Concours littéraire

Alaska - 20 ans
Du 8 au 9 avril 2051
Concours littéraire de la faculté, édition 2051
*
Thème imposé : Seconde guerre des sorciers.
Style : Polar.
Personnage imposé : Cornelius Fudge.
*
L'année dernière, Alaska n'avait pas participé au concours de la faculté. Elle n'en avait pas particulièrement éprouvé l'envie, et le thème ne l'avait absolument pas inspiré. Du moins pas comme elle l'aurait voulu, puisqu'il avait laissé peu de place à l'imagination. Mais pour cette nouvelle édition, c'était différent, elle sentait qu'elle pouvait en tirer quelque chose.
En découvrant le parchemin des consignes épinglé dans l'atrium, Alaska confirma son ressenti, il y avait bien matière à creuser, à se permettre quelques libertés sans pour autant glisser vers le hors-sujet. Dans le doute, elle avait quand même demandé à son professeur d'Actualité, Monsieur Callaghan, qui avait balayé ses doutes.
La jeune fille avait une idée bien précise derrière la tête : celle de détourner l'exercice narratif habituel du concours pour en faire un véritable article de presse. Le tout en respectant les consignes imposés bien entendu. C'était dans ce style incisif, qu'elle se savait la plus habile, car Alaska n'avait définitivement pas l'âme d'une romancière, les fioritures poétiques et les écrits lyriques semblaient toujours sonner faux sous sa plume. En abordant le polar sous l'angle du journalisme d'investigation, elle pensait sincèrement avoir ses chances face aux étudiants en lettres qui se perdaient déjà dans leurs métaphores.
Pour travailler, elle s'était barricadée dans sa chambre d'étudiante, un espace exigu qu'elle avait transformé en un véritable quartier général. Sur son lit, les parchemins vierges attendaient, blancs comme des linceuls. Seuls les posters de Lloyd River accrochés au-dessus de son lit lui tenaient compagnie, ils semblaient également veiller sur elle et lui souhaiter bien du courage pour ce week-end qui s'annonçait long.
Alaska avait anticipé le coup en passant au Quatre Heures juste avant de s'enfermer pour les deux jours suivants : un sandwich rapidement emballé et une poignée de confiseries, de quoi tromper la faim et la faire tenir toute la nuit.
48h pour pondre un article de cette envergure, le défi allait s'avérer sportif. Même pour un article à la Gazette, on lui accordait d'ordinaire un délai plus confortable, alors Alaska s'était conditionnée à ne pas fermer l'oeil de la nuit, voir du week-end entier ! Comme à son habitude, elle avait rêvé grand, et elle pouvait possiblement manquer de temps dans son projet. Mais elle acceptait tous les défis.
Et juste au-cas-où ses paupières finiraient par trahir sa volonté, elle avait aligner sur son bureau une petite fiole de potion de l'Oeil Vif, dont le liquide semblait la défier du regard.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
Concours littéraire
Un sandwich terminé et la moitié d'un paquet de confiseries entamé plus tard, la plume d'Alaska courait encore sur le parchemin. Elle n'avait pas pris la moindre pause, car elle refusait de souffler un instant, ni même de s'accorder le droit de respirer l'air frais du dehors. Non, elle s'était volontairement confinée dans sa chambre, et elle s'était jurée de ne franchir le seuil de la porte que lorsque son article serait entière bouclé.
Dans sa grotte, elle n'avait pas seulement entassé des provisions alimentaires pour tenir le week-end entier, elle avait planifié son coup comme on prépare un casse. Elle avait accumulé tout le matériel nécessaire au concours : bouquins, encres, parchemins et plumes. Tous dénichés à la boutique Magi'Papers.
Malgré tout cette logistique, l'étudiante n'en était encore qu'au début de ses brouillons. L'accroche percutante lui échappait, glissait entre ses doigts chaque fois qu'elle pensait la saisir. Trouver le titre d'un article était un exercice particulièrement ardu. Comment condenser le contenu et l'histoire en une seule ligne ? Il fallait qu'elle soit brève, incisive, mais en même temps, elle devait aussi insuffler assez de mystère et d'informations pour attiser l'intérêt du lecteur.
Cornelius coupable.
Comment la seconde guerre des sorciers aurait pu être évitée ?
Ces quelques propositions ne lui plaisaient absolument pas. Sa frustration grandissante finit par la trahir, et d'un geste sec, ses mains broyèrent le parchemin fautif. La boule de papier vint rejoindre ses soeurs dans une poubelle qui menaçait déjà de déborder.
A force de tourner en rond dans le huis clos de ses pensées, Alaska changea de stratégie. L'heure n'était plus à l'écriture, elle devait posséder son sujet jusqu'au bout des doigts, se documenter et le maîtriser. Alors elle attira à elle une épaisse biographie de l'ancien Ministre, flanquée derrière d'autres volumes qu'elle avait utilisé plus jeune, durant les cours d'Histoire de la Magie dispensés par Elina Montmort.
Parmi eux : Histoire de la Magie moderne, il était collector, celui-là. Le campus possédait la plus grande bibliothèque universitaire du Royaume-Uni, avec des milliers de références, et elle mesurait à chaque fois qu'elle s'y rendait la chance qu'elle avait. A chaque fois qu'elle avait cherché quelques chose, elle l'avait trouvé !
D'autres bouquins s'entassaient sur son chevet. Elle en avait de la lecture, des heures à se plonger dans les archives d'un Ministère aveuglé par la peur.
Pourquoi cet homme avait-il choisi le déni ? Qu'espérait-il protéger ? Elle commença par les ouvrages qui lui étaient familiers, où sa plume glissait dans les marges pour y jeter quelques annotations.
Mais le temps, ce grand ennemi des 48h avançait sans bruit. Au bout de quelques heures d'une concentration totale, la fatigue commençait déjà à réclamer son dû. Les paupières de l'étudiante devinrent lourdes, et elle sentit son front piquer du nez vers le texte d'histoire.
Elle redressa la tête tout en lutant contre l'engourdissement de sa nuque, puis son regard dévia du coin de l'oeil vers la potion de l'Oeil Vif. Quelques gouttes ne lui feraient pas de mal... Alaska découcha la fiole, elle aspira une infime dose du liquide à l'aide d'une pipette, et laissa les gouttes tomber directement sur sa lange.
Le goût acide et piquant de la potion la fit frissonner instantanément, chassant le sommeil d'un coup de fouet. Elle se replongea ensuite dans ses notes, l'esprit aussi affûté que sa plume.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
Dans sa grotte, elle n'avait pas seulement entassé des provisions alimentaires pour tenir le week-end entier, elle avait planifié son coup comme on prépare un casse. Elle avait accumulé tout le matériel nécessaire au concours : bouquins, encres, parchemins et plumes. Tous dénichés à la boutique Magi'Papers.
Malgré tout cette logistique, l'étudiante n'en était encore qu'au début de ses brouillons. L'accroche percutante lui échappait, glissait entre ses doigts chaque fois qu'elle pensait la saisir. Trouver le titre d'un article était un exercice particulièrement ardu. Comment condenser le contenu et l'histoire en une seule ligne ? Il fallait qu'elle soit brève, incisive, mais en même temps, elle devait aussi insuffler assez de mystère et d'informations pour attiser l'intérêt du lecteur.
Cornelius coupable.
Comment la seconde guerre des sorciers aurait pu être évitée ?
Ces quelques propositions ne lui plaisaient absolument pas. Sa frustration grandissante finit par la trahir, et d'un geste sec, ses mains broyèrent le parchemin fautif. La boule de papier vint rejoindre ses soeurs dans une poubelle qui menaçait déjà de déborder.
A force de tourner en rond dans le huis clos de ses pensées, Alaska changea de stratégie. L'heure n'était plus à l'écriture, elle devait posséder son sujet jusqu'au bout des doigts, se documenter et le maîtriser. Alors elle attira à elle une épaisse biographie de l'ancien Ministre, flanquée derrière d'autres volumes qu'elle avait utilisé plus jeune, durant les cours d'Histoire de la Magie dispensés par Elina Montmort.
Parmi eux : Histoire de la Magie moderne, il était collector, celui-là. Le campus possédait la plus grande bibliothèque universitaire du Royaume-Uni, avec des milliers de références, et elle mesurait à chaque fois qu'elle s'y rendait la chance qu'elle avait. A chaque fois qu'elle avait cherché quelques chose, elle l'avait trouvé !
D'autres bouquins s'entassaient sur son chevet. Elle en avait de la lecture, des heures à se plonger dans les archives d'un Ministère aveuglé par la peur.
Pourquoi cet homme avait-il choisi le déni ? Qu'espérait-il protéger ? Elle commença par les ouvrages qui lui étaient familiers, où sa plume glissait dans les marges pour y jeter quelques annotations.
Mais le temps, ce grand ennemi des 48h avançait sans bruit. Au bout de quelques heures d'une concentration totale, la fatigue commençait déjà à réclamer son dû. Les paupières de l'étudiante devinrent lourdes, et elle sentit son front piquer du nez vers le texte d'histoire.
Elle redressa la tête tout en lutant contre l'engourdissement de sa nuque, puis son regard dévia du coin de l'oeil vers la potion de l'Oeil Vif. Quelques gouttes ne lui feraient pas de mal... Alaska découcha la fiole, elle aspira une infime dose du liquide à l'aide d'une pipette, et laissa les gouttes tomber directement sur sa lange.
Le goût acide et piquant de la potion la fit frissonner instantanément, chassant le sommeil d'un coup de fouet. Elle se replongea ensuite dans ses notes, l'esprit aussi affûté que sa plume.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
Concours littéraire
Les heures s'égrenèrent ainsi, rythmées par le grattement de la plume et le froissement des plages qu'elle tournait avec une impatience croissante. Plus Alaska avançait dans la biographie de l'ancien Ministre, plus un détail revenait : Fudge n'avait jamais menti, pas à proprement parler. Il avait simplement choisi de ne pas voir. De ne pas vouloir voir. Elle s'arrêta alors sur cette nuance, sa plume suspendu au-dessus du parchemin.
Ce n'était pas un coupable qu'elle tenait entre les mains, mais un homme qui avait préféré le silence au tumulte, l'illusion du calme à la vérité dérangeante. Et c'était précisément cela qui ferait un bon article : non pas une accusation frontale, mais une dissection minutieuse de son déni, comme on disséquerait une scène de crime. C'était parfaitement dans le thème !
L'étudiante se redressa d'un coup, comme électrisée par cette trouvaille et faillit renverser l'encrier posé en équilibre précaire sur le bord de son bureau. Son regard se posa un instant sur les posters de Lloyd River, comme pour leur demander confirmation, et après qu'elle ait imaginé un hochement de tête et un clin d'oeil de sa part, elle se remit à écrire avec une frénésie nouvelle tandis que la nuit avançait sans pitié.
Par la fenêtre de sa chambre, l'obscurité s'était épaissie, ponctuée ça et là par la lueur tremblotante de quelques fenêtres encore éclairées dans le bâtiment d'en face, d'autres étudiants qui devaient sans doute livrer le même combat. Alaska ne leur accorda qu'un regard distrait avant de refermer le rideau pour s'isoler dans sa bulle de travail.
Son sandwich n'était plus qu'un souvenir, ses confiseries presque toutes englouties, et la potion de l'Oeil Vif se vidait à mesure que les pages se noircissaient jusqu'au bout de la nuit.
La rédaction avançait bien, et avant de se perdre dans ce flot de parchemins, elle commença à structurer son article. Chaque paragraphe devait apporter sa pierre : les déclarations officielles du Ministères, constatées avec les rapports internes dénichés dans les ouvrages d'Histoire de la Magie, et enfin la conclusion. La plus délicate, celle qui devait laisser le lecteur et en l'occurence le jury, sur une question plutôt que sur une certitude. Elle ne voulait pas juger Fudge. Elle voulait que ce soit le lecteur qui le fasse à sa place, en disposant de tous les éléments.
Vers le milieu de la nuit, la fatigue revint vite à la charge, cette fois plus insistante. Ses yeux la brûlaient et ses phrases commençaient à se répéter, à tourner en rond. Elle reprit alors une dose de potion. Ce regain ne durerait pas éternellement, elle savait qu'elle devrait payer la note plus tard, mais pour l'instant seul l'article comptait. Alors elle continuait d'écrire, sans fermer l'oeil.
C'est ainsi que les premières lueurs de l'aube commencèrent à filtrer à travers le tissu épais du rideau lorsqu'Alaska traça enfin le dernier mot de son brouillon. Elle resta un moment immobile, la plume encore suspendue, comme si elle craignait qu'un geste trop brusque ne brise l'équilibre fragile de ce qu'elle venait d'accomplir.
Puis elle se relut. Une fois, deux fois, raturant ici faute d'orthographe et reformula la phrase suivante. C'était presque terminé. Le résultat n'était pas parfait, car rien ne l'était jamais à ses yeux, mais il sonnait juste. C'était le plus important à ses yeux.
Son article incisif, documenté, et surtout honnête dans sa manière de poser les questions plutôt que d'asséner des réponses. La jeune fille posa enfin sa plume, et le silence qui suivit lui parut presque assourdissant après n'avoir entendu que des heures de grattements ininterrompus. Autour d'elle, la chambre portait les stigmates de la nuit : boules de parchemin entassés, tasses vides, fiole de potion presque tarie. Mais sur son bureau, net et achevé, reposait son article prêt à être mis au propre. Et pour l'occasion, elle avait sortit sa plume à papote pour retranscrire l'intégralité de son brouillon sans se souiller davantage les mains.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac
Ce n'était pas un coupable qu'elle tenait entre les mains, mais un homme qui avait préféré le silence au tumulte, l'illusion du calme à la vérité dérangeante. Et c'était précisément cela qui ferait un bon article : non pas une accusation frontale, mais une dissection minutieuse de son déni, comme on disséquerait une scène de crime. C'était parfaitement dans le thème !
L'étudiante se redressa d'un coup, comme électrisée par cette trouvaille et faillit renverser l'encrier posé en équilibre précaire sur le bord de son bureau. Son regard se posa un instant sur les posters de Lloyd River, comme pour leur demander confirmation, et après qu'elle ait imaginé un hochement de tête et un clin d'oeil de sa part, elle se remit à écrire avec une frénésie nouvelle tandis que la nuit avançait sans pitié.
Par la fenêtre de sa chambre, l'obscurité s'était épaissie, ponctuée ça et là par la lueur tremblotante de quelques fenêtres encore éclairées dans le bâtiment d'en face, d'autres étudiants qui devaient sans doute livrer le même combat. Alaska ne leur accorda qu'un regard distrait avant de refermer le rideau pour s'isoler dans sa bulle de travail.
Son sandwich n'était plus qu'un souvenir, ses confiseries presque toutes englouties, et la potion de l'Oeil Vif se vidait à mesure que les pages se noircissaient jusqu'au bout de la nuit.
La rédaction avançait bien, et avant de se perdre dans ce flot de parchemins, elle commença à structurer son article. Chaque paragraphe devait apporter sa pierre : les déclarations officielles du Ministères, constatées avec les rapports internes dénichés dans les ouvrages d'Histoire de la Magie, et enfin la conclusion. La plus délicate, celle qui devait laisser le lecteur et en l'occurence le jury, sur une question plutôt que sur une certitude. Elle ne voulait pas juger Fudge. Elle voulait que ce soit le lecteur qui le fasse à sa place, en disposant de tous les éléments.
Vers le milieu de la nuit, la fatigue revint vite à la charge, cette fois plus insistante. Ses yeux la brûlaient et ses phrases commençaient à se répéter, à tourner en rond. Elle reprit alors une dose de potion. Ce regain ne durerait pas éternellement, elle savait qu'elle devrait payer la note plus tard, mais pour l'instant seul l'article comptait. Alors elle continuait d'écrire, sans fermer l'oeil.
C'est ainsi que les premières lueurs de l'aube commencèrent à filtrer à travers le tissu épais du rideau lorsqu'Alaska traça enfin le dernier mot de son brouillon. Elle resta un moment immobile, la plume encore suspendue, comme si elle craignait qu'un geste trop brusque ne brise l'équilibre fragile de ce qu'elle venait d'accomplir.
Puis elle se relut. Une fois, deux fois, raturant ici faute d'orthographe et reformula la phrase suivante. C'était presque terminé. Le résultat n'était pas parfait, car rien ne l'était jamais à ses yeux, mais il sonnait juste. C'était le plus important à ses yeux.
Son article incisif, documenté, et surtout honnête dans sa manière de poser les questions plutôt que d'asséner des réponses. La jeune fille posa enfin sa plume, et le silence qui suivit lui parut presque assourdissant après n'avoir entendu que des heures de grattements ininterrompus. Autour d'elle, la chambre portait les stigmates de la nuit : boules de parchemin entassés, tasses vides, fiole de potion presque tarie. Mais sur son bureau, net et achevé, reposait son article prêt à être mis au propre. Et pour l'occasion, elle avait sortit sa plume à papote pour retranscrire l'intégralité de son brouillon sans se souiller davantage les mains.
Strangulot du lac noir. En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j'atteins !
20 ans - Présidente du club de débat au campus Magifac