Deux âmes délinquantes chez un Manteau Noir
Lundi 5 juin 2051
APPARTEMENT DE CHRISTOPHER
APPARTEMENT DE CHRISTOPHER
entre 13h30 et 14h« Goûtez, je vous dis ! » insiste Christopher, penché devant la glace pour mieux se mirer dans le reflet.
Il parle fort pour se faire entendre par-dessus la musique. C'est elle qui l'a choisie, ce matin. Christopher s'est surpris à danser dans le salon comme il le fait quand il est seul. Il a grimacé en croisant son regard d'argent mais puisqu'il était persuadé que derrière son menton dressé se cachait en fait un sourire amusé, il a continué de s'agiter sur la guitare électrique.
Il arrange une mèche sur son front et gémit doucement en penchant la tête sur le côté : un épi se dresse à l'arrière de son crâne. Pourquoi doit-il toujours avoir un épi ? Il plonge les doigts dans le pot de gel et essaie de faire disparaître la chose. En vain. Il pousse un soupir de dépit et quitte finalement le couloir après un dernier regard à son reflet.
Sur le bar de la cuisine repose une boite en carton dans laquelle se trouve l'un des meilleurs tacos de Londres. Une nourriture grasse, bourrée de sauce et qui donnerait à n'importe qui envie de se damner. Sauf Alice Sangblanc, hein ? Christopher tourne les yeux vers elle, assise comme si elle était installée sur un trône, un livre posé sur les genoux.
« Mangez-le, répète-t-il en séparant exagérément toutes les syllabes, les yeux ronds. C'est le meilleur tacos de tout Londres ! »
Il l'affirme d'une voix haut perché, choqué qu'elle puisse remettre ça en question. Il aurait mieux fait de garder son fric pour lui au lieu de lui ramener des choses qu'elle ne mangera pas. Quoi qu'il le mangera à son retour si jamais elle n'y a pas touché. Christopher hausse vaguement les épaules.
« Goûtez, vous verrez bien ! » lui lance-t-il en s'approchant de la cheminée.
Christopher plonge la main dans le pot à poudre de cheminette et penche la tête pour rentrer dans l'âtre. En se retournant vers le salon, un sourire d'enfant se dessine sur ses lèvres et dévoile ses dents. Il plonge dans les billes argent d'Alice.
« Si vous devez encore essayer l'une de mes vestes, choisissez la grise au fond de l'armoire. »
Son visage se teinte d'insolence. Il lâche la poudre de cheminette. Un rire moqueur résonne encore dans la cheminée quand les flammes vertes l'embarquent et le font disparaître.
Appartement de ThomasChristopher débarque chez Thomas comme en terrain conquis. Un regard dans le salon lui suffit pour savoir que l'homme n'est pas dans cette pièce. Ce ne serait pas la première fois. Ils ont l'habitude de débarquer chez l'autre sans prévenir, ce n'est pas rare que Thomas soit absent quand Christopher arrive. Parfois, il l'attend sagement dans un fauteuil ou sur le balcon en fumant une clope. D'autres fois, il lui laisse une trace de son passage et repart chez lui. Aujourd'hui, il aimerait vraiment le croiser. Ils se sont vus en un coup de vent après son retour de sa grande quête et Christopher a besoin discuter avec son pote.
Il gonfle ses poumons.
« Eh bichon ! » crie-t-il dans l'appartement.
Il sautille hors de la cheminée, en équilibre sur un pied puis sur l'autre : il se débarrasse de ses bottes et les range soigneusement près de la cheminée.
« C'est le seul homme de ta viiie, chantonne-t-il en reprenant l'air de la musique qui passait chez lui, avant de s'arrêter subitement en regardant autour de lui. On se croirait dans un putain de tombeau ici. »
Pas à cause du manque de luminosité, ça non. Le salon de Thomas est une merveille ; si vous voyiez comme la lumière du soleil retombe sur le canapé onéreux qui trône au centre de la pièce ! Mais le silence explose dans les oreilles de Christopher. Enfin, du silence... Il entend bien du bruit venant de l'étage mais rien à voir avec le genre de son que lui aime.
« Comment tu veux que je te montre comment je bouge si tu me mets pas du bon son ? continue de crier Christopher à travers l'appartement. Le genre de son qui fait nanana na ! Nananana ! »
Il mime les gestes, comme s'il tenait une guitare invisible.
« Pour ton enterrement y'aura un son de malade, mon beau. Pas ton enterrement enterrement, je suis pas aussi glauque. Ton enterrement de vie de gamin. Je vais te pondre un truc t'as pas idée. Ça va déchirer. Jamais t'auras vécu meilleure soirée. J'ai déjà réfléchi au lieu et tu sais je... »
____
Christopher parle seul et très fort (il a envie d'être entendu, comprenez). Il peut être interrompu à peu près à n'importe quel moment.
@Morgan Rosenwald, Bichon (@Thomas Sangblanc), bienvenu dans notre RP.
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Deux âmes délinquantes chez un Manteau Noir
Morgan n’était pas du genre à oublier les choses. Les gens, en revanche… c’était une autre histoire. Elle n’avait jamais prétendu posséder une mémoire parfaite ; simplement une mémoire sélective. Elle pouvait croiser quelqu’un trois jours de suite et hésiter encore sur son prénom. Mais les objets… ses objets… eux existaient autrement dans son esprit.
Et parmi eux, il y avait sa sacoche.
Sa sacoche ne se perdait pas. Elle ne s’oubliait pas. Elle faisait partie de ces rares constantes qui l’accompagnaient dès qu’elle quittait son logement ; au même titre que sa baguette ou son trousseau de clés. Sortir sans elle aurait dû lui sembler aussi absurde que sortir sans chaussures.
Alors lorsque, ce matin-là, elle avait poussé la porte de son bureau d’un mouvement sec, déjà absorbée par la longue journée qui l’attendait, son corps avait reproduit le rituel sans qu’elle y réfléchisse.
Entrer.
Refermer.
Tendre la main vers son épaule.
Déposer la sacoche sur le fauteuil.
Sauf que ses doigts n’avaient rencontré que le tissu de sa manche.
Elle s’était immobilisée.
Une seconde.
Puis deux.
Son regard avait glissé vers son épaule vide.
Rien.
Pas de lanière.
Pas de poids familier contre son flanc.
Pas de sacoche.
Une contrariété brutale lui avait traversé la poitrine.
Le reste de la matinée s’était déroulé sous le signe d’une irritation silencieuse, qu’elle entretenait soigneusement derrière un masque neutre. Elle avait fait passer les premières épreuves pratiques de défense contre les forces du mal aux troisièmes années sans encombre — mais intérieurement, chaque erreur d’élève, chaque question inutile, chaque minute perdue venait alimenter une humeur déjà fragile.
Car évidemment. Evidemment, il avait fallu que cela arrive aujourd’hui. Le premier jour des examens à Poudlard. Qui prenait place sur la toute première semaine de travail de la sorcière.
Ses doigts avaient fini par retrouver la chaîne autour de son poignet et s’étaient mis à jouer avec machinalement. C’était la faute de Thomas. Si elle avait dormi chez elle, rien de tout cela ne serait arrivé. Elle aurait suivi ses habitudes. Elle aurait même pu changer son choix d’étui de baguette du jour, au lieu de reprendre le même que le jour précédent. Au lieu de ça… Elle avait laissé le détective-professeur perturber son quotidien - la distraire naïvement.
Cela avait été une grave erreur stratégique.

Cela la mettait déjà suffisamment mal à l’aise de devoir s’absenter de son lieu de travail dès la pause du midi, mais il était absolument hors de question, dans l’esprit de la sorcière, de passer une demi-journée supplémentaire sans sa sacoche. Heureusement, les évaluations pratiques ne reprenaient qu’à seize heures. Elle aurait largement le temps de faire l’aller-retour.
Du moins, c’était ce qu’elle s’était dit.
Elle ne s’était pas attardée dans les pièces du bas en entrant dans l’appartement. Inutile de perdre du temps : elle savait parfaitement où elle avait — honteusement, scandaleusement — abandonné son précieux appendice.
À l’étage.
Ses pas avaient été assurés jusqu’à la dernière marche de l'escalier.
Puis elle s’était arrêtée.
Un arrêt bref.
Presque ridicule.
C’était une chose qu’il lui ait confié l’accès de son appartement. Une autre qu’il lui ait laissé la possibilité d’y entrer en son absence. Mais pénétrer seule dans sa chambre…
Sans qu’il le sache. Sans qu’il l’y invite.
Cette pensée lui provoqua un mouvement désagréable dans la poitrine.
Son cœur accéléra.
Elle fronça immédiatement les sourcils. Sérieusement ?
Elle secoua la tête comme pour remettre ses propres pensées à leur place.
Elle n’était pas là pour fouiller, ou pour observer.
Et elle n’était certainement pas là pour imaginer quoi que ce soit.
Elle venait récupérer sa sacoche — injustement retenue en otage — puis repartir. Rien de plus.
Et puis ce n’était pas comme si cet endroit lui était totalement inconnu.
… Pourtant.
Tout lui paraissait soudain étrangement personnel.
Hostile, même.
Elle expira lentement avant d’avancer. Un pas. Puis un autre. Récupérer la sacoche. C’était l’objectif. La galloise s’accrocha à cette pensée avec la discipline d’une femme qui refusait catégoriquement de reconnaître que l’organe dans sa poitrine s’était mis à agir comme un adolescent redécouvrant encore l’existence des sentiments.
Traître.
Elle entra et la vit immédiatement. Abandonnée là où elle l’avait laissée. Une bouffée de soulagement presque absurde la traversa.
« Ah… te voilà. »
Sa voix ne dépassa pas le murmure, comme si parler trop fort risquait de troubler le calme de la pièce. Elle attrapa la sacoche avec un soin presque excessif et la remit à sa place naturelle : contre son épaule. Instantanément, quelque chose dans son équilibre intérieur se remit en ordre.
« Plus jamais je ne t’oublierai, c’est promis. » Elle ajusta la lanière. « Et ce soir, je ferai même le tri de ton contenu pour me faire pardonner. Chez nous, évidemment. »
Un silence. Puis elle se reprit mentalement. Enfin. Chez moi.
La mission accomplie, il était maintenant temps de—
Du bruit.
Non.
Un cri.
Qui n’était pas de la voix de Thomas.
Son corps réagit avant son esprit - Sa main trouva sa baguette dans un geste net, précis, automatique, et ses épaules se tendirent. Puis son cerveau rattrapa enfin ce que ses oreilles avaient entendu.
… ‘bichon’ ?
Prudemment, elle se rapprocha des escaliers. Elle s’était d’abord préparée à un cambrioleur — scénario simple, efficace. Mais les mots qui continuaient de s’échapper du salon, eux, racontaient une autre histoire.
Des mots trop familiers. Trop à l’aise. Trop… Thomas-compatible.
Ce n’était pas un intrus. C’était un ami de Thomas.
Et ça, c’était pire.
À cet instant précis, le balcon lui sembla être une issue de secours parfaitement rationnelle.
Pourtant, elle continua sa progression et emprunta à nouveau l’escalier.
Elle pouvait encore faire demi-tour. Prétendre ne jamais avoir été là.
Poser son prochain pas pour remonter et non descendre.
…enterrrement de vie de gamin…
Oui Morgan - barre-toi de là.
Fait demi-tour.
Maintenant.
Tout de -
Lorsqu’elle eut le salon en vue, elle s’interrompit net et coupa court au flot de paroles avant même d’en identifier clairement la source : « Hrm… Thomas n’est pas là. »
_______
Un lancer de dé raté nous a épargné d'une fin tragiquement courte de ce RP par une fuite balconesque
Et parmi eux, il y avait sa sacoche.
Sa sacoche ne se perdait pas. Elle ne s’oubliait pas. Elle faisait partie de ces rares constantes qui l’accompagnaient dès qu’elle quittait son logement ; au même titre que sa baguette ou son trousseau de clés. Sortir sans elle aurait dû lui sembler aussi absurde que sortir sans chaussures.
Alors lorsque, ce matin-là, elle avait poussé la porte de son bureau d’un mouvement sec, déjà absorbée par la longue journée qui l’attendait, son corps avait reproduit le rituel sans qu’elle y réfléchisse.
Entrer.
Refermer.
Tendre la main vers son épaule.
Déposer la sacoche sur le fauteuil.
Sauf que ses doigts n’avaient rencontré que le tissu de sa manche.
Elle s’était immobilisée.
Une seconde.
Puis deux.
Son regard avait glissé vers son épaule vide.
Rien.
Pas de lanière.
Pas de poids familier contre son flanc.
Pas de sacoche.
Une contrariété brutale lui avait traversé la poitrine.
Le reste de la matinée s’était déroulé sous le signe d’une irritation silencieuse, qu’elle entretenait soigneusement derrière un masque neutre. Elle avait fait passer les premières épreuves pratiques de défense contre les forces du mal aux troisièmes années sans encombre — mais intérieurement, chaque erreur d’élève, chaque question inutile, chaque minute perdue venait alimenter une humeur déjà fragile.
Car évidemment. Evidemment, il avait fallu que cela arrive aujourd’hui. Le premier jour des examens à Poudlard. Qui prenait place sur la toute première semaine de travail de la sorcière.
Ses doigts avaient fini par retrouver la chaîne autour de son poignet et s’étaient mis à jouer avec machinalement. C’était la faute de Thomas. Si elle avait dormi chez elle, rien de tout cela ne serait arrivé. Elle aurait suivi ses habitudes. Elle aurait même pu changer son choix d’étui de baguette du jour, au lieu de reprendre le même que le jour précédent. Au lieu de ça… Elle avait laissé le détective-professeur perturber son quotidien - la distraire naïvement.
Cela avait été une grave erreur stratégique.

Cela la mettait déjà suffisamment mal à l’aise de devoir s’absenter de son lieu de travail dès la pause du midi, mais il était absolument hors de question, dans l’esprit de la sorcière, de passer une demi-journée supplémentaire sans sa sacoche. Heureusement, les évaluations pratiques ne reprenaient qu’à seize heures. Elle aurait largement le temps de faire l’aller-retour.
Du moins, c’était ce qu’elle s’était dit.
Elle ne s’était pas attardée dans les pièces du bas en entrant dans l’appartement. Inutile de perdre du temps : elle savait parfaitement où elle avait — honteusement, scandaleusement — abandonné son précieux appendice.
À l’étage.
Ses pas avaient été assurés jusqu’à la dernière marche de l'escalier.
Puis elle s’était arrêtée.
Un arrêt bref.
Presque ridicule.
C’était une chose qu’il lui ait confié l’accès de son appartement. Une autre qu’il lui ait laissé la possibilité d’y entrer en son absence. Mais pénétrer seule dans sa chambre…
Sans qu’il le sache. Sans qu’il l’y invite.
Cette pensée lui provoqua un mouvement désagréable dans la poitrine.
Son cœur accéléra.
Elle fronça immédiatement les sourcils. Sérieusement ?
Elle secoua la tête comme pour remettre ses propres pensées à leur place.
Elle n’était pas là pour fouiller, ou pour observer.
Et elle n’était certainement pas là pour imaginer quoi que ce soit.
Elle venait récupérer sa sacoche — injustement retenue en otage — puis repartir. Rien de plus.
Et puis ce n’était pas comme si cet endroit lui était totalement inconnu.
… Pourtant.
Tout lui paraissait soudain étrangement personnel.
Hostile, même.
Elle expira lentement avant d’avancer. Un pas. Puis un autre. Récupérer la sacoche. C’était l’objectif. La galloise s’accrocha à cette pensée avec la discipline d’une femme qui refusait catégoriquement de reconnaître que l’organe dans sa poitrine s’était mis à agir comme un adolescent redécouvrant encore l’existence des sentiments.
Traître.
Elle entra et la vit immédiatement. Abandonnée là où elle l’avait laissée. Une bouffée de soulagement presque absurde la traversa.
« Ah… te voilà. »
Sa voix ne dépassa pas le murmure, comme si parler trop fort risquait de troubler le calme de la pièce. Elle attrapa la sacoche avec un soin presque excessif et la remit à sa place naturelle : contre son épaule. Instantanément, quelque chose dans son équilibre intérieur se remit en ordre.
« Plus jamais je ne t’oublierai, c’est promis. » Elle ajusta la lanière. « Et ce soir, je ferai même le tri de ton contenu pour me faire pardonner. Chez nous, évidemment. »
Un silence. Puis elle se reprit mentalement. Enfin. Chez moi.
La mission accomplie, il était maintenant temps de—
Du bruit.
Non.
Un cri.
Qui n’était pas de la voix de Thomas.
Son corps réagit avant son esprit - Sa main trouva sa baguette dans un geste net, précis, automatique, et ses épaules se tendirent. Puis son cerveau rattrapa enfin ce que ses oreilles avaient entendu.
… ‘bichon’ ?
Prudemment, elle se rapprocha des escaliers. Elle s’était d’abord préparée à un cambrioleur — scénario simple, efficace. Mais les mots qui continuaient de s’échapper du salon, eux, racontaient une autre histoire.
Des mots trop familiers. Trop à l’aise. Trop… Thomas-compatible.
Ce n’était pas un intrus. C’était un ami de Thomas.
Et ça, c’était pire.
À cet instant précis, le balcon lui sembla être une issue de secours parfaitement rationnelle.
Pourtant, elle continua sa progression et emprunta à nouveau l’escalier.
Elle pouvait encore faire demi-tour. Prétendre ne jamais avoir été là.
Poser son prochain pas pour remonter et non descendre.
…enterrrement de vie de gamin…
Oui Morgan - barre-toi de là.
Fait demi-tour.
Maintenant.
Tout de -
Lorsqu’elle eut le salon en vue, elle s’interrompit net et coupa court au flot de paroles avant même d’en identifier clairement la source : « Hrm… Thomas n’est pas là. »
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Un lancer de dé raté nous a épargné d'une fin tragiquement courte de ce RP par une fuite balconesque
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
Deux âmes délinquantes chez un Manteau Noir
« ...pense qu'il faut casser un peu les codes parce qu'on doit vraiment marquer le coup et tu devrais pas... »
Une voix retentit derrière lui. Cela n'aurait pas posé le moindre problème si ça avait été celle de Thomas. Christopher a sa voix ancré dans l'âme, il connaît toutes ses teintes, toutes ses nuances ; elle ne l'aurait pas interrompu dans sa logorrhée, même si elle avait affirmé quelque chose d'aussi bêtement incohérent que : « j'abandonnerai Morgan pour toi, épouse-moi à la place de ma sœur ». Sauf que ce n'est pas la voix de Thomas. C'est celle d'une femme. Et que le cœur de Christopher s'arrache de sa poitrine quand il l'entend.
Son corps entier se tend, il sursaute en se tournant vers l'origine du bruit, le cœur battant à toute allure dans sa poitrine. Un juron particulièrement vulgaire lui échappe. Il ne se sent pas reculer, il ne sent pas ses yeux s'arrondir d'étonnement. Mais il sent bien le meuble que ses fesses percutent. La seconde d'après, au moment même où ses yeux trouvent la silhouette d'une femme familière dans les escaliers, un bruit formidable éclate dans le salon et fait sursauter Christopher pour la seconde fois.
Il se retourne précipitamment. C'est que ça ressemblait quand même beaucoup à...
« Oh non, non, non... »
...un vase brisé en mille morceaux.
Dépité, Christopher tourne la tête vers Morgan. Parce que c'est elle, bien sûr que c'est elle. Habillée plus sobrement que la semaine dernière quand il l'a vue pour la première fois de ses propres yeux au Pitiponk. De ses propres yeux car avant cela il a eu maintes fois l'occasion de la découvrir à travers les yeux de Thomas. Son bel oiseau noir. Combien de fois l'a-t-il écouté parler d'elle ? Dans ses plus mauvais moment, quand son discours était incohérent et décousu, que la seule chose que saisissait vraiment Christopher était l'amour fou qui déglinguait le cœur de son ami. Dans ses meilleurs moments également, quand les yeux de Thomas brillaient d'un amour qu'il ne comprendra jamais et que son sourire avait le goût du bonheur. Il l'a dépeinte dans son intelligence, sa beauté. Christopher connait même son odeur. Un jour, pour rigoler, et parce qu'il venait de terminer à deux une bouteille onéreuse sur ce même canapé qui sépare actuellement Christopher de la fiancée de son meilleur ami, il lui a même dit qu'il demanderait à Annabelle de synthétiser un parfum pour Thomas qui reproduirait exactement les fragrances de Morgan. Heureusement, il n'est jamais allé au terme de ce projet.
Christopher regarde Morgan avec de grands yeux écarquillés. Il commence à peine à se calmer. Son cœur frappe encore dans sa poitrine. Son visage est déchiré par une grimace contrite. Il est écartelé entre la surprise de la trouver là alors qu'il était persuadé que Thomas était à l'origine des bruits entendus à l'étage et la culpabilité d'avoir cassé un vase. Le même que la dernière fois. Il baisse les yeux sur les morceaux éparpillés autour de ses pieds nus.
« C'est la deuxième fois, gémit-il en se frottant la mâchoire du plat de la main, il va encore se foutre de moi. Il l'avait super bien réparé, sans magie. Tu connais la méthode Kintsugi ? »
Christopher lève de nouveau les yeux vers Morgan. Et en la regardant ainsi plantée dans les escaliers il se rend compte que c'est la première fois qu'ils se retrouvent réellement face à face, sans une foule passablement alcoolisée autour d'eux, sans le fantôme d'un sortilège lancé qu'il a puni d'une intervention publique, sans la pression d'avoir à gérer une soirée importante. Le faible malaise qu'il aurait pu ressentir car elle a mal agi dans son bar n'est désormais qu'un mauvais souvenir. Christopher appréhendait les prochaines rencontres, de peur que ce qu'il s'est passé jeudi dernier ne reste entre eux, mais force est de constater qu'il ne ressent rien d'autre qu'une douce joie de se retrouver face à Morgan.
C'est également la première fois qu'il tombe sur quelqu'un qui n'est pas Thomas en venant dans l'appartement de Thomas. Il se rappelle subitement ce qu'elle lui a dit juste avant qu'il ne casse le vase : Thomas n'est pas là. Si Tommy n'est pas là, ça veut dire que c'était elle là-haut depuis le tout début. Il devrait sans doute être gêné. Ce n'est pas le cas, comme le prouve le tutoiement qu'il a naturellement utilisé. Morgan est la fiancée de Thomas. Si le sol n'était pas recouvert de morceaux de céramique, il serait allé la serrer dans ses bras de bonheur.
Non, c'est faux.
Il ne l'aurait pas fait.
Un large sourire nait tout à coup sur ses lèvres. Il ne laisse pas même le temps à Morgan de répondre à sa question précédente qui n'attendait de toute manière aucune réponse.
« On se rencontre enfin officiellement ! lance-t-il, tout joyeux. La dernière fois... Bon, c'était probablement pas le bon moment pour faire les présentations... »
Il fait une petite grimace pas si contrite que ça à Morgan. Soudainement, il se met à sautiller pour éviter les morceaux répandus au sol et s'approche de la femme, main tendue devant lui, le regard brillant.
« Chris ! se présente-t-il. Christopher. »
Depuis jeudi, Thomas a certainement eu le temps de lui dire qui il était, mais c'est la moindre des choses de se présenter officiellement. Il ne devrait d'ailleurs pas lui tendre la main, parce que ce n'est pas comme ça qu'on se salue dans ce monde-là, mais il n'a pas l'intention de jouer au bourgeois coincé avec la future femme de son meilleure amie.
Une voix retentit derrière lui. Cela n'aurait pas posé le moindre problème si ça avait été celle de Thomas. Christopher a sa voix ancré dans l'âme, il connaît toutes ses teintes, toutes ses nuances ; elle ne l'aurait pas interrompu dans sa logorrhée, même si elle avait affirmé quelque chose d'aussi bêtement incohérent que : « j'abandonnerai Morgan pour toi, épouse-moi à la place de ma sœur ». Sauf que ce n'est pas la voix de Thomas. C'est celle d'une femme. Et que le cœur de Christopher s'arrache de sa poitrine quand il l'entend.
Son corps entier se tend, il sursaute en se tournant vers l'origine du bruit, le cœur battant à toute allure dans sa poitrine. Un juron particulièrement vulgaire lui échappe. Il ne se sent pas reculer, il ne sent pas ses yeux s'arrondir d'étonnement. Mais il sent bien le meuble que ses fesses percutent. La seconde d'après, au moment même où ses yeux trouvent la silhouette d'une femme familière dans les escaliers, un bruit formidable éclate dans le salon et fait sursauter Christopher pour la seconde fois.
Il se retourne précipitamment. C'est que ça ressemblait quand même beaucoup à...
« Oh non, non, non... »
...un vase brisé en mille morceaux.
Dépité, Christopher tourne la tête vers Morgan. Parce que c'est elle, bien sûr que c'est elle. Habillée plus sobrement que la semaine dernière quand il l'a vue pour la première fois de ses propres yeux au Pitiponk. De ses propres yeux car avant cela il a eu maintes fois l'occasion de la découvrir à travers les yeux de Thomas. Son bel oiseau noir. Combien de fois l'a-t-il écouté parler d'elle ? Dans ses plus mauvais moment, quand son discours était incohérent et décousu, que la seule chose que saisissait vraiment Christopher était l'amour fou qui déglinguait le cœur de son ami. Dans ses meilleurs moments également, quand les yeux de Thomas brillaient d'un amour qu'il ne comprendra jamais et que son sourire avait le goût du bonheur. Il l'a dépeinte dans son intelligence, sa beauté. Christopher connait même son odeur. Un jour, pour rigoler, et parce qu'il venait de terminer à deux une bouteille onéreuse sur ce même canapé qui sépare actuellement Christopher de la fiancée de son meilleur ami, il lui a même dit qu'il demanderait à Annabelle de synthétiser un parfum pour Thomas qui reproduirait exactement les fragrances de Morgan. Heureusement, il n'est jamais allé au terme de ce projet.
Christopher regarde Morgan avec de grands yeux écarquillés. Il commence à peine à se calmer. Son cœur frappe encore dans sa poitrine. Son visage est déchiré par une grimace contrite. Il est écartelé entre la surprise de la trouver là alors qu'il était persuadé que Thomas était à l'origine des bruits entendus à l'étage et la culpabilité d'avoir cassé un vase. Le même que la dernière fois. Il baisse les yeux sur les morceaux éparpillés autour de ses pieds nus.
« C'est la deuxième fois, gémit-il en se frottant la mâchoire du plat de la main, il va encore se foutre de moi. Il l'avait super bien réparé, sans magie. Tu connais la méthode Kintsugi ? »
Christopher lève de nouveau les yeux vers Morgan. Et en la regardant ainsi plantée dans les escaliers il se rend compte que c'est la première fois qu'ils se retrouvent réellement face à face, sans une foule passablement alcoolisée autour d'eux, sans le fantôme d'un sortilège lancé qu'il a puni d'une intervention publique, sans la pression d'avoir à gérer une soirée importante. Le faible malaise qu'il aurait pu ressentir car elle a mal agi dans son bar n'est désormais qu'un mauvais souvenir. Christopher appréhendait les prochaines rencontres, de peur que ce qu'il s'est passé jeudi dernier ne reste entre eux, mais force est de constater qu'il ne ressent rien d'autre qu'une douce joie de se retrouver face à Morgan.
C'est également la première fois qu'il tombe sur quelqu'un qui n'est pas Thomas en venant dans l'appartement de Thomas. Il se rappelle subitement ce qu'elle lui a dit juste avant qu'il ne casse le vase : Thomas n'est pas là. Si Tommy n'est pas là, ça veut dire que c'était elle là-haut depuis le tout début. Il devrait sans doute être gêné. Ce n'est pas le cas, comme le prouve le tutoiement qu'il a naturellement utilisé. Morgan est la fiancée de Thomas. Si le sol n'était pas recouvert de morceaux de céramique, il serait allé la serrer dans ses bras de bonheur.
Non, c'est faux.
Il ne l'aurait pas fait.
Un large sourire nait tout à coup sur ses lèvres. Il ne laisse pas même le temps à Morgan de répondre à sa question précédente qui n'attendait de toute manière aucune réponse.
« On se rencontre enfin officiellement ! lance-t-il, tout joyeux. La dernière fois... Bon, c'était probablement pas le bon moment pour faire les présentations... »
Il fait une petite grimace pas si contrite que ça à Morgan. Soudainement, il se met à sautiller pour éviter les morceaux répandus au sol et s'approche de la femme, main tendue devant lui, le regard brillant.
« Chris ! se présente-t-il. Christopher. »
Depuis jeudi, Thomas a certainement eu le temps de lui dire qui il était, mais c'est la moindre des choses de se présenter officiellement. Il ne devrait d'ailleurs pas lui tendre la main, parce que ce n'est pas comme ça qu'on se salue dans ce monde-là, mais il n'a pas l'intention de jouer au bourgeois coincé avec la future femme de son meilleure amie.
> ancienne version avant les modifications suite à leur rencontre au Pitiponk
Reducio
« Je suis Chris ! s'exclame-t-il en se désignant des deux mains. Le témoin. »
Elle entendra certainement la fierté dans sa voix. Lui-même l'entend.
« Et toi, tu es la fiancée. C'est marrant, j'... »
Christopher avale une goulée d'air et se tait subitement. C'est marrant, j'étais jamais tombé sur une femme en venant ici à l'improviste et pourtant j'aurais pu, vu le nombre que Thomas a fréquenté ces dernières années ! Il retient sa phrase au dernier moment mais rebondit avec l'excellence et le talent d'un homme habitué à mettre les pieds dans le plat.
« Je t'ai aperçue au Pitiponk, la semaine dernière. »
Elle entendra certainement la fierté dans sa voix. Lui-même l'entend.
« Et toi, tu es la fiancée. C'est marrant, j'... »
Christopher avale une goulée d'air et se tait subitement. C'est marrant, j'étais jamais tombé sur une femme en venant ici à l'improviste et pourtant j'aurais pu, vu le nombre que Thomas a fréquenté ces dernières années ! Il retient sa phrase au dernier moment mais rebondit avec l'excellence et le talent d'un homme habitué à mettre les pieds dans le plat.
« Je t'ai aperçue au Pitiponk, la semaine dernière. »
Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
Deux âmes délinquantes chez un Manteau Noir
Christopher.
Morgan le reconnut presque immédiatement, alors qu'elle terminait de parler. Elle regretta d'autant plus de ne pas avoir choisi de s'éclipser par une fenêtre. Mais la Galloise n'eut pas le temps de s'attarder sur ses regrets : elle observait déjà ce que son apparition avait provoqué chez le pas-si-intrus. De la surprise.
Par réflexe, elle tendit la main en voyant la catastrophe se profiler, avant de la rétracter aussitôt.
Elle se contenta alors d'observer ce qui vint : les restes d’un vase éparpillés sur le sol.
La prochaine fois, elle laisserait faire. C'était la promesse qu'elle s'était faite après la soirée du Pitiponk, quelques jours plus tôt. Et c'était exactement ce qu'elle avait fait. Même si une part plus revancharde d'elle-même brûlait de lui servir une remarque bien sentie, Morgan savait généralement faire taire ce genre de pensées puériles.
Plus ou moins.
Lorsqu'il lui demanda si elle connaissait un moyen de réparer un objet, elle ne put retenir un froncement de sourcils. Sérieusement ? Évidemment qu'elle connaissait. Arrête. Comment est-il censé savoir que la restauration d'objets d'art et d'artefacts faisait encore partie de ton métier il y a quelques mois ?
De toute façon, il ne lui laissa pas le temps de répondre. C'est à cet instant que Morgan réalisa qu'elle s'était arrêtée sur les marches de l'escalier. Avec une certaine réticence, elle descendit les dernières marches alors que lui-même s'approchait.
Elle resserra sa prise sur la lanière de sa sacoche avant de tendre son autre main pour serrer celle de Chris qu’il avait levé en sa direction. Faire des efforts. Meilleur ami de Thomas.
« Morgan, » réciproqua-t-elle par politesse. « Je dois retourner travailler. Je faisais simplement un détour pour récupérer mon sac, mais… »
Son regard retomba sur les débris, tandis que ses lèvres se pinçaient. Elle aurait aimé écourter autant que possible son passage - plus si solitaire -dans l'appartement de son fiancé, ainsi que son interaction avec son fameux témoins. Et, elle avait effectivement un château à retrouver pour la suite des épreuves pratiques des élèves de Poudlard... d'ici quelques heures. Mais même si Christopher en était le principal responsable, elle ne pouvait pas prétendre être totalement étrangère à l'accident. Après tout, c'était son apparition qui l'avait surpris...
Morgan le reconnut presque immédiatement, alors qu'elle terminait de parler. Elle regretta d'autant plus de ne pas avoir choisi de s'éclipser par une fenêtre. Mais la Galloise n'eut pas le temps de s'attarder sur ses regrets : elle observait déjà ce que son apparition avait provoqué chez le pas-si-intrus. De la surprise.
Par réflexe, elle tendit la main en voyant la catastrophe se profiler, avant de la rétracter aussitôt.
Elle se contenta alors d'observer ce qui vint : les restes d’un vase éparpillés sur le sol.
La prochaine fois, elle laisserait faire. C'était la promesse qu'elle s'était faite après la soirée du Pitiponk, quelques jours plus tôt. Et c'était exactement ce qu'elle avait fait. Même si une part plus revancharde d'elle-même brûlait de lui servir une remarque bien sentie, Morgan savait généralement faire taire ce genre de pensées puériles.
Plus ou moins.
Lorsqu'il lui demanda si elle connaissait un moyen de réparer un objet, elle ne put retenir un froncement de sourcils. Sérieusement ? Évidemment qu'elle connaissait. Arrête. Comment est-il censé savoir que la restauration d'objets d'art et d'artefacts faisait encore partie de ton métier il y a quelques mois ?
De toute façon, il ne lui laissa pas le temps de répondre. C'est à cet instant que Morgan réalisa qu'elle s'était arrêtée sur les marches de l'escalier. Avec une certaine réticence, elle descendit les dernières marches alors que lui-même s'approchait.
Elle resserra sa prise sur la lanière de sa sacoche avant de tendre son autre main pour serrer celle de Chris qu’il avait levé en sa direction. Faire des efforts. Meilleur ami de Thomas.
« Morgan, » réciproqua-t-elle par politesse. « Je dois retourner travailler. Je faisais simplement un détour pour récupérer mon sac, mais… »
Son regard retomba sur les débris, tandis que ses lèvres se pinçaient. Elle aurait aimé écourter autant que possible son passage - plus si solitaire -dans l'appartement de son fiancé, ainsi que son interaction avec son fameux témoins. Et, elle avait effectivement un château à retrouver pour la suite des épreuves pratiques des élèves de Poudlard... d'ici quelques heures. Mais même si Christopher en était le principal responsable, elle ne pouvait pas prétendre être totalement étrangère à l'accident. Après tout, c'était son apparition qui l'avait surpris...
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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