29 juin 2026, 19:21
Instabilité professorale et stress en pagaille
Dimanche 18 juin 2051 - Bureau de psychomagie
Avec @Hyacinthe Kyros
Ca ne faisait pas longtemps que Ciara avait retrouvé le Château où elle avait appris à jouer de la baguette. Ce fut donc sans difficulté qu'elle retrouva le chemin du bureau de psychomagie. Ce n'était pas bien sorcier de marcher dans les pas de sa jeunesse.

Elle n'était arrivée que récemment mais elle avait tout de même pu échanger avec plusieurs élèves du stress qui les habitait... Il y avait bien le lien avec les examens. Rien d'anormal à cela... mais il y avait aussi - et c'était cela qui l'inquiétait - celui lié à l'instabilité des enseignants à Poudlard.

Les enseignants s'étaient - dans sa matière comme en DCFM semblait-il - succédé à une vitesse folle ces dernières années. Il fallait dire qu'entre les lectures des notes laissées par ceux qui étaient passés avant elle et quelques recherches personnelles, elle s'était rendue compte que depuis seulement septembre 2049, soit l'année précédente, elle était la 5ème enseignante à prendre la place, la 3ème juste cette année ! Cela avait de quoi bouleverser des enfants qui grandissaient et avaient besoin de stabilité ! Elle s'était mise à s'imaginer - son imagination pouvait parfois déborder - un tableau dans lequel le poste avait reçu une malédiction quelconque empêchant aux enseignants de rester plus d'un certain temps !

Elle espérait rompre cette magie néfaste et donner aux enfants ce qu'ils méritaient : outre un enseignement de qualité, ils avaient besoin d'un adulte sur lequel compter. Elle espérait être celui-là et donc ne pas être amenée à changer de poste pour des convenances personnelles. Le peu qu'elle avait vu jusque là l'emballait grandement !

Elle espérait s'ouvrir du stress des enfants au professionnel ayant ces quartiers là. Elle frappa à la porte puis salua : Bonjour ! Je dérange ?

Professeure de métamorphose depuis le 03.06.2051 - Chocolate
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4 juil. 2026, 02:15
Instabilité professorale et stress en pagaille
C'était une belle journée. L'air à Poudlard était doux malgré la chaleur étouffante de l'été et d'un silence remarquable comparé au reste de l'année. Les examens étaient terminés, et Hyacinthe se sentait particulièrement satisfait d'être, pour une fois, de l'autre côté du miroir. Ces périodes n'étaient jamais agréables, et lui-même avait été un étudiant particulièrement stressé et surmené chaque fin d'année. Les éclats de voix des élèves s'étaient ainsi dispersés ces derniers jours, et le troisième étage ne conservait qu'un doux murmure diffus - tantôt des tableaux discutant, tantôt un fantôme passant d'une salle à l'autre.

C'était agréable, et pourtant, cela ne faisait pas disparaître le travail de Hyacinthe. Ô, il allait passer un été tranquille, c'était certain. Mais avant cela, il avait des dossiers à compléter, des suivi à peaufiner, un bilan de l'année à réaliser. À cette période de l'année, les rendez-vous se faisaient plus rares - seuls les élèves avec un suivi plus important continuaient de passer la porte de son bureau. Les entretiens plus éphémères, liés au stress des examens, aux insomnies et aux peurs de l'échec faisant surface, s'étaient effacés avec ces derniers. Hyacinthe les abordait ainsi avec une régularité presque mécanique ainsi qu'une légèreté issue de sa bonne humeur.

À quelques centimètres de son coude, Lernie dormait paisiblement. Hyacinthe leva brièvement les yeux vers elle et un sourire discret vint adoucir les traits tirés de son visage. Jolie. Oui, il était heureux de l'avoir comme compagnie quotidienne. Très heureux.

Trois coups légers résonnèrent alors contre la porte, et le trentenaire cligna des yeux tandis que ses pensées se réajustèrent à son environnement. La voix qu'il entendit fut clairement adulte, mais restait néanmoins peu familière. Une nouvelle collègue, peut-être ?

- Entrez, commença t-il avec une voix aigue. Il se redressa, abandonnant presque instantanément le travail sur lequel il était penché, avant de se diriger vers la porte.

Cette dernière s'ouvrit sur la nouvelle professeure de métamorphose. O'Malley... Ciara ? Ils ne s'étaient guère parlé jusque là, mis à part les quelques salutations échangées dans les couloirs, dans la Grande Salle, ainsi que la rapide et traditionnelle présentation lors de son arrivée. Pourtant, Hyacinthe gardait un souvenir assez net de leur première rencontre - et à vrai dire, les derniers mois avaient été forts en premières rencontres imprévues. Arriver à Poudlard en cours d'année demandait un courage que ses nouveaux collègues semblaient tous posséder, et dont il n'aurait lui-même certainement pas fait preuve.

Apprendre des dizaines de noms, (re)découvrir un château, et prendre en charge des classes déjà construites sans avoir eu le temps d'en accompagner les premiers pas... Par Merlin, le roux avait eu besoin de plusieurs semaines avant de se sentir invité sur place, alors que les semaines de rentrée étaient censé être les plus faciles pour se mettre dans le rythme.

À sa question, son sourire s'élargit imperceptiblement.

- Oh, Ciara ! Bonjour. Vous ne me dérangez pas, aucune inquiétude à avoir. Un léger mensonge, mais peu important. Puis-je vous aider ?

D'un geste léger de la main, le psychomage invita la sorcière à entrer. Il désigna les sièges qui se trouvaient devant la fenêtre, sans pour autant s'avancer vers eux : peut-être que la demande de sa collègue était rapide et ne nécessitait pas autant de formes. Néanmoins, Hyacinthe fit ce qu'il savait faire de mieux : entretenir ses relations par la discussion. C'était une compétence formidable lorsqu'il s'agissait de s'inclure dans un groupe, ou, comme dans le cas présent, de s'assurer la bienvenue d'une nouvelle personne.

- J'espère que le château ne vous malmène pas trop. Vous êtes-vous bien adaptée à vos classes et au programmes de Gwendoleen et Yara ?

Les deux femmes s'étaient succédé à la vitesse de la lumière, même si la première a pu maintenir une continuité pédagogique sur la première partie de l'année. Hyacinthe espérait que Ciara resterait plus longtemps, ne serait-ce que pour les élèves. Il ne savait d'ailleurs pas encore ce qui amenait la rousse jusqu'à lui, et il n'avait aucune envie de le deviner comme par magie (il ne maîtrisait pas l'occlumencie, de toute façon). Les gens venaient rarement au bureau de psychomagie par hasard, même s'ils n'avaient pas rendez-vous.

698 - @Ciara O'Malley

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

4 juil. 2026, 10:38
Instabilité professorale et stress en pagaille
Ciara fut accueillie comme si elle était chaleureusement attendue. Un sourire épanoui se dessina sur ses lèvres malgré le sujet qui l'amenait. Elle répondit joyeusement : J'en suis heureuse alors ! Oui vous pouvez m'aider... l'aider à aider les élèves... Elle pénétra dans le bureau et prit un des sièges offerts près de la fenêtre et s'assit comme on l'y invitait. Merci ! La lumière du soleil dardait ses rayons et cela amenait une sorte de réconfort à l'endroit. Elle pouvait comprendre que des gens se sentent bien ici et soient amenés à se confier. Hyacinthe connaissait visiblement bien son boulot ! Tant mieux !

Mais avant de rentrer dans le fond du problème quelques politesses d'usage s'échangèrent. Oh ! C'est gentil ! rit-elle doucement avant de reprendre Tout va bien pour moi. Enfin, bien mieux qu'avant de prendre ce poste mais elle n'était pas là pour parler de ses états d'âme et de ce qui l'avait poussé à démissionner de son précédent poste. Les programmes étaient bien construits, oui. Pas de problème pour cela ! évacua-t-elle la question avant de prendre une grande inspiration.

Elle en profita pour regarder autour d'elle. Elle avisa le bureau et demanda : Vous êtes sûr que je ne vous dérange pas ? Je voudrais vous parler des enfants et ca peut prendre du temps...

Elle s'avisait - probablement un peu tard - qu'elle était arrivée à l'improviste. Elle précisa sa pensée : J'ai discuté avec plusieurs d'entre eux et ils sont unanimes : ils ont le stress des examens, bien sûr... mais je sens comme une sorte de traumatisme lié aux changements successifs des professeurs, dans ma matière bien sûr mais pas seulement. Après tout, je suis la cinquième prof de méta en 2 ans, la 3ème cette année. Je les comprends... fit-elle avec une grimace.

Elle avait posé le cadre et ajouta : A part leur dire que je ne veux pas partir tout de suite, je ne vois pas comment les aider... Alors j'ai pensé à vous... lâcha-t-elle avec espoir.

Professeure de métamorphose depuis le 03.06.2051 - Chocolate
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6 juil. 2026, 21:58
Instabilité professorale et stress en pagaille
Le sourire de Hyacinthe s'adoucit lorsque Ciara lui assura que tout se passait bien. Il ne s'était pas rendu compte qu'il attendait cette réponse avec une curiosité sincère avant de sentir la légère détente qui traversa ses épaules. Les arrivées en cours d'année avaient quelque chose d'ingrat ; entrer dans un rythme déjà lancé, apprivoiser des classes, trouver sa place parmi des collègues déjà emplis d'habitudes. Entendre que les classes ne lui donnaient pas trop de fil à retordre avait quelque chose de rassurant.

Son regard suivit ensuite celui de la jeune femme lorsqu'elle observa les parchemins encore étalés sur son bureau. Comme s'il redécouvrait leur présence, le roux laissa échapper un petit rire discret.

- Je vous assure que non. Si vous étiez arrivée demain, je vous aurais probablement répondu exactement la même chose.

Il entreprit de rassembler les feuilles avec minutie, alignant les bords sans que cela ne change véritablement le désordre de l'ensemble. Lernie resta immobile, et il n'y eut pas plus de place que cela sur son bureau. Abandonnant enfin, Hyacinthe rejoignit sa collègue et s'assit sur son siège.

- Il me reste bien deux ou trois comptes rendus à terminer avant les vacances, mais rien qui ne soit suffisamment urgent pour empêcher une conversation. Au contraire, c'est une pause bienvenue.

Il accompagna ses mots d'un sourire tranquille, son regard glissant un instant vers la fenêtre où la lumière de juin faisait danser les poussières dans l'air. Dans quelques jours, de toute façon, Hyacinthe ne penserait même plus au travail : sa maison allait lui prendre l'ensemble de ses premières semaines, et une fois les travaux terminés, le roux allait enfin pouvoir s'y reposer et profiter de l'été. L'idée de retrouver un peu de solitude ne lui déplaisait pas, bien au contraire.

L'expression du psychomage demeura légère jusqu'au moment où Ciara exposa enfin ce qui l'avait conduite jusque-là. À mesure qu'elle parlait, son expression changea imperceptiblement, son amusement laissant place à la concentration qui était propre à son métier. Hyacinthe écoutait ainsi aussi naturellement qu'il respirait. Il fronça légèrement les sourcils lorsque la sorcière mentionna l'instabilité du corps professoral : c'était un élément à ne pas négliger. Ses mains s'étaient naturellement rejointes devant lui, ses doigts entrelacés avec une élégance distraite, tandis que son regard ne quittait presque plus celui de la professeure.

- Oui... répondit-il alors en mentionnant les examens de fin d'année. Sa voix avait perdu toute trace d'humour, en gardant pour autant un ton conversationnel. Cela, malheureusement, reste assez attendu. Diarmuid et moi avons déjà reçu plusieurs élèves ces dernières semaines pour des questions liées au stress. Certains avaient simplement besoin de mettre des mots sur leurs inquiétudes, d'autres de conseils plus concrets pour retrouver un peu de contrôle. Nous avons essayé de multiplier les portes d'entrée.

Un petit sourire apparut sur le visage de Hyacinthe alors qu'il faisait une courte pause.

- J'ai, pour ma part, partagé différentes méthodes de gestion du stress en entretien et ai organisé un petit atelier où nous avons créé des sachets anti-stress laissés à disposition. Les élèves ont plutôt bien accueilli l'idée, la boîte est presque vide.

Cela avait été une bonne initiative, aux yeux du psychomage. Mais sa joie s'effaça, remplacé par une nuance de regret, lorsqu'il expliqua à Ciara que ce genre d'actions ne touchait malheureusement pas tous les élèves de cette école.

- Cela aide ceux qui acceptent de franchir la porte. C'est déjà précieux... mais cela ne représente qu'une partie des jeunes qui en auraient besoin. Ceux qui ne se rendent pas compte que leur stress est devenu difficile à gérer, ceux qui ont peur ou qui refusent de demander de l'aide... ils n'approchent souvent pas de cette partie du château.

Il baissa un instant les yeux vers ses mains - gérer les choses par soi-même, c'était une pensée qui trouvait toujours écho en lui, malgré toutes ces années. Une fausse bonne idée que l'on pouvait avoir à tout âge, soit lorsque l'on était pas assez conscient de soi-même, soit lorsqu'une petite couche de déni s'infiltrait dans nos vies.

Puis vinrent les changements d'enseignants, et le roux ne pu envisager de contredire le constat de Ciara : cinq professeurs de métamorphose en deux ans, c'était non négligeable. Depuis son retour à Poudlard, les visages avaient changé avec une rapidité qui l'avait lui-même surpris. Isée, Alwen, Yara, Dominic, Lorelyne, Sigmund... et l'équipe éducative n'avait pas fait exception, avec les départs de Suileabhan, de Cillian... et avant même son arrivée, de Mia. Ces mouvements faisaient parti de la vie adulte : les carrières évoluaient, les projets changeaient, et les circonstances personnelles imposaient parfois des départs précipités. Hyacinthe ne s'est jamais permis de juger cela, lui qui avait aussi tant bougé. Cependant, ces changements se faisaient habituellement pendant l'été, et non au cours d'une année.

Le fait que les élèves assistent à de telles réorganisations administratives et pédagogiques n'allaient pas en leur faveur. Ils ne faisaient pas attention à tout ça, bien sûr, mais faisaient surtout face aux absences de leurs enseignants, des adultes auxquels ils avaient commencé à s'attacher. Voir ces figures censées être stable quitter le château les unes après les autres pouvait être particulièrement impactant. Et Hyacinthe l'avait bel et bien vu : plusieurs jeunes lui avaient fait part de leurs déception, de leur irritation ou de leur tristesse face à ces pertes et ces découvertes parfois malvenues. Ils retenaient leurs élans, emplis des souvenirs de leurs prédécesseurs, et s'investir dans une relation vouée à ne pas durer pouvait être compliqué.

- ...C'est aussi ce qui m'inquiète le plus.

Son regard retrouva celui de Ciara.

- Les examens sont une source de stress ponctuelle qui reviendra chaque année, sous une forme ou une autre. Nous pouvons apprendre aux élèves à la traverser, leur donner des outils, les accompagner jusqu'à ce qu'ils trouvent leurs propres repères. En revanche... voir les adultes à qui ils ont donné leur confiance partir les uns après les autres, ça impacte. Cela devient de plus en plus compliqué de la construire, car ils maintiennent l'idée que cela ne durera pas. Sans même parler de la continuité pédagogique, comme vous devez vous en douter...

Hyacinthe laissa le temps s'écouler, puis esquissa un sourire à la jeune femme - était-elle plus jeune que lui ? Peu importe. C'était une bonne chose, pensa-t-il, qu'elle ait pris le temps de les écouter. Passer au delà du stress des examens demandait un effort de perception évident pour une nouvelle venue.

- Je ne suis pas certain qu'il existe une réponse qui fasse disparaître cette peur d'un coup. En revanche, nous pouvons peut-être réfléchir à la manière de leur rendre un peu de stabilité autrement que par des promesses intenables ?

1121 - @Ciara O'Malley

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

7 juil. 2026, 18:13
Instabilité professorale et stress en pagaille
Rassurée de ne pas déranger, Ciara poursuivit sur le chemin qu'elle s'était fixée en venant là. Elle était à la recherche de réponses à apporter et espérait les trouver. Très bien... Alors je vous vous expliquer la raison de ma présence... débuta-t-elle, heureuse de pouvoir le distraire avec une pause bienvenue.

Un sourire plus tard, elle exposa les éléments. Elle n'était pas au courant concernant les actions sur le stress et se trouvait heureuse que de telles initiatives existent. Ah des sachets anti-stress ? Vous les avez créé comment ? Une astuce était toujours bonne à prendre. C'est bien pour les élèves de mettre ca en place... C'est dommage que ca ne soit pas obligatoire, ca permettrait de toucher tout le monde... regretta-t-elle. Après tout, la gestion de ses émotions est la base d'une magie réussie... C'était une des étapes cruciales des cinq qui permettaient de lancer un sort. Est-ce que vous auriez besoin de l'appui d'un enseignant pour faire passer des messages ? questionna-t-elle à tout hasard. Elle était toute prête à se porter volontaire. Elle pouvait même prévoir un créneau dans un de ses cours pour permettre à la bonne parole de s'exprimer. Ca avait tout à fait sa place auprès des premières années qui découvraient la gestion des émotions pour faire de la magie, auprès de ceux qui avaient des examens officiels comme les BUSE et les ASPIC mais aussi auprès des autres, même si c'était dans une moindre mesure... quoiqu'avec les changements d'enseignants, ca pouvait s'entendre.

Elle hocha la tête lorsque la continuité pédagogique fut abordée. Elle était bien entendu bien placée pour le savoir. Même si les programmes étaient officiels, chacun avait sa façon de l'aborder et cela pouvait gêner les élèves. Rendre un peu de stabilité ? Mais comment ? C'était facile à dire, moins à faire. Hochant la tête, elle reprit : Oui mais comment ?

Professeure de métamorphose depuis le 03.06.2051 - Chocolate
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12 juil. 2026, 14:28
Instabilité professorale et stress en pagaille
Suivant le fil des réflexions de sa collègue, Hyacinthe hocha la tête distraitement au fur et à mesure qu'elle allait au bout de sa pensée. Les silences ne l'embarrassèrent pas ; il ferait un piètre psychomage s'il devait s'offusquer du moindre silence tant ses entretiens étaient variés et ponctués de ces périodes de blanc apparent. Et aujourd'hui ne faisait pas exception, puisque les développements naissant de ces quelques secondes étaient, une fois encore, plus intéressants que si Ciara n'avait pas pris le temps de réfléchir.

Un sourire anormalement fier éclaira le visage du roux lorsqu'elle reprit sur les sachets anti-stress. Il s'excusa et fit un léger signe de tête avant de brièvement sortir du bureau et d'attraper une petite balle de tissu orangé, qui était dans une corbeille à peine remplie posée dans la salle d'attente. Revenant à peine quelques secondes plus tard partager la compagnie de la professeure de Métamorphoses, il leva la main pour montrer le petit objet coloré.

- Des sachets, comme celui-ci, commenta-t-il avec une implication évidente. J'avais pensé à quelque chose de très simple : tissu, billes, un peu de fil pour recoudre le tout. Ce n'est pas très couteux, et ces produits sont accessibles tant chez les moldus que chez les sorciers.... oh tenez, si vous voulez bien...

Hyacinthe lui tendit alors le sachet anti-stress afin qu'elle puisse y jeter un coup d'œil. Réalisant à quel point son expression était ouverte, il toussa doucement dans son coude avant de se réajuster vers quelque chose de plus sobre. Sa voix, cependant, resta aussi douce qu'elle l'était auparavant.

- C'est- où en étais-je... eh bien... dans le cas où les sachets s'abîment ou se perdent, ils auront la possibilité de les réparer ou d'en refaire, même chez eux, qu'ils aient accès à leur baguette ou non.

Il n'était pas difficile de deviner que bon nombre d'élèves n'avaient jamais tenu une aiguille de leur vie, et lors de l'atelier, un certain nombre d'entre eux s'est découvert étonnamment appliqué. Magie ou manuel, aide ou autonomie, le processus était varié mais le résultat restait le même. L'idée de rendre ce type d'atelier obligatoire fit néanmoins disparaître peu à peu cette légèreté. Hyacinthe croisa doucement les mains devant lui, prenant le temps de réfléchir avant de répondre. Il ne souhaitait pas donner l'impression à Ciara de rejeter sa proposition - qui, il le savait, était basée sur une intention tout à fait louable - cependant...

- J'y ai pensé moi aussi, au début. Mais je crois que ce genre d'atelier ne fonctionnerait pas aussi bien avec des obligations. Les mots lui vinrent lentement tandis que le roux construisait ses phrases sur le moment, les examinant brièvement avant qu'elles ne franchissent ses lèvres. Les élèves qui viennent ici le font parce qu'ils acceptent, d'une manière ou d'une autre, de parler de ce qu'ils ressentent. Si nous transformions cela en un passage imposé, j'ai peur que certains aient le sentiment qu'on cherche à leur expliquer ce qu'ils devraient ressentir... et, dans ce cas, beaucoup risqueraient de se fermer avant même que nous ayons commencé.

Il releva la tête vers Ciara, son regard s'éclairant d'un intérêt nouveau lorsqu'il rebondissait à sa proposition. Sa proposition pouvait être envisagée d'un autre œil, ce qui n'obligerait pas les élèves à assister à de quelconques d'autres classes ou d'options auxquelles ils n'auraient pas consenti.

- En revanche... là où votre suggestion est intéressante, c'est qu'il me semble tout à fait approprié de développer ces points en classe par un autre prisme que les sortilèges - de temps à autre, j'entend ; il ne faudrait pas négliger le programme.

Les élèves apprenaient très tôt qu'un sort ne dépendait pas uniquement d'une formule correctement prononcée ou d'un mouvement de baguette précis. C'était même l'une des premières choses enseignées à Poudlard, et bien que le lancé de sortilège nécessitait une bonne reconnaissance de certaines émotions, cette dernière ne recouvrait ni la large amplitude des émotions humaines, ni le contrôle de celles-ci en dehors d'une intention directe. Hyacinthe fit ainsi part de ces informations à Ciara sans particulièrement les développer. Il poursuivit ensuite :

- Si ces messages trouvent naturellement leur place en classe, ils auront sans doute davantage de portée que s'ils viennent uniquement de moi. Cela vous ouvre également une porte pour aborder des émotions plus généralisées, et... oh, peut-être que vous pourriez mentionner cela à leurs directrices et directeurs de maison.

Hyacinthe avait conscience que son opinion pouvait être perçue comme une relégation de travail. Bien sûr, la gestion des émotions était un domaine pleinement dans ses capacités, et il travaillait cela avec bon nombre de ses patients. Néanmoins, passer par l'intermédiaire des enseignants ou des directrices et directeurs de maison était une idée lui plaisait sincèrement. Le trentenaire avait conscience de la vision commune de son métier : il était celui qui parlait à ceux qui avaient des problèmes et qui décortiquait leurs esprits avec autant de minutie qu'un légilimens accompli. Il réfutait cela de tout son être, bien sûr, mais la psychomagie n'était pas aussi normalisée qu'il le souhaiterait, et des élèves pouvaient volontairement rejeter sa présence de par sa simple fonction. Des attentions types - une conseil donné en classe, une remarque glissée ici ou là - pouvaient permettre de leur offrir ces informations sans les confronter à cela.

Néanmoins, la profondeur de ces implications ne dépassa pas la barrière de ses lèvres, puisque Hyacinthe préféra se concentrer sur la façon dont il pouvait répondre à Ciara. La stabilité... Ce n'était pas une interrogation nouvelle, bien que le roux ne l'ait pas exploré plus loin que nécessaire. Il s'était surpris, à plusieurs reprises, à entendre certains élèves accueillir un nouvel enseignant avec une politesse irréprochable mais sans la moindre curiosité. D'autres, à l'inverse, refusaient profondément ces nouveautés, à la fois par attachement que par désagrément

Hyacinthe releva finalement les yeux vers Ciara et reprit la parole d'une voix basse.

- Si leur demander de ne plus craindre les départs n'est pas possible, peut-être que leur offrir des repères plus propres au château ou aux différentes matières est plus intéressant. Des habitudes, des activités, qui persisteront malgré les changements de professeurs ?

Il était pourtant clair que l'élément rouge de sa proposition était indéniablement liée à la diversité des enseignants : non seulement ils pouvaient ne pas organiser leurs classes de la même façon, mais ils étaient surtout des individus différents. Les élèves les plus touchés par ces changements étaient ceux qui créaient des liens affectifs facilement, et ce n'était malheureusement pas quelque chose de remplaçable aisément. Hyacinthe secoua doucement la tête avec un sourire presque désolé.

- Je n'en suis encore qu'au stade des hypothèses, malheureusement. C'est un problème beaucoup plus délicat qu'il n'y paraît, surtout lorsqu'il concerne l'attachement des élèves.
1130 - @Ciara O'Malley

Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c

12 juil. 2026, 16:40
Instabilité professorale et stress en pagaille
Tandis qu'elle parlait des sachets anti-stress, il s'absenta un instant et revint avec une espèce de balle orange qu'elle prit lorsqu'il la lui tendit avec curiosité. Vous mettez quoi dedans ? demanda-t-elle, visiblement intéressée.

Il évoqua le fait que l'élève qui avait appris à faire un tel sachet pouvait en refaire si besoin. Elle eut un sourire. Mieux vaut mieux transmettre un art à son fils que de lui léguer mille pièces d'or lâcha-t-elle dans la foulée avec un nouveau sourire avant d'expliquer C'est un proverbe chinois.

Elle admira la balle et joua avec sans vraiment s'en rendre compte. Après un instant de silence, elle reprit : C'est une excellente idée que vous avez eu là, vraiment ! dit-elle, enthousiasmée par une telle initiative.

Il lui expliqua ensuite pourquoi il n'était pas "pour" forcer l’initiative. Elle comprenait ses raisons même si elle les regrettait. Oui... Très bien... En tout cas, si vous avez besoin d'aide pour une prochaine fois, vous pourrez me mettre à contribution. lâcha-t-elle pour qu'il comprenne qu'elle tenait à apporter une contribution. Pour elle, il était important que les élèves grandissent en se sentant bien. Or à l'adolescence, c'était plus facile à dire qu'à faire. Ils avaient clairement besoin d'aide.

Je ne sais pas si j'aurai vraiment une influence sur les directeurs de maison... dit-elle. Elle ne se souvenait d'ailleurs n'avoir rencontré jusque là que Mrs Castle mais simplement parce qu'elle avait été à sa place avant la professeure qui lui avait permis d'avoir ce poste en partant. Je viens d'arriver, mais je ferai mon possible pour vous aider. Ca me parait naturel.

Ils parlèrent ensuite de l'instabilité des professeurs qui se succédaient auxquels les élèves étaient confrontés et de la difficulté qu'ils connaissaient ainsi à cause de cela. Concernant le programme, c'est plutôt facile. Il y a une ligne directrice de choses à apprendre après tout. Les habitudes comme les cours de théorie et de pratique sont valables pour tous les enseignants... mais pour le reste, je pense difficile d'imposer à un enseignant une façon de faire qui ne lui conviendrait pas. Elle n'était pas contre l'idée mais elle avait elle-même été élève et savait que d'un professeur à un autre les choses changeaient. Elle-même avait en tête de revoir la tête de la salle de cours. Il était possible qu'elle était modifié par un professeur de l'année en cours avant elle et qu'elle le soit à nouveau quand elle partirait. En réalité, cela permettait aussi aux adultes de prendre leur marque. Et puis, mine de rien, elle allait passer le plus clair de son temps dans cette salle, elle devait s'y sentir à l'aise.

Croyez-vous que ce soit un sujet qu'on pourrait aborder avec les autres adultes du Château ? Plus on est de cerveaux à réfléchir, plus on de chance de trouver une solution... Dans une école moldue, elle aurait probablement évoqué les parents d'élèves comme source de réflexion, mais ses dix ans comme préceptrice la préservaient à présent d'une telle idée. Elle n'avait pas envie de tomber sur des idées farfelues qui n'avaient rien à voir et pourrait jouer sur des thématiques à côté de la plaque.

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