23 mai 2026, 18:06
Lil'Punky  solo   TW 
« Je parle souvent de ma vie d’avant, mais en surface. Les détails, je les aborde pas. Pas par honte, ou parce que j’ai oublié. T’oublies pas ce genre de choses. Ça te suit à la trace. Moi, je suis un gars optimiste. Je sais que tout ce que j’ai vécu, ça m’a forgé. Sans mon passé, je serai pas le Lloyd River que je suis aujourd’hui.
Si j’en parle pas, c’est parce que c’est dur de repenser à Lil’Punky. Mais ne pas parler de lui, ça ne serait pas juste.
»
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| Ce sujet sera consacré à Lil'Punky, l'histoire d'un garçon qui a partagé la vie bien rock'n'roll de Lloyd. |
| Différents Trigger Warning pourraient être abordés. |
| A commencer par des amitiés malsaines |
| Je ferai de mon mieux pour les identifier, histoire de permettre à tous une lecture agréable. |


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23 mai 2026, 18:13
Lil'Punky  solo   TW 
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« He just wanted someone to say his name,
someone to tell him he wasn’t to blame.
Little heart beating in a world too loud,
little punk trying to make his mom proud.
»

Lil'Punky - Lloyd River

Avant de devenir Lil’Punky, c’était un gamin comme les autres. Un Poufsouffle qui s’appelait Alfie. Des boucles rousses qui s’embrasaient au soleil, des yeux bleus profonds comme l’océan et une peau pâle constellée de taches de rousseur. Ce qui détonnait le plus chez Alfie, c’était l’expressivité des traits de son visage. Quand il souriait -et il souriait beaucoup- t’avais juste l’impression qu’il allait éclater de rire à chaque fois
Tout ce qu’on pouvait lui rapprocher, c’était d’être mal né. Ses deux parents sont moldus, tu vois. Ajoute à ça ses traits féminins loin des standards de beauté masculine de l’époque, sa gentillesse assumée et sa capacité à voir tout ce qui a de meilleur dans les autres -on appellera pas ça naïveté parce que c’était pas le cas, Punky avait juste une vision du monde idyllique - et tu obtiens le combo gagnant pour te transformer en victime idéale. À Poudlard, ça se passait pas super pour lui. A notre époque, il y avait un quatuor de bourgeois qui s’amusaient bien avec Punky. Je rentrerais pas dans les détails, parce qu’à cette même époque, les rêves que j’avais dans la tête me rendaient aveugles à tout ce que je pouvais voir autour de moi. Mais je me souviens que je trouvais pas ça cool. Moi, j’étais Sang-Mêlé, alors on m’emmerdait, mais pas trop. Et j’avais Jude. Jude, elle a toujours été un bouclier, je m’en rends compte.
Mais c’est de Punky qu’on parle.

Punky, il m’aimait bien. Il aimait bien les chansons que je jouais. Il aimait bien celles que je reprenais. Lui aussi, son père aimait le rock, et sa mère aussi. Je crois qu’ils étaient pas spécialement de bons parents, mais ils avaient de bons goûts, alors ça me suffisait pour trouver Punky vraiment cool. Quand je jouais dans le parc, il s’asseyait en tailleur dans l’herbe, il fermait les yeux, il bougeait la tête et il écoutait.
Plus tard, il a continué, dans les rues, dans les bars, dans nos squats. Toujours avec le même sourire.

339 mots

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23 mai 2026, 18:24
Lil'Punky  solo   TW 
« Lil’ Punky, Lil’ Punky,
he’s a decent kid, you know.
Never stole a bag of candy,
just a bottle or two to let it go.
’Cause he wasn’t the boy they wanted,
just the boy the streets would hold.
»

Lil'Punky - Lloyd River
Image

Avant de devenir Lil’Punky, c’était juste Alfie. Quand je l’ai revu après Poudlard, je me souvenais pas de son prénom. Tout ce qui me restait de lui, c’était ces grands yeux bleus et ses boucles rousses.
Alors quand il m’a retrouvé dans ce vieux pub moldu dans lequel je jouais ce soir-là, je l’ai reconnu direct.
Lui non plus, il n’avait rien à faire dans le monde sorcier. C’était un gosse des quartiers moldus, comme moi. C’est pour ça qu’on s’est vite entendu. Après Poudlard, il n’est jamais revenu chez son père. Sa mère, elle a jamais supporté qu’il soit sorcier. C’était bête, parce que lui, Alfie, il l’aimait, sa mère. Il m’a dit que, lorsqu’il a eu sa première manifestation magique, elle a eu un rejet hyper violent. C’est dommage. Moi, je sais qu’Alfie, il aurait tout fait pour soulager la vie de sa mère, déjà pas bien drôle. Le daron, même si il aimait le rock, c’était pas un bon type.

Mais c’est l’histoire de Lil’Punky que je veux raconter. Pas celle de ses parents.

Après ce concert, on avait beaucoup parlé. On s’était payé une bière chacun avec le fric que je m’étais fait. Pas grand chose, mais assez pour discuter. Quelques mois étaient passés depuis notre sortie de Poudlard. Pas d’école sup’ comme pas mal de nos anciens camarades, pas de toit sur la tête, pas d’avenir. Ça, c’est, un truc qu’on te dit pas, à Poudlard : si t’es un sorcier qui te sent pas sorcier, tu devras composer avec dans un monde qui saura pas quoi foutre de toi.
Mais Alfie, il avait de l’ambition. Il voulait voyager dans toute la planète. Il avait un plan : travailler pour accumuler de l’argent, en donner une partie à sa mère et avec le reste, s’en aller. Il voulait bouger, Alfie. Mais il voulait pas abandonner sa mère qui, elle, l’avait fait. C’est un truc que j’ai toujours aimé chez lui.
Il a jamais été rancunier.

Pendant des heures, on a refait le monde. On se voyait déjà parcourir la Grande-Bretagne pour se faire un max de blé, moi en jouant dans des bars, lui en enchaînant les petits tafs.
On a bien vite compris que la vie, c’était pas aussi simple que ça.

378 mots

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23 mai 2026, 18:39
Lil'Punky  solo   TW 
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« He learned the tricks from the alley rats,
sharing smokes with thugs in crooked flats.
Caught a hex once, stitched his own skin,
laughed it off, said, “Pain’s where life begins.”
»

Lil'Punky - Lloyd River

TW : violence physique et conséquences décrites

Alfie, c’est devenu Lil’Punky un jour d’hiver.
On s’était fait bastonner par des gars qui ont trouvé que notre squat, il était super pour eux. On avait à peine dix-huit piges, eux en avait bien quarante. On a finit à dormir sous des escaliers dans une ruelle de Londres, le nez en sang, le ventre douloureux -et vide- mais on était ensemble. C’était pas grand chose, ce squat, en vrai. Mais on l’aimait bien. On avait une vue sur tout le quartier de Soho. C’était simple de piquer des trucs. Et, surtout, on avait des murs autour de nous.

Cette nuit là, on s’est partagé un reste de repas chinois froid et une bouteille de whisky, abrité sous la seule veste qu’on a réussi à récupérer avant de se faire jeter. Et tu sais quoi ? On arrivait encore à en rire. Parce que c’était ça, avec Alfie. C’était du sourire à chaque instant. Il abandonnait jamais, même avec du sang croûté sous le nez ou avec une dent cassée par une coup de pompe. Après notre repas, on s’est partagé une clope, en continuant à rêver d’un monde dans lequel nous serions les rois. Lui, il mettrait sa daronne à l’abri avant de partir pour voyager. Moi, je deviendrai une rockstar mondialement connu.
La mâchoire tremblante, les doigts bleus, il m’a demandé de lui jouer une chanson. Je lui en ai composé une. Elle ressemblait à rien, j’avais les doigts rigides, les sens embrumés par l’alcool et ma gratte était désaccordée. Lil’Punky, que je l’ai appelé.
This is story’s Lil’Punky. A good boy, but a bad blood.
Voici l’histoire de Lil’Punky. Un bon garçon, mais un mal né.

Cette nuit là, sa tête sur mon épaule, il m’a raconté toute sa vie pour rester éveiller et pas crever de froid. Et moi, j’ai improvisé des couplets autour de son histoire, j’ai gratté des accords dégueulasse.
Cette nuit là, Lil’Punky, c’est devenu mon meilleur ami.

325 mots

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23 mai 2026, 18:46
Lil'Punky  solo   TW 
« Picked up tricks, quick hands, quick eyes,
stealing time more than trinkets, dodging pureblood lies.
Sleeping on crates, learning names of the night,
trading jokes, trading punches, trading magic for fight.
He wasn’t wicked, just worn, half-wild, half-broke,
a good kid choking on the rules he never spoke.
»

Lil'Punky - Lloyd River
Image
TW : violence physique et conséquences décrites

Lil’Punky, il me pardonnait toujours tout.
Quand j’ai commencé à sortir avec Jane, je l’ai pas abandonné. Mais quand je dormais chez ma meuf, lui, il dormait dans nos squats. Et ça lui allait. Tout allait toujours, avec Punky. Il était juste content que moi, j’aille bien. Parce que c’est ça, un vrai pote. Et Punky, s’en était un. C’était le meilleur de tous. Bien meilleur que moi.

Quand j’ai quitté Jane, j’allais pas bien. Punky, il était là. Il l’a toujours été. La première nuit, il m’a pas lâché. On s’est allongé sur le même matelas crasseux, et on a parlé toute la nuit. De ma Jane, de ma déception, de mon cœur qui battait encore pour elle. Et ce cœur, il a finit par posé sa tête sur ma poitrine pour l’écouter. C’était bizarre, je m’en souviens. Punky, il a toujours été tactile. Aujourd’hui, je pense que c’est parce qu’on lui a pas donné toute la tendresse dont il avait besoin. Alors il a finit par en distribuer tout autour de lui pour espérer qu’on lui en donne.
Je lui en ai donné, promis.

Punky, il a jamais été bien dégourdi avec son corps. A dix huit ans, j’étais sec. Lui ? C’était une brindille. Quand fallait se battre pour défendre nos affaires, j’allais direct à la dérouille, parce que j’ai toujours aimé ressentir l’adrénaline. J’ai toujours bien encaissé. Punky, il a jamais eu le corps pour, mais bordel, j’ai jamais vu un mec encaisser aussi bien que lui. Quelque soit la bagarre, il se relevait à chaque fois. Il se battait pas parce qu’il aimait ça : il le faisait parce qu’il voulait pas que je sois le seul à me prendre les coups.
Ça n’aurait tenu qu’à moi, Punky n’aurait jamais foutu un pied dans un sous-sol crasseux pour se battre. Punky, je le préférai dans le travail honnête. Il gagnait moins que moi, ouais, mais au moins, il boitait pas pendant des jours. Parce que nous, on a jamais été de bons sorciers. Nous remettre les os en place, on a jamais été bon à ça. Et puis, on avait fait un pacte : on est pas tout à fait moldu, mais on le sera toujours plus que sorcier. Alors nos baguettes, on les a vite abandonner.
Bref, c’était pas là où je voulais en venir.

Improviser des concerts dans des bars pourris, ça n’aurait jamais pu nous offrir la vie qu’on voulait. Et ce qu’on voulait, c’était le monde entier. C’est pour ça que j’ai commencé le combat. C’est un vieux type qui m’en avait parlé, à la fin d’un concert. Il avait besoin d’un petit nerveux pour chauffer la foule dans son arène clandestine. Je me suis fait éclaté, le premier soir. Et j’ai adoré ça. Punky, il était là pour me soigner tout en me disant que, franchement, il avait jamais vu autant de sang couler d’un nez. Le deuxième soir, j’ai perdu connaissance après m’être fait jeter contre un mur. Punky était encore là. A me dire que le lendemain, on serait deux pour chauffer la salle. Le bookmaker a trouvé ça cool quand on lui en a parlé. Il nous a foutu face à une grosse brute qui nous a déglingué. Je me souviens encore des hurlements frénétiques qui retentissaient dans la cave. Et je revois encore Punky, la tronche boursoufflée, sautiller sur place et provoquer notre adversaire avec sa voix fluette.
Ce soir là, c’est moi qui ai pansé ses plaies. Le soir d’après, et tout ceux qui suivirent, ce fut son tour. J’ai plus jamais voulu le revoir dans les fosses.

603 mots

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23 mai 2026, 21:33
Lil'Punky  solo   TW 
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« If someone had held his shaking hands,
maybe he’d have grown into a better man.
If someone had said “you’re enough, stay strong,”
maybe he wouldn’t have learned to live so wrong.
»

Lil'Punky - Lloyd River
Je suis pas un bon ami, je suis pas non plus un bon frère, et encore moins un bon fils. Mais j’ai toujours été un très bon petit ami.
Quand j’ai commencé à sortir avec Miya, j’ai beaucoup moins vu Punky. J’avais une meuf que j’aimais plus que tout, un toit au-dessus de ma tête et le cœur tout chaud en continue. Punky m’en a jamais voulu. Il était content pour moi. Même quand je lui faisais des faux plans, même quand je le laissais dans la merde financière. Il m'en a jamais voulu. On a jamais roulé sur l’or, lui et moi, mais on se serrait les coudes. Je me battais, il travaillait, on volait et on arrivait à vivre.
Enfin, avant Miya.

Quand elle est parti, j’ai complètement vrillé. Mais j’ai pas envie d’en parler ici. Je coucherai assez de mots sur elle plus tard.
Après avoir failli abandonné, je suis naturellement parti retrouver Punky. Il avait vécu de sales moments. Ça se voyait sur son visage. Il avait été rejoint par une meuf. Pas sa copine. Une meuf paumée, comme lui, qui avait besoin d’un allié dans la rue. Bridget, qu’elle s’appelait. Barbie, que moi je l’appelais. Une grande nana aux cheveux bleus qui se maquillait toujours trop pour cacher ses cernes et les marques sur sa tronche. Punky, il pouvait rien cacher, lui. Ni les cernes, ni les balafres, ni rien, et certainement pas sa joie sincère de me voir de retour. Il m’en a jamais voulu. Il disait toujours que si moi j’étais bien, lui il irait bien. Quand je lui ai dit que Miya s’était barré, c’était avec le cœur encore serré. Il m’a juste pris dans ses bras, m’a embrassé le coin de la mâchoire et m’a dit que lui, il partirait jamais.
C’était vrai.

Barbie, c’était pas une meuf bien. Elle tirait tout le fric que Punky ramenait, elle provoquait des bastons et elle me hurlait dessus dés que moi je gueulais. Elle était forte pour me faire culpabiliser. Elle adorait me rappeler que j’étais le pire des potes, que si elle avait pas été là, Punky aurait été tout seul.
Ah, ça. Elle l’a bien accompagné, Punky.
Je suis pas fort pour prendre de bonnes décisions, mais Barbie ? Elle choisissait que les mauvais chemins, et elle a forcé Punky à la suivre parce que, tu comprends, “entre amis, on doit se serrer les coudes”. Et pour Barbie, ça signifiait voler les rêves de Punky pour vivre sur son dos. Mais elle avait été là pour lui quand moi j’étais pas là, alors qu’est-ce que je pouvais dire ?

Punky, il s’en plaignait pas. J’étais revenu. Il avait deux corps pour lui tenir chaud la nuit, et son meilleur ami pour chanter sa vie pourrie lorsqu’il n’arrivait pas à dormir.

469 mots

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23 mai 2026, 22:23
Lil'Punky  solo   TW 
« But he kept his smile stitched with hope,
held on to dreams that couldn’t cope.
Little heart bruised but never sunk,
he was gentle — even when the world called him punk.
»

Lil'Punky - Lloyd River
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TW : addictions et conséquences

J’ai jamais regretté mes années avec Punky. Même quand tout s’effondrait autour de nous, on restait debout.
Mais au fil des années, un fossé s’est creusé entre nous. Le soucis, c’est qu’on a tout les deux plongés dedans pour pas être séparés.

J’ai merdé trop de fois, et Punky m’a jamais abandonné. Quand il a commencé à sérieusement se faire rattraper par ses addictions toujours plus nombreuses, moi j’étais pas capable de l’aider. Parce que je suis comme lui : j’aime oublier qu’on est pas devenu les rois qu’on devait devenir. Lui n’aura jamais eu ses voyages, et moi, jamais ma vie de rockstar. On avait beau faire comme si ça nous allait, c’était pas le cas. Et pour oublier qu’on avait raté notre vie, on a jamais trouvé mieux que… nos conneries.

Barbie, elle était forte pour nous aider à oublier. Je sais pas ce qu’elle voulait oublier, elle. Je lui ai jamais demandé. Elle a jamais compté pour moi. Punky, il l’aimait bien. J’ai jamais su pourquoi. Peut-être parce qu’elle était là quand moi je vivais avec Miya.
Tout les trois, on a passé des journées sur des tas de vêtements moisis dans des bâtisses à peine en état, à rire nerveusement, picoler, à trembler, à recommencer, encore et encore et encore. C’était devenu une danse entre trois cadavres à peine conscient de leur état. Mais ça nous allait. Parce qu’on était ensemble, quoi qu’il arrive.

Une nuit, après que Barbie se soit effondrée dans son vomi, je me souviens de Punky venant s’asseoir entre mes pattes alors que j’étais installé contre le mur froid de la carcasse qu’on appelait chez nous. Il a attrapé mon bras pour le serrer entre les siens. Cette nuit là, il a rien dit. Il s’est juste endormi comme ça, contre moi, en me tenant comme une peluche. Après des insomnies pas possible qui duraient des jours, il s’est endormi en même pas trois minutes.
Contre moi, Punky il allait toujours mieux.

J'aurai aimé que ça continue.

335 mots

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25 mai 2026, 09:34
Lil'Punky  solo   TW 
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« Kids whispered “Mudblood” like a curse in the dark,
he learned to smile with a bruise and a spark.
Teachers said he dreamed too loud, lived too fast,
Council said a kid like him would never last.
»

Lil'Punky - Lloyd River
TW : violence extrême

Jude, ma grande sœur, elle avait un bel avenir devant elle. Tout le monde le dit dans ma famille. Si j’avais pas existé, je sais qu’aujourd’hui elle serait une grande scientifique reconnue.
Mais Jude, elle a toujours été une trop bonne grande sœur. Et sa carrière a toujours passé après moi… comme tout le reste.

Elle a toujours été là pour moi. Comme Lil’Punky. Sauf que Jude, c’est pas une sainte. Pas comme Punky. Quand j’avais des soucis avec les bookmaker, quand j’accumulais trop de dette, elle me ramenait salement sur le droit chemin. Je peux pas compter le nombre de fois où elle s’est interposé entre nos galères et nous.
Ouais, nos galères.
Celle de Punky, de Barbie, et les miennes.
Elle est dure, Jude, mais elle est juste. Avant, j’avais du mal à le voir, parce qu’elle était mauvaise avec Punky. Elle me disait qu’il était un boulet à ma cheville, que j’arriverais jamais à me sortir de la rue tant qu’il serait dans mon secteur. J’aimais pas quand elle disait ça. On s’est engueulé beaucoup trop de fois à ce sujet. Je supportais pas qu’elle dise du mal de Punky. Barbie, j’en avais rien à cirer. Mais Punky ? Personne touche à Punky, pas même ma grande soeur.

Barbie, elle était maline. Elle savait que Jude, elle avait assez de force pour faire éclater notre petite famille dysfonctionnelle. Une fois, après une nouvelle grosse dispute avec Jude, Barbie a voulu faire comprendre à Jude que ça ne la regardait pas, que j’étais assez grand pour choisir quoi faire de ma vie… tout le bordel habituel, quoi.
Ce jour là, Barbie a perdu toute une rangée de dents. J’oublierai jamais le son de la bottine de Jude fracasser sans interruption le visage de Barbie.

Punky a pas supporté. La meute, ça a toujours été important pour lui. Il n’y avait que lorsqu’on s’en prenait à nous qu’il montrait les dents.
Et bordel, Punky qui montre les crocs , c’est un délire. C’est comme observer un truc surnaturel, quelque chose de contre nature.
Je me souviens que j’étais coincé entre deux loyautés : celle pour mon meilleur ami, celle pour ma sœur. Jude crachait des mots horribles sur Punky, méprisants, violents, comme toujours. Punky, il encaissait, parce qu’il avait rien à reprocher à Jude, au final. Qui aurait pu lui dire quoi que ce soit, hein ? Tout ce qu’elle voulait, c’était que son frère vive.

Ce jour là, j’ai choisi Lil’Punky. Encore aujourd’hui, je crois que Jude ne m’a pas tout à fait pardonner.
Quand Jude est repartie, j’avais conscience d’avoir fait une grosse connerie. Mais Lil’Punky m’a attrapé par la nuque, a collé son front contre le mien et m’a murmuré au visage : « Moi, je te ferai jamais pleurer. »
Et du bout des lèvres, il a embrassé les larmes agglutinées au bord de mes yeux.


483 mots
Dernière modification par Lloyd River le 25 mai 2026, 16:55, modifié 2 fois.

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25 mai 2026, 16:24
Lil'Punky  solo   TW 
« He loved too much, too fast, too young,
carved hope in scars across his lungs.
Still said “hi” to every stray he met,
’cause kindness was the only magic he kept.
»

Lil'Punky - Lloyd River
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TW : addictions, homophobie

J’ai merdé modèle géant plein de fois.
Mais ne pas voir les sentiments de Punky que j’avais sous le nez pendant presque dix ans, c’était la plus grosse et cruelle de mes conneries.

Comment j’ai fait pour ne rien voir ? Je sais pas. Le déni, peut-être ? Ou alors, c’était plus confortable de faire semblant que c’était juste mon meilleur pote un peu trop tactile, un peu trop loyal, carrément trop protecteur ?

Après le coup de Jude, Barbie s’est rapprochée de Punky. Je crois qu’elle a senti la première ce qui finirait par arriver. Ce qui était déjà une amitié toxique s’est vite transformé en un attachement malsain pour une condition qu’elle ne voulait pas perdre. Elle a cherché à nous séparer, à le retourner contre moi.
Mais pas comme tu crois. Pas avec des mensonges. Avec des vérités.
Il finira par t’abandonner encore”.
On peut pas lui faire confiance”.
Il m’a pas défendu devant sa sœur”.
Dés qu’il retombera amoureux, il repartira.
Moi, je serai toujours là.

Ça, on pouvait pas lui retirer : elle a toujours été là.

Et puis, comme elle l’avait dit à Punky, je suis retombé amoureux. Je suis reparti. Je me suis salement cassé les dents. Et je suis revenu, des mois plus tard.
Barbie m’a confronté une nouvelle fois, en me crachant à la tronche tout ce que j’ai pas fait pour Punky, que j’étais qu’un putain de lâche, qu’ils n’étaient que des bouche-trou, que je faisais pleurer Punky, que je comprenais rien, que j’avais qu’à me barrer et jamais revenir.
Faire pleurer Punky.
C’est le truc le plus violent que j’ai pu faire dans toute ma chienne de vie.

Cette fois encore, Punky m’a pardonné. Il est venu m’enlacer quand je suis revenu, il a embrassé ma mâchoire qu’il atteignait à peine, et m’a réconforté. Encore.
Et là encore, j’avais rien vu. J’avais une petite excuse : j’avais envie de crever. Parce qu’on m’avait abandonné, moi. On m’avait fait comprendre à moi que j’étais qu’une passade, une distraction. Ouais, Saona était la plus cruelle de toutes. Et pourtant, c’était elle que j’avais choisi. Comme avec Jane. Comme avec Miya.
Après Saona, j’ai plus laissé une femme m’atteindre.
J’ai finit par toujours choisir Punky, parce que lui ne me faisait pas pleurer. Lui, il ne me disait pas “t’as merdé, mais “je suis là”. Dans mes insomnies, dans mes crises, dans mes manques, il était là. Toujours là.

Avec lui, c’était simple, on avait pas besoin de réfléchir. On voulait juste s’éclater, vivre au jour le jour. On faisait ça bien. On assumait rien. Ni nos vols, ni les flics, ni nos états pitoyables et certainement pas les conséquences de nos actes.
On a failli en crever plusieurs fois, tu sais.
Vraiment beaucoup de fois, toujours pour des raisons différentes. J’en parlerais pas ici, j’ai oublié la majorité des trucs. Peut-être par instinct de survie. Peut-être par honte.

Il y a une fois que j’ai pas pu oublier, parce que ce fut la dernière.

L’alcool, c’est la pire des drogues. Et c’était celle qui plaisait le plus à Punky. Ça se trouve facilement, c’est pas interdit et ça se vole sans trop de soucis. Il a grandit entouré de bouteille vide, d’éclat de verre et de voix tordues par l’ivresse. Alors quand il buvait, c’était un peu comme si il retournait à la maison. J’ai souvent eu l’habitude de voir l’alcoolisme. Miya, elle l’était. Moi, j’ai réussi à passer entre les mailles parce que j’ai tout un tas d’autres addictions qui m’occupent. Punky aussi, mais l’alcool, c’était sa préférée.

Un soir, il avait encore beaucoup trop bu. Barbie s’était endormie après avoir elle aussi abusé. On s’est encore une fois retrouvé tout les deux, allongé sur un matelas trop petit, à regarder le ciel. Sa tête sur mon épaule, il chantonnait doucement en jouant avec mes doigts au-dessus de son visage. Je crois me souvenir qu’il faisait ça pour s’assurer qu’ils fonctionnaient encore bien après un gros, gros combat bien crade la veille.
Il a finit par rouler sur l’épaule pour me regarder et me sourire de toutes ses dents jaunies par le tabac. « Je t’aime ».
On se le disait souvent, ça m’a jamais choqué. C’était comme un “je t’adore” qui pouvait tout aussi bien dire “déso’ mon pote” selon le contexte.
Celui ci, je l’ai pas vécu pareil. Il avait les yeux brillants, les lèvres tremblantes, le souffle rapide.

Le déni, je me le suis pris en pleine tronche.

Maman, elle a toujours dit “un homme doit aimer une femme, et une femme doit aimer un homme”. Toujours. J’ai jamais vraiment écouté, parce que Jude m’a vite montré que t’as le droit d’aimer qui tu veux. Ça a toujours été un sacré sujet de discussion avec ma mère qui n’a jamais toléré les “déviances” de Jude.
Je sais pas si c’est pour ça que j’ai si violemment repoussé Punky, ce soir là. Parce que j’entendais encore ma mère condamné les hommes qui se tenaient la main dans la rue.. Putain, tu peux pas savoir comme aujourd’hui, je me sens dégueulasse d’avoir fait ça. Cette nuit là, je sais pas ce qui m’a pris. Je crois que je me suis senti trahi, parce que jusqu’à présent c’était mon meilleur ami, et qu’il s’était transformé en quelqu’un d’autre sous mes yeux.
Mais non. Il a toujours été le même.
Et j’ai pas supporté d’être trop con pour le comprendre.

Je lui ai dit des trucs horribles, ce soir là. J’ai hurlé des horreurs à mon meilleur ami qui avait profité de l’alcool pour me dire ce qu’il avait sur le cœur depuis des années.
Et ce soir là, Punky a pleuré en s’excusant.
Alors que, bordel… il avait rien à se faire pardonner.
Rien.
Et malgré ça, moi, j’ai pas accepté ses excuses.

Il m’a supplié d’oublier ce qu’il m’avait dit, que c’était des conneries, qu’il déconnait, tout en se protégeant le visage parce que j’étais vraiment qu’un abruti et qu’il craignait que je le frappe. J’aurai jamais fait ça. Au lieu de ça, je lui ai juste dit d’aller se faire foutre, que c’était qu’un putain de menteur, qu’il s’était bien foutu de moi… j’aurai préféré le frapper que de lui sortir des saloperies pareil.

J’ai finit par me barrer en le laissant à genoux sur le béton, les échos de ses pleurs se fracassant dans tout le bâtiment.
Et encore aujourd’hui, j’ai l’impression de les entendre lorsque je suis seul.

C'est mieux que son fantôme, pas vrai ?

1079

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19 juin 2026, 14:57
Lil'Punky  solo   TW 
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« So he slipped to Knockturn, shadows thicker than sin,
where nobody cared ’bout the blood in his skin.
Picked up tricks, quick hands, quick eyes,
stealing time more than trinkets, dodging pureblood lies.
»

Lil'Punky - Lloyd River
Après cette nuit là, j’ai plus jamais revu Lil’Punky. J’ai plus entendu parlé de lui. J’ai tendu l’oreille dans les rues qu’on fréquentait, va savoir pourquoi. J’avais pas le droit de faire ça, pourtant. Pas après ce que j’ai fait. Je me suis comporté comme la pire des merdes. Et j’ai jamais dit pardon. Ça aurait été la moindre des choses, hein ?
Désolé Punky. Désolé d’avoir été un ami en carton. Désolé de t’avoir fait pleurer. Désolé de t’avoir abandonné. Désolé d’avoir été si con. Désolé d’avoir pas été là quand t’avais besoin de moi. Désolé d’avoir été horrible avec toi. Désolé, Punky, pour tout. Désolé de t’avoir regardé crever à petit feu, toujours avec le sourire. Désolé d’avoir été si naze, tout le temps. Désolé d’avoir fait passé mes meufs avant toi. Toi, t’as toujours été là pour moi. Quand Miya m’a démoli, t’as été là. Quand Saona m’a enterré, t’as été là. Tout le temps. Et moi…
Moi j’ai pas assuré. J’ai jamais assuré. Si j’avais pas été aussi con, j’aurai vu que ce que je prenais pour de la tendresse, c’était de l’amour. Mais je suis con. Tellement con. Cette nuit là, j’ai perdu mon meilleur ami, mon frère, ma vie, en fait. Ouais, ma vie. Parce que ma vie, elle se résumait à Punky. Elle était pas parfaite, mais je l’aimais, cette vie. J’aimais qu’on se réveille ensemble avec le cerveau en vrac, puant de nos excès de la veille. J’aimais quand il me recousait, quand il me disait que j’avais géré mes bastons. J’aimais reconnaître ses boucles rousses dans les fosses hurlantes. J’aimais qu’il me saute sur le dos parce qu’il avait mal aux pieds. J’aimais qu’on courre dans la rue après avoir volé des trucs. J’aimais quand il me regardait dans les yeux, quand il me disait qu’on crèverait comme on a vécu : comme des chiens fous.

Chaque samedi, je joue Lil’Punky pour toi, mon pote. Et tout les samedis soirs, je regarde la fosse à mes pieds en cherchant tes boucles rousses.
Pour te dire à quel point je suis désolé.
Je sais au plus profond de moi que jamais plus je ne verrai tes boucles rousses, mais ça m'empêche pas de les chercher. Comme un chien fou cherchera toujours la dépouille de son copain de ruelle tant qu'on lui aura pas foutu sous le pif.

Santé, mon pote. Dans notre prochaine vie, je serai un meilleur ami à ta hauteur. C'est promis.

FIN


457 mots

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Présence fortement réduite jusqu'à mi juillet