18 juin 2026, 18:45
 Tokyo, Japon   PNJ   TW  Ô toi mon obsynelle

Obsynelle. n.f.
Pensée obsédante qui tourne en boucle dans la tête jusqu'à ronger
la raison. Elle s'accroche au silence, s'impose dans les moments de
répits et rejoue, encore et encore, la scène qu'on voulait oublier.
Une obsynelle peut se manifester comme une onde mentale ou un
écho persistant d'un souvenir qui refuse de mourir.


xx janvier 2042, quartier de Yanaka.
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Miya, 29 ans______Kallias, 33 ans (PNJ actif)
A toi, mon amour, toi que j'ai aimée si fort que mon coeur s'est déchiré pour et à cause de toi. A, je t'aime.
Tic. tac. Allongée sur le dos dans le lit de Kallias, je fixe le plafond d'un regard absent. Tic. tac. Tic. tac. Voilà plus d'une heure que je suis complètement figée, immobile, pétrifiée sur ce lit aux draps défaits et aux oreillers emmêlés. Mon corps flasque repose sur le matelas, dernière couche de matière qui me relie encore au monde éveillé. J'observe le plafond sans même le voir, je suis couchée sur la couverture sans la sentir, je respire sans y penser et je suis sans le vouloir. Tout mon être existe indépendamment de ma volonté, et tout mon être continuera d'exister sans me demander mon avis jusqu'à ce que je m'éteigne. Et ça sera long, douloureux. Le diable, Satan, Māra, Hades ou peu importe le nom qu'on lui donne a déjà prévu ma descente aux enfers. Voilà ce qui m'attend, je n'obtiendrais rien d'autre de la vie. Frisson. Tout mon corps se serre, se tend, je sens l'étreinte glaciale de la solitude m'entourer de ses bras réconfortants, ces mêmes bras qui ne manquent jamais à l'appel depuis que je suis seule. Depuis que tu es loin de moi. Lentement, je me relâche, le frisson passe. Mais pas ma tristesse, jamais ma tristesse. Elle ne va nulle part, elle. Elle reste accrochée à moi, petit parasite malsain qui pompe la vie en moi. Une larme roule.

Je ne suis pas sûre d'avoir bien fait de partir. Je ne sais pas si on avait un avenir, je ne sais pas si on aurait pu devenir quelque chose de bien — de beau, oui, peut-être, mais de bien ? rien —, je ne sais pas si je suis bien cachée ici, au Japon, si loin de toi. Nouveau frisson. Plus de larmes. Dis-moi, est-ce que tu penses que je pense à toi en même temps que tu penses à moi ?

Tic. tac. Où peut bien être cette maudite horloge ? Je n'aime pas écouter le temps passer et me glisser des doigts, s'écouler dans le sablier. Tic. tac. Tic. tac. Quelle heure est-il ? Je devrais être entrain de dormir, je devrais fermer les yeux et arrêter de penser à toi, mais vois-tu ne j'y arrive pas. L'ombre de ta mâchoire quand tu te couchais à mes côtés, la douceur indécente de ta peau et de tes lèvres sous mon toucher, le parfum dont tu étais paré le soir sur scène, le son de ta voix rauque et amoureuse au petit matin, le jour à peine levé et nos âmes encore endormies. Autant de souvenirs qui me tuent et me font revivre. Et à cause d'elles tu es partout sauf contre moi.

Je roule sur le lit, fixe la porte de la chambre en silence. Depuis quand n'ai-je pas prononcé un mot ? Tu n'es pas là, je n'ai plus rien à dire, plus rien à penser, plus rien à croire. Plus rien.

C'est moi qui me suis lâchement envolée et voilà que c'est aussi moi qui te regrette.

Je cligne des yeux. La silhouette du tatoueur passe devant la porte de ma chambre ouverte, je le devine qui se rend à la cuisine pour boire quelque chose. De l'eau. Mais quelle idée. Tout mon corps se révolte, mon organisme proteste vivement et demande de l'alcool, ce beau poison dont j'ai tant de mal à me passer. Je faisais ça chez nous, il m'arrivait de me lever et de boire, de boire encore et encore jusqu'à ce que la voix dans mes tripes cesse de réclamer. Et tu étais là toi, toujours, pour m'accueillir au lit, me protéger entre tes bras, me rassurer. Ce soir je suis seule et c'est de ma faute. Tic. tac. Tic. tac. Kallias ne revient pas. Toi tu revenais toujours, et tu me serrais contre toi, tu m'embrassais et tu me jurais que tout allait bien, que tout irait bien. Contre ma peau tu murmurais mon prénom, au creux de mon oreille tu chuchotais des mots pour me bercer, sur mes tatouages tu faisais courir tes doigts pour me câliner. J'inspire, expire, roule de nouveau pour regarder encore le plafond. Quelque part dans la cuisine, j'entends l'eau qui coule. Il se racle la gorge, bougonne en japonais, et tu n'as jamais été aussi absent.

Alors je me lève. J'enfile un pull trop grand et je sors de ma chambre. Le parquet grince sous mes pieds, le frais de l'appartement me fait frissonner. Dans un état second, comme une ombre, je parcoure le couloir et arrive dans la cuisine. Mes yeux le trouvent assis sur le comptoir. Il doit sentir ma présence fantomatique parce qu'il ne met pas longtemps avant de se tourner.

« Miya ? fait-il, l'air surpris. T'arrives pas à dormir ? »


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788 mots
nb : tous les dialogues se feront en japonais
@Lloyd River et voici, voilà, bonne lecture !

#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

18 juin 2026, 20:15
 Tokyo, Japon   PNJ   TW  Ô toi mon obsynelle
Il est assis, en pyjama, sur le comptoir, et je n'ai jamais été si déçue de ne pas te voir. Pourquoi me suis-je levée ? Au fond de moi, quelque part dans cette poitrine où mon coeur ne bat plus, je me demande si je n'espérais pas te voir toi, assis sur ce comptoir. C'est ridicule, n'est-ce pas ? Et je ne sais pas quoi dire, je me contente de le regarder. Non, je n'arrive pas à dormir. Alors ma tête va du haut vers le bas pour faire un "oui" silencieux tandis que je l'observe. Il voudrait que je parle, je sais qu'il voudrait que je parle. Mais tu n'es pas là alors je n'ai plus rien à dire, tu n'es plus là alors je préfère me taire. A quoi bon parler si tu n'es pas là pour écouter ?

« Tu veux vraiment pas me parler, huh ? demande-t-il en haussant un sourcil. Tu pourras pas te taire toute ta vie, Miya. »

Je cligne des yeux sans réagir. Qu'est-ce que je suis venue chercher ? Un soutien ? A boire ? Une bouteille ? Mon corps s'agite, mes doigts tressautent le long de mon bassin alors même que je n'ai fait que penser à boire. Quelque chose en moi est cassé, je le sais. Je le sens en moi. Là où un coeur battait il y a longtemps ne se trouve plus qu'un vide béant, un trou sanguinolant.

Hésitante, lente, je viens jusqu'à lui. Mes pieds nus sont chauds sur le carrelage froid qui me renvoie des ondes glacées. Elles courent le long de mes jambes, remontent dans mes hanches et mes côtes, gèlent mes poumons, mes bras, mon vide. Le froid atteint ma gorge, ma bouche, mon visage et mes cheveux. Voilà, j'ai froid. Je suis entièrement froide, frigorifiée, je ne sens rien si ce n'est ma peine, ma douleur, mes remords. Les larmes me montent aux yeux, mais j'ai si froid que je suis étonnée de ne pas pleurer des cristaux de glace. En fait, je suis même étonnée de ne pas pleurer du tout. Les larmes montent, s'accumulent dans mes iris noires comme les abysses, les font scintiller à la manière des nuits d'été, mais aucune ne s'échappe, elles restent toutes au chaud sous mes paupières. C'est douloureux de ne pas réussir à pleurer. Pourtant moi je me suis toujours dit que c'était pire de pleurer, que c'était répugnant, que c'était pour les faibles. Miya ne peut pas être faible, elle n'en a pas le droit. Miya doit carrer les épaules, ravaler ses sanglots. Miya n'a pas le droit d'être fragile, en danger, triste. Elle a des gens à impressionner, d'autres à vaincre, certains à satisfaire. Miya n'avait le droit d'être fragile qu'avec toi. Je renifle.

« T'as froid ? » Je secoue la tête à la négative alors que je meurs de froid. Mais ce n'est pas de sa chaleur dont j'ai besoin, c'est de la tienne. C'est ta chaleur que je cherche et que j'appelle au milieu de la nuit, c'est ta chaleur qui me manque si affreusement que je sens mon être s'abimer.

Kallias soupire, repose son verre d'eau sur le comptoir, puis il descend d'un saut et s'avance vers moi. Mon premier réflexe est de reculer, de battre en retraite, puis je me rappelle que je n'ai rien à craindre de lui. Kallias est un ami. Un ami mais ce n'est pas toi, et savoir ça me déchire les entrailles, ça me brûle de l'intérieur, ça me tue un peu plus à chaque seconde. Je le regarde qui s'avance vers moi. Je dois lever les yeux pour le regarder, comme quand je te regardais toi, mais ce n'est pas toi. Il est grand et il est costaud. Et il est tatoué lui aussi, il boit du whisky japonais et parfois il fume. Mais il n'a pas de Chris, pas de Jude. Il ne change pas la couleur de ses cheveux, il ne m'écrit pas de chansons, il ne me regarde pas avec ces yeux qui disent "je t'aime". Et je n'ai pas envie qu'il fasse tout ça, je n'ai pas envie qu'il me partage ses clopes, je ne veux pas qu'il me dise "je t'aime", je veux pas qu'il me serre contre lui la nuit. Parce que c'est pas toi.

« Viens par là. » Il s'arrête à deux mètres de moi, ouvre les bras et quelque chose craque.

Je me fissure. Une première larme coule, suivie d'une deuxième, et d'une troisième. Jusqu'à ce que j'éclate en sanglots. Mes jambes tremblent alors que j'avance et m'effondre dans ses bras.

« Ça va aller, murmure-t-il. Tout va bien se passer Miya, ça va aller. »


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784 mots

#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

18 juin 2026, 22:22
 Tokyo, Japon   PNJ   TW  Ô toi mon obsynelle
« Tout va bien, t'es plus toute seule », dit-il en me serrant fort.

Et mon coeur, en écoutant ces quelques petits mots, se brise un peu plus dans ma poitrine. Non, au contraire, je n'ai jamais été aussi seule. Ce n'est pas une question de présence physique Kal, je suis seule au fond de moi. Mon âme soeur n'est pas là où elle devrait être — je ne suis pas là où je devrais être. Dans cette ville inconnue, dans cet appartement inconnu, dans cette cuisine inconnue, dans ces bras inconnus. Je voudrais être à Londres sur le toit de mon appart, je voudrais que tu sois là avec moi, je voudrais que ce soient tes bras qui enserrent mon corps, je voudrais que ce soit ton odeur que je sente en enfouissant mon visage dans ta chemise à toi. Pas à Kallias. Mais ce sont bien ses bras qui entourent mon corps devenu si mince, tellement mince, et c'est bien son odeur que je hume en inspirant, c'est sa voix qui me réconforte doucement.

Je pleure. D'abord un peu, seulement un peu, puis beaucoup. Je me mets à pleurer fort et à pleurer vite, à pleurer comme si je pleurais ma vie. C'est ça, je pleure ma vie. Dans chacune des larmes que je verse il y a un peu de moi, un peu de toi, un peu de nous. Je pleure mon coeur à vif, je pleure nos plaies ouvertes, je pleure ton absence, je pleure nos souvenirs, je pleure notre amour, je plaie cette douleur au fond de moi qui ne guérira pas, je pleure le manque de toi et le trop plein de ton absence. Je pleure tout ce que j'ai pas réussi à te dire avant de partir, je pleure tous les mots doux que je voulais te murmurer, tous les cris encore cachés au fond de moi, et nos disputes, nos nuits, nos sourires, nos jeux, nos musiques, no concerts, nos amours. Je pleure ton amour loin du mien, je me pleure moi, âme esseulée, âme déchirée, âme incomplète. Et, pendant que je pleure, Kallias me porte. Je pleure et mes jambes lâchent, je pleure et tout se démantèle, je pleure et mes forces m'abandonnent. Je pleure dans les bras de Kallias, Kallias me porte jusqu'au canapé, je pleure sur le canapé. J'ai tant à pleurer, à regretter. Alors je pleure.

Je ne fais que ça. Pendant de longues minutes qui se transforment en longues heures, je pleure. Est-ce vraiment des heures ? Seulement quelques minutes ont pu s'écouler, ou une dizaine voire une vingtaine, soyons positifs. Je pleure et je me dissous dans le canapé, j'essaye de me fondre parmi les coussins, je voudrais disparaitre dans le boutis. Et Kallias ne me laisse pas.

« T'as le droit de pleurer, Miya, t'as le droit, répète-t-il en me hissant sur ses genoux comme une petite fille. Pleure, pleure mon ange, pleure autant que t'as besoin de pleurer. »

Il ne peut pas savoir que je ne suis pas un ange mais que je suis bel et bien un monstre enfermé dans l'enveloppe charnelle qu'est Miya. Je ne suis pas moi, je n'ai jamais été moi. Miya est un leurre, un mensonge, un masque inventé par le monstre que je suis qui brise tout autour de lui.

« Je ne te laisse pas, souffle-t-il en traçant des cercles dans mon dos. Tout va bien, t'es plus tou-... »

« Arrête de dire ça ! »

Un silence. Ma voix est rauque, abîmée, l'écho d'innombrables pleurs, mais c'est ma voix qui vient de l'interrompre. J'écarquille les yeux et, entre mes larmes, je le vois qui esquisse un sourire. Un vrai sourire, un qui dévoile une petite fossette à droite que j'avais pas encore vue. Il sourit et je parle. Une soirée à marquer d'une croix rouge, il semblerait. Au fond, tout au fond de moi, loin dans les profondeurs de mon âme, mon visage de monstre esquisse un sourire. Le masque tombe juste assez longtemps pour que la Miya qui abrite le monstre en elle puisse offrir un sourire, elle aussi un vrai, à Kallias. Puis je me rappelle qui me faisait sourire ainsi avant, et soudain c'est tout mon visage qui se craquèle, ce sont tous mes traits qui s'affaissent.

« Je suis seule et je mérite d'être seule, je craque, le visage caché contre lui. J'ai blessé...j'ai... j'ai fait du mal à la personne la plus importante de ma vie et je... »

Les sanglots montent, m'interrompent, envahissent mes poumons et mes yeux, m'empêchent d'en dire plus. Et voilà que je fonds de nouveau en larmes. Je continue de pleurer ton absence, le vide qu'elle crée en moi, dans ma poitrine, dans tout mon être, partout où je vais.

Où es-tu, Lloyd ?


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800 mots

#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

19 juin 2026, 19:04
 Tokyo, Japon   PNJ   TW  Ô toi mon obsynelle
tw : mention d'alcool et de sang, langage vulgaire

Tu n'es pas là et sans toi je me meurs, sans toi je me dessèche. Redis moi déjà pourquoi tu n'es pas là ? Ah, oui. C'est moi qui suis partie. Pourquoi suis-je partie déjà ? Ah, oui. Nos disputes. Il fallait que je reste loin de toi, que tu restes loin de moi. C'est ce que Jude disait. C'est ce que Kai aurait dit lui aussi, s'il avait su tout ça. Mais il est pas là, il est au Pays de Galles. Bon, c'est pas si loin que ça, mais en fait si. Quand je trainais dans les rues comme un chien errant, j'aurais bien aimé pouvoir transplaner chez lui. J'aurais aimé pouvoir claquer des doigts et m'effondrer sur le pas de sa porte, me coller à lui comme un nouveau-né cherche le contact de sa famille et pleurer un peu dans ses bras. Il m'aurait dit "Bah alors mon Lutin, encore un chagrin ?" et j'aurais pu me vexer qu'il me traite encore de Lutin de Cornouaille. J'aurais ris entre mes larmes, et j'aurais été à la maison — même juste pour une nuit. Mais nan. Je restais dans la rue, ivre et défoncée, je préférais me tuer à petit feu plutôt qu'aller demander de l'aide. Parce que mon aide c'était toi, et t'étais aussi ma bouée de sauvetage, t'étais mon adrénaline, mon oxygène, l'essence de ma vie... Je veux pas croire que c'est fini juste parce que je suis la plus conne, parce que j'ai pas pu me poser deux secondes pour penser, parce que j'ai pris une décision insensée.

« Fais chier.. » Ma voix se brise. Je me racle la gorge, m'étouffe dans mes sanglots. Regarde, Jude, regarde moi. Je l'ai eu ma putain de punition, tu l'as ta putain de vengeance. Je serre les dents tandis que toujours plus de larmes s'échappent de mes yeux d'encre. Je crois que je me vide de tout mon être, je pleure tant que, bientôt, il ne restera plus rien du tout de moi.

« Fais chier ! »

Le cri m'échappe, est amorti par le torse de Kallias contre lequel je suis blottie. Il ricoche ensuite sur le canapé, sur lui, sur moi, sur les murs. Et ça continue de s'agiter en moi, ça continue de me faire un mal de chien, ça continue de me buter. Ouais, ça fait chier. Je veux rentrer, je veux te voir, je veux te toucher et m'assurer que t'es vraiment là, je veux encore t'embrasser et goûter tes larmes, je veux t'entendre prononcer mon prénom mais pas une dernière fois, jamais plus une dernière fois. Je veux continuer de t'entendre le répéter à l'infini, je veux t'entendre m'appeler dans l'appartement, je veux t'embêter de courir en sachant que tu me rattraperas parce que tu me rattrapes toujours, je veux te pousser sur le canapé et sauter dessus comme une enfant, je veux te piquer tes clopes et boire dans ton verre, je veux que tu me joues de la guitare encore un peu, encore des jours, des mois, des années. Pour toujours. Un râle m'échappe. J'ai mal à la poitrine, putain j'ai tellement mal que je voudrais l'ouvrir en deux. Je voudrais être là, avec toi, contre toi, partout à condition que ça soit avec toi. Mes larmes m'étouffent et elles m'aveuglent, m'empêchent d'exister. Parce que j'existais avec toi, à travers toi, et regarde moi, je sais pas quoi faire toute seule. Je sais pas je sais pas je sais pas je sais p-

« ...Miya ? »

Je lève les yeux vers toi. T'es là. T'es venu. T'es vrai- C'est pas toi c'est pas toi c'est pas toi.

« Me touche pas ! »

Je bondis hors de ses bras, vacille sur le canapé et bascule en arrière avec un cri. Ma tête heurte quelque chose de solide et une douleur éclate aussitôt dans tout mon crâne. Putain fait chier. Je siffle une floppée de jurons et me tourne sur le côté, étourdie. Putain ça me vrille la tête. Je veux à boire. Je veux pleurer encore un peu. Je veux hurler. Je veux me déchirer les cordes vocales et cracher du sang. « Reste loin d'moi, j'ordonne, haletante. Nan, va me chercher à boire ! » Voilà je perds la tête, je sais plus ce que je raconte. Et là, je la vois. Dans le regard de Kallias, je la vois. La pitié. Ça fait péter un truc en moi, là où y'avait encore un peu de retenue. Ça me fait vriller.

Je me relève lentement et le regarde avec des yeux exorbités. Des yeux de chien avec la rage. Des yeux qui hurlent ma colère, qui jurent fort, qui insultent tous les dieux.

« Je veux boire, j'affirme, haletante. Maintenant. » Mon crâne me lance, j'ai la tête qui tourne. Putain j'ai mal. Quelle conne, mais quelle conne. Bêtement, je cligne des yeux comme si ça pouvait faire partir la douleur. La vraie, pas celle au sommet de mon crâne mais celle dans mon être, la blessure de mon âme, la plaie en moi qui refuse de guérir.

Lentement, je porte une main à ma tête et la ramène rougeâtre.

« Putain Miya sur t'es blessée sur la table ! »


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883 mots

#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

3 juil. 2026, 13:25
 Tokyo, Japon   PNJ   TW  Ô toi mon obsynelle
tw : mention de sang et de fausse couche, langage vulgaire

Je le regarde s'approcher de moi d'un air soucieux mais, aussitôt, je fais plusieurs pas en arrière, désireuse de garder une certaine distance entre lui et moi. « Ne m'approche pas », j'ordonne, la voix coupante comme la lame la plus aiguisée. Je ne veux pas de ses mains sur mon corps, je ne veux pas de son souffle sur ma peau, je ne veux pas de son sourire. Je te veux toi, Lloyd, toi et personne d'autre. Voilà mon malheur, voilà ma douleur. Parce que tu n'as jamais été aussi loin de moi, et ça me tue à petit feu. Cette blessure à l'arrière de ma tête ? Je la ressens à peine tant le manque de toi occupe toutes mes pensées. Matin, midi, soir. La nuit est le pire, la nuit je dors plus. Je sens le fantôme de ta présence, je cherche les petits restes de ton odeur, de la chaleur de ta peau contre la mienne, de ton étreinte. Un sanglot m'échappe, je m'en veux de me montrer aussi faible, aussi fragile. Mais sans toi, Lloyd, sans toi...je suis plus rien. Une coquille vide, une âme sans fil, un être sans direction. Je ne suis rien.

Je ne mange plus, je ne dors plus, je ne parle plus. C'est comme si tout mon être avait arrêté de fonctionner correctement dès la première fois où on s'est séparés. Je n'aime pas dire qu'on s'est séparés, parce que je pense pas que ça soit vrai. On a divergé, on s'est éloignés, on s'est gueulé dessus, on s'est embrouillés, on a pleuré, on s'est embrassés mais on s'est jamais séparés. J'peux pas vivre correctement sans toi et ça me tue, ça me tue de ne pas savoir quoi faire sans toi, ça me tue d'être si dépendante de toi, alors que j'étais une fille forte, qui avait besoin de personne. Mais maintenant j'arrive plus à rien, je me laisse tomber. J'ai tout perdu. Toi, moi, nous. Elle.

C'était une fille, je sais que c'était une fille.

Une jolie petite fille avec des cheveux sombres et tes yeux, une fille qui aurait été plus grande que moi, une petite fille forte comme son père, un peu paumée comme sa mère mais heureuse de vivre, de bouffer la vie et de jamais s'arrêter. Une petite fille adorable qui aurait grandit avec les parents les plus vacillants mais les plus aimants qui soient, avec une Jude pour l'aimer, et un Chris, et un Kieran, un Alden. J'ai perdu ce que j'ai jamais eu, je regrette et je me meurs pour ce que j'ai jamais eu et ce que j'aurais plus jamais. J'ai perdu ce que j'ai jamais eu, je regrette et je me meurs pour ce que j'ai jamais eu et ce que j'aurais plus jamais. Un petit être dans mon ventre, la graine de cet amour que j’ai pour toi et qui ne mourra pas, jamais, parce que je suis incapable de faire autrement que de t’aimer. Et j’aurais voulu te dire ça avant de partir, avant de disparaitre. J’aurais voulu te dire "je t’aime" une dernière fois, j’aurais voulu te serrer plus fort contre mon cœur, j’aurais voulu t’aimer encore une fois. Si j’avais su que c’était la dernière fois que je t’embrassais, je l’aurais fait plus fort, plus longtemps, avec plus d’amour. Je t’aurais soufflé des mots doux à l’oreille et je me serais noyée dans ton étreinte. J’aurais juste voulu être ta Miya au moins encore une fois. Je suis désolée, par pitié, pardonne moi.

Mais elle, elle, elle méritait mieux qu’une vie entre nos deux âmes en suspens, elle méritait mieux que deux parents perdus, elle méritait mieux qu’une demi-vie. J’ai un rire jaune, les larmes coulent à flot sur mes joues, je me noie dedans. Ouais, elle méritait mieux que tout ce qu’on aurait pu lui offrir, et bordel je sais qu’on lui aurait tout offert. Alors je suis partie, j’ai disparu, je l’ai emportée avec moi. J’ai voulu être une mère mais j’ai été punie et on m’a retiré ce que je n’aurais plus jamais. La prunelle de mes yeux, mon trésor, ma petite fée.

J’ai tout perdu Lloyd, absolument tout. Cette blessure à l’arrière de ma tête ? C’est rien. J’ai mal, j’ai si mal, tellement mal que ça me déchire de l’intérieur, je me sens crever, je voudrais crever. Parce que j’ai pas su nous sauver nous, j’ai pas su te sauver toi, et j’ai pas su la sauver elle.

« Je suis désolée, je balbutie. Je suis désolée mon amour je suis tellement, tellement désolée. »

Tellement, tellement désolée.


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767 mots

#193b02 — Miya le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage