Rosalind manquait cruellement de réflexion sur cette question. Avait-elle grandi dans un monde où certaines formes de sensibilité n'étaient pas considérées comme importantes ? Car il n'y avait pas beaucoup d'efforts pour le comprendre : côtoyer des animaux était parfois même suffisant. Une journée passée à cheval, croiser les chiens des villages qui bordaient Patras, les hiboux de Poudlard. Et Lernie, sa petite Princesse... qui avait ses habitudes, ses préférences, ses réactions bien distinctes selon les personnes qu'elle rencontrait.
Hyacinthe voyait ici un creux dans l'éducation de la jeune Serpentard. L'absence d'un individu qui aurait pu lui montrer qu'un animal pouvait avoir peur, souffrir, préférer certaines personnes à d'autres, ou encore chercher du réconfort. C'était différent de nos ressentis, bien sûr. Peut-être plus primitif, plus instinctif, plus lié au mode de vie de chaque espèce, et pourtant, ils restaient des êtres sensibles.
Et malgré l'envie grandissante de prendre la parole, de corriger Rosalind et de lui offrir un autre point de vue, Hyacinthe resta silencieux sur le sujet. Il savait que ce cela l'atteignait et qu'il perdrait en objectivité (bien qu'à son sens, il y avait un bon sens minimum à avoir), et il savait également que cela pouvait être une énième tentative pour le faire sortir de ses gonds. Une opposition frontale était à éviter, et ce sujet en amènerait forcément une.
À vrai dire, Hyacinthe était intrigué par un tout autre détail. Rosalind regardait autour d'elle, et ce, depuis quelques instants déjà. Son regard glissait sur les meubles, les étagères, les fenêtres, les plantes. Pas de manière distraite, ni même comme quelqu'un qui semblait s'ennuyer. La Serpentard semblait chercher quelque chose. En vue de leur conversation précédente et du peu de choix que Hyacinthe avait à disposition, la réponse lui sembla évidente. Il glissa à nouveau son regard vers l'escalier en colimaçon et constata que Lernie n'avait pas bougé.
- Vous cherchez quelque chose, peut-être ?
Le petit serpent nacré demeurait lové sur la première marche, immobile comme une sculpture délicatement oubliée au milieu du passage. Malgré sa taille conséquente, l'emplacement des fauteuils rendaient Lernie difficile à voir de leur position. Hyacinthe la distingua parce qu'il savait quoi chercher et où, mais... cela s'avéra être une tâche complexe. Sa Princesse n'avait pratiquement pas bougé depuis l'arrivée de Rosalind, ce qui était inhabituel. D'ordinaire, sa curiosité l'amenait tôt ou tard à quitter son poste d'observation pour venir explorer les environs immédiats des visiteurs. C'était la raison pour laquelle il avait mis en place des séances de thérapie avec une médiation animale.
Pourtant, aujourd'hui, Lernie semblait avoir décidé que la distance était une excellente idée. Hyacinthe n'était pas certain de savoir quoi penser de ce détail, et peut-être n'y avait-il rien à penser du tout. Même si Rosalind remarquait Lernie ou que celle-ci décidait de s'approcher, il n'y avait aucune raison particulière que cela pose problème. Le mot n'était pas aussi rassurant que le roux l'aurait souhaité.
Finalement, Hyacinthe revint à sa patiente avec une expression toujours aussi paisible.
- Cela dit, je vous envie un peu. Le ton restait léger, mais sa remarque était sincère malgré les jugements biaisés et mauvais qu'il remarquait chez la jeune fille. Vous semblez posséder une confiance remarquable dans votre compréhension du monde.
Son sourire se fit légèrement plus franc tandis qu'il reposait sa tasse sur la table basse. Derrière les mots, son esprit continuait pourtant d'observer. Rosalind semblait passer beaucoup de temps à classer les choses. Objets, personnes, idées, les catégories paraissaient la rassurer. Elles donnaient de l'ordre au monde et permettaient ainsi de savoir à quoi s'attendre. La lumière continuait de jouer dans les feuilles près des fenêtres, les ombres mouvantes dessinant lentement leurs motifs sur le tapis du bureau. Hyacinthe se demanda, non sans une certaine curiosité, si Rosalind cherchait réellement Lernie ou bien des éléments lui permettant de comprendre à quel type de personne elle avait affaire.
Son regard resta posé quelques secondes sur la jeune fille tandis qu'il réfléchissait à ce qu'elle venait de lui dire. Il y avait quelque chose d'intéressant dans la façon dont elle présentait la chose. Elle parlait de sa santé comme un principe établi depuis longtemps et qui ne nécessitait plus d'être questionné. À son âge, la plupart des enfants parlaient de nourriture avec gourmandise, de desserts avec enthousiasme, de leurs préférences avec spontanéité. Rosalind, elle, parlait de rester mince alors qu'elle semblait déjà en excellente forme physique. Hyacinthe sentit passer une pensée fugace qu'il laissa immédiatement repartir sans s'y attarder davantage. Il n'avait aucune envie de s'engager sur ce terrain-là aujourd'hui. Pas maintenant, alors que Rosalind utilisait déjà une énergie considérable à éviter toute conversation qu'elle n'avait pas elle-même choisie. Le roux se contenta donc de porter sa tasse à ses lèvres avant de répondre avec un calme presque amusé.
- J'ai aussi de l'eau, pour information. Si jamais vous changez d'avis... n'hésitez pas à me le faire savoir.
L'esquisse de sourire qui accompagna ses paroles disparut presque aussitôt derrière sa tasse. Hyacinthe ne se leva pas pour autant, puisque Rosalind avait déjà clairement indiqué qu'elle ne souhaitait rien boire. Il n'allait certainement pas perdre son temps et transformer sa proposition en négociation interminable.
Puis vint l'histoire des boissons blessées, et, pendant quelques secondes, le psychomage dut faire un effort très sincère pour ne pas rire. Il y avait quelque chose de profondément absurde dans le fait de se retrouver à expliquer les subtilités de la langue à une enfant qui passait visiblement son temps à disséquer les comportements humains avec la précision d'un chirurgien. Oh non, il devait arrêter ça. Ce n'était vraiment pas gentil. Une part profonde du roux songea cependant que la gentillesse et le respect devaient être bilatéraux.
Hyacinthe situa immédiatement le malentendu et laissa son regard divaguer distraitement vers l'une des bibliothèques qui recouvraient le mur voisin. Il y avait là plusieurs rangées de romans, de recueils de poésie et d'articles scientifiques que personne n'ouvrait jamais, à l'exception de lui et de ses prédécesseurs. En même temps, les gens ne venaient pas ici pour lire. Rosalind disséquait les mots avec une rigueur toute particulière, mais uniquement dans leur sens le plus littéral. Peut-être à cause de son jeune âge, ou parce qu'elle n'avait pas rencontré suffisamment de littérature pour découvrir à quel point les mots étaient larges de sens.
- Hm. Je crois que nous avons un désaccord avec le dictionnaire. "Pauvre" ne désigne pas uniquement quelque chose qui souffre. On peut parler d'une pauvre excuse, d'un pauvre argument ou d'un pauvre repas sans supposer que ces choses possèdent une conscience ou des émotions. Cela signifie surtout un manque de qualité, de quantité. La langue a tendance à utiliser les mêmes mots pour plusieurs idées différentes. C'est quelque chose qui se prend en main avec le temps.
Il parlait avec légèreté, mais son esprit s'était déjà accroché à autre chose. À vrai dire, ce n'était même pas la question du vocabulaire qui l'occupait réellement. Enseigner à des jeunes de onze ou douze ans de telles subtilités était tout à fait normal et même nécessaire, surtout que Hyacinthe appréciait sincèrement les questions de langage. Cependant, la certitude tranquille avec laquelle Rosalind venait d'affirmer qu'un animal n'était guère différent d'une table le déstabilisait beaucoup. Cette fois, il sentit une crispation beaucoup plus nette traverser ses pensées, descendre jusque dans ses côtes et crisper son estomac avant de remonter vers sa tête. Rien, absolument rien, ne trahissait à l'extérieur la réaction immédiate qu'il avait eue. Merlin, d'accord. D'accord. C'était... c'était profondément inconfortable.
Hyacinthe avait rarement entendu ce genre de discours auparavant, mais savait bien de quel genre de milieu cela pouvait venir. Ressources, possessions, symboles de statut. Des animaux, voir même des créatures magiques considérées par certaines familles comme des inférieurs, à peine comme des êtres malgré leur statut bien clair et défini. Ce n'était pas exactement une nouveauté dans le monde sorcier. Triste.
Pourtant, ne pas reconnaître leur sensibilité aux émotions, à la douleur... c'était une toute autre question, c'était affolant. Il avait la sincère impression que Rosalind manquait cruellement de réflexion sur cette question. Avait-elle grandi dans un monde où certaines formes de sensibilité n'étaient pas considérées comme importantes ? Car il n'y avait pas beaucoup d'efforts pour le comprendre : côtoyer des animaux était parfois même suffisant. Une journée passée à cheval, croiser les chiens des villages qui bordaient Patras, les hiboux de Poudlard. Et Lernie, sa petite Princesse... qui avait ses habitudes, ses préférences, ses réactions bien distinctes selon les personnes qu'elle rencontrait.
Hyacinthe voyait ici un creux dans l'éducation de la jeune Serpentard. L'absence d'un individu qui aurait pu lui montrer qu'un animal pouvait avoir peur, souffrir, préférer certaines personnes à d'autres, ou encore chercher du réconfort. C'était différent de nos ressentis, bien sûr. Peut-être plus primitif, plus instinctif, plus lié au mode de vie de chaque espèce, et pourtant, ils restaient des êtres sensibles.
Et malgré l'envie grandissante de prendre la parole, de corriger Rosalind et de lui offrir un autre point de vue, Hyacinthe resta silencieux sur le sujet. Il savait que ce cela l'atteignait et qu'il perdrait en objectivité (bien qu'à son sens, il y avait un bon sens minimum à avoir), et il savait également que cela pouvait être une énième tentative pour le faire sortir de ses gonds. Une opposition frontale était à éviter, et ce sujet en amènerait forcément une.
À vrai dire, Hyacinthe était intrigué par un tout autre détail. Rosalind regardait autour d'elle, et ce, depuis quelques instants déjà. Son regard glissait sur les meubles, les étagères, les fenêtres, les plantes. Pas de manière distraite, ni même comme quelqu'un qui semblait s'ennuyer. La Serpentard semblait chercher quelque chose. En vue de leur conversation précédente et du peu de choix que Hyacinthe avait à disposition, la réponse lui sembla évidente. Il glissa à nouveau son regard vers l'escalier en colimaçon et constata que Lernie n'avait pas bougé.
- Vous cherchez quelque chose, peut-être ?
Le petit serpent nacré demeurait lové sur la première marche, immobile comme une sculpture délicatement oubliée au milieu du passage. Malgré sa taille conséquente, l'emplacement des fauteuils rendaient Lernie difficile à voir de leur position. Hyacinthe la distingua parce qu'il savait quoi chercher et où, mais... cela s'avéra être une tâche complexe. Sa Princesse n'avait pratiquement pas bougé depuis l'arrivée de Rosalind, ce qui était inhabituel. D'ordinaire, sa curiosité l'amenait tôt ou tard à quitter son poste d'observation pour venir explorer les environs immédiats des visiteurs. C'était la raison pour laquelle il avait mis en place des séances de thérapie avec une médiation animale.
Pourtant, aujourd'hui, Lernie semblait avoir décidé que la distance était une excellente idée. Hyacinthe n'était pas certain de savoir quoi penser de ce détail, et peut-être n'y avait-il rien à penser du tout. Même si Rosalind remarquait Lernie ou que celle-ci décidait de s'approcher, il n'y avait aucune raison particulière que cela pose problème. Le mot n'était pas aussi rassurant que le roux l'aurait souhaité.
Finalement, Hyacinthe revint à sa patiente avec une expression toujours aussi paisible.
- Cela dit, je vous envie un peu. Le ton restait léger, mais sa remarque était sincère malgré les jugements biaisés et mauvais qu'il remarquait chez la jeune fille. Vous semblez posséder une confiance remarquable dans votre compréhension du monde.
Son sourire se fit légèrement plus franc tandis qu'il reposait sa tasse sur la table basse. Derrière les mots, son esprit continuait pourtant d'observer. Rosalind semblait passer beaucoup de temps à classer les choses. Objets, personnes, idées, les catégories paraissaient la rassurer. Elles donnaient de l'ordre au monde et permettaient ainsi de savoir à quoi s'attendre. La lumière continuait de jouer dans les feuilles près des fenêtres, les ombres mouvantes dessinant lentement leurs motifs sur le tapis du bureau. Hyacinthe se demanda, non sans une certaine curiosité, si Rosalind cherchait réellement Lernie ou bien des éléments lui permettant de comprendre à quel type de personne elle avait affaire.
1452 - @Rosalind Whitmore
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Et les voilà sérieusement partis pour parler vocabulaire ? Venant d'une personne qui n'avait très visiblement pas eu d'éducation un minimum noble ? Voilà qui ne l'intéressait pas du tout. Qu'est-ce qu'il en savait du dictionnaire ?
Elle suivit, à l'aide de ses propres yeux, son regard. Elle mit du temps avant de discerner la chose sur l'escalier. Elle était mal positionnée et en plus, l'animal était du même blanc que l'endroit où elle était lovée.
En attendant, elle eut le temps d'entendre le compliment d'Hyacinthe. Si c'en était un. Ne parvenant pas à se décider sur si elle le prenait bien ou mal, notamment à cause du fait que son esprit était occupé à essayer de trouver quel animal le psychomage possédait, elle choisit soigneusement de ne pas répondre.
Mais quand elle réalisa face à quoi elle était, son coeur s'arrêta et elle poussa un hurlement en courant de l'autre côté de la pièce, le plus loin possible de cette créature du démon.
- Vous... vous avez un serpent ?! Mais vous êtes complètement fou ! Retirez-moi cette horrible chose de ma vue !
Son cerveau ne se souvenait même plus vraiment de l'endroit où elle était et surtout : avait oublié qu'elle s'était promise de ne rien montrer au maître de la chose en face d'elle.
Elle frissonnait de peur, ne la lâchant pas des yeux.
- J'ai... j'ai trouvé ce que je cherchais, bredouilla-t-elle. J'avais oublié que c'était un... un de ces effrayants reptiles.
#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en dise Orion) et Elue de Jedusor
Absence des vacances
Elle suivit, à l'aide de ses propres yeux, son regard. Elle mit du temps avant de discerner la chose sur l'escalier. Elle était mal positionnée et en plus, l'animal était du même blanc que l'endroit où elle était lovée.
En attendant, elle eut le temps d'entendre le compliment d'Hyacinthe. Si c'en était un. Ne parvenant pas à se décider sur si elle le prenait bien ou mal, notamment à cause du fait que son esprit était occupé à essayer de trouver quel animal le psychomage possédait, elle choisit soigneusement de ne pas répondre.
Mais quand elle réalisa face à quoi elle était, son coeur s'arrêta et elle poussa un hurlement en courant de l'autre côté de la pièce, le plus loin possible de cette créature du démon.
- Vous... vous avez un serpent ?! Mais vous êtes complètement fou ! Retirez-moi cette horrible chose de ma vue !
Son cerveau ne se souvenait même plus vraiment de l'endroit où elle était et surtout : avait oublié qu'elle s'était promise de ne rien montrer au maître de la chose en face d'elle.
Elle frissonnait de peur, ne la lâchant pas des yeux.
- J'ai... j'ai trouvé ce que je cherchais, bredouilla-t-elle. J'avais oublié que c'était un... un de ces effrayants reptiles.
#ed6d94 - Fiche PR - Capitaine des AA (quoi qu’en dise Orion) et Elue de Jedusor
Absence des vacances
Mais mon avenir reste gris... et mon coeur aussi
Le cri déchira le calme du bureau avec une brutalité si soudaine qu'Hyacinthe sursauta malgré lui. Sa tasse tinta légèrement contre sa soucoupe lorsqu'il la reposa d'un geste un peu plus rapide qu'il ne l'aurait voulu, tandis que son regard quittait immédiatement Rosalind pour rejoindre la première marche de l'escalier. Lernie n'avait pratiquement pas réagi, le serpent nacré relevant simplement la tête de quelques centimètres, ainsi cachée par la marche supérieure. Sa langue goûta brièvement l'air ambiant dans un mouvement plus intrigué qu'inquiet. Hyacinthe fut rassuré de voir sa princesse au tempérament placide peu déstabilisée par la soudaineté de la situation et pu ainsi se reconcentrer sans peine sur sa jeune patiente.
La fuite précipitée de cette dernière avait bouleversé toute la posture soigneusement contrôlée qu'elle maintenait depuis le début de l'entretien. Rosalind s'était réfugiée à l'autre bout de la pièce avec une spontanéité telle qu'elle semblait avoir complètement oublié l'image qu'elle s'efforçait de construire depuis son arrivée. Plus de répartie mordante, plus de sourire calculé, ni de phrases choisies pour observer les réactions de Hyacinthe. Il n'y avait plus qu'une enfant qui avait eu peur, sincèrement peur, au point d'en perdre le contrôle de son propre corps. Et cette pensée suffit à faire disparaître toute forme d'amusement qui aurait pu naître de la situation. Hyacinthe connaissait trop bien la sensation d'être surpris par une émotion plus forte que soi, puis de réaliser, une seconde plus tard, que quelqu'un en avait été témoin. Ce n'était jamais agréable, c'était parfois honteux, même si extérieurement, le roux savait bien que ce genre de sentiments avait quelque chose d'illogique.
Il conserva donc une voix parfaitement posée lorsqu'il répondit, sans faire un seul geste en direction de Lernie pour éviter d'attirer l'attention sur elle.
- Je vous promets que Lernie est beaucoup moins impressionnante qu'elle n'en a l'air, c'est une gentille petite. Calme. Elle n'a pas l'air avare de compagnie aujourd'hui.
Son regard glissa à nouveau un court instant vers le serpent. Lernie avait déjà reposé sa tête sur ses anneaux, parfaitement désintéressée par ce qui se passait. Elle était comme ça : tantôt collée à lui ou au patient qu'il avait face à lui, tantôt absolument ignorante de ce qui l'entourait. Difficile, insatiable et totalement charmante. Hyacinthe ne put s'empêcher de sourire doucement à la pensée, mais aussi face à la scène qui se déroulait devant lui. Ils étaient trois, dans cette pièce : et celle qui s'était tant montré agressive se retrouvait à être celle qui tremblait le plus.
- Elle ne bougera pas tant que je ne lui demanderai rien, vous n'avez pas à vous en faire.
Il laissa quelques secondes s'écouler, suffisamment pour que ses paroles puissent être entendues au-delà de la peur qui semblait encore parcourir la jeune fille. Hyacinthe n'avait aucune intention de lui expliquer que cette réaction était disproportionnée, bien au contraire. Les phobies n'obéissaient pas à la logique, Hyacinthe était bien placé pour le savoir. Elles existaient avec une obstination parfois ridicule et pourtant parfaitement réelle. Lui-même évitait encore avec une attention maladive les disputes pouvant mener à une altercation physique, il savait à quel point il se retrouvait paralyser par la terreur et les souvenirs lorsque des coups étaient donnés. Il savait à quel point les sursauts étaient forts et fréquents les soirs orageux, malgré tous les efforts qu'il avait fait pour apprendre à se contrôler. Il se souvenait avec une clarté nauséeuse de la sensation que l'odeur de certains alcools donnait à son estomac noueux. Et dans chacune de ces situations, le roux se serait bien gardé de demander à quelqu'un d'y voir de la rationalité. Il savait que rien de tout cela ne l'était, merci bien.
Son regard s'adoucit légèrement.
- Est-ce que vous préféreriez que je la fasse remonter dans mes appartements ? Vous serez peut-être plus tranquille ainsi.
Il accompagna la proposition d'un léger mouvement de tête en direction de l'escalier en colimaçon, puis laissa finalement le silence reprendre doucement sa place dans le bureau. Puis, avec cette délicatesse presque distraite qui le caractérisait lorsqu'il abordait un sujet sensible, il reprit d'une voix calme :
- Je me demandais simplement... est-ce que c'est les serpents en particulier qui vous font cet effet là, ou bien les reptiles de manière générale ?
Ce n'était pas une question lancée pour satisfaire une curiosité personnelle. Cela s'entendait dans son ton, que Hyacinthe voulait simplement comprendre et non confronter Rosalind à sa peur. Pourtant, il refusait de pousser plus loin que ce que Rosalind accepterait de lui donner. Était-elle liée à un événement particulier de sa vie ? À la réputation encline au conflit que les serpents pouvaient avoir ?
Les goûts n'avaient pas besoin d'être partagés pour être compris, et si Rosalind continuait à détester les serpents après cela, Hyacinthe n'y ferait verrait aucun problème. En revanche, il ne pouvait s'empêcher de trouver intéressant que cette peur-là existe chez une enfant de Serpentard. Elle n'était pas la première de la maison à mentionner une peur des serpents, et le roux y vit un point commun des jeunes plus fréquent que ce qu'il attendait. Il y avait là un paradoxe presque attendrissant, qu'il garda cependant soigneusement pour lui.
La fuite précipitée de cette dernière avait bouleversé toute la posture soigneusement contrôlée qu'elle maintenait depuis le début de l'entretien. Rosalind s'était réfugiée à l'autre bout de la pièce avec une spontanéité telle qu'elle semblait avoir complètement oublié l'image qu'elle s'efforçait de construire depuis son arrivée. Plus de répartie mordante, plus de sourire calculé, ni de phrases choisies pour observer les réactions de Hyacinthe. Il n'y avait plus qu'une enfant qui avait eu peur, sincèrement peur, au point d'en perdre le contrôle de son propre corps. Et cette pensée suffit à faire disparaître toute forme d'amusement qui aurait pu naître de la situation. Hyacinthe connaissait trop bien la sensation d'être surpris par une émotion plus forte que soi, puis de réaliser, une seconde plus tard, que quelqu'un en avait été témoin. Ce n'était jamais agréable, c'était parfois honteux, même si extérieurement, le roux savait bien que ce genre de sentiments avait quelque chose d'illogique.
Il conserva donc une voix parfaitement posée lorsqu'il répondit, sans faire un seul geste en direction de Lernie pour éviter d'attirer l'attention sur elle.
- Je vous promets que Lernie est beaucoup moins impressionnante qu'elle n'en a l'air, c'est une gentille petite. Calme. Elle n'a pas l'air avare de compagnie aujourd'hui.
Son regard glissa à nouveau un court instant vers le serpent. Lernie avait déjà reposé sa tête sur ses anneaux, parfaitement désintéressée par ce qui se passait. Elle était comme ça : tantôt collée à lui ou au patient qu'il avait face à lui, tantôt absolument ignorante de ce qui l'entourait. Difficile, insatiable et totalement charmante. Hyacinthe ne put s'empêcher de sourire doucement à la pensée, mais aussi face à la scène qui se déroulait devant lui. Ils étaient trois, dans cette pièce : et celle qui s'était tant montré agressive se retrouvait à être celle qui tremblait le plus.
- Elle ne bougera pas tant que je ne lui demanderai rien, vous n'avez pas à vous en faire.
Il laissa quelques secondes s'écouler, suffisamment pour que ses paroles puissent être entendues au-delà de la peur qui semblait encore parcourir la jeune fille. Hyacinthe n'avait aucune intention de lui expliquer que cette réaction était disproportionnée, bien au contraire. Les phobies n'obéissaient pas à la logique, Hyacinthe était bien placé pour le savoir. Elles existaient avec une obstination parfois ridicule et pourtant parfaitement réelle. Lui-même évitait encore avec une attention maladive les disputes pouvant mener à une altercation physique, il savait à quel point il se retrouvait paralyser par la terreur et les souvenirs lorsque des coups étaient donnés. Il savait à quel point les sursauts étaient forts et fréquents les soirs orageux, malgré tous les efforts qu'il avait fait pour apprendre à se contrôler. Il se souvenait avec une clarté nauséeuse de la sensation que l'odeur de certains alcools donnait à son estomac noueux. Et dans chacune de ces situations, le roux se serait bien gardé de demander à quelqu'un d'y voir de la rationalité. Il savait que rien de tout cela ne l'était, merci bien.
Son regard s'adoucit légèrement.
- Est-ce que vous préféreriez que je la fasse remonter dans mes appartements ? Vous serez peut-être plus tranquille ainsi.
Il accompagna la proposition d'un léger mouvement de tête en direction de l'escalier en colimaçon, puis laissa finalement le silence reprendre doucement sa place dans le bureau. Puis, avec cette délicatesse presque distraite qui le caractérisait lorsqu'il abordait un sujet sensible, il reprit d'une voix calme :
- Je me demandais simplement... est-ce que c'est les serpents en particulier qui vous font cet effet là, ou bien les reptiles de manière générale ?
Ce n'était pas une question lancée pour satisfaire une curiosité personnelle. Cela s'entendait dans son ton, que Hyacinthe voulait simplement comprendre et non confronter Rosalind à sa peur. Pourtant, il refusait de pousser plus loin que ce que Rosalind accepterait de lui donner. Était-elle liée à un événement particulier de sa vie ? À la réputation encline au conflit que les serpents pouvaient avoir ?
Les goûts n'avaient pas besoin d'être partagés pour être compris, et si Rosalind continuait à détester les serpents après cela, Hyacinthe n'y ferait verrait aucun problème. En revanche, il ne pouvait s'empêcher de trouver intéressant que cette peur-là existe chez une enfant de Serpentard. Elle n'était pas la première de la maison à mentionner une peur des serpents, et le roux y vit un point commun des jeunes plus fréquent que ce qu'il attendait. Il y avait là un paradoxe presque attendrissant, qu'il garda cependant soigneusement pour lui.
863 - @Rosalind Whitmore
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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