26 juin 2026, 21:51
 Écosse  Nos ombres devant l'aube  PV 
Au Pitiponk < PRÉCÉDEMMENT

Jeudi 1er juin 2051
Plateau de Chaofeng — Écosse
21 ans



Un courant d'air frais me fouette le visage. Je me penche en avant, l'estomac au bord des lèvres. Lorsque la nausée passe, je fais quelques pas pour m'éloigner de Kristen qui nous a fait transplaner. Je cligne des yeux dans la nuit qui nous entoure. Le ciel étoilé, immense et majestueux, nous surplombe. La Voie Lactée le traverse comme une entaille. Face à moi, l'horizon s'étire par delà une forêt grisée par les lueurs bleutées de la nuit.

Je me retourne, sachant déjà ce que je vais trouver derrière moi. La bouche béante et obscure de la grotte alpague pendant une poignée de secondes toute mon attention ; elle m'effraie comme au premier jour alors que je sais qu'elle n'est plus habitée. Cela fait longtemps que la vouivre est partie.

« Bien sûr..., » murmuré-je.

Je ramène mes yeux sur Kristen qui nous a amené au seul endroit du monde qui n'appartient qu'à nous. Mes yeux peinent encore à s'habituer à la pénombre. Je n'ai pas la moindre envie d'allumer une lumière, aussi me contenté-je des contours de sa silhouette dessinée par l'éclat des étoiles.

Un rictus apparaît sur mes lèvres.

« Quelle est la leçon de la nuit ? » lui demandé-je.

C'est un peu une blague entre nous, ces mots. Les premiers que j'ai prononcés ici, même si elle ne s'en rappelle pas concrètement.

@Kristen Loewy

26 juin 2026, 23:19
 Écosse  Nos ombres devant l'aube  PV 
Malgré les turbulences du voyage, le vent frais des soirées écossaises qui caresse mon visage me remplit instantanément d'un sentiment de liberté. Ici, plus de bruit, plus de gens, plus de couleurs éclatantes : rien que le silence nocturne, la grandeur des forêts et l'immensité du ciel étoilé au-dessus de nos têtes. Je savoure un instant ce sentiment, je fixe les étoiles et je me demande bêtement si, un jour, je pourrais en attraper une rien qu'en tendant la main. Lorsque je volerai suffisamment haut sur le dos de Cháofēng pour avoir vraiment la sensation de me fondre dans la nuit.

Mais surtout, ici, il n'y a que toi et moi, Aelle. Seulement nos ombres fondues dans l'obscurité du soir et le fantôme d'un dragon.

Son air malin et ses yeux qui me lancent un défi me font esquisser un sourire. Vraiment, Aelle ? Comptes-tu faire comme s'il ne s'était rien passé, juste à l'instant ? J'ai réussi à faire taire ma curiosité tant de fois, pour me préserver moi-même, certes... Mais je ne peux ignorer totalement ce qu'il s'est passé juste sous mes yeux. Et je ne compte pas te préserver non plus, ce soir.

« Il semblerait que ce soit à mon tour, de prendre des leçons... commencé-je en reportant mon regard vers le ciel. »

Faudrait-il que j'enquête, ou me diras-tu ce que je veux savoir ?

« Gabryel ? demandé-je simplement. »

Équipe Modératus
Mère du dragon - Justice funèbre - Grande Prêtresse Noire - DJ Kraken |

27 juin 2026, 10:00
 Écosse  Nos ombres devant l'aube  PV 
À son tour, des leçons ? Si nous ne venions pas de vivre ce que nous venons de vivre, j'aurais pu croire qu'elle parlait de magie ou de ses souvenirs. Mais quelque chose dans son ton me dit que je ne vais pas forcément aimer la suite. Et en effet. Gabryel. Je camoufle ma grimace en me tournant la forêt qui s'étire en contrebas, cachée par la nuit. Le prénom semble déplacé, ici. Comme s'il n'y avait pas sa place. Celui de Kristen le serait tout autant au Creux.

Gabryel ? demande-t-elle comme si cela suffisait. Gabryel, quoi ? Qui est-il ? Que sommes-nous ? Pourquoi ce tatouage idiot ? La question est beaucoup trop ouverte et c'est une aubaine : c'est facile de répondre à côté à des questions ouvertes. Je ne veux pas parler de lui. Elle ne comprendrait pas. Sa douceur, le creux, sa gentillesse. Moi-même je ne comprends pas la plupart du temps.

« Ouais, Gabryel, je réponds en haussant les épaules. On était ensemble à Poudlard. J'avais pas prévu qu'il serait là ce soir. »

Je lâche ces derniers mots dans un soupir en ramenant mes yeux sur Kristen. J'ai du mal à comprendre ce qu'elle pense et pourtant je comprends que ça ressemble à ce qui s'est passé ce jour-là, au Nocturnia. Et je ne peux pas m'empêcher d'en ressentir une certaine satisfaction.

27 juin 2026, 11:23
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Je reporte mes yeux sur elle, je croise les bras et je fronce les sourcils dans une moue désapprobatrice. Ce n'est pas que je désapprouve le fait qu'Aelle ait eu un copain à Poudlard, je me fiche pas mal de ses amours adolescentes. En revanche, j'ai beaucoup plus de mal à accepter les mensonges effrontés. Je dois déjà accepter les demi-mensonges de ma jeune tempête et tout ce qu'elle préfère omettre, alors je ne permettrai pas qu'elle profère de telles absurdités en toute impunité, juste en face de moi, comme si ce n'était rien.

« Aelle. Je sais faire la différence entre un vieux tatouage et un tatouage qui n'a même pas eu le temps de commencer à cicatriser. »

Je suis tatouée moi-même - même si j'ai l'impression de ne pas avoir pris cette décision par moi-même - et je vis avec un tatoueur juste au-dessus de son salon de tatouage. Des tatouages, j'en ai vu. Tout frais, bien cicatrisés, mal cicatrisés, et tout ce qui se situe entre les deux. Je suis devenue un peu experte en la matière, malgré moi. Pensait-elle vraiment que j'allais gober un mensonge pareil ?

« Et j'ai vu ta réaction. Je te connais, peut-être mieux que tu ne l'imagines. Soit tu me fais des secrets, soit ce Gabryel est encore plus idiot que je ne l'imaginais. »

Il n'avait certes pas l'air d'être le balai le plus lustré du placard... Mais la réaction d'Aelle ne mentait pas - malgré tous ses efforts pour dissimuler ce qu'elle pensait vraiment.

Équipe Modératus
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27 juin 2026, 12:19
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Je la regarde sans comprendre. Pourquoi est-ce qu'elle me parle de ce tatouage, je n'ai jamais sous-entendu qu'il était une histoire ancienne ou même... Oh, Merlin. Le choc me frappe soudainement. Qu'elle ai pu croire qu'ensemble signifiait ensemble me tétanise. Cette fois-ci, je ne cache pas ma grimace en me tournant vers la forêt. J'essaie de comprendre pourquoi elle a l'air si agacée tout à coup.

Son ton, ses paroles... Son « Je te connais, peut-être mieux que tu ne l'imagines » me fait perdre toute la légèreté que j'ai ressenti suite à ce voyage soudain. Mon visage s'assombrit. Quelque chose se noue à l'intérieur de moi et une bouffée de colère étouffe les mots que j'aurais pu lui balancer au visage. Je prends une inspiration agacée et à mon tour je croise les bras sur ma poitrine.

« Je voulais dire en même temps à Poudlard, pas ensen... »

Je m'interromps avec un claquement de langue agacé et je secoue la tête. Si elle me connait si bien que ça, elle aurait dû savoir ce que je voulais dire, non ?

« Quel secret croyez-vous que je fais ? J'ai encore rien dit. Mais bon, allez-y, si vous me connaissez mieux que je me connais moi-même, répondez vous-même aux questions que vous ne posez pas. »

Je m'éloigne pour m'approcher du vide, une moue boudeuse sur les lèvres, et rassurée en même temps : c'est si banal ces disputes, pour nous.


Génial, ça commence très bien !

27 juin 2026, 12:55
 Écosse  Nos ombres devant l'aube  PV 
Je lève les yeux au ciel. Ai-je vraiment envie de me battre pour obtenir la vérité, quand elle est si évidente, et si évidemment cachée ? Quand elle commence à corriger ma compréhension du mot ensemble, je secoue la tête. Oh oui, moi aussi, je vais me faire tatouer l'initiale d'un de mes camarades de classe sur le torse, avec le symbole de l'infini. Un D comme David, car il devait bien y avoir un David parmi mes camarades, non ? Ou un O comme Olivia, pourquoi pas ? N'importe quelle lettre ferait l'affaire, puisqu'un tel tatouage n'a aucun sens !

« Non, dis-je fermement et calmement. »

Je l'observe de loin et j'ai envie de la retourner pour qu'elle me regarde dans les yeux. Qu'elle ose ignorer le sujet et me mentir en me regardant en face. Mais je reste en place, comme une statue magique qui attend la réponse à sa question pour bouger.

« Ce serait trop facile. Je ne te ferai pas ce cadeau. »

Je ne parlerai pas à ta place, Aelle, pour que tu te contentes de nier derrière, ou te renfermes dans le silence en affichant une moue boudeuse. C'est à toi de parler. Ce type qui affiche ton initiale sur son torse s'est immiscé dans notre moment et tu lui as sauté dessus, masquant ta satisfaction de te voir encrée dans la chair sous le masque de l'agacement ; mais je sais. Ne me prends pas pour une idiote en me faisant croire que c'est un simple camarade de classe. Me respectes-tu si peu ?

« Qui est-ce ? »

Aelle connaît presque toute ma vie, et sur certains aspects, mieux que moi-même. Pourquoi n'ai-je pas le droit de connaître la réponse à des questions aussi simples ?

Équipe Modératus
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27 juin 2026, 13:25
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Non ? J'ai un rire silencieux sans joie que j'offre à l'obscurité du vide. Sa façon de me parler me rappelle quand elle était Directrice et qu'elle m'imposait des choses. Je ne te ferai pas de cadeau, dit-elle ! Je n'en attends pas. Si elle veut des réponses, elle n'a qu'à poser des questions claires, par Merlin. J'ai l'impression qu'elle attend une réponse précise de moi. Je sais laquelle. Je ne compte pas lui donner. Car je ne mentais pas quand je disais que Gabryel et moi, on... Et puis de toute manière, pourquoi est-ce qu'elle insiste ? Ne peut-elle pas laisser Gabryel où il est au lieu de l'inviter à nos moments, sur notre plateau ? Ne peut-on tout simplement pas passer à autre chose ?

Une question tombe finalement. Claire, celle-là. Pendant quelques secondes, je regarde le ciel piqueté d'étoiles sans ne rien dire. Je ne sais pas qui il est. Je me retourne vers Kristen. Son regard me perfore malgré la pénombre qui la dérobe à moi. Je sais pourquoi elle insiste. Et malgré moi, ça me plait qu'elle le fasse.

Je secoue la tête sans rien dire. Je n'ai pas la réponse. Mais ça ne suffira pas, hein ?

« C'est... Gabryel, dis-je, impuissante, en la regardant droit dans les yeux. Je me suis jamais demandé qui il était. Je le connais depuis très longtemps. Il est... » Il dit qu'il m'aime. « Ce tatouage... Je pensais pas qu'il ferait un truc comme ça. »

Je sens venir le moment où elle me reprochera d'encore lui mentir. Je serre les mâchoires sans détourner les yeux.

27 juin 2026, 14:20
 Écosse  Nos ombres devant l'aube  PV 
Quand la réponse tombe, je la fixe à travers l'obscurité. J'essaie de mieux percevoir l'intensité de son regard, déchiffrer quelque chose dans ses yeux. Je serre les mâchoires. Pourquoi, par Morgane, suis-je si frustrée ? Je suis une grande femme, dans le fond, je devrais n'avoir cure de ce qu'Aelle Bristyle fait de son cœur. Cela ne me regarde pas. Nous ne sommes pas du genre à parler de garçons, de filles, ni même vraiment de sentiments. Et pourtant, cette réponse... J'aurais préféré qu'elle fut autre. Parce que je sais qu'en ce moment, Aelle ne dit que la vérité. Elle n'omet pas. Il y a des relations qu'on ne peut pas définir et... j'aurais aimé, au fond de moi, être la seule personne indéfinissable de son univers. La seule exception ; comme elle l'est pour moi.

Mais je ne le suis pas. Un jour, elle s'en ira comme elle craint que je le fasse, car je suis une parmi d'autres, remplaçable, interchangeable et surtout, surtout, je ne suis vraiment pas la personne sur cette Terre qui soit la mieux placée pour la rendre heureuse. Et il n'y a que cela qui fait rester pour la vie, n'est-ce pas ? Le bonheur. Vous pouvez aimer tant que vous voulez : s'il n'y a pas de bonheur, il n'y a pas d'avenir.

« Je te crois, dis-je en fourrant ma main dans ma poche et en froissant du bout des doigts le parchemin aux deux règles qui s'y trouve. »

Je détourne le regard et me plonge dans la mer de pin en contrebas. Ce fichu tatouage me semble toujours de très mauvais goût mais cela n'a plus vraiment d'importance.

« Oui, je te crois, répété-je, ne pouvant dissimuler la déception dans ma voix. »

Équipe Modératus
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27 juin 2026, 16:49
 Écosse  Nos ombres devant l'aube  PV 
Je la regarde un long moment, même quand elle se détourne pour offrir son regard aux pins plongés dans la nuit. Elle me croit. Je devrais en être soulagée et pourtant un poids tombe dans mon estomac. Peut-être est-ce la lueur dans son regard ou l'expression sur son visage que j'ai appris à décrypter cette dernière année ? Ou alors c'est son ton, ce quelque chose dans sa voix qui me fait croire que je ne lui ai pas donné la réponse qu'elle espérait. Qu'aurait-elle aimé entendre ?

Je me tourne à mon tour vers l'horizon nocturne. Je crois qu'au fond de moi je sais ce qu'elle aurait aimé entendre. Elle aurait aimé que je lui dise qu'il n'était rien, que je ris de son tatouage avec elle, que je me plaigne qu'il nous ait dérangé. Est-ce bien cela ? Ou alors est-elle seulement déçue que je perde mon temps avec autre chose que la magie ? Je me souviens de la Kristen de Poudlard, qui n'était alors que Loewy. Celle qui refusait que je vienne la voir si je n'avais rien d'intéressant à dire. Elle, elle aurait détesté que je parle de Gabryel. Et celle d'aujourd'hui, c'est à ça qu'elle pense ?

« Vous trouvez ça idiot. »

Je ne sais pas de quoi je parle. Je ramène mes yeux sur Kristen. Je m'approche d'un pas pour mieux la discerner dans la nuit.

27 juin 2026, 23:28
 Écosse  Nos ombres devant l'aube  PV 
Je cherche une réponse dans le murmure du vent. Pendant quelques secondes, je n'entends rien.

« L'amour rend idiot, certainement, déclaré-je enfin. »

C'est cet idiot d'amour qui nous pousse à nous faire tatouer une initiale sur le torse à vingt ans. Lui qui nous pousse à accepter ce que l'on ne devrait pas, lui qui nous rend vulnérable, lui qui nous oblige, lui qui nous fait prendre des risques, lui qui nous blesse. Bien sûr, que je trouve ça idiot. Aude... Ma lumière perdue, la brume éclatante qui se glisse dans tous les recoins de mon esprit, ce visage que je voudrais retrouver dans tous ceux que je croise, depuis que tu me l'as montré, Aelle. Aude a été idiote de m'aimer. J'ai été idiote de l'aimer. Je suis idiote de l'aimer encore, alors que je ne la connais plus. Les souvenirs ont disparu, mais le sentiment qui presse mon cœur survit. N'est-ce pas idiot ? Aimer une morte, espérer bêtement qu'elle ne le soit pas, qu'elle soit comme moi, peut-être, à mi chemin entre deux mondes, perdue dans un autre corps. Espérer qu'elle me revienne et me serre contre elle, qu'elle me console, qu'elle me dise que tout va redevenir comme avant... Qu'elle ne m'abandonnera pas, peu importe que je sois néfaste, parce qu'elle est si idiote ! Nous serions deux ressuscitées déguisées en d'autres, idiotes et amoureuses.

Je me souviens qu'il a parlé en français et je sens l'angoisse tordre mon ventre. Je ne sais pas ce qu'Aelle lui trouve. Qu'a-t-il que je n'ai pas ? ... La lumière ?

« J'accepterai tes idioties, à condition que tu ne commettes pas la terrible erreur de me laisser de côté, dis-je en me tournant vers elle et me forçant à sourire pour ne pas faire éclater les bulles de larmes au fond de mes yeux. »

Je pourris si tu m'oublies, Aelle, comme tu as pourri quand je t'ai oubliée.


pardon pardon j'ai dépassé mais quand il s'agit d'écrire sur Aude et l'amour je m'embaaaalle :'(

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