Lèvres mordues, esprit tordu
tw : état d'ébriété, langage vulgaire et comportement toxique |
xx novembre 2041___ ![]() (Miya, 28 ans)______ feat. @Lloyd River-___ |
Je sais pas ce que je fous ici. Une douleur insoutenable, perçante me vrille le cerveau, comme si mon crâne allait soudain s'ouvrir en deux pour laisser sortir une bête immonde. Tout mon corps souffre le martyr, mes muscles brulent et se déchirent, un puits sans fin se creuser en moi. J'sais pas où j'suis, j'sais pas où j'vais, j'sais même plus qui j'suis. Vêtue d'un jogging noir bien trop ample pour mon corps amaigri, d'un top et d'un bête pull tout deux de la même couleur, bottines aux pieds, clopes en bouche et bouteille à la main, j'ai jamais été si pathétique. Le monde se moque de moi, il tangue, s'amuse à me faire perdre l'équilibre. Qu'est-ce que je fous ici ? Y'a un truc qui va pas, j'ai la gorge en feu, la tête en vrac et le coeur en mille morceaux. 'tain qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai la mémoire floue, les iris dilatées et un truc tout piétiné et abîmé au fond de la poitrine. Mécaniquement, je porte la bouteille à ma bouche. Elle est vide. Frustrée, je balaie la rue du regard et la jette dans un bac. Puis je monte ma cigarette vers mes lèvres, pressée de m'enfumer, de m'empoisonner et de recracher ce venin vaporeux qui me maintient en vie. Elle est éteinte. 'tain la vie m'en veut. Et j'en veux à la vie, oh ouais, j'en veux salement à cette merdeuse. Elle sert à rien, c'est un parasite qui pompe mon essence.
« T'entends ça ! je croasse dans le vide, la voix déchirée. Je t'emmerde, je t'emmerde fort ! Tu peux aller en enfer ! j'halète. Moi l'enfer, j'y suis déjà ! Regarde-moi, regarde-moi putain.. ! »
Ma voix se brise sur ces derniers mots, mon cri de détresse s'éteint lentement et l'écho rebondit sur les murs sales et froids de Londres. Je titube maladroitement, trébuche un peu puis me relève aussitôt, des larmes de rage dans les yeux. Regarde, regarde ce que la vie a fait de moi. Une pauvre fille en morceaux, voilà tout ce qu'il reste de moi. Une chose esseulée, imbibée à l'alcool, pourrie de l'intérieur à la nicotine, une identité, une âme perdue dans la masse.
Le maquillage a coulé, le masque est tombé. Mes cheveux sont emmêlés, le mascara se mélange au khôl, je pleure toute la noirceur du monde, je pleure toute ma noirceur en priant Satan de m'épargner ce que j'ai contribué à forger depuis des années avec mes mots et mes erreurs, mon comportement, toutes mes crasses. Je suis une mauvaise personne, je suis ce qu'il y'a de pire sur terre, ce qu'il y'a de pire en l'Humain. C'est pour ça que Kieran passe son temps à se barrer, c'est pour ça que Al reste jamais bien longtemps, c'est pour ça que j'ai pas réussi à garder ma Célestine ou toutes les autres, c'est pour ça que Kenji vient moins souvent à la maison. Et c'est pour ça que j'ai perdu Lloyd, c'est ma faute si je suis toute seule dans cette ruelle glauque, mal sapée, frigorifiée, sans alcool et sans clopes. Sans alcool ni clopes merde. Tout ça c'est ma faute, hein que c'est ta faute ? « Dis-moi que c'est ta faute, je reprend d'une voix rauque. C'est pas moi, c'est toi ! » Que de mensonges, encore et toujours des foutaises, un crachat qui salit.
Je suis amoureuse, Lloyd qu'est-ce que tu fous ? Qu'est-ce qu'on fabrique merde, pourquoi est-ce qu'on s'engueule comme ça alors que toi et moi on s'aime si fort ? Je veux garder tes mains sur mon corps, ta voix au creux de mon oreille, ton souffle dans mon cou, ... Je veux garder tes baisers, tous sans exceptions. Les baisers dans la nuque, ceux qui laissent une trace et me font rire en gigotant, les baisers sur la mâchoire, ceux qui caressent mes traits et font une ode aux bleus sur ma peau, les baisers au bout du nez, ceux qui viennent avec les dents, les baisers sur les pommettes, ceux qui donnent envie de plonger sa tête contre ton torse, les baisers sur le front, ceux qui frustrent et laisse sur la faim, les baisers sur les paupières, ceux qui guérissent au milieu de la nuit, les baisers au coin de la bouche, ceux qui me rendent très peu patiente, les baisers en plein sur les lèvres, ceux qui découvrent le monde de la tendresse et de la précipitation, de la douceur et du dégoût de l'attente, de l'amour mur et de la faim. Je veux garder tous tes baisers, me réveiller le matin à tes côtés, enlacer ton corps la nuit, m'appuyer sur toi le jour. Ne t'éloigne pas de moi, reste contre moi et ne me lâche pas. Ignore la peur, ignore nos cris de détresse, ignore les saletés qu'on se crie, ignore les larmes salées qu'on verse sur nos plaies. Je te veux toi, Lloyd, toi et pas un autre, alors pourquoi reste-tu inaccessible ?
Mon corps balance sur les côtés, mon âme déchirée erre. Elle s'est détachée de toi, mon âme, elle est perdue sans la tienne à ses côtés.
Je reconnais l'endroit. Mes yeux s'écarquillent, mes muscles se figent, tout mon être se tient en alerte. Qu'est-ce que je fous ici ? Comment je suis arrivée ici ? J'ai beau fouiller ma mémoire je me souviens pas comment j'ai ou débarquer dans le quartier des River. River, River, foutus River. Et toi, toi aux mains si solides, toi au dos indestructible, au coeur coulé dans le béton, dis-moi ce qui te fait si mal. Lloyd River, ton nom roule dans ma bouche, je m'avance péniblement jusqu'à la porte et tambourine en le répétant, toujours et encore. « Lloyd.. Lloyd, c'est Miya, je murmure. Ouvre moi s'il te plait, je veux juste... » ..te regarder. Vraiment ? Une larme roule.
J'aime pas pleurer, c'est douloureux pour le coeur comme pour l'âme, puis ça me fou la gerbe et ça donne des nausées qui me terrifient. Nan moi j'aime pas pleurer parce qu'après tout le monde sait que j'ai l'alcool dans les veines et la nicotine dans le cerveau.
Effondrée sur le perron de chez lui, de chez toi, j'attends de trouver le courage de me lever, je me dis que peut-être il n'y aura rien de bien terrible à dire, que peut-être tu me prendras dans tes bras, que tu m'embrasseras et on oubliera notre disputes, les choses pour lesquelles ont se crache dessus, toutes les immondices qu'on se dit puis les excuses mal imaginées qu'on formule à travers nos dents serrées et nos lèvres pressées les unes contre les autres. Je voudrais que tu me serres contre toi, que tu répares ce vide abyssal au milieu de mon corps, cette douleur qui persiste et palpite à la manière d'un coeur laissé sans vie. Serre-moi contre toi et oublie ce que j'ai dit, s'il te plait, j'ai mal. J'ai très mal à l'intérieur, ça me bouffe, ça me laisse morte sur la chaussée. Alors laisse le reste de côté, je t'en supplie, j'ai besoin de toi, j'ai besoin de me sentir en vie, j'ai besoin de sentir mon corps bruler, mon âme s'électriser. Ouvre moi, je t'en prie.
« Lloyd ? C'est Miya, ouvre, ouvre s'il te plait, s'il te plait, ouvre, je supplie, cherchant tant bien que mal à me redresser. S'il te plait. Tu peux.. tu peux pas me laisser seule, je t'en supplie me laisse pas seule.. » Je m'étrangle dans un sanglot, les perles salées ont un goût de whisky.
Je n'veux plus être toute seule, le monde de dehors me fait trop peur.
#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Lèvres mordues, esprit tordu
![]() Jude, 27 ans |
![]() Lloyd, 23 ans |
Effondré dans un des fauteuils du salon, je laisse mes doigts traîner sur mes cordes. Une jambe dans le vide suit un rythme que j’imagine accompagner ma gratte. J’aime pas. Trop mou. Trop calme. C’est pas étonnant, hein. Je suis défoncé. Ce soir, Jude ne m’a fait aucun reproche. Elle sait que ça va pas. Encore une fois, elle est là pour le voir. Elle est là pour tenter de me garder debout, alors que tout ce que je veux, c’est m’étaler au sol, regarder le plafond et laisser les heures passer.
J’arrive plus à rien sans Miya. C’est dingue, hein ? Je devrai être habitué. Je sais que je devrai être habitué. Mais c’est pas le cas. J’ai envie qu’elle soit là, tout le temps. J’en ai besoin. C’est dans chaque fibre de mon corps. Je comprends pas pourquoi ça peut pas être simple, entre elle et moi. Au début, tout était parfait. Vraiment parfait. Je pouvais la serrer dans mes bras sans souffrir. Je pouvais la laisser me rire au nez sans avoir peur que ce soit la dernière fois que je la verrai faire. Je pouvais la regarder dormir, laisser courir mes doigts sur son dos, sans me demander ce que ça ferait de ne plus avoir cette vue pour toujours. Maintenant, je suis plus sûr de rien. Ses cris devraient être des adieux, mais ils demeurent des peut-être. Ne pas savoir, c’est ce qui me détruit à petit feu. A chaque fois que j’entends des pas dans le couloir, j’espère que c’est elle.
J’espère, et j’ai peur aussi.
J’ai peur qu’elle vienne me dire qu’elle m’aime, qu’elle est désolée. J’ai peur de la voir s’effondrer. J’ai peur de m’effondrer avec elle pour la serrer contre moi et lui dire que, non, c’est moi qui suis désolé, que le soucis c’est moi, que je vais faire des efforts, que je vais devenir le mec dont elle a besoin. Tout ce que je veux, c’est qu’elle soit heureuse, ma Miya.
Et ça me fait mal de réaliser que je suffis pas à son bonheur. Pire : que c’est moi qui la fait pleurer.
Jude débarque dans le salon, clope aux lèvres, une bière dans chaque main. Elle m’en tend une en se penchant sur moi.
Oh, Jude. J’en peux plus de lui imposer ça. J’en peux plus de débarquer chez elle en pleurs. J’en peux plus de voir ses lèvres se pincer pour retenir des larmes ou des menaces, je sais jamais. Mais à chaque fois, elle s’écarte de la porte pour me laisser passer. Et on parle, putain. On parle pendant des heures. On chiale, aussi. Comme des gosses. On recommence encore et encore, et encore, et encore.
Je me redresse sur le fauteuil. J’abandonne ma gratte à côté pour récupérer la bière qu’elle me tend. Un petit levé de la bouteille pour trinquer à je sais pas quoi, et je bois aussitôt. Une gorgée, longue, qui me donne l’impression que je vais tout recracher. Mais j’en ai besoin, bordel. C’est qu’une bière, ça m’aidera pas, mais Jude me laisse plus les alcools plus fort. Elle en a marre de changer mes draps plein de mes régurgitations. Elle en a marre, Jude. Mais elle dit rien. Elle dit rien. Elle agit. Elle me biberonne à la bière, elle me roule des clopes, elle me change les idées pour que j’oublie avoir besoin de ma daube, elle essaye de me faire rire, elle essaye, elle essaye toujours. Elle m’abandonne pas, ma Judy. Elle, elle partira jamais.
Parfois, je me dis que si je crevais, ça irait mieux pour tout le monde. Jude n’aurait plus à supporter un putain de gosse qui sait pas gérer son coeur. Miya n’aurait plus à revenir et pourrait passer à autre chose. Punky n’aurait plus à attendre après moi pour continuer à vivre notre vie de chiens. Maman m’en voudrait et s’en remettra jamais. Papa se demanderait si il aurait pu faire plus pour moi et ne pas savoir le hantera. Mais au final, ils auront plus à supporter ce que je suis. J’ai l’impression d’être coincé dans ma propre tête, de voir mon corps faire des conneries sans que je le retienne. C’est une pensée de putain de faible. La vérité, c’est que je sais pas être autre chose que moi. Je te jure que j’essaye. J’essaye, sincèrement. Mais je prends trop de place, même dans ma tête.
« C’est joli ce que tu grattais », me dit Jude en venant s’asseoir sur le rebord du fauteuil. Elle tire une latte sur sa clope avant de me la donner. « Ça me fait penser à… c’est quoi déjà, le nom … »
Je la laisse réfléchir, les yeux sur le bout de la clope qui rougit quand je tire dessus.
« La meuf moldue, là… celle que Papa aimait bien. Je sais plus son nom.
— Je sais pas d’où ça vient. »
Juste ça. J’ai même pas envie de réfléchir à d’où ça vient, j’en ai rien à foutre. Jude comprend. Elle me sourit. Sa main aux ongles comme des griffes noires viennent se perdre dans mes cheveux. Elle me les secoue un peu, à droite, à gauche. « Ça pousse. Tu voudras que je les coupe ? On pourrait te faire un undercut. On rase à blanc, ça te laissera la place pour te refaire tatouer. Tu voulais pas te faire un tatouage qui va jusqu’à derrière l’oreille ? »
Quand elle dit ça, mes doigts abandonnent ma clope à mes lèvres et montent jusqu’à celui que j’ai déjà, là, juste sur le cou. Le baiser de Miya, immortalisés dans ma chair.
La main de Jude bondit jusqu’à la mienne pour me la récupérer gentiment, mais avec fermeté. Je lève les yeux vers elle. Elle sourit. « On est sorcier. On peut l’enlever. »
Je serre les dents. Je baisse les yeux. Ouais. On peut faire ça. On devrait faire ça.
Putain, comme si ça me ferait oublier le goût de ses lèvres, leur toucher, l’embrasement de mon cœur quand je les sens sur moi.
Des coups à la porte me font lever la tête. A côté de moi, Jude s’est figée.
Je l’entends. Je l’entends. Putain, je l’entends. Elle est revenue. Encore. Mon cœur se gonfle dans ma poitrine. Il se met à battre plus vite. Il me fait mal, bordel. Sa voix. Elle est dégueulasse. Elle a mal, elle aussi. Miya à mal. Miya supplie. Miya pleure. Ma gorge se noue.
Pourquoi ça, elle me le dit pas quand tout va bien ? Pourquoi est-ce qu’elle fait ça ? Putain, j’ai envie de chialer. Je veux pas qu’elle souffre. Je veux pas. Je veux pas. Elle est là, elle souffre, et c’est moi qu’elle veut. Moi, moi, moi et rien que moi. Moi qu’elle déglingue à chaque fois qu’elle part. Moi à chaque fois qu’elle revient. Ça me vrille le bide. J’ai envie de vomir. Je ferme les yeux pour pas chialer. Mais mon corps, il se lève déjà pour aller ouvrir.
La main de Jude retombe brutalement sur mon épaule et me force à rester assis. Je lève les yeux sur elle, inondés de larmes. Elle ne me regarde plus, ses yeux plantés sur la porte d’entrée. Elle a son index levé vers le Ciel, elle m’interdit de me lever. Et moi, putain de chien dressé, je reste assis, parce que c’est Jude, parce que je suis un fardeau, parce que je veux pas devenir un truc contre lequel elle doit se battre.
Ses pieds nus sur le parquet qui grince, Jude avance d’un pas lourd vers la porte. Un coup de clef, elle l’ouvre brusquement.
Ma Miya. Elle est là. Je la vois. J’aurai pas dû la regarder. Sa vue me poignarde. Sa voix piteuse me tranche en deux. Ma Miya souffre. A cause de moi. Parce que je serai jamais assez bien pour elle, mais elle s’accroche pourtant. Elle me donne une chance.
« Putain, Miya. » La voix de Jude claque. Je vois son profil baissé sur elle. Je vois la veine à sa tempe qui pulse. Ses ongles serrent sa bouteille comme si elle voulait la faire éclater. « Tu vas faire ça combien de fois ? Hein ? Putain, mais regarde toi. T’as vu dans quel état tu te mets ? »
Jude et Miya, c’était quelque chose. Elles étaient incroyables, toutes les deux. J’ai jamais vu ma sœur aussi proche d’une amie. Ça me rendait heureux.
Et ça s’est dégradé.
A cause de moi.
Ma Miya. Je suis tellement désolé. Est-ce que tu vois à quel point je le suis, assis là sur mon fauteuil, tremblant comme un putain de roi sans royaume ? Comme un putain de roi qui pleure sur sa reine qu’il a lui même égorgé.
Je suis désolé, Miya. Je te jure que je le suis. J’aimerai être meilleur pour toi. J’aimerai que tu n’aies pas besoin de te mettre dans ces états à cause de moi. Je te jure que j’essaye.
Mais je prends trop de place, même pour moi.
1513 motsPNJ actif : Jude River
Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Présence fortement réduite jusqu'à mi juillet
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Présence fortement réduite jusqu'à mi juillet
Lèvres mordues, esprit tordu
Me laisse pas seule. T'as pas le droit de me laisser seule, pas l'droit de me laisser tomber comme ça. Mon coeur tremble dans ma poitrine, putain ça me fait un mal de chien. Me laisse pas toute seule, je fais quoi moi sans toi ? Un cri déchirant enfle dans ma gorge, mes yeux me brûlent fort et ma peau est trop grande pour moi. Un sanglot abas son glaive sur moi, ma nuque tressaille, je la retiens du mieux que je peux. Plus d'alcool et plus de clopes, huh ? Plus de Lloyd non plus, y'a plus rien pour toi Miya. Plus de Lloyd, plus de baisers, plus d'étreintes, plus de fous rires, plus de concerts, plus d'amour. Et y'a plus de Jude non plus, plus de Chris. Hya aussi s'est barré. Toi aussi tu vas te barrer ? Nan, me laisse pas s'il te plait. Je m'étouffe dans mes sanglots, le glaive tombe une nouvelle fois sur ma chair fragile et abîmée. Qu'est-ce que je vais faire sans lui ? Est-ce que je peux vivre toute seule ? Sans Kieran et sans Alden, je sais pas où ils sont. Je sais pas, tu vois moi j'ai personne. Plus personne, tout le monde s'est barré loin de moi sans prévenir, sans un seul regard en arrière. Mais pas toi, hein, toi tu peux pas me faire ça. S'il te plait. Une énième larme sur mon visage, je comprends pas ce qui se passe. Et vlan, la lame achève de me séparer de moi, il ne reste plus de Miya. Ma tête est esseulée, mon corps commence à s'effondrer, il ne reste plus rien de moi. Il ne reste que sa Miya, sa Miya et aucune autre. Mais, dis-moi ce que je fais quoi sans toi, qui puis-je espérer devenir sans toi ? J'ai mal, j'ai mal, putain j'emmerde la vie et ses épreuves, j'emmerde cette morveuse, cette chieuse qui me bouffe de l'intérieur, qui m'a pris ce que j'avais de plus précieux, qui ne fait que creuser ma tombe depuis le jour où j'ai posé le regard sur le visage de ce qu'est l'être humain, depuis l'instant exact où j'ai ouvert les yeux, où j'aurais dû comprendre que la créature qui me tenait n'était rien d'autre qu'un monstre déguisé, une horreur descendue des enfers pour venir me susurrer quelques douceurs à l'oreille.
J'entends un bruit. Lentement, je me redresse, je m'agrippe à la rambarde, j'essaye de rester droite sur mes jambes, de garder une certaine allure. Parce que c'est toi, parce que toi t'es là. Tu viens m'ouvrir, hein que c'est toi qui tu viens m'ouvrir c'est toi qui viens me rappeler que ma vie a un sens, que t'es pas parti. Mais quelle conne, c'est moi qui suis partie. Ben ouais Miya, il faut bien que tu regardes tes conneries en face et que t'arrête de te faire des histoires comme ça.
Mais je me tiens maladroitement debout, ivre, défoncée, le coeur piétiné laissé sur la chaussée et l'empreinte de ton corps contre moi, juste là où il était la dernière fois. Dis-moi c'est toi qui vient m'ouvrir n'est-ce pas, c'est toi qui vient me tirer des abysses dans lesquelles je me noie. Je me noie, ouais y'a pas de meilleure formulation pour ça. Je me noie dans l'alcool, le tabac, les trucs que je consomme et que je devrais pas, mais surtout je me noie sans toi, dans le grand vide de ma vie depuis qu't'es plus là. Parce que c'est comme ça maintenant, hein ? J'dois m'habituer à faire toute seule, j'dois m'habituer à rester toute seule. Mais moi j'ai pas envie, hein, j'ai même zéro envie de vivre sans toi. Et je pleure de nouveau, je pleure encore, je pleure toujours plus, je chiale toutes les saloperies que je t'ai dites. Attends, pars pas, reste avec moi. Je titube, je vacille du poids de la vie juste avec moi. Rhaa putain j'ai mal, j'ai tellement mal que je pourrais crever. "Je pourrais crever pour toi, Miya", tu te rappelles quand tu disais ça, quand tu chantais ça ? La poignée s'abaisse, j'attends comme une démunie, une fille ratée, une fille blessée. J't'attends toi.
Jude. C'est pas toi, c'est pas toi putain. Cette pensée tourne en cercle dans mon esprit, dans ma tête qui s'est rattachée à mon corps. Tout d'un coup j'ai conscience de moi, j'ai conscience de qui je suis, de qui je devrais pas être. Parce c'est pas toi finalement, parce que t'es pas là.
« ..Jude. »
Je chancelle, me raccroche à son regard, à ses iris qui ressemblent aux tiennes. Sa voix est sèche et ses mots aussi. C'est pas toi, dis-moi où es-tu ? De nouvelles larmes roulent sur mes joues et mes yeux continuent de s'humidifier, l'arme de strier ma peau, le fil céder sous les ciseaux de la première, arme favorite de l'Inflexible, celle qui choisit la forme de la mort et termine l'existence terrestre de nous, mortels, en coupant le fil de notre vie. Ce soir, Atropos se passe du jugement de ses sœurs, ce soir elle a décidé de m'emporter et personne ne pourra rien y faire. Même pas toi, Jude, toi qui m'as aimée si fort et si sincèrement, toi qui as été la meilleure amie et la partenaire en crimes que je ne savais pas que j'attendais, celle dont j'avais besoin pour comprendre le sens de ma vie de femme. Non, même toi tu pourras pas me sauver de l'Arme.
« Jude je.... je sais pas faire toute seule, je murmure, la voix rauque, cassée. J'sais pas être toute seule, je sais pas faire, je sais pas... j'arrive pas. J'veux plus être toute seule, s'il te plait.. »
Ma voix s'éteint, mes larmes coulent, je glisse lentement vers le sol. Plus de Lloyd, plus non plus de clopes, plus d'alcool, plus de dignité, plus de larmes à verser. Regarde Jude, regarde j'ai plus rien à perdre, tout à gagner, si seulement j'étais sûre de pouvoir tout garder, mais je perds tout et tout le monde, regarde je ne suis plus qu'une loque, je suis même plus moi. 'Moi' c'est quoi, je sais même plus qui je suis, qui je suis supposée être et qui je devais jamais devenir. Alors s'il te plait Jude, me laisse pas. Lloyd est pas là, hein ? Tu veux pas que je le vois de toute manière, tu veux pas tu veux pas tu peux pas. Putain pourquoi tu veux pas ! Pourquoi tu refuses de me laisser entrer encore une fois, pourquoi tu me regardes comme ça, pourquoi tu me fais tout ça ?
« On s'en fou de moi.. »
De mon état, de mes conneries, des bleus sur moi, des coups sur mon visage, de la douleur que tu lis dans mes yeux et de celle écrite partout sur mon corps. On s'en fou de tout ça, parce que toi et moi on n'a qu'une priorité, on n'a qu'un but, qu'une seule personne. Et j'en ai marre de supplier pour lui ç des gens qui comprennent pas, à des gens qui s'en foutent. Alors arrête de me regarder, j'veux juste entrer et le voir, le regarder un peu, juste le prendre entre mes bras. S'il-te-plait, Jude, je veux pas de ta pitié ni de ton dégoût, je préfère ta colère et tes coups.
Alors vas-y, frappe moi, casse moi les dents, puis la mâchoire, tu peux briser chacun de mes os si ça veut dire que tu me laisses le voir encore une fois, juste une.
Vas-y j'suis toute à toi, parce que les ecchymoses là tu les as bien vues, c'est ça ?
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1279 mots
J'entends un bruit. Lentement, je me redresse, je m'agrippe à la rambarde, j'essaye de rester droite sur mes jambes, de garder une certaine allure. Parce que c'est toi, parce que toi t'es là. Tu viens m'ouvrir, hein que c'est toi qui tu viens m'ouvrir c'est toi qui viens me rappeler que ma vie a un sens, que t'es pas parti. Mais quelle conne, c'est moi qui suis partie. Ben ouais Miya, il faut bien que tu regardes tes conneries en face et que t'arrête de te faire des histoires comme ça.
Mais je me tiens maladroitement debout, ivre, défoncée, le coeur piétiné laissé sur la chaussée et l'empreinte de ton corps contre moi, juste là où il était la dernière fois. Dis-moi c'est toi qui vient m'ouvrir n'est-ce pas, c'est toi qui vient me tirer des abysses dans lesquelles je me noie. Je me noie, ouais y'a pas de meilleure formulation pour ça. Je me noie dans l'alcool, le tabac, les trucs que je consomme et que je devrais pas, mais surtout je me noie sans toi, dans le grand vide de ma vie depuis qu't'es plus là. Parce que c'est comme ça maintenant, hein ? J'dois m'habituer à faire toute seule, j'dois m'habituer à rester toute seule. Mais moi j'ai pas envie, hein, j'ai même zéro envie de vivre sans toi. Et je pleure de nouveau, je pleure encore, je pleure toujours plus, je chiale toutes les saloperies que je t'ai dites. Attends, pars pas, reste avec moi. Je titube, je vacille du poids de la vie juste avec moi. Rhaa putain j'ai mal, j'ai tellement mal que je pourrais crever. "Je pourrais crever pour toi, Miya", tu te rappelles quand tu disais ça, quand tu chantais ça ? La poignée s'abaisse, j'attends comme une démunie, une fille ratée, une fille blessée. J't'attends toi.
Jude. C'est pas toi, c'est pas toi putain. Cette pensée tourne en cercle dans mon esprit, dans ma tête qui s'est rattachée à mon corps. Tout d'un coup j'ai conscience de moi, j'ai conscience de qui je suis, de qui je devrais pas être. Parce c'est pas toi finalement, parce que t'es pas là.
« ..Jude. »
Je chancelle, me raccroche à son regard, à ses iris qui ressemblent aux tiennes. Sa voix est sèche et ses mots aussi. C'est pas toi, dis-moi où es-tu ? De nouvelles larmes roulent sur mes joues et mes yeux continuent de s'humidifier, l'arme de strier ma peau, le fil céder sous les ciseaux de la première, arme favorite de l'Inflexible, celle qui choisit la forme de la mort et termine l'existence terrestre de nous, mortels, en coupant le fil de notre vie. Ce soir, Atropos se passe du jugement de ses sœurs, ce soir elle a décidé de m'emporter et personne ne pourra rien y faire. Même pas toi, Jude, toi qui m'as aimée si fort et si sincèrement, toi qui as été la meilleure amie et la partenaire en crimes que je ne savais pas que j'attendais, celle dont j'avais besoin pour comprendre le sens de ma vie de femme. Non, même toi tu pourras pas me sauver de l'Arme.
« Jude je.... je sais pas faire toute seule, je murmure, la voix rauque, cassée. J'sais pas être toute seule, je sais pas faire, je sais pas... j'arrive pas. J'veux plus être toute seule, s'il te plait.. »
Ma voix s'éteint, mes larmes coulent, je glisse lentement vers le sol. Plus de Lloyd, plus non plus de clopes, plus d'alcool, plus de dignité, plus de larmes à verser. Regarde Jude, regarde j'ai plus rien à perdre, tout à gagner, si seulement j'étais sûre de pouvoir tout garder, mais je perds tout et tout le monde, regarde je ne suis plus qu'une loque, je suis même plus moi. 'Moi' c'est quoi, je sais même plus qui je suis, qui je suis supposée être et qui je devais jamais devenir. Alors s'il te plait Jude, me laisse pas. Lloyd est pas là, hein ? Tu veux pas que je le vois de toute manière, tu veux pas tu veux pas tu peux pas. Putain pourquoi tu veux pas ! Pourquoi tu refuses de me laisser entrer encore une fois, pourquoi tu me regardes comme ça, pourquoi tu me fais tout ça ?
« On s'en fou de moi.. »
De mon état, de mes conneries, des bleus sur moi, des coups sur mon visage, de la douleur que tu lis dans mes yeux et de celle écrite partout sur mon corps. On s'en fou de tout ça, parce que toi et moi on n'a qu'une priorité, on n'a qu'un but, qu'une seule personne. Et j'en ai marre de supplier pour lui ç des gens qui comprennent pas, à des gens qui s'en foutent. Alors arrête de me regarder, j'veux juste entrer et le voir, le regarder un peu, juste le prendre entre mes bras. S'il-te-plait, Jude, je veux pas de ta pitié ni de ton dégoût, je préfère ta colère et tes coups.
Alors vas-y, frappe moi, casse moi les dents, puis la mâchoire, tu peux briser chacun de mes os si ça veut dire que tu me laisses le voir encore une fois, juste une.
Vas-y j'suis toute à toi, parce que les ecchymoses là tu les as bien vues, c'est ça ?
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#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage
Lèvres mordues, esprit tordu
Jude, prends la dans tes bras. Je t’en supplie. La laisse pas comme ça. Tu veux que je reste assis, j’obéis, mais pitié, attrape la. Ne la laisse pas pleurer. Regarde comme elle chancelle, bordel.
Jude ne la rattrape pas. Elle la regarde de haut, comme si tout ce qu’elle voyait c’était un tas de déchet qu’elle se retenait de défoncer d’un coup de pied.
Mes doigts tremblent sur ma bouteille. Je serre les dents. Je veux que ça s’arrête. Je veux que ça s’arrête. Je veux que tout aille bien, pour une fois. Pourquoi ça peut pas juste bien aller ? J’en peux plus. Sa douleur me fait vriller. Je veux me lever pour aller la serrer dans mes bras, étouffer ses sanglots dans mon cou. Je veux plus la voir souffrir. Je peux plus supporter ça. Qu’on me donne tout ce qu’elle ressente pour que sa douleur devienne la mienne.
Pourtant, je continue à la regarder. Je sais pas comment faire autrement. Ça serait plus simple de fermer les yeux et d’écraser mes oreilles de mes mains tremblantes. J’aimerais pouvoir, je le jure. Oublier qu’elle existe. Putain, je suis qu’un faible. On peut m’arracher ma mémoire. Un coup de baguette, une potion et Miya disparaît. Tout nos rires sous la pluie, toutes nos caresses sous la couettes, sa voix dans le creux de mon oreille, ses baisers dans mon cou, ses je t’aime tatoués dans mon âme, tout disparaîtrait. Je voudrais avoir la force de la faire disparaître, elle et tout nos souvenirs.
Mais je sais, moi, que je retomberai amoureux d’elle malgré tout. C’est mon âme soeur. C’est la femme de ma vie. C’est avec elle que je veux finir ma vie avant d’avoir profité de chaque seconde avec elle. C’est ça que je veux. Miya, c’est tout ce que je veux. Même tes cris, je les prends. Je te jure que je les prends. Alors pourquoi on se déchire ? Pourquoi tu finis toujours par partir puis revenir, hein ? Pourquoi tu t’accroches comme ça, à moi, à nous ? Je comprends pas, Miya, et ça me rend dingue. Tu m’as promis que tu m’aimais plus que moi je t’aime. Mais moi, je t’aime à en crever, je crève de t’aimer. Et sans toi, je crève aussi.
« Putain, joue pas la victime, j’te jure, Miya. Joue pas la victime ».
Je serre fort les dents en entendant le ton mauvais de Jude. Elle est prête à éclater. Jude non plus, elle n’en peut plus. De devoir me gérer moi et mon coeur, moi et ma Miya, Miya et moi. Elle aimerait que tout aille bien, qu’on continue à rire sur le toit de chez nous. Chez Miya. Jude n’a jamais été plus heureuse qu’avec Miya comme amie. Et moi, j’adorais ça. J’adorais voir les deux personnes que j’aime le plus au monde rire à gorge déployée.
Comment on a pu en arriver là ? Qu’est-ce que j’ai foutu, putain ? Qu’est-ce que j’ai loupé ? J’ai essayé de faire tout comme il fallait. J’ai été un bon garçon. J’ai été un bon copain. J’ai été un bon frère. J’ai toujours fait passer le bonheur de Miya avant le mien. C’est ça, que j’ai mal fait ? Je l’ai aimé trop fort ? On peut aimer trop fort ? C’est quoi, aimer trop fort ?
C’est quoi, putain ?
Je me sens comme un junkie. J’ai besoin de Miya. J’ai besoin d’elle comme j’ai jamais eu besoin de n’importe quoi. Ça me bouffe la tête. Ça me vrille les nerfs.
« Tu sais pas comment faire toute seule ? » Jude lâche un rire mauvais, un foutu grognement de louve. Elle recule d’un pas mais pour mieux revenir. Son poing cogne contre l’encadrement de la porte. « Tu veux quoi ? Que j’te laisse rentrer ? Que tu continues à bousiller mon petit frère ? Va te faire foutre, Miya. Va bien te faire foutre. Et va te faire soigner. »
Non. Non, ça n’aurait jamais dû se passer comme ça. Miya devrait être avec moi sur le fauteuil, assise sur mes cuisses, son bras autour de mes épaules. Elle devrait me voler ma bière ou ma clope, mais surtout me voler des baisers. Elle devrait être avec moi, là. Pas devant la porte, pas en morceaux, pas acculée par les méchants mots de Jude.
« Jude… steuplait… »
Mes mots s’étranglent dans ma gorge. J’en peux plus de l’entendre parler comme ça à Miya. Prends la dans tes bras, merde ! Tu veux pas que je bouge, alors ramène la moi ! Moi, je la serrerai contre moi, je lui dirai que tout va bien, que je suis là, que je pars plus, qu’elle doit plus partir. Je lui dirai que c’est pas grave, tout ce qu’elle m’a dit. Je lui dirai que je l’aime comme un taré, que je vois pas ma vie sans elle. Je lui dirai même que si elle veut, on s’enterre quelque part tout les deux et qu’on reste comme ça pour toujours, pour qu’elle ne soit plus jamais seule. Moi, je partirai jamais, Miya. Je te laisserai jamais seul. C’est toi qui veut que je m’éloigne, et je suis désolé pour ça. Je m’en veux de pas être celui qu’il te faut, de pas te donner ce que t’attends de moi. Je m’en veux. Mais je suis prêt à changer, tu sais ? Si tu me dis que mes chansons te saoulent, j’arrête. Si tu me dis que je dois arrêter de te dire je t’aime, j’arrête. Je te jure, Miya, je changerai pour toi, même si je sais pas ce que t’attends.
« Jude… »
J’ai envie de gerber. Pourquoi c’est comme ça que ça se passe ? Pourquoi on me dit pas clairement ce que je dois faire pour que tout ce passe bien ? J’ai besoin que tu me dises ce que t’attends de moi, Miya. Si tu veux qu’on s’en aille, on s’en va, j’te le jure. Tu veux que je reste tout le temps avec toi ? Je greffe ma peau à la tienne. Si tu te sens pas suffisamment aimée, je suis désolé. Je sais plus de quelle façon te montrer que je t’aime. Je te hurle mon amour sur scène, je te le murmure dans l’oreille, je te caresse comme si t’étais la seule chose qui compte à mes yeux. Et c’est le cas. T’es tout ce qui compte. Je te jure. Je te jure que c’est vrai. Mais ça te suffit pas. Pourquoi ça ne te suffit pas ? Qu’est-ce que je dois changer pour retrouver tes sourires ? Dis moi, je t’en supplie, Miya, dis moi. Je veux que tout aille bien entre toi et moi.
Mais peut-être qu’on s’est pas gardé les choses en bon état. On vit trop fort, toi et moi. On s’embrasse trop fort. On rit trop fort. On s’enlace trop fort. On crie trop fort. On s’aime trop fort.
On s’aime trop fort.
Mais moi, je sais pas comment faire autrement.
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Jude ne la rattrape pas. Elle la regarde de haut, comme si tout ce qu’elle voyait c’était un tas de déchet qu’elle se retenait de défoncer d’un coup de pied.
Mes doigts tremblent sur ma bouteille. Je serre les dents. Je veux que ça s’arrête. Je veux que ça s’arrête. Je veux que tout aille bien, pour une fois. Pourquoi ça peut pas juste bien aller ? J’en peux plus. Sa douleur me fait vriller. Je veux me lever pour aller la serrer dans mes bras, étouffer ses sanglots dans mon cou. Je veux plus la voir souffrir. Je peux plus supporter ça. Qu’on me donne tout ce qu’elle ressente pour que sa douleur devienne la mienne.
Pourtant, je continue à la regarder. Je sais pas comment faire autrement. Ça serait plus simple de fermer les yeux et d’écraser mes oreilles de mes mains tremblantes. J’aimerais pouvoir, je le jure. Oublier qu’elle existe. Putain, je suis qu’un faible. On peut m’arracher ma mémoire. Un coup de baguette, une potion et Miya disparaît. Tout nos rires sous la pluie, toutes nos caresses sous la couettes, sa voix dans le creux de mon oreille, ses baisers dans mon cou, ses je t’aime tatoués dans mon âme, tout disparaîtrait. Je voudrais avoir la force de la faire disparaître, elle et tout nos souvenirs.
Mais je sais, moi, que je retomberai amoureux d’elle malgré tout. C’est mon âme soeur. C’est la femme de ma vie. C’est avec elle que je veux finir ma vie avant d’avoir profité de chaque seconde avec elle. C’est ça que je veux. Miya, c’est tout ce que je veux. Même tes cris, je les prends. Je te jure que je les prends. Alors pourquoi on se déchire ? Pourquoi tu finis toujours par partir puis revenir, hein ? Pourquoi tu t’accroches comme ça, à moi, à nous ? Je comprends pas, Miya, et ça me rend dingue. Tu m’as promis que tu m’aimais plus que moi je t’aime. Mais moi, je t’aime à en crever, je crève de t’aimer. Et sans toi, je crève aussi.
« Putain, joue pas la victime, j’te jure, Miya. Joue pas la victime ».
Je serre fort les dents en entendant le ton mauvais de Jude. Elle est prête à éclater. Jude non plus, elle n’en peut plus. De devoir me gérer moi et mon coeur, moi et ma Miya, Miya et moi. Elle aimerait que tout aille bien, qu’on continue à rire sur le toit de chez nous. Chez Miya. Jude n’a jamais été plus heureuse qu’avec Miya comme amie. Et moi, j’adorais ça. J’adorais voir les deux personnes que j’aime le plus au monde rire à gorge déployée.
Comment on a pu en arriver là ? Qu’est-ce que j’ai foutu, putain ? Qu’est-ce que j’ai loupé ? J’ai essayé de faire tout comme il fallait. J’ai été un bon garçon. J’ai été un bon copain. J’ai été un bon frère. J’ai toujours fait passer le bonheur de Miya avant le mien. C’est ça, que j’ai mal fait ? Je l’ai aimé trop fort ? On peut aimer trop fort ? C’est quoi, aimer trop fort ?
C’est quoi, putain ?
Je me sens comme un junkie. J’ai besoin de Miya. J’ai besoin d’elle comme j’ai jamais eu besoin de n’importe quoi. Ça me bouffe la tête. Ça me vrille les nerfs.
« Tu sais pas comment faire toute seule ? » Jude lâche un rire mauvais, un foutu grognement de louve. Elle recule d’un pas mais pour mieux revenir. Son poing cogne contre l’encadrement de la porte. « Tu veux quoi ? Que j’te laisse rentrer ? Que tu continues à bousiller mon petit frère ? Va te faire foutre, Miya. Va bien te faire foutre. Et va te faire soigner. »
Non. Non, ça n’aurait jamais dû se passer comme ça. Miya devrait être avec moi sur le fauteuil, assise sur mes cuisses, son bras autour de mes épaules. Elle devrait me voler ma bière ou ma clope, mais surtout me voler des baisers. Elle devrait être avec moi, là. Pas devant la porte, pas en morceaux, pas acculée par les méchants mots de Jude.
« Jude… steuplait… »
Mes mots s’étranglent dans ma gorge. J’en peux plus de l’entendre parler comme ça à Miya. Prends la dans tes bras, merde ! Tu veux pas que je bouge, alors ramène la moi ! Moi, je la serrerai contre moi, je lui dirai que tout va bien, que je suis là, que je pars plus, qu’elle doit plus partir. Je lui dirai que c’est pas grave, tout ce qu’elle m’a dit. Je lui dirai que je l’aime comme un taré, que je vois pas ma vie sans elle. Je lui dirai même que si elle veut, on s’enterre quelque part tout les deux et qu’on reste comme ça pour toujours, pour qu’elle ne soit plus jamais seule. Moi, je partirai jamais, Miya. Je te laisserai jamais seul. C’est toi qui veut que je m’éloigne, et je suis désolé pour ça. Je m’en veux de pas être celui qu’il te faut, de pas te donner ce que t’attends de moi. Je m’en veux. Mais je suis prêt à changer, tu sais ? Si tu me dis que mes chansons te saoulent, j’arrête. Si tu me dis que je dois arrêter de te dire je t’aime, j’arrête. Je te jure, Miya, je changerai pour toi, même si je sais pas ce que t’attends.
« Jude… »
J’ai envie de gerber. Pourquoi c’est comme ça que ça se passe ? Pourquoi on me dit pas clairement ce que je dois faire pour que tout ce passe bien ? J’ai besoin que tu me dises ce que t’attends de moi, Miya. Si tu veux qu’on s’en aille, on s’en va, j’te le jure. Tu veux que je reste tout le temps avec toi ? Je greffe ma peau à la tienne. Si tu te sens pas suffisamment aimée, je suis désolé. Je sais plus de quelle façon te montrer que je t’aime. Je te hurle mon amour sur scène, je te le murmure dans l’oreille, je te caresse comme si t’étais la seule chose qui compte à mes yeux. Et c’est le cas. T’es tout ce qui compte. Je te jure. Je te jure que c’est vrai. Mais ça te suffit pas. Pourquoi ça ne te suffit pas ? Qu’est-ce que je dois changer pour retrouver tes sourires ? Dis moi, je t’en supplie, Miya, dis moi. Je veux que tout aille bien entre toi et moi.
Mais peut-être qu’on s’est pas gardé les choses en bon état. On vit trop fort, toi et moi. On s’embrasse trop fort. On rit trop fort. On s’enlace trop fort. On crie trop fort. On s’aime trop fort.
On s’aime trop fort.
Mais moi, je sais pas comment faire autrement.
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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Présence fortement réduite jusqu'à mi juillet
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